- il y a 11 heures
Ce mardi 18 août, Guillaume Gerino, directeur de la gestion chez Carlton Sélection, Arnaud Girod, responsable de la stratégie chez Kepler Cheuvreux, ainsi que Dorian Abadie, responsable Bourse chez Meilleurtaux Placement, ont débriefé la séance du jour, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.
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00:04BFM Business, vos placements, nos conseils, BFM Bourse avec Guillaume Sonoraire.
00:09A vos côtés c'est BFM Bourse en banque concentrée jusqu'à 18h, on est toujours dans nos formats d
00:13'été jusqu'à la fin de la semaine,
00:14puis vous retrouverez vos rendez-vous quotidiens BFM Bourse au format habituel à partir de lundi prochain.
00:20Le CAC 40 à quelques instants de la clôture est en baisse aujourd'hui, 0,7% de repris.
00:25Pour l'instant, pour le CAC 40, c'est une sixième baisse d'affilée, six baisses d'affilée, c'est
00:30la pire série depuis janvier dernier.
00:31En janvier dernier, on avait eu une série de sept baisses d'affilée, là on est à six avec cette
00:34baisse qui sans doute se confirmera dans un instant clôture,
00:36donc moins 0,7% en ce moment, 8 518 points pour notre CAC 40.
00:41Nos experts ce soir pour en parler, ils viennent de nous rejoindre, Guillaume Gérineau pour Carlton, bonsoir Guillaume et bienvenue.
00:47Et il est là aussi avec nous, Arnaud Giraud pour Kepler-Chevreux, bonsoir Arnaud.
00:51Bonsoir Guillaume.
00:52Directeur de la stratégie, bienvenue, Dorian Abadie aussi sera avec nous dans un instant pour meilleur taux placement, bien sûr,
00:56bonsoir Dorian.
00:57Le CAC donc est en repli de 0,7% aujourd'hui.
01:01Alors on a des résultats intéressants quand même, notamment aux Etats-Unis, positifs pour ce qui concerne Home Depot,
01:05le groupe de bricolage qui annonce des résultats favorables, le titre gagne 1,4%,
01:10mais Wall Street est quand même en baisse, le S&P 500 perd en ce moment 0,6%.
01:15Le fait marquant de cette séance, messieurs, c'est quand même la poursuite à la hausse des taux obligataires.
01:19On peut tout de suite démarrer là-dessus d'ailleurs, Guillaume.
01:22Le 30 ans américain, le 30 ans américain est à 5,3%, c'est un nouveau plus haut depuis 2007
01:27pour ce 30 ans américain.
01:29Le 10 ans français est à 4,1% aujourd'hui, c'est un nouveau plus haut du 10 ans
01:33français depuis 2009.
01:34Qu'est-ce qui se passe, Guillaume, sur ce marché obligataire ?
01:37Alors oui, les taux longs sur toute la zone américaine et puis aussi sur la zone européenne et asiatique
01:44sont en train de se tendre très fortement.
01:45Donc là, comme vous l'aviez dit, on est en train de retrouver des plus hauts depuis 2007, voire depuis
01:50même 2006.
01:52Et donc, qu'est-ce qui se passe concrètement ?
01:54Pourquoi les taux sont en train de remonter ?
01:56Si on regarde les anticipations d'inflation, elles restent assez stables.
02:00Donc en fait, cette tension de taux qu'on a, c'est des taux réels.
02:03Et donc, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:04C'est-à-dire qu'on a un vrai repricing du coût du capital.
02:07Et en fait, c'est dû à plusieurs choses.
02:08La première, c'est qu'on a de plus en plus de dettes.
02:11On a de plus en plus de déficits.
02:13Si on regarde, par exemple, les charges d'intérêt de la dette aux États-Unis, c'est 3,3%
02:16du PIB.
02:17Donc, c'est record historique.
02:18Donc ça, c'est le premier point.
02:19Le second point, c'est que les taux au Japon sont en train de remonter.
02:22Donc forcément, ça fait un acheteur structurel de moins sur le marché obligataire.
02:26Puisqu'avant, les Japonais finançaient beaucoup les dettes étrangères.
02:29Maintenant, c'est de moins en moins le cas, puisque c'est plus intéressant de rester au Japon.
02:32Donc, au risque de perdre des acheteurs, les acheteurs japonais.
02:35Exactement.
02:35Et en plus de ça, on a une nouvelle concurrence qui arrive sur le marché obligataire.
02:39Concurrence aux États.
02:40C'est les entreprises dans l'intelligence artificielle aux États-Unis.
02:44Et en Europe, les entreprises de défense.
02:46Donc, ça veut dire qu'on a une demande de capital qui augmente,
02:51alors que l'offre reste la même, voire ce contracte, puisqu'on n'a plus le Japon.
02:55Donc, cet effet fondamental qui se dégrade,
02:57les sociétés IA et défense qui ont besoin de capital,
03:00qui interviennent sur le marché obligataire pour lever de plus en plus de dettes.
03:03Et le Japon qui se retire petit à petit,
03:06fait que forcément, on a des taux qui remontent.
03:09Et en plus de ça, dernier point rapidement, c'est sur la Fed.
03:12Étant donné qu'on a quand même un changement de communication,
03:15il y a une prime de terme supérieure qui est demandée par les investisseurs,
03:19puisqu'on a beaucoup moins de visibilité, moins de forward guidance,
03:22moins de communiqué, etc.
03:23Donc, forcément, plus d'incertitude.
03:25Et qui dit plus d'incertitude, dit plus de compensation demandée.
03:28Oui, certains disent que la Fed est en train de perdre le contrôle des taux obligataires américains.
03:32Ce n'est pas qu'elle perd le contrôle,
03:33c'est qu'elle revendique de ne plus vouloir piloter le marché, en fait.
03:36Et ça se traduit donc par une Fed qui, certes,
03:38se remonte vers un statu quo au mois de septembre,
03:40c'est l'anticipation au marché,
03:40mais les taux américains qui, malgré tout, progressent.
03:42Exactement.
03:43Et justement, d'ailleurs, Kevin Walsh l'avait dit la dernière fois,
03:45il dit en fait, le marché obligataire fait le travail à ma place.
03:47Et c'est vrai, puisque les taux sont en train de remonter,
03:50donc les conditions de crédit sont en train de se resserrer d'elles-mêmes.
03:53Là, on a vu, maintenant, il y a un vrai repricing sur la hausse de taux de septembre
03:57qui est passé à 30%, donc comme on l'a dit, statu quo.
04:00Et ce statu quo, forcément, il est le bienvenu,
04:03parce qu'on a des taux qui n'ont pas arrêté de monter,
04:05même le 10 ans qui est à 4,7.
04:07C'est au-delà de la limite acceptable pour Trump qu'il avait définie à 4,5.
04:12Donc voilà, le marché obligataire fait le travail de la Fed.
04:16Après, maintenant, il faut voir comment la Fed va réagir,
04:18parce que la Fed achète massivement des bons du Trésor.
04:21Et Kevin Walsh avait dit que, justement, un de ses objectifs,
04:23c'était réduire le bilan de la Fed.
04:25Donc si elle arrête de le faire,
04:27potentiellement, on va avoir des taux qui vont continuer à se tendre.
04:29Bon, il y a des gros enjeux là.
04:30Et puis ce qui est frappant, c'est que le 30 ans américain a franchi
04:33donc la barre des 5% à 5,3% désormais, donc, à des plus hauts de 2007.
04:39Les taux américains n'arrêtent pas de progresser.
04:40Ça n'empêche pas Donald Trump de continuer de bomber le torse face à l'Iran,
04:43d'expliquer que, alors que la période de négociation avec les Iraniens
04:46touche à sa fin, il n'est pas question de prolonger la trêve.
04:49Il a dit ça il y a quelques heures Donald Trump.
04:50Avant, au printemps, on disait,
04:52bon, quand les taux américains montent trop,
04:53Donald Trump temporise avec l'Iran.
04:55Là, les taux américains montent et sont sur nouveau plus haut
04:57et ne temporisent pas, en tout cas verbalement.
04:59C'est assez nouveau, ça, Arnaud ?
05:00Totalement d'accord, c'est nouveau.
05:01Et en fait, là où pendant longtemps, il a joué de la flûte,
05:06où tous les jours, il venait avec quelque chose de nouveau,
05:08un petit biscuit pour les marchés,
05:09et on disait, ne vous inquiétez pas, là, on est en discussion,
05:11dans deux, trois jours, on va déboucher sur quelque chose.
05:14Il est complètement muet sur ce sujet-là.
05:18Donc, effectivement, il y a une nouvelle période sur ce conflit,
05:21enfin, une nouvelle phase.
05:23Et le Wall Street Journal, quand même, hier,
05:24parlait, d'après des sources d'intelligence,
05:27de services secrets,
05:29qui disaient qu'il n'était pas possible
05:31que l'Iran passe sur une phase offensive,
05:33et non plus défensive,
05:36vis-à-vis des Américains,
05:37et potentiellement des Israéliens,
05:39ce qui, voilà, laisse planer aussi des risques.
05:43Pour l'instant, on sait qu'il y a beaucoup de pétrole
05:44qui circule par le Détroit,
05:46de façon non officielle,
05:49un peu cachée.
05:52Mais, voilà,
05:53ce risque-là est clairement important
05:55pour le marché obligataire.
05:56Oui, et des finances publiques qui se dégradent.
05:58Alors, on parlera de la France dans un instant,
05:59parce que le 10 ans français se tend encore plus que les autres.
06:02On regardera dans le détail,
06:03il y a des phénomènes de marché très intéressants
06:04à suivre aujourd'hui.
06:05Mais les finances publiques américaines, par exemple,
06:07le déficit, là, sur l'exercice en cours,
06:09devrait dépasser de 200 milliards de dollars,
06:11ce qui était anticipé en début d'année.
06:13Les recettes douanières sont moindres qu'attendues.
06:15Et, en plus, l'État fédéral américain
06:16est en train de rembourser à tout va
06:18les droits de douane
06:18qu'il avait aperçus et annulés depuis par la Cour suprême.
06:21Il est en train, l'État fédéral,
06:22de les rembourser, ces droits de douane.
06:23Et donc, cela aggrave encore le déficit
06:25et participe à tendre ce marché obligataire.
06:28En face, il y a de moins en moins d'acheteurs,
06:29vous le disiez, avec moins de japonais,
06:30et la concurrence de nouveaux émetteurs obligataires,
06:33les acteurs de l'IA, par exemple.
06:34C'est Barclays qui chiffre les émissions
06:36d'obligations d'entreprises américaines
06:38sur le marché obligataire
06:39à 1 900 milliards de dollars cette année.
06:411 900 milliards, donc, sur le marché obligataire,
06:43contre 1 440 en 2025.
06:44Tout ça vient aussi concurrencer
06:46les émissions obligataires des États,
06:48les États-Unis, bien sûr.
06:49Et puis, en Europe, l'Allemagne aussi,
06:51qui émet de plus en plus d'obligations
06:53pour financer ses efforts de défense à paix
06:55sur l'ensemble des taux obligataires,
06:56y compris allemand,
06:56puisque le 10 ans allemand est sur un peu haut de 2011 aujourd'hui.
06:58Voilà le phénomène marquant du jour,
07:00la poursuite à la hausse des taux obligataires.
07:02On regardera le cas français dans un instant,
07:03mais d'abord, 17h36,
07:05c'est la clôture ici en Europe.
07:07Et notre CAC, donc,
07:08face à la remontée des taux obligataires,
07:09est en baisse.
07:10Moins 0,8% aujourd'hui,
07:11sixième baisse d'affilée,
07:12ce qui constitue pour notre CAC 40
07:13la pire série depuis le mois de janvier,
07:16où le CAC avait enchaîné à l'époque
07:17sept baisse d'affilée.
07:18On termine quand même à plus de 8500 points.
07:20Malgré tout, on avait bien progressé
07:21depuis du bout du mois d'août.
07:22Il faut malgré tout relativiser.
07:23On reste à 8509 points.
07:25Les valeurs qui se distinguent,
07:26d'abord, STMicroelectronics,
07:27avec la remontée des taux obligataires,
07:29toute la tech souffre.
07:29Les valeurs de croissance,
07:30le Nasdaq perd 1,3% à Wall Street.
07:32Et STM, qui avait bien progressé hier avec la tech,
07:35aujourd'hui repart à la baisse,
07:36moins 7,5% quand même.
07:37On a Schneider et Lestrick,
07:38Legrand aussi,
07:39des valeurs liées aussi,
07:40d'un peu plus loin,
07:41l'intelligence artificielle
07:42qui recule chacune.
07:43Schneider, Legrand,
07:44de plus de 4% aujourd'hui.
07:45Et puis à la hausse,
07:46Essilor Luxottica,
07:47Dassault Systèmes aussi.
07:49Essilor gagne 2,5%.
07:50Dassault Systèmes également hausse
07:52de 2,5%.
07:53On regardera aussi dans un instant
07:54le titre score
07:55qui a perdu du terrain aujourd'hui.
07:57Score après un abaissement d'opinion.
08:00Voilà l'ensemble de la séance
08:01résumée en quelques secondes.
08:03Dorian Abadi nous rejoint
08:04pour Meilleur taux placement.
08:05Bonsoir Dorian.
08:06Bonsoir.
08:06Et d'abord sur le CAC 40,
08:08quel signal cette clôture envoie-t-elle
08:09pour la suite d'après vous ?
08:11Effectivement,
08:12vous évoquiez cette sixième
08:13séance consécutive de baisse
08:16depuis les plus hauts historiques
08:17qui ont été atteints début août.
08:19Finalement,
08:19c'est donc environ 2,80%
08:22sur l'indice français.
08:23Donc c'est avant tout
08:24des prises de bénéfices.
08:24Mais surtout,
08:25je rejoins complètement
08:26ce qui a été dit
08:27au niveau de la menace
08:28des taux obligataires.
08:29C'est un petit peu l'éléphant
08:30au milieu de la pièce
08:31que personne ne semble trop voir
08:33pour le moment
08:33comme si cette menace
08:34était reportée au mois de septembre,
08:35à la rentrée de septembre
08:36pour les investisseurs.
08:37Mais de notre point de vue,
08:38c'était la principale menace
08:39très clairement pour les marchés boursiers,
08:41singulièrement le CAC 40,
08:42avec, pourquoi pas à court terme,
08:44en guise d'objectifs baissiers,
08:45les supports des 8 440
08:46et 8 370 points.
08:48Véritablement,
08:49c'est le grand sujet
08:50qu'il va falloir surveiller
08:51au-delà, bien sûr,
08:52des tensions géopolitiques
08:53entre les États-Unis et l'Iran.
08:55Arnaud,
08:56vous les suivez,
08:56tous les secteurs
08:57sont plus ou moins exposés
08:58à la remontée des taux obligataires.
08:59Quand vous regardez
09:00le comportement de ces secteurs,
09:01qu'est-ce que vous vous dites ?
09:01Parce que tout l'été,
09:02les taux ont monté,
09:03mais les marchés actions aussi
09:04ont plutôt monté,
09:04et donc résisté.
09:05Là, aujourd'hui,
09:06on voit que le marché actions
09:06craque un peu.
09:07Quel secteur se distingue là ?
09:09Alors,
09:10ce que vous venez de dire déjà
09:11est important et intéressant,
09:12c'est-à-dire que,
09:14ça a été dit aussi à l'instant,
09:17c'est-à-dire que,
09:17quand les taux montent
09:18pour, entre guillemets,
09:19des bonnes raisons,
09:19c'est-à-dire une économie
09:21très solide,
09:22en l'occurrence,
09:23ces effets fiscaux,
09:25ce déficit américain,
09:26il vient aider
09:27beaucoup l'investissement
09:28des entreprises,
09:28notamment la big tech américaine,
09:31puisqu'ils ont des grands
09:33cadeaux fiscaux
09:34pour déprécier leurs actifs
09:35plus rapidement.
09:37Et donc,
09:37ça, c'est aussi
09:38ce qui les motive
09:38à investir massivement,
09:40rapidement.
09:40Donc, ça,
09:41si vous voulez,
09:42la contrepartie
09:44de ce déficit important,
09:45c'est une économie
09:46qui va bien
09:47et des investissements
09:48très importants
09:49dans l'IA.
09:50Et on vient de voir,
09:51dans cette phase
09:52des six dernières semaines,
09:53en fait,
09:53ces publications
09:54de résultats,
09:54les semi-conducteurs,
09:56la big tech US,
09:58tout le monde en profite.
10:00L'adoption de l'IA
10:01est massive,
10:02c'est quand même
10:02le phénomène positif.
10:03Ils n'investissent pas
10:04dans le vide.
10:05Ça, c'est quand même
10:05un phénomène très positif.
10:06Donc, on a eu
10:07toute cette phase-là
10:08derrière nous
10:09où les analystes
10:10ont revu à la hausse
10:11leurs estimations
10:12de résultats.
10:13Et maintenant,
10:14on a une phase
10:14qui est moins sympa
10:15où on se dit,
10:16mince,
10:17le taux sans risque,
10:18qu'on sait qu'en plus,
10:19on vient de dire,
10:20qu'il n'y a pas plus
10:20trop sans risque,
10:22monte.
10:22Ce qui veut dire
10:23que nos cash flows
10:24futurs,
10:24il faut les valoriser
10:26avec les taux intérêts
10:27plus élevés,
10:27ce qui fait baisser
10:29quand même
10:29ces cash flows futurs.
10:31Donc, je dirais,
10:32même pour des bonnes raisons,
10:33si les taux d'intérêt
10:34continuent de monter,
10:35on va avoir
10:36des marchés actions
10:38qui baissent,
10:39notamment les secteurs
10:40de croissance,
10:40comme vous l'avez dit
10:40très justement.
10:41Donc, pour vous,
10:42vous partagez l'idée,
10:43Guillaume,
10:43on est dans une phase
10:44où la poursuite
10:45de la hausse
10:45des taux obligataires
10:46pour le marché actions
10:47sera moins indolore
10:48qu'elle n'a été
10:48au premier semestre ?
10:50Ça, c'est sûr.
10:51C'est sûr
10:52parce que, premièrement,
10:53comme ça a été dit,
10:56il y a un vrai effet
10:57de valorisation,
10:57c'est-à-dire que
10:58vous valorisez
10:58les cash flows futurs
10:59avec un taux d'intérêt
11:01qui est plus élevé.
11:01Donc, effet de valorisation,
11:02ça, c'est le premier point.
11:03Le second point,
11:04c'est que, concrètement,
11:05pour une entreprise,
11:06les conditions de financement
11:08se resserrent,
11:08donc c'est plus compliqué,
11:09ce qui fait que les projets
11:10sont de facto
11:11moins rentables tout de suite
11:12puisque vous payez plus
11:14pour emprunter.
11:16Et, troisième point,
11:17c'est qu'auparavant,
11:18on avait quand même
11:18beaucoup de sociétés,
11:20plus grosse partie
11:21des sociétés
11:21qui étaient en bourse,
11:22qui avaient des cash flows positifs,
11:24des free cash flows positifs.
11:25Donc ça,
11:25quand vous avez une remontée
11:26des taux avec des free cash flows positifs,
11:27ce n'est pas une mauvaise chose,
11:28c'est presque une bonne chose.
11:29Par contre,
11:30quand vous commencez
11:30à passer free cash flow négatif,
11:33là, vous devenez sensible aux taux.
11:35Et si les taux se tendent,
11:36donc continuez de monter,
11:37là, ça a un impact
11:39vraiment négatif pour vous.
11:40Donc, on rentre dans cette phase
11:41où on a des free cash flows négatifs
11:43avec des taux
11:43qui n'arrêtent pas de monter.
11:44Donc, forcément,
11:45les secteurs les plus touchés,
11:47c'est-à-dire l'immobilier,
11:48conso discrétionnaire,
11:49la tech avec free cash flow négatif
11:51et une duration longue,
11:53vont souffrir
11:54si les taux continuent de se tendre.
11:55Alors après,
11:56il faudra voir
11:56quelle sera l'intervention
11:57des banques centrales
11:57parce que ça va vraiment
11:59avoir un impact négatif
12:00sur toute l'économie aussi.
12:02Mais je pense que
12:02le principal secteur,
12:04ce sera le secteur immobilier
12:05qui sera le plus touché.
12:06Et parallèlement,
12:07au contraire,
12:07le secteur bancaire cartonne.
12:09C'est vous, Arlo,
12:10qui là-dessus nous interpellez.
12:12Depuis trois mois,
12:12on regardait les performances
12:13des valeurs bancaires.
12:14Incroyable quand même.
12:15BNP Paribas sur trois mois
12:16gagne 25%,
12:18Société Générale plus 21%,
12:19Crédit Agricole plus 17%.
12:21Les banques profitent
12:22des remontées taux
12:22ou ça n'a rien à voir ?
12:24Alors si, si,
12:24ça a complètement à voir
12:26puisqu'en fait,
12:27vous avez très peu d'actifs
12:28qui vous permettent
12:29de vous protéger
12:30des hausses de taux d'intérêt.
12:32Puisque même l'or,
12:33en fait,
12:34l'or,
12:35là,
12:36fait un petit rebond cet été.
12:37Attention,
12:37un peu de danger
12:38parce que justement,
12:39les taux continuent de monter.
12:40Donc,
12:41pourquoi aller acheter de l'or
12:42si vous pouvez avoir
12:42des rendements
12:43plus attractifs
12:44sur les obligations ?
12:46Donc,
12:47les bancaires potentiellement
12:49bénéficient de ces hausses de taux.
12:50Moi,
12:50je dis juste attention
12:51parce que,
12:53encore une fois,
12:53on va peut-être rentrer
12:54dans une phase
12:55où ces hausses de taux,
12:56elles sont un peu moins sympathiques,
12:57y compris pour les bancaires.
13:00Notamment,
13:01sous le risque,
13:01souvent en France,
13:03sous le risque
13:05de valorisation
13:06de ces actifs
13:06dans les bilans
13:07des banques françaises.
13:08Par ailleurs,
13:09les taux qui montent,
13:09quelque part,
13:10ça pénalise aussi
13:11les canards boiteux,
13:12entre guillemets,
13:13qui sont dans les bilans.
13:15Donc,
13:15tout le private equity,
13:17la dette privée,
13:18on va commencer
13:18à reparler
13:19de ces problématiques-là
13:21parce que,
13:22forcément,
13:22elles sont très,
13:23très,
13:23très lévergées.
13:25Donc,
13:26faire quand même attention,
13:27je pense que le secteur
13:28a fait une belle performance
13:30pour tout un tas
13:31de bonnes raisons.
13:32Il génère beaucoup de capital
13:33qu'il rend aux actionnaires.
13:35Donc,
13:35on a des...
13:35Finalement,
13:36aujourd'hui,
13:37si on devait un peu
13:38faire ça conceptuellement,
13:39vous achetez
13:40de la dette obligataire française
13:41à 8 en achetant du BNP
13:44au lieu de l'acheter à 4.
13:45Vous voyez ?
13:46C'est un peu ça,
13:47l'idée.
13:47Mais bon,
13:48c'est l'évergé.
13:49Et avec assez peu de risques,
13:50en plus,
13:50quand même.
13:52Oui,
13:52les banques françaises
13:53et les banques en général
13:55sont en tout cas très solides.
13:57Ça,
13:57c'est sûr.
13:57Oui,
13:58et même si elles ont bien progressé
13:59l'an dernier
14:00et encore depuis le début d'année,
14:01ça reste un secteur
14:01plutôt sous-côté.
14:02Comparément aux banques américaines,
14:04par exemple,
14:04les banques européennes
14:04restent en valorisation
14:05très,
14:06très en retard.
14:07Alors,
14:07on peut s'en réjouir
14:07ou au contraire
14:08sans l'inquiéter,
14:09Guillaume ?
14:09Elles profitent
14:10de la pontification
14:11de la courbe
14:11dans tous les cas.
14:12Donc,
14:13que ce soit
14:14Bear Steepning
14:15ou Bull Steepning,
14:16ça ne change rien.
14:16Enfin,
14:17je pense en tout cas
14:17que c'est quelque chose
14:18de positif
14:19puisqu'elles empruntent
14:19à court terme
14:20et elles prêtent
14:21à long terme.
14:21Donc,
14:21la marge d'intérêt net,
14:22elle continue de monter.
14:24Et puis,
14:25c'est un secteur
14:27qui est sous-valorisé
14:28versus plein d'autres secteurs
14:30qu'on a en Europe.
14:31Par rapport aux bancaires américaines,
14:33je trouve que c'est assez différent
14:34puisqu'on a quand même
14:34une réglementation
14:35qui est très très différente.
14:37Aux Etats-Unis,
14:38il est normal
14:38qu'elle soit plus chère
14:39parce qu'il y a plus
14:40d'activités de M&A,
14:41plus d'activités de marché,
14:43une déréglementation
14:43très forte sur les crédits aussi.
14:45Donc,
14:45forcément,
14:45ils sont bien avantagés
14:46par rapport aux banques européennes
14:48et ça,
14:49c'est déjà dans les cours.
14:50Mais c'est vrai
14:51que la situation macro actuelle
14:53profite plutôt aux banques
14:56via cette pontification
14:57de courbe.
14:57Dorian,
14:58on vous retrouve
14:58d'un point de vue graphique,
14:59technique.
14:59Alors voilà,
14:59on disait sur trois mois,
15:00nos banques françaises
15:01ont toutes progressé
15:02de plus de 20%
15:02après une année 20-25
15:03déjà incroyable.
15:05C'est parti pour durer ou pas ?
15:07Effectivement,
15:08c'est l'un des dossiers
15:08où on appelle
15:09le plus fortement
15:09à la prudence
15:10au temps qu'on est actuellement
15:11collé à des plus hauts historiques,
15:13notamment dans le cas de BNP.
15:14Je rejoins là aussi
15:15ce qui a été dit,
15:15c'est vrai qu'il n'y a pas
15:16forcément de bulles
15:17dans le sens où BNP
15:17se paie autour de 9 à 10 fois
15:19les bénéfices attendus.
15:20Techniquement,
15:21puisque nous sommes sur
15:22des plus hauts historiques,
15:22l'analyse technique
15:23est relativement peu intéressante
15:24dans le sens où
15:25on se repose toujours
15:26sur des données passées.
15:32qui aujourd'hui
15:32s'échangent aux alentours de 109.
15:34Voilà,
15:34donc c'est vrai qu'il y a
15:35quand même un risque
15:36que beaucoup de bonnes nouvelles
15:37soient déjà intégrées,
15:38déjà pricées comme on le dit,
15:39mais techniquement,
15:40pour le moment en tout cas,
15:41la tendance sectorielle
15:42reste haussière,
15:43quoique fragile.
15:44Donc c'est plutôt l'occasion
15:45de prendre quelques bénéfices.
15:46Alors,
15:46on peut se réjouir.
15:46Merci beaucoup Dorian
15:47de nous avoir accompagné ce soir.
15:48Donc plutôt prise de bénéfices
15:49pour vous à venir
15:50sur le secteur bancaire.
15:51On rappelle que le CAC
15:52a perdu 0,8% en clôture.
15:54Sixième baisse d'affilée
15:55pour le CAC,
15:55c'est la pire série depuis janvier,
15:57mais on sort,
15:57enfin on sort,
15:58on est au cœur d'un mois d'août
15:59jusqu'ici très positif.
16:00On relativise malgré tout
16:01cette série de baisse du CAC 40.
16:04Et c'est vrai qu'il y a aussi
16:04un cas français spécifique.
16:06On n'arrête pas de dire
16:06que ce sont les taux mondiaux
16:07qui montent,
16:08alors qu'en problème est global,
16:09personne n'a de problème.
16:10Et il y a un problème en plus,
16:11c'est la France.
16:12Un petit village gaulois,
16:13encore pire que le reste
16:14sur le marché obligataire.
16:15L'écart de taux,
16:15ça vous fait rire,
16:16mais c'est horrible,
16:17parce que c'est terrible,
16:17on est tous concernés, Arnaud.
16:19C'est la réalité.
16:20Bon, le 10 ans français,
16:22voilà,
16:23progresse ce temps,
16:24ce 10 ans français,
16:25plus que les autres taux européens.
16:26Le 10 ans français est désormais
16:28au-dessus de tous les taux
16:29d'Europe du Sud,
16:29cet été,
16:30on est passé au-dessus
16:31des taux italiens,
16:32c'était déjà le cas
16:33vis-à-vis de l'Espagne,
16:34du Portugal et de la Grèce.
16:35Et puis,
16:35l'écart de taux avec l'Allemagne
16:37atteint 85 points de bas,
16:39c'est le pire spread
16:40entre la France et l'Allemagne
16:41depuis octobre dernier,
16:41on était alors en pleine crise budgétaire,
16:43là on est juste
16:44en plein mois d'août.
16:45Il y a un problème spécifique
16:46sur la France
16:47qui manifestement
16:48est en train d'émerger,
16:50en faisant plus explicitement,
16:51Guillaume ?
16:52Oui, alors exactement,
16:53et ça vous l'avez très bien dit,
16:54je pense que ce qu'il faut regarder
16:55c'est le spread d'Oatheboun,
16:56donc 10 ans,
16:57rendement du 10 ans français
16:58contre le rendement
16:59du 10 ans allemand.
17:00Il y a un an,
17:00on était à peu près à 60 BP,
17:02on est à 85,
17:03donc 25 BP de plus.
17:04Il y a un an,
17:05on avait des taux
17:06qui étaient 1% en dessous.
17:07Ce qui veut dire que
17:08sur les trois quarts de la hausse
17:10qu'on a eue depuis un an,
17:11c'est dû aux effets de marché,
17:13c'est dû à la hausse mondiale.
17:14Par contre,
17:15un quart de la hausse
17:16est vraiment le risque
17:17idiosyncratique,
17:18le risque systémique français.
17:20Et pourquoi il se matérialise maintenant ?
17:22C'est la bonne question.
17:23C'est parce que justement,
17:24on approche d'une période
17:26avec beaucoup plus d'incertitudes,
17:27notamment politiques.
17:28L'année prochaine,
17:28on a des élections,
17:29des élections présidentielles.
17:32On a aussi le vote du budget
17:33de la voie de finances
17:34qui va être faite cette année.
17:35Et donc tout ça fait que
17:37on a moins envie
17:38de prêter à la France,
17:39étant donné qu'on ne sait pas
17:40qui va prendre les rênes
17:41et va gouverner le pays.
17:43Et en plus,
17:44on a des partis politiques
17:45qui ne sont pas forcément pro-marché.
17:47Des partis politiques
17:48qui sont donnés gagnants,
17:50qui ne sont pas forcément pro-marché
17:51et pas très rassurants
17:52pour les créanciers de la France.
17:55Donc forcément,
17:55il y a un premium
17:56qu'il faut payer.
17:57Et ça,
17:58ça se voit tout de suite
17:58sur l'OAT 10 ans
17:59qui est, je crois maintenant,
18:0015 BP au-dessus
18:01de celui de l'Italie.
18:03Oui,
18:03et c'est vrai que
18:04les taux français
18:05se tendent plus
18:06que les autres taux européens.
18:08Ça se voit aussi
18:09dans les coulisses de marché.
18:10Les contrats à terme
18:10sur les obligations françaises
18:12montrent des positions short
18:13en hausse
18:14sur la dette française
18:14tout au long de l'été.
18:16Arnaud,
18:16on verra si ça se confirme
18:17encore à la rentrée.
18:18Mais oui,
18:18des positions short
18:19qui de plus en plus
18:20se concentrent manifestement
18:21sur la France.
18:22Et les experts
18:23de Natixis
18:23nous disent que,
18:24à leurs yeux en tout cas,
18:2625 points de base
18:27d'écart
18:28entre la France
18:28et l'Allemagne,
18:2925 points de base
18:30du spread
18:30qui sépare
18:31le taux de 10 ans français
18:31et allemand
18:32est directement dû
18:33aux interrogations politiques,
18:35à la présidentielle à venir
18:36qui fait peur au marché.
18:37Comment vous regardez ça ?
18:38Le 10 ans français
18:39à plus de 4,5 % ?
18:40Ce qui est inquiétant
18:41sur la France,
18:42c'est que là,
18:42on a un avion sans pilote.
18:45C'est-à-dire qu'on a un gouvernement
18:46qui n'a pas de majorité,
18:47qui ne peut pas faire grand-chose.
18:50Et donc,
18:50est-ce que le marché
18:51regarde ça en se disant
18:52« Bon, de toute façon,
18:53j'ai des élections bientôt
18:54donc je ne vais pas massacrer
18:55la dette française
18:56avant de voir
18:57le résultat de ces élections ? »
18:58Ou à l'inverse,
18:59est-ce que le marché panique
19:01en se disant
19:01« Là, si j'ai un décrochage
19:05du budget,
19:06qui va prendre les mesures ?
19:08Comment ?
19:08Avec quelle majorité ?
19:10Est-ce qu'on peut vraiment
19:11aujourd'hui gérer le pays ? »
19:12Et donc,
19:13je prends peur
19:14et au contraire,
19:15je vends mes positions
19:16sur la dette française.
19:17Je pense que,
19:18moi,
19:18je n'ai pas la réponse.
19:20Je pense que ce spread
19:21de 85 points de base
19:22en réalité,
19:23il est assez serré,
19:24de même que le spread
19:25Italie-Allemagne
19:27est très serré.
19:28On a l'impression
19:29que depuis quelques années,
19:30il y a une espèce
19:31de reconvergence
19:32des dettes obligataires
19:34européennes
19:35vers une espèce
19:37de moyenne européenne
19:39sans qu'il y ait
19:40autant de divergences.
19:41Pourquoi ?
19:42Parce que l'Europe,
19:42de plus en plus,
19:43se comporte
19:44en entité institutionnelle
19:48homogène.
19:48On a vu,
19:49après le Covid,
19:50qu'il y a eu
19:51tout un plan de relance
19:52qui a été financé
19:53en Espagne,
19:54en Italie,
19:55au Portugal,
19:57avec de l'argent
19:58qui a été émis
19:59de façon mutualisée.
20:02Et donc,
20:03la prime allemande
20:04de plus en plus,
20:04finalement,
20:05a diminué.
20:06Et puis,
20:06eux,
20:06se mettent,
20:06comme vous l'avez dit,
20:07à réémettre beaucoup
20:08et à terme,
20:09à s'endetter beaucoup plus.
20:11Donc,
20:12pour moi,
20:12la question aussi,
20:13c'est est-ce que les Allemands,
20:14finalement,
20:14vont réussir
20:15à faire autant
20:15de plans de relance
20:16qu'ils voulaient faire ?
20:17Parce que la question
20:18de la France,
20:19finalement,
20:19et de l'Italie aussi,
20:21les pressurisent.
20:22C'est ce qui se passe
20:23au Japon,
20:23c'est toute la question.
20:24Les Américains
20:25essaient de dire aux Japonais,
20:26les gars,
20:26oubliez le plan de relance,
20:27vous n'avez pas les moyens.
20:29Et en plus de ça,
20:30ça fait monter
20:30notre propre coût
20:31de la dette
20:31à nous aux Etats-Unis.
20:32Donc,
20:33oubliez ça.
20:33Et je pense que,
20:34voilà,
20:35ce n'est pas impossible
20:36qu'on arrive aussi
20:36dans ces questions-là.
20:37Donc,
20:37en Allemagne,
20:38oui,
20:38vous vous dites,
20:39il y a un cas français,
20:40manifestement,
20:40et le spread de la France
20:41avec les autres taux européens
20:42s'écartent.
20:43Donc,
20:43il y a un cas spécifique français.
20:45Mais il y a aussi
20:45quand même des interrogations
20:46que les Allemands
20:47doivent avoir en tête
20:47parce que leur plan de relance
20:49nécessite un coût de refinancement
20:51qui ne soit pas trop élevé
20:52si possible.
20:52Sauf que les coûts de refinancement
20:53sont sur les plus hauts
20:54sur le 10 ans allemand
20:55depuis 2011.
20:56Donc,
20:57c'est une question pour vous.
20:58Il n'est pas garanti
20:58que ces plans de relance
21:00soient véritables
21:00ou de plans d'investissement
21:01dans les infrastructures
21:02et de la défense
21:02soient véritablement tenus.
21:03Je pense que de plus en plus
21:04les questions
21:05pour les Français
21:06et les Allemands,
21:07ça va être plutôt
21:08qu'est-ce qu'on essaie
21:08de faire ensemble
21:09pour faire une Europe
21:10qui croit plus vite
21:11plutôt que toi
21:12tu fais ton petit plan de relance
21:14dans ton coin
21:14et moi je fais
21:15une grosse austérité
21:17très violente.
21:18On ne peut pas la faire.
21:19Je veux dire,
21:20là-dessus,
21:20certains politiques ont raison.
21:22Il faut essayer
21:22d'améliorer
21:23la croissance potentielle
21:25de l'Europe en général
21:26plutôt qu'essayer
21:27de faire une grosse austérité
21:28très violente.
21:29On l'a vu en Italie,
21:30ça ne marche pas.
21:31C'est même potentiellement
21:32un facteur de risque.
21:36Néanmoins,
21:36ça ne veut pas dire
21:37qu'en France,
21:37on fait tout bien.
21:38Je pense qu'il y a
21:38des décisions
21:38qui doivent être prises,
21:40ça c'est clair,
21:40sur les retraites en particulier.
21:43Oui,
21:43le mois dernier,
21:44c'est Bercy
21:45qui révisait à la baisse
21:46sa prévision de croissance
21:47pour cette année,
21:48la faisant passer
21:49de 0,9%
21:49à seulement 0,7%
21:51pour cette année
21:51et parallèlement,
21:53il y a de plus en plus
21:53d'acteurs qui nous disent
21:54que le coût des incendies,
21:55par exemple de la canicule
21:56et de la sécheresse,
21:57tout ça va accroître encore
21:58sans doute la pression
21:59sur les finances publiques.
22:00Le gouvernement a annoncé
22:01des aides à venir
22:02aux agriculteurs
22:03parfaitement légitimes,
22:04mais les vents au contraire
22:05soufflent très très fort
22:06sur les finances publiques.
22:08Chaque choc exogène
22:09est de plus en plus catastrophique,
22:10c'est normal,
22:11on est de plus en plus faible.
22:12Là, on a une croissance potentielle
22:13d'ici 2030 en zone euro
22:15à 0,8%.
22:16Avec les niveaux de dette
22:17qu'on a,
22:18c'est absolument ridicule.
22:19Donc quand on est
22:20comme la Chine
22:21ou comme les Etats-Unis,
22:22même si les Etats-Unis
22:23ce n'est pas parfait,
22:24mais qu'on a de la croissance,
22:25on peut avoir de la dette,
22:27c'est quand même un effet
22:28derrière multiplicateur
22:28de la dette,
22:29mais quand vous n'avez
22:30plus de croissance
22:30ou une croissance potentielle
22:31à 0,8%,
22:32comment vous remboursez
22:32votre dette ?
22:33À moins de se ré-endetter
22:34et de là faire des bons choix
22:36dans des secteurs d'avenir,
22:37sinon c'est vraiment
22:38de plus en plus compliqué
22:39et puis c'est un cercle vicieux.
22:41Parce que quand vous commencez
22:42à devoir avoir
22:43des charges d'intérêt
22:44qui sont supérieures
22:45à votre budget
22:46de l'éducation nationale
22:47ou de la défense
22:48ou des investissements
22:50dans les transitions
22:52écologiques ou numériques,
22:53là vous êtes
22:54de plus en plus bloqué.
22:55C'est-à-dire que tout ce
22:56que vous récoltez
22:56en termes d'impôts
22:57part à vos créanciers.
22:59Pas pour rembourser la dette,
23:00pour rembourser
23:01les intérêts de la dette.
23:01Donc c'est absolument catastrophique.
23:03Et on le voit aujourd'hui
23:04même en Allemagne.
23:05En Allemagne,
23:06on a des chiffres records
23:07sur des défaillances
23:09d'entreprises.
23:10Alors ce n'est pas forcément
23:11des faillites,
23:12mais c'est des fermetures
23:13d'entreprises.
23:14Donc là,
23:14on est sur un chiffre
23:16du plus haut depuis 10 ans,
23:17196 000 fermetures
23:19d'entreprises
23:19l'année dernière.
23:20Sur les dates à haute fréquence
23:22qu'on a,
23:22on voit que le mouvement continue.
23:23Et 9 entreprises fermées
23:25sur 10 dans ces chiffres-là,
23:27c'est volontaire.
23:27Donc ce n'est pas forcément
23:28des faillites,
23:29c'est plutôt un renoncement.
23:30C'est des entrepreneurs
23:31qui n'arrivent pas à revendre
23:33ou qui ne veulent pas continuer.
23:35Et là,
23:35il y a plein de raisons.
23:36Problème de main-d'œuvre,
23:37problème de coût d'énergie aussi.
23:40La BCE qui a remonté les taux,
23:41alors qu'on avait déjà
23:42des conditions de financement
23:43qui étaient les plus serrées
23:44depuis le T3 2023.
23:46Donc tout ça fait
23:47que c'est extrêmement compliqué.
23:48Et en plus,
23:48quand vous avez un euro composite
23:50qui est quasiment
23:50au plus haut historique,
23:51avec des tarifs douaniers
23:52aux États-Unis,
23:53avec en Chine
23:54une consommation domestique
23:56qui ne repart pas,
23:57comment vous voulez exporter ?
23:58Donc c'est un peu
23:59le piège européen.
24:01Oui,
24:01et vous disiez
24:02la BCE en plus
24:02a relevé ses taux.
24:04Ce n'est pas fini.
24:05Elle devrait encore
24:05les relever sans doute
24:06au mois de septembre.
24:07Désormais,
24:08oui,
24:08malgré tout ce qu'on est
24:09en train de se dire.
24:10Pourquoi elle va relever
24:10ses taux en septembre ?
24:11Ça va servir à quoi,
24:12Arnaud ?
24:14Très sincèrement,
24:15je pense que le rôle
24:16des banques centrales
24:17est compliqué.
24:18On voit que ce n'est pas
24:18beaucoup plus reluisant
24:19aux États-Unis.
24:20Ils essaient autre chose
24:21avec Kevin Walsh
24:23d'une certaine façon,
24:24mais je n'ai pas l'impression
24:25que ce soit très convaincant.
24:27Je ne pense pas
24:27qu'il faille moi
24:28personnellement critiquer
24:29la BCE.
24:30C'est important
24:31qu'ils essaient
24:32de défendre justement
24:32leur obsession,
24:34l'ancrage des attentes
24:35d'inflation.
24:36Alors moi,
24:37je pense que
24:37si on se balade
24:38cinq minutes dans la rue,
24:39on va vite s'apercevoir
24:39que les ancrages
24:41ont un peu disparu.
24:43Mais c'est important
24:44qu'elles,
24:44elles se battent
24:45pour ça.
24:47Encore une fois,
24:48les problèmes
24:49de la zone euro,
24:49ce n'est pas
24:50la Banque centrale européenne.
24:51Je pense que c'est
24:52vraiment des questions
24:53de réglementation,
24:54du coût du travail,
24:56de l'énergie
24:56et de partenaires
24:58commerciaux
24:59comme la Chine
25:00qui ne jouent pas le jeu.
25:02Parce qu'il ne faut pas
25:03tout mettre
25:03sur l'Europe.
25:05Je veux dire,
25:06le réchauffement climatique,
25:07toutes les mesures
25:07qui ont été prises
25:08avec cet engagement
25:09qui a été extrêmement fort.
25:11Je veux dire,
25:11si l'Europe est la seule
25:12à porter ce fardeau,
25:13ça ne peut pas marcher.
25:14L'idée qu'il y avait
25:15au départ,
25:16c'est que le reste du monde
25:17allait suivre l'Europe
25:17sur les contrats de CO2,
25:20etc.
25:21Donc,
25:21toute cette réglementation
25:22qui coûte énormément d'argent.
25:24Et aujourd'hui,
25:24vous allez en Allemagne,
25:25les Allemands ne veulent pas
25:26investir en Europe.
25:27Les entreprises allemandes
25:28ne veulent pas investir en Europe.
25:30Le coût du capital monte
25:31et en plus,
25:33les rendements,
25:33ils sont inférieurs.
25:34C'est les rendements
25:35les plus faibles
25:36qu'ils aient partout,
25:37ailleurs où ils regardent.
25:38Ils préfèrent investir en Chine
25:40ou aux États-Unis
25:42qu'investir en Europe.
25:43Donc,
25:43c'est là où il y a
25:44quelque chose
25:45qui ne colle pas.
25:47Et parallèlement,
25:48alors là,
25:49je concentre un peu
25:50sur le réchauffement climatique
25:50et ses impacts,
25:51mais il se trouve
25:51que l'Europe
25:52est le continent
25:52le plus impacté
25:54en termes de degrés
25:55supplémentaires
25:56par ce réchauffement climatique.
25:57Alors,
25:57on en a une illustration
25:59difficile cet été,
26:00mais on voit aussi
26:01les impacts
26:01sur la croissance
26:02que tout cela peut avoir.
26:03L'été,
26:03bien sûr,
26:04l'hiver,
26:04c'est moins douloureux,
26:05mais voilà.
26:06Oui,
26:06c'est-à-dire que
26:07moins d'investissements
26:08sur l'Europe,
26:08des partenaires
26:09qui ne jouent pas le jeu
26:10dans la lutte contre l'échauffement
26:11et les conséquences
26:11de ce réchauffement
26:12amenaient à progresser
26:13particulièrement ici.
26:14Donc,
26:14c'est très compliqué.
26:15Justement,
26:16quel intérêt d'aller remonter
26:17les taux alors qu'on a dit
26:18justement tout ce qu'on vient de dire.
26:19C'est-à-dire qu'on a
26:20un coût du travail énorme,
26:21on a une réglementation
26:22qui est très forte,
26:23une croissance qui n'arrête
26:24pas de baisser,
26:25de l'incertitude,
26:26un manque de confiance,
26:27on a de l'épargne,
26:29des conditions financières
26:30qui sont resserrées
26:30et il faudrait encore continuer
26:32de monter les taux
26:33alors qu'on est en train
26:34de répondre à un choc
26:35d'offres exogène.
26:36Monter les taux,
26:37ça va faire quoi ?
26:38Le seul impact
26:38que ça peut avoir,
26:39ça va être casser la demande.
26:41Mais la demande,
26:41elle est déjà en train de dire.
26:41Mais ça ancre,
26:42c'est ce que vous dira
26:43sans doute Arnaud,
26:43je ne veux pas parler pour vous Arnaud,
26:44mais je le fais quand même,
26:45ça va ancrer la crédibilité
26:46de la BCE sur l'inflation
26:47malgré tout.
26:47Oui, mais alors,
26:49regardez les chiffres.
26:50Oui, mais je veux dire,
26:50attends,
26:51juste une seconde,
26:52je pense que,
26:52regarde le prix de l'euro,
26:54regarde le prix du yen,
26:55je pense que les gens
26:55ne se rendent pas compte.
26:56Moi, je reviens du Japon,
26:57j'ai eu la chance
26:57de partir au Japon
26:58faire ce voyage
27:07où je suis allé,
27:07c'était très abordable pour nous.
27:09Pourquoi ?
27:10Parce que le yen
27:10ne vaut rien par rapport à l'euro.
27:12Exactement.
27:12Je veux dire,
27:12avoir une devise
27:13qui est défendue justement
27:15parce qu'on a des taux
27:16relativement élevés
27:17et donc qui implicitement
27:19fait l'hypothèse
27:19qu'on a des gouvernants
27:20qui eux doivent faire leur job,
27:22c'est-à-dire de gérer correctement
27:23leurs finances publiques,
27:24je veux dire,
27:24c'est ça le modèle européen
27:25au départ.
27:26On s'en est écarté
27:27parce que petit à petit,
27:29ce modèle de transaction
27:30de global trade
27:31ne fonctionne plus.
27:33Mais je veux dire,
27:33le modèle au départ,
27:34c'est effectivement,
27:35j'ai une banque centrale
27:36qui protège l'inflation,
27:38qui fait son job
27:38et de l'autre,
27:39des gouvernants
27:40qui gèrent les dépenses publiques
27:40correctement.
27:42Aujourd'hui, effectivement,
27:43là où il y a un vrai problème,
27:44c'est qu'on a eu une réglementation
27:46qui ne colle plus
27:47pour l'environnement mondial
27:48dans lequel on est.
27:48Mais l'euro est beaucoup trop fort.
27:50Nous, on veut exporter.
27:52Si le but,
27:52c'est juste d'importer
27:53et être un peuple de consommateurs,
27:55dans ce cas-là,
27:55oui, c'est bien.
27:55Mais quand on a un euro composite
27:56qui est au plus haut historique
27:57et qu'on a déjà
27:58une consommation interne
27:59qui est en train de ralentir,
28:01le but, c'est d'exporter.
28:02C'est exactement ce que fait la Chine.
28:03L'inflation va pas être à 2,
28:07elle va être à 5.
28:08C'est ce qui se passe aux Etats-Unis.
28:10Ils ont un dollar
28:10qui est relativement faible.
28:12Ils sont à 2,5 pour l'instant.
28:14Oui, ils sont à 2,5
28:15mais ils viennent de niveaux
28:16beaucoup plus élevés.
28:17Le débat est ouvert
28:18et chaque jour,
28:19le marché tente de pricer tout ça
28:21et de donner un prix
28:22à tous ces enjeux.
28:23En tout cas, aujourd'hui,
28:23le prix est sur une sanction
28:25boursière des indices.
28:26Le CAC 40 termine à moins 0,8%
28:28avec ces remontés de taux
28:28dont on a beaucoup parlé.
28:29C'est le fait du jour.
28:3010 ans français à plus de 4,1%.
28:32Il en sera question aussi
28:33avec Stéphanie Collot
28:34dans un instant
28:35dans le 18h écho de BFM Business.
28:37Merci à tous les deux.
28:38Arnaud Giraud pour Kepère Chevreux,
28:40Guillaume Gérineau pour Carlton Sélection.
28:42Bonne soirée à tous.
28:46BFM Bourse.
28:47Vos placements.
28:48Nos conseils sur BFM Business.
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