- il y a 10 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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TVTranscription
00:00Mais on va rester sur les affaires américaines, parce qu'il y a Houston et il y a Washington.
00:05Et à Washington, on mesure les humeurs de Donald Trump presque au jour le jour.
00:11Hier, il s'en prenait au sultanat Doman qui le menaçait de bombarder si jamais il négociait avec l'Iran
00:16dans son dos.
00:17Cette fois-ci, il regarde plutôt du côté de Pyongyang que de Séoul.
00:23Alors on va essayer de comprendre, avec justement Antoine Ellard, qui est en direct de Washington pour BFM TV,
00:28ce qui se passe. Pourquoi Donald Trump est-il froissé par la Corée du Sud ?
00:37Alors, en fait, Donald Trump a décidé de réduire considérablement la participation des Américains
00:42à des exercices militaires qui ont lieu en ce moment avec la Corée du Sud.
00:47Exercices destinés à garantir la sécurité de la Corée du Sud face à la menace de la Corée du Nord.
00:52Alors Trump avance deux raisons à cela.
00:54D'abord, il dit qu'il reproche la Corée du Sud de ne pas être allé aider les Etats-Unis
00:59dans la guerre en Iran.
01:01Trump dit qu'il a demandé de l'aide et qu'elle n'est pas venue.
01:04Et dans ces conditions, le président américain estime qu'il n'a pas d'efforts particuliers à faire
01:08pour aujourd'hui défendre la Corée du Sud.
01:10Surtout que, dit-il, ces exercices coûtent extrêmement cher.
01:13Et puis surtout, Donald Trump estime que ces manœuvres militaires envoient un mauvais message à la Corée du Nord,
01:19un message d'hostilité qui n'est pas approprié.
01:22Trump dit qu'il a de bonnes relations avec Kim Jong-un.
01:25Il a d'ailleurs révélé hier dans le bureau Oval devant les journalistes
01:28qu'il a récemment eu un contact avec le dictateur nord-coréen
01:31et qu'il aimerait bien le rencontrer cette année.
01:34Alors vous savez que Donald Trump pense qu'il peut régler tous les problèmes du monde
01:37grâce aux bonnes relations qu'il entretient avec certains dirigeants,
01:40notamment les relations qu'il entretient avec certains dictateurs.
01:43Et là, en l'occurrence, manifestement, il veut à nouveau se rapprocher de Kim Jong-un
01:47dans l'objectif probablement de régler la question du nucléaire nord-coréen.
01:52Alors il faut rappeler que lors de son premier mandat,
01:53Donald Trump s'était déjà rapproché de Kim Jong-un.
01:56Les deux hommes s'étaient rencontrés à trois reprises,
01:59mais ces rencontres n'avaient strictement rien donné.
02:01Au contraire, même, Kim Jong-un dans la foulée avait accéléré son programme nucléaire.
02:06Quoi qu'il en soit, on voit que c'est un schéma qui se répète avec Donald Trump,
02:09le président américain qui semble toujours désireux d'attaquer ses partenaires, ses alliés,
02:15et qui, au contraire, prend plaisir à cajoler les dictateurs,
02:19les dictateurs pour lesquels il a une vraie fascination.
02:22Antoine Larras, Washington, pour BFM TV.
02:24Justement, écoutons Donald Trump parler de ses relations avec Kim Jong-un, le leader nord-coréen.
02:31J'entretiens d'excellentes relations avec Kim Jong-un.
02:34J'espère que cela perdurera, et je pense que ce sera le cas.
02:38Nos relations sont très bonnes, je le comprends.
02:40J'ai passé beaucoup de temps libre à discuter avec lui de sujets
02:43dont nous ne sommes probablement pas censés parler,
02:45et je m'entends très bien avec lui.
02:47Je pense que son pays a un grand potentiel, un énorme potentiel.
02:52Est-il possible que vous le rencontriez cette année, ou peut-être l'année prochaine ?
02:56Eh bien, je rencontre beaucoup de monde, c'est difficile à dire,
02:59mais j'aimerais le rencontrer cette année.
03:02Avec Julien Migoumuller maintenant.
03:03Bonsoir Julien, on va regarder les relations entre Donald Trump et Kim Jong-un.
03:07Bon, ça n'a pas toujours été, comme on dit, la fraternité, la bromance, comme disent les Américains.
03:11Non, d'ailleurs, la première date à retenir, c'est septembre 2017,
03:16avec des menaces et des insultes de Donald Trump à l'encontre de Kim Jong-un.
03:23Nous ne pouvons pas avoir un fou balançant des fusées partout.
03:27Et d'ailleurs, on aurait dû s'occuper de Rocketman, l'homme fusée, il y a bien longtemps.
03:34Bon, là, ça a le mérite d'être clair.
03:36Donald Trump menace dans quelques heureuses, ensuite de détruire totalement la Corée du Nord.
03:41Et le dictateur lui répond en le qualifiant, lisez bien, de gâteux, mentalement dérangé.
03:48Quatre mois plus tard, on est en janvier 2018, c'est la guerre des boutons nucléaires.
03:52Kim Jong-un assure avoir le doigt posé sur son bureau, sur le bouton nucléaire.
03:58Et Donald Trump lui répond, c'est très viriliste, que son bouton à lui est beaucoup plus gros et beaucoup
04:04plus puissant.
04:05Vous aimerez l'image.
04:06Six mois plus tard, nous sommes le 12 juin 2018.
04:09Une spectaculaire réconciliation à Singapour avec une première rencontre historique entre un président américain en exercice et un dirigeant nord
04:17-coréen.
04:17Trump qualifie alors Kim Jong-un de très talentueux.
04:21Quelques mois plus tard, trois mois plus précisément, septembre 2018, après plusieurs échanges de lettres, Donald Trump lâche cette petite
04:28phrase devenue très célèbre.
04:31Il m'a écrit de très belles lettres, des lettres géniales et nous sommes tombés amoureux.
04:37Et enfin, en juin 2019, quelques semaines, quelques mois plus tard, cette image désormais historique que l'on va voir,
04:45c'est Donald Trump.
04:46Regardez, qui arrive dans la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
04:51C'est le 30 juin 2019.
04:53Il devient le premier président américain à se rendre sur ce lieu-là.
04:57Cette image effectivement historique.
04:59Merci, Julien, Amigo, Muller.
05:00C'est vrai qu'on a quand même du mal à le suivre, Donald Trump, là, en ce moment.
05:04Est-ce que c'est pesé ? Est-ce que c'est réfléchi ?
05:07Ou est-ce que c'est fonction de ces sautes d'humeur à Donald Trump, franchement ?
05:12Écoutez, je...
05:13Vous êtes paumé, hein ?
05:15Oui.
05:15J'ai enseigné un bout de temps sur la politique étrangère américaine à Sciences Po.
05:19Et à partir du moment où il y a eu Trump pour le premier mandat, je considérais que je pense
05:25que j'avais plus les capacités d'analyser correctement la politique étrangère américaine.
05:30Il est tellement instable que, moi, je pense que spécialement pour le deuxième mandat, il n'y a plus personne
05:38autour de lui pour le rappeler à l'ordre, si vous voulez.
05:41À l'époque du premier mandat, il y avait quand même des gens sérieux qui pouvaient le calmer, le tranquilliser.
05:47Deuxième mandat, il a les coups d'effranche, il fait ce qu'il veut.
05:49Il est en roue libre.
05:50Je pense qu'il a quand même quelques problèmes cognitifs.
05:53Vraiment ?
05:54Je pense. Je ne suis pas psychiatre ou quoi que ce soit, mais je pense que souvent, il tient des
06:00discours qui sont complètement décousus et qui partent dans toutes les directions.
06:05Oui. Ce n'est pas Donald Trump qui vous appelle, c'est dommage, parce que sinon, on aurait pu avoir
06:09des précisions sur sa politique.
06:11Philomène, c'est vrai que, là, récemment, il s'en prenait à Oman, parce qu'Oman négocie avec l'Iran.
06:16Là, maintenant, il reproche aux Sud-Coréens de ne pas faire le maximum, de ne pas payer les opérations.
06:24Il leur reproche de ne pas l'avoir aidé sur l'Iran.
06:27Il a vraiment une dent contre la Corée du Sud, au point de se tourner vers Pyongyang.
06:30Enfin, ça n'a pas de sens.
06:31En fait, il est très énervé parce qu'il estime qu'ils auraient dû envoyer des soldats pour l'aider.
06:39Il faut rappeler qu'en Corée du Sud, il y a 28 500 soldats américains qui sont postés là-bas
06:43en permanence.
06:44Depuis la fin de la guerre de la Corée.
06:46Exactement. Et en fait, il dit, moi, je vous ai envoyé des milliers de soldats.
06:49Et vous, qu'est-ce que vous faites pendant que moi, je m'engage en Iran ?
06:52Non, mais en fait, quand il dit ça, il regarde ce qui se passe entre la Corée du Nord et
06:56la Russie.
06:57Parce qu'en fait, quand même, il faut bien préciser que Kim Jong-un, ce n'est pas le même
07:00homme qu'en 2018.
07:01Il est beaucoup moins isolé sur la scène internationale parce qu'il a un nouvel ami qui s'appelle Vladimir
07:06Poutine.
07:06Il a déjà envoyé des milliers d'hommes en Russie pour se battre contre l'Ukraine.
07:11Et selon Zelensky, il va prochainement envoyer 30 000 nouveaux soldats sur place.
07:16Ils leur fournissent ces fameux missiles long porté, les KN-23, les KN-24 qui viennent frapper l'Ukraine en
07:22profondeur.
07:23Il faut préciser, en fait, que quand même, il y a aussi ce paramètre que pour la Corée du Nord,
07:28l'Ukraine et la Russie, c'est un laboratoire, une sorte d'exercice géant.
07:33Ça leur permet de former leur armée, de tester leurs missiles.
07:37Donc, ils regardent deux choses.
07:38Ils se disent, il y a une collaboration qui se passe de ce côté-là.
07:41Et par ailleurs, ça leur permet d'entraîner leur armée pour une éventuelle confrontation directe avec la Corée du Sud,
07:47mais aussi potentiellement avec les États-Unis.
07:49Donc, en fait, quand même, Donald Trump, il regarde ça de très près.
07:52Oui, mais quelle est la cohérence, justement, de se rapprocher de Pyongyang dans un cas comme celui-là ?
07:57Moi, je vois, en termes stratégiques, ça n'a aucun sens.
08:00Et les 28 000 soldats américains en Corée du Sud sont là pas juste parce que...
08:04C'est pas juste... ça ne représente pas qu'un coup pour les États-Unis.
08:08C'est absolument vital pour les États-Unis d'avoir des troupes qui sont stationnées et positionnées en Asie-Pacifique.
08:15Donc, c'est un calcul toujours à court terme.
08:19C'est comme un vendeur de voitures.
08:21Je suis désolé, mais...
08:22Sébastien ?
08:22Oui, je crois qu'il faut distinguer la forme et le fond.
08:25C'est-à-dire que sur la forme, évidemment, c'est Donald Trump qui mène la cadence.
08:29Et le désordre mental de son esprit fait que...
08:31Désordre mental, vous parlez de ça aussi, vous ?
08:33C'est vrai que c'est toujours un coup à gauche, un coup à droite,
08:37un pas en avant, un pas en arrière.
08:39Enfin, il y a un côté gaudille qui n'est pas vraiment représentatif des présidents américains jusqu'ici.
08:45Donc, c'est vrai que c'est difficile à suivre.
08:47Mais ça, c'est la forme.
08:48Et moi, je m'intéresserais plutôt au fond.
08:50Et je trouve que sur cette initiative,
08:54c'est plutôt une initiative qui va dans le sens de l'histoire.
08:57L'apaisement.
08:58Voilà un pays, la Corée du Nord et la Corée du Sud,
09:01qui sont, c'est pour ça que je parle de sens de l'histoire,
09:05amenés un jour à se réunifier, un peu comme l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest
09:09l'ont été au moment de la chute du mur de Berlin.
09:12Parce que c'est un pays tiraillé entre le Nord et le Sud,
09:15qui est tiraillé entre deux triangulations d'ingérence étrangère, si vous voulez.
09:23Avec d'un côté le Nord et la Chine et la Russie.
09:27Et là, vous avez très bien expliqué que le Nord dépendait beaucoup de la Chine
09:32et dépend de plus en plus de la Russie.
09:35Donc, plus grande ouverture sur le Nord.
09:37Et là, quand il fait ce geste, Donald Trump,
09:40il marche sur les plates-bandes de la Russie et de la Chine.
09:43C'est-à-dire qu'il donne une envie de déstabiliser un petit peu
09:49les relations entre Pékin et le Nord et la Russie.
09:53– Est-ce que c'est vraiment efficace dans la stratégie ?
09:58Parce que c'est plutôt des rodomontades à la Donald Trump, vous voyez ?
10:02Des foucades à la Donald Trump.
10:04Est-ce que derrière, ça peut faire s'interroger à Pyongyang, à Pékin et à Moscou ?
10:07– Je pense que l'initiative est plutôt bonne.
10:10La question, c'est celui qui la manœuvre.
10:14Parce que c'est vrai que sur la manœuvre, ce que je disais, c'est la forme.
10:17Il se lasse très vite des dossiers, il ne va pas jusqu'au bout,
10:21il s'arrête en cours de route.
10:22Donc moi, j'aurais tendance, c'est pour ça que je parlais de sens de l'histoire,
10:27essayer quelque chose qui n'avait pas été essayé jusqu'avant.
10:31Et puis je parle aussi du côté sud.
10:34Alors le côté sud, évidemment, il ressent une espèce de forme de trahison.
10:38Mais il y a aussi eu des tentatives du côté du sud de tendre la main, justement,
10:43de tendre la main au nord.
10:45Parce que c'est un petit peu, d'ailleurs, tous les pays qui sont alliés des États-Unis
10:50se rendent compte à quel point la fiabilité américaine est extrêmement fragile en ce moment.
10:57Enfin, dans tous les pays, il y a une recherche d'autonomie, d'indépendance stratégique vis-à-vis des États
11:02-Unis.
11:03– D'accord, parce que je posais ma question autrement, est-ce qu'à Pyongyang, Pékin et Moscou,
11:08aujourd'hui, on se dit, tiens, il faut écouter ce que dit Donald Trump,
11:10où on se dit, bon, il en a encore fait une, et puis on passe à autre chose.
11:14– Ah non, mais moi, dans le fond, je n'y crois pas.
11:16Enfin, c'est-à-dire que, je vous parle de la petite anecdote de ce qu'il essaye de faire,
11:20mais…
11:21– Non, c'est à Séoul, on l'a sûrement mauvaise.
11:24Mais à Pyongyang, Moscou et Pékin, on doit s'en fiche, quoi.
11:29Enfin, on ne doit pas lui accorder de grande importance.
11:31– On doit rigoler, mais il met un peu de plat de nom.
11:33C'est-à-dire qu'en fait, le nord appartient à la Chine et à la Russie,
11:37et là, si un jour, ça redébouche sur une rencontre,
11:40bon, ben voilà, il va essayer de…
11:42Mais ça ne débouchera sur rien, je n'ai absolument…
11:45Alors là, aucun optimisme sur le débouché de cette situation,
11:51parce que l'expérience montre, en Iran, en Ukraine, le Groenland, etc.,
11:55ça s'est toujours tourné, terminé, ça fait pchit.
11:59– Non, mais surtout, il faut réexpliquer de quoi on parle.
12:02On parle de Donald Trump qui a dit qu'il allait réduire les exercices militaires.
12:07Mais il y a un effet d'annonce absolument énorme,
12:09parce qu'en réalité, il n'a pas parlé de réduire les effectifs des 28 500 soldats
12:13qui sont postés là-bas.
12:15– Et les manœuvres continuent comme si de rien n'était.
12:17– Et il avait déjà fait ce genre d'annonce en 2018.
12:21Il faut quand même aussi…
12:22– Il voulait vaporiser la Corée du Nord en 2017 ou 2018.
12:25– Il peut très bien dire, il pourrait très bien s'adresser à Séoul en disant,
12:30écoutez, ou via le canal diplomatique, sans en faire État publiquement,
12:34écoutez, là, ce qui s'est passé, ça ne va pas.
12:37Ensuite, je réduis, puis essayons de revoir nos relations.
12:40Sauf qu'il fait ça, et derrière, il double ça d'un message un peu fantasque
12:44sur le leader nord-coréen.
12:46C'est là où on a du mal à voir la Corée.
12:48– Vous parlez de sens de l'histoire, Vietnam, je veux dire,
12:52on a le Vietnam en 75, je veux dire, si on parle de sens de l'histoire,
12:56si les Américains étaient le moindrement fins,
12:58si Trump était le moindrement fins, il se dirait,
13:00on ne va pas répéter l'erreur de 1975.
13:03Dans l'unification du Vietnam, c'est fait avec les communistes qui gagnent.
13:06– Non, non, alors, ce que je veux préciser, c'est qu'évidemment,
13:09il caresse la Corée du Nord dans le sens du poil pour essayer d'obtenir quelque chose,
13:15il n'obtiendra, à mon sens, pas grand-chose, si ce n'est rien.
13:19Mais c'est sa méthode d'essayer de caresser toujours,
13:23d'ailleurs les pires dictateurs, c'est toujours le cas,
13:26dans le sens du poil, pour essayer de leur cirer les pompes, etc.,
13:31leur flatter l'égo, les rendre importants, les rendre…
13:35– Mais là, qu'est-ce qu'ils pourront obtenir ?
13:36Je veux dire, Kim Jong-un ne va pas moins aider la Russie,
13:39ne va pas retirer ses missiles, ne va pas retirer ses hommes du théâtre ukrainien,
13:43ne va pas rompre sa relation avec la Chine pour d'un coup se tourner vers Washington.
13:47– Bien sûr.
13:47– Voilà, donc…
13:48– Non, non, non, mais c'est ce que je veux dire.
13:50– Ou alors il y a une stratégie à long terme qu'on ne voit pas, qu'on ne suppose
13:53pas, quoi.
13:54– Non, mais si c'était une stratégie…
13:55Si c'était un autre chef d'État qui était à la manœuvre,
13:58bon, ça pourrait être le début de quelque chose du commencement
14:00d'un apaisement des tensions entre le Nord et le Sud
14:05pour obtenir une espèce de dialogue, etc.
14:09Et donc c'est ça que je défends, si vous voulez.
14:11Parce que par rapport à, par exemple, l'Iran,
14:12il y a méthode forte et méthode douce.
14:15Essayer de trouver une solution diplomatique
14:17ou rentrer dans une confrontation…
14:20Voilà, donc on a vu en Iran ce que ça a donné.
14:23Pour l'instant, ça n'a pas donné grand-chose,
14:25si ce n'est que les États-Unis ont reculé sur à peu près tous les dossiers iraniens.
14:30Donc je prends là le contre-pied.
14:33Ils décident de faire le contre-pied vis-à-vis de la Corée du Nord
14:37qui a, dans d'autres circonstances, toutes choses égales par ailleurs,
14:40pose un problème pour la sécurité de la région.
14:43Et donc, voilà, mais je ne me fais évidemment aucune illusion sur le résultat.
14:49Pose un problème pour la sécurité de la région,
14:50mais l'arme au pied, tant que la Chine lui dit de garder l'arme au pied
14:53et obéir au doigt et à l'œil aux ordres de Pékin, quoi.
14:55Ces instabilités caractérielles de Donald Trump
14:59ont une incidence très, très importante sur l'ordre mondial.
15:02C'est-à-dire que, comme Sébastien le disait tout à l'heure,
15:05il y a énormément de pays qui commencent à se dire
15:07qu'on ne peut plus se fier sur les États-Unis.
15:08Là, il y a l'Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan
15:14qui viennent d'établir un partenariat, une alliance tripartite.
15:18Ce qui va se produire, à mon avis, avec ce genre d'attitude
15:21de la part de Trump à l'égard de la Corée du Sud,
15:23parce qu'il punit un allié fiable qui est la Corée du Sud,
15:27risque d'entraîner de la prolifération nucléaire.
15:30Les Coréens du Sud sont à deux doigts, justement,
15:32de se lancer dans un programme nucléaire militaire.
15:35Je pense que ça, c'est le coup de grâce.
15:38Les Sud-Coréens, maintenant, ont toutes les raisons du monde
15:41de vraiment y aller, je pense, pour se doter de l'armée plaire.
15:45Puisque vous parlez des humeurs de Donald Trump, Philomène,
15:47voilà, il y a ce qu'il a posté aujourd'hui sur son réseau,
15:51sur True Social, où il montre le détroit d'Hormuz.
15:55Et grosso modo, il dit, c'est aux Américains.
15:57Et puis, regardez, on circule tranquillement, librement,
16:01tout se passe bien à Hormuz.
16:02Ce qui fait que les Iraniens ont dit, non, non, désolé,
16:05il y a toujours des mines, il y a toujours des bateaux bloqués.
16:07Alors que c'est totalement faux, il n'y a aucun navire
16:09qui a passé le détroit d'Hormuz dimanche.
16:12Il me semble qu'il y en avait huit samedis.
16:13Alors, comparé au chiffre du week-end précédent, c'était 31.
16:17Une provocation, j'ai envie de dire, de plus.
16:19Mais il faut recontextualiser aussi, justement, avec...
16:22Ce qu'il dit, c'est ouvert opérationnel,
16:23on a retiré toutes les mines.
16:25Oui, bon, écoutez.
16:26Et puis, non, mais ce qu'il faut recontextualiser aussi
16:28dans ces négociations du détroit d'Hormuz,
16:30très important, c'est qu'il a aussi menacé Omane,
16:32comme vous l'avez très bien précisé,
16:34et Omane, qui était pourtant leur allié dans les négociations.
16:38Enfin, le pays d'Omane, c'est vraiment celui qui fait la navette
16:40entre Téhéran et Washington,
16:42puisque Téhéran dit toujours ne pas négocier officiellement
16:45avec les Américains.
16:47Donc, effectivement, on a du mal à suivre...
16:50La logique derrière tous ces coups d'éclat.
16:54Non, mais c'est clair qu'il n'y a aucune logique.
16:56C'est pour ça que je parlais de désordre un petit peu...
16:58Non, mais c'est pourquoi il n'y a aucune logique ?
16:59Alors qu'on est dans un moment qui est, au contraire,
17:05important pour la paix mondiale,
17:06avec ce qui s'est passé dans le Golfe,
17:08enfin, au Moyen-Orient,
17:10ce qui se passe encore, là, en ce moment,
17:11qui est en train de monter de plus en plus
17:13entre la Russie et l'Ukraine.
17:17Autour de lui, enfin, il y a du monde
17:19qui doit établir une stratégie, normalement.
17:21Ou alors, il fait ce qu'il veut.
17:22Parce qu'il y a une déconnexion, si vous voulez,
17:24entre la gestion des dossiers de type diplomatique
17:27qui sont à l'échelle mondiale
17:29et l'approche de Donald Trump
17:31de promoteur immobilier
17:33dans une approche transactionnelle
17:35de court terme, de bluff,
17:37de poker menteur permanent
17:40qui...
17:41C'est des coups.
17:42Il ne fait que des coups d'éclat, en fait.
17:44Il passe son temps à faire des coups d'éclat
17:46en permanence.
17:47Et donc, il y a, si vous voulez,
17:52une absence totale de cohérence
17:54entre la manière de gérer
17:57des dossiers diplomatiques
17:58sur du temps long,
18:00sur des détails techniques,
18:01sur des discussions,
18:02sur des échanges,
18:03sur des concessions,
18:04sur du travail.
18:05On a vu, par exemple,
18:06le GPOC de Obama,
18:08la négociation du nucléaire iranien
18:10qui a pris deux ans.
18:12C'était une espèce d'usine à gaz diplomatique.
18:14Mais c'était un chef-d'œuvre diplomatique
18:16à l'échelle mondiale.
18:16Qui n'a pas abouti à grand-chose derrière.
18:18Qui n'a pas abouti parce que Donald Trump...
18:21Les Occidentaux s'étaient fait un peu rouler
18:22dans la farine aussi par les Iraniens.
18:24Les Iraniens respectaient l'accord.
18:25C'est Donald Trump qui a rompu l'accord.
18:27Il faut toujours s'en souvenir.
18:28Les Iraniens respectaient l'accord.
18:30L'AIEA le certifiait,
18:33qui respectait l'accord.
18:34Les inspections, etc.
18:35Et Donald Trump a décidé du jour au lendemain,
18:38comme un coup d'éclat, comme toujours,
18:40de le déchirer.
18:41Et il s'est retrouvé,
18:42quelques années plus tard,
18:43avec cette guerre en Iran
18:44qui pollue le monde.
18:45Puisqu'on parle de l'humeur de Donald Trump
18:47et de ses sorties publiques,
18:49ses sorties médiatiques,
18:50Philomène, il y a encore eu celle
18:51face à des confrères de CNN,
18:54vous savez, à propos de l'état de santé,
18:55l'état moral des marins de l'USS Lincoln,
18:58que l'on disait pour certains déprimés.
19:00Il y aurait, paraît-il, eu une
19:01ou plusieurs tentatives de suicide.
19:04Du coup, c'est un autre bâtiment
19:06qui va aller relever l'USS Lincoln.
19:08Voilà ce que Donald Trump a dit
19:09à nos confrères,
19:10notre consoeur de CNN.
19:12Y a-t-il assez de nourriture
19:13à bord de l'USS Lincoln ?
19:15Oui, c'est le cas.
19:17C'était un faux reportage de CNN.
19:20Le Lincoln est en mer depuis un certain temps.
19:22Un bon moment.
19:24Mais au fil des années,
19:25il y est resté bien plus longtemps.
19:28J'étais à une réunion de groupe
19:29et un amiral est venu me voir ce week-end.
19:31C'était un grand rassemblement
19:32et il se trouvait que c'était
19:33un amiral à la retraite.
19:35Il m'a dit
19:36« J'ai servi sur des navires
19:37qui sont restés là-bas
19:38bien plus longtemps que ça, monsieur.
19:39Et je connais des gens
19:40à bord du Lincoln.
19:41Ils disent qu'il est magnifiquement
19:42entretenu et très bien soigné.
19:44Et d'autres personnes
19:44sont allées vérifier
19:45et ont constaté que c'était vrai.
19:47C'était un reportage
19:48mensonger de CNN. »
19:51Philomène ?
19:52Fake news, on les a vues.
19:53Les images,
19:54c'est des images
19:55qui ont été transmises
19:56à des marins sur le navire
19:59qu'ils ont envoyés à leur famille
20:01avec des conditions dégradées.
20:03Et puis, il faut quand même préciser
20:04que ces marins,
20:06ça fait plus de 200 jours,
20:09plus de 260 jours
20:11qu'ils sont en mission
20:12où il n'y a pas eu d'escale.
20:14Il faut préciser ce que c'est.
20:16Évidemment,
20:16ce sont des hommes
20:18qui sont entraînés
20:19pour des missions comme ça,
20:20des missions en plus
20:21où il y a une pression psychologique
20:23parce que vous êtes quand même
20:25dans une phase de combat.
20:27Ce n'est pas un exercice.
20:28Moi, je me suis rendue
20:29sur le porte-avions Charles de Caulle
20:30pas dans le cadre d'un exercice,
20:32dans le cadre d'une vraie mission
20:33où ils combattaient l'État islamique
20:36près de la Syrie et de l'Irak.
20:37Il faut comprendre
20:38que quand vous êtes
20:39sur un porte-avions comme ça,
20:41vous êtes sous terre.
20:43Parfois, vous ne pouvez pas voir
20:44la lumière du jour.
20:45Vous ne pouvez pas voir la mer
20:47pendant plusieurs jours
20:48parce qu'en réalité,
20:49il y a les pilotes
20:49qui sont sur le pont
20:50qui sont un petit peu les stars
20:52mais en fait,
20:52la plupart des gens,
20:53ils sont quelques dizaines.
20:54Toute la logistique,
20:55tous ceux qui les font vivre,
20:56ils sont en dessous.
20:57Il y a un bruit ambiant
20:58des machines en permanence.
21:00Il y a le catapultage des rafales
21:03et vous vivez en fait,
21:04vous n'avez aucune intimité.
21:06Donc, il peut y avoir
21:07un stress du long terme.
21:09Ce ne sont pas des missions
21:10qui sont faites pour être longues
21:11et surtout,
21:12ce qui est dur
21:12pour ces marins américains,
21:13c'est que quand on va
21:15sur une ligne de front,
21:16on a besoin d'un début
21:16et de fin de mission
21:18et là, en fait,
21:19ils n'avaient pas
21:19de fin de mission.
21:20Donc, ils vont être relevés
21:21par le George Washington,
21:22effectivement,
21:23mais qui pose un autre problème
21:24parce que lui,
21:25il est déployé
21:25dans un autre endroit stratégique
21:26des États-Unis.
21:27Merci.
21:28Merci.
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