- il y a 18 minutes
Avec Quentin Hoffman, Benoît Dufay, Émilie Fiorito
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00:01Les Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux aux restaurateurs partout en France, vous présente.
00:08Sud Radio, 10h-11h, Fergnaud fait le marché.
00:12Bonjour les amis, bon dimanche et bon retour de vacances pour ceux qui y étaient.
00:17Parce que tout le monde, il y en a qui bossaient quand même au mois d'août.
00:20Alors en tout cas, bonne rentrée à tous, bonne rentrée de septembre.
00:23Moi je suis un petit peu tardif, c'est vrai que depuis cette semaine, tout le monde vous a déjà
00:27salué dans ce sens.
00:28Et le dimanche, c'est le dernier jour de la semaine de rentrée.
00:32Voilà, comme ça maintenant je suis au clair.
00:35Alors je ne sais pas pour vous, mais pour moi, la rentrée elle est évidemment liée à certains goûts, à
00:41certaines saveurs.
00:42Et ça depuis l'enfance.
00:43Et pour moi, il y a un fruit qui symbolise la rentrée, qui symbolisait déjà la rentrée des classes.
00:49Et qui symbolise toujours la rentrée de septembre, c'est la Mirabelle.
00:53On va la redécouvrir ensemble.
00:58Et quand je dis la Mirabelle, ce n'est pas la Mirabelle de tout le monde.
01:03Ce n'est pas la Mirabelle du tout venant.
01:05C'est la Mirabelle de Lorraine IGP.
01:09Et je suis en ligne avec le président de l'association Mirabelle de Lorraine, Quentin Hoffman.
01:14Bonjour Quentin.
01:16Bonjour, bonjour à tous.
01:17Merci d'être avec nous ce dimanche matin pour refaire un petit point sur, je vous dis, ce fruit qui
01:24pour beaucoup, à mon avis, depuis l'époque de l'école,
01:27symbolise la rentrée des classes et la rentrée tout court.
01:30C'est traditionnellement le fruit de fin d'été, la Mirabelle.
01:36En général, c'est septembre.
01:38Fin août, début septembre ?
01:42Alors, historiquement, on débutait les récoltes vers le 15 août.
01:47Et puis, elles s'étalaient sur 4-5 semaines jusqu'à début septembre, mi-septembre.
01:54Oui, ce qui fait que quand on arrivait pour rentrer en classe, elles étaient sur tous les étals des primeurs,
02:02des fruitiers et des épiceries de quartier.
02:06Exactement.
02:08Alors, qu'est-ce qui s'est passé cette année ? Parce que moi, je suis toujours très attentif.
02:13Évidemment, vous vous en doutez, ici, on se fait l'écho des productions de l'agriculture française avant tout, et
02:19pas seulement.
02:20Mais en tout cas, on s'intéresse particulièrement au bien-être de nos paysans.
02:24Qu'est-ce qui s'est passé avec la Mirabelle de Lorraine cette année ?
02:27Parce que tout le monde, et notamment dans l'Est, je rappelle, Alsace-Lorraine, climat continental, donc déjà assez chaud
02:35en été.
02:36Comment ça s'est passé cet été entre la chaleur et la sécheresse pour le fruit ?
02:43Écoutez, on a un peu tendu le dos, on a eu peur en début de récolte, mais finalement, la récolte
02:48n'était toujours pas terminée, mais ça se passe plutôt bien, moyen plus, voire bien.
02:55On est plutôt contents, ce qui s'est passé, c'est que la culture de la Mirabelle, ça se prépare
03:03toute l'année, et on a eu un hiver assez doux, et une fleuraison très précoce.
03:09On a eu des vergers qui étaient déjà en fleurs le 20 mars.
03:13Ça, c'est la fleuraison la plus précoce qu'on ait jamais observée.
03:18D'accord.
03:21Et donc, on s'attendait à une récolte très très précoce, aux alentours de mi-juillet, fin juillet.
03:27D'accord.
03:28Et puis, les vagues de chaleur, mai, juin, juillet, on ralentit la maturité et la maturation des fruits.
03:36C'est-à-dire que quand il fait trop chaud, l'arbre se bloque, et donc les fruits n'avancent
03:42plus, ne mûrissent plus.
03:43Et donc, finalement, on a une récolte qui a débuté fin juillet, début août.
03:49Alors, ce qui est un petit peu tôt par rapport aux souvenirs que vous évoquiez, mais ce qui est plutôt
03:54dans la norme de ces dix dernières années.
03:56Vous voulez dire que je suis trop vieux ? C'est trop tard maintenant, je ne suis plus dans le
03:59coup sur la Mirabelle.
04:02Un peu, quoi.
04:02Non, non, non, mais ce que je veux dire, ça fait une petite dizaine d'années qu'on observe, de
04:06toute façon, des hivers quand même plus doux.
04:08Et donc, un début de récolte qui se fait plutôt aux alentours de début août qu'à la mi-août.
04:13Et donc, cette année n'a pas vraiment fait exception, même si on a bien cru que ça allait être
04:18le cas.
04:18Ce qui fait l'intérêt, je dirais, de chacun pour la Mirabelle, c'est que c'est vraiment un fruit
04:24de saison.
04:26Je dis, alors, a priori, tous les fruits devraient être de saison, mais il y en a sur lesquels on
04:31arrive à tirer, à voir de la contre-saison, même parfois, etc.
04:35La Mirabelle de Lorraine, c'est très court. Au fond, ça va être un mois de consommation, globalement.
04:43Alors, si on veut la consommer fraîche, effectivement, collectivement, nous, les producteurs Mirabelle de Lorraine, on récolte sur 5 à
04:546 semaines,
04:55parce qu'on est répartis sur tout le territoire.
04:58D'accord, d'accord.
05:01Quand vous dites sur tout le territoire, l'ancien territoire Lorrain.
05:06L'ancien territoire Lorrain.
05:07Ça déborde un petit peu sur les départements voisins, je ne sais pas, en Champagne ou au contraire en Alsace.
05:17Est-ce que l'aire d'appellation Mirabelle de Lorraine est un petit peu plus large que la Lorraine ?
05:22Pas du tout.
05:23Pas du tout.
05:24L'aire d'appellation, elle est vraiment strictement cantonnée à la Lorraine, à tout le territoire Lorrain,
05:31à condition qu'il y ait un sol vraiment caractéristique de ce qu'est le terroir dans lequel on fait
05:39pousser la Mirabelle.
05:40D'accord.
05:40Mais c'est cantonné à la Lorraine.
05:43Ah, bon, mais c'est bien.
05:45Des quatre départements.
05:45Au moins, c'est clair.
05:46Et pourquoi est-ce qu'il y a cette installation de la Mirabelle sur ces départements Lorrains ?
05:55Est-ce qu'il y a un biotope particulier ou est-ce que c'est historique que la Mirabelle s
06:00'est développée,
06:00plus là qu'ailleurs ?
06:03Eh bien, il y a les deux.
06:04C'est-à-dire qu'historiquement, il y a des prunes qui ont été cultivées, des prunes très très proches
06:09de la Mirabelle
06:11qui ont été cultivées depuis assez longtemps.
06:13Il y a des fouilles qui ont été faites sur des sites gallo-romains ou des noyaux d'une prune
06:19type Mirabelle ont pu être retrouvés.
06:20Donc, ça fait déjà longtemps que la Mirabelle est cultivée en Lorraine.
06:25Et puis, on a un terroir vraiment particulier.
06:28C'est le climat que vous avez évoqué tout à l'heure, c'est-à-dire des hivers froids et
06:34puis des étés avec des journées chaudes mais des nuits fraîches.
06:38C'est important.
06:39C'est ce qui nous permet d'avoir les fruits qui deviennent bien rouges.
06:43Les joues rouges.
06:44C'est rouge comme la pomme du limousin, la golden.
06:48C'est vraiment l'alternance de journée, l'écart de température entre le jour et la nuit.
06:56Et puis, on a un sol assez particulier.
06:58On a des sols argilo-calcaires avec beaucoup d'argile.
07:01Nous, au sein de l'IGP Mirabelle de Lorraine, on s'astreint à planter des vergers sur des sols qui
07:06contiennent minimum 30% d'argile.
07:08Ça, c'est hyper important parce que l'argile, elle agit un peu comme une grosse éponge et elle accumule
07:15et elle capte l'eau en hiver et au printemps.
07:18Et puis, elle la restitue jusqu'au début d'été à l'arbre.
07:23Oui, ça permet de réguler la sécheresse notamment ou simplement des stress hydriques.
07:30Ça nous aide à passer les sécheresses les plus longues.
07:37Oui, d'accord.
07:38Nous, un point particulier, on n'irrigue pas actuellement nos vergers de Mirabellier en Lorraine.
07:45Il n'y a pas d'irrigation.
07:46Ah oui, vous voulez dire, au sein de l'IGP, ça n'est pas autorisé de l'irriguer ?
07:51Alors, ce n'est pas interdit, mais ce n'est pas une pratique.
07:54D'accord, oui.
07:55Ça ne se fait pas traditionnellement, ça n'a jamais été fait comme ça.
07:58Donc, on essaye de prolonger en tout cas, on va dire, la culture naturelle.
08:03Tout le temps qu'on peut.
08:04Voilà, oui, tout le temps qu'on peut.
08:05Alors, mais c'est intéressant que vous me parliez des sous-sols parce qu'on n'en parle pas souvent
08:09dans les arbres fruitiers.
08:10On parle souvent de sous-sols pour la vigne, évidemment, puisque les terroirs sont très, très dépendants des sous-sols.
08:19Et donc, on donnait des caractères aux vins différents et aux raisins, par définition.
08:25Mais pour les fruits, on n'en parle pas souvent.
08:28Et pourtant, d'abord, des prunes, il y en a énormément de variétés.
08:33C'est la même famille que les cerisiers, que les pêchés.
08:37Tous ces fruits et noyaux sont de la même famille.
08:39Et on s'aperçoit que certains terroirs, on pense climat en premier lieu, parce que je vous ai tout de
08:45suite dit, évidemment, le climat continental.
08:47Mais là, le sous-sol va jouer en faveur de la mirabelle plutôt que de la cerise, par exemple.
08:53Même si, j'imagine, il y a pas mal de cerisiers en Lorraine aussi.
08:56Il y en a.
08:57Moi, je pense que je compléterais en disant qu'il y a le sol, le climat.
09:02Et puis, il y a le savoir-faire aussi des hommes et des femmes sur le territoire qui, depuis des
09:08décennies, au bas mot, cultivent la mirabelle.
09:12C'est vraiment le croisement de ces trois facteurs-là, je pense.
09:16Est-ce que vous faites un peu la compétition entre les différents départements ?
09:22Vous êtes dans quel département, vous ?
09:24Alors, moi, je cultive des mirabelliers dans la Meuse.
09:26Et alors, pas du tout.
09:27On n'est pas du tout en compétition parce qu'on travaille collectivement au sein de l'appellation IGP Mirabelle
09:35de Lorraine.
09:35C'est un choix qui est fait par les producteurs.
09:37Et puis, la plupart des producteurs engagés dans cette démarche-là travaillent en coopératif, donc en collectif aussi.
09:45Donc, c'est plutôt un travail collectif.
09:47Et les différents départements vont plutôt avoir…
09:53La répartition géographique va plutôt être un avantage.
09:56C'est-à-dire que l'année où il y a un peu moins de pluie à tel endroit, ça
10:00ne va pas impacter tout le territoire.
10:04Ou un gel printanier ou une sécheresse.
10:06Donc, on est plutôt complémentaires que concurrents.
10:09D'accord. Quentin Hoffman, encore un mot pour qu'on se rende compte un peu du paysage de la mirabelle.
10:15Qu'est-ce que ça représente sur la production française, la mirabelle de Lorraine IGP ?
10:21On estime que la mirabelle de Lorraine, ça représente à peu près 70% de la production de mirabelle sur
10:28toute la France.
10:29C'est bien ce que j'imaginais.
10:30Parce que moi, personnellement, quand je vois des mirabelles ailleurs, je suis toujours surpris.
10:34Et comme si ça n'existait même pas.
10:36Et je ne sais pas si vous connaissez le chiffre, mais à l'échelon, d'abord, qu'est-ce que
10:42ça représente en tonnage, les mirabelles en France chaque année, globalement ?
10:50Alors, globalement, je n'ai pas le chiffre.
10:52Mais en mirabelle de Lorraine, nous, on sait qu'en moyenne, on produit 6 000 tonnes de mirabelle tous les
11:01ans.
11:016 000 tonnes, ce n'est pas beaucoup, par rapport à d'autres cultures vivrières.
11:07Ce n'est pas beaucoup.
11:08Et si vous faites 6 000 tonnes, ça veut dire, grosso modo, il y en a entre 8 000 et
11:129 000 à l'échelon français, si vous faites 110%.
11:16Peut-être un peu plus, mais voilà.
11:18En tout cas, on flirte avec Lady Milton.
11:22Bon, restez avec moi, Quentin Hoffman, parce que je veux en savoir un peu plus sur la mirabelle de Lorraine.
11:27Et surtout que vous fêtez un anniversaire cette année.
11:30On se retrouve tout de suite après la pub.
11:44Le fruit de la rentrée, le fruit de saison, le fruit de la rentrée des classes même nées.
11:50Et depuis l'école, moi, j'y pense chaque année en septembre, c'est cette petite boule d'or à
11:54la joue rosée qu'on adore.
11:56C'est la mirabelle.
11:57Quelle merveille, hein.
11:58Quelle merveille, quel arôme, surtout.
12:01Un arôme inimitable qui est au milieu de toutes les prunes, reconnaissable entre mille.
12:06Je suis avec Quentin Hoffman, on parle ce matin de mirabelle avec le président du syndicat, de l'association, pardon,
12:13Mirabelle de Lorraine,
12:14qui a obtenu, eh bien, il y a 30 ans, une IGP.
12:19Alors, indication géographique, protégée.
12:21Et ça protège à la fois le terroir et le savoir-faire de ceux qui produisent.
12:27Et donc, pour vous, c'est une fierté.
12:30Quel âge avez-vous, vous, Quentin ?
12:33Moi, j'ai 40 ans.
12:34Voilà, donc, vous avez connu ça, gamin.
12:38Est-ce que vous êtes d'une famille de producteurs de mirabelle ?
12:41Est-ce que vos parents produisaient déjà ?
12:43Non, ce n'était pas le cas.
12:45Non, non, moi, ça fait une dizaine d'années que je produis de la mirabelle.
12:48Vous êtes une vocation tardive.
12:50C'est ça.
12:52D'accord.
12:53Et qu'est-ce que ça représente, cette mirabelle de Lorraine ?
12:57On entendait juste avant la pause pub qu'il y avait environ 70% des mirabelles en France
13:04qui étaient produites en Lorraine.
13:07Alors, bon, c'est indéniable.
13:09C'est une marque.
13:10Je veux dire, les gens savent.
13:11Mirabelle de Lorraine, c'est évident.
13:13D'autant qu'il y a beaucoup de spécialités.
13:15Et notamment, une AOP, je crois, sur l'eau de vie de Mirabelle.
13:22La mirabelle de Lorraine, l'eau de vie qu'on fait à partir des mirabelles.
13:26D'ailleurs, qu'est-ce que ça représente, pour qu'on se fasse une idée sur l'ensemble
13:39de la production, ce qui va partir sur les étals en fruits frais, c'est-à-dire les plus
13:44beaux, il faut être clair, ceux qui vont partir en confiserie, en pâtisserie, en conserve,
13:51c'est-à-dire dans le monde de l'industrie, et ceux qui vont être transformés en eau de
13:57vie, justement, en eau de vie à hausser.
14:00Alors, nous, au sein de l'IGP Mirabelle de Lorraine, en gros, il y a 30% des fruits qui
14:06sont destinés au frais, pour être mangés fraîches en cœur de saison.
14:11D'accord.
14:11Et tout le reste qui est destiné à, qui va être cuisiné, qui va être transformé
14:16pour passer, voilà, c'est ça.
14:19Alors, avec, dans ces transformations-là, vous avez effectivement tout ce qui est la
14:23confiture, la compote, les jus, les nectar, et aussi un peu d'eau de vie, effectivement.
14:30Et un peu d'eau de vie, quand même.
14:31C'est pas, évidemment, on est dans un monde un peu difficile pour les eaux de vie,
14:36aussi, donc je suppose qu'il n'y a pas une courbe croissante, ça doit être plutôt
14:40même un peu en berne, l'eau de vie de Mirabelle.
14:42Pourtant, c'est un adjuvant formidable, justement, pour le fruit, quand on l'utilise en pâtisserie,
14:48en confiserie.
14:50Oui, oui, ça va bien rehausser les parfums de la Mirabelle dans une pâtisserie, dans une
14:57petite pâte à tarte, par exemple, ça peut être sympa.
15:00Ah bah oui, parce que traditionnellement...
15:01Pour autant...
15:02Oui, allez-y, allez-y.
15:03En fait, les boissons... Aujourd'hui, on sent quand même un engouement, alors pour
15:08les boissons, mais non alcoolisées, et on arrive à avoir pas mal de boissons faites
15:14avec des jus de Mirabelle.
15:16Ah oui !
15:17Et ça, c'est plutôt quelque chose qui se développe en ce moment.
15:20Alors, ce sont des jus ou des nectar, parce que c'est pas tellement juteux, la Mirabelle.
15:25Alors, il y a quand même des jus, il y a des nectar, mais il y a aussi des jus.
15:29Et j'ai en tête un jus, par exemple, qui est infusé avec un houblon et puis légèrement
15:37pétillant.
15:38Enfin voilà, il y a des boissons qui se développent autour de... qui sont fabriquées avec notre
15:43fruit, effectivement.
15:44Alors, parlons de l'IGP, donc, qui a 30 ans, parce qu'une IGP, c'est pas juste une
15:50étiquette que l'on colle sur la petite cagette.
15:53Une IGP, c'est un cahier des charges.
15:55Un cahier des charges, ça veut dire que vous êtes tenu à un certain nombre de certifications,
16:02un certain nombre de pratiques culturales, un résultat.
16:06Vous êtes tenu à un résultat, et notamment en matière de taux de sucre, j'imagine.
16:10Tout ça est super contrôlé pour pouvoir mériter l'IGP.
16:16Donc, effectivement, c'est un cahier des charges qui est assez exigeant.
16:19Et il y a deux axes, si vous voulez, dans le cahier des charges.
16:21Il y a le premier sur la manière dont on cultive nos vergers, on entretient nos vergers.
16:27Donc, sur la nature de sol dans lequel on va planter le verger, le nombre d'arbres
16:33qu'on s'autorise à l'hectare au maximum.
16:36Nous, on s'autorise 400 arbres à l'hectare, c'est très peu.
16:38Oui, bien sûr.
16:39Ils ont presque 45 mètres carrés par arbre.
16:44Ils peuvent étendre leurs branches.
16:46Ils peuvent mettre leur mirabelle au soleil.
16:49Donc, il y a un entretien régulier des vergers.
16:54Il y a toutes les pratiques qu'on a tout au long de l'année.
16:57La taille.
16:58Les vergers, tous les arbres, on les taille tous les ans, tous les hivers.
17:02Il y a tout ça qui rentre dans le cahier des charges.
17:04Et puis, une fois que ça c'est fait, il y a des critères qui sont plus liés à la
17:08récolte du fruit, effectivement.
17:09Où là, il y a une promesse qui est faite, qui est de cueillir des fruits mûrs à point.
17:17Et donc, c'est un taux de sucre minimum, un calibre, la couleur jaune-or.
17:22C'est des éléments vraiment.
17:24Et là, on le vérifie, verger par verger et même un peu plus.
17:28C'est-à-dire plusieurs fois dans un même verger que chaque lot de fruits respectent bien les critères de
17:32maturité.
17:33Je suppose que quand on a un fruit qui est aussi petit, on ne récolte pas à la main.
17:36On a quoi ? Des sortes de parapluies sous les arbres avec des vibreurs ou des choses comme ça ?
17:41Eh bien, on fait les deux.
17:42C'est-à-dire que le fruit qu'on destine au marché de bouche, au frais, on a plutôt tendance
17:49à le cueillir.
17:50Parce qu'il prend moins de choc et puis qu'il va se conserver un petit peu plus longtemps.
17:54D'accord.
17:54Et ça permet de choisir aussi.
17:56Choisir ceux qui sont les plus mûrs, ceux qui sont les plus aptes.
18:00Exactement.
18:00Donc, nous, on estime que sur toute la Lorraine, au mois d'août, on est accompagné par un peu plus
18:05de 1000 personnes,
18:071000 saisonniers qui viennent nous rejoindre dans les vergers pour faire la récolte avec nous.
18:11Du vendangeur de prunes.
18:12C'est important.
18:12On ne le savait pas, ça.
18:13C'est ça.
18:14Du cueillir de mirabel.
18:15Oui, oui.
18:16D'accord.
18:17Et puis, on a effectivement aussi de la récolte pour les autres fruits.
18:21On passe avec une machine qui nous permet.
18:25Donc, on vibre l'arbre, les fruits tombent sur une bâche et puis on peut ensuite remonter les fruits et
18:32les mettre en caisse.
18:33Quentin Hoffman, vous qui connaissez bien le marché, qui sont vos concurrents ?
18:39Parce que là, on n'a parlé que de la mirabelle française et la vôtre, c'est la Lorraine.
18:45A l'étranger, je me doute qu'à l'Est, peut-être en Allemagne, il y a des productions de
18:50mirabelle.
18:50Non, ce n'est pas contingenté qu'à la France.
18:53Alors, effectivement, il y a de la production de mirabelle à l'étranger.
19:00Il y en a aussi, d'ailleurs, en France, dans d'autres régions.
19:02Oui, bien sûr.
19:03On en trouve un petit peu en Allemagne, dans les pays de l'Est.
19:06Oui, Germanie.
19:07Mais ce qui est un peu intéressant, c'est que nous, mirabelle de Lorraine, on exporte aussi nos fruits.
19:13Oui.
19:14Donc, on peut les retrouver frais.
19:16Alors, on ne les exporte pas très loin vu qu'on les récolte mur à point.
19:20On ne part pas à l'autre bout du monde.
19:22Vous allez au Luxembourg, quoi.
19:25En Suisse, en Belgique.
19:26Oui, oui, oui.
19:27On arrive à exporter et aussi une fois qu'ils sont transformés.
19:33Ça veut dire que c'est un fruit qui est reconnu, en tout cas.
19:3630 ans d'IGP, ça vous a assis dans une profession qui est très concurrentielle, quoi, sur les fruits.
19:43Oui.
19:44Il y a eu un choix qui a été fait il y a 30 ans, le pari de la qualité,
19:50entre guillemets.
19:50Et puis, vu qu'on fête les 30 ans, c'est que ce pari était le bon.
19:55Et effectivement, il a permis de faire reconnaître un fruit qui, malgré tout, n'est pas si commun.
20:03Non, effectivement.
20:03Il est bien identifié.
20:05Et surtout, aromatiquement, parce que ça a un goût qui est celui d'aucune autre prune.
20:12Pour parler de ce qui ne fâche pas, j'espère, vous l'avez dit, la récolte avait été plutôt bonne
20:19par rapport à ce qu'on pouvait craindre.
20:21Parlons prix.
20:22Est-ce que la Mirabelle va être plus chère cette année ?
20:25Est-ce que ça va être abordable ?
20:26Est-ce que ça va être supportable ?
20:30Bon, premièrement, nous, je vous l'ai dit tout à l'heure, on travaille beaucoup en coopérative et puis on
20:35revend nos fruits.
20:35Donc, on n'est pas maître du prix final.
20:37Oui, mais enfin, vous savez déjà le prix.
20:40Globalement, voilà, on le sait déjà et on est sur des prix assez proches de ce qu'ils pratiquent ces
20:45dernières années parce qu'on est sur des volumes assez comparables.
20:50Et puis, je vous disais tout à l'heure, effectivement, c'est des fruits qu'on va cueillir à la
20:54main.
20:54Ah oui, il y a la main-d'œuvre, en France, c'est cher.
20:56Oui, il y a de la main-d'œuvre, donc voilà, ça reste un fruit qui… voilà.
21:00Bon, écoutez, nous, ce qu'on peut espérer, c'est que sur les marchés, on va la retrouver.
21:05On la retrouve d'ailleurs déjà, elle est là, sur nos états de primeur.
21:10Oui, c'est vraiment la saison, on est même bientôt sur la fin de saison.
21:15Oui, on est bien entamé puisque c'était un peu plus précoce que d'habitude, donc il ne faut pas
21:20perdre de temps.
21:20Bon, je vais vous demander une petite question personnelle.
21:24Vous, vous l'aimez comment ?
21:25Si je vous parle pâtisserie à la Mirabelle, vous l'aimez comment, vous, la Mirabelle ?
21:29Alors, pâtisserie à la Mirabelle, je ne vais vraiment pas être original.
21:33Vous allez me parler de la tarte ?
21:34Sur la tarte, je suis une vraie…
21:37Mais non, mais c'est bien naturel.
21:40J'ai eu l'occasion de goûter cet été un financier avec un insert de confiture de Mirabelle qui était
21:47très, très bon.
21:48Ah, c'est pas mal, ça.
21:49Mais je resterai quand même sur la traditionnelle tarte, pâtes, fruits et rien d'autre.
21:55Ah oui, c'est pas mal, c'est pas mal.
21:58Alors, moi, j'avoue que j'ai un petit faible chaque année pour un clafoutis à la Mirabelle.
22:04Et dans l'appareil aux œufs dont on fait le clafoutis, autour des Mirabelles,
22:09où là, je peux retirer les noyaux parce que ça suppure moins que les cerises.
22:15Il y a moins de jus qui s'en va.
22:17Et dans ce clafoutis, évidemment, je mets de la Mirabelle de Lorraine,
22:20où c'est un peu d'eau de vie de Mirabelle, dans l'appareil du flanc, quoi, du clafoutis.
22:25Et c'est une merveille.
22:26C'est une merveille, hein ?
22:27Un petit coup de sucre à la fin.
22:29En dehors de la pâtisserie, c'est aussi que c'est un fruit qui peut être facilement utilisé dans des
22:33recettes un peu sucrées, salées.
22:34Oui, avec le canard, notamment.
22:36Le canard, c'est merveilleux.
22:38Une compote non sucrée de Mirabelle.
22:40Et puis, il y a un truc que les gens ne savent pas, c'est que souvent, il y a
22:43une connivence entre deux arômes très proches,
22:47qui est la Mirabelle et la Girole.
22:50Là, quand on a des Giroles d'été, il y a un côté très fruité qui peut rappeler parfois un
22:54peu la Mirabelle.
22:55Et ensemble, c'est merveilleux.
22:57Merci beaucoup, Quentin Hoffman.
22:58Vous nous avez donné sacrément envie de Mirabelle.
23:01On n'en avait pas besoin.
23:02On l'avait déjà.
23:03Et on vous souhaite, et à tous vos adhérents, un bel anniversaire pour ce 30e anniversaire de l'IGP.
23:10Mirabelle de Lorraine.
23:12IGP, indication géographique protégée.
23:14Merci à vous.
23:15Bonne journée.
23:15Allez, on se retrouve dans un instant avec une autre gourmandise de la rentrée.
23:21Léal Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux.
23:25Au restaurateur partout en France, vous présente.
23:29Sud Radio, 10h-11h, Fergnaud fait le marché.
23:33Allez, retour à des produits de saison, à nos fruits de rentrée.
23:37J'ai envie de dire là, des fruits à coque.
23:39Parce qu'on était avec la Mirabelle de Lorraine, on va descendre plein sud
23:43pour s'occuper d'une petite amende verte que vous aimez, que vous appréciez pendant les vacances
23:50et même à la rentrée, la pistache, la pistache française.
23:55Sud Radio, Fergnaud fait le marché.
23:58Oui, mesdames et messieurs, la pistache est de retour en Provence et dans le Sud.
24:04Ça s'élargit un petit peu même.
24:05En tout cas, je suis ce matin au téléphone avec deux acteurs majeurs de la pistache française.
24:11Je suis avec Benoît Dufailly qui est le coordinateur technique du syndicat France Pistache.
24:17Bonjour Benoît.
24:17Bonjour Vincent.
24:19Et nous avons au téléphone également Émilie Fiorito qui est productrice de pistache et membre du bureau de France Pistache.
24:27C'est votre collègue, vous vous connaissez bien.
24:30Bonjour Émilie.
24:33Bonjour Vincent.
24:33Alors, on va tout de suite poser une question, je dirais technique, à Benoît, puisque j'étais en première partie
24:42de l'émission avec vos confrères des Mirabelles de Lorraine,
24:47qui est un autre fruit à forte valeur ajoutée, j'ai envie de dire.
24:51La pistache, elle fait son retour depuis pas très longtemps en France.
24:57Je dis son retour, bon, il y en a certainement eu qui ont traversé les âges,
25:01mais ce retour de la volonté de cultiver la pistache et ce syndicat France Pistache, ça date de quand Benoît
25:07?
25:08Eh bien, en fait, c'est une initiative qui est venue d'agriculteurs et de transformateurs locaux, en fait,
25:14qui est assez récente puisqu'elle date de, on va dire, de 2018-2019.
25:18Oui.
25:19Donc, on parle bien de retour parce que, oui, en fait, on retrouve des traces de culture par le passé,
25:24mais qui étaient très artisanales et sans structuration de filière, sans structuration de marché.
25:30Et là, donc, on a tout un travail, nous, maintenant, de relancer cette culture depuis quelques années
25:35et surtout, de structurer une vraie filière qui permettra de la cultiver, mais surtout de la commercialiser derrière.
25:42Par exemple, quand on pense pistache en Provence, on est obligé de penser au nougat, au nougat de Montélima.
25:51Alors, c'est vrai que le nougat traditionnel, c'était miel et amande,
25:55mais très vite, on y a mis de la pistache pour le colorer, pour le décorer.
26:00Cette pistache, elle ne venait pas forcément de France, elle ne venait pas forcément de Provence.
26:04Non, c'est vrai. En plus, au-delà des nougats, en fait, on retrouve la pistache dans pas mal des
26:10desserts,
26:10des 13 desserts provençaux.
26:12Oui.
26:13Et en fait, la pistache, alors, on pouvait venir en partie de France,
26:16mais venait aussi de pays étrangers comme l'Italie ou la Turquie ou l'Iran.
26:22Oui, bien sûr.
26:23Mais voilà, on a retrouvé quand même, par exemple, un petit marché qui existait en Corse,
26:28où toutes les pistaches étaient envoyées sur les belles tables lyonnaises pour la brangeoisie de l'époque.
26:35Ah oui, j'imagine.
26:36Et puis, pour mettre dans les saucissons à cuir, si on parle de Lyon, du coup, dans la charcuterie.
26:42C'est principalement dans les charcuteries.
26:43Oui, ou l'ahure, vous savez, cette terrine de langue de porc,
26:49où on met traditionnellement aussi des pistaches à l'intérieur.
26:52Donc, effectivement, la pistache, elle accompagne, sans qu'on s'en soit tellement occupé,
26:57l'histoire de la cuisine et de la gastronomie française.
27:00Émilie Fiorito, vous, ça fait combien de temps que vous produisez de la pistache ?
27:04Alors, nous, on a planté nos premiers vergers en 2020 et 2021, d'à peu près 2 hectares.
27:09D'accord.
27:09Et cette année, en fait, on attend une première récolte significative,
27:14puisqu'on va avoir plus de 150 kilos bruts.
27:17Ah, génial !
27:17Il fallait attendre que les vergers commencent à être matures,
27:22qu'on ait des bourgeons floraux sur les mâles et les semelles,
27:25que ce soit synchronisé, pour pouvoir que ce soit pollinisé, avoir des fruits.
27:29Donc, on est content.
27:30Vous, vous êtes installée au-dessus de Pertuis, un peu en altitude.
27:35Et qu'est-ce que, avant de faire de la pistache,
27:37quelle était votre production, en fait, principale ?
27:40Alors, en fait, on a repris les terres des grands-parents de mon mari.
27:43D'accord.
27:43Et, en fait, il y avait 6 hectares de vignes qu'on a arrachées,
27:47parce qu'en fait, ce n'était pas compatible avec nos autres activités
27:50et notre vie de famille, en fait.
27:53Donc, du coup, on est partis sur la trufficulture au départ.
27:56Ah, très bonne idée !
27:58C'est une belle région pour ça, le Vaucluse, oui.
28:01Tout à fait.
28:02Et il nous restait 2 hectares.
28:04Et, en fait, on est partis sur le pistaché,
28:06par rapport à sa floraison tardive, par rapport à l'amande,
28:09et par rapport à la Coupe du Verger,
28:12qui est quand même autant de travail moindre que la vigne.
28:15Ah, bah oui, oui.
28:16Elle s'occupe d'elle-même, la pistache, en fait.
28:19Elle s'en sort bien toute seule.
28:21Enfin, pratiquement, en tout cas, quand on la cultive bien.
28:24Benoît Dufailly, quand on parle de pistache,
28:28alors, évidemment, on pense immédiatement à l'Italie,
28:32avec Bronté, qui est en Sicile.
28:35On pense à Égine, en Grèce,
28:38une des îles grecques.
28:39On pense à la Turquie.
28:41On pense à l'Iran.
28:43L'Iran, qui est sans doute même le berceau de cette belle pistache.
28:48Mais pourquoi est-ce qu'on la réimplante en France ?
28:51Parce que c'est un revenu intéressant pour les agriculteurs ?
28:56Alors, déjà, dans tous les pays que vous avez cités,
28:58vous avez oublié le leader mondial, qui est les Etats-Unis.
29:01Oui, mais moi, je ne veux pas parler de la pistache américaine.
29:04Non, mais excusez-moi, je suis un peu...
29:06Alors, je ne suis pas chauvin français.
29:08Mais je suis chauvin un peu méditerranéen, on va dire, pour la pistache.
29:11Ça n'a pas le même goût.
29:13C'est vrai qu'on n'y pense pas,
29:15mais c'est vrai que la moitié des volumes mondiaux viennent des Etats-Unis.
29:17Oui, oui, je sais.
29:18Les bassins traditionnels sont plutôt méditerranéens.
29:22L'arbre à l'état sauvage, il est originaire d'Iran,
29:26et il s'est répandu au fur et à mesure dans le bassin méditerranéen.
29:29D'ailleurs, dans les chaînes montagneuses du Copet d'Ag, on trouve encore des pistachiers sauvages,
29:35qui sont un peu les pistachiers originaux, évidemment, et des crues partout en Iran.
29:40Mais l'Iran, c'est un peu compliqué en ce moment pour aller chercher des pistaches.
29:44Maintenant, j'ai visité, de la même façon, dans le sud-ouest des Etats-Unis,
29:49dans le sud du Nouveau-Mexique, des grandes plantations de pistaches.
29:54Alors, c'est très bien, c'est très bien mené, mais ce ne sont pas les mêmes variétés,
29:58ce n'est pas le même goût au résultat.
29:59Parce que c'est important pour vous que la pistache, elle est vraiment de l'arôme, elle est vraiment du
30:04goût ?
30:05Oui, et puis ce n'est pas les mêmes pratiques culturales, en fait.
30:07Nous, on essaye de développer aujourd'hui une culture qui va répondre aux enjeux climatiques du bassin méditerranéen.
30:14Donc, on a été chercher le pistachier, déjà, pour ses adaptations et sa capacité d'adaptation à la sécheresse et
30:19à la chaleur.
30:20Et derrière, on a tout un objectif, nous, de développer une filière qui soit durable,
30:25qui soit respectueuse de l'environnement et qui nous permette de produire un produit de qualité.
30:30On voit très bien qu'aujourd'hui, la qualité est récompensée.
30:33Quand on voit la pistache d'Egy, la pistache de Bronté,
30:37donc nous, on a vraiment l'ambition de sélectionner des variétés qui soient qualitatives
30:45et de les cultiver de façon à ce qu'on puisse maintenir cette qualité.
30:49Et ça, en fait, ça va aller jusqu'aux opérations qui se passent après la récolte,
30:53avec des paramètres de séchage, par exemple, qui vont être respectueux du produit
30:57pour garantir sa qualité et éviter d'aller le brûler, comme on peut trouver,
31:02sur des pistaches qui sont autorétiques, par exemple.
31:06Oui, parce que c'est très difficile de torréfier justement la pistache.
31:09Si elle n'est pas torréfiée, elle manque de goût, ce goût vert qu'on aime peut-être,
31:14mais qui manque de relief.
31:16Et si on la torréfie trop, ça sent le... ça pourrait être une noisette,
31:20on ne ferait pas trop la différence.
31:21Ça sent le praliné, mais ça ne sent plus la pistache elle-même.
31:24Donc, il y a un point difficile chez les confiseurs.
31:27Émilie Fiorito, ce que nous disait Benoît sur le, en fait, le, on va dire,
31:33le fruit à coque écologique, en tout cas, qui accompagne la transition,
31:37ça vous a motivé, quand vous avez choisi les pistaches, de se dire,
31:40ah, avec la sécheresse qui nous gagne, et là, on l'a bien vu cet été,
31:45voilà un arbre qui est extrêmement sobre,
31:48et qui va pouvoir donner des fruits, même quand l'eau manquera.
31:54Oui, c'est tout à fait.
31:55On est parti sur le pistaché par rapport au fait aussi qu'il florit tardivement,
32:00et qu'il puisse résister à de longues sécheresses.
32:03Bon, nous, on a mis en place, avec la société du Canal du Provence,
32:07des systèmes de pilotage d'irrigation,
32:10qui permet vraiment d'irriguer quand l'arbre en a besoin, en fait.
32:13Et il en a moins besoin que les autres.
32:15Par exemple, ça demande moins d'eau qu'un amandier ?
32:18Parce que je pense à la Provence.
32:20Oui, oui, tout à fait.
32:22En fait, Bonbenoît vous dira les chiffres,
32:24mais en fait, on apporte beaucoup moins d'eau que l'amandier, tout à fait.
32:27Parce que l'amandier aussi, il a été réimplanté en Provence,
32:30parce que lui aussi a une longue histoire, l'amande de Provence,
32:35et c'est pas le même goût que l'amande espagnole.
32:38Et alors là, si on parle encore des amendes américaines,
32:41parce que malheureusement, ces fruits à coque,
32:43ils sont extrêmement produits dans l'Ouest américain,
32:46souvent avec des pratiques culturales un petit peu scandaleuses.
32:49J'ai appris, par exemple, qu'on faisait venir par conteneur entier
32:53des abeilles d'Australie pour polliniser les amandiers,
32:58et qu'après, elles étaient simplement sacrifiées sur l'hôtel de la production.
33:04Comment ça se passe pour le pistaché, Benoît ?
33:07Comment se passe la pollinisation ?
33:10La pollinisation du pistaché, elle est particulière,
33:12puisqu'en fait, elle ne se fait que par le vent.
33:16On n'a aucun organe qui intéresse les abeilles ou les pollinisateurs.
33:20Donc on est un peu comme l'olivier,
33:22et en plus, on a la particularité d'être dans une espèce qui est joïque,
33:26c'est-à-dire qu'on a des arbres mâles et des arbres femelles.
33:28Donc il faut qu'on identifie des variétés qui fleurissent en même temps,
33:33pour que le pollen puisse voyager sur des arbres qui soient réceptives.
33:38Donc on a des couples qui existent au sein des variétés.
33:42Et donc il nous faut des parcelles qui soient bien exposées au vent,
33:46pour que lors de la floraison, le pollen puisse être transporté
33:50et puisse atteindre les fleurs femelles.
33:52Bien sûr, et puis il y a un bon rendement, quand même.
33:55Il faut qu'il y ait une pollinisation efficace.
33:57C'est la pollinisation qui va être la clé de la réussite,
34:01puisque c'est celle qui va détenir la quantité de fruits qui seront pleins.
34:05Et du coup, Benoît, j'ai envie de dire, l'aérologie est importante.
34:08Enfin, je veux dire, on ne met pas des pistachés n'importe où,
34:11il faut que le vent s'ouvre dans le bon sens.
34:14Ça semble bête, mais...
34:15Il faut connaître son vent pour bien répartir les mâles dans la parcelle,
34:19et puis il faut surtout éviter d'avoir des parcelles qui soient trop enclavées.
34:22On va aller plutôt sur des parcelles qui sont bien en plein vent, bien ventilées,
34:26et qui vont...
34:27Donc, il y a vraiment tout un travail de sélection des parcelles
34:29quand on veut implanter une culture de pistachés.
34:33Benoît Dufailly, qui est le coordinateur technique du syndicat France Pistache,
34:36et Émilie Fiorito, qui est également productrice,
34:39et au bureau de l'association, enfin, du syndicat France Pistache.
34:44Vous restez avec moi, on se retrouve dans quelques minutes.
34:46On n'en a pas fini avec la pistache.
34:49Les Halles Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux
34:54aux restaurateurs partout en France, vous présente...
34:57Sud Radio, 10h-11h, Ferniaud fait le marché.
35:01Ce matin, mes amis, on s'occupe des produits de rentrée.
35:06La récolte, son plein, je crois qu'elle est même terminée.
35:09Je suis avec Benoît Dufailly, le coordinateur technique du syndicat France Pistache,
35:14et Émilie Fiorito, qui est productrice,
35:16et également membre du bureau de ce même syndicat.
35:19On parle des pistaches françaises,
35:21parce que si vous n'étiez pas avec nous il y a quelques minutes,
35:23vous n'avez pas noté que la pistache était de retour en France.
35:26Oui, oui, oui, je sais, dans tous les linéaires de vos pâtissiers,
35:31de vos confesseurs, on trouve des chocolats Dubaï,
35:34et on s'est dit, oh là là, c'est très exotique, etc.
35:36Mais non, la pistache, elle est française depuis toujours,
35:40elle est provençale, notamment, parce que ça essaime un petit peu autour,
35:44mais en tout cas, les conditions climatiques de la Provence,
35:47ils sont très propices, et on le voyait à l'instant avec Benoît,
35:50c'est un arbre très sobre.
35:52Est-ce qu'on peut comparer, par exemple,
35:55je parlais juste avant la pub de l'amandier de Provence,
35:58en quoi le réchauffement climatique impacte moins les pistachés, Benoît ?
36:04En fait, déjà, les pistachés, nous, on le propose comme une nouvelle culture
36:08pour répondre à cet enjeu climatique.
36:11C'est un arbre qui est vraiment originaire de milieu...
36:14Bah oui, d'Iran, demi-désertique presque, on pourrait dire.
36:19C'est ça, c'est ça.
36:20Donc, en fait, il y a des vrais outils de régulation hydrique
36:25qui lui permet, en fait, de très bien résister aux sécheresses
36:29et de surtout apprécier les fortes chaleurs.
36:32Et là, je pense qu'on peut dire que cet été, on a eu un bon entraînement.
36:38On a pu voir que les pistachés ont parfaitement réagi.
36:40On n'a pas tout observé de symptômes de chaleurie.
36:44D'accord, d'accord.
36:45Et ce qui est intéressant, tout à l'heure, on parlait de l'irrigation,
36:48mais on a des agriculteurs qui cultivent la pistache en sec.
36:52Ah oui, sans irrigation.
36:54En naturel, on va dire.
36:56Oui, c'est ça.
36:57La pluviométrie locale nous permet, en fait,
37:00d'avoir des besoins du pistaché.
37:02Alors, forcément, on a forcément des productions qui sont un peu moindres.
37:06Une alternance d'une année sur l'autre qui va être un peu plus marquée.
37:09Mais ça peut permettre, dans des secteurs, dans des régions
37:12qui sont peu équipées en irrigation, qui ont peu d'accès à l'eau,
37:17de développer des cultures où on a très peu de chances
37:20d'aller développer une autre culture aujourd'hui.
37:23Émilie Fiorito, vous êtes productrice.
37:25Donc, vous, vous les voyez, vous pistachés.
37:27Et je voulais que vous nous racontiez.
37:28Parce que peu de gens connaissent le fruit et le noyau sur l'arbre.
37:35Ça fait des grappes dans des tons roses absolument magnifiques.
37:39C'est très beau, d'abord, un pistaché.
37:40Ce n'est pas un très grand arbre.
37:41C'est un arbre de taille moyenne.
37:44Mais la fructification, elle est belle.
37:47Oui, tout à fait.
37:48Quand on voit apparaître les petites grappes de fruits
37:50et qu'on voit les fruits grossiers, elles sont d'abord rouges.
37:53Après, elles passent au vert.
37:55Et quand elles arrivent à maturité, elles redeviennent rouges.
37:58Donc, c'est vraiment magnifique à voir.
38:00Et avec le constat du vert des feuilles,
38:03on voit de suite les grappes et c'est magnifique.
38:06En revanche, on peut dire que c'est un petit peu contraignant,
38:10voire emmerdant à récolter.
38:12C'est à la fois fragile.
38:14Ces grappes, elles ne sont pas simples.
38:15Je veux dire, ce ne sont pas des gros fruits.
38:18Il faut les manier avec précaution, non ?
38:21Alors, nous, on est partis sur de la récolte mécanique.
38:24Donc, nos arbres commencent à être par vibreur.
38:28Donc, on a investi dans une corolle qui va venir pincer.
38:32Il va y avoir un vibreur qui va pincer le tronc et une corolle qui se déclie.
38:36Et en se courant très légèrement, pendant quelques secondes,
38:39les fruits tombent à maturité, en fait.
38:40D'accord.
38:41Donc, ce qui réduit le côté tout manuel,
38:44où là, il faut vraiment du temps.
38:45Et du coup, c'est beaucoup plus coûteux.
38:47Est-ce qu'il y a un marché pour la pistache fraîche ?
38:50Parce que moi, j'en ai acheté parce que j'étais cet été en Grèce
38:53et j'ai eu de la pistache des gynes fraîche.
38:56Est-ce qu'il y a un marché ou c'est un peu trop particulier pour la France ?
39:01Je pense que c'est un peu trop particulier.
39:03Parce que bon, après, il faut savoir qu'il y a une fermentation
39:06qui commence à se faire une fois qu'on a récolte.
39:08Ah ben, je sais.
39:09J'ai voulu en rapporter dans mon sac, dans la valise.
39:12En quatre jours, ça avait noirci et c'était fermenté.
39:16Voilà.
39:17C'était trop tard.
39:18Donc, il faut aller vite, alors.
39:20Oui, oui.
39:21En fait, une fois qu'on les a récoltés,
39:23on a 12 à 24 heures pour les éplucher et commencer le séchage.
39:27Pour éviter justement cette fermentation
39:29et le développement de bactéries ou de champignons
39:32qui les rend impropres à la consommation.
39:34Oui, oui.
39:35Et c'est bien dommage quand c'est fait violence.
39:38Donc, ça demande un savoir-faire qui vient d'où, d'ailleurs, Benoît ?
39:44Est-ce que vous avez été aidé dans la filière
39:47par des producteurs ou des transformateurs d'autres pays du monde
39:52qui sont venus, en fait, faire des masterclass pistache ?
39:55En fait, on a tout un travail, nous, d'aller chercher des références à l'étranger.
40:00Donc, on a fait pas mal de voyages d'études en Tunisie, en Sicile.
40:05On est allé souvent en Espagne,
40:07puisque l'Espagne est en train de rentrer fortement sur la production.
40:11Et donc, en fait, on a des échanges qui sont assez sereins avec ces pays-là,
40:16qui nous permettent déjà d'acquérir un peu des données.
40:19Et puis, Beno, on a tout un travail d'acquisition de références franco-françaises.
40:24On va aller, en fait, mixer les données qu'on récupère à l'étranger
40:28et on va les recouper avec ce qu'on observe réellement chez nous,
40:32puisqu'en fait, l'objectif n'est pas de recopier un modèle agricole pour avoir à l'étranger,
40:36mais ça va être de créer notre propre modèle français
40:40et après d'être en mesure d'aller accompagner les agriculteurs
40:45pour la cultiver au mieux et de structurer toute la filière dans son ensemble.
40:51Parce que c'est vrai qu'il y a quand même des choses à avoir en tête
40:53quand on veut planter le pistachier,
40:55tout ce qui va concerner le climat, le sol.
40:58Mais par exemple, Émilie le disait tout à l'heure,
41:00ça reste un arbre britannéen qui prend son temps.
41:04Et donc, en fait, on est sur des entrées en production à 6 ans
41:07avec des pleins rendements qui atteignent au bout de 10 ans.
41:11Donc, il faut que les agriculteurs aient toutes les clés en main avant de se décider.
41:15Et donc, il faut que nous, on soit en mesure de leur apporter les points positifs,
41:19les points peut-être négatifs de cette culture,
41:21qu'ils puissent faire le choix en toute connaissance de cause
41:24sans qu'on aille les envoyer dans le mur
41:26parce qu'une chose n'est pas adaptée à leur modèle.
41:29– Bien sûr.
41:30Un comparatif, Émilie Florito, c'est avec la truffe.
41:34Globalement, quand on plante des chaînes truffiées,
41:37qu'on plante une truffière, c'est aussi ça,
41:387, 8, 9 ans avant vraiment un rendement suffisant.
41:42Donc, la truffe et la pistache, même combat ?
41:44– Oui, tout à fait.
41:46Donc, c'est pour ça qu'on a déjà pris la patience avec les truffes.
41:48Donc, du coup, on a pris que pour la pistache.
41:51– Non, mais la chance, c'est qu'il y a un vrai engouement pour la pistache
41:54qui ne se démentira pas.
41:56Les gens adorent le goût de la pistache,
41:58ce que je comprends, j'adore ça également.
41:59Et en plus, c'est un fruit qui…
42:02Enfin, on va dire un fruit à coque, on va dire une noix,
42:04enfin, qui est super aromatique
42:08et peu calorique par rapport à ses cousines.
42:12– Oui, oui, mais en fait, c'est…
42:13– Oui, c'est pas du bonheur.
42:15– Non, mais c'est vrai qu'on a une vraie tendance de fond
42:18sur les fruits à coque de manière générale,
42:20parce que c'est des aliments sains.
42:22Et la pistache tire un peu son épingle du jeu
42:24et on le voit depuis quelques années
42:25avec des consommations qui augmentent en France.
42:28Il y a eu l'effet Dubaï,
42:29mais c'était un effet un peu caché la forêt, j'ai envie de dire.
42:32– Oui, oui.
42:34– Donc, en fait, oui, oui, c'est un fruit qui est très savoureux
42:38avec des arômes qui sont quand même assez fins.
42:42Donc, il faut savoir la travailler.
42:44Aujourd'hui, malheureusement,
42:45la majeure partie des produits à la pistache qu'on retrouve
42:47sont souvent noyés dans des arômes généralement d'amande amère.
42:51– J'allais y venir, j'allais y venir, figurez-vous.
42:53– Et donc, on va avoir tout un travail, nous,
42:55de remettre un peu la pistache au centre du jeu
42:58et d'apprendre au palais des Français
43:01et le vrai goût de la pistache.
43:02– Émilie, combien d'adhérents au syndicat ?
43:06Aujourd'hui, combien de producteurs, globalement,
43:08se mettent à la pistache ?
43:10– On est plus de 163 agriculteurs adhérents,
43:14que ce soit du collectif ou des associations de producteurs
43:17qui ont choisi de se diversifier avec la pistache
43:21ou qui ont un projet en lien avec la pistache sous deux ans.
43:25– Et on peut estimer à combien la production cette année
43:28de pistache en France ?
43:30– Ah, là, c'est la colle !
43:34– En fait, là, alors, qui répond ?
43:38Alors, d'aujourd'hui, au niveau de l'inité des piches à séchage,
43:42on a déjà passé plus de 4,8 tonnes de pistaches brutes
43:46qui ont été récoltées sur une dizaine de producteurs.
43:49– D'accord.
43:49– Et la récolte s'étale encore sur les 15 prochains jours,
43:53donc on pense avoir encore au moins 3 tonnes brutes.
43:56Donc, ce qui fera à terme, je laisse Benoît répondre
43:59avec les calculs scientifiques.
44:01– C'est quoi le projet dans 10 ans, Benoît ?
44:03– Ce qui fait qu'aujourd'hui, on va être à 6 tonnes brutes récoltées,
44:08ce qui nous fait à peu près 2,5 tonnes de produits finales.
44:13L'objectif à terme, nous, on sait que par rapport à la consommation en France,
44:16on a la place pour aller potentiellement développer
44:192 000 tonnes de pistaches françaises.
44:21– C'est bien ce que je pensais, oui.
44:24– On peut déployer les surfaces au fur et à mesure,
44:28on a un déploiement harmonieux de la filière qui prend son temps,
44:32qui nous permet de valider des choses pratiquement.
44:35Et à terme, l'objectif qu'on s'est posé,
44:37c'est qu'on arrive à 2 000 hectares d'ici 2035.
44:40– Ah bon, écoutez, c'est tout le mal qu'on vous souhaite
44:44et qu'on nous souhaite à nous, surtout amateurs de pistaches,
44:46pour ne plus avoir ces horribles glaces teintes en verre
44:50et parfumées à l'amande amère
44:52qui n'ont rien à voir avec le goût de la pistache.
44:55Mais c'est un peu comme la truffe, Émilie.
44:56Je ne veux pas remuer le couteau dans la plaie,
44:58mais les arômes de truffe, ce n'est pas le goût de la truffe.
45:02Les arômes de pistache, ce n'est pas le goût de la pistache.
45:05Mais on pense que les Français, grâce à vous,
45:07vont redécouvrir ce merveilleux fruit à coque.
45:10– Mes amis, merci, l'émission s'achève
45:13et l'été se poursuit encore un peu chaud et sec pour certains.
45:16En attendant, enfin la pluie dans notre agriculture a bien besoin.
45:22Léal Métro, premier fournisseur et livreur de produits frais et locaux
45:26aux restaurateurs partout en France, vous a présenté
45:29Sud Radio, Ferniaud fait le marché.
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