00:0016h-18h, Pascal Proé-Vous sur Europe.
00:04On peut rappeler le numéro de téléphone ?
00:0801-90-20-39-21, numéro non surtaxé.
00:13Effectivement, alors autre sujet qui nous a fortement intéressé,
00:18et c'est pourquoi nous allons recevoir dans ce studio Rachel Binasse,
00:25puisque, Rachel bonjour, vous avez publié une information,
00:29une enquête qui nous a intéressé, c'est le retour du puritanisme.
00:32Et ça fait peut-être un lien, d'ailleurs, avec le sujet qu'on évoquait à l'instant.
00:36Parce qu'il y a parfois, aussi, chez ces jeunes femmes qui portent le voile,
00:42cette idée d'une certaine pudeur à avoir.
00:47Et ça peut être une motivation.
00:49Alors, quels sont les éléments que vous avez retenus dans la société française
00:53qui montrent ce retour, selon vous, du puritanisme ?
00:56Oui, ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés.
00:59On a vu cet été se déployer une forme d'épidémie,
01:03de pudibonderie, de puritanisme, dans la société française,
01:07à travers certaines situations qui peuvent paraître anecdotiques,
01:12mais qui finissent par dire quelque chose de la société.
01:15Alors, je l'ai passé en revue rapidement,
01:17et puis on pourra éventuellement rebondir sur l'une ou sur l'autre.
01:20Il y a eu, bien sûr, la question du topless,
01:23le topless, cet anglicisme, pour parler des femmes qui,
01:27eh bien, bronzent seins nus.
01:29Et le cas d'une femme ayant une cinquantaine d'années en Vendée,
01:33à qui on a demandé, alors par erreur, on a expliqué ensuite,
01:36de se rhabiller, de remettre le haut.
01:38Qui lui a demandé, et où ?
01:40C'était une maître nageuse qui obéissait à un arrêté municipal
01:45interdisant le nudisme et les tenues indécentes.
01:49Ex-et-Zell, de sa part, elle a estimé que c'était finalement indécent,
01:53et elle a demandé à cette touriste de se rhabiller.
01:57Le maire s'est excusé, il faut le dire,
02:00c'était à Saint-Vincent-sur-Jars en Vendée.
02:04Il y a l'enjeu aussi de l'allaitement, l'allaitement en public.
02:06Beaucoup de femmes expliquent qu'elles ont des pressions,
02:10des pressions quand elles allaitent en public,
02:12que finalement...
02:12De qui ?
02:14Des regards, des...
02:15Des regards et des remarques,
02:16des remarques jugeant que ce n'est pas décent,
02:18qu'il faut se rhabiller,
02:20de gens assez différents, assez différents,
02:22mais finalement, c'est un geste qu'on ne voit plus ou plus assez
02:26pour pouvoir le banaliser.
02:28C'est-à-dire que, bien sûr que les seins sont un objet sexuel,
02:32mais ils ne sont pas que ça.
02:33Ils ne sont pas que ça, ils ont un autre rôle.
02:36Et puis, le corps des athlètes,
02:39le corps des athlètes avec pour la première fois
02:41ce fameux guide appliqué,
02:44guide instauré par l'Union Européenne de la Radio et de la Télévision,
02:47avec notamment le soutien de la Fédération Européenne d'Athlétisme,
02:50et des recommandations dictées aux diffuseurs,
02:53leur expliquant qu'il ne fallait pas filmer ou prendre en photo
02:56les femmes de près ou dans des positions
02:59qui seraient jugées dégradantes ou obscènes.
03:02Alors, je vais être honnête,
03:04oui, bien sûr qu'il y a certains caméramans qui ont abusé de la chose.
03:08Les voleyeuses, le beach volley par exemple,
03:11le beach volley à un moment,
03:12le seul attrait pour certains,
03:14c'était finalement de voir ses corps.
03:16Donc, ça existait aussi.
03:17Mais juger que le corps d'une athlète,
03:20finalement, n'est rien d'autre
03:21que quelque chose d'infiniment sexualisé,
03:24que le regard que l'on va porter dessus
03:26est forcément malsain,
03:27ça dit quelque chose de notre société.
03:29Et dernière chose, je finirai là-dessus,
03:32parce que, bien que la pratique soit marginale,
03:35le fond de l'affaire concerne chaque Français, je crois,
03:38c'est cette décision du Conseil d'État,
03:40puisque les juges ont décidé de s'immiscer sous la couette
03:43des Français consentants et adultes,
03:46cette décision début juillet du Conseil d'État
03:48validant la fermeture administrative
03:50d'une société qui a organisé des gang-bangs,
03:53alors derrière cette expression...
03:55Ça, c'est pas la même chose ?
03:57Eh bien si, je crois que ça l'est.
03:58Je crois que ça l'est,
03:59parce que, alors, pour expliquer aux gens
04:00qui ne sont pas forcément familiers de l'expression...
04:03Oh, ils savent ce que c'est, vous savez.
04:04Oh, je suis pas sûr.
04:04En tout cas, partons du principe qu'ils ne savent pas,
04:07c'est le fait pour une femme d'avoir
04:08un rapport sexuel simultané avec plusieurs hommes,
04:11eh bien, on a jugé que le consentement n'était pas suffisant.
04:14Le consentement des femmes n'était pas suffisant,
04:16c'était...
04:17Elle devenait un objet sexuel,
04:20et finalement, c'est une décision qui est plus,
04:22je pense que vous en conviendrez,
04:23plus morale que juridique.
04:25Parce que, si on interdit ça,
04:27on peut interdire beaucoup d'autres pratiques sexuelles.
04:30Il est 17h42, on marque une pause.
04:32C'est vraiment passionnant de vous écouter,
04:34et j'avais lu ce papier,
04:36Rachet Binaz est avec nous, de Marianne.
04:39L'été 2026 a été placé sous le signe de l'ordre moral,
04:42écrivez-vous, dans le collimateur,
04:43encore et toujours, le corps est surtout celui des femmes.
04:45Mais les senseurs ne sont pas toujours
04:47selon ceux que l'on croit.
04:49A tout de suite.
04:49Vous pouvez réagir au 01-80-20-39-21.
04:53Vous avez la parole de César à 18h,
04:55avec Pascal Preux.
04:56Je vous rappelle que le numéro est non surtaxé,
04:58et vous pouvez l'utiliser pour dialoguer
04:59et envoyer vos messages sur WhatsApp 01-80-20-39-21.
05:04A tout de suite sur Europe 1.