- il y a 2 jours
☕ **Un Café avant L.A. — Épisode 2 : Léa Labrousse**
Comment continuer à sauter quand la peur s'invite dans une discipline que l'on pratique depuis l'enfance ?
Pour ce nouvel épisode, Thomas Palmier retrouve **Léa Labrousse**, membre de l'équipe de France de trampoline et double olympienne, dans un café de Vincennes, à quelques minutes de l'INSEP.
De ses premiers sauts en Auvergne à ses participations aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024, Léa raconte une carrière construite très jeune, entre passion, exigences du haut niveau et émotions olympiques.
Elle évoque aussi un sujet rarement abordé aussi directement : **la peur dans les sports acrobatiques**, le travail mental nécessaire pour retrouver la confiance et l'importance de ne pas vouloir aller trop vite.
Au fil de la conversation, découvrez :
- Sa découverte du trampoline et ses premiers succès internationaux.
- Ses souvenirs de Tokyo et de l'ambiance exceptionnelle de Paris 2024.
- La gestion du stress et de l'appréhension avant une figure.
- Le quotidien à l'INSEP et l'équilibre entre sport et vie personnelle.
- Son approche de Los Angeles 2028 et son envie de disputer une finale olympique.
🎙️ Présentation : Thomas Palmier
🎬 Réalisation et production : Radio Sports
**Un Café avant L.A. — La route vers Los Angeles 2028, racontée autrement.**
Retrouvez la série sur radiosports.fr/emissions/un-cafe-avant-la
Comment continuer à sauter quand la peur s'invite dans une discipline que l'on pratique depuis l'enfance ?
Pour ce nouvel épisode, Thomas Palmier retrouve **Léa Labrousse**, membre de l'équipe de France de trampoline et double olympienne, dans un café de Vincennes, à quelques minutes de l'INSEP.
De ses premiers sauts en Auvergne à ses participations aux Jeux olympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024, Léa raconte une carrière construite très jeune, entre passion, exigences du haut niveau et émotions olympiques.
Elle évoque aussi un sujet rarement abordé aussi directement : **la peur dans les sports acrobatiques**, le travail mental nécessaire pour retrouver la confiance et l'importance de ne pas vouloir aller trop vite.
Au fil de la conversation, découvrez :
- Sa découverte du trampoline et ses premiers succès internationaux.
- Ses souvenirs de Tokyo et de l'ambiance exceptionnelle de Paris 2024.
- La gestion du stress et de l'appréhension avant une figure.
- Le quotidien à l'INSEP et l'équilibre entre sport et vie personnelle.
- Son approche de Los Angeles 2028 et son envie de disputer une finale olympique.
🎙️ Présentation : Thomas Palmier
🎬 Réalisation et production : Radio Sports
**Un Café avant L.A. — La route vers Los Angeles 2028, racontée autrement.**
Retrouvez la série sur radiosports.fr/emissions/un-cafe-avant-la
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:00Bonjour les gars. Bonjour. Merci beaucoup de nous recevoir. Avec plaisir. Où est-ce qu'on est ici ? On
00:04est au Marigny, à Vincennes, pas très loin de la maison et pas très loin de l'INSEP, donc c
00:09'est parfait.
00:10Ouais, c'est un peu, voilà, on vient à toi évidemment, merci de nous recevoir. Avec plaisir. Parce qu'au
00:15moment où on enregistre ce podcast, on est un peu moins d'un mois avant les championnats du monde, en
00:19Chine, ça se prépare, t'es en pleine prépa là ?
00:22C'est ça, on rentre de compétition, on était à Richionnet pour une étape de Coupe du Monde, donc on
00:28a eu quelques jours de repos lundi, on est rentré lundi, donc mardi, repos, et là, on reprend, donc c
00:33'est un peu plus tranquille, donc c'est pour ça que j'ai le temps un peu de faire des
00:36interviews.
00:36Ouais, on est venu dans cet endroit, tu nous as dit que tu l'aimais bien, est-ce que c
00:41'est un endroit où t'aimes venir pour décompresser, pour calmer un petit peu le rythme ?
00:47Ouais, c'est ça, j'habite pas très loin, donc pour boire un verre ou pour manger, il y a
00:50une très bonne salade César, donc j'ai mes petits trucs que j'aime bien, et souvent le dimanche aussi,
00:55on vient au marché avec mon copain, donc on boit un petit déj' et tout, donc c'est cool.
01:00En quoi c'est important d'avoir des moments aussi un peu plus calmes, un peu plus tranquilles dans une
01:06préparation, avant une compétition là en l'occurrence, mais même globalement tout au long de ton année, en quoi c
01:11'est important pour toi de savoir couper, et à des moments tu le sens aussi qu'il faut couper des
01:16fois ?
01:17Oui, après pour couper, j'irais plus me ressourcer chez moi, chez mes parents, ou aller voir la famille, mais
01:23sinon ici c'est un peu mon quotidien, sortir après l'entraînement, boire un verre, ou bouger un peu le
01:28week-end quand même, c'est important de pas penser qu'aux trampolines.
01:31Ça change un peu de Beaumont, le Puy-de-Dôme, de là où tu viens, ou encore de Corrèze, de
01:36là où habitaient tes parents maintenant ?
01:37C'est ça, oui, Paris, c'est pas Clermont, après j'ai fait cube toute mon enfant jusqu'à mes
01:4214 ans à Clermont, et après j'ai toujours mes points importants où mes parents sont en Corrèze, donc c
01:48'est important aussi de retourner à la maison et de décompresser là-bas.
01:52Oui, justement sur ton, alors j'allais dire ton début de carrière, non, c'est bien avant ça, mais sur
01:57tes premières années, sur ton enfance, comment tu qualifierais ton enfance ?
02:02Est-ce qu'elle était très sportive ? Est-ce que t'avais une famille qui était tournée vers le
02:05sport ? On parlera après de ta découverte du trampoline, parce que ça c'est vraiment quelque chose qui m
02:08'intéresse,
02:08Mais comment tu qualifierais ton enfance en lien avec le sport ? Est-ce que t'as eu une éducation
02:13vraiment sportive ?
02:14Oui, totalement, mon père était rugbyman, donc c'est quelque chose qu'il a toujours aimé, il a toujours aimé
02:20l'ASM, donc j'ai baigné dans, supporté l'ASM depuis toute petite, ma soeur faisait de la gym,
02:26donc on a 6 ans d'écart, donc j'ai baigné là-dedans directement, donc c'est quelque chose qui
02:30était très important pour moi, on a toujours suivi l'ASM, toutes les grosses compétitions,
02:34et c'est des souvenirs que je me rappelle vraiment en famille.
02:37C'est quoi ton premier souvenir de sport ? Est-ce que c'était aller au stade Marcel Michelin Clermont
02:40pour l'ASM, pour le rugby ? Est-ce que c'était un souvenir devant la télé ?
02:43Des souvenirs j'en ai plein, après c'est peut-être aller voir ma soeur en compétition déjà, je sais
02:47que c'est plutôt mes parents qui me racontaient que je faisais des roues partout,
02:50pas en plein de compétitions, je courais partout alors que c'était ma soeur qui faisait, donc ça c'était
02:55assez drôle, et après je suis allée au stade Marcel Michelin,
02:58mais j'étais un peu plus grande, sinon c'était regarder les matchs, les matchs importants, à l'époque où
03:05Clermont était en demi-finale et tout,
03:06donc c'est des années où je me souviens et que mon père était très stressé, donc c'est des
03:11souvenirs que c'était important pour nous tous,
03:13et j'ai eu la chance après, parce que moi je pouvais pas aller voir la finale en 2010, mais
03:18pas envie de s'en aller, parce que moi j'étais en cheval de France,
03:20j'étais le jour même, et du coup c'était à Paris, c'était à Aubun, non c'était à
03:23Issy-les-Moulinots, mes parents étaient venus me voir,
03:25ils partaient direct au stade, et moi il m'a dit, bah là tu peux pas, toi t'es au
03:28France, nous on peut te voir, mais après on part,
03:30et en plus je tombe, donc j'étais déprimée, et ma soeur y était aussi, et du coup le lendemain,
03:35que Clermont a gagné,
03:37j'ai dit, bah là on va à la place Jordan, vous avez un terrain de m'emmener et tout,
03:39et du coup, ma mère l'a fait, pas mon père.
03:43Donc on qu'il a du coup, ouais, en rugby quand même, parce que pour venir monter au stade de
03:45France voir le match et tout, c'est...
03:48Oui, là on a eu la chance d'être, on a pu aller voir l'ouverture de la Coupe du
03:52Monde, avec la Nouvelle-Zélande,
03:53et j'ai pu emmener mes parents, donc c'était trop bien, c'est vraiment un des plus beaux souvenirs,
03:57je pense, de sport que j'ai eu,
03:58où j'ai ressenti beaucoup d'émotions, quand il y a eu la patrouille de France au-dessus du stade
04:02et tout, c'était impressionnant,
04:04et ouais, ça m'a fait quelque chose, alors que j'ai fait l'ouverture des jeux et tout, mais
04:07c'était quelque chose de différent,
04:08et ça m'a vraiment très émue.
04:10Oui, la frustration, dans le temps qu'ado, de louper un événement sportif aussi, je comprends, c'est pareil,
04:16c'est pareil, les parents qui refusent, ouais, c'est la même chose.
04:18Ils ne refusent pas, c'était que moi, j'étais en compétition, donc sinon ils m'ont emmené,
04:21mais là, ils m'ont dit, ben, on ne peut pas faire ta compétition, aller au stade.
04:26Maintenant, ça fait des souvenirs, vous en rigolez.
04:28Sur, ouais, justement, ton début, l'atolescence, j'imagine que tu as été aussi déraciné assez rapidement,
04:34de l'Auvergne, du Puy-de-Nôme, comment ça s'est passé pour toi ?
04:38On sait qu'une bonne majorité quand même des sportifs de haut niveau, qui le sont aujourd'hui,
04:42à 14-15 ans, ont quitté le cocon familial.
04:45Toi, comment ça s'est passé les premières années un peu loin de chez toi ?
04:48Au final, c'était plus dur de passer le cap de l'année où je savais que je devais partir,
04:55c'était là un peu plus dur, et après, quand j'ai franchi le pass, ça s'est super bien
04:58passé.
04:59J'étais au Pôle France-Arène, donc j'étais à l'internat, et on était toutes gymnastes dans la chambre
05:05et tout,
05:06et du coup, non, ça s'est plutôt bien passé.
05:07Après, j'étais en junior, j'avais beaucoup de compétitions,
05:10donc je pense d'être arrivée, d'avoir direct des compétitions, que ça soit important,
05:15et en plus, je l'ai réussie, donc ça m'a mis dans une ambiance où j'étais bien.
05:18Après, il y a eu malheureusement des petites blessures dans mes années assez jeunes,
05:23mais ça m'a formée, et j'ai été très contente.
05:25Après, j'ai réussi à faire tout ce que je voulais dans ces années junior.
05:29Est-ce que le trampoline, c'était une évidence ?
05:31Est-ce que tu as pratiqué d'autres sports avant ?
05:33Comment ça s'est passé sur tes premières années ?
05:35Est-ce que tu as été une jeune fille un peu touche-à-tout ?
05:37Non, ma soeur faisait de la gym, donc j'ai suivi la grande soeur, j'ai fait de la gymnastique.
05:42Mes parents, ils auraient aimé que je fasse autre chose, mais non, j'ai suivi.
05:46À un moment, j'avais fait une fois un petit test, athlétisme, judo,
05:49mais j'ai fait de la gym, et après, le mercredi, ma soeur devait m'emmener à l'entraînement.
05:55On partait ensemble, et mon entraînement était à 16h,
05:58et je devais monter à 14h parce qu'elle entraînait les petits.
06:00Et comme je m'ennuyais, l'entraîneur de trampoline m'a dit
06:02« Viens, fais des brebons et amuse-toi ».
06:04Et en fait, j'apprenais très très vite, comparé à d'autres jeunes.
06:08Après, je savais faire déjà des saltos comme j'étais en gym,
06:10mais du coup, j'apprenais vraiment vite, et en fait, ça m'a plu.
06:13Au fil du temps, on m'a dit « Tu veux faire une compète ? »
06:15Et en fait, après, moi, je voulais faire quand même de la gym,
06:19et en fait, après, ça allait de plus en plus vite.
06:22Et après, en 6e, j'ai fait le choix, et on m'a dit « Faut que tu fasses un
06:26choix, quand même ».
06:27Et du coup, j'ai choisi le trampoline.
06:28Oui, c'est ce que j'allais te demander.
06:29Est-ce qu'il y a un moment précis, ou alors est-ce que ça s'est fait naturellement,
06:33où tu as compris que ça allait être sérieux ?
06:35Parce que déjà, de partir en Pôle Espoir au collège, c'est quand même quelque chose de sérieux.
06:40Est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit, où on t'a fait comprendre
06:43que là, ça pouvait devenir plus qu'un loisir, plus qu'un kiff ?
06:47Oui, un peu, parce qu'après, on a la chance en trampoline
06:49qu'on a des chambres du monde par catégorie d'âge.
06:51Donc, on a 11-12 ans, 13-14, maintenant, il y a les chambres du monde junior,
06:56donc de 15 à 16 ans, et après, senior.
07:00Et du coup, ces compétitions-là, elles sont vachement importantes pour nous,
07:02parce que c'est là où on connaît nos premières compétitions internationales.
07:07Et donc, moi, à 12 ans, j'étais encore à la maison, et je pars en Russie, à Saint-Pierre
07:11-de-Bourg,
07:11je suis qualifiée pour ces champions du monde en 11-12 ans, et en fait, je gagne.
07:16Et donc là, tu comprends réellement que c'est impressionnant,
07:19tu as la Marseillaise, il se passe des choses dans ta tête,
07:21et tu prends plaisir aussi à gagner, et à te dire,
07:24bon, en fait, c'est ça que je veux faire, et je veux aller plus loin,
07:27et je sais que je peux aller plus loin, donc ça s'est fait un peu comme ça.
07:31Un peu comme ça, et aussi, après, en gym, il fallait partir un peu plus tôt aussi.
07:35Donc j'ai fait le choix de trampoline que je pouvais partir à 14 ans.
07:38J'ai gagné 2 ans, donc voilà, ça s'est fait comme ça.
07:40Représenter son pays à 11 ans à peine, en temps de la Marseillaise, comme tu disais,
07:44c'est quelque chose d'exceptionnel.
07:46Est-ce qu'on se rend compte ? Je pense que non,
07:48mais comment on arrive après à redescendre, à aller au collège ?
07:52C'est quand même une vie qui est, pour tous ces jeunes sportifs que vous êtes précoces,
07:55enfin, on va dire ultra précoces et performant rapidement, c'est hyper particulier.
07:59Oui, je ne me souviens pas de tout, j'avoue que je me souviens de rattraper les cours et tout,
08:03c'était un peu compliqué, mais j'avais de la chance que mes parents,
08:06des fois, je suis fatiguée, ils me faisaient rater le sport, tout ça,
08:09mais c'était eux qui prenaient la responsabilité,
08:10parce que je n'avais pas d'horaires ménagés avant de partir en pôle.
08:13Donc voilà, j'avais de la chance de ça, mais oui, c'était assez impressionnant,
08:16et puis voyager, j'ai eu la chance de beaucoup voyager jeune,
08:19et c'est là où c'est trop bien.
08:22Et j'ai eu la chance de faire la Russie et tout,
08:24mes parents m'ont suivi, enfin, ils sont venus me voir et tout,
08:26et du coup, c'était vraiment top.
08:28Oui, tu as fait voyager aussi toute la famille ?
08:30Un petit peu, ils ont fait l'Europe,
08:32après, ils n'ont pas pu faire Tokyo en 2021 avec le Covid, malheureusement,
08:35mais oui, ils ont essayé de venir en Europe, surtout.
08:37Le fait de bouger rapidement, est-ce que, en tant que jeune fille,
08:41à ce moment-là, tu as réussi à garder des contacts
08:43de gens que tu as croisés au collège,
08:46de potes que tu as pu te faire,
08:47ou c'était tellement rapide ou tellement vif que tu n'as pas pu...
08:51C'est un peu compliqué, mes années...
08:52Ouais, c'est un peu co-dur,
08:53parce qu'après, je ne rentrais plus à Clermont,
08:54parce que mes parents, ils sont vraiment partis en Corrèze,
08:56donc là, un peu compliqué.
08:57Après, j'ai mes copines de lycée,
08:59que j'ai toujours, que j'ai toujours contact, et ouais.
09:02Ok, c'est cool, quand même, malgré...
09:03Ouais, on était à l'internet ensemble,
09:04et du coup, on avait une chambre,
09:06et c'était cool, ça se passait très bien.
09:08Sur la découverte de ton sport,
09:10qui est un sport, quand même, à très haut niveau,
09:13qui est, on va dire, pas commun,
09:15les gens, peut-être, ont un a priori,
09:17que c'est du avant tout ludique,
09:19jouer avec ses grands-parents...
09:20À la plage...
09:21Exactement, voilà, des choses comme ça.
09:24Toi, est-ce que tu as compris,
09:26est-ce qu'on t'a fait comprendre
09:26que ça pouvait être un sport professionnel,
09:28dans lequel tu pouvais vraiment t'épanouir
09:30comme une sportive de haut niveau,
09:31au-delà d'un simple loisir, entre guillemets ?
09:33C'était très naturel, en fait.
09:35Dans la salle de gym, il y avait des trampolines,
09:36j'ai compris que c'était un sport,
09:38et voilà, c'est vraiment devenu naturel,
09:40je n'ai pas réfléchi à tout ça.
09:41C'était vraiment qu'il y avait le trampoline
09:43de compétition dans ma salle de gym,
09:45et donc, voilà.
09:46Et il y avait une section de trampoline,
09:47donc, naturellement, on sait que c'est pour faire du sport,
09:50enfin, qu'on peut faire du sport de haut niveau, quoi.
09:52Qu'est-ce qui est le plus exigeant dans ton sport,
09:54selon toi, d'un point de vue physique,
09:56sur ton corps ?
09:56Qu'est-ce qui demande le plus de travail ?
09:59La tête.
10:00Maintenant, avec l'âge, j'ai de plus en plus peur
10:03de faire les figures et tout,
10:04du coup, je pense que c'est la tête.
10:05Ah ouais ?
10:07L'appréhension, ok.
10:08Ouais, là, ça commence à être...
10:10Ouais, il y a des petites chutes qui font avoir peur,
10:13et avec l'âge, quand on est jeune, on n'a pas peur,
10:15et avec l'âge, on a un peu plus peur,
10:16donc c'est un peu ça qui est le dur.
10:18Et après, niveau physiquement, je vais bien,
10:20donc ça va, après, il y a des douleurs,
10:21je me suis fait mal au genou, comme tout sportif,
10:24et sinon, le dos et tout,
10:25pour l'instant, je touche du bois, mais ça va.
10:28Mais sinon, oui, il y en a beaucoup,
10:29mon copain qui fait du trampol aussi,
10:32lui, ça sera un peu plus le dos,
10:33un peu plus raide, un peu plus dur, mais voilà.
10:35Ouais, ok. Pour l'instant, oui, pas de dommage,
10:37c'est vrai qu'il y a des sports où...
10:39Bah, c'est ça. Moi, j'ai la chance,
10:41mais oui, nous, les garçons,
10:43après, ils vont un peu plus haut que nous,
10:44ils sont un peu plus grands, donc je pense qu'ils prennent plus...
10:46Nous, on prend beaucoup de jet dans la toile, c'est énorme,
10:48et du coup, à force de sauter, sauter,
10:50le dos, il a mal, quoi, mais bon.
10:53Ouais, les blessures, les points les plus sensibles,
10:55c'est le dos, peut-être articulation aussi.
10:57Ouais, c'est ça, c'est le dos, blocage de dos, tout ça.
11:00Et sans dos au trampol, c'est un peu compliqué.
11:01Comment tu t'entraînes au quotidien ?
11:05Est-ce que...
11:05Quelle est la part de la préparation physique
11:07par rapport à l'aspect technique sur le trampoline ?
11:10Quelle est la... Ouais, est-ce qu'il y a une répartition ?
11:13Ou alors, il y a des semaines plus l'un ou plus l'autre ?
11:15Comment ça se passe ?
11:15Bon, après, c'est le prépa physique qui gère,
11:18mais sinon, on a quatre...
11:20Tous les matins, sauf le jeudi,
11:21on a préparation physique, donc de 10h à 11h.
11:24Donc après, c'est à lui, en fonction de nos compétitions,
11:26qu'il gère le planning.
11:28Et après, tout dépend...
11:29Moi, ces temps-ci, je m'entraîne à la suite.
11:31Je fais mes deux heures de trampol à la suite.
11:32Mais sinon, avant, quand j'étais un peu plus jeune,
11:35je faisais...
11:36Je sautais deux fois les matins, ou même plus.
11:38On faisait surtout des séries de base, technique et tout.
11:42Et l'après-midi, grand entraînement de deux heures aussi.
11:46Voilà.
11:47On parlait de l'aspect précocité.
11:50Tu as commencé très jeune, notamment en Exile de France.
11:52Je crois que tes premières sélections, c'est 2014.
11:552010.
11:56Je fais mes premières Europe Junior en 2010.
11:58D'accord.
11:58Senior, peut-être...
12:002014, oui.
12:012014 en senior, mais en jeune, beaucoup plus tôt.
12:03Première médaille internationale senior, 2016.
12:05Si je ne me trompe pas, championnat d'Europe.
12:08Tu as quand même une longévité à ce très haut niveau-là.
12:11Tu cumules les médailles.
12:13Qu'est-ce qui fait que tu es toujours autant motivé,
12:16à aller chercher ?
12:17On en parlera, c'est un peu l'objet de ce podcast aussi.
12:19Il y a une compétition suprême aussi, peut-être, qui te fait envie.
12:23Mais qu'est-ce qui fait qu'au quotidien, tu continues à avoir cette envie-là ?
12:27Après, c'est...
12:27Qu'est-ce qui me donne envie ?
12:29C'est ma passion, parce que j'ai toujours aimé le trampoline.
12:32Et après, c'est les compétitions.
12:33On ne va pas se mentir.
12:35Les compétitions, c'est ce qui me donne le plus envie.
12:37Donc, c'est à chaque fois de se mettre des objectifs
12:39et de voir ce qui est important à la fin.
12:43Mais voilà, c'est ça.
12:44Après, oui, quand j'étais plus jeune, j'ai eu la chance de pouvoir être l'atho et tout.
12:48Du coup, ça m'a toujours donné envie.
12:50J'étais toujours très stimulée.
12:51Et c'est ça qui m'a permis d'être là aujourd'hui.
12:54Et tu n'as pas perdu la passion malgré les années ?
12:56Non, ça va.
12:57C'est un peu plus dur des années.
12:58Là, je suis dans une phase où c'est un peu plus compliqué pour moi.
13:01Mais voilà, j'essaye de faire face.
13:03Et je pense que tout sportif a vécu des moments un peu plus durs.
13:06Il faut faire à l'au-delà et j'espère que ça va aller mieux au fil des années.
13:13Pour les non-initiés, comment fonctionne le circuit international de trampoline ?
13:17J'imagine qu'il y a un ranking, il y a un classement.
13:19Comment ça fonctionne de manière un peu classique ?
13:24Manière olympique ?
13:25Ouais, manière olympique.
13:26Ok, parce qu'en gros, là, ça va commencer en 2027.
13:30Donc les Coupes du Monde vont être qualificatives pour les Jeux olympiques.
13:33Donc ça s'appelle des TQO.
13:35Donc on va en avoir trois en 2027 et trois en 2028.
13:39Et donc là, le but, ça va être un ranking.
13:42C'est ça, on prend des points finales, tout ça.
13:45Donc ça, ce ranking va nous faire sélectionner un quota olympique.
13:49Et en fait, il y a les Chevaliers du Monde 2027 qui vont coter aussi pour le quota olympique.
13:53Donc les huit finalistes seront sélectionnés au jeu.
13:57Enfin, un pays.
13:58Et après, on prendra le ranking.
14:00Les autres filles ont 16 olympiennes pour les Jeux olympiques de Los Angeles.
14:04Voilà.
14:05D'accord.
14:05Donc il y a quand même pas mal d'occasion, on va dire, de se qualifier.
14:08Il y a quelques compétitions différentes.
14:10C'est ça.
14:11Après, sur les six, TQO, il faut en rester sur trois.
14:14Donc voilà.
14:15Et là, il faut réussir au moins une en 2027 et deux en 2028 ou l'inverse.
14:21D'accord.
14:21Donc il faut quand même être assez régulier.
14:24Ok.
14:24Sur la construction du circuit international ou en tout cas, du roi et de ce milieu-là,
14:29est-ce que vous êtes beaucoup à réussir à en vivre ?
14:31Comment ça fonctionne sur l'aspect financier, sur le trampoline à l'échelle internationale ?
14:37Alors, à l'international, je sais que je ne connais pas tous les pays.
14:39Mais les Chinois, c'est le top.
14:42Après, voilà, ils s'entraînent beaucoup.
14:43Mais je crois qu'ils sont plutôt bien, les Russes aussi.
14:46Mais la Russie aussi, je pense que c'est pas mal.
14:48Et après, les autres pays, je pense que ça fonctionne un peu comme nous.
14:51Après, voilà, nous, on a la chance...
14:54Moi, j'ai la chance d'être à l'armée des champions.
14:57Donc, ce qui me permet de vivre et de faire mon sport à côté.
14:59Et après, d'intervenir des fois à l'armée pour faire des stages,
15:05pour connaître les valeurs et tout de l'armée.
15:07Et après, il y a d'autres qui ont des contrats ANS, tout ça.
15:11Donc, on essaye...
15:11Et après, il y a nos clubs qui essayent de nous aider au mieux possible.
15:14Donc, on essaye de s'en sortir comme ça.
15:17Et après, sinon, il y en a d'autres qui faisaient les deux en même temps,
15:19qui travaillent et qui font le tremploi à côté.
15:21Ça a été le cas pour toi, à un moment donné ?
15:23Non, j'ai eu la chance.
15:24Voilà, j'ai intégré l'armée des champions en 2020.
15:27Donc, assez tôt.
15:28Et après, il y a mon club qui m'a aidée.
15:29Et après, il y a quand même la fédération qui nous soutient avec des aides personnalisées.
15:34Ça, c'est quand même hyper important de le dire aussi que pour les athlètes comme toi,
15:38les athlètes de très haut niveau dans leur sport,
15:40qui font des médailles quasiment à chaque championnat,
15:42ou en tout cas des très bonnes performances à chaque fois dans une compétition internationale,
15:45c'est extrêmement compliqué quand même d'en vivre décemment.
15:49C'est quand même assez dingue quand on y pense.
15:51Mais voilà, il y a eu pas mal de choses mises en place quand même avant les Jeux Olympiques 2024.
15:56T'as senti que depuis, pas que ça s'est un peu...
16:26C'est une pression qu'on a en plus.
16:28Ça, c'est sûr qu'on peut pas...
16:30On peut pas le nier.
16:31Ouais.
16:32Est-ce que toi, par exemple, tu cherches à avoir des sponsors ?
16:35Est-ce que t'es constamment, on va dire, dans la recherche ?
16:38Non, pas forcément.
16:38Non, pas du tout.
16:39J'avoue que je suis pas très réseau, tout ça.
16:41Même, je pense qu'il faudrait, malheureusement, pour...
16:43Bah, si on voudrait mieux vivre, mais c'est vrai que je suis tranquille,
16:47je fais mon sport, je vais pas me stresser avec les réseaux sociaux.
16:49Je suis quelqu'un de très stressé, donc je pense que c'est pas...
16:52Pour moi, pas pour l'instant.
16:54Ouais.
16:54On parlait de ta préparation avant des grandes compétitions.
16:56Ça sera le cas, on espère, pour toi, en 2028 à Los Angeles.
17:00Comment on se...
17:01Est-ce qu'il y a des préparations différentes ?
17:03Ou est-ce qu'on adapte son entraînement quand on est dans une semaine, on va dire, classique ?
17:06Ou alors, quand on est dans une semaine pré-grande compétition ?
17:10Est-ce qu'il y a des choses différentes ?
17:12Oui, oui.
17:12Après, ça dépend vraiment, comme tout sport, quand...
17:16Bah, le travail, on va pas faire, nous, ça s'appelle un enchaînement de compétitions,
17:19c'est un libre, on appelle ça.
17:20On va pas faire des libres toute l'année.
17:22Parce que, bon, bah, sinon, on va se lasser, ça va être compliqué.
17:25Même physiquement, ça nous prend...
17:26Donc, les libres, c'est vraiment là, dans cette période, je vais faire...
17:30C'est la période où je vais faire le plus de libres.
17:32Avant un mois des Champagnes du Monde, c'est là où on va, après...
17:36Après, bah, après, il y aura les moments d'entraînement,
17:38donc, à prendre des nouvelles figures pour changer peut-être son mouvement,
17:41pour améliorer, pour augmenter sa difficulté.
17:43Et ça, c'est un travail qu'on peut faire de janvier à mars,
17:47où on a moins de compétition, par exemple.
17:48Ouais, OK.
17:48C'est vraiment comme ça que la planif, après, c'est le code qui gère, mais...
17:52Donc, peut-être, on espère pour toi, en 2028, pour ces Jeux Olympiques.
17:57Justement, ton rapport à l'olympisme, c'est quoi tes premiers souvenirs de Jeux Olympiques
18:02au global ? Est-ce que c'est un souvenir devant la télé ?
18:04Est-ce que c'est un souvenir...
18:05C'est quoi ton premier frisson, on va dire, ton premier mouvement de Jeux Olympiques
18:08qui te revient en tête, ce que tu as vécu ?
18:10Il y en a un, j'étais dans la voiture, on a écouté RMC,
18:13et je partais dans mon premier stage national, à Rennes,
18:17et c'était la finale du Hand.
18:19OK.
18:20Du coup, on écoutait ça sur le chemin, donc ça, je m'en souviens, à Pékin,
18:22donc ça, c'était cool.
18:24Après, je suis une grande fan de gym, donc j'ai des souvenirs,
18:27on regardait tout le temps la gym avec ma soeur et tout, donc voilà.
18:30Et après, pour ma part, mes premiers Jeux Olympiques de la jeunesse,
18:34en 2014, où je retourne là, dans quelques semaines, à Nanking,
18:38donc voilà, c'était vraiment une belle expérience, le village,
18:41et en plus, il ne faut pas se mentir, quand c'est en Chine,
18:43c'est toujours super bien organisé, donc à Grandiose,
18:46même pour notre échelle, c'est trop bien, donc voilà.
18:49Oui, là, peut-être aussi, il y a un engouement supplémentaire là-bas,
18:54par rapport à ce que tu peux connaître en France, sur votre sport ?
18:58Oui, peut-être, après, comment ils organisent ?
19:00C'est tout le temps Grandiose, là, j'ai fait récemment,
19:02on a fait les Jeux Mondiaux la dernière,
19:04c'était trop bien, enfin, la cérémonie, elle était dingue,
19:06non, c'était top.
19:08Je pense, c'est vraiment, ils aiment le sport,
19:11ils aiment accueillir, et ils aiment que ça soit bien organisé, donc...
19:14Oui, c'est sûr, ça aide, c'est un bon mélange.
19:17Oui, c'est ça.
19:18Sur les Jeux, est-ce qu'il y a une perf,
19:20même récemment, un moment de Jeux Olympiques,
19:23où tu as dit, c'est incroyable, auquel tu as assisté,
19:26je ne sais pas, récemment, ou moins récemment,
19:29ou que tu as vu devant la télé, un moment olympique,
19:32je pense, je ne sais pas, par exemple, à Léon Marchand,
19:34qui a fait vibrer la France.
19:35Oui, Léon, ce que j'allais dire, après, c'est du...
19:36Oui, bah, Léon, on aimerait tous être Léon,
19:39on ne va pas se mentir.
19:41J'aimerais bien être Léon, et j'aimerais bien avoir autant de discipline,
19:43pour gagner autant de médailles.
19:45Parce que c'est vrai qu'il y a des sports,
19:46nous, on n'a qu'une discipline,
19:47donc on n'a qu'une chance de mettre deux médailles,
19:49et tu as des sports où ils en ont,
19:51ils peuvent avoir cinq chances de médailles,
19:52donc c'est sûr que j'aimerais bien ça.
19:54Après, nous, on a Simone, quand même.
19:56Moi, j'aimerais bien Rebecca Andrade,
19:58la brésilienne,
19:58donc je suis toujours impressionnée par ça.
20:03Oui, c'est sûr.
20:04Toi, à titre personnel,
20:05donc déjà deux Jeux olympiques,
20:06Tokyo en 2021,
20:08et donc Paris en 2024.
20:11Tu arrives, on espère pour toi, vers tes troisièmes.
20:13Qu'est-ce que tu as appris
20:15de ces deux premiers Jeux olympiques ?
20:19On rappelle, c'est les Jeux olympiques
20:20où tu n'as pas réussi pour l'instant à qualifier en finale.
20:23Est-ce que tu as à froid, bien à froid maintenant ?
20:26Est-ce que tu as retenu des choses
20:27de ces deux premiers Jeux olympiques ?
20:29Tokyo, c'est compliqué d'en parler
20:31parce que c'était Covid,
20:33il n'y avait personne dans la salle,
20:35j'étais prête,
20:37et je pense avec trop d'envie,
20:39je voulais trop bien faire,
20:41prendre un peu de risque
20:42parce que je voulais vraiment aller à l'an final,
20:44peut-être trop,
20:45et du coup, je tombe à mon premier passage,
20:46malheureusement,
20:47mais bon, je réussis le deuxième,
20:48et je pense que ça, ça m'a appris beaucoup,
20:50de quand même tomber et de réussir le deuxième,
20:52c'est quelque chose qui m'a marquée
20:54parce qu'il fallait que je reste concentrée,
20:56pas que je pleure avant,
20:58parce qu'en plus, je faisais une figure
20:59qui était très compliquée
20:59où j'étais la seule à le faire,
21:01donc j'étais vraiment très focalisée
21:02et j'étais très contente au final de l'avoir fait
21:04parce que ça m'a appris beaucoup.
21:06Après Paris,
21:07je suis un peu déçue de ne pas être en finale à la maison,
21:09mais c'était super,
21:11l'ambiance,
21:12enfin, j'ai eu du mal au premier passage
21:14parce que la salle était remplie,
21:15on créait mon nom, prénom,
21:16on n'a pas l'habitude en tant que trampoliniste
21:18d'avoir ça,
21:19donc c'était une salle de Bercy remplie,
21:21on ne connaissait pas trop,
21:22donc moi, toute seule sur mon petit trampoline,
21:24c'était assez impressionnant.
21:26Et après, le deuxième,
21:27je me sens bien,
21:28et je dis,
21:28bon, ben là, tu fais tout,
21:30et en fait, je fais une petite faute
21:31que je ne fais pas souvent,
21:32et je vais au bout,
21:33mais je sais que c'est raté dedans,
21:35je sais que c'est mort,
21:35mais...
21:36Est-ce que Paris,
21:37ça te laisse un regret,
21:39une sorte d'amertume ?
21:43Pas de regret,
21:44après, je peux toujours faire mieux,
21:46c'est là que ça me rend triste,
21:47c'est plus ça,
21:48le regret, non,
21:49c'est le trampol,
21:50on sait qu'une faute,
21:51ça arrive tellement vite en trampoline,
21:53et puis c'est un passage,
21:54et il faut que tu réussisses,
21:55donc non.
21:56Quand on arrive à Bercy,
21:59dans une salle pleine,
22:00qu'on crie ton nom,
22:01c'est ce que tu disais,
22:02c'est sûrement la première fois
22:03que ça t'arrivait ?
22:04C'est ça, la dernière, je pense.
22:06C'est...
22:07Là, il faut quand même
22:09être prêt, quand même.
22:10C'est ça,
22:10et le problème, je pense,
22:11on n'était pas prêts,
22:12parce qu'on n'a pas eu de répétition
22:14à Bercy pour nous crier notre prénom,
22:15on n'a pas eu de compétition
22:17où c'était plein comme ça.
22:18À Birmingham,
22:19les Chavales du Monde,
22:20il y a eu du monde,
22:20mais c'est pas chez nous,
22:21c'était pas autant d'ambiance.
22:23C'est vrai que ça m'a un peu...
22:25Oh, c'est vraiment pour toi,
22:27les gens sont là pour te voir,
22:28et tout,
22:28c'était un peu...
22:29Puis t'as toute ta famille,
22:31enfin...
22:31Oh, voilà,
22:32t'as pas envie de les décevoir,
22:32t'as pas envie de tomber,
22:33parce que bon,
22:34tout le monde va être triste,
22:35c'est pas de les décevoir,
22:35mais c'est plus,
22:36tout le monde sera triste pour toi,
22:37donc voilà,
22:39non, c'était vraiment top.
22:40C'était quand même un beau souvenir,
22:41même si je réussis pas.
22:43Après, tout le monde était là pour moi,
22:44toutes mes copines,
22:45tout ça,
22:45donc c'était top.
22:46Oui, tu retiens quand même...
22:47Ouais, c'était cool
22:48de voir tout le monde
22:48qui a réussi à venir,
22:50tout le monde était là,
22:51ils étaient ensemble.
22:53Est-ce que tu sens aussi
22:54le fait que ta carrière,
22:56tes performances
22:57sont aussi un moyen
22:58de rassembler les gens
22:59autour de toi
22:59et de créer aussi du lien,
23:01les amis, la famille,
23:03peut-être aussi ça crée
23:03un point de rendez-vous,
23:04peut-être aussi chez...
23:05Non, enfin, là,
23:06c'était les Jeux,
23:07parce que c'était en France.
23:08Après, c'est vrai que...
23:09Non, pas spécialement.
23:11Là, mes parents,
23:11ils essayent de venir,
23:13mais c'est un peu moins,
23:13enfin, je prends de l'âge, hein.
23:16Oui, c'est sûr,
23:17c'est un peu moins facile
23:17de traverser le globe
23:20pour aller devoir,
23:20ne serait-ce qu'en Chine,
23:21pour les championnats du monde.
23:23Comment ils font
23:23pour te suivre ?
23:24Est-ce qu'on peut...
23:25Le trampoline,
23:26c'est pas diffusé,
23:26on sait,
23:27sur les grandes chaînes
23:28en France ?
23:29Est-ce qu'il y a des...
23:29Oui, il y a des sites.
23:31Il y a des streams,
23:32il y a des sites.
23:33Après, il y a des plateformes
23:34maintenant qui essayent
23:35de diffuser au moins les finales
23:37et après, il y a les sites
23:38où il y a les live scores,
23:39au moins,
23:39pour nous suivre
23:39le score et tout.
23:41OK.
23:41Sur Paris, justement,
23:42je reviens juste dessus,
23:43tu disais,
23:43on n'était pas prêtes.
23:44Est-ce que...
23:45On n'était pas prêtes ?
23:46J'étais prête.
23:46Toi, tu étais...
23:47Ouais.
23:47Enfin, j'étais vraiment prête.
23:48Je réussissais,
23:49c'est mouvant tout ça.
23:50Après, c'est quand...
23:51On rentre et que Bercy fait
23:52du bruit comme ça,
23:53ça, on ne l'a pas vécu avant.
23:55Ouais.
23:55Mais sur ça, justement,
23:56est-ce qu'on vous a sensibilisé
23:58au fait que ça allait être différent ?
23:59On ne peut pas se préparer.
24:01En fait, on nous sensibilise,
24:01c'est sûr,
24:02on nous prépare,
24:02mais il faut le vivre.
24:04On peut te mettre du bruit
24:06dans la salle,
24:07ça fera pas pareil
24:07que quand c'est toi
24:08qui es sur le tramvau.
24:10Mais oui, oui,
24:10on a été sensibilisés,
24:11on a été préparés,
24:12mais quand c'est le jour J
24:14et que c'est réel,
24:17bah voilà, c'est différent.
24:18Ouais.
24:18Quatre ans après Paris,
24:19donc, il y aura peut-être
24:19Los Angeles.
24:20Comment tu abordes
24:21ces Jeux Olympiques ?
24:23On est à un peu moins
24:25de deux ans maintenant.
24:26Dans quel état d'esprit
24:27tu es vis-à-vis
24:28de cette échéance-là ?
24:29Plutôt tranquille.
24:30Je n'essaye pas trop d'y penser
24:31parce que vraiment,
24:32c'est étape par étape.
24:33Déjà, on va réussir.
24:34Déjà, on va faire
24:34les deux premières coupes du monde
24:35et on verra.
24:36Je suis plutôt dans ce type-là
24:38de ne pas trop en parler.
24:40On verra ce qui se passe.
24:41Si je l'ai fait, tant mieux.
24:42Sinon, bon, bah...
24:43Voilà, je n'essaye pas trop
24:44de me mettre de pression
24:46parce que ce n'est pas
24:46des choses qui marchent avec moi.
24:48Même pour Tokyo, Paris,
24:49je n'y pensais pas avant
24:51que ce soit le moment, quoi.
24:53Oui, tu as quelle approche
24:54justement de la compétition ?
24:55Est-ce que, par exemple,
24:57la veille, tu as du mal à dormir ?
24:58Est-ce qu'au contraire,
24:59tu es une ultra détendue
25:01qui sourit avant la compétition ?
25:02Comment ?
25:02C'est quoi ton approche, toi,
25:04de la compétition, du stress ?
25:05Je suis stressée.
25:06Je suis une personne
25:08assez stressée.
25:08Après, oui, je vais mal dormir
25:09la veille et tout.
25:11Ça va plutôt.
25:12Mais après, le jour même,
25:13je suis plutôt quelqu'un
25:13qui va parler.
25:14Je n'aime pas être enfermée,
25:16stressée.
25:17J'aime bien discuter,
25:18être normale, être moi.
25:19Mais voilà, je vais avoir...
25:20Ça dépend combien je passe
25:22dans l'ordre de passage.
25:23Mais des fois, ma musique,
25:23parce que si c'est long,
25:24c'est ce que je disais.
25:26On en a parlé en plus
25:27la semaine dernière.
25:28Quand c'est le deuxième jour
25:29de compétition que tu es stressée,
25:30tu as déjà tout vu
25:31avec tes entraîneurs
25:31de quoi tu peux parler.
25:33À un moment donné,
25:33mets ta musique
25:34parce que tu n'as plus rien
25:35à dire.
25:36On peut parler de ça.
25:37Mais oui, je suis plutôt
25:38tranquille.
25:39Je vais être stressée,
25:39mais j'aime bien parler
25:41évacuer un peu le stress.
25:42Est-ce que tu sens
25:44qu'il y a une sorte
25:45d'adrénaline,
25:46on va dire collectivement,
25:47ou alors chacune
25:47est un peu dans sa bulle ?
25:49Après, là, ça a changé
25:50parce que maintenant,
25:52depuis 4, 2021,
25:54on n'est plus en...
25:54Avant les Chambres du Monde,
25:55par exemple,
25:56on était toutes les filles
25:56pour un match équipe,
25:57toutes ensemble.
25:58Là, ça a changé.
25:59Il y a toujours les match équipe,
26:00mais on va passer
26:00par des groupes différents,
26:01tout ça.
26:02Mais du coup, oui,
26:03on a chacun...
26:04C'est là où il faut apprendre,
26:05même en synchro.
26:07Chacun gère
26:08sa stress différemment.
26:09Il y en a qui sont
26:10dans leur bulle,
26:10il y en a qui aiment bien parler.
26:12Donc ça, c'est des trucs
26:13à gérer, à apprendre.
26:15De ne pas déranger
26:16les autres aussi,
26:16c'est très important.
26:18Pour Los Angeles 2028,
26:19tu disais,
26:19j'essaye de ne pas trop
26:20y penser,
26:21donc au quotidien,
26:22ce n'est pas quelque chose
26:22qu'on ne vous en parle pas
26:23dans le groupe d'entraînement
26:25et tout ça ?
26:26Non, déjà,
26:27on va faire les Chambres du Monde.
26:28Déjà, la première étape,
26:29c'est ça,
26:29et après,
26:30non, c'est vraiment
26:31une étape par étape.
26:32Là, on commence déjà à voir
26:33qui va faire les Chambres du Monde,
26:34qui vont être qualificatifs
26:35aux Jeux,
26:36puis voilà.
26:37Oui, d'accord.
26:37On ne va pas parler des Jeux,
26:40maintenant.
26:40Oui, parce qu'il y a
26:42certains sportifs
26:42qui se disent
26:43que c'est un peu
26:45leur destination,
26:46on va dire,
26:46dans leur projet,
26:47dans leur construction.
26:48On l'a tous
26:48dans un coin de la tête,
26:49mais on essaie quand même
26:51de ne pas y penser
26:53quotidiennement.
26:53Toi, c'est quoi ton objectif ?
26:56Est-ce que tu as...
26:57C'est loin, bien sûr,
26:58mais on y pense forcément.
27:00Peut-être qu'il n'en reste pas...
27:01Je te le souhaite,
27:01peut-être qu'il ne te reste pas
27:0210 Jeux Olympiques à faire.
27:03Non, ça, c'est sûr.
27:05Je peux l'annoncer.
27:06Ça ne sera pas un scoop.
27:08Est-ce que tu as un objectif ?
27:09C'est très loin, bien sûr,
27:10mais est-ce que tu as un objectif
27:11après déjà avoir participé
27:12à deux Jeux Olympiques ?
27:13Tu vas faire le troisième
27:15et après la finale,
27:16toujours, je l'attends.
27:18Oui, OK.
27:18C'est de rentrer en finale.
27:20Oui, ça serait cool.
27:21OK.
27:21Le fait que ce soit
27:22Los Angeles,
27:23les Etats-Unis,
27:24Los Angeles,
27:24est-ce que ça te...
27:26Ça t'inspire quoi ?
27:28Moi, je ne suis pas compliquée.
27:29Non, ça va être cool.
27:30Les Etats-Unis,
27:30je pense que ça sera
27:31quand même bien organisé.
27:32Les Etats-Unis,
27:33c'est toujours grandiose aussi.
27:34Donc, je n'ai pas de problème
27:37là-dessus.
27:37Je pense que ça va être cool aussi.
27:39Donc là, on est à mi-Olympiade,
27:40mais dans tes temps de passage,
27:41on va dire dans ton...
27:42Là, tu disais qu'en ce moment,
27:43tu avais un peu plus de difficultés.
27:45Oui, un peu plus dur, oui.
27:46Voilà.
27:47On verra les chandelles du monde.
27:48Je prends vraiment étape par étape.
27:50C'est aussi le quotidien,
27:53on va dire une année d'un sportif.
27:54Des fois, il y a des moments bien,
27:55des fois, il y a des moments moins bien.
27:57Il y a parfois aussi,
27:58il y a des blessures.
27:59C'est la vie de l'un sportif.
28:01Donc, il faut faire avec.
28:04Oui, c'est sûr.
28:05Sur justement la santé mentale,
28:07on en parlait tout à l'heure,
28:08sur le bien-être au quotidien.
28:11Toi, la notion de plaisir
28:12dans l'entraînement,
28:13dans la compétition aussi,
28:15à quel point c'est présent chez toi ?
28:19Ça dépend des périodes.
28:21Là, c'est un peu compliqué
28:21d'en parler.
28:22Je prends un peu moins de plaisir
28:23ces temps-ci,
28:24mais oui, sinon,
28:25j'ai toujours aimé m'entraîner.
28:26J'ai quelqu'un qui...
28:27J'aime l'entraînement.
28:29J'aime l'entraînement
28:30et j'aime faire la compétition aussi.
28:31Donc, ça, c'est cool.
28:32Après, entre en pot,
28:33prendre plaisir
28:33à un jour de compétition,
28:35c'est très dur.
28:36On n'aime pas trop, nous,
28:37cette expression
28:37« Fais-toi plaisir »
28:38parce que ça ne marche pas.
28:39Parce qu'on a peur.
28:41En vrai,
28:41après, maintenant,
28:42les qualifications,
28:42elles ont changé
28:43parce qu'on a le droit
28:44à deux passages
28:45et le meilleur compte.
28:46Donc, on peut tomber sur un.
28:49Mais après,
28:49en demi-finale et tout,
28:50c'est one shot.
28:52Si tu fais une touche,
28:53tu fais une touche
28:53et c'est fini pour toi.
28:54Donc, on est un sport
28:55assez dur là-dessus.
28:57On n'a pas le droit.
28:58En poudre,
28:58tu peux tomber
28:59et remonter sur ta poudre.
29:00Nous, c'est fini.
29:00Tu ne remontes pas sur le trampeau.
29:02Tu t'arrêtes.
29:03Donc, c'est une gestion du stress
29:05qui est très dure.
29:07On a vraiment...
29:08C'est une des choses
29:09les plus importantes en compétition.
29:10Donc, ça nous prend beaucoup de...
29:12Beaucoup.
29:13Et du coup,
29:14c'est une grosse gestion à faire.
29:16Et après,
29:16c'est ça qu'on aime aussi,
29:17de se faire stresser comme ça.
29:19Mais bon,
29:20c'est vrai qu'on ne prend pas plaisir
29:21sur le moment même.
29:22Après,
29:22quand on réussit
29:23et qu'on est content du moment,
29:24c'est là où on fait bon.
29:25C'est cool, en fait.
29:26Mais dans l'approche,
29:27tu te dis
29:27qu'il n'y a pas cette excitation...
29:29Enfin,
29:30il n'y a pas ce...
29:31Tu ne dis pas
29:31je vais prendre du plaisir.
29:33Quand je suis au final.
29:34Mais il faut faire
29:35plein de choses avant.
29:36Mais en finale,
29:37oui,
29:37on a réussi à être là.
29:38On est content
29:39d'avoir fait
29:40tout le chemin.
29:40C'est-à-dire
29:41qu'on a bien sauté
29:41depuis trop de jours.
29:43Et là,
29:43on est content.
29:45Les qualifs,
29:45c'est déjà assez dur,
29:46les qualifs.
29:47Parce que bon,
29:48si tu rates,
29:49tout s'arrête là.
29:50Donc les qualifs,
29:50ce n'est jamais un bon moment.
29:52Mais après,
29:53plus tu avances dans un compét,
29:54plus tu te dis
29:54bon,
29:55c'est cool,
29:55là,
29:55j'ai passé une étape.
29:56Là,
29:57Et là,
29:57tu commences à prendre du plaisir
29:58de plus en plus.
29:59Parce que c'est ça,
30:00c'est ce que tu dis,
30:00c'est sur plusieurs jours en plus.
30:01Donc nerveusement,
30:02c'est...
30:03Ouais,
30:03c'est dur.
30:04Le dernier jour,
30:04t'es fatigué.
30:11un passage,
30:12plus deux.
30:13Donc tu te dis,
30:14là,
30:14il faut que tu réussisses celui-là.
30:15Sinon,
30:16t'as compris,
30:16ça arrête.
30:17Là,
30:17il faut que tu réussisses celui-là.
30:18Parce qu'on a plusieurs concours.
30:20On a le synchro,
30:20l'équipe,
30:21tout ça.
30:23Sur la notion de plaisir,
30:25à l'entraînement,
30:25où il y a peut-être
30:26un peu moins de stress,
30:28est-ce que tu en prends plus ?
30:30Est-ce que tu...
30:31Ça dépend des périodes.
30:33C'est ce que je disais,
30:33mais tu prends des fois
30:34plus ou moins plaisir
30:34à l'entraînement.
30:35Mais dans l'entraînement pur,
30:36dans la répétition aussi peut-être,
30:37est-ce que tu arrives
30:38à prendre du plaisir ?
30:39Oui,
30:39quand on fait des passages
30:40qu'on aimerait réaliser
30:41en compétition,
30:42où on prend tous nos appuis
30:43parce qu'on n'est pas stressé,
30:44comme tu dis,
30:45c'est trop bien.
30:46C'est là où tu te dis,
30:47là, c'est cool.
30:48Et encore plus,
30:49quand tu vas le faire en compétition,
30:50t'as tout gagné.
30:52Quand tu prends vraiment
30:52tous tes passages
30:53et que tu es...
30:54que tout est aligné,
30:55que tu es propre,
30:56que tu es haut,
30:57que tu ne bouges pas,
30:57c'est trop bien.
30:58C'est ça qu'on essaie
30:59de rechercher
31:00tous les trampolinistes
31:01en compétition
31:02et qu'on n'arrive pas
31:07qu'il est en train
31:08de réaliser sa compète.
31:10Pendant son saut,
31:11pendant sa course,
31:12est-ce qu'il a conscience
31:13que là,
31:14il est dans les bons temps
31:15de passage,
31:15que techniquement,
31:16c'est propre ?
31:17Oui, nous, complètement.
31:19Parce que nous,
31:20si on ne se sent pas très bien,
31:21si on est proche du tapis,
31:21on a le droit
31:22de modifier de figure.
31:24Donc, on a beaucoup
31:24de réflexes là-dessus.
31:26On sait que si tu fais
31:27ton enchaînement
31:28avec les bonnes figures,
31:30il est plutôt bien
31:31et que tu es dans
31:31les bons appuis
31:32et que ça se passe
31:33plutôt bien.
31:33Et quand tu t'approches
31:36du tapis,
31:37que tu as ça,
31:37que tu modifies,
31:38là, tu te dis,
31:38bon, c'est un peu compliqué,
31:40là.
31:41Là, il faut s'en sortir
31:42et il faut aller au bout
31:43parce que ça reste dit tout.
31:44Je fais ça important
31:45dans une compétition
31:46parce que tout le monde
31:46peut être un peu comme ça.
31:48Du coup, il faut quand même
31:48finir son enchaînement,
31:49mais tu peux un peu galérer
31:51plus que d'autres.
31:52Oui, mais oui,
31:53pendant ton enchaînement,
31:53en fait, à l'intérieur,
31:54tu dois te dire,
31:54merde, genre, là, c'est mort.
31:56Mon passage, il est mort.
31:57Oui, des fois,
31:58tu peux te le dire.
31:59Après, il ne faut pas.
32:01Nos entraîneurs,
32:01ils sont là.
32:02Tu ne te dis pas ça,
32:03mais oui, forcément,
32:04il y a des fois
32:05où quand tu rates,
32:06tu rates.
32:07Mais oui, le but,
32:08c'est quand même
32:08de finir,
32:09de faire des touches
32:10et même si on rate une
32:11et qu'on modifie,
32:12en fait, tu peux avoir
32:13une belle surprise
32:13quand tu fais une belle fin
32:14quand même,
32:15tu peux avoir une bonne note.
32:16Donc, il faut faire attention.
32:17Il ne faut pas non plus
32:18se prendre trop la tête
32:19si tu rates une figure.
32:21Oui.
32:21Sur la notion de peur,
32:23tu en parlais,
32:24je trouve le mot fort quand même
32:25sur un sport que tu fais,
32:27sur une passion,
32:28sur un plaisir,
32:29c'est vraiment,
32:30tu ressens parfois
32:30de la peur ?
32:31Oui, on fait de l'acrobatie
32:33quand même.
32:34On est haut,
32:36on va haut,
32:36on a un vide,
32:39on peut tomber.
32:40C'est ça qui me fait
32:41un peu peur ces temps-ci.
32:42OK.
32:43Et est-ce que ces temps-ci,
32:44tu te dis ?
32:45Oui, c'est une petite période.
32:47OK.
32:48Est-ce qu'on peut travailler
32:49sur ça ?
32:50Est-ce que tu peux accompagner ?
32:51Oui, aussi, prépa mentale,
32:52je fais pas mal de trucs là.
32:53D'accord.
32:54OK.
32:54Et sur quoi, par exemple,
32:56on appuie pour essayer
32:57de surpasser,
33:00de l'enlever ?
33:00C'est assez complexe quand même.
33:02Oui, je te disais
33:03comment ça ira mieux.
33:05Mais oui,
33:05là, je repasse,
33:06je passe au-dessus
33:07et on essaie.
33:09Et peut-être,
33:09j'aurai un des clics
33:10un peu plus tard.
33:11Après, il ne faut pas
33:11que je me précipite
33:12moi non plus.
33:12Je pense que je suis un peu
33:13trop, je veux trop vite
33:15que ça soit bon.
33:16C'est ça aussi,
33:17un peu nos défauts
33:17de sportifs de haut niveau,
33:18que tout doit être vite,
33:19très rapide
33:20et qu'au final,
33:21ça met du temps
33:21comme une blessure.
33:22C'est un peu une blessure.
33:23Peut-être que tu vas mettre
33:24comme un croisé,
33:25un an à t'en remettre
33:26et il faut l'accepter.
33:27Et c'est plus l'acceptation
33:28qui est dure.
33:29Et puis sortir aussi
33:30de cette période,
33:31c'est extrêmement compliqué.
33:33Le fait peut-être
33:33d'être en groupe aussi
33:34au moment de l'entraînement,
33:36ça peut être...
33:36Voilà, c'est pour ça
33:37que je m'entraîne le matin,
33:38je suis toute seule.
33:39Donc on gère,
33:41on essaye de gérer au mieux
33:42tous ces petits trucs.
33:43Sur les acrobaties,
33:45franchement,
33:45je vous invite,
33:46vous,
33:47tous ceux qui nous écoutez
33:48ou nous regardez
33:48à aller voir,
33:49même sur ton Insta,
33:50tu as mis des vidéos
33:52de sauts et tout ça,
33:53c'est ultra impressionnant.
33:55Jusqu'à quelle hauteur
33:55tu peux monter,
33:56par exemple ?
33:57Nous, je pense,
33:57les filles,
33:58on est à 5 mètres,
33:595-6 et les garçons
34:00sont plus hauts.
34:02Ouais, les gars,
34:03ils vont à 8 mètres,
34:049.
34:05On a vraiment là,
34:06en plus,
34:06le trampoline,
34:07il y a des extraterrestres
34:09qui arrivent.
34:10Non, ils sont impressionnants.
34:11Ouais,
34:12c'est ce que j'allais te dire.
34:12Est-ce que, par exemple,
34:13comme, je ne sais pas,
34:13me vient en tête
34:14le soin à perche,
34:15est-ce qu'il y a quelqu'un
34:16qui peut prendre les limites
34:17mais les repousser constamment ?
34:19Ivan, le Belarus,
34:21il est double champion olympique,
34:23il a mis le trampol
34:23à une hauteur incroyable.
34:28Vraiment,
34:29il a tout.
34:29En fait,
34:30c'est qu'il va très, très haut.
34:31Donc, c'est impressionnant.
34:32Après, là,
34:33les Chinois,
34:33ils le rattrapent bien.
34:34Il y a un Portugais
34:35qui est très, très bon aussi.
34:37Non, mais il y a une belle bataille.
34:38Ça commence à...
34:39Il y a beaucoup de gars,
34:39quand même,
34:40qui montent.
34:40Mais voilà,
34:41Ivan,
34:41ça reste quand même impressionnant
34:43niveau hauteur.
34:45Ouais.
34:45Sur la création d'un enchaînement,
34:47est-ce que toi,
34:47tu as le même
34:48depuis 15 ans
34:49ou est-ce que tu...
34:50Ouais, j'ai le même quand même.
34:50J'ai la base de mon libre
34:52depuis au moins de 10 ans maintenant.
34:54Et après,
34:55j'ai échangé quelques années.
34:56Par exemple,
34:56comme je t'ai dit,
34:57avant les Jeux,
34:58j'avais rajouté une figure
34:59de difficulté
35:00que j'ai enlevée après
35:01parce que j'en avais plus besoin.
35:02Mais maintenant,
35:03il faudrait que je la remette.
35:03Mais elle est un peu plus dure
35:05physiquement.
35:06Mais voilà,
35:06il y a en fait,
35:07après,
35:07tu as le règlement
35:07qui a changé aussi.
35:08Après 2024,
35:10la figue,
35:11elle a décidé
35:13de bonifier
35:13les triples rotations.
35:15Donc, pour les filles,
35:15au bout de 3,
35:16tu as un bonus
35:16de 3 dixièmes
35:17et pour les gars,
35:20j'ai qu'il y a beaucoup
35:21de figures qui arrivent
35:22et qu'il y a maintenant
35:23plein de triples.
35:25Donc, c'est grâce
35:26à la figue
35:30qui améliore tout ça.
35:31La Fédération internationale
35:32incite à...
35:33Oui, ça, incite à ça.
35:34Est-ce que ça soit spectaculaire ?
35:36Oui, voilà, c'est ça.
35:37OK.
35:38Sur cet aspect,
35:39justement,
35:41spectacle,
35:41toi,
35:42tu prends du...
35:43Ouais,
35:43tu arrives à prendre
35:44quand même du plaisir
35:46sur des enchaînements
35:47ou est-ce que le fait aussi
35:49de...
35:49Est-ce que tu peux te dire
35:50pour sortir,
35:51par exemple,
35:51de la période
35:52dans laquelle tu es,
35:53d'avoir un nouvel enchaînement
35:54ou d'avoir quelque chose
35:55de différent ?
35:55Est-ce que ça peut être
35:56une porte de sortie ?
35:57Non, c'est bien
35:58de se reconcentrer
35:59sur ses bases
36:00et de savoir...
36:00de rester sur ce qu'on sait faire.
36:02Comme ça,
36:02c'est quelque chose de sûr.
36:04Après, ouais,
36:05je travaillais avant,
36:06je travaillais des tripes arrière,
36:08enfin,
36:08des nouvelles figures
36:08qui me faisaient plaisir
36:09et qui me motivaient
36:10et que ça m'amusait.
36:12Donc, voilà,
36:13ça, c'est plutôt cool.
36:14Après, voilà,
36:14c'est une petite période.
36:16Je dis peut-être
36:16dans 3 mois,
36:17je reviendrai
36:18et je referai tout.
36:20Quelque chose,
36:20je me pose la question
36:21aussi souvent
36:22avec les sportifs,
36:22c'est est-ce qu'ils arrivent
36:23à le pratiquer
36:25simplement pour le plaisir
36:26avec les copains
36:27ou avec la famille ?
36:28Est-ce que toi,
36:29par exemple,
36:30tu peux faire du trampoline
36:31dans le trampoline
36:32chez tes parents
36:32juste pour le plaisir,
36:33vraiment juste sauter
36:34un petit peu ?
36:35Oui, après,
36:35ça ne sera pas du trampoline
36:36pour moi du coup.
36:37Non, bien sûr, bien sûr.
36:38Pour toi, c'est juste des petits.
36:38C'est pas du trampoline,
36:39c'est du saut.
36:39Oui, je peux m'amuser là-dessus
36:40mais c'est pas du trampoline.
36:41Ouais, ok.
36:42On ne peut pas faire
36:43sur le trampoline du jardin,
36:45on ne peut pas faire du trampoline.
36:46Oui, oui, c'est ça.
36:46C'est impossible.
36:47Même dans les trampoparks
36:48et tout,
36:49c'est pas la même sensation,
36:51c'est pas la même toile,
36:52ça va vraiment moins haut.
36:53Oui, pour la personne lambda
36:55déjà sauter sur un trampoline park,
36:56c'est déjà incroyable
36:57mais pour toi, bon tu veux.
36:59Sur l'aspect mental,
36:59est-ce que la présence
37:02d'un préparateur mental
37:03ou de se faire accompagner
37:04de ce côté-là,
37:05soit par un psy et tout ça,
37:06c'est récurrent dans le milieu
37:07ou est-ce que chacun,
37:09est-ce que par exemple
37:10l'INSEP peut vous accompagner là-dessus
37:11ou comment ça se passe ?
37:12Oui, totalement.
37:13L'INSEP,
37:13on a des psy préparateur mental
37:15à disposition
37:15et après,
37:16c'est vraiment individualisé.
37:18Chaque athlète sait
37:19ce qu'il a besoin
37:19et en plus avec l'expérience,
37:22il sait ce qu'il a besoin
37:23et on est entouré
37:24et la fédération aussi
37:26peut nous mettre en place
37:27un suivi.
37:28On parlait de ta carrière
37:29tout à l'heure,
37:30c'est quoi la meilleure décision
37:31que tu aies prise
37:32dans ta carrière
37:33ou même dans ta vie globalement ?
37:34Est-ce qu'il y a une décision
37:34où tu t'es dit
37:35celle-là, j'ai bien fait ?
37:36Non, pas spécialement.
37:37Je suis contente
37:38de tout ce que j'ai fait
37:39parce que toutes mes expériences
37:41où je suis passée
37:42ont été bonnes.
37:43J'étais contente
37:44d'être à Rennes
37:44et j'étais contente
37:46de partir.
37:46Je pense que c'était
37:46le bon moment.
37:47Pareil pour Antib,
37:48j'ai fini les Jeux.
37:49J'ai raté les Jeux.
37:50C'est un peu
37:51une période compliquée.
37:52Mais j'ai rejoint Alan,
37:53mon copain,
37:54parce que j'avais envie
37:55de vivre à deux
37:56et qu'il fallait changer.
37:58Du coup,
37:58on est venu à l'INSEP.
38:00L'INSEP,
38:00c'est cool.
38:00J'aime bien.
38:01Je vis des belles expériences.
38:03J'aime bien la vie à Paris.
38:04Je suis contente
38:05à peu près
38:05de toutes mes expériences.
38:07Ton conjoint,
38:08il est dans le sport ?
38:09Oui, je suis en pot.
38:10Ok, ça marche.
38:11Quand vous rentrez,
38:12est-ce que vous arrivez
38:13à faire la différence
38:14quand on passe
38:15le pas de la porte ?
38:16Oui, ça va.
38:17Ça dépend des périodes
38:18pareilles comme tout.
38:19Mais oui,
38:20on s'entraîne ensemble
38:21le matin,
38:22l'après.
38:23Les choses passent
38:24plutôt bien.
38:25Sur la suite de ta carrière,
38:26est-ce que tu as
38:27un objectif,
38:27quelque chose
38:28que tu aimerais faire
38:29d'ici à la fin
38:30de ta carrière ?
38:30Est-ce que tu as
38:31quelque chose
38:31que tu vises
38:32en particulier
38:33ou alors pour l'instant
38:34tu continues
38:35à mener
38:36ta carrière ?
38:38Non, pas spécialement.
38:41Non, pas spécialement.
38:42Je pense que je suis contente
38:43de tout ce que j'ai réalisé.
38:45J'ai réussi à faire
38:46toutes les compétitions
38:47que je voulais.
38:47Ça, c'était un de mes objectifs
38:49les derniers Jeux mondiaux
38:50à réaliser
38:51parce qu'il me manquait
38:51cette compétition.
38:52Donc, c'était important
38:53pour que je la fasse
38:54et que j'avais vraiment
38:55misé là-dessus.
38:57Et après, là,
38:58non, de me faire plaisir,
38:59de reprendre plaisir
39:00et essayer d'aller gratter
39:01toutes les médailles
39:02que je peux.
39:03Et voilà.
39:04Toi, sur la gestion
39:05de ta carrière,
39:06est-ce que tu as eu
39:06un double projet
39:07à un moment donné
39:07avec continuer
39:09de parallèle des études ?
39:11Oui, j'ai essayé.
39:11Je n'ai pas été brillante
39:12là-dedans.
39:14Mais voilà,
39:15je vais essayer.
39:16Plus tard,
39:17j'essaierai de passer
39:18le concours
39:18du professeur de sport.
39:19OK.
39:19D'accord.
39:20Pour rester quand même
39:21dans le univers du sport.
39:22Oui, j'aime bien.
39:23OK.
39:23Parce qu'une carrière
39:24en trampoline,
39:25ça peut aller jusqu'à où ?
39:27Est-ce que le corps
39:28à un moment donné
39:28met une limite ?
39:29Oui, ça sera le corps
39:30qui décidera
39:30ou la tête.
39:32Peut-être plus la tête
39:33pour moi.
39:34Mais non,
39:34après, il n'y a pas de limite.
39:35Là, il y a
39:36Bryony Page,
39:37la championne olympique,
39:38elle a 35 ou 34.
39:41Non, il y a des anciens
39:41quand même
39:42qui continuent.
39:43donc ça se décale
39:45quand même.
39:47Oui, il y a quand même
39:48moyen de faire
39:48une longue carrière.
39:49Après, j'ai 29 ans
39:50donc je suis déjà bien.
39:53Je suis plus sur la fin
39:54quand même.
39:55On parlait de la meilleure
39:56décision que tu es prise.
39:57Est-ce qu'il y a quelqu'un
39:57qui t'a donné un conseil
39:58un jour ou qui t'a donné
40:00un petit,
40:00pas une leçon
40:01mais un petit tips
40:03pour t'aider
40:04dans la gestion
40:05de ta carrière ?
40:06Sûrement,
40:06mais je ne m'en souviens
40:07pas spécialement.
40:09Oui, j'ai toujours
40:10été bien entourée.
40:11Donc ça, c'est une chance
40:12que j'ai eue.
40:12Je pense que je n'ai jamais
40:13eu des gens
40:14qui ont voulu.
40:15J'ai toujours été bien
40:16entourée à l'entraînement
40:17tout ça.
40:17Donc ça, c'est cool.
40:19Ça, je pense que
40:20c'est important
40:22en tant que sportif.
40:25Ok, super.
40:26Merci beaucoup, Léa.
40:27Avec plaisir.
40:27Merci pour cet échange.
40:28C'était très enrichissant.
40:30J'ai découvert un monde,
40:31un sport que je ne connaissais
40:32pas du tout grâce à toi.
40:34Donc au plaisir peut-être
40:35de se voir sur un trampoline.
40:37Plus tard, avec plaisir.
40:39Bon courage, bonne chance
40:40pour les championnats du monde.
40:42Dans quelques jours,
40:43dans quelques semaines
40:43au moment où on enregistre
40:44ce podcast.
40:45Et puis on espère te recroiser
40:46sur la route de Los Angeles
40:47peut-être.
40:47Avec plaisir.
40:48Voilà, pour échanger à nouveau.
40:50Merci, Léa.
40:50Merci, Fabrice Aradis
40:51qui est à la réalisation
40:52de ce podcast.
40:54Toujours précieux, bien sûr,
40:55dans son accompagnement technique
40:57notamment.
40:58Merci à toutes et à tous
40:59de nous avoir écoutés
41:00ou regardés.
41:01Merci au Marie,
41:02vous le voyez derrière nous,
41:03qui nous accueille ici
41:05à Vincennes
41:05pour son aide
41:06et son aide précieuse,
41:08bien sûr,
41:08pour l'enregistrement
41:08de ce podcast.
41:09On se donne rendez-vous
41:10très bientôt
41:10pour un nouvel épisode
41:12sur la route de Los Angeles.
41:14Merci, Léa.
41:14Merci beaucoup.
41:15Et à la prochaine.
41:15Salut.