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  • il y a 1 semaine
Transcription
00:00Est-ce que tu as un souvenir précis de la rencontre avec Colette ?
00:04Alors, j'ai rencontré Colette sur un spectacle qui s'appelait
00:10La chanson de combat à Saint-Nazaire, et il y avait Arbats aussi.
00:17Ce qui est extraordinaire, c'est que pour moi, c'était une révélation.
00:21Je me disais, tiens, moi, ce que je fais à mon petit niveau,
00:23il y a quelqu'un qui le fait à puissance, je ne sais pas,
00:27je n'ai pas la notion de cette puissance-là.
00:32Et je me suis même dit, tiens, tu ne devrais plus chanter,
00:36parce que là, il y a quelqu'un qui fait tellement bien ce que toi, tu penses intérieurement.
00:43Ce n'est pas la peine de faire de doublons.
00:45Puis, bon, comme j'aimais chanter, j'ai quand même continué.
00:49Donc, en plus, j'ai eu l'occasion, j'habite en Bretagne,
00:53et j'ai eu l'occasion de la revoir, parce que l'amitié est née comme ça.
00:57Je veux dire, ça n'est d'ailleurs autour d'une table,
01:00et puis on mange bien et on boit bien.
01:03Et puis, on s'aperçoit que la grosse voix de Colette peut être très douce,
01:08et qu'elle peut, tout d'un coup, elle te regarde,
01:13et puis tu sais que tu es adoptée.
01:16C'est comme, moi, j'ai eu l'impression d'être adoptée.
01:19Alors, j'ai toujours été dans son ombre,
01:22je n'ai jamais été à l'avant-scène par rapport à elle, etc.
01:27Mais ça ne me gêne pas du tout,
01:28parce qu'on a continué à se voir à Paris,
01:33en particulier au Maravedi,
01:35qui a été tenu par une amie catalane,
01:38qui s'appelle Mara Reres,
01:39et qui, d'ailleurs, a chanté avec Colette.
01:44Et c'était une grande amitié entre ces deux personnages,
01:49des grandes discussions entre elles.
01:52Il y avait aussi un chanteur basque, Imanol,
01:55et qui était devenu un ami aussi.
01:57Alors, le problème, c'est qu'on avait quand même
02:00des orientations un peu différentes,
02:03et il y en avait qui étaient plus outrés que les autres,
02:05mais ça permettait de parler longuement.
02:10Et dans ce cabaret,
02:12parce que c'était un restaurant-cabaret,
02:16et Colette venait de temps en temps,
02:19et puis elle chantait, et puis on chantait.
02:21C'était ça, c'était le Maravedi,
02:23c'était un peu un lieu de...
02:24On se regroupait, quoi.
02:26C'était en spectacle, ça.
02:28Alors, oui, parce qu'il y avait le spectacle
02:30qui se déroulait,
02:31Mara chantait ses chansons,
02:33et puis elle me faisait venir,
02:36elle faisait venir des amis,
02:38il y a Jean-Paul Verlier qui venait,
02:40enfin, voilà, il y avait toute une bande, quoi.
02:44Et ça s'est arrêté parce que moi,
02:48j'ai disparu de l'univers parisien,
02:51je suis allée en Franche-Comté,
02:53et on a continué à être en contact avec Colette
02:58par courrier.
02:59Je n'ai eu de cesse de la faire venir,
03:02donc ce qui fait qu'elle est venue
03:03au Nouveau Théâtre de Belfort
03:04dans une programmation où il y a eu
03:08Jean-Roger Cossimon,
03:10on avait fait une nuit de la chanson.
03:12Alors, il y avait des canogardes,
03:13Jean-Roger Cossimon,
03:15il y avait...
03:16Ça y est, j'ai un trou de mémoire.
03:17Le règle et le gros,
03:19Le Petit et le Gros.
03:21Le Petit et le Gros.
03:22Le Gros Soleil.
03:23Oui, mais il faudrait retrouver le nom.
03:27Oui, tu chercheras le programme,
03:30et puis tu diras qui c'était.
03:33Bah, bon.
03:34Et puis, j'ai chanté aussi avec elle,
03:37un petit peu, en Alsace, etc.
03:42Et puis, la dernière fois qu'on s'est vus,
03:48c'était en 96, été 96.
03:52Donc, j'étais descendue avec mon gamin,
03:55qui était bien petit.
03:56Enfin, petit, il y avait 5-6 ans,
03:58je ne sais plus.
03:59Et...
04:01Et bah, j'ai découvert ma collègue
04:03qui était...
04:05qui se sentait un peu abandonnée, quoi.
04:08qui était en train de se battre
04:10en continu avec sa maladie,
04:13qui n'avait pas perdu de sa rage,
04:16qui était toujours pareil,
04:19et qui avait encore un projet,
04:21bien sûr,
04:22qui voulait continuer.
04:25Et puis, oui, oui,
04:26si ce n'est pas cette année,
04:27ce sera une année prochaine,
04:28je retourne sur Paris.
04:30De toute façon, Jérôme Savary,
04:32on fera quelque chose.
04:33Voilà, j'ai un projet.
04:35Alors, c'était un projet top secret,
04:37mais était-il vraiment top secret ?
04:39Enfin, elle m'avait dit,
04:41tu ne le dis à personne.
04:42Bon, alors, peut-être qu'elle l'a dit
04:43à beaucoup de gens,
04:44mais ce n'est pas grave.
04:46Et alors, ce qui était assez incroyable,
04:48c'est qu'elle était tombée amoureuse
04:50de Jean-Paul II.
04:53Je lui ai souligné mon étonnement.
04:55« Si, si, si, tu ne comprends rien.
04:58Jean-Paul II, c'est très bien. »
04:59Et puis, alors, elle me lit un extrait.
05:00Alors, effectivement,
05:01il a écrit des choses intéressantes,
05:03mais je lui ai dit,
05:04« Mais tu ne vas pas faire un spectacle
05:05autour de Jean-Paul II. »
05:08Bon, il y a eu un moment de silence.
05:11Et puis, je lui ai dit,
05:12« Parce que moi, en ce cas-là,
05:13si tu fais ça,
05:15ça serait bien, en contrepartie,
05:18de mettre des extraits
05:20du roman de La Rose
05:21de Jean Demain. »
05:22« Ah, ben oui ! »
05:25Et je lui avais envoyé le livre.
05:28Et elle m'avait répondu,
05:29« Tu sais, donc, en fait,
05:31entre-temps,
05:31elle avait abouti
05:32dans une maison médicalisée.
05:35Rul. »
05:36Et elle m'avait dit,
05:37« Bon, j'ai emporté ton gros livre.
05:40J'espère que j'arriverai à le lire. »
05:44Et au mois de juin 1997,
05:46on sait ce qui est arrivé pour Colette.
05:49Donc, voilà, je suis...
05:53Moi, c'est beaucoup de souvenirs.
05:56Et puis, surtout,
05:58c'est une espèce de colère
06:00qu'elle piquait.
06:01Mais à chaque fois,
06:02c'est vrai que moi,
06:03je l'ai déconnectée.
06:04Enfin, je sortais une plaisanterie
06:06quelconque,
06:07comme je le sais faire.
06:08Ce qui fait que,
06:09alors, bien sûr,
06:10il y avait un mouvement.
06:12Bien sûr, avec toi.
06:14Mais bon.
06:15Voilà.
06:18première rencontre,
06:19donc, Saint-Nazaire.
06:20Est-ce que tu te rappelles ?
06:21Parce que pour moi,
06:22Saint-Nazaire,
06:22un peu chez Colette,
06:23ça évoque...
06:24Ah, Saint-Nazaire.
06:25À ta venue chanson.
06:26Oui.
06:26Est-ce que tu as un souvenir
06:27de cette chanson,
06:30Julia Souvent, là ?
06:31Je ne sais pas si...
06:32Attends.
06:34Moi, c'est terrible
06:35parce que je ne suis pas douée.
06:37Je suis un être
06:38qui est guère doué de mémoire.
06:40J'ai des mémoires affectives
06:41beaucoup plus que...
06:43Ou visuelles ou auditives.
06:45Et je vois la personne
06:48plantée sur scène.
06:51De là à te dire...
06:53Oui, bien sûr.
06:54Ça fait partie de notre mémoire,
06:56toutes ces chansons.
06:58Mais bon,
06:59venir te chanter un extrait,
07:02il n'en est pas...
07:03Je veux dire, non.
07:04Et de toute manière,
07:06je n'aurais jamais songé
07:07à chanter Colette Mailly
07:11parce que, pour moi,
07:14c'était impossible.
07:16Impossible, affectivement.
07:18C'était...
07:19Comme elle avait fait
07:20un projet top secret,
07:22à la limite,
07:22j'avais mon top secret,
07:23c'était Colette.
07:24Et personne ne savait, en fait,
07:27la relation d'amitié qu'on avait.
07:30Marat a disparu.
07:32Marat nous a quittés.
07:35Immanuel n'est plus là non plus.
07:38Et bon,
07:40je restais avec ça en moi, quoi.
07:43Et en plus,
07:44je considère que je n'ai pas la voix.
07:48En réalité,
07:50c'est bien en étant
07:51cinq filles sur une scène
07:52qu'on peut donner
07:54tout le panel de Colette.
07:57Ben oui,
07:58c'est d'ailleurs du grave,
07:59très grave à l'aigu.
08:01On représente
08:02la voix de Colette.
08:03Il en faut au moins cinq,
08:04comme les cinq doigts de la main,
08:05d'ailleurs.
08:09Et de...
08:10Alors,
08:10souvenir,
08:11quand je dis souvenir,
08:12ce n'est pas pour que tu...
08:13Oui, ah bon.
08:14Mais est-ce qu'il y a des...
08:14Non, si, si.
08:16Non, non.
08:17Je pense que chanter,
08:18c'est souvent
08:20en spectacle qu'on le fait
08:21parce que les conditions,
08:23on est là pour ça.
08:23Mais en termes de souvenirs,
08:26par exemple,
08:26de chansons en particulier
08:27de Colette,
08:29est-ce qu'il y a une chanson
08:31ou l'autre
08:31qui était particulièrement touchée,
08:34qui était particulièrement...
08:36À moi,
08:36il n'y en a qu'une,
08:38mais bon,
08:39c'est La mort me hante,
08:41je veux dire,
08:42qui d'ailleurs fait la fin du spectacle.
08:46Quand elle commençait à dire,
08:47j'aurais tellement aimé danser
08:49jusqu'à la fin de mes jours.
08:51Non, c'est...
08:52Et puis,
08:53c'est ce qui...
08:54Le point commun qu'on avait aussi
08:56toutes les deux,
08:56c'est Antonin Arthaud.
08:58Je veux dire que moi,
08:59Arthaud,
09:00c'est...
09:01C'est depuis l'enfance...
09:03Enfin, l'enfance.
09:03Depuis l'adolescence,
09:04quand j'ai découvert Antonin Arthaud,
09:06quoi.
09:07Et savoir qu'elle a...
09:10Qu'elle trouvait des points communs
09:12entre elle et Arthaud,
09:14et c'était vrai, quoi.
09:16C'est vrai qu'il y a des points communs,
09:19que cette espèce de délire,
09:23de...
09:23Comment...
09:24Complètement contrôlé.
09:26C'est ça qui me plaît.
09:27Ce sont des gens qui ont réussi
09:29à nous toucher
09:31à travers une écriture
09:33qui semble un peu...
09:36Comment dire ?
09:37Hors contexte.
09:39On se dit,
09:40socialement,
09:40ils sont où, ces gens-là ?
09:42Et non, non,
09:43parce que si on lit du Arthaud...
09:45D'ailleurs, on n'a pas fini.
09:47On n'aura jamais fini.
09:48C'est trop...
09:48C'est monstrueux,
09:49l'œuvre d'Arthaud.
09:51Mais par exemple,
09:52moi, ça a commencé aussi
09:53quand j'étais étudiante
09:54par rapport à Arthaud,
09:55ce qu'il avait écrit pour Van Gogh.
09:57Et...
09:59D'ailleurs, ça m'a valu
10:00des reproches à l'université
10:03parce que je mélangeais tout,
10:05paraît-il.
10:06Je n'avais pas...
10:07Non, on parlait du peintre,
10:09on ne parlait pas de...
10:11Et de sa maladie
10:12et de sa création.
10:14Et de...
10:15Et les mots d'Arthaud
10:16étaient trop forts
10:17pour une université.
10:19C'est amusant.
10:21Il y a un côté non totalisant
10:22de l'université
10:23qui fait que...
10:24Voilà.
10:25Alors que la chanteuse,
10:26elle,
10:26essaie de rassembler...
10:28Oui, mais on m'a traitée
10:28d'artiste.
10:30J'étais plus une historienne...
10:31Oui, parce que j'ai fait
10:32des...
10:33Malheureusement,
10:33ou heureusement,
10:34j'ai fait des études
10:35d'histoire de l'art
10:37et je ne me tenais pas
10:39en historienne de l'art,
10:40je me tenais en artiste.
10:43Et ce n'est pas ça.
10:44On doit être scientifique,
10:46historien.
10:46C'est les mots qui...
10:48Mais je crois
10:49que je n'ai pas changé, quoi.
10:51Enfin, je veux dire...
10:52Oui.
10:53Il y a ta mémoire
10:54de Colette.
10:55Oui, si je fume,
10:56c'est interdit.
10:57Non, non, du tout,
10:58il n'y a pas de...
10:59Moi, je n'ai pas le fume-cigarette
11:00de Colette.
11:00Je ne l'ai pas donné.
11:02J'aurais dû piquer.
11:03Tu ne pourras pas l'imiter,
11:05donc c'est...
11:05Ben, non.
11:08Mais par rapport à Colette,
11:09est-ce que...
11:10Juste, je change
11:11un petit peu le univers.
11:13Est-ce qu'il y a des gens
11:15qui te paraissent être
11:16dans des proximités
11:17avec ce que Colette faisait
11:19à l'heure actuelle ?
11:20À l'heure actuelle ?
11:22Alors actuelle
11:22ou dans les 25 années-là ?
11:26Écoute, alors...
11:28Alors, tu vas me dire
11:30si j'ai tort aux raisons.
11:32Moi, c'est mon goût propre.
11:39Une chanteuse
11:40qui vient de disparaître
11:41d'ailleurs début janvier
11:42et qui s'appelle Lassa.
11:44Ah, elle est décédée ?
11:45Qui est un être extra...
11:46Oui.
11:47Mais si...
11:48Concert.
11:49Simon, il nous en a parlé.
11:50Oui.
11:51Et j'ai éprouvé pour Lassa
11:53à l'écoute de son premier disque
11:55un peu ce que j'ai éprouvé
11:56pour Colette.
11:58C'est-à-dire...
11:58Moi, je ne comprends pas vraiment
12:00tout ce qu'elle chantait
12:01parce qu'elle chante en espagnol,
12:03je crois.
12:03Lassa, je ne me trompe pas.
12:05Tu peux couper.
12:07Euh...
12:09Et...
12:10C'est...
12:11Non, ce qui fonctionne
12:12dans l'écoute,
12:13c'est la sensibilité.
12:16Enfin, je veux dire,
12:17si...
12:17C'est comme regarder une peinture.
12:19Il y a des gens qui disent
12:20« Oh, mais je ne comprends pas ce qu'il y a. »
12:21Mais je dis aux gens
12:22« Ce n'est pas comprendre
12:24qui est important. »
12:26C'est d'avoir une émotion.
12:28Et si tu n'as pas d'émotion
12:29à ce que tu écoutes
12:30ou à ce que tu vois,
12:32ça n'existe pas.
12:33Enfin, en tout cas pour toi.
12:35C'est tout.
12:36Et je passe d'abord
12:38par l'émotion.
12:40Et là, ça,
12:40c'est exactement
12:41ce qui s'est produit.
12:43Ça tournait en boucle.
12:44Je veux dire,
12:45c'est n'importe quoi.
12:46Enfin, je veux dire,
12:47tu te dis
12:47« Ce n'est pas possible. »
12:49Et voilà.
12:50Voilà mon critère.
12:52Alors, des gens
12:53qui lui ressemblent,
12:54c'est...
12:55Je vais dire,
12:55c'est carrément impossible.
12:56C'est un...
12:57Pour moi,
12:58c'est comme l'ovni,
12:59Colette.
12:59C'est quelqu'un à part.
13:01c'est...
13:02Il y a...
13:02Elle fait partie
13:03d'une tradition
13:06de revendication.
13:07Mais en même temps,
13:09elle fait partie
13:09d'une tradition
13:10d'une amoureuse
13:11des poètes.
13:13J'en fais partie aussi.
13:14C'est-à-dire,
13:15en plus,
13:15elle a mis des poètes
13:16en musique
13:17que j'aime.
13:18Enfin, je veux dire,
13:18elle a...
13:20On s'est retrouvés
13:21même sur le même chantier,
13:23par exemple,
13:25avec Victor Hugo,
13:26aussitôt qu'Amin
13:27te fût venu nu.
13:29J'ai découvert
13:30qu'elle l'avait mis
13:31en musique plus tard
13:31alors que je l'avais mis
13:32en musique.
13:33Et je me dis,
13:33ah bon ?
13:34Voilà.
13:35D'ailleurs,
13:35c'est très dangereux.
13:38Quand on met
13:38un poète en musique,
13:40il ne faut surtout pas
13:40se enquêter
13:41pour savoir
13:42si d'autres l'ont fait.
13:44Alors,
13:44ça peut ne pas plaire,
13:45mais quand ça touche,
13:48on ne peut plus.
13:49Enfin, je veux dire,
13:49je m'interdis
13:50de le mettre en musique
13:51parce que c'est exactement
13:52en fait dans la même...
13:54Tu sais,
13:55dans la même rythmique,
13:57dans la même approche,
13:59dans la même sensibilité.
14:00Donc, je dis,
14:00ben, c'est pas la peine.
14:02C'est vraiment...
14:04Ça s'est produit
14:05pour Gaston Couté.
14:07Je veux dire,
14:08après,
14:09heureusement
14:09que le texte
14:10mis en musique,
14:11je ne l'ai entendu qu'après.
14:13Parce que je ne l'aurais pas fait.
14:14Par qui tu ?
14:14Par Pierron ?
14:15Oui, Pierron
14:16avec les cailloux.
14:18Voilà.
14:19Moi, je ne savais pas
14:20qu'il l'ait mis en musique.
14:21Je fais ça
14:21dans le fond
14:22de ma Franche-Comté profonde.
14:25Et j'ai fait mon disque
14:26et il s'avère
14:28qu'il l'avait lui aussi
14:29mis en musique.
14:30Et c'est vrai
14:30que j'aurais écouté
14:31sa musique
14:32et je ne le faisais plus.
14:33C'est quand même
14:34un hommage
14:34que je viens de rendre.
14:35Je ne sais pas,
14:36mais peut-être que lui aussi
14:37que peut-être Pierron
14:38ont dit la même.
14:39Je ne sais pas.
14:40Ah, ben, je ne sais pas.
14:42Non, non, je ne sais pas.
14:43Moi, c'est ma façon d'être.
14:47Par contre,
14:48pour d'autres textes,
14:51il n'y a pas de souci,
14:52je peux les écouter
14:52et les mettre en musique.
14:54Enfin, je veux dire,
14:55je me dis,
14:56je peux mieux faire.
14:58C'est comme à l'école.
14:59C'est comme à l'école.
15:01Sur l'avenir
15:03de Colette.
15:04Oui.
15:04L'avenir de Colette.
15:05Colette n'est plus là.
15:06Son avenir,
15:08comment,
15:08sa mémoire,
15:11est-ce qu'elle a toujours
15:12une place, en fait ?
15:14C'est ça,
15:14la question posée.
15:15Alors,
15:16en tout cas,
15:16je suis content
15:16que tu la traduisses
15:17comme ça,
15:17mais ça peut être
15:18entre-main.
15:19Oui.
15:19Mais, voilà,
15:20cette place que...
15:22Est-ce qu'elle a encore
15:22quelque chose à nous dire ?
15:23Voilà.
15:24Bon.
15:24Moi, j'ai eu une réponse
15:26à ça,
15:26mais je voudrais entendre.
15:27Je crois,
15:28et même pratiquement,
15:29j'en suis sûre
15:30que oui,
15:31parce que comme elle a abordé...
15:34Enfin,
15:35je veux dire,
15:35au niveau de tout
15:36ce qu'elle a abordé,
15:37c'est monstrueux.
15:38C'est-à-dire qu'elle a...
15:40Elle nous apporte,
15:42en fait,
15:43une tranche de vie,
15:45une époque.
15:46Elle nous l'apporte
15:48toute prête.
15:50On n'a plus qu'à se servir,
15:52à aimer,
15:53à choisir.
15:53Voilà.
15:54On n'est pas obligé
15:55de tout prendre,
15:56mais en tout cas,
15:57c'est son histoire entière
15:58qui existe
16:00à travers ce qu'elle a créé.
16:02Je veux dire,
16:03il y a eu un moment
16:04où il y avait l'histoire
16:05de la petite pintade.
16:07C'était absolument extraordinaire.
16:08D'ailleurs,
16:09je lui avais envoyé
16:10des dessins de pintade.
16:11Elle me dit,
16:11c'est toi qui as fait ça ?
16:13C'est toi qui as fait ça.
16:14Oui, évidemment.
16:15Et alors,
16:16j'ai dit,
16:17non,
16:17c'est mon mari
16:20qui l'a fait
16:20parce que je lui ai parlé
16:21de ta pintade
16:22et comme il est peintre,
16:24il s'est mis
16:26à suggérer
16:27des petites pintades.
16:30Et elle était très contente
16:31de sa pintade.
16:32Ça a duré assez longtemps,
16:33d'ailleurs.
16:34Elle a travaillé longtemps dessus.
16:36Ça a commencé en 69
16:37et elle l'a vraiment
16:39enregistré en 89.
16:40La libération de la pintade,
16:42moi, je veux dire,
16:42il fallait trouver.
16:43Enfin, je me suis pensée,
16:44ben oui.
16:45D'ailleurs,
16:46ça lui a valu un prix
16:46et alors,
16:47elle m'a sorti,
16:48justement,
16:49quand je l'ai vue
16:49l'été, là.
16:51Ouais, alors,
16:52tu comprends,
16:52ils m'ont filé
16:54un prix Charles-Croix
16:55in honorême.
16:56Ils savent que je vais crever.
16:59Paf !
17:00J'ai dit,
17:00oui, Colette ?
17:01Bien sûr.
17:04Il fallait bien
17:05qu'il se disculpe
17:07de leur responsabilité
17:10de m'avoir
17:10complètement ignorée.
17:12C'est ça
17:13qu'elle disait.
17:14Elle ne se leurait
17:15sur rien.
17:16Ça, j'aime bien.
17:17Enfin,
17:17je veux dire,
17:18il n'y avait aucune illusion
17:21sur l'être humain
17:22alors qu'elle était
17:23pleine d'humanité.
17:25Alors,
17:25elle râlait beaucoup.
17:27Bon,
17:27elle râlait beaucoup.
17:29Justement,
17:29sur la pintade,
17:31le sous-titre
17:32de Kevork,
17:33du disque Kevork,
17:34c'est le délit
17:35d'errance.
17:36Oui.
17:39Errance,
17:40chez Colette,
17:41on voit bien
17:41ce qu'elle a visité
17:43dans la forme
17:44de la chanson,
17:45dans les formes
17:46de la non-chanson,
17:48de tout ça.
17:48Mais,
17:49pourquoi délit ?
17:51On est coupable
17:52d'errance
17:53en général.
17:54On n'a pas le droit
17:55d'errer dans la rue.
17:56On n'a pas le droit
17:57d'être SDF.
17:58On n'a pas le droit
18:00d'exister.
18:01Cette pintade,
18:02elle représentait quoi ?
18:03À la limite,
18:04c'était à la fois
18:04l'esclave et le...
18:06Enfin,
18:06je veux dire,
18:07il y avait une référence.
18:09Prendre...
18:09C'est comme
18:09si on prenait
18:10un petit totem
18:11et puis,
18:11en fait,
18:12il porte
18:12toutes les misères
18:13du monde.
18:13et la pintade,
18:16elle finit par se faire cuire.
18:18D'accord ?
18:18Donc,
18:19c'est la faiblesse
18:21et pourtant,
18:22c'est toute l'humanité
18:23qui était à l'intérieur
18:24de cette pintade.
18:25Donc,
18:26je suis en train
18:27de dire des conneries,
18:28alors on va s'arrêter.
18:29Non,
18:30je ne sais plus
18:30où je suis.
18:31Sur la question du délit,
18:32sur la question du délit.
18:33Oui,
18:34pour moi,
18:34ça fait référence
18:37au peuple errant.
18:39D'accord.
18:40Et des peuples errants,
18:41il y en a pas mal
18:41encore aujourd'hui.
18:43Donc,
18:44écoutez le disque
18:45et vous verrez
18:45que ça peut vous concerner.
18:47Elle est immédiatement
18:49contemporaine.
18:49Elle est partie.
18:50Elle est partie
18:51mais elle est toujours là.
18:53Et d'ailleurs,
18:54le public ne se trompe pas.
18:56Et c'est de 7 à 77 ans.
18:58Alors,
18:58il y a des gens
18:59qui l'ont connue,
19:00qui l'ont vue sur scène,
19:02qui me disent
19:03« Ah mais,
19:04on ne savait pas
19:05qu'elle avait fait tout ça. »
19:06C'est-à-dire,
19:07il y a des gens,
19:08ils ont connu
19:08des tranches de vie
19:09de Colette.
19:10Donc,
19:10il y a eu la tranche
19:11très frie,
19:12très...
19:13très fort,
19:14très agressive
19:16et tout.
19:17Il y a eu la tranche
19:18Vietnam
19:18qui était une tranche
19:20beaucoup plus politique,
19:22etc.
19:22Donc,
19:23les cages à tigres,
19:24etc.
19:27Et ce qu'on a essayé
19:28de faire,
19:29c'était justement
19:30de faire revivre
19:32un peu
19:32toutes ces petites tranches.
19:33Bien sûr,
19:34en une heure et un quart,
19:35on ne peut pas
19:36tout dire,
19:36tout faire,
19:37mais qui remontraient
19:39à la fois
19:40cette tendresse,
19:41cette violence,
19:42cette...
19:42Ben,
19:43une humaine, quoi.
19:44On est tous comme ça.
19:45On a nos moments
19:46de violence,
19:47nos moments
19:47de tendresse,
19:48nos moments
19:48de compassion,
19:50nos moments
19:50où la poésie
19:52nous aide à vivre
19:55et on essaye
19:57de démontrer
19:57qu'on n'est pas coupable
20:01d'exister.
20:02À la limite,
20:04cette pintade,
20:04elle était coupable
20:05d'exister.
20:06Elle n'était bonne
20:07que pour une casserole.
20:09Je veux dire,
20:09il y a plein de gens
20:10aujourd'hui
20:11qui sont
20:11ou sur des bateaux
20:13et qui essayent
20:14de vivre mieux,
20:16qui essayent
20:16de changer leur vie
20:18et à qui on reproche
20:20de changer la vie,
20:21de vouloir changer de vie.
20:23Et...
20:25Comment dire...
20:26Qu'est-ce qui aurait...
20:30Nous...
20:32Là...
20:32Enfin,
20:33il y a eu toute une époque
20:34où on colonisait.
20:37Ce qui va nous arriver,
20:39c'est que,
20:41en retour,
20:42il y a toute la misère
20:44qu'on est en train
20:44d'imposer au monde
20:45qui va nous coloniser
20:47et nous montrer
20:48qu'on est complètement
20:50à côté de la vie.
20:53Et c'est ça.
20:53Je veux dire,
20:54c'est ça qui se passe
20:56en ce moment.
20:57Je suis en train
20:57de dire des conneries,
20:58alors on arrête.
20:59Non, non, non.
20:59Non, j'essaie d'expliquer.
21:01Non, non, non.
21:01Tout à fait.
21:01Mais c'est pas des conneries.
21:02Je ne sais pas.
21:03Non, non, du tout, du tout.
21:04Je veux dire,
21:07cette douleur,
21:08cette douleur
21:09qu'elle a ressentie
21:11en elle-même
21:11parce que,
21:12évidemment,
21:13quand on est
21:13un petit pachyderme,
21:15comme elle l'a bien expliqué,
21:18il y a eu le reproche
21:19de ce qu'elle était
21:20elle en tant que,
21:21corporellement déjà,
21:22et il fallait le vivre.
21:25Et délit,
21:26c'était un délit
21:27d'être telle qu'elle était.
21:29pour une artiste,
21:30effectivement,
21:31coupable.
21:32Et là,
21:33quelquefois,
21:33dans le fond,
21:34c'est,
21:34je suis coupable,
21:36mais je vivrai quand même
21:38et j'ai des choses à dire.
21:40Et on est,
21:42non,
21:42on est complètement innocent.
21:44Je veux dire,
21:45on n'a pas choisi
21:45de naître à tel endroit,
21:47on n'a pas choisi
21:47de vivre comme ça,
21:49on n'a pas choisi
21:49ses parents,
21:50on n'a pas choisi
21:50sa famille.
21:51Je suis en train
21:51de reciter
21:54qui vous savez.
21:54donc voilà,
21:56c'est,
21:57et elle,
21:58elle l'a montrée.
21:59Et puis en plus,
22:00elle s'est entourée
22:01de musiciens
22:03qui sont extraordinaires.
22:05Elle a,
22:06elle cherchait.
22:07En plus,
22:07elle était quelqu'un
22:08tout le temps en recherche.
22:10C'était jamais,
22:11même le dernier projet,
22:12c'était encore une,
22:13bon,
22:13la veillée aux Châtaignes,
22:14c'était encore
22:15une idée à elle
22:16qui,
22:17elle l'aurait réalisée.
22:19C'est,
22:19c'est...
22:20Moi,
22:21sur la veillée aux Châtaignes,
22:22elle m'avait dit,
22:23donc elle m'en avait parlé
22:24en 95,
22:25et elle m'avait dit,
22:27d'ailleurs,
22:28elle m'a fait envoyer
22:29ensuite un papier
22:30où elle avait ajouté
22:31à la main,
22:31comme sur ton papier à toi,
22:33il y a ajouté à la main
22:34Hélène Delaveau,
22:35par exemple,
22:35il y avait marqué
22:36les amis de Chansons de l'événement
22:38qui sont les amis de Marseille
22:39et elle disait,
22:42je vais faire en sorte
22:44que tous mes droits d'auteur,
22:45je puisse les récupérer
22:47pour pouvoir payer
22:48ce spectacle,
22:50pour pouvoir payer
22:50à chacun son but,
22:51etc.
22:51Donc,
22:52effectivement,
22:53elle avait,
22:53elle était en train
22:54de calculer
22:55comment elle pourrait le faire.
22:58Et juste,
22:58sur une autre idée
22:59un petit peu
23:00que je voulais te demander,
23:01il y a un bouquin
23:02qui est paru sur Colette,
23:03le seul bouquin
23:03qui soit paru,
23:04d'ailleurs,
23:04moi,
23:04ce qui m'étonne
23:05toujours un peu,
23:06c'est Citoyenne Blues.
23:08Colette Manich,
23:09Citoyenne Blues.
23:10est-ce que toi,
23:11tu l'as lue ?
23:12Non,
23:12je ne l'ai pas lue.
23:13Tu n'as pas lue.
23:13Alors,
23:14il a circulé
23:14et puis,
23:16je ne l'ai pas lue.
23:18Voilà,
23:19je ne l'ai pas lue.
23:19Je veux te faire un cadeau.
23:20Ah oui,
23:21oui,
23:22oui.
23:22Mais l'idée de Citoyenne Blues,
23:24est-ce que ça s'adapte bien
23:25à Colette ?
23:27Indépendamment
23:27de ce qu'il y a dans les livres.
23:32Le blues,
23:33c'est souvent,
23:33c'est quand même
23:34le regret
23:34de certaines choses
23:37qui ne vont pas.
23:38Tu sais,
23:38quand tu recherches,
23:40comment je pourrais dire,
23:42c'est Citoyenne
23:42de la chimère aussi.
23:45Moi,
23:45je suis plus dans le mot chimère
23:46que dans le mot blues.
23:47Je n'ai jamais chanté le blues,
23:49donc voilà.
23:51Mais quand on est utopiste,
23:54quand on veut un monde meilleur,
23:57on a le blues
23:57parce qu'on se dit
23:58quand,
23:59à quel moment
24:00ça se passera
24:01avant nous,
24:02après nous
24:03ou jamais.
24:05Et donc,
24:05on a le blues
24:06parce qu'on se demande
24:08si un jour
24:09le soleil va briller
24:10pour tout le monde.
24:11Mais on reste citoyen,
24:13c'est-à-dire responsable.
24:15Responsable
24:15en tant qu'être humain
24:17dans la société
24:18où on vit
24:19et par rapport
24:20à ses voisins,
24:21par rapport
24:21à son entourage.
24:23Et je pense
24:24qu'elle était comme ça.
24:25C'est-à-dire
24:25qu'elle était
24:28aimante
24:29par rapport
24:29aux autres
24:31mais en se disant
24:33que l'être humain,
24:34il y a des moments
24:35où il est quand même étonnant
24:36et que
24:39quelquefois,
24:40il y a des retours
24:40qui ne sont pas
24:41complètement attendus.
24:43Il y a de ça aussi.
24:44C'est-à-dire que quelque part,
24:45elle était aussi
24:46la petite pintade.
24:47Je veux dire,
24:48elle se disait
24:49« Ils ont essayé
24:51de me cuire,
24:51ils ne m'ont pas eue. »
24:53J'ai l'impression.
24:54J'ai l'impression.
24:56Oui, oui, tout à fait.
24:56Et j'ai un de mes amis
24:57qui souvent,
24:59à qui j'ai fait découvrir
25:00Colette Mani,
25:00alors c'est un musicien contemporain,
25:02donc il a une pratique
25:03de la musique.
25:04La première fois,
25:05je me souviens,
25:06on était avec François Tusk,
25:07et donc c'est un autre François,
25:09et il disait
25:10« J'ai un problème
25:11avec le vibrato
25:12de Colette Mani. »
25:13Et François Tusk,
25:13c'est connerie,
25:14je veux dire,
25:15en gros,
25:16ça a été dit comme ça.
25:16Et puis,
25:17il se trouve
25:18qu'on en a parlé longuement,
25:21et le fait d'en parler,
25:22de parler de Colette,
25:23il dit « Ça me donne envie
25:25de réécouter
25:26ce que tu m'as envoyé sur Colette. »
25:28Et après avoir réécouté,
25:30il me dit
25:31« Je me demande, »
25:32alors ça,
25:33c'est le musicien,
25:34le théoricien aussi,
25:35il me dit « Je me demande
25:36si Colette,
25:37d'une certaine manière,
25:38n'a pas voulu être
25:39une chanteuse noire. »
25:42Oui,
25:43Oui,
25:44alors ça,
25:44elle,
25:45ça la mettait en colère.
25:47Ben oui,
25:48parce que,
25:48en fait,
25:49c'est ce qu'on a essayé,
25:50on l'a poussée
25:52vers cette forme
25:53de chant,
25:55etc.
25:56Elle y excellait,
25:58mais elle a rompu
25:59les ponts avec ça
26:00très rapidement.
26:02On voulait qu'elle soit
26:03l'équivalent,
26:04en blanc,
26:05en blanc,
26:06l'équivalent
26:06d'une chanteuse noire.
26:08Et elle en avait le coffre,
26:09elle en avait les possibilités
26:10et tout.
26:11Et en fait,
26:12elle a,
26:13ça a été amusant
26:15puisque beaucoup plus tard,
26:16elle a fait
26:16les chansons pour Titine,
26:18etc.
26:19Pour dire,
26:20bon,
26:20oui,
26:21je sais faire,
26:22mais je n'ai pas envie
26:24de le faire.
26:25Voilà.
26:26C'est,
26:28et oui,
26:29alors,
26:29on va aborder la génétique,
26:31alors,
26:31pour l'histoire du vibrato.
26:33C'est vrai que,
26:34par exemple,
26:35on sait que les chanteurs
26:38sud-américains,
26:39on s'est aperçu
26:40qu'ils avaient un vibrato
26:42autre que nous
26:43et qui faisaient
26:45ces voix
26:46superbes,
26:47d'ailleurs.
26:48Mais,
26:50je ne sais pas,
26:52je n'ai pas de réponse.
26:53le copain François-Nicolas
26:55qui évoquait la question
26:56de chanteuse noire,
26:57c'était plutôt de dire,
26:59de s'emparer
27:00de la question,
27:01parce qu'il évoquait aussi
27:02un titre qui risque
27:03d'être,
27:04de paraître dans le film
27:05qu'on veut faire,
27:06qui est de,
27:07cette chanteuse du cri.
27:10pour lui,
27:11il y a un côté
27:12cri chanté
27:13de Colette,
27:14et c'est quand il évoquait
27:15chanteuse noire,
27:16effectivement,
27:17elle disait,
27:17d'abord,
27:18je ne suis pas une chanteuse
27:19de blues,
27:19parce que les chanteuses
27:20de blues,
27:20elles improvisent,
27:21moi,
27:21je n'improvise pas.
27:22Après,
27:23elle a montré
27:23qu'elle improvisait.
27:24Qu'elle improvisait.
27:25Mais,
27:25chose qu'elle a fait plus tard,
27:27à la rencontre
27:28avec le free jazz,
27:29mais là,
27:29si tu veux,
27:30c'était plutôt
27:31dans cette sorte
27:32d'expressivité
27:33de pouvoir
27:35être ça.
27:36Alors,
27:36le copain,
27:36il évoquait ça,
27:37il disait,
27:38je ne peux pas en dire plus,
27:40il faudrait que
27:40je l'étudie
27:41d'un petit peu plus.
27:43Tu vois,
27:43je veux dire,
27:44la question un petit peu
27:45de cette expression
27:46du cri
27:48que Colette,
27:49d'ailleurs,
27:49a développé
27:50pendant tout un temps.
27:51Oui,
27:51ah ben ça.
27:52Pour revenir ensuite
27:53à une voix plus chantée.
27:55Alors,
27:56je ne sais pas ce...
27:58Oui,
27:59mais alors,
27:59nomme-moi
28:00des chanteuses
28:01qui ont été
28:02dans le cri,
28:03comme ça,
28:04noires,
28:04des chanteuses noires
28:05qui,
28:06je veux dire,
28:09on la compare
28:09à qui alors ?
28:10Que ce soit
28:11Elaphie Gérald
28:12d'une certaine manière.
28:13J'aurais écouté
28:14Max The Knife,
28:15par exemple,
28:16par Elaphie Gérald,
28:17et je ne m'en étais
28:19jamais aperçu comme ça,
28:21y compris dans sa manière
28:22de chanter,
28:22où d'un coup,
28:23il y a les mains
28:23qui se mettent
28:25en mouvement,
28:26mais de manière,
28:27tu te dis,
28:28mais ce...
28:28Toi,
28:29il y a ce cri-là,
28:30quoi,
28:31voilà.
28:31Je ne sais pas si...
28:32J'ai envie de dire
28:33est-ce que ça
28:34vraiment apporte
28:34quelque chose
28:35au schmilblick,
28:35tu vois,
28:36je veux dire,
28:36de savoir ça.
28:38Parce que,
28:39je ne sais pas,
28:40pourquoi on vous a toujours
28:41comparé ?
28:42C'est vrai que ça me...
28:45Je veux dire...
28:45pour situer ?
28:47Pour situer ?
28:47Mais non,
28:48mais Colette,
28:48c'est Colette.
28:49Le gros problème,
28:50c'est qu'elle a engrangé
28:53des cultures,
28:55des connaissances
28:56et tout.
28:56Elle les a recrachées.
28:58D'ailleurs,
28:58elle a mis du temps
28:59avant de se mettre
28:59à chanter.
29:01Ça a été mûri,
29:02etc.
29:03Elle ne s'est pas
29:03décidé tout de suite.
29:05Et puis,
29:05elle a même été étonnée
29:07que les gens aiment
29:08ce qu'elle faisait.
29:09Donc,
29:13non,
29:13j'ai du mal.
29:14J'ai du mal.
29:15François Tuch,
29:16quand il est venu
29:18présenter son spectacle
29:18à Marseille,
29:19le portrait musical
29:21de Colette Manet,
29:22il dit dans un texte
29:23de présentation
29:24et puis il nous l'a redit
29:26vive voix,
29:27il disait
29:27« Colette n'avait rien
29:29à envier
29:29à aucune chanteuse
29:31noire américaine. »
29:32Ah ben oui,
29:32non,
29:32mais voilà.
29:33Mais ça ne me fait pas
29:36le lien.
29:37Moi,
29:37ça ne me crée pas
29:38un lien
29:38vraiment direct
29:39avec les chanteuses noires.
29:41Je veux dire,
29:41parce que c'est tellement
29:42une autre histoire.
29:45Enfin,
29:45oui,
29:46c'est une autre histoire.
29:47Alors,
29:48moi,
29:48si tu veux,
29:48mon point de vue quand même,
29:49c'est que c'est une autre histoire
29:51mais en même temps,
29:52il y a toute cette volonté
29:53de Colette y compris
29:54quand on a voulu
29:55faire à la chanteuse
29:56de blues française,
29:58bien blanche,
29:59etc.
29:59et qu'elle dit
30:00« Mais non,
30:00moi,
30:00je veux chanter
30:02par rapport à Mello Cotton. »
30:04et elle disait
30:04« Moi,
30:05je veux chanter
30:05la peine et le travail des gens. »
30:07Et Mike Baker,
30:08on peut le citer
30:08puisqu'il a écrit
30:09et ça a été écrit
30:10dans des journaux.
30:11À l'époque,
30:11il disait
30:12« Va faire tes petites chansons
30:13communistes
30:14qui ramèneront
30:15un sens. »
30:16Et François Tusk,
30:17à qui je racontais l'histoire,
30:18il me dit
30:18« Ça ne m'étonne pas
30:19d'un musicien,
30:20y compris noir,
30:22américain,
30:22qui puisse dire ça
30:23parce qu'il y a
30:24une notion du business. »
30:25elle a eu du mal
30:26à rapprocher
30:30de ce monde artistique
30:32qui est vraiment autre.
30:36Elle était trop lucide.
30:38Elle était…
30:40Je ne sais pas.
30:43Enfin bon,
30:43c'est une discussion
30:44de langue à l'aile.
30:45Oui, tout à fait.
30:45Mais bon,
30:46moi, je le pense.
30:46Moi, c'est Woody Guthrie,
30:49elle.
30:51Mais ce n'est pas
30:51les chanteurs,
30:53Enfin, je veux dire,
30:54tu vois.
30:55Donc avec quand même
30:56aussi,
30:56parce que Woody Guthrie,
30:57il y avait une référence
30:59à la chanson américaine
31:01et donc à nouveau le…
31:02Oui, et aux délidérances,
31:04d'ailleurs.
31:05Les hobos,
31:05on y est.
31:06Tout à fait,
31:07on y rendit.
31:07Tu vois.
31:10Juste, peut-être,
31:11je ne sais pas,
31:12après,
31:12on pourra reprendre
31:13la conversation.
31:14Peut-être.
31:14Je me disais,
31:15est-ce que
31:16certainement,
31:19bavard comme tu es,
31:20pas moi,
31:21pas moi.
31:23Ah oui, c'est lui.
31:25Alors, juste…
31:26Non, est-ce qu'on enlève
31:27les piles ?
31:28Non, jamais.
31:29Tu sais,
31:29c'est comme Duracell,
31:30il y a des moments
31:31qu'il faut enlever les piles,
31:32c'est tout du couple contact.
31:33Oui.
31:33Alors, on dira
31:34que c'est du Antonini
31:40ou du Provensona
31:41aussi au couperage.
31:43T'as intérêt à couper.
31:44Si tu avais,
31:46imaginant un instant
31:47que tu avais la possibilité
31:48de dire quelque chose
31:49à Colette,
31:51là,
31:51qu'est-ce que tu lui dirais ?
31:56Ben, qu'elle ne m'engueule pas,
31:57surtout.
31:59Bon.
32:01Non, ben non,
32:02attend, soyons sérieux.
32:03Ben, lui dire quelque chose.
32:04Lui dire,
32:06ben, on continue,
32:07on continue.
32:10On essaye
32:11de ne pas te faire honte
32:13en étant encore sur Terre,
32:16quoi.
32:16C'est ça.
32:17Et que ce qu'elle a dit,
32:19ben, ce n'est pas l'être morte,
32:21c'est au contraire
32:21tout à fait vivant
32:23et qu'on essaiera
32:25qu'il y ait d'autres générations
32:27qui la connaissent
32:29sans l'avoir rencontrée.
32:31Oh, elle est bien,
32:32cette phrase.
32:32Tu la gardes.
32:34Non, c'est trop beau.
32:35Je garde surtout
32:36le c'est trop beau
32:37parce que c'est...
32:38Non, non, non.
32:39Je demande
32:40à regarder l'image après.
32:41Bien sûr,
32:42non, mais tu regarderas.
32:43Quand on aura...
32:44Je refais le montage.
32:46Juste...
32:47Parce que là...
32:48Je vais dire
32:49pour finir,
32:50mais moi,
32:50ça ne sera jamais fini.
32:51Oui, vas-y.
32:53Alors,
32:53si tu avais à dire
32:54quelque chose
32:55à des gens
32:56qui ne connaissent pas Colette,
32:58par rapport à Colette,
32:59qu'est-ce que tu voudrais
33:00leur dire
33:02en juste...
33:03En juste...
33:05Sujet vers complément.
33:06On ne fait pas comme toi.
33:07Multiplié par 180 000,
33:08quoi, je veux dire.
33:14C'est pas seulement
33:17par rapport à Colette.
33:18Parce que vu le travail
33:20que je fais, moi,
33:22où j'essaye de faire connaître
33:23des poètes
33:24que tout le monde ignore,
33:26elle fait partie
33:28de cette famille-là.
33:30C'est-à-dire que...
33:33dans le passé
33:35et dans le passé lointain,
33:37dans le passé proche,
33:38il y a des tas de gens
33:40qui ont eu des idées
33:41plutôt libertaires,
33:44plutôt avancées,
33:46qu'on essaye constamment
33:48d'enterrer,
33:49d'ignorer.
33:51Il n'y a rien de pire
33:52que l'oubli.
33:53Et en fait,
33:55ben voilà,
33:56si je viens vers vous
33:58pour...
34:00pour le dire,
34:01ou pour dire,
34:02ou pour chanter,
34:03c'est quand même
34:05pour que vos oreilles
34:07s'ouvrent un petit peu.
34:08Je ne dis pas
34:09que j'ai entièrement raison,
34:12mais...
34:13il y a...
34:14il y a du grain
34:15et puis si vous vouliez
34:17bien le moudre
34:18et puis en faire
34:19une bonne farine
34:20et plus tard
34:21un bon pain bien doré,
34:22ça serait...
34:23ça serait intéressant
34:24parce que la poésie,
34:26c'est aussi...
34:27la poésie,
34:28la chanson,
34:28Colette,
34:29Colette Mani
34:30et d'autres,
34:33euh...
34:33et ben,
34:34ils sont...
34:36ils n'ont pas existé
34:37pour rien.
34:38Si on...
34:38si nous,
34:39on continue,
34:40c'est justement
34:41pour que
34:43euh...
34:44euh...
34:45il y ait des relais.
34:46Nous sommes des relais
34:48par rapport à ces gens-là.
34:51et euh...
34:52et si vous êtes là,
34:53et bien c'est euh...
34:54vous allez faire fonction
34:55de relais.
34:56Il suffirait qu'il y ait
34:57une personne dans la salle
34:58qui dise,
34:59ben voilà,
34:59je voudrais au moins
35:00écouter un disque
35:01ou lire un texte.
35:03Et bien,
35:03la partie est gagnée.
35:05euh...
35:05même s'il n'y en a qu'un,
35:06c'est dommage qu'il n'y en ait qu'un,
35:07mais on espère
35:09qu'il y en ait beaucoup plus
35:09et que les...
35:11que les gens...
35:12c'est un peu comme
35:13la pratique des livres
35:15qu'on laisse dans la rue
35:16et qui passent de main en main.
35:18Et euh...
35:19c'est ça,
35:20c'est c'est le...
35:21on est uniquement des relais.
35:23Enfin, moi c'est le...
35:24ce métier-là,
35:25je le conçois comme ça.
35:28euh...
35:28je ne me situe pas
35:29en tant que créateur,
35:31mais en tant que transmetteur.
35:33on ne dit pas transmetteuse,
35:34hein.
35:35D'accord.
35:37Ni entremetteuse.
35:37Ni entremetteuse.
35:38Oui, remarquez,
35:39madame Claude.
35:40Bon, alors tu coupes.
35:43Merci, Claude.
35:45Euh...
35:45j'ai dit que des conneries.
35:46Non, non, non.
35:47Non, pas du tout.
35:47Non, même pas.
35:48Ça va sonner, là ?
35:50Non, c'est mon portable.
35:51Ah, c'est mon portable.
35:52Non, je ne dis pas que des conneries.
35:53Non, non, mais...
35:54Mais je m'emporte.
35:56Non, non, non.
35:56Après, dans ces cas-là,
35:58il faut laisser faire, quoi.
35:59En fait, l'idée, c'est...
36:00Moi, j'ai toujours l'idée,
36:01c'est que c'est...
36:02Ça fait partie...
36:03Je dis,
36:04je n'envoie pas le mot interview
36:05parce que ça,
36:06ça me manque.
36:06C'est comme si j'avais une question à poser.
36:08Et que tu as tardé une réponse.
36:09Et à un moment,
36:10tu pourrais me dire,
36:11j'ai dit la bonne réponse.
36:12Non, mais c'est pareil,
36:14c'est dans les jeux aussi.
36:15Non, parce que...
36:16Oui.
36:16Coupe, là.
36:17Dis-moi.
36:17Oui, coupe.
36:18C'est coupé.
36:19Non, c'est pas coupé.
36:19Je trouve que tu vois...
36:22Tu vois...
36:26Je trouve que c'est bien
36:27parce que...
36:28Oh, je dis...
36:29C'est une grande chanteuse.
36:31Elle a révolutionné.
36:33Toi, je trouve que tu la situes
36:36dans l'époque.
36:37Tu la situes par rapport à toi.
36:40Tu vois, parce que moi,
36:41je ne suis pas une...
36:42J'aime bien,
36:43je ne suis pas dans votre délire complet, là.
36:47Non, non, mais...
36:48Comment on prend ça ?
36:49Écoute-moi.
36:50Non, mais...
36:50Non, mais je les en...
36:51Délire, c'est bien, même.
36:52Oui, oui.
36:52Tu l'as employé plusieurs fois, le mot.
36:54C'est vrai.
36:55Tu vois, je ne me contrôle pas.
36:56Et moi, je...
36:57Bon, j'en ai d'autres, probablement,
36:58qui ne sont pas les vôtres.
36:59Oui, d'accord.
37:00Et je trouve que tu as fait un portrait d'elle, là,
37:08qui était...
37:08Comment te dire ?
37:11Justement, tu n'as pas dit c'est, c'est, c'est,
37:13mais tu as dessiné les contours, tu vois.
37:16Et moi, je trouve que ça donne bien.
37:18Ben, pour moi, c'est plus un paysage.
37:21C'est comme un paysage.
37:22Et en plus, ce qui était original,
37:24c'est que tu as un peu battu en brèche
37:27quelques généralités qu'on entend.
37:32Par exemple, chanteuse noire, là, ou le truc.
37:36Voilà.
37:36Et bien, c'est très bien,
37:37parce qu'elle n'est pas du tout de cet avis.
37:40Et Colette, ce n'était pas une chanteuse noire.
37:42Elle avait une voix.
37:43Pourquoi on ne dirait pas des chanteurs noirs
37:45qu'ils ont une voix de Colette Manille ?
37:46Oui, voilà.
37:47Pourquoi on dit que c'est elle qui avait une voix de...
37:49Oui.
37:50Tu vois ?
37:51Et je trouve que ça, tu vois,
37:53moi, ça m'a beaucoup intéressé.
37:54Mais, juste, la question chanteuse noire,
37:58si tu veux, c'était...
37:58Il y a une sorte de métaphore, si tu veux,
38:00qui était employée.
38:02Et alors, elle est portée par plein de choses.
38:04Mais par exemple, le...
38:08Oui, oui, c'est cela.
38:10On met la bande dans l'autre sens.
38:12On revient à zéro.
38:15Pour chanteuse noire, c'est ce que j'ai.
38:17Oui, tu as fait.
38:18Je ne sais plus.
38:20Non, mais il y avait le cri, d'accord.
38:22Oui, il y avait la question du vibrato.
38:25Il y a le vibrato, il y a le cri.
38:26Je me souviens avoir expliqué à François Nicolas,
38:28en lui disant, mais la question du vibrato,
38:30Colette, elle a toujours dit,
38:31moi, je chante comme je chante,
38:33je ne sais pas pourquoi.
38:34Voilà, c'est tout.
38:35On peut expliquer que la langue anglaise...
38:37Comme dirait l'autre, c'est la terre acquise.
38:39Oui, voilà.
38:40Ce qui t'a fait, voilà.
38:41Mais cette voie est acquise.
38:42Elle a toujours été intéressée par le son, Colette.
38:44Oui, oui.
38:45Moi, je me souviens qu'on lui avait envoyé
38:47une revue de décors bière,
38:49dans laquelle on donnait des noms d'outils.
38:51Et elle m'avait dit,
38:52mon Dieu, que c'est joli, ces noms d'outils.
38:54Le bigos.
38:55Elle avait trouvé le bigos.
38:57Elle aimait les mots.
38:58Oui, les mots.
38:59Et elle aimait les mots, les sons.
39:01Jean-Marie Lamblard, qui était le veur de pentade,
39:03qui l'a initiée à la pentade,
39:05disait toujours,
39:07elle avait enregistré des sons de pentade
39:09en 69-70.
39:11Quand même, c'est pas rien.
39:13Donc, et elle ne savait pas faire autre chose.
39:16C'est l'heure des cadeaux.
39:18Elle ne savait pas faire autre chose
39:20que chanter comme ça,
39:22dû certainement au fait qu'elle avait chanté
39:24beaucoup en anglais,
39:25et que le son l'intéressait.
39:26Mais voilà, on ne sait pas...
39:27Oh, merci beaucoup.
39:29Vous avez des petits-enfants ou pas ?
39:30Eh non.
39:31Eh non.
39:32J'espère bien.
39:34Fais voir.
39:35C'est un bouquin que j'ai fait
39:36pour Armand Oliven,
39:39pour le spectacle des petites à petits cubes.
39:40On avait fait un spectacle pour enfants.
39:42Et on l'a créé à Marseille.
39:44Ça a été créé à Marseille.
39:45C'est vrai ?
39:46À quel endroit, Marseille, vous aviez créé ça ?
39:47Le petit théâtre...
39:49Attends, c'est marqué à la trache.
39:50J'ai déjà pu le nom.
39:50Non, c'est pas là.
39:53C'était au Méa Mini, au Mini Théâtre ?
39:56Non, attends.
39:57Chez Vincent ?
39:58Ça a été ?
40:00Ou L'Anche, Théâtre de Lange ?
40:02Je sais que c'est marqué.
40:02C'est marqué quelque part.
40:04Il n'y a pas un générique quelque part ?
40:05Le théâtre du Petit Merlin, le Petit...
40:08Non, non.
40:08Non, non.
40:10Non, non, il n'y a rien.
40:17Ah oui.
40:19Moi, j'aime bien, justement, parce que c'est...
40:25C'est pas du redit.
40:28La sansa, c'est une sansa, c'est...
40:32Oui, hein ?
40:33Oui, ouais.
40:36Mon fils qui est à l'hosto, avec une leucémie, aggravée.
40:45Donc, tous les deux jours, je vais faire du...
40:47Je me déguiserai en...
40:49Bon, mais on est reçus comme des reines, hein.
40:51Oui, c'est gentil.
40:52Attention.
40:53Eh bien, on a été capables, en reprenant le bus,
40:57toute vitre ouverte, de chanter
40:58« Vous n'aurez pas... »
41:00C'est là, le reine.
41:01Et t'avais les pauvres...
41:03Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe.
41:08Donc, voilà.
41:09Mais bon.
41:12Alors, c'est bien, ces images ?
41:14C'est bien.
41:14Merci.
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