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On m’a appelée « la tigresse ».
Comme si j’étais un animal, un stéréotype, jamais une professionnelle.
Ce soir, je le dis être femme et non blanche, c’est une double violence.
Et quand on ne peut pas nommer ce qu’on vit, on finit par s’éteindre à petit feu.
À toutes celles qu’on a réduites à des clichés, qu’on a isolées, comparées, mises en concurrence: votre colère est politique.
Et à toutes celles qui se reconnaissent dans ces mots, on est ensemble.

Bienvenue dans notre coin de sororité où l’on apprend à nommer pour ne plus s’éteindre.

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Mon chef m'appelait la tigresse à ses heures perdues.
00:02Et évidemment, personne dans l'entreprise n'a rien dit.
00:05Parce que personne n'a de mots pour ça.
00:07Marie da Silva l'a très bien expliqué.
00:08Il y a une division sexuelle du travail, mais aussi une division raciale.
00:12Parce qu'être une femme, c'est déjà une discrimination.
00:15Être non blanche, c'en est une autre.
00:16Mais être une femme et non blanche, ça, personne ne sait nommer.
00:20Et quand tu peux pas nommer ce que tu vis, tu finis par l'intérioriser.
00:22Tu te demandes si tu exagères, si tu dois sourire, si tu dois encaisser.
00:27Et pendant ce temps-là, tu t'éteins un peu.
00:28Moi, ce qui me frappe, c'est ça.
00:29On te renvoie à une version de toi qui n'est jamais neutre.
00:31Toujours trop, pas assez.
00:33Toujours à la place qu'on veut t'assigner.
00:34Donc écoutez bien, nos vies sont politiques.
00:36Parce qu'on est des femmes, parce qu'on est non blanches pour certaines, pour beaucoup même,
00:39on nous assigne un destin.
00:41Le système nous isole, nous compare et nous met en concurrence.
00:44Moi, j'ai envie que cet espace devienne l'inverse.
00:46Un endroit où les femmes se reconnaissent, se transmettent, car c'est hyper important.
00:49Et retrouvent enfin une forme de sororité, car elle existe bel et bien.
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