- il y a 13 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour d'Emma Haziza, hydrologue, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:04C'est l'hydrologue Emma Aziza qui est avec nous. Bonjour Emma Aziza.
00:08C'est la une du quotidien aujourd'hui en France, le parisien.
00:11Va-t-on manquer d'eau potable ? Alors je vous pose la question, oui ou non ?
00:14Est-ce qu'on peut manquer d'eau potable en France ?
00:16Alors oui, on a déjà manqué d'eau potable dans plus de 1300 communes en 2022.
00:20C'était impensable en France il y a encore 10 ans.
00:25Et aujourd'hui on voit qu'on bascule de manière chronique dans une situation.
00:28Il y a deux éléments à différencier.
00:30Il y a premièrement parfois des réseaux qui sont dysfonctionnants.
00:35Et donc c'est pour ça qu'on manque d'eau potable localement dans certains petits villages.
00:38Dans d'autres, c'est parce qu'on est connecté à une ressource de surface qui est en train de
00:42s'épuiser.
00:43Et donc là il va falloir aller chercher de l'eau plus loin ailleurs.
00:46Il va falloir réussir à se connecter à d'autres masses d'eau qui sont beaucoup plus résilientes face à
00:52ces sécheresses.
00:53Donc il va falloir essayer de travailler tous ensemble.
00:55Est-ce qu'il va falloir payer l'eau plus chère ?
00:57Et oui, il va sans doute falloir payer le plus cher.
01:00Premièrement parce que ces canalisations, il faut les remettre en état.
01:04Et d'autant plus avec ces températures caniculaires quand il fait 50 degrés sur le sol.
01:09On imagine bien que les canalisations à 80 centimètres dessous sont en train de payer un prix fort.
01:15Et donc il va falloir revoir tout ça tout simplement pour limiter les fuites.
01:19Mais aussi parce que tout simplement c'est un système vieillissant.
01:23Moi j'ai rencontré des maires dans des communes qui ont des financements pour réussir à refaire l'intégralité de
01:31leur réseau en eau.
01:33Il leur faudra 30 ans avec les financements qu'ils ont.
01:35D'autres, il leur faudra 300 ans.
01:37Donc on voit très bien que tant qu'on ne met pas les financements au bon endroit pour refaire l
01:41'intégralité de nos tuyaux,
01:43cette alimentation en eau potable qu'on a depuis l'après-guerre qui semble magique est mise en défaut dans
01:48certains endroits.
01:49Oui mais alors, est-ce qu'on doit payer aussi en fonction de ces revenus ?
01:54J'exagère un peu mais il y a des communes, par exemple, on s'est aperçu qu'il y avait
01:59des gens qui tiraient l'essentiel de l'eau pour leur usage personnel,
02:03leur grand jardin, leur propriété.
02:05Et du coup, certains n'ont plus d'eau mais ils disent mais ce n'est pas moi.
02:08Moi je n'ai pas de jardin, je n'ai pas de grande propriété, on a vu ça dans le
02:11sud.
02:12Pourquoi est-ce que finalement je suis pénalisé ?
02:16Est-ce qu'il va falloir faire varier les paiements de l'eau ou pas ?
02:20Oui, à plusieurs niveaux.
02:22Premièrement parce qu'on a un principe français qui est que l'eau paye l'eau.
02:25Donc moi j'ai rencontré des maires qui m'ont dit mais on est en 2022,
02:29trois semaines après il n'y avait plus d'eau dans toute la commune
02:32et ils m'ont dit non mais vous comprenez bien que je ne peux pas mettre en place
02:35toutes les solutions qui économisent l'eau.
02:37Je leur ai dit mais c'est simple en fait, vous mettez des mousseurs dans les robinets,
02:41des réducteurs de débit de douche, vous travaillez sur les toilettes
02:43et vous allez tenir deux fois plus longtemps au moins pour attendre la prochaine pluie.
02:47Il me dit mais je ne peux pas parce que moi j'ai des factures à payer,
02:49j'ai des appels d'offres et en fait si je ne reçois pas la quantité financière
02:54de cette eau que payent les habitants, en réalité je ne peux pas tenir.
02:58Donc en fait il y a une sorte de double discours où il faut économiser l'eau,
03:03il faut faire attention et puis d'autre part quand même l'eau c'est une manne financière
03:07qui est très importante.
03:08Donc la logique est en train de changer.
03:10on est en train de se dire qu'il faut arrêter de regarder les consommations uniquement
03:14mais regarder peut-être le nombre de mètres carrés.
03:17C'est une logique qui est en train de se transformer
03:19mais surtout il va falloir effectivement avoir un double échelon.
03:23C'est-à-dire que ceux qui consomment dans des piscines,
03:25c'est déjà le cas par exemple sur la Côte d'Azur,
03:27on voit très bien qu'on paye beaucoup plus cher quand on remplit sa piscine
03:30mais les gens n'hésitent pas à payer et ça permet de financer les fuites.
03:35Fatimaïde Bounoua.
03:36Alors ce qui m'embête un peu, déjà merci de vous intéresser à ce sujet
03:39parce que pour moi c'est un sujet majeur et qui a été longtemps négligé.
03:43La deuxième chose, très souvent lorsqu'on en parle,
03:45on fait comme si ce n'était pas encore arrivé en France
03:48mais on pense à la France, à la métropole uniquement.
03:52Mais finalement quand on regarde, c'est déjà le cas.
03:55Si vous regardez Outre-mer, département d'Outre-mer, territoire d'Outre-mer,
03:59c'est déjà le cas.
04:00Et vous vous souvenez, déjà il y a un an, on en avait parlé,
04:05il y avait des situations catastrophiques.
04:07C'est quand ils ont de l'eau qu'ils sont contents de manière régulière.
04:09Donc il y a déjà ce truc-là où on se dit, est-ce que ça va arriver en France
04:12?
04:12Ça arrive en France puisque la France n'est pas que la métropole, première chose.
04:18Et tout le monde se moquait de Jean-Claude Van Damme.
04:20Vous vous souvenez de cette image où il boit de l'eau ?
04:22Il dit j'aime l'eau.
04:24Bientôt, il n'y en aura plus.
04:25Et tout le monde s'était moqué de lui en se disant, mais qu'est-ce qu'il est stupide
04:28?
04:28Vraiment pour moi, il est loin d'être stupide.
04:32J'avais un professeur de géographie en prépa qui nous avait dit,
04:36la prochaine guerre sera une guerre de l'eau.
04:40Qu'est-ce que vous pensez de cette affirmation-là ?
04:42J'en suis convaincue, ça fait 20 ans que j'étudie le cycle de l'eau.
04:45On est actuellement en train de perdre nos réservoirs continentaux.
04:49Et d'ailleurs, un chiffre qui moi me semble absolument incroyable
04:52et qui est fourni par une étude qui est menée par la NASA
04:56avec des nouvelles formes de satellites
04:57qui nous permettent de mieux comprendre ces jeux de bascule entre les réservoirs,
05:01qui nous montrent qu'aujourd'hui, la surélévation des océans
05:04est beaucoup plus liée au fait d'avoir pillé toutes les nappes souterraines,
05:09qu'elles soient superficielles ou qu'elles soient fossiles,
05:11et que cette eau, qui ne peut plus re-rentrer par des sols artificialisés,
05:15elle finit en mer.
05:17Ce niveau de surélévation est supérieur à la fonte de l'Antarctique,
05:21de l'Arctique et du Groenland.
05:22Donc, il faut se poser cette question.
05:24C'est-à-dire qu'on est en train de perdre l'eau continentale.
05:26C'est le cas partout.
05:28Les sols s'assèchent.
05:29On le voit juste en France.
05:30Nos petits cours d'eau sont complètement à sec.
05:32Ces petits chevelus, c'est ce qui permet de tenir toute la vie dans nos territoires.
05:36Et ce n'est pas avec des grosses canalisations et de la dessinalisation
05:39qu'on va leur permettre d'avoir de l'eau.
05:41Donc oui, on est en train actuellement de se transformer
05:45parce qu'on a considéré la question de la ressource en eau
05:48de manière très anthropocentrée.
05:49On était toujours concentrés.
05:51On l'est d'ailleurs dans les débats publics.
05:52Regardez, vous êtes pro-bassine ou vous êtes contre les bassines.
05:55On a l'impression que c'est la seule solution qui existe.
05:57Puis vous avez les pour et les contre.
05:59Je crois qu'il faut mettre plus d'intelligence.
06:00Mais vous, vous êtes pour ou vous êtes contre ?
06:01Moi, je suis totalement contre et je vais vous expliquer pourquoi.
06:04Tout simplement parce que c'est de l'eau croupissante
06:06qu'on vient prélever massivement dans une nappe
06:09avant que cette nappe soit interdite au prélèvement.
06:13Il y a d'autres solutions plus pertinentes.
06:15Et donc, je pense qu'au lieu d'avoir une vision très manichéenne,
06:19on doit essayer de réfléchir à stocker cette eau.
06:21Bien sûr, il y a deux endroits où on peut la stocker.
06:24Il y a les nappes massivement regardées.
06:26Je vous donne un exemple sur le bassin de la Garonne.
06:29Une expérimentation est en cours et fonctionne.
06:32On a pris les hautes eaux dans les cours d'eau
06:35quand on a eu des eaux très importantes avec des crues.
06:38Et donc, ces hautes eaux ont servi à alimenter artificiellement des nappes.
06:43Donc, en fait, on a créé des sortes de bassines là
06:46pour pouvoir réussir à remplir les nappes.
06:49On est monté de 4 mètres de hauteur dans toute la nappe de la Garonne
06:52qui a permis de tenir beaucoup plus facilement la sécheresse.
06:55Donc, les nappes sont déjà un réservoir, les sols en sont un autre.
06:58Si vous prenez par contre des bassines, on a trois problèmes.
07:01Des développements alguères, des développements de cyanobactéries
07:04et des développements...
07:05C'est très simple, vous mettez de l'eau qui est croupissante.
07:07Si vous n'avez pas un système de biofiltration, ça ne marche pas.
07:11Oui, mais ne prenez pas les agriculteurs pour des imbéciles.
07:13Ce que vous venez de dire, ils le savent parfaitement.
07:15Ils savent parfaitement le gérer.
07:16Je crois que malheureusement, pour l'instant,
07:19on est vraiment dans une logique où on construit un trou,
07:22on met de l'eau dedans, on l'utilise avant qu'elle soit interdite.
07:25Je pense qu'il faut mettre de l'intelligence.
07:28Il y a sans doute des systèmes de récupération d'eau.
07:31Madame, sauf votre respect, l'eau dans les navres phréatiques,
07:34c'est formidable, mais c'est un truc d'universitaire.
07:37Non, je ne crois pas.
07:38Si la région de Toulouse l'utilise, je pense que derrière, c'est pertinent.
07:40Ensuite, la dernière grande chécheresse, c'est il y a 50 ans, tout juste 50 ans, en 1976.
07:45Donc, certes, le problème est réel,
07:47mais il faut arrêter avec tout ce catastrophisme écologique
07:50qui est un business pour emmerder le monde.
07:53Je comprends, mais moi, je ne suis ni dans la question écologique,
07:56ni dans la question politique.
07:58J'essaye simplement d'analyser ce qui ne fonctionne pas.
08:00Pardon, madame, une hydrologue en temps normal, on n'en a rien à foutre.
08:03– Sans doute, en tous les cas, vous en aurez sans doute
08:05de plus en plus à faire quelque chose dans les années à venir, ça c'est sûr.
08:08– On est quand même face à, aujourd'hui, un pays qui est en 70% restriction d'eau.
08:14– Bien sûr.
08:14– Alors, il va peut-être, il va repleuvoir à un moment, bien sûr,
08:17mais ça doit quand même nous faire réfléchir sur la manière dont tout va gérer.
08:20Regarde, cet hiver, tout le monde a dit, il n'y aura pas de problème.
08:22Cet hiver, on a dit, regardez ce qu'il pleut, il n'y aura pas de problème,
08:26tout va bien se passer au printemps et cet été.
08:28Sauf que là, on voit que ça ne se passe pas bien.
08:30– Les baskets sont violentes.
08:31– En janvier, puisque la grande différence, c'est que en fin 75,
08:35la sécheresse était déjà affirmée par un déficit hydrologique extraordinaire.
08:39– Donc, tu dis que c'est cyclique, arrêtons de nous emmerder, c'est cyclique, quoi, c'est ça ?
08:42– Il y a sans doute une tendance problématique,
08:44et je ne vais pas contre les arguments de madame, qui est une scientifique,
08:46mais il faut arrêter de patauger dans ce catastrophisme qui nous tire vers le pas.
08:51– C'est du catastrophisme ou pas ?
08:52– Je ne crois pas, je pense qu'il faut du courage, de la lucidité,
08:55je crois qu'il y a des maires qui sont en train de transformer,
08:57mais certains éventrent leur ville pour pouvoir remettre à niveau leur réseau,
09:01et les habitants le comprennent, d'autres comme le président…
09:04– Le réseau, c'est-à-dire c'est les tuyaux, parce qu'on a une déperdition de plusieurs milliards
09:09de mètres cubes.
09:10– Et ça marche en fait.
09:10Si on prend l'exemple du président du département de la Haute-Garonne,
09:16on voit très bien qu'il a fait face à ce défi-là, en innovant,
09:19et donc je crois qu'il faut sortir de ce débat clivant,
09:22et il faut aller vers plus d'intelligence, vers le fait de recharger artificiellement,
09:26massivement les nappes, massivement les sols, et ça marche,
09:29il y a des solutions agricoles, il suffit que vous mettiez des systèmes
09:33qui freinent les écoulements de l'eau, lorsque l'eau tombe,
09:36pour que vous infiltriez au maximum, on se rend compte que dans les Hauts-de-France,
09:39moi j'ai discuté avec des agriculteurs, c'est les seuls qui ont tenu face à la Siffresse,
09:43donc il existe énormément de solutions, autre que ce vieux débat qui derrière,
09:49je trouve, vient mettre beaucoup trop de tensions dans un sujet,
09:56alors qu'il faut mettre de l'intelligence.
09:57– Avec des effets face à des éco-terroristes, évidemment qu'il y a de la tension.
09:59Moi je fais confiance au bon sens paysan, madame.
10:01– Écoutez, moi aussi, mais je crois que d'ailleurs on n'est plus tous des bons paysans de l
10:07'époque,
10:07mais si on l'était, en tous les cas, on saurait très bien que les eaux croupissantes ont fait attention
10:11et ont des solutions à l'internet.
10:13– Moi je crois au scénario catastrophe, paradoxalement,
10:17parce que toutes les personnes que l'on traite complotistes,
10:2020 ans ou 30 ans après les faits, souvent ont raison.
10:23Et sur la question du vaccin, on pouvait dire que voilà, on connaît ta position.
10:28Moi ce que je crains, c'est que ce qu'on appelle l'or bleu,
10:30et surtout sa partie potable, vient à manquer,
10:32et qu'il y ait des profiteurs de guerre demain,
10:35des privés justement, qui vont jouer de ça,
10:37au détriment des peuples, qu'en pensez-vous ?
10:39Deuxième point, très rapidement, il y a un débat,
10:41notamment sur l'eau utilisée dans les toilettes.
10:43Est-ce qu'il faut continuer d'utiliser de l'eau potable ou pas ?
10:46Il y en a qui disent non, il y en a qui disent oui.
10:48Quel est votre avis dessus ?
10:49Et dernier point, avec cette aridité, le sol est très sec.
10:53Il faudrait combien de temps pour qu'il puisse retrouver une perméabilité normale ?
10:58Alors pour les toilettes, quand vous allez au Luxembourg ou en Belgique,
11:01on se rend compte qu'il y a énormément de bâtiments qui sont aménagés intelligemment.
11:05Il faut qu'on retrouve cette intelligence et arrêter de penser
11:09qu'effectivement, potentiellement, un enfant pourrait venir boire l'eau des toilettes.
11:13Et donc il faut qu'elle soit potable, je pense que c'est un impensé.
11:16Je crois aussi qu'il y a beaucoup de systèmes de réutilisation de ces eaux usées,
11:20en sortie par exemple de systèmes hôteliers.
11:23En fait, toutes ces eaux qui peuvent être traitées sur place
11:25et réutilisées, notamment pour les espaces verts,
11:28il y a énormément de solutions intelligentes à penser.
11:31Il y a même des expérimentations qui ont été faites sur la Côte d'Azur
11:34pour permettre de filtrer et de renouveler l'eau des douches dans les stations balnéaires.
11:40En fait, il faut absolument décloisonner tous ces systèmes
11:43qui effectivement nous empêchent d'innover massivement.
11:47En ce qui concerne la question de la sécheresse,
11:50moi ça fait peut-être plus de dix ans qu'on se voit
11:51et que je vois très bien que de manière chronique,
11:54j'observe des choses que je n'observais pas avant
11:57et donc la température ne fait qu'augmenter.
11:59On a l'impression d'avoir toujours la même une.
12:01Moi, le plus chaud jamais enregistré dans l'histoire.
12:03Anne est la plus chaude.
12:04En fait, si ça se répète, c'est simplement que la courbe est linéaire
12:07et qu'elle ne fait que monter.
12:08Et donc le cycle de l'eau s'accélère
12:10et les switches de passage d'extrême à un autre
12:13sont de plus en plus violents.
12:14Jamais on n'aurait imaginé avec ce qu'il est tombé
12:17comme pluie en janvier et février
12:20pouvoir basculer dans un état de sécheresse pareil.
12:23On a un peu cette logique de la cigale et la fourmi
12:25où on pense que le stock hivernal va suffire pour l'été
12:28et ça ne fonctionne plus parce que
12:29quand vous avez des phases caniculaires,
12:32l'atmosphère récupère toute l'eau massivement là où elle trouve.
12:35C'est pour ça qu'il faut retravailler nos sols,
12:38c'est pour ça qu'il faut retravailler nos terres
12:39pour qu'elles soient le plus perméables possible
12:41et quand l'eau arrive, il faut l'infiltrer cette eau massivement.
12:45Donc il y a des défis, mais en tous les cas, il y a des solutions.
12:47Je peux vous assurer que partout où on les met en œuvre, ça marche.
12:51Donc c'est simplement qu'il faut les déployer massivement.
12:53Je vous donne un exemple.
12:54Les assureurs ne veulent quasiment plus assurer les retraits conflements des argiles
12:58parce qu'il y a trop de fissures dans les bâtiments.
12:59Il suffit d'avoir des cuvelages enterrés
13:01pour pouvoir récupérer l'eau de pluie lorsqu'elle finit toujours par tomber
13:05pour pouvoir ensuite réalimenter autour le sol
13:08et éviter la contraction,
13:10ce qui évitera ensuite le gonflement et les fissures.
13:13Ça marche, on peut réduire 90% du risque
13:15et pour autant, on ne le déploie pas massivement.
13:17Donc en fait, on ne manque pas de solution.
13:19Mais pourquoi on ne les applique pas ?
13:20On manque de transformation.
13:22Donc il faut réfléchir à une planification maintenant,
13:24il faut réfléchir à une planification sur l'eau,
13:27sur l'urbanisme d'une manière générale
13:29avec ces changements de température,
13:31des hivers qui vont être très pluvieux avec des inondations,
13:34en tout cas tels qu'on les vit pour le moment,
13:36et des étés qui vont être très arides.
13:38Exactement.
13:38Donc stocker l'eau, ce n'est pas un sujet.
13:40Il faut la stocker de manière à ce qu'elle ne croupisse pas à l'extérieur,
13:43qu'elle soit souterraine.
13:44Donc soit vous mettez des cuvelages enterrés à côté des bâtiments,
13:47soit derrière vous récupérez ce trop d'eau
13:49et vous re-remplissez les nabes artificiellement.
13:51Mais en tous les cas, on est à l'heure où il faut mettre de l'intelligence,
13:54il faut arrêter tous ces clivages.
13:56On en a vraiment besoin.
13:58On voit très bien que nous, à la limite, on ne s'en rend pas compte
14:01parce qu'à Paris, il peut y avoir 40 ans de sécheresse.
14:03On a un énorme aquifère à 800 mètres sous nos pieds
14:06qui pourrait potentiellement nous alimenter,
14:08qui est une réserve stratégique qu'on n'utilise pas.
14:10Mais on pourrait ne pas manquer d'eau
14:12parce que cette nappe de l'Albien derrière
14:14pourrait nous fournir largement.
14:16Mais il y a des territoires dans lesquels il n'y a pas de niveau souterrain.
14:19Regardez la Bretagne, ce qu'elle vit.
14:21Les stocks superficiels sont très restreints.
14:23Vous avez deux canicules et c'est fini.
14:25On bascule dans une situation où on est obligé d'avoir du citernage.
14:29Merci Emma Aziza d'être venu nous éclairer sur cette guerre de l'eau
14:33ou sur cette question « Va-t-on manquer d'eau ? »
14:36Merci d'être passé par les GG, par les grandes gueules.
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