00:00Vincent Parizeau, c'est RTL Soir.
00:05Et l'invité d'RTL Soir est le maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement National.
00:09Bonsoir Louis Elio.
00:11Bonsoir.
00:11Merci d'être avec nous.
00:13Pour décrypter ce qui ressemble quand même un peu à un tournant de la rigueur annoncé par votre candidate hier
00:18face au patron du MEDEF,
00:20j'en profite pour préciser, pour que les choses soient bien claires, c'est important dans le contexte notamment du
00:25départ du conseiller spécial libéral de Jordan Bardella,
00:28que vous êtes un proche de Marine Le Pen, qui a donc promis 125 milliards d'euros d'économie sur
00:34les dépenses publiques hier.
00:35C'est très ambitieux.
00:36C'est un engagement qui n'avait jamais été annoncé jusqu'ici.
00:39Plan d'économie qui doit être présenté fin septembre.
00:42On peut avoir des détails parce que 125 milliards sur les dépenses publiques, c'est beaucoup.
00:48Ce serait à quelle échéance ?
00:50Écoutez, tout est prévu pour le présenter à la presse et à l'opinion au moment du débat budgétaire à
00:56l'Assemblée.
00:57Pour l'instant, on ne peut pas donner, moi je ne peux pas vous donner de détails particulièrement.
01:00Mais vous savez, des sources d'économie sur les budgets de l'État, concernant les agences, le coût de l
01:09'immigration et un certain nombre d'autres mesures,
01:13ce ne sera quand même pas très difficile à aller chercher.
01:16Mais les agences et le coût de l'immigration, allez...
01:20Je ne vous ai donné que deux exemples, c'est tout.
01:23Oui, oui, parce que 125 milliards d'euros, c'est une somme énorme, M. Alliot.
01:38Oui, bien sûr, c'est une somme énorme, mais le déficit est énorme.
01:41Et si on ne résolve pas ce déficit, eh bien tout le monde se rend en difficulté.
01:46Concernant les collectivités territoriales, moi je suis bien placé pour le savoir.
01:49Je peux vous dire qu'on fait des économies permanentes et on serre les boulons de toutes parts,
01:54parce que l'on voit bien que les budgets sont de plus en plus contraints,
01:57et qu'on est obligé de limiter la dépense publique, mais aussi l'emploi.
02:01Et dans tous les cas de figure, la fonction publique en tant que telle devra se réduire
02:08dans un certain nombre de collectivités, parce qu'on ne peut pas continuer comme ça.
02:11Mais en même temps, si je vous pose cette question, c'est que cet engagement suscite quelques doutes.
02:17On se demande comment vous allez pouvoir, en même temps, financer vos réformes, vos promesses.
02:21Le pouvoir d'achat, on le rappelle, la sécurité, les retraites,
02:24puisque le programme c'est 62 ans, mais 60 ans pour ceux qui ont commencé avant 20 ans.
02:31Ce qui coûterait, en tout cas, là encore, quelques milliards.
02:36Vous allez pouvoir arriver à tout faire en même temps ?
02:38La rigueur et vos promesses ?
02:41Présentons les économies d'abord.
02:44Libérons un certain nombre de carcans administratifs sur les entreprises et sur l'économie en général.
02:52Et quand le cercle vertueux de l'économie commencera à se faire jour,
02:57on s'apercevra que le déficit budgétaire se résorbera petit à petit,
03:04que les retraites ne seront plus impactées autant qu'elles le sont aujourd'hui,
03:10que l'emploi, évidemment, a un impact majeur sur les réformes en cours,
03:16et que c'est par la multiplication de l'emploi qu'on arrivera à résorber une partie de la dette.
03:22Bref, il faut remettre l'économie à l'endroit, mais aussi il faut libérer les énergies.
03:27Et c'est ce, je pense, que Marine a proposé hier devant les chefs d'entreprise.
03:32J'ajoute que la réindustrialisation du pays devra être une priorité.
03:37Et je peux vous dire que ce qu'elle a proposé,
03:39notamment par le fait que tout projet industriel qui s'implante dans les territoires
03:45pourra le faire sans considération de ce que l'on appelle le ZAN,
03:50c'est-à-dire le gel du foncier pour des considérations, paraît-il, environnementales,
03:56eh bien c'est de nature à rassurer les chefs d'entreprise et à relancer l'économie.
04:01Alors rassurer, on va y venir, mais on est bien d'accord que ce n'est pas ça
04:03qui va amener des économies, enfin 125 milliards sur les dépenses publiques.
04:10Écoutez, ça peut aller vite, je veux dire,
04:13quand on voit le nombre d'agences, les budgets qui sont alloués
04:18et qui, très honnêtement, ne fournissent pas des rapports
04:22que l'on pourrait en tout cas en attendre, je pense que ça pourrait aller très vite.
04:26En tout cas, on aura le détail fin septembre, ça c'est sûr, c'est promis.
04:28Exactement, c'est pour cela, de toute façon, c'est le budget de l'État
04:31qui nous présenteront un contre-budget,
04:33et dans ce contre-budget, il y aura les 125 milliards d'économies.
04:38Vous l'avez dit, il y a quand même une volonté de rassurer les patrons,
04:40les investisseurs, les marchés, au moment où la ligne libérale,
04:44on peut dire, même si c'est un peu caricatural,
04:47mais on va dire ça comme ça, défendue par Jordan Bardella,
04:50semble écartée, à l'image du départ de ce conseiller spécial
04:54et économique et libéral qui a claqué la porte,
04:58François Durvy, ça fait un petit peu de bruit dans le landerneau politique.
05:02Écoutez, je ne sais pas qui connaissait M. Durvy, je m'excuse,
05:06et sans porter atteinte à son honneur et à ses compétences et à sa considération.
05:11Voilà, c'était un...
05:13Il était le symbole d'une ligne libérale qui, visiblement, a perdu.
05:17Oui, oui, mais la France...
05:19Oui, d'accord, mais je ne suis pas persuadé de cela, pour tout vous dire,
05:24parce que j'ai assisté à un certain nombre de réunions avec lui
05:26et il n'a jamais défendu une ligne libérale
05:29comme celle, par exemple, de M. Lysnard ou de quelques autres.
05:32Donc, sur des sujets, il avait sa propre sensibilité,
05:36mais je crains que ce soit plus par orgueil
05:39qu'il se soit retiré de la course
05:42parce que ses vues n'ont pas été prises en compte
05:45ou pas totalement prises en compte
05:46plutôt qu'une différence majeure de stratégie économique.
05:52Et j'ajoute qu'il n'est pas le seul à donner des conseils,
05:55à apporter des éléments à la politique économique
05:58et qu'il y en aura d'autres, je ne me fais aucun souci à la matière.
06:01Autre élément important qu'on a entendu hier
06:04dans la bouche de Marine Le Pen,
06:05cet engagement sur la règle d'or des 3% de déficit,
06:10ce qui empêche évidemment toute marge de manœuvre.
06:16D'ailleurs, c'est une idée qui n'était pas du tout
06:19défendue par le Rassemblement National jusque-là.
06:21Elle a été longtemps combattue,
06:23par le Rassemblement National, c'est vrai.
06:25Donc c'est quand même un changement radical ?
06:30C'est de toute façon le retour à une rigueur budgétaire.
06:33Je crois que depuis Raymond Barre,
06:35il n'y a jamais eu un budget en France voté à l'équilibre.
06:39Et on voit bien qu'on continue à vivre sur de l'argent qu'on emprunte.
06:45Et donc, on fait peser la charge sur les générations qui arrivent.
06:49Donc ça ne peut pas durer éternellement.
06:51Et je crois que le premier devoir d'un gouvernement patriote,
06:55c'est quand même de préserver l'avenir du pays
06:57et des générations futures.
06:59Et de ce point de vue-là, la règle d'or met, si vous voulez,
07:02un curseur, un symbole fort pour ne pas dépasser des limites acceptables.
07:07Et en fonction de ces limites d'ailleurs, il y aura des choix à faire.
07:11Il faudra assumer ces choix et nous assumerons ces choix.
07:15Au risque de s'éloigner d'électorat populaire
07:17et des promesses que vous avez faites d'augmentation du pouvoir d'achat notamment ?
07:21L'électorat populaire n'est pas un électorat qui se réjouit
07:26du déficit de la dette et de l'argent dépensé sans compter.
07:30Non mais il y a le pouvoir d'achat, il y a les retraites, tout ça, ça va coûter de
07:32l'argent.
07:32Oui mais justement, il sera l'une des priorités de la politique
07:35que nous venons mener en place.
07:37Et précisément, il en sera le bénéficiaire.
07:40Ce sont d'autres cibles qui, elles, ne seront plus,
07:44j'allais dire, des priorités pour le budget de l'État.
07:46Mais de tout cela, on pourra en discuter à partir de la fin du mois de septembre.
07:51Voilà, fin septembre, avec la présentation de ce contre-budget
07:55que vous allez donc présenter pour le Rassemblement National.
07:58Merci beaucoup.
07:59Merci à vous.
08:00Louis Alliot, vice-président du Rassemblement National.
08:02Sur ce tournant de la rigueur, on peut...