- il y a 2 jours
Pour ce nouvel épisode du Club, focus sur la saison 2026 du BikingMan, qui va démarrer au mois de mars. Avec une grande nouveauté : l'apparition du format Half Route BikingMan. Une nouvelle épopée pour ce championnat du monde d'ultracyclisme, qui verra arriver un grand nom du cyclisme professionnel : Pierre Rolland. La course mythique du Pérou, l'Incadivide, fait également son grand retour au programme.
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00:10Bonsoir à toutes et à tous, bienvenue dans le Club Sport en France, je suis ravie de vous retrouver.
00:15Alors vous le savez, normalement dans cette prochaine heure, on est censé revenir sur toutes les compétitions diffusées sur la
00:20chaîne
00:21et tous les résultats des sportifs que vous adorez suivre chaque week-end sur nos antennes.
00:25Mais aujourd'hui, c'est une émission un peu particulière puisqu'elle va être consacrée au BikingMan.
00:30Si vous ne savez pas ce que c'est, c'est pas grave, restez bien avec nous.
00:33J'ai des invités de dingue en plateau qui répondront à toutes vos questions.
00:37Tout de suite, c'est le sommaire.
00:40Dans une semaine, c'est le retour du BikingMan, le championnat du monde d'ultra-cyclisme pour sa 10e édition.
00:46Une nouvelle saison avec plusieurs nouveautés qui verra notamment le retour de la célèbre Inca Divide au Pérou, là où
00:53tout a commencé.
00:53On va parler de tout ça avec un plateau de choix, comme je vous le disais.
00:57Axel Carillon, fondateur du BikingMan.
00:59Lauriane Placet, vainqueur du classement général en 2023.
01:03Cédric Ferreira, gérer sur le BikingMan.
01:05Et enfin, Pierre Roland, ancien cycliste professionnel, vainqueur de deux étapes sur le Tour qui s'apprête à se lancer
01:11dans l'aventure.
01:13Merci à tous d'être avec moi aujourd'hui.
01:17On a de la chance de vous avoir pour cette spéciale autour de cette grande aventure qu'est le BikingMan.
01:22Alors, on va bien sûr parler de ce qui vous attend en 2026, mais on va aussi évidemment présenter cette
01:29compétition pour ceux qui ne la connaîtraient pas.
01:31Axel, je me tourne vers toi.
01:32Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus, nous expliquer pour ceux qui ne connaissent pas la
01:35discipline ?
01:36Alors, c'est un championnat du monde d'ultracyclisme.
01:39Moi, je vais bien le surnommer le Dakar du vélo.
01:41Donc, le principe, c'est de parcourir des grandes distances de 500 à 1200 km en autonomie et sans assistance
01:46en transportant tout un tas de matériel du départ de l'épreuve jusqu'à l'arrivée.
01:51Donc, il y a une notion d'autonomie, d'engagement, de résistance à l'effort et puis de gestion puisque
01:55c'est en solitaire ou en équipe de deux qu'il est possible de participer au BikingMan.
01:59C'est accessible aux commandes des mortels ou non ?
02:01On le voit autour de ce plateau. Il y a une placée amateur, amatrice et puis Pierre Roland, ancien professionnel.
02:07Oui, c'est bien sûr la vocation du BikingMan, c'est d'être ouvert à toutes et à tous pour
02:12pouvoir confronter quelque part tous les profils de sportifs.
02:15Alors, pour l'illustrer, on va parler de ce que tu viens d'ailleurs de réaliser au Mexique.
02:20Est-ce que tu peux nous dire ce que tu es allé faire là-bas ?
02:22Je suis parti en vacances.
02:24Des vacances spéciales, j'ai fait une traversée avec un entrepreneur français qui s'appelle Bertrand Baverel, qui est d
02:30'ailleurs un vétéran du BikingMan parce qu'il a fait plusieurs courses.
02:33Il voulait passer à une étape un petit peu plus engagée et je lui ai proposé d'aller traverser la
02:37Basse Californie au Mexique.
02:39Donc, c'est un territoire assez hostile, désertique, où il fait parfois jusqu'à 50 degrés avec pas mal de
02:44serpents à sonnettes sur des pistes défoncées en terre et en sable.
02:47Et donc, on a relié San Diego aux États-Unis jusqu'à la ville de La Paz, en Basse Californie,
02:53sur un parcours de 1926 kilomètres exactement.
02:55C'est donc ça, l'ultra-cyclisme ?
02:57Là, on est sur l'étape encore après puisqu'il n'y a pas de filet de sécurité dans le
03:01sens où il n'y a pas d'organisation, il n'y a pas d'assistance, il n'y a
03:03pas de véhicule suiveur.
03:04On est en autonomie totale du départ jusqu'à l'arrivée et il y a beaucoup d'endroits où on
03:09est sans réseau téléphonique, où on ne peut compter finalement que sur notre fonctionnement en équipe.
03:13Donc, on n'est plus sur des stages de survie, format maïcorn du vélo, que sur de l'ultra-cyclisme
03:18sportif où il y a quand même un cadre organisationnel pour assurer la sécurité des participants.
03:22Mais vous avez quand même un traceur GPS avec vous ou pas ?
03:24Ça permet de rassurer les familles pour savoir où est-ce que l'on est.
03:27Après, à distance, elles ne peuvent pas faire grand-chose s'ils nous arrivent quoi que ce soit sur le
03:30parcours.
03:31Mais effectivement, on a un suivi pour partager à nos familles, à nos femmes, à nos enfants, où est-ce
03:40que l'on est, pour pouvoir les rassurer sur ces expériences qui sont vraiment des expériences extrêmes.
03:44Oui. Alors, le BikingMan, c'est donc un championnat du monde sur l'année, d'avril à octobre environ, avec
03:50en général 6-7 épreuves majeures,
03:531000 km de vélo à parcourir en maximum 120 heures, avec des dénivelés allant en moyenne de 15 000 à
03:5920 000 mètres.
04:00Et tout ça, Lauriane, c'est sans assistance et en totale autonomie, comme disait Axel ?
04:06Oui.
04:07Et c'est pas trop compliqué ? Comment est-ce que tu gères tout ça ?
04:12L'assistance ou le...
04:13Bah tout.
04:14Bah tout, c'est...
04:16Maintenant, je crois que j'en ai fait 11.
04:18J'ai essayé de compter tout à l'heure, je me souvenais même plus.
04:21Et en fait, ouais, maintenant, c'est un peu...
04:22C'est devenu ta routine ?
04:23Je me pose pas trop de questions, en fait.
04:25Faut compter sur personne et puis c'est bon.
04:28Non, mais c'est assez simple, en fait.
04:33Ouais, c'est...
04:34Simple ? Je suis pas sûre que ça soit quand même...
04:36Pour moi, ça paraît assez simple, en fait.
04:38En fait, ça se réduit à...
04:40Tu prends ton vélo, tu roules et puis bon, bah...
04:42Tu te poses pas de questions, quoi.
04:43Tu te poses pas de questions, ouais.
04:45Tu...
04:45Tu essaies toujours d'avoir de l'eau sur toi.
04:49Et après, ça...
04:50J'en ai fait en France, j'en ai fait à l'étranger.
04:52À l'étranger, souvent, l'eau est pas potable.
04:54Donc, c'est...
04:54L'eau, tu la cherches dans les...
04:57Dans les commerces.
04:59Et des commerces, t'en as...
05:01Selon les endroits, t'en as quand même beaucoup.
05:02Enfin, au Maroc, par exemple, au Maroc, au Sri Lanka,
05:04tu trouvais très facilement de l'eau.
05:07Taïwan, pareil.
05:08Taïwan, en plus, c'était ouvert 24-24
05:11à les Seven-in-Events.
05:12Donc, c'était à manger et à boire
05:14sur les zones où...
05:17Où il y avait des habitations.
05:19C'était tout ça.
05:19C'était...
05:20C'était simple, en fait.
05:21Et en France, bah...
05:22Il y a les commerces en journée.
05:24Il y a les cimetières.
05:26Il y a les WC publics.
05:28En fait, on...
05:28On pourrait presque croire que c'est facile, là, quand même,
05:30t'écouter.
05:32Oui, après, il faut s'organiser pour...
05:34pour avoir toujours de quoi manger sur soi.
05:38Après, dormir, moi, je ne dors pas sur les épreuves.
05:41Donc, je n'ai pas cette question de savoir quand je vais m'arrêter.
05:46Et après, on est beaucoup à s'arrêter.
05:48C'est dans des abribus, dans des préos.
05:54C'est un peu...
05:55Oui, tu arrives à t'organiser.
05:57On vient un peu à un état...
05:58Un état primaire.
06:00En fait, on ne se pose plus la question de tout les...
06:04Tout le confort, en fait.
06:06Oui.
06:06Mais moi, c'est ça qui me plaît aussi.
06:09C'est qu'on vient à quelque chose qui est assez basique.
06:12Manger, dormir.
06:14Et en fait, c'est rouler.
06:14Et après, autour de ça, c'est manger, boire.
06:18Non, moi, c'est...
06:20En fait, je ne me pose même pas la question.
06:22Enfin, je ne me pose plus la question.
06:24Oui.
06:25Mais oui, c'est les questions qu'un débutant...
06:27Enfin, quelqu'un qui n'a pas fait.
06:28C'est les premières questions qui...
06:30Comment tu fais pour manger ?
06:31Comment tu fais pour boire ?
06:33Et en fait, non.
06:34On prend le strict minimum dans nos sacoches.
06:36Et en fait, on découvre surtout très rapidement
06:39qu'on n'a pas besoin de beaucoup plus, quoi.
06:41Oui.
06:41Là, autour de cette table,
06:42vous êtes tous capables de faire un biking man ?
06:44Oui.
06:45Hein, Cédric ?
06:47Ben, pour accompagner le biking man depuis maintenant 2019...
06:51Oui.
06:52Même si moi, je n'en ai jamais fait,
06:54j'ai compris une chose essentielle,
06:55c'est que c'est accessible à tout le monde.
06:58Tout sportif, je ne parle même pas de cycliste amateur,
07:00je parle de tout sportif amateur
07:01qui a fait du sport régulièrement dans sa vie,
07:03c'est un effort que chacun est capable de faire.
07:06Parce que là, on parle de gestion,
07:08c'est-à-dire que ce n'est pas un effort explosif.
07:10Si, par exemple, tu es capable de courir un marathon
07:13ou même un semi-marathon,
07:14je pense que tu es capable de faire un biking man.
07:16C'est une gestion de l'effort.
07:17Tu es rarement dans un effort super intense.
07:20Tu es dans un effort de gestion,
07:22de savoir, de trouver ton rythme
07:25pour savoir est-ce que dans ce rythme,
07:26je suis capable de pédaler pendant des heures
07:27et des heures et des heures.
07:29Ensuite, bien sûr, il faut bien s'alimenter, etc.
07:31Mais c'est beaucoup plus accessible qu'on l'imagine.
07:36La difficulté pour moi dans ce genre d'épreuve,
07:38et vous me corrigez si je me trompe,
07:40c'est de gérer les à-côtés.
07:43Comment s'alimenter ?
07:44Est-ce que je ne sais jamais pas de mécanique ?
07:47Est-ce que j'ai le bon matériel ?
07:48Déjà, surtout, en fait, c'est ça.
07:50Si vous avez mal aux fesses au bout de 100 km,
07:52ça va être compliqué de tenir mille.
07:54Oui, mais donc ça veut quand même dire
07:55qu'il faut un entraînement avant,
07:56même pour savoir gérer la gestion de l'effort.
07:58Quand je dis que c'est accessible,
07:59c'est avec une préparation.
08:01En fait, on a cinq jours pour faire 1000 km.
08:06Ça fait 200 km par jour.
08:08À 20 km heure, ça fait 10 heures de vélo.
08:10Sur 24 heures, c'est comme pour moi,
08:12c'est une explication que je donne.
08:13À 20 km heure,
08:14qu'il y ait une moyenne de quelqu'un qui fait du sport
08:18sans faire beaucoup de vélo, c'est accessible.
08:21Donc ça fait 10 heures.
08:22Et sur 24 heures, ça laisse 14 heures d'à côté.
08:27Donc faire 200 km sur 24 heures,
08:31finalement, je crois que ça revient à faire 8 km heure.
08:34Et en fait, physiquement,
08:36c'est quelque chose qui est accessible.
08:38Mais c'est de savoir...
08:40En fait, ce n'est pas le vélo en lui-même,
08:42ce n'est pas l'entraînement du vélo.
08:43C'est toute la gestion autour.
08:44En fait, la condition sportive,
08:46pour moi, ce n'est pas ce qui va déterminer.
08:50Je ne sais pas, la condition sportive,
08:51on va dire que c'est 60 % des choses,
08:55mais il y a tout autour de savoir gérer tous les à-côtés.
09:00Toi, Pierre, tu as passé 15 ans dans le peloton français
09:03chez les professionnels.
09:05Est-ce que tu avais déjà entendu parler de cette compétition ?
09:06Est-ce que ça te trottait dans la tête, justement, un peu après ?
09:09Oui, ça me trottait dans la tête.
09:11Alors, c'est presque à l'opposé de ma vie de cycliste professionnel,
09:17le biking man.
09:18Parce que dans ma vie d'avant, de cycliste professionnel,
09:21tout était axé sur la performance, aller le plus vite possible.
09:24J'avais un staff autour de moi.
09:26C'est-à-dire que moi, j'avais une seule chose,
09:28c'est je monte sur mon vélo, je suis performant,
09:31je dois faire des résultats.
09:32Je descends de mon vélo et on me le lave,
09:35on me le nettoie, on me nettoie mes affaires,
09:36on me masse pour que le lendemain, je sois de nouveau opérationnel.
09:39On me donne à manger.
09:41Là, c'est quelque chose de complètement différent.
09:44C'est presque un autre sport.
09:45C'est même un autre sport.
09:47C'est-à-dire que là, je suis en autonomie.
09:49On est en autonomie totale.
09:51On doit se débrouiller de gérer notre matériel,
09:54notre nutrition, notre sommeil.
09:57Est-ce que ça, c'est quelque chose que tu as dû apprendre, justement ?
10:00Parce que du coup, tu ne savais pas le faire, forcément.
10:02Alors, j'avais vraiment une envie de biking man, d'aventure.
10:08Quand j'étais coureur, c'était vraiment...
10:10En plus, j'avais un niveau physique qui était intéressant.
10:12Donc, ça m'aurait permis de faire des résultats
10:14et puis d'aller assez vite.
10:17Mais il y avait vraiment cette envie.
10:20Et j'ai pris quelques temps après l'arrêt de ma carrière pour y aller.
10:23Mais oui, il faut apprendre.
10:25Il faut apprendre parce que...
10:27Alors, faire du vélo, ça, je maîtrise.
10:30Mais changer un dérailleur en plein milieu de l'Atlas marocain
10:34ou je ne sais où, ou une plaquette de frein,
10:37ou une chaîne qui casse.
10:39Comme j'ai vécu au Maroc, au bout de 2 km dans le premier chemin,
10:43j'explose mon pneu.
10:44Il faut que je trouve une solution pour le réparer
10:47alors qu'il me reste 500 km à faire et tout.
10:49Oui, parce que tu as fait le 555 au Maroc.
10:51C'est ça dont tu parles.
10:52On voit les images, d'ailleurs, là.
10:53Exactement, le 555 au Maroc.
10:56Là, c'était au Checkpoint 1 où je vérifiais mon bricolage de fortune.
11:01Alors, ça a tenu.
11:04Mais l'entraînement, quand on parle d'entraînement,
11:06il y a l'entraînement physique,
11:07mais il y a l'entraînement aussi de préparer son matériel,
11:11d'anticiper les problèmes qu'on peut avoir à la selle,
11:15les problèmes qu'on peut avoir avec notre vélo.
11:18C'est beaucoup d'anticipation, en fait.
11:20Et après, physiquement, je rejoins tout le monde
11:25de dire que c'est accessible au commun des mortels.
11:28Dès l'instant où on est capable de faire 100, 150 km de vélo,
11:31on est capable de rentrer un BikingMan dans le temps à partie.
11:34C'est juste une question de gestion, de mental, d'envie.
11:38Mais en tout cas, c'est des belles aventures humaines et sportives.
11:43Toi, Lauriane, tu participes au BikingMan depuis 2022.
11:47On sait que tu es une dingue de vélo.
11:50Mais explique-nous, à quoi surtout ressemble une préparation ?
11:54Comment dans ta vie quotidienne, tu arrives à mettre ta préparation ?
11:58Tu travailles, tu es maman, comment tu fais ?
12:01Moi, j'habite à 40 km de mon lieu de travail.
12:06Donc, à partir du printemps, en l'hiver, je ne le fais pas
12:10parce que j'habite en Savoie, donc il neige, c'est trop dangereux.
12:14Je fais les allers-retours en vélo déjà, donc ça fait 80 km par jour.
12:19Et après, moi, je mise plutôt sur la régularité de…
12:23C'est assez rare les jours, finalement, où je roule pas.
12:26La régularité de s'en te…
12:29En fait, pour moi, il faut que le vélo, ça devienne naturel, quoi.
12:33Que tu pontes un col, tu ne souffres pas.
12:37Et après, sur la préparation, je n'ai pas de plan, je ne me pose pas de questions.
12:42C'est que je fais, comme j'habite en montagne, je fais un maximum de dénivelé.
12:46Oui.
12:46Je m'adapte au terrain que je vais…
12:50Oui, c'est pratique, en fait.
12:51Je n'ai pas trop à me poser la question.
12:53Mais je pense que ça peut faire hurler des gens qui sont très préparation physique et tout ça.
13:01Mais je ne sais même pas si j'arriverai à…
13:04Après, je gère, en fait, sur le temps que j'ai, j'essaye de m'adapter, quoi.
13:11C'est un peu comme en course, quoi.
13:12Et là, tout à l'heure, du coup, on parlait de ton 555.
13:16Axel, est-ce que tu peux nous expliquer la différence, justement, entre un bikingman et le 555 ?
13:21Qu'est-ce que ça veut dire ?
13:22Le 555, c'est un format qu'on a lancé déjà depuis plusieurs années,
13:26qui est l'équivalent d'un half, donc une moitié de bikingman.
13:29Son principe, c'est de pouvoir parcourir 500 kilomètres en moins de 60 heures,
13:32là où le format originel du bikingman, c'est 1000 bornes en moins de 120 heures, donc 5 jours.
13:36La particularité du 555, c'est qu'il y a du gravel en plus, donc des pistes.
13:40En pourcentage, ça représente 20%.
13:43Généralement, au Maroc, c'est un petit peu plus.
13:45C'est presque 30%.
13:47Mais voilà, sur 500 bornes, il y a au moins 100 kilomètres de pistes.
13:50Donc, ça donne des incertitudes, notamment sur la gestion matérielle,
13:53la gestion de l'effort, qui sont supérieures à une course 100%
13:57sur des routes asphaltées très propres, comme on peut avoir en France.
14:00Est-ce que tu dirais que ça, c'est plus ouvert, justement ?
14:02C'est plus accessible ou pas ?
14:04Je ne dirais pas que c'est plus accessible, parce que, pour pondérer un peu les messages que j'entends,
14:11ça me fait plaisir, mais on est quand même en présence d'athlètes de très haut niveau,
14:13à la fois pour Lauriane, comme Pierre.
14:14Ce n'est pas du tout objectif.
14:15Il faut vraiment remettre ça dans le contexte.
14:17Moi, j'aurais tendance à dire que c'est moins accessible.
14:19Le 555 ?
14:20Oui, voilà, exactement.
14:21Le 555, ça reste, même si le cut-off, donc le temps limite horaire, c'est 60 heures,
14:26la variable d'ajustement qui est les pistes rend la difficulté quand même assez importante
14:32et supérieure à un parcours 100% sur route, parce qu'on a un vélo qui est un petit peu
14:35plus lourd,
14:35des pneus plus larges, donc on a un rendement physique qui est un peu moins important que sur de la
14:40route.
14:41Et puis, il y a toutes les incertitudes qui peuvent se dérouler sur les pistes en termes de pilotage,
14:45la confiance qu'on peut avoir en soi selon la nature des pistes.
14:48Pierre en sait quelque chose, Lauriane aussi au Sri Lanka.
14:51Au niveau énergétique, c'est beaucoup plus difficile à gérer.
14:56Le gravel énergétique, nerveux, t'es en dehors de la civilisation.
15:03Pour s'alimenter, tout ça, je me souviens, en Maroc, pour l'eau,
15:08si tu rentres dans une piste, t'as intérêt d'être chargé de flotte,
15:12parce que tu sais que t'as le vent chaud qui t'arrive en face,
15:17tu sais qu'il y avait une portion, pendant 80 km,
15:2080 km, ça peut être très long, t'auras rien.
15:23Parce que 8h pour quelqu'un qui est au fond du peloton.
15:26Donc là, c'est pas du tout la même configuration que 1000 km sur route.
15:32Moi, dans ma tête, je vois un truc tout lisse,
15:34que là, c'est semé d'embûche, le 550.
15:37Parce qu'en fait, pour qu'on comprenne bien,
15:40il y a le fait de devoir encaisser les à-coups, c'est ça ?
15:43D'être sur ton vélo, que ce ne soit pas du tout agréable ?
15:45Le gravel est beaucoup plus énergétique que le vélo de route.
15:49Ça tape.
15:49Le fait d'être sur une plateforme vibrante, entre guillemets,
15:53avec la vélo chargée, des secousses,
15:56tout simplement, ça crée énormément de dégradation musculaire,
15:59aussi bien dans les cuisses que dans le dos, dans les mains.
16:01Et donc ça, physiquement, ça crame.
16:04On va dire que ça double la distance en termes d'énergie.
16:0850 km de gravel, c'est 100 ou 150 km de route, à peu près,
16:12si on veut donner un petit ratio.
16:14Oui, donc on comprend mieux pourquoi ce n'est pas si accessible que ça, en fait.
16:18Oui, et puis à la fois, nous, l'objectif vis-à-vis du championnat,
16:20parce qu'on a quatre grands formats.
16:22Il y a le 555, qui est 500 bornes avec du gravel.
16:25Il y a le half, où là, on est 100% sur route,
16:27milieu plutôt neutralisé en termes de secousses et de confort.
16:31Il y a le mille bornes, le biking man,
16:33et après, l'incadivide, qui est le graal.
16:35L'apothéose.
16:36Là, c'est l'apothéose, c'est vraiment l'Everest du championnat.
16:39Et au niveau des points, est-ce que tu peux nous expliquer
16:41comment est-ce qu'on gagne des points ?
16:44Alors, le principe, c'est vrai qu'il faut le rappeler,
16:45vu que c'est un championnat, ça veut dire...
16:47Oui, à la fin, il y a quand même quelqu'un qui gagne.
16:48...au terme duquel on décerne le titre d'un ou d'une championne,
16:53qui participe à plusieurs courses.
16:55Il faut participer à minima à deux courses biking man
16:57pour pouvoir rentrer dans le championnat.
16:58Il faut participer et terminer les courses, idéalement dans le top 20,
17:03puisqu'au-delà du top 20, on ne gagne pas beaucoup de points.
17:05C'est vraiment dans le top 20 du général qu'on gagne et qu'on cotise des points.
17:09Et qu'en fonction de la difficulté et de la durée des épreuves
17:12et puis des paramètres qu'on a rassemblés sur la topographie,
17:18sur l'altimétrie des courses, sur l'accès ou non au ravitaillement,
17:22eh bien, il y a une pondération des points.
17:24Plus c'est difficile en termes d'accessibilité au ravita, plus il y a de gravel, plus ça rapporte deux
17:29points.
17:29Oui, on voit là à l'image.
17:31On pourrait commencer par les efforts les plus importants.
17:32On voit d'ailleurs, c'est les étapes qui rapportent le plus de points.
17:37Concrètement, ça va être le Pérou, ça va être le Graal, l'Inca Divide.
17:41Et à l'opposé de ça, on va avoir la Corse, qui est un format principalement sur route pour le
17:45mille-borne.
17:46On va gagner le moins de points puisque c'est une des plus faciles du champion.
17:49Et donc, il faut absolument la finir, même si on part et qu'on atteint des checkpoints, ça ne marque
17:52pas de points particuliers.
17:54C'est mort, on marque zéro si on finit.
17:56On ne termine pas un marathon si on franchit.
17:57C'est vrai.
17:57Si on fait que d'Ibor, on n'a pas fini de faire un marathon.
18:00Pour le BikingMan, je vais citer un ami que je connais bien et avec qui j'échange souvent quand on
18:05est en expédition respective,
18:06parce qu'il a fait pas mal de BikingMan, c'est Benoît, s'il nous écoute.
18:09On termine le BikingMan au dernier kilomètre.
18:12C'est sur le dernier kilomètre qu'on peut dire qu'on a fini le BikingMan.
18:15Parce qu'il peut se passer plein de choses.
18:17Je donne un exemple très concret aux personnes qui nous écoutent.
18:20L'année dernière, en Corse, on a eu une femme qui a participé, qui était à un kilomètre de l
18:24'arrivée de la Corse
18:26et qui malencontreusement est tombée.
18:28Elle n'a pas pu terminer.
18:29Oh l'enfer !
18:29Un kilomètre de l'arrivée.
18:32Vraiment, c'est un effort total d'endurance, d'extrême endurance, jusqu'à la ligne d'arrivée,
18:37parce qu'il peut se passer plein de choses.
18:38Tu es d'accord avec ça, Lauriane ?
18:40Oui, moi, les derniers kilomètres, c'est là où j'ai plus peur de me faire renverser.
18:45Où tu n'y penses pas au début de la course.
18:47Et c'est là que tu te dis que tu peux crever.
18:51En plus, mentalement, tu es presque arrivée au bout.
18:54Et si tu arrives à un truc, je pense que c'est là où c'est le plus dur à
18:57gérer.
18:57Mais est-ce que ça veut dire aussi que tu es un peu moins lucide, un peu moins de concentration
19:00?
19:01Sur la fin, tu es forcément moins lucide.
19:05Ce qui est très, très dur dans le BikingMan.
19:07J'en ai fait qu'un, je n'ai pas l'expérience de Lauriane, loin de là.
19:10Mais c'est quand tu te dis que c'est fini.
19:13Moi, le Maroc, les 25 derniers kilomètres, ça a été les kilomètres les plus longs.
19:17C'est toujours comme ça.
19:18Incroyable, parce que dans ta tête, tu te dis que c'est fini.
19:23Donc, ton corps, ton esprit se met en mode terminé.
19:27Et là, d'un coup, tu as mal aux jambes, tu as mal aux fesses, tu as mal aux mains,
19:30tu as mal partout.
19:31Et les kilomètres n'avancent plus.
19:33Les secondes, ça devient des minutes.
19:36Il faut vraiment retarder au maximum le fait de se dire, ça y est, j'ai terminé.
19:41Donc, un kilomètre, je pense que c'est pas mal.
19:43J'ai cumulé l'euphorie de la fin de course où tu roules à 40.
19:47Je me souviens, le Portugal, le retour, tu étais à fond.
19:50Et au Maroc, le dernier que j'ai fait au Maroc, c'était un enfer sur terre.
19:56Vraiment, vraiment, je ne savais plus.
19:57Je n'arrivais plus à tenir mon vélo.
19:59Comme il dit, j'avais mal partout.
20:00J'ai tenu mon vélo comme ça.
20:02Après, tu arrives en ville, tu as des embouteillages.
20:06Et tu arrives, finalement, tu n'avais qu'une envie, c'était d'arriver.
20:11Pardon, oui, vas-y.
20:12Tu arrives au foot, tu te dis, oui, 1000 kilomètres, c'est tout, c'est tout.
20:15Il n'en fallait pas 10 de plus.
20:16Oui, c'est vrai que là, tu es à un kilomètre près.
20:18Mais ça, c'est lié justement à cet état de fatigue où tu n'es plus concentré.
20:24Parce que tu restes quand même dans ta bulle, mais tu es quand même concentré pendant la course.
20:29On va revenir maintenant sur l'édition 2025 du BikingMan.
20:33Donc, il y avait l'étape en Auvergne-Rhône-Alpes, au Brésil, au Maroc, dans les Alpes-Maritimes et en
20:38Corse.
20:38C'était donc les cinq épreuves majeures, plus 6, 555.
20:43L'an passé, Axel, c'est un Brésilien qui s'est imposé au classement général, André Froès.
20:48Je ne suis pas sûre de…
20:49Froès, oui.
20:49Voilà.
20:50Grâce notamment à une victoire sur ses terres au Brésil lors de la dernière étape et une deuxième place au
20:56Maroc.
20:56Deux victoires en 555.
20:59Il va remettre son titre en jeu cette année, si vous voulez aller le titiller.
21:03Le fait que ce soit un Brésilien qui s'impose comme ça, est-ce que ça montre que depuis quelques
21:08années,
21:09quand même, le BikingMan connaît aussi un essor à l'international ?
21:12Moi, je dirais même que c'est dans l'ADN des courses, parce que les tout premiers championnats,
21:17ils ont été gagnés par Rodney Sonco, un Péruvien qui est extrêmement fort et d'ailleurs qui retrouvera Pierre sur
21:24la ligne de départ du Pérou.
21:25On va sans doute en parler.
21:27Donc, au contraire, c'est même l'ADN de BikingMan, c'est-à-dire d'être un format qui rassemble
21:31des sportifs de haut niveau,
21:33mais également des amateurs et qui viennent un petit peu de tous les horizons, à la fois sportifs, mais également
21:37culturels.
21:39Et clairement, le Brésil a des arguments sérieux parce qu'à la fois, les Brésiliens s'entraînent de manière très
21:44solide.
21:45Ils ont un territoire qui est gigantesque avec des conditions d'entraînement qui sont quand même difficiles, climatiques.
21:49Le réseau, ce n'est pas le réseau français.
21:51Il y a beaucoup de pistes, c'est des très bons VTTistes.
21:54Le gravel qu'on utilise en Europe un petit peu partout, là-bas, ça fait des années qu'ils en
21:59font par l'intermédiaire du VTT.
22:01Et il y a des athlètes de très haut niveau comme André Freuss qui sortent du lot aujourd'hui
22:05parce qu'ils ont à la fois des capacités physiques propres qui sont extrêmement intéressantes,
22:11mais en même temps, ils ont un cadre d'entraînement qui est très particulier.
22:13Je fais un lien avec Rodney, le Péruvien.
22:15Bon, il est né à Urubamba, c'est un village qui est à presque 4000 mètres d'altitude.
22:20Son petit lait, c'était d'aller chercher un col à 4400 mètres le matin à vélo.
22:24Donc, on n'est pas du tout dans les mêmes environnements d'entraînement
22:27et dans les mêmes conditions de préparation.
22:30Et le Bikeyman, c'est se préparer à l'imprévisible et à des conditions un peu extrêmes.
22:34Donc, je dirais que c'est au contraire sa vocation de ses courses
22:37et de pouvoir attirer des athlètes qui viennent d'un petit peu partout,
22:40qui s'entraînent dans des endroits parfois reculés, qui ne sont pas connus,
22:42même si on a le plaisir d'avoir des anciens pros comme Pierre
22:45et de confronter ces profils athlétiques pour savoir mettre en avant pour que le meilleur gagne.
22:52Toi, Cédric, qui filme toutes ces aventures, est-ce que tu vois aussi une différence ?
22:56Ou en tout cas au Brésil, est-ce que tu as eu des petites péripéties, des aventures ?
23:00C'est incomparable.
23:02On ne peut pas l'imaginer, on peut se mettre autour du plateau et discuter
23:06tant qu'on ne l'a pas vécu, tant qu'on ne l'a pas vu de ses propres yeux,
23:08on ne peut pas comprendre ce qui se passe là-bas.
23:10Des péripéties, il y en a au Brésil particulièrement, il y a des péripéties de toutes les courses
23:14parce que déjà le climat est très très instable.
23:18Quand il pleut là-bas, ce n'est pas la pluie qu'on a en France, c'est l'empête
23:23tropicale.
23:25Donc déjà les combiditions météo deviennent très très compliquées.
23:28On parlait des pistes en terre sous une pluie tropicale, c'est le Dakar.
23:35Donc si vous n'avez pas le bon équipement, ça devient très très vite compliqué.
23:38Et même pour l'organisation, ça complique vraiment les choses.
23:42Donc des péripéties, c'est surtout lié au climat qui est très très instable,
23:47aux aventures que peuvent vivre les cyclistes, à la chaleur humaine aussi des gens.
23:52Parce que le rapport humain qu'on a au Brésil, c'est différent dans l'Europe.
23:56Les gens sont beaucoup plus chaleureux.
23:58Donc ça crée une atmosphère très très spéciale qui, pour nous occidentaux,
24:03est assez marquante à vivre parce que c'est un environnement qu'on ne connaît pas.
24:10Quand on croise des chiens et des chats ici dans les villages,
24:12là-bas c'est des animaux qui vivent dans la forêt tropicale.
24:15C'est des bruits différents, mais c'est des bruits...
24:19Pierre, il part mardi !
24:21C'est des bruits...
24:23Je pars dans quatre jours au Brésil pour l'ouverture.
24:26C'est des bruits différents.
24:30Puisqu'on en parle, je me souviens de la dernière édition au Brésil
24:33où j'étais au milieu de la forêt, j'attendais que les cyclistes, avec ma caméra, qu'ils passent.
24:37Et d'un seul coup, j'entends des bruits hallucinants qui viennent de la forêt derrière moi.
24:42Donc vous voyez des arbres de 50 mètres de hauteur aussi,
24:44ce n'est pas des sapins comme on a ici,
24:46qui se rapprochent et ça commence à faire vraiment peur.
24:48On se demande quel est cet animal.
24:50Et j'ai dû aller chercher sur Google après.
24:51En fait, c'était des singes hurleurs.
24:53Mais si vous voulez ça, on n'en entend pas nous ici.
24:55Non, c'est sûr.
24:56Quand vous êtes au milieu de la forêt, même en vélo,
24:58vous entendez tout en vélo, c'est la même chose.
25:00Ce n'est pas une voiture qui fait du bruit.
25:01Donc vous entendez cet environnement qui peut devenir hostile pour nous,
25:05avec le climat, la pression de la course, l'alimentation, etc. gérée.
25:09Parce qu'il faut comprendre que même quand on fait partie d'une équipe média,
25:12on est soumis aux mêmes contraintes que les cyclistes.
25:14Oui, bien sûr.
25:14On se déplace en voiture.
25:16Mais la question de gérer son alimentation, gérer son sommeil, c'est la même chose.
25:21Donc c'est une aventure à part entière.
25:23Il y a des anecdotes.
25:24Vous en avez eu, on en a eu.
25:26Et on en aura, quoi qu'il arrive, quand on se déplace à l'étranger sur des environnements spécifiques.
25:32Le Baïkiman, comme moi je l'ai rejoint en 2019, on a le Laos, on a la Oman, on a
25:36la Taïwan.
25:37Des destinations incroyables.
25:39Quand on n'y a jamais mis les pieds, c'est vraiment impressionnant.
25:42Parce que tout est différent.
25:43La nourriture, le climat, les gens.
25:45C'est un territoire inconnu qu'on explore.
25:49Et c'est ce qui rend ce type de compétition incroyable à vivre.
25:55Oui, bien sûr.
25:56Tu parlais de tous les pays où vous allez.
25:58Comment est-ce que, Axel, tu fais pour organiser tout ça à travers le monde ?
26:01Comment est-ce que tu fais pour choisir les étapes, avoir des partenariats, le tracé, enfin tout ?
26:10Je sors l'erreur.
26:12C'est beaucoup d'énergie, bien sûr.
26:15Je ne suis pas tout seul, je suis accompagné.
26:17Oui, bien sûr.
26:18On a beaucoup de bénévoles qui nous aident.
26:19On a souvent à l'étranger ce qu'on appelle des réceptifs.
26:21C'est-à-dire qu'on a des organisateurs locaux d'événements qui nous accompagnent également dans l'organisation des
26:26courses BikingMan.
26:27Je vais prendre le cas de Taïwan.
26:28Ça n'aurait jamais pu se faire sans un des plus gros organisateurs de triathlon de Taïwan,
26:32qui a vu la compétition BikingMan quand j'ai eu l'occasion de le rencontrer.
26:36Il m'a dit, cet événement-là, il me le faut sur l'île de Taïwan parce que c'est
26:39extraordinaire.
26:40Ça mélange plein de valeurs qu'il recherche dans des événements de l'extrême.
26:44Donc, on a systématiquement des appuis locaux.
26:46On a également un directeur de course brésilien, Vinicius, que j'en profite de saluer,
26:51qui s'occupe, lui, de toute la partie sud-américaine en termes de course,
26:55donc à la fois le Brésil mais également le Pérou.
26:57Donc, voilà, c'est beaucoup d'énergie, beaucoup de travail, beaucoup d'efforts.
27:00C'est un parallèle, finalement, avec ce que va faire Pierre et ce que va faire Lauriane.
27:04C'est beaucoup d'énergie, beaucoup d'efforts.
27:06C'est un cumul de tout ça.
27:07Et ça me paraît tellement immense que quand tu es sur place, comment est-ce que tu définis le tracé
27:10?
27:11Comment est-ce que tu dis, ça va être à tel endroit, on va faire comme ça ?
27:13Enfin, ça me paraît tellement impossible, enfin, tellement dur à organiser.
27:18Comment vous prenez ces décisions-là ?
27:19Vous avez carte blanche, le pays vous dit, vous pouvez aller à tel endroit, il n'y a pas de
27:22souci ?
27:23Alors, généralement, c'est plutôt l'inverse.
27:24C'est qu'on a déjà exploré le pays et après, on va avoir les autorités et les ministères du
27:28tourisme
27:29pour dire, voilà, on a un parcours emblématique ou qui nous semble emblématique en tant qu'organisateur.
27:33Si je prends le cas du Sri Lanka, ils ne comprennent pas au départ.
27:36Ils disent, je ne comprends pas pourquoi vous avez fait pédaler des cyclistes dans des réserves naturelles
27:39où il peut y avoir des hordes d'éléphants qui traversent.
27:41Donc, il y a un rapport culturel que je trouve, moi, extrêmement intéressant en tant qu'entrepreneur.
27:45C'est de discuter avec des cultures qui sont totalement différentes.
27:48Le Laos, on peut avoir des fantômes.
27:50Il y a une spiritualité qui est totalement différente de la culture occidentale.
27:52Il faut arriver à convaincre également nos interlocuteurs locaux, territoriaux,
27:57qu'il y a un bien fondé de notre démarche de faire pédaler des personnes qui viennent soit du cru,
28:02donc locaux,
28:03mais également des athlètes internationaux au cœur de la jungle laotienne.
28:06Et cette dimension culturelle, moi, c'est un peu ma marque de fabrique parce que j'aime beaucoup voyager et
28:11explorer le monde.
28:12Et quelque part, j'ai ramené ça dans mes sacoches à travers mes expéditions,
28:15cette faculté à pouvoir discuter avec différentes cultures et apprendre également de ces courses.
28:20Parce que quand on va à Taïwan, comme expliquait tout à l'heure Cédric, ou le sultan Adomane,
28:23on a une culture extrême orientale, on a une culture du Proche-Orient.
28:26C'est des cultures différentes.
28:28On a beaucoup de choses à apprendre avec les interlocuteurs que l'on côtoie sur ce type de course.
28:32Parce qu'encore une fois, c'est à la fois le Dakar, mais c'est à l'opposé du Dakar,
28:35parce qu'on n'a pas les moyens du Dakar.
28:37Il n'y a pas des hélicoptères dans le ciel qui volent, avec une régie, avec un avion,
28:41des personnes qui peuvent intervenir en trois minutes sur l'Orient s'il y a un problème.
28:44Non, on doit compter sur les moyens du bord locaux et surtout toute une chaîne humaine d'organisation
28:49où quelque part, on a un peloton de cyclistes qui se déplace en solitaire,
28:53avec des distances très importantes entre chacun d'entre eux et d'entre elles.
28:56Et on est tous connectés par l'intermédiaire des technologies actuelles,
29:00notamment les groupes de communication instantanées,
29:02pour pouvoir s'assurer que tout le monde arrive sur la ligne d'arrivée
29:05dans de bonnes conditions et que ça se déroule bien.
29:07Mais ça reste un exercice périlleux, un exercice difficile en termes d'organisation.
29:12Et c'est peut-être pour ça qu'on est les seuls pour l'instant à le faire
29:15dans cette dimension en termes de championnat.
29:17En particulier quand on va à l'étranger et qu'on a la possibilité de construire des courses
29:22comme le Pérou pour faire monter des gens à 5000 mètres d'altitude.
29:26C'est aussi notre marque de fabrique et je suis content qu'elle soit française
29:28puisque c'est la patrie du vélo et qu'on a des très grands organisateurs français
29:32dans le domaine du cyclisme.
29:33C'est vrai. Et pour que ça marche, il faut savoir se vendre et raconter des belles histoires.
29:38Et c'est là que, Cédric, du coup, tu interviens.
29:41Tu nous as dit un petit peu tout à l'heure que tu avais plein d'histoires et plein d
29:44'anecdotes.
29:45Mais comment est-ce que toi, tu décides de suivre telle ou telle étape ?
29:48Comment est-ce que ça se passe pour toi qui est derrière la caméra
29:50et qui permet d'avoir ces images incroyables qu'on voit depuis tout à l'heure à l'antenne ?
29:54Je ne décide de rien du tout.
29:56C'est les cyclistes qui font l'histoire.
29:58En fait, c'est comme pour le vélo.
30:01C'est comme pour chacun des cyclistes.
30:03Et Pierre-Roland, Lauriane, on a des plans.
30:06Vous avez le plan de départ et au bout de 20 minutes, il explose en haut.
30:12Au bout de 20 minutes, on peut décider à l'avance.
30:14Oui, ce cycliste me paraît intéressant.
30:17Tiens, Pierre fait la course.
30:18Il est ancien pro.
30:19C'est important de raconter son histoire.
30:20On va le suivre.
30:21Mais il suffit que Pierre ait un souci.
30:24Typiquement, sa crevaison au Maroc.
30:26Qu'est-ce qu'on fait ?
30:26Est-ce qu'on reste avec lui pendant que les autres partent 200 km en avant ?
30:30Mais si après, on est avec les cyclistes de 200 km en avant, on a 150 km de Pierre-Roland,
30:36comment on raconte son histoire ?
30:37Il y a des contraintes qui sont immenses.
30:40Comme l'a dit Axel, il faut comprendre que 1000 km, c'est des distances immenses à couvrir
30:44sur des territoires hostiles, avec des routes compliquées.
30:48C'est-à-dire que ce n'est pas de l'autoroute.
30:49Quand vous avez 200 km de retard sur un cycliste, vous ne le faites pas en deux heures.
30:53Ça peut vous prendre une journée complète.
30:54Même en Corse, par exemple.
30:55En Corse, si vous avez un cycliste à l'autre bout de l'île, vous savez que vous ne pourrez
30:58jamais le filmer.
30:58C'est impossible.
30:59Ou alors, évidemment, si vous avez une autre équipe média,
31:02en fait, il faut mettre en place toute une organisation.
31:04C'est-à-dire, voir la cartographie globale,
31:07une division d'équipe, etc.
31:09Mais au tout départ du Bikeyman, quand j'étais seul, quasiment avec Axel, à filmer,
31:15c'était extrêmement compliqué.
31:19Donc, il faut réfléchir en amont et surtout, en fait, s'adapter.
31:22C'est-à-dire, l'histoire, elle est vivante du Bikeyman.
31:24On ne sait pas qui va gagner.
31:25Même s'il y a des favoris, comme Pierre, qui est ancien cycliste,
31:28on sait qu'il finira dans le top 10, on va dire.
31:30Je prends large.
31:32Comme Lauriane.
31:33Sans affront.
31:33Lauriane, je crois que tu n'as jamais fait au-delà d'un top 5,
31:35depuis que tu fais le Bikeyman.
31:375 ou 6, je ne sais plus.
31:395, Corse.
31:40On sait, par exemple, que Lauriane finira dans le top 5.
31:42Ça, c'est quand même la valeur sûre.
31:43Donc, on sait qu'on veut couvrir son histoire.
31:44C'est quand même une valeur sûre.
31:45Mais si on passe trop de temps avec Lauriane, on ne peut plus raconter l'histoire des autres coureurs.
31:49Et ce qu'il faut comprendre dans le Bikeyman, c'est que l'histoire des vainqueurs n'est pas plus
31:54intéressante que l'histoire des derniers.
31:57Oui, ça, c'est sûr.
31:58Parce que leur défi est totalement différent.
32:00Complètement.
32:01Pierre, il se connaît.
32:03Et l'ancien cycliste pro, il vient chercher ce dont il a besoin.
32:07Il ne vient pas pour terminer dans les derniers.
32:08Finir un Bikeyman, il sait qu'il peut le faire.
32:10Oui.
32:11Les cyclistes amateurs, eux, leur objectif, c'est de finir.
32:13Ils ne savent pas s'ils vont y arriver.
32:15Donc, raconter l'histoire d'un amateur qui n'a jamais fait de vélo de sa vie, je simplifie.
32:21Et son défi ultime, c'est juste de finir, de survivre, même, parce qu'on parle de survie,
32:24survivre à un Bikeyman, ça se raconte aussi.
32:26Parce qu'il y a des belles valeurs derrière à raconter.
32:28Oui.
32:28Donc, c'est des choix éditoriaux qu'il faut faire.
32:31C'est des choix de logistique.
32:32Parfois, même, on a des volontés éditoriales, mais la logistique fait que tu ne peux pas le faire.
32:37Parce qu'il pleut, parce qu'il est trop loin.
32:40Oui, c'est que de l'adaptation au final.
32:41C'est que de l'adaptation au final.
32:43Exactement.
32:44On parlait des athlètes tout à l'heure, mais du coup, toi aussi.
32:46C'est pareil.
32:47Pour raconter l'histoire, c'est pareil.
32:48C'est un fonctionnement différent parce qu'on est dans une voiture, mais c'est pareil.
32:51Donc, moi, je trouve que dans mon rôle de caméraman, c'est ça qui est intéressant,
32:57c'est de s'adapter très, très vite et de réussir dans ce contexte extrêmement difficile
33:02à en retirer les meilleures histoires et à les raconter en images.
33:05Alors, en 2026, il va y avoir des grosses nouveautés.
33:09Et parmi ces grosses nouveautés, il y a toi, Pierre.
33:12C'est la première fois depuis la création du Bikeyman qu'un cycliste de renom va participer
33:18à la compétition.
33:19Axel, est-ce que ça aide d'avoir quelqu'un comme Pierre pour faire parler du championnat ?
33:24Ça aide clairement parce que, je vais flatter Pierre, il a une communauté très engagée
33:29et il est très suivi.
33:30Mais ça aide surtout à changer aussi les codes parce que j'ai bien aimé l'expression
33:35qu'a utilisée Pierre tout à l'heure, c'est un autre sport.
33:37C'est-à-dire que pour les personnes qui nous écoutent, il ne faut pas mélanger les genres
33:41dans le sens où on ne peut pas parler d'un coureur qui court 10 kilomètres
33:45et le comparer à quelqu'un qui va faire un ultra-trail.
33:48Parce qu'en termes de performance, ça va demander des fibres musculaires différentes,
33:50une préparation différente et qu'il n'y en a pas un qui est meilleur que l'autre.
33:53C'est juste des sports différents.
33:54Et c'est l'expression qu'a utilisée Pierre tout à l'heure.
33:56Et ce n'est pas évident pour un ancien pro ou même un pro actuel de se dire
33:59je vais me projeter sur de l'ultra-distance.
34:02Ce n'est pas une suite logique et dans l'esprit du coureur,
34:06notamment par rapport à l'aspect gestion qu'a évoqué Pierre tout à l'heure.
34:09Parce que pour plein de raisons, il peut y avoir des anciens pros qui disent
34:12mais moi le soir je vais être massé, la gestion de l'alimentation, je ne veux pas avoir un problème.
34:17Pourquoi ? Pas par des soucis de confort mais plus parce que...
34:20D'habitude.
34:21Je parle sous ton contrôle Pierre.
34:22Le professionnel, il est ultra-optimisé sur tous les aspects de la performance.
34:26Le biking man, quelque part, ses aspects de la performance, oui c'est important,
34:30mais si tu ne sais pas changer une chambre à air,
34:31tu as beau être avec une VO2 max à 90,
34:35avec un vélo à 6 kilos, ça ne va pas te résoudre ton problème,
34:38tu ne vas pas solliciter l'intelligence artificielle pour dire
34:41montre-moi comment réparer une chambre à air,
34:43montre-moi comment gérer 4 fringales d'affilée
34:46parce que ça fait 8 heures que tu n'as plus d'eau.
34:49Et donc ce transfert de discipline n'est pas forcément évident
34:52et moi je salue Pierre là-dessus parce qu'on a eu d'autres anciens pros
34:55qui se sont déjà frottés au biking man et qui ont explosé.
35:00Là, il a déjà participé au Maroc, donc il est venu un peu se tester
35:03et surtout il a pris goût.
35:05Et ce n'est pas évident, ce n'est pas parce qu'il est ancien pro
35:07qu'il a forcément aimé l'ultra-distance.
35:09Même si tu as quand même des gros avantages, on va dire,
35:12par rapport à quelqu'un d'autre.
35:13Est-ce que toi, justement, tu appréhendes un peu ta prochaine course,
35:17comment est-ce que ça se passe dans ta tête ?
35:18On m'a dit qu'à la maison en ce moment, tu ne parlais que de pneus.
35:21Ah oui, il y a des histoires de pneumatiques.
35:24Ah oui, donc je pars au Brésil faire la manche d'ouverture.
35:29Je pars mardi, donc dans quelques jours.
35:32Donc forcément, il y a de l'excitation.
35:34Plus on se rapproche de l'événement, plus on est excité, plus on a envie.
35:37Puis au niveau entraînement, entre guillemets, c'est désormais terminé.
35:40Donc c'est rien que les petits détails désormais.
35:44Donc on appréhende, on appréhende la météo, on appréhende le parcours.
35:48On appréhende là, du coup, il va y avoir du gravel, donc des chemins.
35:51On appréhende ce qu'on va trouver.
35:52Tu t'es préparé à ça par rapport à ce qu'on va trouver ?
35:54En fait, on ne sait pas ce qu'on va trouver.
35:56La comparaison avec le Dakar, je la trouve fantastique
35:58parce qu'on ne sait pas ce qu'on va trouver.
36:00On ne sait pas sur quoi on va tomber.
36:03Donc il faut être le plus flexible possible sur ces choix.
36:08Et puis voilà, c'est encore entre guillemets un 555 pour le Brésil.
36:13Mais après, plus tard dans la saison, il va y avoir le Pérou, 1200 kilomètres.
36:18Autant 500 kilomètres, je suis capable de les faire en une fois sans m'arrêter
36:22ou juste pour remplir à boire et un peu à manger.
36:27Disons que je n'ai pas besoin de dormir sur 500 kilomètres.
36:29Je suis convaincu.
36:31Moins de 24 heures ou 24 heures, il y a un peu plus.
36:35Et par contre, sur 1200 kilomètres au Pérou, il y a une vraie question de la gestion du sommeil.
36:42Oui, bien sûr.
36:43De s'arrêter, de savoir s'arrêter pour pouvoir pédaler plus vite
36:48ou de ne pas dormir mais de pédaler moins vite.
36:51Il y a toute une interrogation.
36:53Et puis après, le Pérou, c'est l'altitude.
36:54Oui, on va en parler tout à l'heure.
36:56Mais oui, beaucoup d'excitation sur le départ, le début de saison.
37:00Et puis après, voire, selon le Brésil, peut-être, peut-être.
37:04J'ai commencé à regarder le tableau des points.
37:06Voir si au mois de mai, juin, j'ai un petit peu de temps pour aller en faire d'autres.
37:14On connaît ce discours.
37:16Oui, oui, c'est clair.
37:17On vise le championnat.
37:18C'est sûr.
37:19Et toi, Lauriane, c'est quoi tes objectifs pour cette année ?
37:22Le championnat.
37:26Non, non, moi, je ne suis inscrite que sur une seule course.
37:28Pour l'instant.
37:29Non, non, non, c'est sûr, ça ne bougera pas.
37:31C'est vrai, tu ne vas pas du tout jouer.
37:32Tu ne penses pas que tu vas te prendre au jeu et que tu auras envie d'aller chercher
37:36de cette petite perf ?
37:36Non, non, je n'ai pas le budget pour...
37:39Avec quoi, partenaire ?
37:40Je n'ai pas le budget pour...
37:42Excel, c'est un petit appel.
37:44Non, non, mais j'ai déjà fait, en fait, en plus.
37:47J'ai fait, j'ai gagné.
37:48Oui, c'est sûr que tu as gagné en 2023 devant tous les hommes.
37:51Et en plus, j'ai fait deuxième en 2022, première en 2023.
37:54Et 2024, deuxième.
37:58Et ce n'est plus quelque chose que j'ai envie d'aller chercher.
38:03C'est quand même ultra contraignant d'enchaîner les courses,
38:06être sur le fil tout le temps, c'est de récupérer pour repartir sur une prépa.
38:13Et non, là, le Pérou, ça permet d'avoir une note, encore découvrir, en fait.
38:19Parce qu'il y a des choses que, par exemple, moi, pourquoi je ne dors pas ?
38:21C'est que je n'arrive pas à dormir.
38:22Donc, en fait, je ne me pose pas la question et il n'y a pas de gestion, finalement.
38:26C'est toi, tu ne l'as jamais fait, le Pérou, encore ?
38:27Non, je ne l'ai jamais fait.
38:28Et là, c'est plus long, il y a l'altitude à gérer, il y a les changements de température.
38:32Donc, c'est des défis en plus, des défis nouveaux.
38:34Et c'est ça qui m'intéresse cette année.
38:36Oui, bien sûr, je comprends.
38:37On va jeter un coup d'œil maintenant au calendrier qui vous attend pour cette saison 2026.
38:43Il y aura donc six étapes reines, dont le retour de l'Inca Divine.
38:46On va en reparler, bien sûr.
38:48Il y aura aussi le Maroc, la Corse, les Alpes-Maritimes, l'Auvergne-Rhône-Alpes
38:53et, pour finir, le Brésil.
38:54Mais surtout, c'est la nouveauté cette saison.
38:57Vous pouvez voir que sur trois des six étapes classiques,
38:59il y aura un nouveau format, le Half-Route.
39:02Axel, est-ce que tu peux nous dire un peu ce que c'est ?
39:04Est-ce que c'est un Baby BikingMan ?
39:06C'est un bon terme, mais c'est surtout une demande de la communauté.
39:10Beaucoup de gens qui souhaitent s'élancer sur un BikingMan route
39:13et qui nous ont demandé d'avoir un premier format qui permettrait de se tester.
39:18Parce que la grande différence qui existe pour les gens qui nous écoutent
39:21entre le 500 et le 1000, le 1000, on n'est jamais sûr de le terminer.
39:26Alors, avec tout le respect que je dois à Pierre et Lauriane,
39:29moi-même, j'ai participé à ces courses parce que j'aime bien tester également
39:33en tant que cuistot cuisinier de ces défis de l'extrême.
39:37J'ai également testé les plats que je concocte avec mon équipe.
39:41On n'est jamais sûr de pouvoir terminer un mid-bord.
39:43Quand tu prends le départ, non, tu as toujours ce doute.
39:46Même si tu sais que tu en as terminé plein, moi, j'ai toujours ce doute
39:48de est-ce que je vais être capable de terminer ?
39:50C'est parce qu'il peut arriver, en fait.
39:51Exactement.
39:51Tu peux avoir des enduits mécaniques irréversibles.
39:56Tu peux complètement mal gérer ta course et ne pas réussir à terminer.
40:01Alors que là, il y a moins de chances de ne pas aller au bout ?
40:03Le 500, déjà, c'est deux fois moins de distance.
40:07On a quand même un temps limite de 60 heures, donc c'est deux jours et demi.
40:10Donc, ça représente 160 à 180 km par jour avec un vélo qui pèse 15 kg,
40:15donc deux fois plus lourd qu'un vélo du Tour de France.
40:17Ça reste à portée de vue, on va dire, sans nécessiter forcément d'être oxy
40:23à la fin de la course.
40:24Le mid-bord, ça consomme de l'énergie, même si on le fait en dedans,
40:28parce que moi, j'ai déjà fait la course, notamment avec l'Oriane,
40:30et je suis très loin de pouvoir suivre ses performances,
40:33mais j'ai également fait le format, je dirais, dans quatre jours de course,
40:36c'est-à-dire en dormant tous les soirs et en prenant mon temps.
40:39C'est quand même, quoi qu'il arrive, engageant de faire un mid-bord,
40:41parce que c'est l'équivalent d'une traversée de la France,
40:43mais sur des routes et des pistes qui sont bien plus engagées.
40:46Le 500-bord, il est un petit peu plus...
40:48Donc, ce n'est pas du tout une distance qui est orientée vers l'Oriane et Pierre, par exemple.
40:54Au contraire, je pense que cette distance-là,
40:56parce qu'encore une fois, Pierre et l'Oriane,
40:58c'est des athlètes de très haut niveau qui vont chercher la gagne,
41:00donc ils vont se mettre des cartouches pour essayer d'être devant.
41:04Ça demande énormément de compétences physiologiques,
41:07énormément de résistance mentale, un engagement total
41:09et une concentration maximale sur le vélo.
41:12Il faut le vivre de l'intérieur.
41:14Moi, je ne prétends pas pouvoir suivre leur performance.
41:16Par contre, je peux viser un top 10 sur le making man.
41:18Je sais ce que ça coûte en termes de concentration.
41:20Ce n'est pas du tout la même chose quand on est dans la queue de peloton.
41:24Et j'ai beaucoup de respect pour les gens qui survivent,
41:26parce que c'est d'autres galères à gérer,
41:28notamment des souffrances, des douleurs qui sont parfois abominables,
41:31avec des galères mécaniques qui sont indescriptibles.
41:34On pourrait faire une émission complète sur les galères
41:36que peuvent rencontrer les derniers participants,
41:38avec des roues cassées, des cuissards déchirés,
41:41ils mettent des couches de bébés pour pouvoir se protéger les fesses.
41:44Il y a des situations totalement rocambolettes.
41:47Des belles anecdotes.
41:48En revanche, le 500 bornes,
41:49si je fais un parallèle avec un univers que Lauriane connaît très bien,
41:52du triathlon,
41:53on va être sur un format qui peut se rapprocher du format olympique.
41:55C'est-à-dire qu'il y a la possibilité également d'aller chercher
41:57de la performance sur le 500 bornes
41:59pour des profils comme Pierre et Lauriane.
42:00C'est-à-dire d'aller terminer en visant vraiment le seuil haut
42:04de leur performance.
42:05Là où sur un mille bornes, tu es quand même obligé de…
42:07C'est plus dur au final.
42:07Je pense que c'est plus dur à gérer.
42:10Parce qu'il y a la notion physique.
42:12Parce que rouler au début,
42:15tu es sur…
42:16Là, je vais prendre les watts.
42:18Tu es sur un pourcentage de ta FTP
42:21qui n'est pas très élevé,
42:23qui est même facile à tenir.
42:25Que sur 500, tu peux l'augmenter un peu.
42:27Donc, tu augmentes la résistance
42:29et là, tu vas flirter avec des seuils
42:32qui sont plus durs à tenir longtemps.
42:33Et là, physiquement…
42:35Tu peux exploser.
42:36Oui, là, tu peux…
42:37C'est clair que là, tu peux exploser.
42:38Est-ce que les parcours sont les mêmes ?
42:40Les parcours ne sont pas les mêmes
42:41parce qu'on a des personnes qui enchaînent parfois.
42:43Ah voilà, donc les deux sont cumulables.
42:45Sur le 26, on a des personnes qui vont enchaîner
42:46le 1000 bornes et le 500.
42:48Donc, on propose bien sûr des explorations différentes
42:52de manière à ne pas avoir les mêmes territoires
42:54et les mêmes lieux.
42:56Par contre, la similitude avec le 1000 km,
42:59c'est que le 500 bornes a quand même
43:00un dénivelé positif au 100 km
43:02qui est assez important
43:02parce qu'on est sur des parcours
43:03qui ont entre 8000 et 12000 mètres
43:05de dénivelé positif pour 500 bornes.
43:07Donc, ça reste montagneux quand même.
43:08Ça reste assez vallonné.
43:10Et oui.
43:10Et en dehors du coup de tous ces formats,
43:12la grande nouveauté
43:13qu'on en a pas mal parlé
43:15de tous les fans du BikingMan,
43:16c'est le retour de l'Inca Divide
43:18en août pour l'avant-dernière épreuve.
43:21C'est une course mythique au Pérou
43:23qui n'était plus apparue au programme
43:25depuis 2019
43:26et qui était la toute première course
43:29au lancement de la compétition en 2017.
43:31Déjà, qu'est-ce que ça te fait, toi, Excel,
43:33d'avoir cette course,
43:34enfin, cette étape qui revient ?
43:36Je ressens une fierté immense
43:37de pouvoir avoir le plaisir
43:39de reproposer cette destination
43:40parce que ça fait des années
43:41avec mon équipe
43:42qu'on souhaite pouvoir faire revenir cette course.
43:44C'est un endroit qui permet
43:47de transformer la perception
43:49qu'on peut avoir de notre pratique.
43:50et je parle à Lauriane dans les yeux,
43:52je parle à Pierre.
43:53Il y a un moment avant le Pérou
43:54et il y a un moment après,
43:55et ce n'est pas moi qui le dis,
43:56c'est toutes les personnes
43:57qui ont eu la chance
43:57de traverser ce pays à vélo
43:58parce que la dimension,
44:00la magnitude de la géologie,
44:02de la géographie de ce lieu,
44:03en plus de la culture péruvienne
44:06qui quand même transpire
44:08une histoire millénaire
44:09avec la culture Inca,
44:10tous ces ingrédients font que
44:13cette destination est totalement,
44:16je dirais, presque sans comparaison.
44:17– Oui, à couper le souffle.
44:19– C'est à couper le souffle
44:20et c'est une expérience
44:21qui transforme les personnes
44:23qui osent un jour défier
44:24la plus longue chaîne de montagne
44:26de la planète
44:26et certainement pas les Alpes,
44:27c'est la Cordillère des Andes.
44:28– Oui, puisqu'on part
44:30de la vallée sacrée des Incas
44:32à Durubamba, c'est ça ?
44:33Très exactement, voilà.
44:34On est à 2871 mètres d'altitude,
44:37juste à côté de Cusco,
44:39on traverse la Cordillère des Andes
44:40et l'Amazonie.
44:41– C'est ça.
44:42On est au cœur de la vallée sacrée,
44:44un territoire que connaissent
44:45pas mal de gens qui nous écoutent
44:47parce qu'il y a beaucoup de Français
44:48qui visitent ce lieu mythique
44:49où il y a notamment le Machu Picchu
44:51et c'est vraiment le berceau
44:53de l'Empire Inca
44:56qui a ramifié une grande partie
44:58de l'Amérique latine.
45:00On parle d'un empire
45:01qui a eu des réseaux jusqu'en Colombie
45:02et jusqu'au nord du Chili.
45:04Et en fait, nous, on est quelque part
45:05les héritiers de cet empire
45:07parce qu'on va proposer
45:09d'aller explorer,
45:10pédaler sur des pistes et des routes
45:11à ces athlètes qui vont venir
45:13sur l'Inca Divide,
45:14quelque part sur l'héritage
45:15des édifications et des constructions
45:18de l'Empire Inca
45:19dans un territoire qui a
45:21comme particularité ultime
45:23de pouvoir proposer de pédaler
45:25au-dessus de l'altitude du Mont Blanc.
45:26C'est la Cordillère des Andes,
45:28les Alpes à côté,
45:29c'est une petite chaîne de montagne
45:30en termes d'altitude.
45:31Dans la Cordillère des Andes,
45:33et on en parlait hors plateau,
45:36le col moyen,
45:37c'est deux fois le col de Turigny.
45:39Un col andin, c'est 50 bornes.
45:41En France, un col de 50 kilomètres ?
45:44Il n'y en a pas.
45:45Il n'y en a pas.
45:46Voilà.
45:47Tu parles d'Albermi, mais...
45:48Oui, la bonnette.
45:50Le col minimum en termes de distance.
45:52Donc déjà, la distance,
45:53la durée des cols
45:54est forcément au moins
45:55deux fois plus importante.
45:56Et puis, il y a un paramètre d'altimétrie.
45:57C'est un des rares endroits
45:58de la planète avec l'Himalaya
46:00où il est possible
46:01de pédaler aussi longtemps
46:02sur des hauts plateaux d'altitude.
46:03Et ce paramètre d'altitude
46:05vient, quelque part,
46:06redistribuer les cartes
46:06pour les participants
46:07parce qu'il y a beaucoup d'inconnus,
46:09il n'y a pas beaucoup de gens
46:09autour de la table
46:10qui ont pédalé à 5000 m d'altitude
46:12ou qui ont pu se préparer pour ça.
46:14Et d'ailleurs...
46:15L'altitude-là qui vient s'ajouter
46:17bien sûr à l'inconnue de la destination,
46:19la barrière de la langue,
46:21la culture péruvienne,
46:22ça va se racheter là-bas.
46:24Fou.
46:24Et donc là, par rapport à l'altitude,
46:26on le disait, c'est compliqué.
46:27Lauriane, Pierre,
46:27comment est-ce que vous allez
46:28vous préparer à ça ?
46:31Toi l'honneur.
46:33Oui, j'arrive un petit peu en avance,
46:37enfin, une semaine avant la course.
46:41Et puis après,
46:42je poursuis une tente hypoxique
46:43pour m'acclimater.
46:48Alors qu'est-ce que c'est
46:48pour que les gens
46:49qui ne savent pas ce que c'est ?
46:51C'est une tente qui reproduit
46:53une pression d'altitude, en fait.
46:56OK.
46:57Résiste, tu veux la concentration d'oxygène.
47:01C'est une tente qu'on vient mettre
47:02sur le lit, on dort dedans,
47:04on essaye de passer un maximum de temps.
47:06Les coureurs cyclistes professionnels,
47:07ils utilisent ces systèmes
47:08pour faire monter les globules rouges
47:11avant une période de préparation.
47:12C'est en complément des stages en altitude.
47:15Donc voilà, il y a cette solution-là.
47:17Après, entre dormir en altitude
47:19et faire des efforts en altitude,
47:21c'est quand même un autre monde.
47:22Mais en fait, on ne peut pas savoir,
47:25personne n'est égaux déjà
47:28sur l'altitude et la réaction.
47:29Donc quelqu'un qui peut avoir
47:31une condition physique très moyenne
47:33peut se sentir à l'aise
47:35à 3000 mètres d'altitude.
47:37Et quelqu'un en très grande forme
47:38peut avoir mal à la tête,
47:39des nausées,
47:40et tout simplement être incapable
47:41de faire du sport.
47:43Donc ça, c'est vraiment
47:44la grande, grande interrogation.
47:47Mais ça donne tellement envie.
47:49Je veux dire, même si on sait
47:51qu'il y a un risque,
47:52c'est quelque chose d'énorme
47:55de faire 1200 km au perro,
47:57en autonomie.
47:58Ça va être fou.
48:00Et au-delà de se préparer physiquement,
48:02est-ce que vous vous préparez mentalement ?
48:03Est-ce que vous faites appel
48:04à un prépa mental ou, je ne sais pas,
48:05quelqu'un qui vous accompagne
48:06pour gérer, si jamais vous êtes mal physiquement,
48:09si jamais vous...
48:10Non, moi non, c'est l'expérience.
48:12Oui, oui.
48:13Mais non, non, je sais que,
48:15je pense qu'il y en a qui le font.
48:18Certainement.
48:19Mais là, j'ai envie de dire,
48:21personne ne peut plus rien pour toi.
48:23Là, tu es seule.
48:24Tu es seule avec toi-même.
48:25On va être honnête.
48:26Tu es dans ta montagne.
48:27Tu as 240 heures pour finir.
48:30Il n'y a pas de réseau ou je ne sais pas.
48:32En fait, il faut s'attendre.
48:34C'est la magie des ultras.
48:37C'est qu'on va passer par des moments d'euphorie,
48:40des moments de joie,
48:41des moments de grande dépression.
48:42Et ça, ça va monter, ça va descendre.
48:45Ça va être les montagnes russes
48:46comme ces grandes montagnes.
48:48Et on vient chercher ça aussi.
48:50On vient chercher de l'introspection
48:52à faire des heures et des heures de vélo
48:55tout seuls.
48:56Alors oui, il y a des voitures médias.
48:57On a l'impression qu'ils sont tout le temps avec nous.
48:59Mais il y a des blocs de 24 heures.
49:01On va être tout seuls.
49:02Tu parles à toi-même.
49:04On peut parler à un moment.
49:06Ça, c'est un autre sujet.
49:07Mais on peut commencer à parler aux animaux
49:09ou se parler à soi-même.
49:12Il y a quand même une grosse part
49:14d'expérience spirituelle aussi
49:16dans ces aventures.
49:18C'est vrai.
49:19Axel, pour terminer,
49:20est-ce qu'il y a quelque chose
49:21qu'on n'a pas dit sur cette édition 2026 ?
49:23Est-ce qu'il y a quelque chose
49:24à rajouter ?
49:27À rajouter ?
49:28Non, je pense qu'on a tout dit.
49:31Le Pérou, ça va être, je pense,
49:33un point de bascule
49:34à la fois sur le championnat.
49:36Mais je l'espère,
49:37parce que c'est, encore une fois,
49:39je pense ne rien avoir inventé
49:41entre guillemets avec BikingMan.
49:43Je fais un salut
49:45en hommage à Nicolas Gégère,
49:47qui est un Français
49:47qui a fait partie des premières expéditions
49:49qui ont gravi l'Everest
49:50et qui s'est passionné pour le Pérou
49:51et notamment le massif de Huascaran,
49:53qui est le plus haut massif du Pérou.
49:54C'est l'équivalent du Mont Blanc
49:55de ce territoire.
49:57Et je me suis retrouvé, en fait,
49:58à pédaler dans cette chaîne de montagne,
49:59à côté de la Cordillère Blanche au Pérou.
50:01Je ne sais pas si c'est par hasard,
50:03d'ailleurs, c'est en 2015.
50:04Et je me suis fasciné pour ce territoire
50:06à cette époque-là,
50:06sans connaître l'histoire de Nicolas Gégère.
50:08Et il y a un lien francophone
50:10avec le Pérou
50:11pour pouvoir justement
50:11faire découvrir ces montagnes.
50:14Nicolas a contribué
50:15à développer quelque part
50:17l'activité d'exploration des montagnes,
50:19de l'andinisme.
50:20Et après, malheureusement,
50:21il est décédé dans l'Otcé.
50:23Moi, j'espère contribuer
50:24à ma modeste échelle
50:26avec BikingMan,
50:26par l'intermédiaire de Pierre,
50:28de Lorient,
50:29mais également de tous les participants
50:30et de Cédric,
50:30qui sera présent également
50:31pour partager les images,
50:33va contribuer à expliquer
50:35qu'au Pérou
50:36et de manière générale
50:37en Amérique latine,
50:39la découverte des montagnes
50:40vaut le détour.
50:41Parce qu'on a la possibilité
50:42de pouvoir pédaler sur des cimes
50:44qui sont inaccessibles en Europe.
50:45Et au-delà du plaisir
50:46et du privilège
50:47de pouvoir le faire,
50:48il y a une expérience spirituelle
50:49et une introspection
50:50qui est extraordinaire.
50:51Et puis, il y a un écho
50:52dans ces montagnes
50:53qui ne peut pas être écouté
50:54chez Sport en France.
50:55Il faut pouvoir être sur place
50:56en altitude
50:57à 4005, à 4008.
50:59Parce qu'il y a toutes les lumières
51:00qui s'éteignent à ce moment-là
51:01d'un point de vue humain
51:02pour pouvoir gravir ces montagnes
51:04et vous en ferez l'expérience.
51:05Moi, j'ai beaucoup pédalé en altitude.
51:08Et il y a quelque chose
51:08qui se produit
51:09qui va au-delà des muscles.
51:11Et très souvent,
51:11les personnes auxquelles on pense
51:13à ce moment-là
51:13et qui nous accompagnent
51:14ne sont pas celles
51:15qui nous accompagnent
51:16parfois au quotidien.
51:17C'est peut-être parfois
51:17des personnes disparues.
51:18Et c'est cette énergie-là
51:19que j'aime partager sur le BikingMan
51:20parce que ce n'est pas que du vélo.
51:22C'est avant tout de l'aventure,
51:23de l'exploration de soi
51:25pour se sentir grandi
51:27à la fin de la compétition.
51:28Donc, au-delà du sport,
51:30le but, c'est un peu
51:31de transformer son quotidien
51:32et puis de devenir
51:33la meilleure version de soi-même
51:34après la course.
51:35Et est-ce que tu crois
51:36qu'un jour,
51:37ce sera ouvert
51:37au vélo assistance électrique ?
51:41On ne sait jamais
51:41pour que le plus grand nombre
51:42puisse participer à temps.
51:44Ce n'est pas dit
51:44qu'il y aurait plus facilement.
51:46Ce n'est pas connu avec Axel.
51:47Ah, c'est vrai ?
51:48Au début, je vais vous le dire
51:50parce qu'il ne le dira peut-être pas.
51:51Au début, c'était hors de question.
51:53OK.
51:53La position a changé.
51:55Oui, parce que là,
51:55il n'a pas dit non catégoriquement.
51:57Alors, pour être dans la...
51:59Pour abonder sur ce qu'a dit Cédric
52:01parce qu'il a travaillé ma pensée,
52:02en fait, il y a des paramètres
52:04avec le vélo électrique
52:05qui ne sont pas plus faciles
52:06à gérer.
52:07Oui, à se recharger.
52:08Ce que pensent les gens
52:09qui nous écoutent.
52:10Il y a la gestion de la recharge
52:11avec le poids du vélo
52:13qui est rendu par le surpoids
52:14parce que le vélo est plus lourd
52:16pour un vélo électrique
52:16et la batterie prend du temps à charger.
52:19Organiser une catégorie vélo électrique
52:21sans avoir la possibilité
52:22de changer sa batterie,
52:23c'est-à-dire à gérer
52:23en même temps la recharge,
52:25je pense qu'on aurait
52:26beaucoup de surprises
52:27sur le lien que peuvent avoir
52:29les gens
52:29sur leur matériel électrique.
52:30C'est-à-dire qu'à terme,
52:31ils se diraient peut-être
52:32après avoir complété
52:32le BikingMan en vélo électrique,
52:34punaise, je vais revenir
52:35sur un vélo musculaire
52:35parce que ce sera plus simple
52:36à gérer.
52:37Parce que le vélo électrique
52:37pour moi,
52:38et je vais caricaturer
52:39mais c'est pour matérialiser
52:41ma pensée,
52:43c'est un avatar
52:44pour que les gens
52:44puissent avoir l'illusion
52:46de rouler vite.
52:47Alors que pour la majorité,
52:49s'ils prenaient le temps
52:49de rouler un peu plus lentement,
52:51déjà, ils auraient
52:52beaucoup plus de plaisir
52:53et ils n'auraient pas forcément
52:54besoin de l'assistance électrique
52:55qui leur permet juste
52:56d'avoir un chiffre
52:56sur le compteur
52:57qui satisfait leur égo.
52:58Alors que le vélo
52:59et le BikingMan,
53:00dans la majorité des cas,
53:01on est sur des moyennes
53:02qui ne sont pas à 20 km heure.
53:0320 km heure,
53:03c'est les leaders
53:05qui terminent
53:05à 20 km heure de moyenne.
53:07Les derniers,
53:07le milieu de peloton,
53:08roulent à 9, 10, 12,
53:1014 km heure.
53:11Donc ils sont très lents.
53:12Le vélo électrique,
53:12là-dessus,
53:13n'apporterait pas grand-chose.
53:14Je dirais que l'égo
53:15disparaît sur le BikingMan
53:16et c'est la magie
53:17de cette compétition
53:18parce qu'à la fin,
53:18la vitesse n'a plus du tout
53:19d'importance
53:20puisqu'aller vite
53:21pour s'arrêter tôt,
53:22tu te fais passer
53:28en 24, 26, 28, 30 heures.
53:31Bon, ce n'est pas pour tout de suite
53:32alors les vélo électriques.
53:33Ce n'est pas pour tout de suite.
53:35Un jour, comment formulez
53:36vos règlements ?
53:37C'est la fable du lièvre
53:38et de la tortue.
53:39C'est le résumé.
53:41Exactement.
53:41Je ne pense pas
53:41que ce sera plus facile
53:42pour les participants.
53:44Mais je serais curieux
53:45de voir le résultat in fine.
53:47Merci beaucoup
53:48en tout cas à tous les quatre
53:49d'avoir été avec moi aujourd'hui.
53:51Je vous souhaite vraiment
53:52le meilleur pour cette saison.
53:55Et évidemment,
53:56vous pourrez retrouver
53:57sur Sports en France
53:58tous les résumés d'étapes
53:59durant la saison.
54:00Avant de se quitter,
54:01c'est l'heure du tour du club
54:02pour ne rien manquer
54:03des compétitions
54:04sur Sports en France.
54:09Ce vendredi,
54:10c'était le début
54:11des quarts de finale
54:11des play-off
54:12de la Cinerglass
54:13Ligue Magnus
54:14entre Rouen et Amiens.
54:16Rouen a largement
54:17remporté la première manche
54:185-0.
54:19On est à deux partout
54:20dans la série.
54:21Samedi soir,
54:22c'était la 25e journée
54:23de Saforel Power 6.
54:25Vendœuvre Nancy
54:25était opposée
54:27à Bordeaux.
54:27Victoire 3-7 à 11
54:29du VNVB
54:30qui conforte
54:31sa deuxième place
54:31avant la 26e
54:32et dernière journée.
54:34Enfin,
54:35la semaine passée,
54:36vous avez pu suivre
54:36la Pierra Manta,
54:37l'une des courses
54:38de ski alpinisme
54:38les plus mythiques
54:39au monde
54:40qui s'est achevée
54:41ce samedi.
54:42La championne olympique
54:43Emilia Europe,
54:44finalement engagée
54:44de dernière minute,
54:45s'est imposée
54:46avec Margot Ravinelle
54:47chez les femmes,
54:48tandis que le duo
54:49Bombardier-Gachet
54:50a remporté
54:51l'épreuve masculine
54:52pour la troisième fois
54:53consécutive.
54:54À suivre maintenant
54:55sur nos antennes
54:57un grand week-end de sport.
54:58Dimanche,
54:58vous pourrez suivre
54:59l'Orléans Masters
55:00de badminton,
55:01tournoi Super 300
55:02du World Tour mondial.
55:04Ce week-end sera également
55:05l'occasion de suivre
55:06une nouvelle journée
55:07de football
55:07fauteuil électrique.
55:08On en parlera d'ailleurs
55:09dans le club
55:10jeudi prochain.
55:11Ce samedi à 16h,
55:12dernière journée
55:13de Saforel Power 6.
55:14Avant les playoffs,
55:15Vendœuvre Nancy
55:16se déplace à Béziers.
55:18Enfin,
55:19ce week-end,
55:19nouvelle journée
55:20de D1 Elite
55:21de foot US
55:22avec notamment
55:23l'affrontement
55:23entre les Centaures
55:24de Grenoble
55:25et l'Iron Mask
55:26de Cannes
55:27ainsi que la rencontre
55:28entre les Léopards
55:29de Rouen
55:29face aux champions
55:30de France
55:30en titre
55:31les Black Panthers
55:32de Tonon.
55:34Merci à tous
55:35de nous avoir suivis.
55:37Merci encore à vous
55:38d'avoir été
55:38avec moi en plateau.
55:40Je vous souhaite
55:41encore une fois
55:41le meilleur
55:42pour cette saison.
55:43Merci à Nicolas Bayet,
55:45notre réalisateur
55:46Amélie Gilbert
55:47au son,
55:47Sandrine David
55:48au maquillage
55:49et Julien Perronnet
55:50à l'édition.
55:51Je vous dis
55:51à la semaine prochaine.
55:52Salut !
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