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Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Le premier vélo du patriarcat ne fait aucun bruit.
00:02C'est un silence, celui des femmes entraînent.
00:04On apprend beaucoup de choses aux filles.
00:05La politesse, la patience, les églises.
00:08Mais il y a un apprentissage qu'on ne nomme jamais.
00:10Celui de ravaler.
00:11Ravaler la colère, la tristesse, le désaccord.
00:14Jusqu'à ce que ça devienne un réflexe.
00:16Quelque part, très tôt, on a appris que la femme qui parle dérange plus que la situation qui la détruit.
00:20Ça passe dans les non-dits.
00:21Une fille se plaint, on relativise.
00:22Une mère craque, on lui dit qu'elle exagère.
00:24Le silence finit par devenir la langue maternelle.
00:26On ne se tait pas parce qu'on n'a rien à dire.
00:27On se tait parce qu'on a appris que dire, ça coûte.
00:30Que nommer, ça dérange.
00:31Que montrer que ça ne va pas, c'est faire tomber quelque chose qu'on devra ramasser seul.
00:35Mais la vraie question, elle est ailleurs.
00:36Est-ce qu'on est en train de passer ce silence à celles qui viennent après nous ?
00:40Parce qu'à chaque fois qu'une femme se tait devant sa fille, sa fille, elle, elle enregistre.
00:44Elle apprend que c'est normal.
00:45Chaque fois qu'on lisse, qu'on minimise, qu'on dit, c'est comme ça.
00:47On enseigne que la douleur des femmes ne mérite pas de mots.
00:49Et là, le patriarcat atteint sa forme la plus aboutie.
00:52Il n'a plus besoin de personne pour fonctionner.
00:53On le fait tourner nous-mêmes en silence.
00:55Alors, si tu es mère, parle.
00:57Pour montrer à ta fille que sa voix a le droit d'exister.
00:59Que nommer ce qui fait mal est un acte fondateur.
01:01Le silence se transmet, la parole aussi.
01:03Cette série touche à sa fin.
01:04Si elle t'a parlé, partage-la.
01:06Les chaînes se brisent, une parole à la fois.
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