00:00Ils sont en bonne santé, ils grandissent bien.
00:03Vincent Heurtel a fait de son projet de fin d'études son métier.
00:07Diplômé en 2020 de l'école d'ingénieur en agronomie à Nancy,
00:11ce fils d'agriculteur s'est lancé dans l'automoculture, l'élevage d'insectes.
00:16J'ai grandi et c'est ce qui m'a donné cette sensibilité à la nature,
00:21c'est que j'étais tout le temps dehors, tout le temps à la ferme, et j'adore ça.
00:24Alors que mon père arrive bientôt à la retraite,
00:27il y a la possibilité de reprendre la ferme, mais j'ai dit non à reprendre des vaches laitières.
00:32C'est à savoir que l'empreinte carbone des vaches est absolument énorme
00:38et j'ai préféré aller là-dedans et donc continuer en soi d'être agriculteur, mais d'un nouveau genre.
00:45Depuis deux ans, il élève ici plusieurs milliers de verres de farine.
00:50Nous l'idée dans l'élevage c'est qu'on va séparer chaque stade de développement.
00:54Le tout premier, on commence par les adultes et l'idée c'est que les adultes vont pondre à travers
01:00les grilles de ponte,
01:01ce qui va nous permettre de récupérer les œufs.
01:04Une fois les œufs éclos, les larves vont ensuite grandir pendant près de trois mois.
01:09Jusqu'à ce qu'on ait des larves bien dodues et à ce moment-là, elles vont commencer à se
01:16transformer en nymphes.
01:17Celles-ci redeviendront ensuite des scarabées, un cycle de quatre mois reproductible à l'infini qui demande une attention constante.
01:26C'est quand même résistant j'ai envie de dire, mais ça reste des petites bêtes, c'est minuscule.
01:32Donc ils ont très peu, ils n'ont pas de système immunitaire, donc on peut vite avoir des maladies qui
01:38peuvent ravager des élevages.
01:40Sans formation spécifique, l'entomoculteur a tout appris sur le terrain.
01:45Trier les ténébrions meuniers, les hydrater.
01:48Je leur mets en fait de l'agar-ringar, c'est-à-dire de l'eau gélifiée.
01:51Et aussi les nourrir à base de sauce de blé, de pain, de boulangerie et fruits et légumes de fin
01:57de marché.
01:58Ce qui demande beaucoup de travail, c'est ça, c'est de toujours avoir chaque face.
02:02Parce que quand on commence à avoir une caisse avec à la fois des larves, des nymphes et des adultes,
02:09les adultes vont recommencer à pondre dedans.
02:12Du coup, on va avoir des œufs et des micro-larves, tandis qu'on aura des grosses larves.
02:16Et à ce moment-là, en fait, on ne peut plus récolter les larves pour pouvoir les transformer.
02:22Transformer, c'est d'ailleurs ça la deuxième partie du quotidien de l'éleveur.
02:26Si les déjections sont revalorisées en frasse, un engrais naturel pour les plantes, les larves, elles, sont déshydratées et destinées
02:34à l'alimentation animale.
02:36Les poules, les rongeurs, les reptiles, ça peut être aussi pour les poissons.
02:40Et aussi humaines.
02:41Vu que c'est séché, c'est vraiment très croustillant.
02:43Les gens disent toujours que ça ressemble à des chips.
02:46Il y a un petit léger goût assez particulier, relié à un goût de noisette.
02:50Riche notamment en protéines et en minéraux, le verre de farine s'imposera peut-être comme la référence de la
02:56nourriture de demain.
02:57Milit, et c'est pour ça que je fais ce projet, c'est vraiment de transformer l'agriculture,
03:02donc d'aboutir à une agriculture soit beaucoup plus circulaire, locale et tout ce côté durable.
03:08En attendant, Vincent Hortel veut passer à la vitesse supérieure.
03:11Son objectif, ouvrir une ferme plus grande, concentrée sur l'engraissement et la transformation,
03:16afin de produire à terme jusqu'à 60 tonnes de verre de farine par an.