Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 semaines
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères, était l’invité de BFM Politique ce dimanche 30 août. Il a notamment été interrogé sur ses propositions économiques, sur l'immigration ou encore sur la poussée du RN dans les sondages.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Bonjour à tous, je suis ravi de vous retrouver, Dominique de Villepin, bonjour, merci d'être notre invité à mes
00:05côtés pour vous interroger.
00:06Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV et Ludovic Vigogne de la Tribune.
00:12Dimanche, une année présidentielle qui s'est très vite lancée. Dans un instant, on va revenir notamment effectivement aux propositions
00:17économiques que vous mettez sur la table,
00:19notamment en matière de fiscalité. On voit que la question de l'immigration aussi est très présente en ce début
00:24de campagne présidentielle.
00:26Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, était notre invité hier. Il a confié à Marie-Chantret qu'il voulait
00:32organiser un référendum sur l'immigration,
00:35avec notamment la fin du droit du sol. Qu'est-ce que vous en pensez ?
00:38Alors permettez-moi de commencer par le début. Nous sommes dans la rentrée et au sortir d'un été qui
00:46a parlé politique plus que jamais.
00:48Par les politiques, à cause de la multiplication des crises. Nous avons été confrontés à la sécheresse, à la canicule,
00:56aux incendies.
00:57Et derrière chacune de ces catastrophes, la même impuissance publique, la même difficulté pour l'État à apporter des réponses,
01:06tant ces risques avaient été peu ou mal anticipés.
01:11Et à côté de cette impuissance publique, il y a eu une formidable solidarité des Françaises et des Français.
01:18On l'a vu dans les agriculteurs apportant secours à ceux qui étaient victimes de ces incendies.
01:26On l'a vu les maires ouvrir la porte d'un certain nombre de leurs installations pour loger ceux qui
01:33n'avaient plus de logement.
01:35Et tout ceci doit nous alerter. D'abord sur l'importance de prendre en compte en matière politique le réel.
01:42Le réel, en l'occurrence cet été, c'est d'abord un réel écologique.
01:46On ne peut pas tourner le dos à la nature. Il y a un cycle de l'eau. Il y
01:50a un cycle des forêts. Il y a un cycle des sols.
01:53Et chaque fois qu'on s'en éloigne, l'homme promettéen qui s'estime au-dessus de sa condition, il
02:00est rattrapé par la réalité.
02:03Deuxième réel qui s'est imposé à nous, c'est le réel financier.
02:06Nous nous réveillons aujourd'hui avec des taux d'intérêt à plus de 4%, une dette qui s'emballe, un
02:13déficit qui ne se réduit pas.
02:15Cette réalité-là, il faut la traiter.
02:17Est-ce qu'on peut la traiter dans le système politique, économique et financier existant ?
02:22Si je suis devant vous, si je m'engage dans cette campagne, c'est bien parce que j'ai la
02:27conviction qu'à système égal, ce n'est pas possible.
02:30Et que depuis 20 ans, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Emmanuel Macron, nous avons vu à chaque fois la même impasse.
02:40Et ce que nous voyons, c'est une campagne électorale qui débute avec deux pôles très forts, deux pôles de
02:49radicalité, la France insoumise d'un côté et le Rassemblement national de l'autre.
02:54Et entre les deux, un système flottant, un système politique flottant qui, lui, veut perpétuer un système qui fait faillite.
03:02Et on voit bien que dans ce système-là, ce ne sont pas des mesurettes, des fers-valoirs qui nous
03:07permettront de sortir de tout cela.
03:08Donc j'accueille avec intérêt la proposition de M. Bardella.
03:13Mais je rappellerai simplement que le référendum, ce n'est pas une formule magique qui consiste à mettre à l
03:22'encant les problèmes les plus difficiles.
03:24Ce n'est pas oui, non sur l'immigration.
03:28Derrière l'immigration, on l'a vu lors du débat de l'AREF avec le MEDEF, il y a des
03:34enjeux économiques.
03:35Les entreprises ont besoin d'emplois.
03:38Derrière l'immigration, il y a tous nos services publics.
03:40Comment vous faites fonctionner l'hôpital aujourd'hui sans recours à cette immigration ?
03:45Donc il faut être sérieux.
03:47Et je prends la proposition de M. Bardella comme une énième surenchère,
03:53sur un sujet qui place le Rassemblement national en dehors des règles républicaines qui sont les nôtres,
04:00c'est-à-dire avec vocation à changer la Constitution, changer les traités et au bout du compte, changer de
04:07pays.
04:08Moi, je suis né et j'ai grandi dans une France, pays des droits de l'homme et du citoyen,
04:13dans un pays qui a une certaine idée de l'universel.
04:16Le RL au pouvoir, ce serait la fin des droits de l'homme ?
04:18Et je vois ce pays se rétrécir et imaginer qu'on puisse trouver un salut dans l'exclusion.
04:25Alors on voit bien, la campagne politique, elle se ramène à un jeu d'exclusion.
04:29Certains veulent exclure les riches, d'autres veulent exclure les immigrés, d'autres encore exclurent les fonctionnaires.
04:34C'est un combat à somme nulle.
04:38Pour être plus précis, parce qu'on a du mal à saisir votre position sur l'immigration,
04:42et vous en parlez assez peu en général.
04:44Est-ce que vous diriez, je déduis de vos propos, que l'immigration est une chance pour la France ?
04:49Est-ce qu'il faut la restreindre ou pas ?
04:52Madame Allière, je ne veux pas tomber dans le piège de formule toute faite.
04:55Chacun sait qu'il y a un piège derrière chaque formule toute faite.
04:59Ce que je dis, c'est que nous avons besoin d'une certaine immigration pour faire avancer notre pays.
05:05On connaît tous l'évolution démographique de la France, le vieillissement de notre pays.
05:09Qui allons-nous mettre dans un certain nombre des emplois indispensables ?
05:14Pensez à la restauration, comment vous faites fonctionner la restauration sans l'immigration ?
05:18Pensez à un certain nombre de services à la personne, comment vous faites fonctionner ?
05:22Pensez à l'hôpital une fois plus.
05:23Nous avons besoin d'immigration.
05:25Donc l'idée de diaboliser toute forme d'immigration et de mélanger l'immigration régulière et l'immigration irrégulière
05:33me paraît très dangereuse, à la fois pour notre économie et en même temps, je le redis, pour notre système
05:39républicain.
05:40Mais sans diaboliser, est-ce qu'il y a un pendant où, comme le dit par exemple François Hollande, qui
05:43est de gauche,
05:44lui dit qu'il faut mieux contrôler l'immigration et il faut notamment resserrer le regroupement familial ?
05:48Nous sommes là dans le jeu des évitances et des platitudes.
05:51Je crois qu'il est inutile de rappeler que bien sûr, il faut maîtriser notre immigration.
05:56Il faut donner toute sa place à l'immigration légale, lutter contre l'immigration illégale
06:01et à chaque fois adopter les bons moyens.
06:03Mais sans renier nos principes.
06:06Quand je vois Édouard Philippe, membre d'un parti républicain, dire à Mayotte qu'il faut revoir le droit du
06:14sol
06:14et revoir les droits d'asile, on est en France à Mayotte.
06:19Si on remet en cause le droit d'asile à Mayotte, qu'est-ce qu'on fait sur l'hexagone,
06:25le territoire national ?
06:26Il dit aussi qu'à Mayotte la situation est exceptionnelle, donc ça nécessite des mesures exceptionnelles.
06:30Il n'y aurait-il donc pas d'autres moyens exceptionnels pour lutter contre l'immigration ?
06:34À Mayotte par exemple ?
06:35À Mayotte par exemple.
06:37Nous avons un dispositif naval à Mayotte qui a déjà donné des résultats.
06:43Nous avons changé la loi en 2025 à Mayotte pour exiger que les deux parents aient passé un certain temps
06:50sur le territoire national, au moins un an sur le territoire national,
06:53avant de pouvoir avoir un enfant déclaré français.
06:57On a adopté le décret quand ?
07:00Quand est-ce qu'on a adopté le décret ?
07:02Il y a quelques mois.
07:04On a à peine voté une loi, qu'on est déjà en train de prévoir des solutions exceptionnelles comme si
07:10la loi n'existait pas.
07:11Appliquons la loi et surtout mettons en place un dispositif naval.
07:15Nous n'avons pas, outre-mer, de préfet maritime.
07:18Ayons un préfet maritime, nous avons une marine qui a vocation à jouer tout son rôle, développons un système naval.
07:26Là où nous avons effectivement une épreuve et une crise, faisons en sorte, à partir de là, d'être plus
07:32efficaces.
07:33Mais ce qu'il faut comprendre derrière tout ça, c'est que l'immigration à Mayotte, elle n'est pas
07:39due seulement, loin s'en faut, à la perspective d'acquérir la nationalité française.
07:45Elle est due tout simplement à un différentiel économique.
07:47Nous sommes à 70 kilomètres d'Anjouan, donc par définition, et tout près des côtes de l'Est de l
07:52'Afrique.
07:53Donc, l'immigration vient naturellement parce qu'il fait meilleur vivre à Mayotte compte tenu de la situation économique et
08:00de la situation sociale que de rester chez soi.
08:03Ce différentiel-là, il ne peut être combattu qu'à travers des politiques de coopération, à travers des stratégies diplomatiques
08:09qui nous permettent d'apporter des réponses.
08:12Une fois de plus, je le redis, il n'y a pas de raccourci en matière de politique publique.
08:16Et tout seul qui veut jouer à coups d'exception, non seulement font des entorses à notre régime républicain, mais
08:23en plus, court dans la surenchère.
08:26Et en l'occurrence, M. Edouard Philippe, il fait le jeu du Rassemblement National.
08:30Qui préférera la copie, c'est-à-dire M. Philippe, à Mme Le Pen ?
08:34Il fait le jeu à travers la surenchère de Mme Le Pen.
08:38Et c'est exactement le piège dans lequel tombe, non seulement le parti Les Républicains, mais aussi le Bloc Central,
08:45mais aussi une partie de la gauche.
08:47Et c'est pour ça que je le redis.
08:49La clé, c'est la règle commune.
08:52Respectons la règle commune.
08:54Et mettons en place des politiques publiques plus efficaces, croyez-moi, en termes de mobilisation de nos moyens, de notre
09:03marine en particulier.
09:04Nous avons la possibilité d'être beaucoup, beaucoup plus efficaces qu'à travers un changement de dispositif dérogatoire comme celui
09:11que propose...
09:12Edouard Philippe qui propose cela.
09:14La question économique, on l'a vu, qui est au cœur de ce début de campagne également.
09:17Vous proposez-vous un grand big bang, notamment fiscal, supprimer toutes les niches fiscales.
09:23Est-ce que...
09:23Alors attendez, vous allez nous les détailler.
09:25Non mais justement, vous allez nous le détailler.
09:27Vous allez préciser.
09:27Vous jetez le bébé avec l'eau du bain.
09:29Un grand big bang fiscal.
09:31Est-ce que...
09:32Vous avez changé de nom pendant l'été.
09:34Vous vous appelez Dominique Milley, Ravière Villepin désormais.
09:36La tronçonneuse est en main et c'est parti.
09:38Alors manifestement, vous avez perdu vos lunettes pendant l'été.
09:41Alors, je dis des choses très précises et qui n'ont rien à voir avec ce que vous venez de
09:46dire.
09:46Il ne s'agit pas de supprimer l'ensemble des dispositifs qui sont à travers les niches.
09:51Mais il s'agit simplement d'ouvrir la boîte noire, la principale boîte noire de notre fiscalité, de notre système
09:58social.
10:00Constatons, et c'est de là qu'il faut partir, le procès d'intention qui est fait partout sur la
10:06scène politique à la dépense sociale.
10:08Tout le monde constate que la dépense sociale, eh bien, est en train de sortir de son lit et ne
10:13peut pas être maîtrisée.
10:14À partir de là, tous les Français auront compris que le modèle social est en cause.
10:21Et quand j'écoute l'ensemble des partis politiques, soit ils ferment les yeux devant cette réalité, soit ils ne
10:28la traitent pas que par des mesurettes.
10:30Alors, ici, on veut augmenter de deux points la TVA, là, on veut bêcher les franchises, là, on veut un
10:37jour de carence supplémentaire.
10:38C'est la compétition, c'est la politique à neneux. C'est la compétition, c'est la politique à neneux,
10:45c'est n'importe quoi, c'est la foire.
10:48Vous savez, une campagne électorale où chacun promettrait à ceux qui sont en face de lui ce qu'il a
10:52envie d'entendre, c'est sympathique.
10:54Mais moi, je vais vous dire quelque chose. J'ai participé à deux victoires aux élections présidentielles. Deux victoires.
11:00Et je sais ce que c'est que le lendemain d'une élection présidentielle, se retrouver dans un bureau en
11:06responsabilité, se trouver en charge de ce qu'on a promis.
11:10Et je vous dis ici, très solennellement, jamais je ne me mettrai dans la situation de me retrouver dans un
11:15bureau de la République et de ne pas pouvoir tenir les promesses que j'aurais faites la veille.
11:19Tous ceux qui, aujourd'hui, s'engagent, baisser les impôts, par exemple, les augmenter inconsidérément, se retrouvent aujourd'hui...
11:28Vous les augmenterez, vous ?
11:29Se retrouvent aujourd'hui à avouer leur impuissance. Moi, je dis autre chose et je réponds à votre question. Je
11:34dis, sous le capot, nous ne savons pas ce qu'il y a.
11:37Soulevons le capot, ouvrons la boîte noire. Et à partir de cette boîte noire, qui représente 175 milliards d'euros,
11:47ou le meilleur, la lutte contre le handicap, la prise en compte des spécificités de l'outre-mer,
11:55toutes ces réalités qu'il faut traiter, eh bien, seront traitées par cinquième chaque année. Nous prendrons un cinquième de
12:04ces 175 milliards et nous ferons en sorte
12:07de les diviser en trois tiers. Il y a l'argent qui servira à la compensation des choses absolument nécessaires.
12:16Ça représente 11 milliards par an. Il y a ce qui permettra de reconstruire des politiques publiques en dehors d
12:22'une boîte noire, en ayant mis à plat la réalité,
12:25encore 11 milliards, et 12 milliards qui iront au désendettement. À ce jour, je ne connais pas, sur l'échiquier
12:31politique,
12:32de plans de désendettement plus réalistes que celui que je propose.
12:35– Une niche très concrète, Amandine. – Oui, une qui concerne énormément de Français, par exemple, celle sur le crédit
12:41d'impôt pour les emplois à domicile.
12:42Tous les Français qui emploient quelqu'un qui garde leur enfant, qui fait du ménage, du jardinage, vous la conservez
12:48ou vous la supprimez, cette niche fiscale ?
12:50– Alors, toujours la même question, je vous dis, ouvrons le capot.
12:55– Celle-ci, on la connaît, pas besoin d'ouvrir le capot. – Vous savez combien il y a de
12:58niches sociales et fiscales en France ?
13:00– 474, 474, donc je ne vais pas vous répondre par oui, non, en deux minutes.
13:06Ce que je vous dis, c'est que nous prendrons…
13:09Évidemment, il ne s'agit pas de supprimer les services à la personne.
13:12Il s'agit de les traiter en dehors d'une exception et en dehors de la boîte noire,
13:17à travers une vraie politique publique des services à la personne.
13:20C'est-à-dire pas en catimini, pas dans l'opacité.
13:23Le malheur de notre pays, c'est l'opacité et la déviance par rapport à une règle républicaine.
13:30Et à chaque fois, nous nous poserons la question, est-ce que c'est utile ?
13:33Est-ce que cela contribue à l'emploi ?
13:35Est-ce que nous pouvons faire mieux en faisant autrement ?
13:39Et donc, chaque niche sera inspectée selon cette règle.
13:43C'est ce que nous avons un peu fait entre 2005 et 2007, quand j'étais Premier ministre.
13:48Et je vous précise que c'est la seule période où nous ayons à la fois réduit le déficit et
13:52la dette,
13:53et personne ne peut le contester, il suffit de regarder les chiffres sur le plan historique,
13:57à travers la première conférence des finances publiques, nous avons donc obtenu des résultats.
14:02Donc je ne sors pas ça de mon chapeau.
14:04Mais de la même façon qu'il faut revenir au réel quand il y a des feux de forêt,
14:09il faut revenir au réel quand il y a une dérive financière d'une telle ampleur
14:14que nous ne pouvons pas à la fois céder sur le plan de la règle républicaine pour tous.
14:20Aujourd'hui, les Français ont compris.
14:21La règle, c'est le deux poids deux mesures.
14:23Il y a ceux qui, en permanence, s'en tirent bien.
14:26Et on voit tous les avantages que peuvent tirer un certain nombre de favorisés du système actuel.
14:32Et c'est toujours les mêmes qui payent et qui se retrouvent en ajustement.
14:36C'est pour cela que nous avons constamment la sollicitation vis-à-vis des retraités,
14:40la sollicitation du côté des moins favorisés.
14:43Moi, je veux la justice sociale et la règle républicaine.
14:47Donc, une fois de plus, l'objectif, en ouvrant le capot de ces 175 milliards d'euros,
14:54c'est d'arrêter de céder au fantasme, de reprendre le contrôle républicain et démocratique de notre destin
15:01et de dégager des marges de manœuvre.
15:03Nous aurons ainsi un vrai chemin de retour en dessous des 3% de déficit
15:10et nous aurons repris le contrôle de notre dette, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
15:15– Dans votre Big Bank, il y a un point que vous n'évoquez pas, c'est la question des
15:18retraites.
15:19Aujourd'hui, la réforme Borne, qui porte l'âge de départ à 64 ans, est suspendue.
15:23Avec vous, quel serait l'âge de départ à la retraite ?
15:26– Alors, très bonne question.
15:28Il ne vous a pas échappé, M. Vigogne,
15:31que cette même question a mis beaucoup de monde dans la rue et beaucoup de malheureux
15:34et a conduit le gouvernement à retirer.
15:36– Pas retirer, à suspendre.
15:37– Oui, enfin, vous m'avez compris.
15:41Deuxième élément, tirons les leçons.
15:44La règle de la politique numéro 1, c'est de tirer les leçons.
15:47Tirer les leçons, c'est quoi ?
15:48C'est remettre les partenaires sociaux en responsabilité.
15:51Si je vous dis aujourd'hui, d'autorité,
15:54je vais fixer l'âge de la retraite à 64-65 ans,
15:58d'emblée, je fais exactement ce qu'il ne faut pas faire.
16:00– Mais vous avez une idée quand même.
16:01– Il va falloir travailler plus longtemps, vous dites,
16:03comme Edouard Philippe, quand même cela ?
16:05– Il faut prendre en compte la démographie,
16:08il faut prendre en compte les inégalités de situation devant la pénibilité des emplois
16:12et donc les conditions de travail.
16:14Il est bien évident que, regardez, moi j'ai 72 ans,
16:17je n'ai jamais arrêté de travailler.
16:19Pourquoi ?
16:19Parce que l'espérance de vie qui est la mienne,
16:22compte tenu de la vie qui a été la mienne,
16:24me permet d'espérer vivre plus longtemps.
16:26Si j'avais transporté des sacs ou travaillé dans une usine en 3-8,
16:31il est bien évident que la santé qui est la mienne ne serait pas la même
16:33et j'aspirerais à faire autre chose et je ne serais donc pas devant vous.
16:38– Donc vous ne donnerez pas d'âge de départ à la retraite ?
16:40Donc c'est ce que j'ai dit, j'ai été l'un des premiers à proposer cette solution,
16:45de sortir de cet âge pivot, de cet âge tabou,
16:48pour compter davantage en trimestre,
16:51offrir la possibilité à nos compatriotes de choisir
16:54et on voit bien que dans l'arbitrage entre travail et retraite,
16:58un certain nombre d'entre eux privilégient cela, privilégient la retraite
17:02et puis prenons en compte le problème central derrière tout ça
17:05qui est le problème du taux d'emploi
17:08quand nous savons qu'une grande partie des seniors
17:10ne trouve pas d'emploi à partir de 52, 53 ans, 54 ans
17:14et qu'une grande partie des plus jeunes
17:17rentre dans l'emploi vers 25, 26, 27.
17:20– Lié l'âge de départ à la retraite à l'espérance de vie
17:22que propose Bruno Rotaio, c'est une bonne idée ?
17:24– Oui, enfin, il le calcule comment cette espérance de vie ?
17:27C'est pas tant l'espérance de vie
17:30que les conditions de vie
17:33et donc je pense qu'offrir à nos compatriotes
17:36une certaine flexibilité de choix,
17:38si vous êtes en forme et que vous avez envie de continuer à travailler,
17:41vous travaillez, il faut qu'il y ait un avantage
17:44assez significatif pour ceux qui souhaitent continuer,
17:46que ceux qui n'en peuvent plus
17:47et qui espèrent profiter un peu des beaux jours
17:50puissent le faire, c'est la moindre des choses.
17:52Donc une fois de plus, d'abord les partenaires sociaux,
17:55donc conférences sociales, concertations, conventions citoyennes,
18:00vous savez, moi j'ai tiré les leçons du CPE,
18:02je ne referai pas les mêmes erreurs.
18:04Je crois qu'il faut prendre en compte aujourd'hui
18:06le fait que personne n'est en mesure d'imposer
18:11ni aux partenaires sociaux, ni aux Français
18:13ce qu'ils ne veulent pas.
18:14Et donc, tous ceux qui veulent par décret augmenter le SMIG
18:19ou qui veulent par la loi augmenter l'âge de la retraite
18:23iront devant de grandes déconvenues.
18:26Et ne l'oublions pas, les cinq prochaines années
18:28sur le plan social seront des années chaudron,
18:33autant en matière sociale qu'économique et financière.
18:37Parce que les marges de manœuvre sont réduites
18:39et qu'il faudra donc être extraordinairement attentif
18:43à ce que pensent les Françaises et les Français,
18:45à ce qu'ils ressentent.
18:46Nous sommes dans un pays qui est à bout
18:48devant l'impuissance publique,
18:50qui est assez allergique à la classe politique.
18:56On dit, la campagne est lancée.
18:57Il y a les deux tiers des Français
18:59qui ne veulent pas entendre parler de la campagne.
19:01Je ne sais pas d'ailleurs si la campagne commencera.
19:03Parce que, croyez-moi, si c'est pour entendre
19:06des propositions comme celles de M. Retailleau,
19:08travailler une demi-heure de plus par jour,
19:10c'est facile quand on est nourri par le beau climat vendéen
19:14et qu'on a passé ces années au Sénat.
19:16– Justement, puisqu'on parle de ces propositions,
19:18Dominique de Villepin,
19:18puisqu'on parle de ces propositions
19:20et que vous parlez de la dépense sociale.
19:22Pour la réduire, Edouard Philippe a fait
19:23des propositions très concrètes.
19:25Par exemple, réduire les arrêts maladie,
19:28il dit que c'est l'open bar,
19:29ou réduire la durée d'indemnisation du chômage
19:31pour les moins de 50 ans.
19:33– On peut faire des propositions très concrètes
19:35et pas sérieuses.
19:36– Pourquoi ?
19:37– Pourquoi ?
19:38Parce qu'il est exactement dans le schéma que j'indiquais.
19:40C'est-à-dire qu'il démantèle notre système social,
19:43notre modèle social.
19:46La santé, l'éducation, le logement,
19:49il est perçu par la plupart des parties
19:51de l'espace central comme un coût.
19:54Comme un coût.
19:55Et donc, il faut le réduire, le réduire, le réduire, le réduire.
19:58Moi, je pars de l'idée que l'éducation…
20:01– On ne voit pas où vous, vous trouvez vos 125 milliards d'euros.
20:02– Mais je viens de vous dire…
20:03– Parce qu'à chaque fois qu'il y a quelque chose de douloureux à dire,
20:06vous l'évitez.
20:07– Mais oui, mais moi, je fais porter le douloureux
20:09sur ceux qui sont les plus fortunés.
20:11Les 12 milliards par an que je fais sur les niches fiscales,
20:14c'est du douloureux, ça.
20:15– Le retour de l'ISF aussi, par exemple ?
20:18– Je vous ai expliqué qu'il y avait trois tiers.
20:20– Oui, ça, on a suivi.
20:22– Voilà, bon, ben oui, donc vous avez bien vu
20:24qu'il y avait 12 milliards.
20:25– Oui, mais ça fait 12 milliards.
20:25Vous dites qu'il en faut 125 à économiser.
20:27– Non, c'est 125 en ajustement budgétaire à la fin.
20:32Mais chaque année, c'est entre 25 et 30.
20:35Donc il y a 12 milliards déjà en ce qui concerne
20:39le nettoyage des niches fiscales.
20:41Il y a 9 milliards qui concernent l'impôt sur les successions.
20:47Et puis il y a le retour d'un impôt sur la fortune
20:49de 8 milliards, plus 2 milliards en ce qui concerne
20:53la lutte contre la fraude fiscale et sociale.
20:55On arrive aux chiffres nécessaires.
20:57Donc croyez-moi, je sais compter.
20:59Mais je reviens à ce que je disais, c'est important.
21:02Les services publics ne sont pas un coût.
21:05C'est au contraire un investissement pour la nation.
21:08Plus nous formerons les jeunes françaises
21:09et les jeunes français, plus nous donnerons
21:11un logement à ceux qui sont en attente.
21:13Il y en a 3 millions qui sont en attente,
21:15alors qu'il y a 3 millions de logements vides.
21:16Je sais bien qu'ils ne sont pas au même endroit.
21:18Mais il faut complètement changer la logique.
21:20Ce que je veux souligner, c'est que si nous ne changeons pas
21:23le système qui est dans l'impasse,
21:26ce n'est pas en coupant les cheveux en quatre,
21:28en prenant des mesurettes et en les additionnant
21:31que l'on pourra rendre ce système vertueux.
21:34Ce système, il sera encore un peu plus en faillite
21:37comme il l'est aujourd'hui.
21:38C'est le moment de notre séquence.
21:39Plutôt, plutôt, justement.
21:40Regardez ces deux photos.
21:41Je vous propose deux photos.
21:42Vous allez me dire de quel côté vous penchez.
21:44Regardez plutôt Manon Aubry ou Bernard Arnault.
21:46Manon Aubry qui, en début de semaine, a dit
21:48qu'a qualifié les milliardaires de nuisiers.
21:51Plutôt Bernard Arnault ou Manon Aubry ?
21:53Monsieur Daray.
21:54Réponse courte.
21:55Je n'ai pas mis ce matin ma petite culotte de chou
21:57pour me faire brouter le derrière par les petits lapins.
22:00Donc, vos jeux, vous vous les gardez.
22:02Plutôt, plutôt, pas du tout.
22:03Pas du tout.
22:04Pas du tout.
22:05Ça ne m'intéresse pas.
22:06Je ne suis pas venu pour jouer, monsieur Daray.
22:08On n'est pas qui veut gagner des millions.
22:10Mais ce n'est pas des questions politiques.
22:12C'est des quiz.
22:13Les quiz, vous les faites avec ceux que ça amuse.
22:15Donc, vous n'avez pas le courage de choisir entre les deux ?
22:17Du courage.
22:17Mais je ne suis pas sot au point de choisir entre les deux.
22:21Parce que ce n'est pas de même nature.
22:24Vous comparez un milliardaire à la tête d'une grande fortune française
22:28qui a créé des emplois en France
22:29et une députée de la France insoumise.
22:32Dont les propos vous choquent ?
22:34Mais bien sûr que les propos me choquent.
22:36Évidemment, si vous m'aviez dit
22:37est-ce qu'on peut qualifier de nuisible
22:39un certain nombre des responsables d'entreprises françaises,
22:42je vous dirai tout de suite
22:42mais c'est absurde, c'est dangereux.
22:45Et c'est autant dangereux
22:46qu'un certain nombre de ceux qui étaient à l'AREF
22:49et qui se sont mis à rire
22:50quand l'un des candidats, Jean-Luc Mélenchon,
22:53pour ne pas le citer,
22:56a parlé d'augmenter le SMIC.
22:59Il faut du respect
23:01pour les Français qui peinent,
23:02pour les Français qui souffrent
23:03et il faut du respect pour tous ceux qui contribuent
23:06au développement de la vie nationale.
23:07On a bien d'accord.
23:08Donc mettons le respect,
23:09votre petit jeu,
23:09vous vous le gardez.
23:10Allez, écoutez,
23:11on vous aura posé la question,
23:12on vous retrouve dans quelques-uns justement.
23:13On va voir quelle place pour vous
23:14dans cette campagne présidentielle.
23:15A tout de suite.
23:16Notre invité dans BFM Politique,
23:18Dominique de Villepin,
23:19merci d'être avec nous.
23:20Probable candidat à l'élection présidentielle,
23:22nous publions ce matin un sondage
23:24avec notre partenaire Elab
23:25ainsi que la tribune dimanche.
23:27Vous êtes crédité entre 2 et 2,5%
23:30des intentions de vote.
23:31Je vous avais bien.
23:32Il est où le bonheur ?
23:33À quoi sert votre candidature,
23:35Dominique de Villepin ?
23:36Écoutez, d'abord,
23:37à faire en sorte que je sois présent
23:39pour en répondre devant vous.
23:42Elle sert à faire ce que personne
23:45n'a envie de faire
23:46dans le microcosme politique et médiatique.
23:49Même à 2%.
23:49Mais surtout à 2%.
23:51Elle sert à dire qu'il y a
23:53une alternative politique
23:55à l'impasse dans laquelle nous sommes
23:56depuis 20 ans,
23:58à dire que rien de bon
24:00ne peut sortir de tous ceux qui ont
24:04travaillé dans ce sens depuis 20 ans.
24:07Aujourd'hui, tous les candidats
24:09qui sont issus du Bloc central
24:11sont liés au macronisme.
24:12Pourquoi voulez-vous que le macronisme
24:13donne quelque chose de meilleur ?
24:15Ils peuvent toujours plaider la rupture,
24:17ils peuvent toujours plaider
24:18qu'ils ont appris.
24:19Quand je les écoute,
24:20les uns et les autres,
24:21ils sont dans la même politique.
24:24Et le seul choix qui reste aux Français,
24:26c'est les deux grands pôles,
24:28l'extrême droite et l'extrême gauche.
24:30Et ce n'est pas un hasard
24:31si ceux-ci se maintiennent
24:32très au-dessus des autres
24:35parce qu'eux,
24:35ils proposent quelque chose d'autre.
24:38Alors c'est hors sol,
24:40ce n'est pas applicable,
24:41ça nous fait changer
24:42de République ou de Constitution,
24:45mais ça le mérite au moins
24:46d'exister politiquement.
24:48Donc, aujourd'hui,
24:50ce que je dis,
24:50c'est qu'il faut une alternative.
24:52Et à 2% vous y croyez ?
24:54Je vois avec intérêt
24:55que depuis un certain nombre de mois maintenant,
24:58pour ne pas dire d'années,
24:59je plaide pour le rassemblement.
25:00Et je suis intéressé de constater
25:02qu'aujourd'hui,
25:03tout le monde dans l'espace central
25:04parle de rassemblement.
25:06La différence,
25:08c'est que moi,
25:08je n'ai jamais parlé
25:09de rassemblement des partis politiques.
25:12Moi, j'ai toujours parlé
25:12du rassemblement des Français.
25:14Je crois que les partis politiques
25:16ne peuvent rien donner de plus
25:18que ce qu'ils ont donné
25:20depuis 20 ans.
25:21Et une fois plus,
25:22c'est l'essentiel
25:23de l'échiquier politique.
25:24Plus tôt à droite ?
25:24Quel espace vous visez politique ?
25:25On a épuisé
25:27les capacités
25:28de la gauche
25:29avec François Hollande.
25:31On a épuisé
25:32les capacités
25:33de la droite
25:33avec Nicolas Sarkozy.
25:34Et on a épuisé
25:36les capacités
25:37de ce qui est censé
25:38dépasser la droite
25:38et la gauche
25:39avec Emmanuel Macron.
25:40Et c'est pour ça que,
25:41trouvez le nom
25:42que vous voudrez,
25:43il faut offrir
25:45une alternative.
25:46Et l'alternative,
25:47elle tient en deux mots
25:48ou deux formules.
25:49La règle républicaine,
25:50il faut appliquer
25:51la règle républicaine
25:52et la justice sociale.
25:54Moi, je n'entends pas
25:56aujourd'hui
25:56de responsables politiques
25:58dans l'espace central
25:59qui préconisent
26:01la règle républicaine.
26:02M. Edouard Philippe
26:03à Mayotte,
26:03il tourne le dos
26:04à la règle républicaine.
26:05M. Retailleau
26:06qui veut une demi-heure
26:07de plus par jour,
26:11pareil,
26:11il change à chaque fois
26:12la règle.
26:13Moi, je suis pour
26:15offrir
26:15une alternative
26:16aux Français
26:17dans un cadre
26:18profondément rénové
26:20et c'est pour cela
26:20que je propose
26:21d'ouvrir la boîte noire
26:23et de changer
26:24en profondeur
26:25un système
26:26qui est dans la passe.
26:27Mais est-ce que vous
26:27nous garantissez
26:28que le 18 avril 2027,
26:30le jour du premier tour,
26:31il y aura bien
26:31un bulletin
26:32Dominique de Villepin
26:33dans les bureaux de vote ?
26:34Est-ce que vous direz au bout ?
26:35Mais, M. Vigogne,
26:37si je suis là,
26:38si je me donne du mal,
26:39si j'ai une centaine
26:42de représentants
26:42partout dans le pays
26:43qui va solliciter
26:44les maires
26:45pour trouver des signatures,
26:46si nous multiplions
26:47les rendez-vous
26:48de collègues
26:49pour obtenir
26:50le financement
26:51de la campagne,
26:51c'est bien parce que
26:52nous avons cette intention,
26:53c'est un combat.
26:54Mais vous n'avez pas eu
26:55de ralliement pour l'instant.
26:56Mais je ne veux pas...
26:59Vous voyez,
27:00vous n'écoutez pas
27:00ce que je dis.
27:01Non, mais vous n'écoutez pas
27:02ce que je dis.
27:03Je viens de vous expliquer
27:04que pour moi,
27:05le rassemblement,
27:05c'est le rassemblement
27:06des Français,
27:06ce n'est pas
27:07le rassemblement
27:07des partis.
27:08Le débauchage,
27:10Nathalie Kosciusko-Morizet
27:11qui rejoint M. Philippe,
27:13je ne sais pas
27:13quel autre chapeau à plumes
27:14qui rejoint M. Retailleau
27:16ou M. Attal.
27:18Mais ça,
27:18c'est la politique
27:19à l'ancienne.
27:20On a déjà vu ça.
27:21Vous ne l'avez pas tout seul.
27:22On a vu ça
27:23avec M. Sarkozy.
27:24Ça nous a mené où ?
27:25Donc,
27:25pas de débauchage.
27:26Moi, je demande
27:27à chacun
27:27de venir comme il est.
27:28Que les socialistes
27:29restent socialistes.
27:30Je ne leur demande pas
27:31de se renier.
27:32Que ceux qui sont au centre
27:34restent au centre.
27:35Donc, ce sera un gouvernement
27:36d'union nationale ?
27:37Mais c'est la volonté
27:41de tous ceux
27:42qui croient en la France,
27:43qui veulent servir les Français,
27:45de se rassembler
27:45pour changer les choses.
27:48Vous savez,
27:48moi,
27:48je ne cherche pas un poste.
27:49Je ne cherche pas
27:50à continuer le système.
27:53Je vois qu'il y en a
27:53qui se verraient très,
27:54très bien
27:54à l'Élysée 50+,
27:55pour profiter du poste.
27:59Moi,
27:59j'ai toujours pensé
28:00que c'est beaucoup plus
28:01de maux de tête
28:02que d'avantages.
28:03Dominique Dewey,
28:03vous parlez de la collecte
28:05des parrainages,
28:06notamment.
28:07Vous avez combien
28:07de parrainages aujourd'hui ?
28:08Écoutez,
28:09nous en avons de plus en plus
28:10plusieurs centaines,
28:11mais pas suffisamment.
28:12Je ne vais pas...
28:13Je ne vais pas...
28:14On se souvient en 2012,
28:16c'est ce qui vous avait manqué
28:17pour être candidat au final.
28:18Vous avez tout à fait raison
28:19et c'est une collecte
28:20qui est difficile
28:21parce que le jeu partisan
28:22pèse très lourd
28:23dans cette collecte
28:24et les affiliations
28:27communalité,
28:28intercommunalité
28:28pèsent également très lourd.
28:29Donc,
28:30un certain nombre de maires
28:31sont réticents
28:31à donner ce parrainage.
28:32Nous en avons plusieurs centaines
28:34et nous travaillons dur
28:35pour les obtenir.
28:36Tout ça,
28:36ça veut dire,
28:37Dominique de Villepin,
28:38on est bien d'accord
28:38que vous serez candidat
28:39à l'élection présidentielle.
28:40Je veux être candidat,
28:42M. Daré,
28:42que je me bats
28:43pour être candidat,
28:44mais on ne fait rien
28:45tout seul.
28:46Mais ce matin,
28:46on ne fait rien...
28:47Vous parlez de 2%
28:48ou de 3%,
28:49on ne fait rien
28:49sans dynamique.
28:51Est-ce qu'il y a aujourd'hui
28:52dans notre pays
28:53une attente,
28:54une volonté
28:55de changer les choses
28:56ou est-ce que d'ores et déjà
28:58les Françaises
28:59et les Français
28:59sont résignés
29:00à ce que le pays
29:02continue comme aujourd'hui ?
29:03Moi,
29:04ma conviction,
29:04c'est que nous sommes,
29:05nous sommes aujourd'hui,
29:06permettez-moi de trouver
29:07une métaphore,
29:08nous sommes dans la pyro-politique.
29:10Qu'est-ce que c'est
29:11que la pyro-politique ?
29:13Emmanuel Macron,
29:14se déplaçant dans le sud-ouest,
29:16s'est retrouvé dans un QG
29:18face aux incendies.
29:19Et il a sorti une formule
29:21pour expliquer ce qu'étaient
29:23les pyro-cumulo-nimbus.
29:25C'est le feu de forêt
29:26qui se nourrit de lui-même
29:28et qui crée son propre vent.
29:29Aujourd'hui,
29:30la pyro-politique,
29:31c'est la politique du pire
29:32qui se nourrit elle-même
29:33et qui fait toujours pire.
29:35Moi, je propose
29:35qu'on sorte de cela,
29:37qu'on ouvre le moteur,
29:39qu'on regarde
29:39et qu'on mette à plat
29:40et qu'on rétablisse
29:41les choses
29:41de façon républicaine
29:43et à travers le prisme
29:44de la justice sociale.
29:45Je me permets juste
29:45de vous arrêter
29:46parce que c'est une précision importante.
29:47Je trouve que c'est une avancée
29:48quand même par rapport
29:48au dernier mot que vous me dites.
29:49Vous vous dites
29:50je veux être candidat
29:51à l'élection présidentielle ?
29:52Oui, bien sûr.
29:53Si vous ne l'avez pas compris,
29:54c'est que vraiment
29:56ni le corps ni l'esprit
29:57n'expriment clairement
29:59ce que je veux exprimer.
30:00C'est exactement ce que je dis.
30:02Je veux être candidat
30:03à l'élection présidentielle.
30:04Oui, bien sûr.
30:05Et vous le confirmerez
30:06définitivement à l'automne ?
30:07Et je le confirmerai
30:08quand la campagne électorale
30:10aura commencé
30:11au-delà des jeux d'estrade
30:13parce que j'estime
30:14que pour le moment
30:14nous n'avons rien de sérieux
30:16à nous mettre sous la dent
30:17et quand les Français eux-mêmes
30:20aspireront
30:21et se poseront
30:21la question
30:22de savoir celui ou celle
30:23qui est le mieux à même
30:25de redresser notre pays.
30:26Si vous le confirme.
30:27Est-ce que vous seriez d'accord
30:29pour participer
30:29à une primaire ou pas ?
30:30Primaire par exemple
30:31proposée par François Bayrou
30:32qui dit ce matin
30:33dans une tribune
30:34à la tribune dimanche
30:34on pourrait faire
30:35une primaire par internet
30:36avec tous ceux
30:37qui font partie
30:38de l'espace républicain
30:39ni LF ni RN.
30:40Vous participez
30:40à ce type de primaire ?
30:41Mais la primaire
30:42c'est le dernier gadget
30:43des désespérés.
30:44Aujourd'hui
30:44nous voyons se multiplier
30:46sur tous les chiquiers
30:46des primaires sauvages.
30:48Il y a une primaire
30:49à gauche
30:50et on peut même
30:52imaginer que
30:53quand la primaire
30:53sera terminée
30:54il y aura peut-être
30:54d'autres candidats
30:55de gauche.
30:56M. Hollande
30:56ne participe pas
30:58à la primaire de gauche
30:58et d'ailleurs
30:59le mieux placé à gauche
31:01n'est pas vraiment socialiste
31:02M. Glucksmann.
31:04Donc nous avons
31:05des primaires partout
31:05les républicains
31:07M. Retailleau
31:07est aujourd'hui candidat
31:08mais il y a d'autres républicains
31:09en embuscade
31:10qui veulent être candidats.
31:11Donc l'ensemble
31:14du spectre politique
31:15est soumis
31:16aux primaires.
31:17j'estime
31:18que ce n'est pas
31:19le bon mode
31:20de fonctionnement
31:21pourquoi
31:21la primaire
31:22dévore ses enfants
31:23et quand vous sortez
31:24en slip
31:25de la primaire
31:26ou en baillot de bain
31:27et bien
31:27vous êtes un peu
31:28mal placé
31:29pour prétendre
31:30briguer
31:31l'élection présidentielle.
31:32Donc
31:32soyons raisonnables
31:34menons le combat
31:35politique
31:36comme il faut le mener
31:37devant les françaises
31:38et les français
31:38et les français arbitreurs.
31:40Mais on ne comprend pas bien
31:41avec qui vous auriez envie
31:42de travailler
31:42à qui vous tendez la main
31:43vous ne pourrez pas
31:44gouverner tout seul
31:44par exemple
31:45vous auriez envie
31:45de travailler
31:46avec Jean-Louis Borloo
31:46avec Thierry Breton
31:48Écoutez
31:48j'ai travaillé
31:49avec Jean-Louis Borloo
31:50et Thierry Breton
31:51ils ont fait partie
31:52de mon gouvernement
31:52et nous avons bien
31:53travaillé pendant deux ans
31:54donc moi je tends la main
31:55à tout le monde
31:56c'est ce que je fais
31:58depuis maintenant
31:58plusieurs années
31:59je vois tout le monde
32:01mais je constate
32:02que le réflexe
32:03reste d'abord
32:04un réflexe
32:06corporatiste
32:07la campagne se fait
32:08autour des partis politiques
32:09la sélection
32:11sur un certain nombre
32:12de plateaux
32:12se fait à partir
32:13des partis politiques
32:14beaucoup plus
32:15qu'à partir
32:16des propositions
32:17d'alternatives
32:18à un système politique
32:20qui n'en peut plus
32:21mais
32:22pour l'instant
32:22ce sont les sondages
32:24sur lesquels
32:25on est obligé
32:25de se fonder
32:26pour avoir une idée
32:27de ce qui se passe
32:27et Marine Le Pen
32:28est qualifiée
32:29quoi qu'il en soit
32:30dans tous les sondages
32:30au second tour
32:31si elle devait l'emporter
32:33est-ce que vous
32:34feriez partie
32:35de ceux qui
32:36respecteriez
32:37ce choix démocratique
32:38des français
32:38ou est-ce que vous
32:39appelleriez à une forme
32:40de désobéissance
32:41civile ?
32:42La question est aujourd'hui
32:43beaucoup posée
32:44je fais partie
32:45des républicains
32:45je serais intraitable
32:47sur le respect
32:48de la république
32:49et de ce point de vue-là
32:51ne serait-ce qu'en tant
32:52qu'ancien premier ministre
32:53je me poserais
32:55en garant
32:55de la règle républicaine
32:56donc je dirais
32:58ce qu'il faut faire
32:59et ce que je monterais
33:00sur les barricades
33:01c'est autre chose
33:04donc combat
33:05oui
33:05combat pour la défense
33:06de la république
33:07et par exemple
33:08sur un référendum
33:10comme le propose
33:11le rassemblement national
33:12depuis 2024
33:14qui viserait
33:15à réviser
33:16la constitution
33:16par le biais
33:17de l'article 11
33:18et pas par le biais
33:19de l'article 89
33:20oui c'est un coup de force
33:22c'est une sorte
33:23de coup d'état déguisé
33:24et je ne l'accepterai pas
33:26donc dire les choses
33:27clairement
33:28dire vous feriez quoi
33:29je ne l'accepterai pas
33:30je mènerai le combat politique
33:32je mènerai le combat politique
33:34mais pas d'insurrection
33:35mais vous pensez à quoi
33:38au propos de la France insoumise
33:39pardon
33:40au propos de la France insoumise
33:41certains ont appelé
33:42à la désobéissance
33:43de sortir mes vieux pistolets
33:46mon vieux sabre
33:47d'appeler à des manifestations
33:48ça c'est démocratique
33:51c'est tout à fait démocratique
33:52donc oui
33:52dans le cadre de la démocratie
33:54bien sûr
33:54s'opposer
33:55par tous les moyens démocratiques
33:57et républicains
33:58vous m'avez parfaitement compris
33:59un deuxième tour
34:00qui opposerait Jean-Luc Mélenchon
34:01à Marine Le Pen
34:01vous faites quoi
34:02encore un peu plus loin
34:05dans la politique fiction
34:06c'est pas vraiment
34:07de la politique fiction
34:08quand on voit
34:08certaines études d'opinion
34:09de Dominique de Villepin
34:10oui enfin
34:11on en est encore loin
34:12on en est encore loin
34:13vous faites quoi
34:15je ne fais pas
34:17de politique fiction
34:18j'ai toujours dit
34:19la conviction
34:19qui était la mienne
34:20je ne place pas
34:21la France insoumise
34:22sur le même plan
34:23que
34:26le Rassemblement National
34:27pourquoi
34:27parce que l'héritage
34:28historique du Rassemblement National
34:31les engagements
34:32qui ont été ceux
34:33du Rassemblement National
34:34ont profondément marqué
34:35la ligne politique
34:36et que cette ligne politique
34:37pour moi
34:38elle est entachée
34:39d'un certain nombre
34:40de risques
34:40je ne suis pas prêt
34:42à prendre ces risques
34:43alors
34:43en ce qui concerne
34:45le scénario
34:46que je ne fais pas
34:47et donc
34:48je ne réponds pas
34:49à votre question
34:50parce que si on commence
34:51à répondre
34:51à toutes les questions
34:52qui sont farfelues
34:54on ne s'en sort pas
34:55elle est farfelue
34:56si elle est farfelue
34:57parce que je ne crois pas
34:58du tout
34:58que Jean-Luc Mélenchon
34:59ait la capacité
35:00il est aujourd'hui très haut
35:01tout le monde suppose
35:02que parce qu'il est très haut
35:03il ira encore plus haut
35:05à un moment donné
35:06on est rattrapé
35:06par un certain nombre
35:07de réalités
35:07Jean-Luc Mélenchon
35:09a franchi
35:10ou en tout cas
35:10s'est approché
35:11d'un certain nombre
35:12de lignes rouges
35:13et je l'ai dit
35:15à chaque étape
35:16qu'il s'agisse
35:17de l'affaire de rang
35:18qu'il s'agisse
35:19du jeu autour
35:20d'un certain nombre
35:21de noms
35:22à consonance juives
35:23je trouve cela dangereux
35:24dans notre démocratie
35:25et donc
35:26je le dis très clairement
35:27il ne faut pas
35:28d'ambiguïté
35:30avec la République
35:31on est dans la République
35:33on défend la République
35:34et sinon
35:35on se met en marche
35:36mais vous vous sentez plus proche
35:37de Jean-Luc Mélenchon
35:38que de Marine Le Pen
35:38vous ne diriez pas
35:40comme Édouard Philippe
35:41jamais je ne voterai
35:42pour un candidat ARN
35:43ni pour un candidat LFI
35:44vous ne diriez pas ça
35:45une fois de plus
35:46je n'imagine pas
35:47ce scénario
35:48je pense qu'il faudrait
35:50que le pays
35:50et que tout l'espace central
35:52ait complètement
35:54choisi la résignation
35:55et refusé
35:56de mener le combat
35:58aucun rassemblement
35:59n'aurait donc eu lieu
36:00aucun bon sens
36:01ne se serait opéré
36:02pendant cette campagne électorale
36:04et on aurait abandonné
36:05le pays
36:05à la radicalité
36:07donc vous n'irrez pas voter
36:08je n'imagine pas
36:09que la classe politique
36:10et je n'imagine pas
36:11que les françaises
36:12et les français
36:12puissent se satisfaire
36:13d'un choix
36:14entre deux radicalités
36:15donc vous n'irrez pas voter
36:16dans ces cas-là
36:17Dominique de Villepin
36:17je ne vous ai pas dit ça
36:18je vous dis aujourd'hui
36:20je vous dis aujourd'hui
36:21que je ne vous
36:22parce que la science-fiction
36:24et la politique-fiction
36:25conduisent toujours
36:26à des choix
36:26que j'estime
36:28que j'estime
36:29aujourd'hui
36:30totalement déplacés
36:31quand vous dites
36:31je ne mets pas
36:32LFI et le RN
36:33au même niveau
36:33ça veut dire
36:34que quand même
36:35vous voterez
36:35LFI face au RN
36:36ça ne rend pas du tout
36:38ça ne rend pas davantage
36:39LFI acceptable pour moi
36:41pour les raisons
36:41que je viens de vous indiquer
36:42notamment
36:43mais ils sont dans
36:43l'arc républicain
36:44et pour le fait
36:46qu'en tant que gaulliste
36:47je suis attaché
36:48à la 5ème république
36:49donc vous n'imaginez pas
36:50que je vais mettre
36:51de gaieté de coeur
36:52un bulletin dans l'urne
36:53pour passer à la 6ème république
36:55pour changer nos institutions
36:56pour sortir des traités européens
36:57parce qu'on voit bien
36:58qu'à l'horizon
36:59c'est ce qui se profile
37:00donc soyons clairs
37:01ce n'est pas
37:03l'engagement politique
37:04qui est le mien
37:04Pour l'instant
37:05le Rassemblement National
37:06a du mal à trouver un prêt
37:08pour financer sa campagne
37:09Jordan Bardella annonce
37:10qu'aucune banque
37:10n'a voulu les financer
37:12ça vous choque ?
37:13Moi ce qui me choque
37:15c'est que la démocratie
37:16fonctionne si mal
37:17la démocratie électorale
37:19fonctionne si mal
37:19mais ce n'est pas
37:20que le Rassemblement National
37:21ne puisse pas trouver un prêt
37:22c'est que tous ceux
37:23qui souhaiteraient
37:24raisonnablement
37:25être candidats
37:27aient du mal
37:27à trouver un prêt
37:28donc que l'on règle
37:29et François Bayrou
37:30avait eu une proposition
37:32qui était éclairée
37:33de la Banque de la Démocratie
37:35que l'on trouve
37:35le moyen de répondre
37:37à tous ceux
37:37qui veulent aspirer
37:40à cette campagne électorale
37:41et qu'ils puissent le faire
37:43de façon décente
37:44ça me paraît
37:45la moindre des choses
37:45ne faisons pas
37:46ne faisons pas
37:48d'exception
37:48pour le Rassemblement National
37:50la règle commune
37:51moi vous savez
37:52je suis fidèle en tout
37:54règle commune
37:55justice sociale
37:55On parlait de la France insoumise
37:57est-ce que vous estimez
37:58comme Bruno Rotailleux
37:59que LFI
38:00je cite un parti
38:00de collabos
38:01une forme de collaboration
38:02avec les islamistes
38:04Vous savez
38:05tout ce qui est excessif
38:06est insignifiant
38:07donc vous me permettrez
38:08de ne pas commenter
38:08non plus
38:09ces propos là
38:12Pour vous
38:13il n'y a aucun problème
38:15Monsieur Daré
38:16vous parlez à ma place
38:18je ne suis pas
38:21je ne suis pas Pinocchio
38:22dans les mains de Gepetto
38:23vous me permettrez
38:24de faire les réponses
38:24moi-même
38:25je ne vous ai pas dit ça
38:26mais je dis que c'est excessif
38:28On voit que
38:29dans cette campagne présidentielle
38:30bien sûr
38:30il y a la dimension internationale
38:32qui va jouer un rôle important
38:33le nouveau président
38:34ou la nouvelle présidente
38:35va exercer son mandat
38:36dans un monde incertain
38:37il y a quelques jours
38:38Donald Trump
38:38a jugé je cite
38:39que la charia
38:40est comme un deuxième mode de vie
38:42à Paris
38:42qu'est-ce que ça dit
38:43du rôle international
38:44que le président va avoir
38:45quelle attitude
38:46vous président
38:47demain face à Donald Trump
38:48Vladimir Poutine
38:49C'est très dommage
38:50très très dommage
38:52qu'Emmanuel Macron
38:53ait toujours privilégié
38:54d'accueillir
38:55un certain nombre
38:56de grands chefs d'État
38:56comme Donald Trump
38:57à Versailles
38:58parce que s'il était sorti
38:59du château
39:00il aurait vu que ce n'est pas vrai
39:01et donc il se serait épargné
39:03de dire une bêtise
39:03donc la réalité
39:05tous les Français la voient
39:06ce n'est pas
39:08ce n'est pas la réalité
39:09de notre pays
39:10Est-ce qu'il y a une prime
39:11à l'expérience
39:12dans cette présidentielle
39:13pour ceux qui
39:13comme vous
39:14ont eu les manettes
39:15à un moment donné
39:16sur le plan international
39:17ou est-ce que
39:19des novices
39:20peuvent s'en sortir
39:21dans le monde
39:21tel qu'il est devenu aujourd'hui ?
39:22Je prie pour que des novices
39:24puisqu'on a un certain nombre
39:25de novices
39:26qui sont aujourd'hui
39:26très très bien placés
39:27sur l'échiquier politique
39:28je prie pour que des novices
39:30reçoivent la grâce
39:32au jour de l'élection
39:33s'ils sont élus
39:34mais ce n'est pas
39:36quelque chose de facile
39:37les relations internationales
39:39je citerai pour mémoire
39:40Jacques Chirac
39:41j'ai accompagné
39:42pendant
39:45plusieurs décennies
39:46Jacques Chirac
39:46en matière internationale
39:48et
39:49tous les jours
39:50il consacrait
39:51plusieurs heures
39:52par jour
39:52à lire
39:53des notes
39:54des télégrammes
39:55quand il les recevait
39:56en matière internationale
39:58c'est dire
39:58qu'il avait une familiarité
40:00avec la chose internationale
40:01comme maire de Paris
40:02il connaissait
40:02comme ancien premier ministre
40:03il connaissait
40:04la plupart des grands chefs
40:05d'état
40:05de la planète
40:06est-ce que ça s'improvise ?
40:08on a vu avec Nicolas Sarkozy
40:10que ça ne s'improvise pas
40:11on a vu avec François Hollande
40:12que ça ne s'improvise pas
40:13et on a vu avec Emmanuel Macron
40:15qu'on peut tourner les choses
40:17dans tous les sens
40:18et tourner avec le vent
40:20et en même temps
40:20ça ne s'improvise pas
40:22mais quelle place pour la France
40:23et si la France aujourd'hui
40:24s'efface de l'échiquier international
40:25regardez cet été
40:26on a deux crises
40:27qui se sont considérablement aggravées
40:29et il faut en prendre la mesure
40:31parce que les Français
40:31risquent de manger en papillote
40:33les conséquences
40:34de certaines de ces crises
40:36prenons le détroit d'Ormuse
40:37le détroit d'Ormuse
40:38va peser extrêmement lourd
40:41sur les prix de l'énergie
40:44en particulier
40:45et bien sûr
40:46de l'énergie fossile
40:46dans les prochains mois
40:48et cela a commencé
40:49les Français se retrouvent
40:50avec une essence
40:52à 2 euros
40:53tout cela pèse
40:54en deuxième rang
40:56sur les engrais
40:58et tout cela finira
40:59par peser encore davantage
41:00sur l'alimentation
41:01nous voyons donc
41:02à quel point
41:03tout est lié
41:04est-ce que vous avez entendu
41:05une proposition française
41:06ou européenne
41:07digne de ce nom
41:09sur le déblocage
41:10du détroit d'Ormuse
41:11sur la façon
41:12d'aborder les choses
41:13avec l'Iran
41:14silence
41:15et bouche cousue
41:16sur l'Ukraine
41:18on voit bien
41:18que nous sommes en train
41:19de changer de seuil
41:20sur l'Ukraine
41:21non seulement le conflit
41:22est en train de s'aggraver
41:23l'Ukraine porte plus loin
41:26en Russie
41:26son combat
41:28la Russie porte plus durement
41:30son combat en Ukraine
41:31et on voit bien
41:32à quel point
41:33les infrastructures énergétiques
41:34de l'Ukraine
41:35à la veille de l'hiver
41:36vont être très durement frappées
41:37et par ailleurs
41:38la Russie multiplie
41:39les opérations hybrides
41:40contre un certain nombre
41:42de pays de l'OTAN
41:43on a vu l'attaque
41:45à Leipzig
41:46on l'a vu également
41:47en Roumanie
41:48et on voit bien
41:49que tout ceci
41:50constitue une menace
41:51de plus en plus grande
41:52au point qu'un certain nombre
41:54de responsables de l'OTAN
41:55considèrent qu'il y a un risque
41:56que la Russie puisse tester l'OTAN
41:58et il y a quelques jours
42:00le patron de la CIA
42:01s'est rendu à Moscou
42:03c'est dire que nous sommes
42:04en train de rentrer
42:05dans une zone
42:06de risque majeur
42:07je ne vois pas
42:09je n'entends pas
42:09la France
42:10je ne vois pas
42:11je n'entends pas
42:12l'Europe
42:13est-ce que nous sommes
42:14à notre place ?
42:15non
42:15donc je souhaite
42:17Emmanuel Macron
42:17s'est beaucoup activé
42:18mais vous ne diriez pas
42:19qu'il a fait
42:19la coalition des volontaires
42:21c'est la maîtrise
42:21en honneur à la France
42:22j'ai surtout vu
42:24la une de Paris Match
42:25entre les amours des uns
42:27et le jet ski de l'eau
42:28c'est un peu réducteur non ?
42:29vous trouvez que c'est réducteur ?
42:30sur l'Ukraine
42:31c'est malheureusement très parlant
42:34c'est malheureusement très parlant
42:35la crise
42:36elle ne s'arrête pas
42:38nous franchissons des seuils
42:39et il vaut mieux
42:41enfourcher les dossiers
42:43que d'enfourcher un jet ski
42:45vous craignez que Poutine
42:46attaque un pays voisin ?
42:48mais
42:50tous ces états
42:51sont confrontés
42:52à des difficultés majeures
42:53pour ne pas dire existentielles
42:54la Russie
42:55elle est aujourd'hui
42:56en difficulté
42:57elle envisage
42:58de recruter
42:59600 000 soldats de plus
43:01dans les prochaines semaines
43:02et les prochains mois
43:03alors qu'elle a eu
43:04près d'un million
43:05de victimes
43:06la Russie
43:07sur le plan économique
43:07est dans une situation
43:08de plus en plus compliquée
43:10à partir de là
43:11il faut qu'elle change
43:12la donne
43:12et il faut donc
43:13impérativement
43:14qu'elle fasse peur
43:15aux autres pays européens
43:16qu'elle fasse peur
43:17à l'OTAN
43:18pour que l'Ukraine
43:20fasse preuve
43:21de plus de retenue
43:22et c'est pour ça
43:22nous ne savons pas
43:23ce qu'a été dire
43:25le directeur de la CIA
43:26à Moscou
43:27est-ce qu'il a été parlé
43:28seulement de l'Ukraine
43:29est-ce qu'il a été
43:31envisagé une retenue
43:32réciproque
43:32des deux états
43:33est-ce qu'il a été parlé
43:34également de l'Iran
43:35parce que l'Iran
43:36est aussi en très bonne
43:38situation politique
43:39et géopolitique
43:40et géostratégique
43:41dans le Golfe
43:42mais en grande difficulté
43:43compte tenu
43:44de l'embargo
43:45et du nœud coulant
43:46qui est en train
43:47de se recéder
43:47vous pensez que vous êtes
43:48le mieux placé
43:48pour leur parler
43:49à Poutine
43:49mais je pense que les choses
43:50bougent très vite
43:51qu'il y a des marges de manœuvre
43:53qui existent aujourd'hui
43:54qui n'existaient pas
43:55il y a quelques mois
43:56parce que tous ces états
43:57sont confrontés
43:58à des difficultés
43:58et qu'ils ne peuvent pas
44:00accepter le statu quo
44:01qui devient dangereux
44:02pour eux
44:03et que quand un état
44:05en guerre
44:07ne peut pas accepter
44:08le statu quo
44:09ça veut dire quoi ?
44:10ça veut dire qu'il est
44:11à la veille
44:12soit de surenchérir
44:13soit d'accepter
44:15dans la négociation
44:17et à travers la négociation
44:18un certain nombre d'offres
44:19qu'il n'aurait pas
44:20accepté précédemment
44:21et c'est là
44:22où la diplomatie
44:23doit être en action
44:24donc oui
44:25nous devrions être
44:26infiniment plus présents
44:28oui
44:28malheureusement
44:29nous sommes en train
44:30nous
44:31France
44:31et
44:32continent européen
44:33en train de nous habituer
44:34à disparaître
44:35sous la moquette
44:36et bien je souhaite
44:37simplement que
44:38les élections présidentielles
44:40rappellent
44:41que pour
44:41l'essentiel
44:43de sa mission
44:43en tout cas
44:44plus de la moitié
44:45le président de la république
44:47est d'abord
44:49le défenseur
44:51de nos intérêts nationaux
44:52et donc
44:53le responsable
44:54de la défense
44:54et le défenseur
44:56de notre diplomatie
44:57et de notre place
44:57dans le monde
44:58et ça
44:59ça conditionne
45:00à la fois
45:00le statut
45:01de la France
45:01ça conditionne
45:03son avenir
45:03en termes stratégiques
45:05géopolitiques
45:06et en particulier
45:07sa souveraineté
45:08donc oui
45:09ce sont des choses
45:09qu'on ne peut pas considérer
45:10comme quantité négligeable
45:11que serait la France
45:13avec Marine Le Pen
45:14à sa tête
45:16écoutez
45:16je n'ose faire
45:18de comparaison
45:18en termes de taille
45:20ou de pays
45:20mais ce que je vous dis
45:22très franchement
45:23et très simplement
45:23c'est qu'il y a fort à parier
45:25que la France
45:26ne serait plus
45:27la France
45:27Dominique De Villepin
45:28vous m'avez dit
45:29que vous n'aimez pas les cuisses
45:30c'est dommage
45:30j'en ai un à vous sommettre
45:31je vous fais la même réponse
45:32que le précédent
45:33c'est la minute présidentielle
45:34vous êtes la première
45:35à l'inaugurer
45:35on va l'inaugurer
45:36pour cette année
45:36vous n'êtes pas tombé
45:37si vous êtes élu président
45:39Dominique De Villepin
45:41qui est-ce que vous appelez
45:42en premier
45:42le soir de votre élection
45:45vous appelez qui
45:47je ne vous le dirai pas
45:48vous refusez de répondre
45:49à cette question
45:50vous appelez Donald Trump
45:51Vladimir Poutine
45:52mais je ne vous le dis pas
45:53pourquoi
45:54parce que l'ambiguïté
45:55c'est le premier atout
45:57d'un président de la République
45:58votre premier déplacement
45:59à l'étranger
45:59mais je ne vous le dirai pas non plus
46:00votre premier été
46:02à Brégançon
46:02jet ski ou paddle ?
46:04écoutez je pense
46:05que le premier état
46:06le premier été
46:07il est compromis
46:08pour le futur président
46:09de la République
46:09donc qu'il fasse provision
46:11de vacances avant
46:12parce qu'il y a fort à parier
46:13qu'un président élu
46:15au mois de mai
46:16n'aura pas de vacances
46:17l'objet ou la photo
46:18que vous poseriez
46:19sur votre bureau
46:19à l'Elysée
46:20pourquoi vous voulez
46:21que je pose une photo
46:22ou un objet
46:23un livre
46:23on voit que certains présidents
46:24symboliquement le font
46:25oui je n'éprouve pas
46:26le besoin
46:27d'avoir un signe
46:29démonstratif
46:30sur mon bureau
46:31quelle habitude
46:31vous refuserez
46:32à laquelle vous refuserez
46:34de renoncer
46:35une fois que vous êtes président
46:35quelque chose
46:36qui est important aujourd'hui
46:37vous dites même président
46:37je ne renoncerai pas à ça
46:38le sport
46:39un peu de jogging
46:40matinal
46:40ça fait du bien
46:41la première personne
46:42que vous feriez entrer au Panthéon
46:43qui est-ce que vous feriez
46:44entrer au Panthéon
46:44en tant que président
46:46un tirailleur sénégalais
46:48parce que j'aime bien
46:48que la France reconnaisse
46:50ses dettes
46:50voyez-vous
46:53quand on regarde
46:54notre histoire
46:55elle est faite
46:55de beaucoup d'ingratitudes
46:57un certain nombre
46:58de nos présidents
46:59ont commencé
47:00à reconnaître
47:01les dettes de la France
47:02Jacques Chirac
47:03a fait
47:03Nicolas Sarkozy
47:04a fait des gestes aussi
47:05François Hollande
47:06et Emmanuel Macron
47:07en a fait d'autres
47:07mais la façon
47:09dont nous avons traité
47:10les tirailleurs sénégalais
47:11grâce à qui nous avons gagné
47:12la première guerre mondiale
47:13la deuxième guerre
47:15ils ont par ailleurs
47:15mené un certain nombre
47:16de combats
47:17ailleurs
47:18à travers le monde
47:19la façon
47:20dont nous les avons traités
47:21le massacre
47:22de Thiaroy
47:24je n'oublie pas cela
47:25et j'estime
47:27que vis-à-vis de l'Afrique
47:28il y a un devoir
47:30de reconnaissance
47:32centrale
47:33et la façon
47:35dont nous avons
47:35pour ne pas payer
47:37des pensions
47:37la façon
47:38dont nous avons
47:40pour éviter
47:41le risque
47:42que pouvaient représenter
47:42un certain nombre
47:43de tirailleurs
47:43qui avaient été
47:44emprisonnés
47:45sur le territoire français
47:46au retour
47:46et le risque
47:47qu'ils auraient pu avoir
47:48de semer la mauvaise parole
47:49après 1945
47:51au retour dans le pays
47:51la façon
47:52dont nous avons tiré
47:53sur ces gens-là
47:54plusieurs centaines
47:55de morts
47:55et bien je ne l'oublie pas
47:58et dans ma famille
47:58il se trouve
47:59qu'il y a
47:59nous sommes liés
48:00de militaires
48:01il y a un certain nombre
48:02de mes parents
48:03qui ont combattu
48:04avec ces tirailleurs
48:06algériens
48:07sénégalais
48:08c'est le titre générique
48:09et je n'oublie pas
48:10cette dette
48:11sans la contribution
48:13de l'empire colonial
48:14la France
48:16qui est en paix
48:16aujourd'hui
48:17et dans laquelle
48:18nous vivons
48:18ne serait pas la même
48:19Merci beaucoup Dominique
48:20de Villepin
48:21d'avoir été notre invité
48:22aujourd'hui
48:23je veux être candidat
48:24à l'élection présidentielle

Recommandations