00:00Grâce aux renforts qui ont été décidés par le ministre de l'Intérieur, nous avons amélioré considérablement nos délais s
00:06'agissant des étrangers réguliers qui ont le droit d'être présents sur notre sol.
00:10On est passé de 142 jours à 92 jours. On a donc gagné 50 jours.
00:15En revanche, ce qui m'est reproché, et cela a été dit par les avocats du collectif de M. Bayou,
00:22c'est de privilégier les éloignements, les renoncements aux régularisations que je peux réaliser sur le séjour.
00:31Et moi, je veux le dire très clairement, sous l'autorité du gouvernement, j'applique une politique d'extrême fermeté,
00:37à la fois en matière d'éloignement, puisque nous avons augmenté les éloignements de 51%,
00:42et aussi de baisse de régularisation des étrangers en situation irrégulière qui n'ont pas à être sur le sol
00:49national.
00:50Et j'ai diminué les régularisations de 47%. J'avance sur deux jambes et rien ne me fera reculer en
00:57matière de détermination dans la conduite de cette politique.
01:00Alors, on l'a bien compris, vous avancez sur deux jambes, vous ciblez l'immigration clandestine qui par définition est
01:06donc clandestine et donc illégale,
01:07mais aussi l'immigration légale, c'est ça qui m'intéresse également, sur le renouvellement des titres de séjour.
01:13Pour ne pas les renouveler, quels critères vous prenez ?
01:18Dans les Hauts-de-Seine, on respecte l'état de droit et donc on renouvelle les titres de séjour dans
01:24les meilleurs délais possibles,
01:26dès lors que des citoyens étrangers ont le droit d'être présents sur le sol national.
01:31En revanche, s'agissant des régularisations des étrangers en situation irrégulière, nous appliquons une politique extrêmement stricte,
01:41ce qui explique, et c'est aussi ce qui m'est reproché, de ne pas régulariser suffisamment de la part
01:46de ce collectif d'étrangers en situation irrégulière.
01:50Eh bien, les résultats sont là, puisque ces irréguliers se sont vus diminuer les régularisations à hauteur de 47%.
01:57C'est donc une politique équilibrée, dans le respect de l'état de droit.
02:01Ceux qui ont le droit d'être sur notre sol sont sur notre sol et nous devons traiter les dossiers
02:05rapidement.
02:06C'est aussi un enjeu en termes d'image pour la France.
02:09J'ai dans mon département beaucoup d'étrangers qui sont en situation régulière,
02:13qui peuvent rester sur le territoire national parce qu'ils correspondent à des métiers sur lesquels nous avons des besoins
02:19qui sont très importants, par exemple.
02:21Je pense à des médecins. Et dans le même temps, nous devons être impitoyables sur la lutte contre l'immigration
02:27clandestine.
02:28C'est ce qui m'est demandé par le gouvernement et aucune tentative d'intimidation ne me fera varier de
02:34ma route.
02:35Exactement. Alors, c'est demandé par le gouvernement, mais je remarque que tous les préfets n'agissent pas de la
02:40même manière
02:41et que vous mettez beaucoup de célérité à cela.
02:44Et est-ce qu'effectivement, c'est Laurent Nunez qui vous demande cela ou il y a aussi une volonté
02:50de fermeté de la part du préfet que vous êtes ?
02:53C'est-à-dire que tous les préfets, me semble-t-il, je parle sous le contrôle de Jules Torres
02:57qui connaît bien le monde préfectoral,
02:59n'agissent pas exactement de la même manière.
03:01C'est pourquoi, d'ailleurs, c'est intéressant de vous avoir et c'est pourquoi, me semble-t-il, vous
03:04êtes visé, vous.
03:09Je ne sais pas pourquoi je suis visé. Il faudra demander à ceux qui visent.
03:11Ce qui est certain, c'est que pour une action de groupe, ce qu'on appelle une class action en
03:16langage anglo-saxon,
03:18dans le document que j'avais découvert à la lecture de l'Humanité et dont je viens seulement ce matin
03:23de pouvoir prendre connaissance,
03:25puisqu'effectivement, il y a eu une communication par l'Humanité et une communication politique avant cela,
03:30eh bien, dans ce document, il n'y a en réalité aucune situation individuelle.
03:34Ce sont tout simplement des avocats qui décident d'eux-mêmes de déposer cette action.
03:40Et évidemment, nous y répondrons.
03:42Mais ce dont je peux être le témoin, et notamment de mes collègues des autres départements
03:47qui sont concernés par une très forte demande de titre de séjour étranger,
03:51c'est que tous les préfets de France sont extrêmement mobilisés.
03:54Et c'est vrai, j'ai fait, sous l'autorité du gouvernement, dans les Hauts-de-Seine,
03:59de l'éloignement des étrangers en situation irrégulière, une priorité.
04:03Parce qu'au fond, le rôle de la République n'est-il pas celui-là ?
04:07C'est-à-dire à la fois d'accueillir ceux qui, selon les lois de la République, ont le droit
04:11d'être présents sur notre sol,
04:12et en même temps d'envoyer un signal très clair à ceux qui sont rentrés irrégulièrement,
04:17ou pire, qui sont rentrés régulièrement et qui ne respectent pas les lois de la République.
04:21Et c'est aussi pour cela que j'ai augmenté très fortement les éloignements de ce qu'on appelle les
04:27étrangers auteurs de troubles à l'ordre public,
04:29parce que nos concitoyens, à juste titre, ne supportent pas l'idée qu'on puisse être étranger,
04:36présents régulièrement sur notre sol, et ne pas respecter les lois de la République.
04:40Il y a un proverbe bien connu qui dit « à Rome, fais comme les Romains ».
04:44Eh bien, quand on vient en France, on doit respecter les lois de la République,
04:48et je sais que chaque préfet de notre pays a à cœur de faire respecter ces lois et cette règle.
04:55Eric Tegner.
04:56Monsieur le Préfet, nous venons de diffuser un reportage de 100% Frontières sur de nombreux camps de migrants,
05:00notamment en région parisienne.
05:02Qu'est-ce que vous pensez de cette situation qui s'aggrave de plus en plus,
05:05quand on sait également qu'ils sont aidés souvent par des associations,
05:09le même type d'associations dans le fond, comme la DDE, qui vous attaque ce matin ?
05:16Alors, je ne peux pas vous répondre sur ce point précis,
05:18puisqu'il s'avère que je n'ai pas de camp de migrants dans le département,
05:21et que le préfet, par définition, ne s'exprime que sur la situation dans son département.
05:26Ce qui est certain, c'est que je constate que, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur,
05:33nous avons des directives extrêmement claires,
05:35s'agissant de la lutte contre l'immigration clandestine,
05:38que le phénomène migratoire est une réalité qui préoccupe tous les préfets de ce pays,
05:43sous l'autorité du gouvernement,
05:45et que nous avons aujourd'hui des outils que nous mettons en œuvre
05:48pour procéder à des éloignements.
05:51Je veux notamment citer la loi immigration,
05:54qui nous a considérablement renforcés.
05:56J'étais à l'époque le directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur,
06:00Gérald Darmanin, qui avait porté cette loi,
06:02a considérablement renforcé l'arsenal qui est à notre disposition.
06:06Et aujourd'hui, Laurent Nounès, sous l'autorité de Sébastien Lecornu
06:10et du président de la République,
06:11applique la même politique avec beaucoup d'autorité et de fermeté.
06:15C'est ce qui nous est demandé, je peux le témoigner.