00:00L'expression d'une colère qui ne faiblit pas.
00:08Le véhicule de Sébastien Lecornu vient de passer devant ses habitants du Porges sans marquer l'arrêt.
00:18Du dégoût, pas autre chose que du dégoût.
00:21On n'a pas été respecté et on ne l'est pas encore.
00:25On avait simplement des questions qui resteront une fois de plus sans réponse.
00:30Un manque de considération, la goutte de trop pour ces sinistrés maintenus à distance par ce cordon de sécurité.
00:37Le Premier ministre se trouve une centaine de mètres plus loin.
00:41Il s'entretient avec les sapeurs-pompiers du village.
00:44Une visite dans leur caserne, quelques heures après avoir rencontré d'autres habitants sinistrés.
00:50Je ne comprends pas le point de sa visite.
00:52Ça sert à quoi ?
00:54S'il ne vient pas à la rencontre des gens, c'est un village sans villageois qu'il cherchait.
00:57Il faut qu'ils viennent, qu'ils rencontrent les gens.
01:00On n'est pas là pour l'insulter ou quoi que ce soit.
01:04On est là pour avoir des réponses de sa part qui nous aident, qui l'aident le Porges à se
01:09reconstruire.
01:10Tous portent des vêtements noirs.
01:11Une demande du collectif des sinistrés du Porges à l'initiative de ce rassemblement pour symboliser le deuil de la
01:19commune.
01:19Donc on attend de la transparence, une justice et une reconstruction.
01:24Trois exigences, trois piliers qui doivent servir de fondation pour voir la commune renaître de ses cendres,
01:30trois semaines après le passage du méga-feu.
01:34L'incendie a parcouru 42 000 hectares en Gironde, dont près de 7 000 au Porges, dévastés par les flammes.
01:41Sur les 240 maisons que compte le village, 183 sont partis en fumée.
01:48Un drame à l'origine d'un traumatisme encore vif, qui a longtemps empêché Rémi Fabre de venir constater les
01:55dégâts.
01:56On n'avait pas eu le courage de venir jusqu'alors.
01:58Et bon, on est venu voir et on a constaté, bah oui, tout est foutu, quoi.
02:03Tout a brûlé.
02:04Il revient pour la première fois devant ce bâtiment où étaient stockés les souvenirs de toute une vie.
02:09Là, ce que vous avez, c'était la structure du bas du bâtiment, bien sûr, qui reste.
02:14Tout le reste qui était au-dessus, la charpente, le machin, tout est tombé sur les affaires qui étaient en
02:18train de brûler dessous et tout a cramé.
02:20Il ne reste plus rien.
02:21Avec la venue du premier ministre au Porges, il espère un geste des autorités pour venir en aide aux nombreux
02:27habitants évacués.
02:29Les gens qui vivaient ici sont obligés de scantonner un camping parce qu'ils n'ont pas d'endroit où
02:34aller.
02:34C'était leur domicile principal.
02:36Ce n'est pas comme si, par exemple, vous savez, les riches du Ferret, soi-disant, ces gens-là sont
02:40des maisons secondaires.
02:41C'est une chose.
02:42Ça aurait été dramatique de les perdre, bien sûr.
02:44Mais ce n'était pas leur résidence principale.
02:46Là, on parle de gens, pour la plupart, c'était leur domicile principal.
02:49Un ressentiment lié à une prétendue décision qui aurait, selon certains sinistrés, conduit les pompiers à privilégier la lutte contre
02:57l'incendie du Cap Ferret au détriment du Porges.
03:00Le Porges a été un peu oublié, d'après ce qui se dit, pour sauver un peu la presqu'île.
03:08Le Porges a été un peu mis de côté, peut-être.
03:10Un sentiment d'abandon injustifié pour le Premier ministre.
03:14Nous n'avons strictement rien à cacher sur le déreulé des opérations de protection incendie de ces dernières semaines.
03:22Il y a de la colère, il y a de l'émotion, ça c'est bien naturel.
03:24Les gens ont tout perdu, plus que ça.
03:28Mais je veux quand même qu'on remette un tout petit peu de vérité, de rationalité dans ce qui s
03:31'est passé.
03:32Ça permettra à tout le monde de se faire une opinion, mais qui repose sur des faits objectivés.
03:37Sébastien Lecornu pointe du doigt des dérives complotistes alimentées par les réseaux sociaux.
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