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Pierre Rolland remporte l’IncaDivide 2026 au Pérou en 83 heures, après une aventure d’environ 1 200 km et 23 000 m de dénivelé positif dans la Cordillère des Andes.

À l’arrivée, l’ancien coureur professionnel raconte le froid, le moment de doute du deuxième matin, la très haute altitude et l’importance de la préparation du vélo, du matériel et de la nutrition.

Il revient également sur l’esprit particulier de l’ultracyclisme : au-delà de la première place, chaque participant qui parvient au bout de l’épreuve est un vainqueur.

Cette IncaDivide lui aura aussi appris une qualité essentielle : la patience.

🎙️ Interview réalisée à l’arrivée de l’IncaDivide 2026 par Radio Sports

Retrouvez notre dossier consacré au BikingMan Pérou 2026 :
https://radiosports.fr/bikingman-cap-sur-le-perou-pour-lincadivide.html

Retrouvez les émissions et interviews de BikingMan Direct :
https://radiosports.fr/emissions/bikingman-direct.html

#PierreRolland #IncaDivide #BikingMan #Ultracyclisme #Cyclisme #Gravel #Perou #RadioSports

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:10Dernière obligation, ça va te rappeler des souvenirs ?
00:12Oui !
00:13Ça te change par rapport au monde pro qu'on a connu tous les deux ?
00:15C'est pas pareil ! C'est pas pareil, c'est différent, mais c'est encore plus intense je trouve.
00:23Je ne pensais vraiment pas te retrouver ici avec cette émotion que tu avais dès le départ,
00:27gagner cette épreuve, c'est l'épreuve mythique, tu le sais ?
00:30Oui, après gagner, le principal c'est le chemin, l'avant, le pendant,
00:37terminé premier, tous ceux qui vont arriver c'est les vainqueurs.
00:40Tu as eu un gros coup de mou dans cette compétition incroyable, on t'a vu dans ton lit,
00:45les copains je vais arrêter quoi presque.
00:47Oui, ça a été froid, il a fait froid et c'était dur parce qu'on vient loin
00:55et c'était dur de repartir.
01:01Sortir de ta zone de confort comme ça, qu'est-ce qui t'a amené jusqu'ici finalement ?
01:06Ça ?
01:08Je ne sais pas en fait.
01:12C'est la vallée sacrée, c'est ce défi, c'est arriver du monde pro et être avec des amateurs
01:17incroyables,
01:17avec une vraie famille.
01:28Prends ton temps.
01:33Axel Carillon, tu sais le grand manitou, le grand chaman, toujours dit que quand tu arrives au Pérou,
01:37tu le découvres, tu adores, c'est les Tintins, c'est tout ce que tu veux, c'est l'histoire
01:39des Incas,
01:40c'est Cusco, c'est l'un premier galop.
01:42Et quand tu repars, et quand tu repartiras, ça sera différent.
01:44On a l'impression que tu seras quelque part un peu différent, non ?
01:47Je vais avoir un mal aux fesses pendant un petit moment.
01:53Je suis bien quand je suis sur mon vélo.
01:57Et voilà, c'est tout en fait.
01:59Est-ce qu'il y a un...
02:02Est-ce que c'est une quête ou une fuite ?
02:05C'est à toi de me le dire.
02:07C'est une quête, sinon je ne le partagerai pas.
02:10Ce n'est pas une fuite parce que tu vas continuer.
02:13Tu vas revenir, tu vas refaire.
02:16Je ne sais pas.
02:17À chaque fois, je fais toujours un peu plus.
02:19À chaque fois, je me dis, c'est la dernière.
02:21Et là, c'était intense.
02:24Le plus dur, c'était quoi ?
02:25C'était de repartir le matin, c'est le 5002 avec la neige ?
02:29Non, c'était le matin.
02:30C'était le deuxième jour, le jour 2.
02:34Vraiment, c'était...
02:36En fait, on se demande pourquoi on est là.
02:38Et après, on repart, et c'est bien.
02:40C'est un yo-yo un peu permanent de ça.
02:46Et aujourd'hui, c'était la dernière journée après 4 jours.
02:49Et en fait, c'était la journée où tout roulait.
02:53C'est bizarre.
02:55Vous avez partagé avec les autres un petit peu ?
02:57Oui, évidemment, j'ai croisé les copains un peu sur la route.
03:01Ça, c'est aussi sympa de...
03:05On se croise, ça dure 5-10 minutes.
03:08On se raconte nos galères.
03:13Et au final, je n'ai pas tant galéré que ça.
03:15Tu l'as récompensé ?
03:17Vraiment ?
03:17Ton vélo, tout à l'heure ?
03:19Tu étais là, tu as dit...
03:19Tu n'as pas bougé.
03:20Il a un petit nom, ce vélo ou pas ?
03:22Il n'a pas de nom.
03:23Non, mais il n'a pas de nom.
03:24Mais en fait, c'est vrai que c'est...
03:26Le matériel, c'est...
03:29S'entraîner les physiques et autres.
03:31Ça, c'est une chose qu'on peut maîtriser, le matériel.
03:34On essaye de tout maîtriser.
03:36Et ça, c'est vraiment une part très, très intéressante, je trouve, de l'Ultra.
03:41Parce que si tu es fort et que tu n'as pas bien préparé ton matériel,
03:48ça va être compliqué, là.
03:49J'étais, je pense, optimisé à 100%.
03:54On voit, je suis assez léger.
03:57Enfin, toute la configuration était parfaite.
04:00Je n'ai pas eu à changer mes plaquettes alors qu'il y avait des descentes dans tous les sens.
04:04Je n'ai pas eu de crevaison.
04:05Enfin, tout était...
04:06Tout a roulé, quoi.
04:07Donc, ça, la préparation du matériel, de son physique, de sa nutrition et autres,
04:13c'est vraiment un côté très intéressant, je trouve, dans l'Ultra.
04:20Parce que, voilà, casser le vélo, venir à l'autre bout du monde et casser son dérailleur
04:23ou tout casser, enfin, voilà, ou avoir mal au ventre, c'est dommage.
04:30C'est dommage.
04:31Donc, c'est pour ça que je dis que c'est le chemin qui est le plus intéressant, je trouve,
04:36de ces événements.
04:37C'est ce qui nous y amène.
04:39Après, le faire.
04:40Et après, tous ceux qui arriveront ici, comme je t'ai dit, ce sera des vainqueurs.
04:43Tu dis que c'était une quête pour conclure.
04:45Il y a des moments quand même, on l'a vu avec le froid, tu as failli renoncer.
04:49Il y a un moment où tu as dit les organisateurs, ils ne sont pas bien, quoi.
04:52Non, on savait à quoi s'attendre.
04:54On savait à quoi s'attendre.
04:55Axel avait été clair sur le froid, sur les conditions qui étaient dures.
05:02Après, voilà, on imagine toujours qu'il en rajoute pour que les participants soient prudents.
05:10Je n'ai pas fait toutes les épreuves longues distances de la planète Terre, mais je pense
05:19que là, on n'est pas loin peut-être de l'épreuve la plus dure qui existe au monde.
05:22Preuve extrême, c'est sûr.
05:24Question de journaliste pour terminer.
05:26Evidemment, je n'allais pas me priver, parce que moi, j'étais là quand tu as gagné la
05:29Toussus, l'Alpe d'US et tout.
05:30Sur ton échelle de souvenirs, ça restera où ? Ça sera sur quelle étagère ce trophée ?
05:35Il va être bien placé, parce que je n'ai aucun trophée à la maison.
05:41Je ne suis pas trop trophée, mais c'est le souvenir global surtout de toute la préparation
05:51depuis des mois qu'on en parle.
05:53Ce n'est pas une préparation millimétrée comme j'ai pu connaître, mais c'est toute l'approche,
05:59toute l'énergie qu'on y met, tout l'investissement en temps.
06:04Et voilà, je retiendrai tout ça.
06:06Et puis après, je retiendrai surtout cette dernière journée qui était agréable,
06:13parce que les paysages, parce qu'ils ne faisaient pas trop mauvais,
06:16que le gravel était plutôt correct avant la dernière descente sur Cusco.
06:23Mais pendant, je ne sais pas, je crois que j'ai fait 220 bornes.
06:27Vraiment, là, j'ai pris le temps, parce qu'en fait,
06:32cet Incadivide m'a appris à être patient, parce que ce n'est pas une de mes qualités premières.
06:43Merci pour tout ce qu'il nous a apporté, tu vois l'émotion que tu nous donnes.
06:47Merci de nous avoir fait rêver, on t'a suivi minute par minute jusqu'ici, jusqu'au retour,
06:51et de cette grande boucle en huit qui restera dans l'histoire.
06:54Ce petit passage à 20 kilomètres de l'hôtel, il était vissard.
06:59On ne l'avait pas dit, ça.
07:01Et encore une fois, pour un t-shirt de finisher.
07:04Il n'y a que ça, mais tout le monde a le même, c'est ça qui est beau.
07:06Tout le monde a le diplôme, tout le monde a le t-shirt, et c'est ce qui fait aussi
07:09la beauté de ces épreuves.
07:09De la part de tous qui sont ici, merci Pierre Roland.
07:13Merci.
07:14Bravo !

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