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  • il y a 2 jours
Envie de reprendre un peu d’info ? Ça tombe bien c’est le week-end et on peut encore plus prendre son temps. 120 minutes pour revenir sur les événements avec les acteurs de l'actualité.

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00:00De nouvelles embûches sur le chemin de Patrick Bruel, cette fois-ci, elles ne sont pas judiciaires,
00:06elles sont liées évidemment aux affaires qui concernent le chanteur, mais elles concernent sa tournée anniversaire,
00:11la tournée des 35 ans, 35 ans, 35 dates, Simon Bellery, bonsoir, 35 communes, en tout cas c'est ce
00:19qui était prévu.
00:20Finalement, on va voir que ce n'est pas si sûr, peut-être que certaines de ces dates pourraient être
00:24annulées,
00:24parce que, que ce soit à Chartres, à Laval, à Caen, à Orléans, le chanteur n'est pas le bienvenu,
00:30on va écouter.
00:31D'abord, le maire de Chartres, c'est lui qui devait accueillir la première date de la tournée.
00:36Si ces concerts se tenaient, il y aurait très probablement des centaines, voire des milliers de manifestants
00:41qui viendraient perturber la bonne tenue de ces concerts.
00:44Ça nous obligerait, nous, à mobiliser des moyens pour garantir la sécurité et l'ordre public qui sont gigantesques.
00:50On est très inquiets, il y a un malaise à Chartres, énorme sur ce sujet, avec une grande peur que
00:55ça dégénère en réalité.
00:56Donc, moi, en tant que maire, j'entends ce que me disait Chartresin, je veux garantir l'ordre public,
01:01j'en parlerai évidemment le cas échéant avec les services de l'État, mais là, vraiment, c'est ma responsabilité.
01:07Le maire de Chartres, Steven, qui était sur notre antenne, je le disais, il n'est pas le seul, il
01:11parle d'un malaise,
01:12et il faut quand même reconnaître que lorsque l'on a appris, alors cette tournée, on savait qu'elle était
01:17maintenue,
01:18mais avec les derniers développements judiciaires, et notamment la question de l'allègement du contrôle judiciaire de Patrick Bruel,
01:23son départ à l'étranger, son retour en France, et puis à nouveau, l'histoire de cette tournée qui revenait,
01:28on sentait que les choses n'allaient pas sans doute être aussi simples.
01:31En fait, Patrick Bruel s'était acheté trois mois, au mois de juin, en décidant d'annuler ses concerts au
01:36Cirque d'Hiver à Paris,
01:37et toute cette partie de tournée qui était prévue dans les festivals, les festivals étaient montés au créneau,
01:42eux aussi avaient réussi à faire craquer le chanteur, il s'était dit, peut-être qu'à la rentrée, la
01:46tension sera moins forte,
01:48je pourrais, le 2 octobre, au début de l'automne, assurer cette deuxième partie de tournée,
01:52beaucoup plus importante, financièrement parlant pour lui, pour lui qui est son propre producteur également.
01:57En fait, on se rend compte qu'il n'en est rien, et c'est ces maires qui, aujourd'hui,
02:01en cette fin d'été,
02:02montent au créneau, commencent à faire monter la pression, car c'est un petit peu la seule chose qu'ils
02:07peuvent faire, ces maires.
02:08Ils ne peuvent qu'appeler le chanteur à se retirer de lui-même, c'est ce que disent la plupart
02:12des communes,
02:13et seulement les communes ou les agglomérations ou les villes ont des parts financières dans les salles,
02:17par exemple à Reims, c'est une salle 100% privée qui va recevoir le chanteur,
02:21la mairie, elle, dit, on aimerait qu'il se retire, mais on ne peut rien faire.
02:24Donc elles font monter la pression auprès du chanteur, car elles ne peuvent pas, juridiquement,
02:28elles ne peuvent pas unilatéralement casser le contrat que la salle a signé avec 14 productions
02:33à la société de Patrick Bruel, ça n'est pas possible juridiquement,
02:36il est présumé innocent, il n'a pas été déclaré coupable.
02:38À l'heure où on parle, il a sûrement donné des garanties, des garanties de sécurité aussi,
02:42pour l'accueil des personnes qui vont venir à ces concerts.
02:46Donc ils ne peuvent pas annuler ces concerts, les mairies,
02:48ils ne peuvent juste que l'appeler à se retirer.
02:50À Chartres, il y a juste cette question singulière,
02:53qui est qu'en fait, visiblement, il n'y avait qu'une réservation,
02:55le contrat n'était pas signé, une option.
02:58Et donc la mairie dit, s'il ne se retire pas de lui-même, on va casser l'option,
03:01de toute façon, on n'a rien signé avec lui.
03:02Vous l'avez évoqué, Paul Conge, et on va le voir avec vous,
03:06Patrick Bruel, il a des obligations dans son contrôle judiciaire,
03:09certaines ont été allégées, on en a beaucoup parlé,
03:11ça lui a permis d'aller à l'étranger.
03:12Parmi ces obligations, il n'a pas l'interdiction de se produire sur scène ?
03:17Non, ça ne fait pas partie, effectivement, des obligations
03:20auxquelles il est soumis dans le cadre de son contrôle judiciaire.
03:24Il a simplement des mesures assez classiques,
03:26il avait interdiction de rentrer en contact avec les victimes, par exemple,
03:29il avait obligation de soins psychologiques.
03:31La seule interdiction qu'il avait, c'était de fréquenter des salons de massage,
03:34parce que deux des faits pour lesquels il a été mis en examen
03:37se seraient déroulés dans un salon de massage,
03:39et c'est pour ça que cette interdiction portait là-dessus.
03:42Donc la justice ne lui a pas interdit de se produire sur scène,
03:46de se produire lors d'un concert.
03:49On voit, alors il y a cette question, on va y revenir,
03:52de risque de trouble à l'ordre public,
03:53ça c'est ce que disent la plupart des maires,
03:56mais il y a aussi une question morale.
03:57Cynthia Ilouse, bonsoir.
03:59Ces maires, ils évoquent tous l'état du dossier.
04:02L'état du dossier, c'est 32 plaintes,
04:04une toute nouvelle plainte dont on a appris l'existence il y a quelques jours.
04:09C'est un soutien de poids, ces maires,
04:11qui désormais se mêlent aux voix des plaignantes,
04:16de leurs avocats, de leurs avocates et des associations féministes.
04:19Absolument, et en fait, on est obligé, en effet, de dire qu'il est présumé innocent.
04:25Mais présumé innocent, c'est pour la justice.
04:28Ça veut dire que là, sur ce plateau, on ne peut pas déclarer qu'il est coupable
04:31et les maires ne peuvent pas non plus déclarer qu'il est coupable.
04:34En revanche, que sur des raisons d'éthique ou de morale,
04:37on puisse se positionner en tant que politique
04:40ou en tant que directeur d'un établissement culturel,
04:44d'un média, par exemple, puisque moi j'ai un média sur l'égalité femmes-hommes,
04:47on a le droit aussi de dire qu'on respecte la parole des victimes.
04:51Alors, pour les maires, c'est un peu plus compliqué
04:53parce qu'en effet, ils n'ont pas tout à fait le droit de commenter
04:57des affaires en cours juridiques, etc.
05:01Donc là, il s'appuie sur l'éventualité d'un trouble à l'ordre public
05:06en disant qu'il y aurait un trouble, donc on pourrait interdire
05:09pour la sécurité de nos habitants et de nos habitantes.
05:12Et on voit bien qu'il insiste là-dessus.
05:14Pour montrer qu'il ne veut pas que le chanteur puisse venir.
05:19Alors qu'on a bien évidemment compris que lui, ce qu'il veut,
05:22c'est respecter la parole des victimes.
05:25Alors moi, j'ai quand même une autre question, puisque ces dates,
05:27vous me corrigerez, Steven, si je me trompe, mais ces dates,
05:29elles étaient connues avant cette 32e plainte,
05:32peut-être avant cette 31e plainte, peut-être avant...
05:3510 février, la mise en vente des places, c'était le 10 février.
05:38C'était le 10 février.
05:38Patrick Bruel, il est mis en examen il y a quelques semaines.
05:42Dans 4 affaires de viol et d'agression sexuelle, il est témoin et cité dans 4 autres affaires.
05:46Il y a en effet encore des plaintes qui doivent être instruites.
05:51Ils auraient pu aussi, ces maires, réagir avant ?
05:55Oui, c'est ce que je faisais remarquer au maire de Chartres ce matin.
05:58J'ai dit, mais pourquoi ? Pourquoi maintenant ?
05:59Ah oui, je venais d'être élu, j'ai dû prendre connaissance des contrats, etc.
06:04Peut-être, il y a eu l'épidicipale, il y a eu beaucoup de choses.
06:07Peut-être qu'ils ont voulu laisser aussi le chanteur éventuellement, au mois de juin,
06:11annuler l'intégralité de sa tournée de lui-même, ne pas s'en mêler.
06:14Il n'empêche qu'aujourd'hui, de nombreuses mairies et de nombreux maires aussi avaient pris position.
06:18Au mois de juin, le maire de Paris, etc.
06:21Mais comme ils n'ont pas beaucoup de leviers, ils se servent aujourd'hui d'un autre levier
06:25qui est celui de la pression, de la pression médiatique et publique.
06:28Et des habitants, je pense aussi.
06:29Oui, bien sûr, ce qu'il dit, il parle d'un malaise dans sa ville.
06:31Il le dit, le maire de Chartres.
06:34Il dit qu'il y aurait tellement d'associations qui viendraient manifester que ça devient mon père.
06:38Et combien de gens demandent à être remboursés ?
06:40Beaucoup de fans ont demandé publiquement, sur les réseaux, à se faire rembourser leur place et tout.
06:44Le chanteur aurait pu faire ce geste, par exemple.
06:46Il aurait pu dire, je ne sais pas, jusqu'au 31 août,
06:48je vous offre la possibilité de vous faire rembourser vos places.
06:51Et de voir, il aurait pu le voir.
06:53Ça aurait été une forme de référendum public.
06:55Il ne l'a pas fait.
06:57Voilà, maintenant, peut-être que la salle sera à moitié vide
07:00et que des gens décideront, malgré le fait d'avoir payé, de ne pas venir.
07:03De ne pas venir ou peut-être de revendre leur place.
07:05Alors, il y a encore du temps, puisque cette tournée, elle commence à l'automne
07:08et qu'on avait vu, notamment pour ses représentations au Théâtre Édouard VII,
07:11il a essayé de les maintenir pendant quelques soirs.
07:13Et puis, finalement, il avait renoncé.
07:16C'est la salle qui a demandé.
07:17Ça, c'était la salle.
07:18La salle a annulé les dernières représentations, les cinq dernières représentations,
07:21justement parce que la pression était devenue trop forte,
07:23qu'il y avait eu une première manifestation devant.
07:26Il y avait eu surtout une manifestation à l'intérieur de la salle un soir.
07:29Il y a eu des risques, des peurs de nouvelles manifestations
07:32à l'intérieur de la salle, à la toute fin.
07:34Et donc, ils ont décidé d'annuler les dernières représentations.
07:37Le reste des représentations, c'était globalement bien passé.
07:40Ils avaient pu faire leur travail normalement,
07:41mais ça devait être compliqué aussi pour les autres acteurs.
07:43On a parlé de l'aspect moral.
07:45Il y a un aspect pratique.
07:47Quand on est maire, vous le disiez, les dates, elles sont réservées.
07:51Les salles, très vraisemblablement aussi.
07:53Il y a quelques questions sur certaines, puisqu'on parle d'une simple option.
07:57Quels sont les leviers à la disposition de ces maires, Paul,
08:00pour dire, écoutez, si vous n'annulez pas, très bien, mais nous, on va le faire.
08:04Alors, théoriquement, un maire, il a tout à fait le droit d'interdire
08:06un concert ou un événement culturel.
08:09Mais dans le cas de Patrick Bruel, ça peut être très risqué.
08:11En fait, un maire a le droit d'édicter un arrêté municipal d'interdiction
08:15en cas de risque avéré ou grave de trouble à l'ordre public.
08:18Mais ça, ça ne peut être qu'un dernier recours,
08:20parce que c'est une mesure liberticide.
08:22Et donc, ça doit impérativement être nécessaire et proportionné.
08:25C'est ce que dit la loi.
08:26Mais la question que se posent les maires aujourd'hui,
08:27c'est quels troubles font peser les concerts de Patrick Bruel sur l'ordre public.
08:30À ce stade, il n'y en a pas beaucoup.
08:31La polémique qui existe aujourd'hui sur ces concerts ne suffit pas.
08:35Et au cas où il y aurait, par exemple, des manifestations hostiles
08:38qui seraient organisées devant les salles,
08:40ce que pourrait faire Patrick Bruel, c'est anticiper ces troubles,
08:43augmenter le nombre d'agents de sécurité.
08:44On pourrait aussi dire au préfet de dépêcher des CRS sur place
08:47pour maintenir l'ordre.
08:48Et donc, devant le tribunal administratif,
08:50devant lequel Patrick Bruel se tournerait nécessairement,
08:53le juge contrôlerait que ces mesures sont proportionnées.
08:56Et les juges sont quand même souvent protecteurs de la liberté d'expression.
08:59Donc, si jamais la mairie venait à perdre
09:01ce procès, il y aura un risque financier important.
09:04Tout à l'heure, le maire d'une ville concernée nous disait
09:06qu'il expliquait que si jamais la justice donnait raison à Patrick Bruel,
09:09ce serait à sa municipalité, non seulement de rembourser les billets,
09:12mais aussi de dédommager les organisateurs.
09:14Et ça, ça peut se chiffrer à des centaines de milliers d'euros.
09:17Donc, pour des petites villes, ça peut être compliqué.
09:18Le maire de Vaison-la-Romaine disait que c'est 200 000 euros à peu près.
09:21Je l'ai chiffré.
09:22Si on devait...
09:23Voilà, Patrick Bruel, probablement, irait devant les tribunaux pour dire
09:27« On m'a annulé ce concert. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? »
09:30Alors, je voudrais qu'on regarde la carte des villes qui sont concernées,
09:34pas par la tournée, mais des villes dont les maires se sont exprimées
09:38et dont on sait qu'ils souhaitent annuler ou reporter les concerts.
09:44Brest, Paris, Nancy, Toulon, Marseille, Forêt.
09:48Ça, c'est de l'autre côté de la France, je crois.
09:50C'est en Belgique.
09:51C'est en Bruxelles.
09:53D'ailleurs, il y a une question là-dessus qui est intéressante.
09:54Le 16 septembre, Patrick Bruel va savoir si son contrôle judiciaire est toujours allégé.
09:58Que va dire la justice ?
09:59Est-ce qu'il va pouvoir aller se produire à l'étranger ?
10:01Il y a deux dates. Il y en a une en Belgique, une en Suisse.
10:03Peut-être que la Belgique et la Suisse, il ne pourra pas y aller.
10:05Peut-être qu'on lui dira « Non, ça doit être en France. »
10:06Donc, il y aura deux dates d'annulée à nouveau.
10:08Ça va être donc un feuilleton.
10:10Il y a aussi Caen, Laval, Reims, Montpellier.
10:15De plus en plus, la liste est de plus en plus longue.
10:17On verra si on arrive à 35 dans les jours qui viennent.
10:21Vous parliez de ce contrôle judiciaire.
10:22Il a été allégé fin juillet.
10:26Il a pu se rendre à l'étranger.
10:27Patrick Bruel est rentré en France.
10:29Un appel a été interjeté par le parquet
10:31qui souhaitait que ce contrôle judiciaire ne soit pas modifié.
10:35Ce même parquet qui avait demandé le placement en détention provisoire de Patrick Bruel.
10:40L'audience a eu lieu pour le réexamen ?
10:43Cette audience après l'appel du parquet a eu lieu ?
10:45Ou c'est cette audience qui a eu lieu en septembre ?
10:47Celle-ci qui aura eu lieu en septembre.
10:48Elle aura eu lieu en septembre devant la chambre de l'instruction.
10:50Elle aura eu lieu en septembre devant la chambre de l'instruction.
10:52Est-ce qu'avec de possibles risques qu'évoquent les maires de troubles à l'ordre public,
10:57est-ce que ce contrôle judiciaire peut être à nouveau très resserré ?
11:00Je ne sais pas ce qui a été demandé.
11:02En effet, l'une des solutions, ce serait que le contrôle judiciaire interdise de se produire
11:09puisqu'ils ont interdit d'aller dans les salles de massage.
11:10Mais je ne crois pas que ça a été demandé.
11:13Ce n'était pas possible.
11:14Ce n'était pas possible.
11:15Non, parce que les faits pour lesquels il est mis en examen à ce stade
11:17ne se sont pas déroulés dans des salles de concert.
11:19Donc la justice n'a aucune raison de lui interdire de fréquenter
11:22ou de se produire dans des salles de concert.
11:25Mais la justice peut, puisque parmi les nombreuses plaintes qui sont examinées
11:30et celles pour lesquelles Patrick Bruel est déjà mis en examen,
11:35on constate aussi qu'il y a des faits qui sont dénoncés sur son lieu de travail.
11:40Et son lieu de travail, souvent, il y a des émissions de télévision,
11:43mais il y a la scène et des loges.
11:44Et ça, ça se passe pendant un spectacle.
11:46Absolument.
11:47Mais à ce stade, c'est seulement au stade de plainte.
11:49C'est-à-dire que la justice n'a pas encore judiciarisé ses plaintes
11:51et n'a pas encore, disons, mis en examen Patrick Bruel pour ces faits-là.
11:54C'est-à-dire que, pour le moment, il n'a pas été confronté à des juges d'instruction
11:58qui l'ont interrogé sur ces faits-là,
11:59les faits qui se sont déroulés dans des loges ou dans les salles de concert.
12:02C'est pour ça que, pour le moment, ce n'est pas possible.
12:04Mais ce sera peut-être possible, effectivement, plus tard,
12:06si les juges décident de le mettre en examen,
12:08d'estimer qu'il y a suffisamment de charges pour le mettre en examen,
12:11de suspecter qu'il a commis ces faits dans des loges ou des salles de concert.
12:14Et là, ça pourrait être changé.
12:14Je voulais vous faire réagir aussi à un mot qu'a utilisé le maire de Laval.
12:18Le maire de Laval, il dit qu'il faut aussi lever l'OMERTA.
12:23Oui, parce que je crois que ce qu'on voit bien là,
12:26c'est 32 femmes qui témoignent.
12:29Et on a entendu aussi, parmi les personnes hier,
12:32notamment sur votre antenne, des gens qui disaient
12:35« Mais moi, je veux quand même aller au concert,
12:37tant qu'il n'est pas déclaré coupable, etc. »
12:40Et on entend en creux qu'on ne croit pas ces femmes
12:43et qu'elles pourraient peut-être mentir.
12:45Et vous le savez, parce qu'ici, en France,
12:49c'est différent, par exemple, des États-Unis.
12:51Il n'est pas possible pour des femmes de gagner des millions
12:54en faisant des procès pour viol ou agression sexuelle.
12:58Et ce qu'on sous-tend, finalement, c'est de dire
13:00« Ces femmes, elles mentent, elles ont peut-être une raison financière,
13:04elles s'en prennent à quelqu'un qui est fortuné. »
13:06Alors hier, on avait quelqu'un qui disait
13:07« Il a quand même le droit de travailler, le pauvre. »
13:09Je rappelle qu'il a 67 ans, il a le droit à la retraite,
13:12il a gagné des millions.
13:12On n'est pas inquiets sur le fait qu'ils puissent dîner le soir.
13:16Mais là, ce qu'on entend quand même,
13:18c'est peut-être qu'elles mentent,
13:20peut-être qu'elles ont des raisons financières.
13:22Ce n'est pas possible en France,
13:23et je le redis, contrairement aux États-Unis,
13:25où en effet, on peut obtenir des dizaines,
13:27des centaines de millions
13:29si un homme est reconnu coupable d'un viol.
13:32Donc là, l'omerta, c'est aussi de dire
13:34que sans arrêt, les violences sexuelles
13:36sont classées sans suite.
13:38On a aussi ce sujet,
13:40ça va être le sujet des preuves.
13:41Vous le savez, tout le temps,
13:44malheureusement, en France,
13:45il y a 92% des procédures pour viols
13:50qui sont classées sans suite
13:51sur un code 21,
13:53c'est-à-dire que l'infraction
13:54est insuffisamment caractérisée.
13:57Il n'y a donc pas de preuves, par exemple,
13:58de violence ou d'ADN, etc.
14:01Là, on va se retrouver,
14:02de façon assez classique,
14:04avec parole contre parole.
14:06Et en général, lorsque c'est comme ça,
14:08il y a un classement sans suite.
14:09Sauf que là, c'est une parole contre minimum 32 paroles.
14:13Donc ce que vont chercher évidemment les juges,
14:15c'est un faisceau d'indices
14:17pour savoir s'il y a un mode opératoire
14:19et s'ils vont pouvoir déterminer
14:21ce qu'il se passait réellement
14:23en comparant les histoires de toutes ces femmes
14:26sur différentes périodes,
14:27sur plus de 20 ans.
14:28On verra comment sont traitées
14:31les plaintes et les nouvelles plaintes
14:32qui sont arrivées.
14:34Le prochain rendez-vous judiciaire
14:35pour Patrick Boile,
14:36vous le disiez,
14:36c'est le 16 septembre.
14:39Réexamen de son contrôle judiciaire.
14:41On en reparlera évidemment dans ces deux heures.
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