Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Sur Ma Route avec Denis Hergott, auteur, photographe et biographe familial

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Ici Lorraine, crack pour l'émission, sur ma route, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
00:06Ici, votre radio de proximité en Lorraine.
00:34Bonjour chers amis de Sur ma Route, je suis très très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro de
00:38notre magazine.
00:39Je vais vous faire visiter des endroits merveilleux, comme souvent.
00:43C'est plus exactement mon invité qui va vous faire visiter ces endroits.
00:47Mon invité est Denis Ergoth, il est entre autres écrivain, biographe familial, il anime des ateliers littéraires.
00:58Il va nous emmener d'abord à Saralbe.
00:59Alors Saralbe, c'est le lieu où il y a cette formidable église qu'on appelle la cathédrale de la
01:04Sarre.
01:04Saralbe, c'est là qu'il est né et cette cathédrale, c'est là où il a été baptisé.
01:09Et puis ensuite, il va nous faire rencontrer deux de ses amis.
01:12D'abord Hervé, qui est un spécialiste du plat.
01:16Il a notamment écrit Le plat pour les nuls, vous savez, cette langue régionale.
01:22Et Hervé, nous le retrouverons au musée de la faïencerie de Sarguemines.
01:26Et puis après, nous viendrons à Tarkin-Paul, plus précisément à Halteville, rencontrer David.
01:33David, il est maire de Tarkin-Paul.
01:34Il est aussi le châtelain, le propriétaire de cet endroit.
01:38Fantastique.
01:39Le Times a écrit sur cet endroit en disant que c'était délicieusement vieille France.
01:44Et c'est vrai.
01:45Et c'est vrai.
01:46Voilà, pour l'heure, je pars rejoindre mon invité Denis Ergoth à Saralbe.
01:50Et puis nous terminerons ici à Halteville.
01:52A tout de suite.
02:08Bonjour mon cher Denis.
02:10Bonjour Vianney.
02:11Tu vois pas en siffle là ?
02:12Oui.
02:13On est dans l'église de Saralbe, qu'on appelle la cathédrale de la Sarre.
02:18La cathédrale de la Sarre, vu qu'elle est très imposante.
02:22Oui.
02:22Mais précisément ici, il y a une symbolique de ce lieu ?
02:26Alors, j'ai été baptisé ici même.
02:29Je suis né à Saralbe et baptisé dans la cathédrale de la Sarre.
02:34D'accord.
02:35Et alors, je suis en train de penser, il y a un sacré nombre de personnalités qui sont
02:40à Saralbe, parce que Denis Ergoth, mon invité.
02:43Mais il y a aussi, j'y pense, Christopher Valdéli qui a été le grand patron d'RTL,
02:48longtemps qu'est né à Saralbe.
02:49Et puis le PDG de La Poste jusqu'il y a deux ans, je crois, Philippe Vall, est né aussi
02:56à Saralbe.
02:57Donc c'est une ville qui est productive, Saralbe.
03:01Oui, je pense qu'elle est assez productive, enfin moi en toute humilité.
03:05Donc ton enfance, elle est ici.
03:08Si je te demandais de poser une couleur sur ton enfance, tu choisirais laquelle ?
03:13Je dirais le vert.
03:15Pourquoi ?
03:16Le vert parce que je suis né à la campagne, dans un petit village qui s'appelle...
03:21Enfin, je suis né à la campagne.
03:23Je suis évidemment né à Saralbe.
03:24J'ai passé mon enfance à Ernest-Villers, c'est un petit village qui se trouve ici,
03:29d'ici à peu près à 20 minutes.
03:32D'accord.
03:32Et je dis le vert parce que mon père avait un grand jardin, mes parents, ils avaient
03:37un grand jardin, il avait un petit étang, il élevait des truites.
03:42Je me revois encore faire une certaine partie de pêche avec mon père.
03:47Et donc oui, effectivement, le vert de la campagne, ça me touche beaucoup.
03:51Est-ce qu'il y a une certaine mélancolie quand tu évoques ces années d'enfance ?
03:54Moi, je suis assez nostalgique.
03:56Je suis un peu nostalgique de cette enfance-là.
03:59Mais après, elle m'a beaucoup servi par la suite.
04:05Parce que ce vert-là, justement, c'est un peu l'amour du paysage.
04:11C'est un peu tout ce qui m'a amené par la suite à faire des voyages.
04:16Et c'est vraiment une couleur qui m'est chère.
04:21Alors, cette nostalgie dont tu parlais, elle vit aussi parfois, pour certaines personnes,
04:26à travers des parfums.
04:28Est-ce que là, même question que la couleur, est-ce que tu dirais, tiens, il y a des parfums
04:33qui te rappellent tout de suite l'enfance ?
04:36Spontanément, je dirais, le parfum de l'écorce d'orange qui grille comme ça
04:44sur le four de ma grand-mère, à la période de Noël.
04:47Ah oui.
04:48Ils habitaient juste en face de chez nous.
04:52Mais ça, c'est quand même un souvenir, j'allais dire, dis-moi si j'ai raison ou pas,
04:56c'est un souvenir très lorrain quand même.
04:58Oui.
04:59Au moment de Saint-Nicolas ?
05:00Au moment de Saint-Nicolas, oui.
05:01Alors, j'aurais pu dire aussi, au niveau du son, j'aurais pu dire la clochette de Saint-Nicolas.
05:06Ah oui, la clochette de Saint-Nicolas.
05:07Et du père Fouettard.
05:10À l'école, c'était plutôt le père Fouettard ou le Saint-Nicolas qui venait te féliciter ?
05:17C'était plutôt bon élève ?
05:18J'étais plutôt bon élève.
05:20Bon élève, oui.
05:20Jusqu'à, on va dire, jusqu'à la troisième.
05:23Oui.
05:23Et après, en seconde, enfin les années lycées ont été pour moi un peu plus compliquées.
05:30Et après ces années lycées, alors quand on est ici à Sarralbe, on est au lycée ou à Sargoumine, j
05:34'imagine ?
05:35Au lycée à Sargoumine, oui.
05:37À Sargoumine.
05:37Et après, tu t'en vas à l'école des Beaux-Arts à Metz.
05:40Et qu'est-ce qui fait le déclic que tu te fais arriver là, aux Beaux-Arts à Metz ?
05:46Disons qu'au départ, je ne visais pas vraiment les Beaux-Arts.
05:50Je visais plutôt une école de cinéma parce que j'ai été très cinéphile.
05:55Et tu as été réalisateur, j'espère qu'on aura le temps d'en parler.
05:58Alors, effectivement, j'ai réalisé un court-métrage.
06:01Bon, ça remonte à mes jeunes années.
06:03Pendant la période justement où j'étais au Beaux-Arts.
06:06C'était un court-métrage que j'avais présenté à mon diplôme.
06:08D'accord.
06:10En fait, c'était, puisqu'on est dans les lieux, le court-métrage s'appelait L'Orphelin du bon Dieu.
06:15Ah oui, d'accord.
06:16Et Ergot, parce que goth c'est Dieu.
06:18Ergot, ça veut dire quoi précisément ?
06:20Monsieur Dieu.
06:21Monsieur Dieu.
06:22Mais Bianney, tu peux rester assis.
06:25Monsieur Dieu, s'il vous plaît.
06:28Je crois qu'on n'avait pas encore eu Monsieur Dieu.
06:30On a invité Asdine dans l'émission Sur ma route.
06:32Monsieur Dieu, excuse-moi, je t'ai coupé.
06:36Donc, on était sur l'école des Beaux-Arts de Metz.
06:38Oui, donc j'ai fait cinq ans à l'école des Beaux-Arts de Metz.
06:43Et ensuite, j'ai tout de suite travaillé dans une agence de pub à Saint-Germain pendant deux ans.
06:48Et puis ensuite, j'ai fait une carrière également dans une agence de pub, un studio de publicité à Saint
06:55-Germain.
06:56Parce que la particularité de ton parcours, quand tu l'en regardes, c'est quand même une très grande diversité.
06:59Alors évidemment, on va parler de Denis Ergoth, l'écrivain.
07:03On va parler de Denis Ergoth, le biographe familial.
07:06Parce que le biographe familial, c'est plutôt rare.
07:09Mais il y a aussi, tu le disais, le publicitaire.
07:11Il y a eu aussi un certain nombre d'autres métiers.
07:14C'est diversifié chez toi.
07:16Oui, bon, disons dans la partie écrivain.
07:21Alors, je n'aime pas trop le terme écrivain.
07:23Je préfère auteur.
07:25C'est vrai que j'essaie de m'exprimer par différents langages.
07:30Donc, il y a le roman, le roman plutôt court, la nouvelle.
07:36Et d'un autre côté, j'ai également été scénariste d'une bande dessinée.
07:42Le cinéma, donc avec un court-métrage, j'essaie, on va dire, de varier les plaisirs.
07:46Oui, c'est ça.
07:47Et il y a surtout, il y a la photographie aussi, que j'ai appris à l'école des beaux
07:51-arts,
07:51puisque j'avais comme professeur Jean-Luc Tartara.
07:53D'accord.
07:54Qui était donc un des plus jeunes prix Niepce de France et un des premiers professeurs de photographie.
08:01Ok, d'accord, super.
08:02Prix Niepce, ça vient de Niepce, l'inventeur.
08:05Oui, oui, oui, c'est ça.
08:06C'est assez prestigieux.
08:07C'est un peu comme le Goncourt pour la littérature.
08:10On poursuit sur ta route, cher Denis.
08:13On va aller faire un tour du côté de Sargemin, maintenant.
08:16Voilà.
08:17On y va.
08:17C'est parti.
08:19Allez, on y va.
08:30Bon, mon cher Denis, on baigne vraiment dans la Sarge, parce qu'on est sur la Sarge, on
08:34vient de Saralbe et on vient d'arriver à Sargemin.
08:49Sargemin.
08:49Tu as été graphiste aussi, tu as fait de la publicité.
08:55Il y en a une qui est quand même plus exceptionnelle, enfin en tout cas plus rare.
08:59C'est l'activité de biographe familiale.
09:02Alors, un mot d'abord, familiale.
09:05Quand on est biographe familiale, on se plonge dans les histoires de famille des autres.
09:09C'est quoi ?
09:10C'est parfois douloureux ?
09:11C'est parfois sensible ?
09:13Comment on peut dire les choses ?
09:14Alors, ça peut être douloureux, parce que parfois ça peut même s'apparenter à une
09:20espèce de thérapie.
09:22Ah oui, d'accord.
09:22Pour les familles ?
09:24Alors, pour la personne, justement, qui est biographiée.
09:28Oui, d'accord.
09:29On plonge quand même dans l'histoire familiale et c'est vrai qu'il peut y avoir des moments
09:35très très forts, émotionnellement parlant.
09:39Et personnellement, j'ai déjà eu le cas, pour citer un exemple bref, d'une personne,
09:44la biographie avait été commanditée par la famille, par les enfants, et donc la
09:49personne était un peu réfractaire au début.
09:52Au bout de la deuxième séance, elle a fondu en larmes.
09:56Mais la personne parle facilement ou il faut, comme on dit vulgairement, lui tirer les
10:00gars du nez ?
10:01Ça dépend des personnes.
10:02Ça dépend des personnes parce qu'il faut quand même, au bout de la première, deuxième
10:08séance, on va dire, on s'apprivoise.
10:11Avec la personne, on s'apprivoise.
10:13C'est vraiment un exercice assez difficile.
10:15Maintenant, on sait, en tant que biographe, on sait jouer sur les cordes sensibles, on sait
10:21comment aborder l'histoire de sa vie.
10:25C'est vraiment un exercice particulier, c'est sûr.
10:43Voilà ce cher Hervé qui nous attend.
10:45Bonjour Hervé.
10:46Bonjour Hervé.
10:49Qu'est-ce que ça veut dire ce que tu viens de dire ?
10:51J'ai plaisir de se revoir.
10:53C'est du plat.
10:53C'est du plat.
10:55Alors on va en parler du plat, parce que c'est la séquence plate, comme Denis l'a souhaité.
11:00D'abord, juste un mot, Hervé Atamanuc.
11:06Là, ça représente quoi ?
11:10Ce monument, c'est absolument splendide.
11:13Moi, je dis toujours, on est dans le château de Versailles de Sargumine.
11:16On est effectivement dans le jardin d'hiver des faïenceries.
11:20Donc on est dans le musée de Sargumine.
11:22On est dans une salle qui est classée monument historique et qui est un peu notre fierté,
11:27dans lequel les maîtres faïenciers ont montré tous leur savoir-faire.
11:32Et il faut voir cet espace un peu comme un showroom au fond.
11:35C'est là qu'on accueillait des chefs d'entreprise.
11:38C'est là qu'on accueillait des futurs acquéreurs.
11:41Et puis on lui a montré, voilà, vous voulez une fontaine dans votre maison ?
11:45On peut vous l'installer.
11:47Vous voulez des panneaux avec les décors que vous choisissez ?
11:51On peut vous l'installer, puisque quelque part, les faïenceries de Sargumine, c'est une entreprise mondiale.
11:56C'est une entreprise qui a eu fait florès dans l'Europe et dans le monde entier.
12:01C'est pourquoi chacun dans le buffet de la Ouma, dans le buffet de la grand-mère, on va retrouver...
12:07On a du Sargumine.
12:08On a du Sargumine.
12:09Tout le monde a du Sargumine.
12:10On a du Sargumine.
12:11On va parler plate, mais un dernier mot quand même, parce que tout le monde a du Sargumine.
12:15Tu disais à l'instant, et dans l'esprit des gens, Sargumine, c'est vraiment la faïence.
12:20C'est toujours la faïence, parce que là, on est dans un musée, donc on est dans l'histoire.
12:23Mais c'est toujours la faïence ?
12:24Alors, c'est toujours la faïence, parce que la faïence a non seulement marqué, j'allais dire, dans l'architecture,
12:29cette ville,
12:30mais a marqué aussi, finalement, dans sa manière de concevoir les choses,
12:34c'est-à-dire d'utiliser aussi la rivière, la Sarre, puisque la Sarre, c'est aussi un lieu qui
12:38a permis de diffuser.
12:40La faïence, on va dire, les matières premières sont arrivées par la Sarre, les matériaux dont on avait besoin.
12:47Et puis ensuite, la production est partie de la Sarre vers le Rhin et vers le monde entier.
12:52Alors ça, c'est la première chose.
12:53Ensuite, il n'y a plus de fabrication Sargumine.
12:56La fabrication de vaisselle de Sargumine s'est arrêtée.
13:00Alors, ça a un double effet.
13:02Ça a un effet, finalement, d'être plutôt muséal, plutôt patrimonial aujourd'hui.
13:05Mais il faut savoir que c'est un peu le rôle de l'équipe municipale actuellement,
13:11c'est de trouver des moyens de relancer une marque Sargumine, ce qui est en cours.
13:17Juste un mot avant qu'on reparle de plate.
13:19On a parlé de ton enfance à Sarralbes.
13:21Du point de vue de la langue, c'était le plate ? Tu parlais plate ?
13:25Alors, moi, je parlais le plate jusqu'à l'âge de 6 ans.
13:28Oui.
13:29Mais que ça ?
13:30Que ça.
13:30Je ne parlais pas un mot de français.
13:32C'était ma langue maternelle, « te motage pour ».
13:36« Te motage pour ».
13:37« Te motage pour ».
13:38Et donc, en fait, avec mes parents, mes grands-parents, je ne parlais que cette langue-là.
13:45Mes grands-parents habitaient juste en face de la rue.
13:48J'étais beaucoup chez eux.
13:49Et eux, ils étaient encore beaucoup plus imprégnés du plate, du francic.
13:53Et donc, effectivement, jusqu'à l'âge de 6 ans, après, un enfant s'adapte vite.
13:57Bien sûr.
13:57À l'école, ça a été très rapide.
14:00J'ai parlé le français très rapidement.
14:01Alors, les racines du plate, elles sont germaniques.
14:04C'est comme ça.
14:05Mais il y a différentes versions de plate.
14:07Exact.
14:08Donc, c'est assez simple à comprendre.
14:10En fait, le plate, c'est quoi ?
14:12C'est une langue ado-européenne qui fait partie de la famille des langues germaniques.
14:17Et elle se développe sur notre territoire par les francs.
14:21Donc, les guérillers francs.
14:22Alors, on pense francs.
14:23Pour un français, on dit francs.
14:24Égal France.
14:25Pas du tout.
14:25Les francs étaient des germains.
14:27Clovis, le roi des francs, était un germain.
14:31De Clovis à Charlemagne jusqu'à Charles-le-Chauve.
14:35On va continuer à parler le francic.
14:38Donc, notre plate dans la cour qui va être la cour énorme, immense de l'Empire carolagien.
14:45Et cette langue, en fait, elle va avoir beaucoup de difficultés, surtout à partir du 19e et du 20e siècle,
14:53et des conflits franco-allemands.
14:54Parce qu'évidemment, c'est une langue germanique.
14:56Donc, pour nous, les Mosellans, alors on nous a non seulement interdit de parler cette langue.
15:01Parce qu'évidemment, après les conflits mondiaux, on dit hors de question qu'on continue à parler cette langue germanique.
15:08Et la deuxième chose, c'est qu'on nous moque aussi.
15:10C'est-à-dire que dès qu'on passe la frontière germano-romane, dès qu'on arrive à Metz, pour
15:14dire les choses simplement, on dit « Oh là là, quel accent vous avez ! Vous n'êtes pas d
15:18'ici ! »
15:19Et du coup, on va dire, cette dévalorisation symbolique, cette dévalorisation symbolique a beaucoup pesé sur, on va dire, l
15:28'espèce de modestie que ressentent souvent les gens du pays ici.
15:32Et puis finalement aussi, l'envie de se cacher, de se faire tout petit, qu'on ne nous entende pas
15:39parce que, quelque part, c'est pas très chic de parler cette langue.
15:43Mais moi, j'ai quand même l'impression que ça revient beaucoup plus, qu'on est plus fier, j'allais
15:48dire, de parler le plat, comme on est plus fier de parler l'alsacien ou de parler d'autres langues
15:53régionales.
15:54Est-ce que tu as ce sentiment-là ?
15:55Absolument. Moi, je pense qu'il y a eu un mouvement très, très fort depuis une vingtaine d'années de
16:01cela qu'on peut analyser.
16:03Mais ce qui est important de comprendre, c'est qu'aujourd'hui, le nombre de locuteurs du plat en Moselle
16:08est énorme.
16:09C'est-à-dire qu'il est assez surprenant. D'ailleurs, moi-même, j'ai été surpris par ces chiffres
16:12qui viennent d'une étude récente menée par le ministère de la Culture.
16:18Et si vous voulez, on stabilise aujourd'hui entre 120 et 180 000 locuteurs du plat en Moselle, ce qui
16:26veut dire qu'on est plus nombreux que les Bretons, plus nombreux que les Corses.
16:30La difficulté, c'est que personne ne le sait. Je veux dire, personne n'a dit ça jusqu'à présent.
16:36Pourquoi ? Parce que souvent, je le redis, on se cache un peu.
16:39Et puis, dès qu'on est à Metz, on fait semblant de ne pas voir un peu. Vous savez, comme
16:43dans Molière, cacher ce sein que je ne saurais voir.
16:47Donc, cacher ce plat que je ne saurais voir.
16:49Excellent. Vraiment, un très grand merci vraiment de l'accueil. Alors, d'abord, dans ce lieu merveilleux, on conseille vraiment
16:55à tous les téléspectateurs de venir à Sargemin dans ce musée.
16:58C'est génial. On n'a pas eu le temps de parler de l'Académie nationale de Metz, mais on
17:02te félicite pour ton entrée.
17:04Et puis, on les salue au passage, parce qu'on connaît beaucoup de monde dans cette très belle institution.
17:08Et encore merci pour ton accueil. Et puis, nous, on va poursuivre sur la route de Denis.
17:30Bonjour, David. Bonjour, Denis.
17:32Monsieur le maire. Monsieur le maire. David. On va dire David, c'est beaucoup plus simple.
17:39On ne dit pas M. Châtelain, non. On dit... C'est comme ça que M. Dieu m'a dit de
17:44dire.
17:46David me convient très bien.
17:48On est dans un lieu vraiment magnifique. On est dans un endroit magnifique. On est au château, comme on dit,
17:54le château d'Alteville.
17:56Oui, on peut.
17:58Et en quelques mots, j'ai lu que c'était ta famille. Et propriétaire depuis plus d'un siècle, je
18:05crois.
18:06Plus d'un siècle, oui.
18:06Plus d'un siècle, oui.
18:07120 ans.
18:08Oui, 120 ans. Quelle est l'histoire, en quelques mots, de ce lieu ?
18:13Alors, l'histoire d'Alteville est très intéressante, parce qu'elle remonte au XVIe siècle, 1565.
18:18C'est rare des châteaux qui ont toujours été une maison de famille, et qui datent de cette époque-là,
18:26et qui sont quasiment comme dans leur état d'origine.
18:30Le vieux château du XVIe, c'est une maison forte, qui a été construite par le chef des Salines royales,
18:37le trieur des Salines royales, à l'époque de Dieu, ce qui est la ville juste à côté.
18:41Pas très loin.
18:43Ensuite, je passe très rapidement les étapes. Elle passe à une deuxième famille, au XVIIe siècle, qui achète le vieux
18:52château et qui décide de construire ce nouveau château, où là, on est dans la période XVIIIe, donc c'est
18:58le style classique.
18:59Et ça, c'est une des particularités d'Alteville, c'est qu'on a l'une en face de l
19:04'autre, deux constructions qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre, une de la Renaissance, une classique.
19:10Normalement, on utilisait les pierres du vieux château pour construire le nouveau, mais là, l'ancien château est resté sur
19:15place.
19:17150 ans plus tard, alors entre les deux, entre cette famille-là et notre famille, il y a un illustre
19:23personnage qui a habité le château.
19:25Il y en a eu plusieurs. Il y a eu Stanislas de Guetta, mais il y a eu aussi le
19:30général Grand-Jean d'Alteville, qui est représenté ici sur ces tableaux, qui était un général d'empire.
19:35C'est les campagnes napoléoniennes, ça.
19:37Exactement. Beaufrère du général Mouton, qui est bien connu en Lorraine, qui a sa statue à Falsbourg.
19:45Et puis, le château est racheté par mon arrière-grand-père.
19:48C'est là que démarre la saga Barthélémy.
19:51La saga Barthélémy en 1906. On était en Allemagne en 1906.
19:55Tu te souviens qu'on était à 12 ans de redevenir français.
20:00Mon arrière-grand-père a eu de la chance parce qu'il l'a racheté à cette époque-là, sans
20:04savoir que ça allait rapidement redevenir français.
20:07Et puis, les guerres se sont succédées.
20:13Depuis le XVIe siècle, il y a eu aussi des périodes qui ont fait des ravages pour ce genre de
20:19maison, la guerre de 30 ans.
20:20Les trois guerres successives avec l'Allemagne.
20:23Mais Alteville a toujours été préservée comme protégée par la protection divine, comme disait ma grand-mère.
20:29Oui, oui, mais je comprends tout à fait.
20:31Et aujourd'hui, alors, quelle est la vocation de cette maison dont tu es le propriétaire, donc, aujourd'hui ?
20:36Oui, alors, je ne suis pas le seul. C'est toujours une maison de famille.
20:39D'accord.
20:40Il y a toujours mon père qui habite là. Et puis, j'ai deux frères et sœurs aussi, dont un
20:45qui s'occupe de l'exploitation agricole, qui l'a reprise derrière mon père.
20:50Et moi, j'ai repris l'activité d'accueil des chambres d'hôtes derrière ma mère.
20:55Ça a toujours... Cette fonction-là, elle est très importante à Alteville.
20:58Ça a toujours été une maison familiale dans laquelle on a reçu du monde et on continue à le faire
21:05aujourd'hui avec ses chambres d'hôtes.
21:06Maison d'hôtes, chambres d'hôtes, ce n'est pas un lieu ouvert au public, il faut réserver avant, on
21:10est d'accord, on le précise quand même.
21:12Et tu disais maison de famille, ça me fait penser à... Je crois que j'ai lu ça sur ton
21:16site ou un autre.
21:17Le Times, je crois qu'a écrit un jour, c'est une maison de famille, ici, à Alteville, délicieusement vieille
21:23France.
21:24Et j'adore cette formule. Parce qu'il nous faut des gens qui défendent cet aspect-là des choses.
21:30C'est ça. On le ressent tout de suite.
21:32Ça me fait plaisir. Je te remercie, Vianney, si tu l'as senti.
21:36Et c'est ce qu'on essaye de cultiver, en fait, vieille France, parce qu'on aime cette tradition de
21:43recevoir qui est ancestrale ici.
21:45On continue à la perpétuer et on essaye de recevoir toujours un petit peu à l'ancienne, avec le mobilier
21:52d'époque,
21:52mais aussi à la table, tu le sais, on valorise la Lorraine.
21:56Et puis, on essaye de faire attention à nos hôtes.
21:59On y porte une attention particulière comme si c'était nos amis.
22:02Et le fait qu'on ait des gens qui viennent du monde entier...
22:05Alors, il y a à la fois plein de Mosellans, plein de Lorrain, il y a même des gens de
22:08Dieu qui viennent séjourner ici.
22:10Et par ailleurs, des gens qui viennent du monde entier et qu'on réunit le soir autour d'une table
22:15d'hôte qui donne lieu à des soirées souvent extraordinaires.
22:19Ce qui fait l'intérêt, c'est la diversité des gens.
22:21Alors, c'est compliqué de parler de Denis Ergote parce qu'il a fait tellement de choses dans sa vie.
22:26Mais il y a quand même, ce qui te tient le plus, c'est quand même le métier d'écrivain,
22:30le travail d'écrivain.
22:32On va en dire un mot quand même.
22:34Et le tout premier livre, ça se passe ici.
22:37Enfin, c'est le titre, c'est le Maje d'Alteville.
22:40Alors, on est au château d'Alteville et le premier titre, c'est effectivement, c'est le Maje d'Alteville.
22:44Donc, la connexion a eu lieu.
22:45A eu lieu à ce moment-là.
22:46C'est-à-dire que je me suis intéressé à un personnage, David en parlait, qui a vécu ici, au
22:52château, qui s'appelle Stanislas de Guetta.
22:56Et c'était un poète occultiste de la fin du 19e siècle.
23:00OK.
23:01Et je me suis intéressé à son histoire.
23:04Et en m'intéressant à son histoire, je me suis rendu ici, sur les lieux.
23:07Et c'est comme ça que j'ai fait connaissance de son papa.
23:10Et avec lequel, après, il s'est tissé des liens d'amitié.
23:14Tu me disais tout à l'heure dans le voyage qu'ils nous emmenaient jusqu'ici, là, on est sur
23:18du patrimoine bâti.
23:20Il y a quelque chose de très, très beau à 5 km d'ici.
23:22Et là, qui est visitable, sur le coup, je crois.
23:25Oui.
23:25Je voudrais qu'on en parle, ça en juste deux secondes.
23:27En fait, c'est un lieu un peu particulier.
23:29Bon, c'est une église.
23:30Mais la particularité, il y a la particularité d'y avoir des fresques sur tous les murs de l'église.
23:37Et ça ne s'invente pas, c'est l'abbé Abbé qui a passé ces fresques.
23:43Il avait commencé, je crois, en 1913.
23:46Et pendant 15 ans avec sa mère, il a réalisé ces fresques.
23:49Et donc, il représente des personnages bibliques, mais en s'inspirant des villageois.
23:58Donc, on reconnaît des personnes du village.
24:03Et il a également dessiné son chien, qui se trouve au pied de la croix, de l'une des plus
24:10grandes fresques de l'église.
24:11Il est excellent parce qu'il m'amène ma transition.
24:14C'est son dernier roman.
24:17Et vraiment, c'était pas gratuit.
24:20On signale que cette église, elle est ouverte au public.
24:22On pense évidemment à la Sixtine de la Seille, à Silénie, qui a aussi des fresques remarquables.
24:28Parlons-en juste...
24:30Alors là, on saute entre les deux.
24:32Il y a eu une douzaine de livres.
24:34On ne peut pas tous les citer, mais là, on est sur le dernier roman.
24:36Des nouvelles de mon chien.
24:39Avec, c'est quoi ?
24:42Tu visites la relation entre l'animal et l'homme, c'est ça ?
24:45Voilà.
24:46Je parle de la relation singulière qu'il y a entre le chien et l'humain.
24:49Oui.
24:50L'idée de départ, enfin, c'est même pas une idée.
24:53Je l'ai écrit en hommage à mon chien.
24:56Oui.
24:57Notre chien qu'on a perdu il y a à peu près cinq ans, qui s'appelait Indy, c'était
25:02un berger écossais.
25:04Et il me venait l'idée, en fait, j'ai presque fait mon deuil avec ce livre, d'écrire 17
25:09nouvelles,
25:10avec 17 histoires, donc différentes, de chiens, et qui parlent de la relation qu'ils ont avec leur humain.
25:18Certains ont influencé fortement leur vie ou alors l'ont juste accompagné dans des moments de peine ou de joie.
25:27C'est un peu l'idée du livre.
25:29Un mot, je suis curieux, David.
25:32Je vois qu'il y a une femme qui travaille, une artiste qui travaille.
25:35C'est aussi un lieu de résidence d'artistes ?
25:38Ah ben, c'est Geneviève.
25:39C'est Geneviève.
25:40C'est Geneviève.
25:40D'accord.
25:40Qu'on salue, alors.
25:42Geneviève, tout comme Denis, d'ailleurs, est une artiste.
25:45C'est une artiste multicompétence.
25:47Aujourd'hui, elle est en train de peindre.
25:48Il y a deux semaines, elle était là avec un groupe de musiciens.
25:51Elle nous a animés toute la soirée.
25:54Alors, comme Denis, ce sont des artistes tous les deux.
25:58Et j'ai eu la chance que ces artistes-là, qui sont venus une première fois dans mes chambres d
26:02'hôtes,
26:02se sont dit, tiens, on serait pas mal ici pour exprimer nos talents.
26:06Et c'est comme ça que Geneviève revient de temps en temps.
26:09Aujourd'hui, elle peint.
26:10C'est comme ça que Denis est venu et a rédigé la biographie de mon père.
26:16Il a aussi, sans doute, Alteville t'a donné aussi de l'inspiration pour tes livres,
26:22dont le dernier que tu viens de m'offrir.
26:24Voilà.
26:25Donc, c'est un lieu de rencontre et qui, en fait, est une richesse par rapport aux gens qu'on
26:31reçoit ici,
26:32qui viennent de partout.
26:33Je voudrais que tu dises juste un mot pour terminer cette émission,
26:36parce qu'on a oublié de l'évoquer.
26:37Ton dernier livre, Les Nouvelles de mon chien, a un préfacier quand même tout à fait exceptionnel.
26:43Tu es allé chercher Peter May.
26:45Oui, je suis allé chercher.
26:46Comment tu es allé chercher, excuse-moi de te couper ?
26:48Tout simplement parce que, alors déjà, c'est mon auteur préféré.
26:51Oui.
26:52Donc, c'est un écossais, franco-écossais, qui a la nationalité française depuis 2016.
26:58Il nous a quittés il y a environ un mois, malheureusement.
27:03Mais bon, c'était pour moi, c'était jeter une bouteille à la mer.
27:06Je voulais, mon éditeur m'a réclamé, entre guillemets, une préface de quelqu'un qui serait connu.
27:13Donc, je me suis dit, pourquoi pas ? Pourquoi pas ?
27:15Et je me suis mis en contact avec Peter May, à qui j'ai envoyé le tapuscrit.
27:22Et ça a été, en fait, une affaire qui a été très vite réglée.
27:25Au bout de 15 jours, il m'a répondu.
27:27Il m'a dit, je vous écris la préface au bout.
27:30Vous aurez cette préface au bout de cette semaine.
27:33Et puis, voilà quoi.
27:34Sachant que lui aussi, il avait un chien qui s'appelle Dafty.
27:38C'est peut-être ça qui fait le déclenchement.
27:40Et puis, les personnages, les grands personnages sont souvent des personnages très simples.
27:44Très simples.
27:45C'était quelqu'un de très humble et de très simple.
27:47En tout cas, tu nous as fait visiter une route merveilleuse,
27:51avec des étapes chez des gens, tes amis, qui étaient fantastiques.
27:55On a vraiment pris plaisir à découvrir.
27:58Vraiment un très, très bien merci.
27:59Je tiens sur toi à te remercier de m'avoir invité dans cette émission.
28:02Merci.
28:02Et puis, merci David, ton accueil.
28:04Merci, Vianney, c'est un plaisir.
28:05On est bien chez toi.
28:08Je te remercie de rester encore après.
28:11Merci David.
28:12Merci à tous les deux.
28:14Et merci à vous tous.
28:15Et la semaine prochaine.
28:29Ici Lorraine, crack pour l'émission sur Marouk, sur Moselle TV et Vosges Télévisions.
28:35Ici, votre radio de proximité en Lorraine.

Recommandations