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  • il y a 2 mois
Cramponnée à sa réforme des retraites à 60 ans, tout en voulant donner des gages sur le désendettement de l'Etat, Marine Le Pen évolue sur un fil pour asseoir sa crédibilité auprès des décideurs économiques sans renier ses "choix de société". Regardez l'analyse de Louis Alliot, maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement national.
Regardez L'invité de RTL Soir avec Vincent Parizot du 28 août 2026.

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Transcription
00:00Vincent Parizeau, c'est RTL Soir.
00:05Et l'invité d'RTL Soir est le maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement National.
00:09Bonsoir Louis Elio.
00:11Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous.
00:13Pour décrypter ce qui ressemble quand même un peu à un tournant de la rigueur annoncé par votre candidate hier
00:18face au patron du MEDEF,
00:20j'en profite pour préciser, pour que les choses soient bien claires, c'est important dans le contexte notamment du
00:25départ du conseiller spécial libéral de Jordan Bardella,
00:28que vous êtes un proche de Marine Le Pen, qui a donc promis 125 milliards d'euros d'économie sur
00:34les dépenses publiques hier.
00:35C'est très ambitieux.
00:36C'est un engagement qui n'avait jamais été annoncé jusqu'ici.
00:39Plan d'économie qui doit être présenté fin septembre.
00:42On peut avoir des détails parce que 125 milliards sur les dépenses publiques, c'est beaucoup.
00:48Ce serait à quelle échéance ?
00:50Écoutez, tout est prévu pour le présenter à la presse et à l'opinion au moment du débat budgétaire à
00:56l'Assemblée.
00:57Pour l'instant, on ne peut pas donner, moi je ne peux pas vous donner de détails particulièrement.
01:00Mais vous savez, des sources d'économie sur les budgets de l'État, concernant les agences, le coût de l
01:09'immigration et un certain nombre d'autres mesures,
01:13ce ne sera quand même pas très difficile à aller chercher.
01:16Mais les agences et le coût de l'immigration, allez...
01:20Je ne vous ai donné que deux exemples, c'est tout.
01:23Oui, oui, parce que 125 milliards d'euros, c'est une somme énorme, M. Alliot.
01:38Oui, bien sûr, c'est une somme énorme, mais le déficit est énorme.
01:41Et si on ne résolve pas ce déficit, eh bien tout le monde se rend en difficulté.
01:46Concernant les collectivités territoriales, moi je suis bien placé pour le savoir.
01:49Je peux vous dire qu'on fait des économies permanentes et on serre les boulons de toutes parts,
01:54parce que l'on voit bien que les budgets sont de plus en plus contraints,
01:57et qu'on est obligé de limiter la dépense publique, mais aussi l'emploi.
02:01Et dans tous les cas de figure, la fonction publique en tant que telle devra se réduire
02:08dans un certain nombre de collectivités, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça.
02:11Mais en même temps, si je vous pose cette question, c'est que cet engagement suscite quelques doutes.
02:17On se demande comment vous allez pouvoir, en même temps, financer vos réformes, vos promesses.
02:21Le pouvoir d'achat, on le rappelle, la sécurité, les retraites,
02:24puisque le programme c'est 62 ans, mais 60 ans pour ceux qui ont commencé avant 20 ans.
02:31Ce qui coûterait, en tout cas, là encore, quelques milliards.
02:36Vous allez pouvoir arriver à tout faire en même temps ?
02:38La rigueur et vos promesses ?
02:41Présentons les économies d'abord.
02:44Libérons un certain nombre de carcans administratifs sur les entreprises et sur l'économie en général.
02:52Et quand le cercle vertueux de l'économie commencera à se faire jour,
02:57on s'apercevra que le déficit budgétaire se résorbera petit à petit,
03:04que les retraites ne seront plus impactées autant qu'elles le sont aujourd'hui,
03:10que l'emploi, évidemment, a un impact majeur sur les réformes en cours,
03:16et que c'est par la multiplication de l'emploi qu'on arrivera à résorber une partie de la dette.
03:22Bref, il faut remettre l'économie à l'endroit, mais aussi il faut libérer les énergies.
03:27Et c'est ce, je pense, que Marine a proposé hier devant les chefs d'entreprise.
03:32J'ajoute que la réindustrialisation du pays devra être une priorité.
03:37Et je peux vous dire que ce qu'elle a proposé,
03:39notamment par le fait que tout projet industriel qui s'implante dans les territoires
03:45pourra le faire sans considération de ce que l'on appelle le ZAN,
03:50c'est-à-dire le gel du foncier pour des considérations, paraît-il, environnementales,
03:56eh bien c'est de nature à rassurer les chefs d'entreprise et à relancer l'économie.
04:01Alors rassurer, on va y venir, mais on est bien d'accord que ce n'est pas ça
04:03qui va amener des économies, enfin 125 milliards sur les dépenses publiques.
04:10Écoutez, ça peut aller vite, je veux dire,
04:13quand on voit le nombre d'agences, les budgets qui sont alloués
04:18et qui, très honnêtement, ne fournissent pas des rapports
04:22que l'on pourrait en tout cas en attendre, je pense que ça pourrait aller très vite.
04:26En tout cas, on aura le détail fin septembre, ça c'est sûr, c'est promis.
04:28Exactement, c'est pour cela, de toute façon, c'est le budget de l'État
04:31qui nous présenteront un contre-budget,
04:33et dans ce contre-budget, il y aura les 125 milliards d'économies.
04:38Vous l'avez dit, il y a quand même une volonté de rassurer les patrons,
04:40les investisseurs, les marchés, au moment où la ligne libérale,
04:44on peut dire, même si c'est un peu caricatural,
04:47mais on va dire ça comme ça, défendue par Jordan Bardella,
04:50semble écartée, à l'image du départ de ce conseiller spécial
04:54et économique et libéral qui a claqué la porte,
04:58François Durvy, ça fait un petit peu de bruit dans le landerneau politique.
05:02Écoutez, je ne sais pas qui connaissait M. Durvy, je m'excuse,
05:06et sans porter atteinte à son honneur et à ses compétences et à sa considération.
05:11Voilà, c'était un...
05:13Il était le symbole d'une ligne libérale qui, visiblement, a perdu.
05:17Oui, oui, mais la France...
05:19Oui, d'accord, mais je ne suis pas persuadé de cela, pour tout vous dire,
05:24parce que j'ai assisté à un certain nombre de réunions avec lui
05:26et il n'a jamais défendu une ligne libérale
05:29comme celle, par exemple, de M. Lysnard ou de quelques autres.
05:32Donc, sur des sujets, il avait sa propre sensibilité,
05:36mais je crains que ce soit plus par orgueil
05:39qu'il se soit retiré de la course
05:42parce que ses vues n'ont pas été prises en compte
05:45ou pas totalement prises en compte
05:46plutôt qu'une différence majeure de stratégie économique.
05:52Et j'ajoute qu'il n'est pas le seul à donner des conseils,
05:55à apporter des éléments à la politique économique
05:58et qu'il y en aura d'autres, je ne me fais aucun souci à la matière.
06:01Autre élément important qu'on a entendu hier
06:04dans la bouche de Marine Le Pen,
06:05cet engagement sur la règle d'or des 3% de déficit,
06:10ce qui empêche évidemment toute marge de manœuvre.
06:16D'ailleurs, c'est une idée qui n'était pas du tout
06:19défendue par le Rassemblement National jusque-là.
06:21Elle a été longtemps combattue,
06:23par le Rassemblement National, c'est vrai.
06:25Donc c'est quand même un changement radical ?
06:30C'est de toute façon le retour à une rigueur budgétaire.
06:33Je crois que depuis Raymond Barre,
06:35il n'y a jamais eu un budget en France voté à l'équilibre.
06:39Et on voit bien qu'on continue à vivre sur de l'argent qu'on emprunte.
06:45Et donc, on fait peser la charge sur les générations qui arrivent.
06:49Donc ça ne peut pas durer éternellement.
06:51Et je crois que le premier devoir d'un gouvernement patriote,
06:55c'est quand même de préserver l'avenir du pays
06:57et des générations futures.
06:59Et de ce point de vue-là, la règle d'or met, si vous voulez,
07:02un curseur, un symbole fort pour ne pas dépasser des limites acceptables.
07:07Et en fonction de ces limites d'ailleurs, il y aura des choix à faire.
07:11Il faudra assumer ces choix et nous assumerons ces choix.
07:15Au risque de s'éloigner d'électorat populaire
07:17et des promesses que vous avez faites d'augmentation du pouvoir d'achat notamment ?
07:21L'électorat populaire n'est pas un électorat qui se réjouit
07:26du déficit de la dette et de l'argent dépensé sans compter.
07:30Non mais il y a le pouvoir d'achat, il y a les retraites, tout ça, ça va coûter de
07:32l'argent.
07:32Oui mais justement, il sera l'une des priorités de la politique
07:35que nous venons mener en place.
07:37Et précisément, il en sera le bénéficiaire.
07:40Ce sont d'autres cibles qui, elles, ne seront plus,
07:44j'allais dire, des priorités pour le budget de l'État.
07:46Mais de tout cela, on pourra en discuter à partir de la fin du mois de septembre.
07:51Voilà, fin septembre, avec la présentation de ce contre-budget
07:55que vous allez donc présenter pour le Rassemblement National.
07:58Merci beaucoup.
07:59Merci à vous.
08:00Louis Alliot, vice-président du Rassemblement National.
08:02Sur ce tournant de la rigueur, on peut...

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