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[#Déclaration] Gabon : Florentin Moussavou appelle à préserver la dignité présidentielle

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00:00Déclaration.
00:03À l'avant-veille du 66e anniversaire de l'indépendance de notre pays,
00:11l'attention des membres de la communauté nationale et internationale
00:18est brutalement affectée par des événements perturbateurs
00:23apparus dans la périphérie de notre histoire commune.
00:27Événements perpétrés malencontreusement et certainement malicieusement
00:34par des individus désireux de faire sensation.
00:39Nous le savons tous, chers compatriotes,
00:45historiquement et culturellement,
00:48les trois ou quatre générations des Gabonais qui se côtoient dans ce pays,
00:54« Le mois d'août n'est pas un mois comme les autres.
00:58C'est en effet le mois de la nation,
01:04le mois de la mémoire,
01:08le mois du rassemblement et de la célébration de nos droits et libertés,
01:12de notre appartenance mais aussi, autant le dire,
01:18celui de l'inventaire, de la rencontre et de l'appropriation citoyenne
01:24dans la cohérence et la cohésion.
01:28C'est aussi désormais celui du contexte du moment,
01:38celui de la libération dont nous célébrons la commémoration le 30 août de chaque année.
01:48C'est dans cet esprit qu'il nous paraît nécessaire
01:52de nous interroger collectivement sur l'état de notre débat public
01:59et plus particulièrement sur la multiplication depuis quelques temps
02:04d'attaques injurieuses, outrageantes et parfois profondément haineuses
02:10visant le président de la République, son épouse et même sa mère.
02:17Il ne s'agit nullement, en prenant la parole sur cette question,
02:22de soustraire le président de la République à la critique.
02:27Dans une République, le président peut être critiqué,
02:32son action peut être contestée,
02:34ses décisions peuvent être discutées et même combattues politiquement.
02:43La liberté d'expression, la contradiction démocratique et la liberté d'opinion
02:51constituent des acquis essentiels de toute société démocratique.
02:57Mais il existe une différence fondamentale entre la critique et l'injure,
03:06entre l'opposition et la haine,
03:09entre l'interpellation citoyenne et l'attaque personnelle,
03:14entre la dénonciation argumentée et la diffamation.
03:19C'est précisément cette frontière que nous devons collectivement préserver.
03:26La fonction présidentielle mérite le respect de la République.
03:32Le président de la République est une personne,
03:36mais il est également le dépositaire d'une fonction institutionnelle.
03:43Attenté à sa dignité dans l'exercice de cette fonction
03:46ne relève donc pas seulement d'une querelle entre individus,
03:52cela touche au respect dû aux institutions de la République.
03:57A cette fin, nous rappelons
04:00que le code pénal gabonais est d'ailleurs explicite sur ce point.
04:05Il définit comme outrage toute atteinte à l'honneur
04:10ou à la considération d'une personne
04:13ou d'un corps dépositaire de l'autorité publique,
04:17commise notamment par des paroles injurieuses,
04:22diffamatoires ou menaçantes,
04:25des écrits, images ou gestes.
04:28Plus spécifiquement,
04:31le code pénal prévoit que l'outrage
04:34envers le président de la République,
04:37quel que soit le lieu,
04:39l'occasion ou le moyen utilisé
04:42est passible des peines prévues.
04:45Il ne s'agit pas ici
04:46d'instrumentaliser la loi
04:49pour faire taire la critique,
04:51il s'agit simplement de rappeler une évidence.
04:55La liberté d'expression s'exerce
04:57dans le cadre de la loi
04:59et comporte des responsabilités.
05:04La démocratie ne signifie pas
05:06que tout serait permis au nom de la liberté.
05:09L'activisme ne saurait devenir
05:11une licence pour insulter.
05:15Nous pouvons comprendre
05:17que des citoyens soient en désaccord
05:19avec le pouvoir,
05:20qu'ils dénoncent des injustices
05:23qu'ils exigent des comptes
05:26ou qu'ils interpellent vigoureusement les dirigeants.
05:29Nous pouvons même considérer
05:32que l'activisme citoyen
05:34est nécessaire à la vitalité démocratique
05:37lorsqu'il contribue
05:39à rélever les dysfonctionnements,
05:41à défendre les libertés
05:43et à faire progresser la société.
05:46Mais l'activisme véritable
05:49ne se mesure pas à la violence
05:51des insultes.
05:54Un citoyen engagé doit pouvoir
05:57argumenter, démontrer,
06:00convaincre, proposer
06:01et lorsque cela est nécessaire,
06:04dénoncer.
06:05L'injure n'est pas un argument.
06:08La vulgarité n'est pas du courage.
06:11L'humiliation n'est pas
06:13de l'engagement citoyen.
06:14Et la haine
06:16n'est pas du patriotisme.
06:20Ceux qui profèrent des injures
06:21contre le président de la République
06:23doivent se souvenir
06:25d'une chose essentielle.
06:27Avant d'être des activistes,
06:29des opposants,
06:31des influenceurs
06:32ou des contenteurs du pouvoir,
06:35ils sont d'abord
06:36des citoyens gabonais.
06:38Être citoyen,
06:39c'est aussi être patriote.
06:42Les deux notions sont
06:43en quelque sorte
06:46consubstantiellement liées.
06:48On ne peut revendiquer
06:49avec force
06:50ces droits de citoyen
06:51tout en oubliant
06:53les devoirs
06:54qui accompagnent
06:55l'appartenance
06:56à la nation.
06:58La famille ne doit pas
07:00devenir le champ de bataille
07:02de la politique.
07:03Il est encore plus préoccupant
07:05de constater que les attaques
07:07ne se limitent pas
07:08à la personne du président
07:10de la République,
07:11mais s'étendent
07:12à son épouse
07:14et jusqu'à sa mère.
07:16Quelles que soient
07:17nos divergences politiques,
07:20la famille ne devrait
07:21jamais devenir
07:22le champ de bataille
07:24de la confrontation politique.
07:27On peut combattre
07:28une politique
07:28sans combattre
07:30une famille.
07:31On peut contester
07:32un président
07:33sans insulter sa mère.
07:35On peut s'opposer
07:36à un gouvernement
07:37sans humilier son épouse.
07:39Il faut savoir
07:41conserver,
07:43même dans la confrontation
07:44la plus vive,
07:46cette part d'humanité
07:48qui permet à une nation
07:50de rester
07:51une communauté
07:52de destin.
07:54Lorsque le débat public
07:56se dégrade,
07:57c'est toute la République
07:59qui en souffre.
08:00La banalisation
08:01de l'injure politique
08:03produit des effets
08:04qui dépassent largement
08:05les personnes
08:07directement visées.
08:09Elle dégrade
08:10le débat national,
08:11elle banalise
08:12la violence verbale,
08:14elle nourrit
08:14les divisions
08:15et elle fragilise
08:17la confiance
08:18dans les institutions.
08:20Elle peut également
08:21donner de notre pays,
08:22à l'intérieur
08:23comme à l'extérieur
08:24de nos frontières,
08:25une image
08:26qui ne correspond
08:27ni à la dignité
08:29du peuple gabonais
08:30ni à l'ambition
08:31que nous devons porter
08:33pour le Gabon.
08:33à l'heure
08:35où notre pays
08:36cherche à renforcer
08:37son attractivité,
08:39à attirer
08:40des investisseurs,
08:41à développer
08:42ses partenariats
08:44et à affirmer
08:45sa place
08:45dans le concert
08:46des nations,
08:47l'image
08:48que nous projetons
08:49quand
08:49les propos tenus
08:52sur les réseaux sociaux
08:54ne restent plus
08:55confinés
08:56à nos quartiers
08:56ou à nos cercles privés.
08:58Ils sont immédiatement
09:00accessibles
09:01au monde entier.
09:03Ainsi,
09:04lorsque le débat
09:05politique gabonais
09:06donne l'impression
09:07d'être dominé
09:08par l'invective,
09:10l'humiliation
09:11et les attaques
09:11personnelles,
09:12c'est indirectement
09:14l'image du Gabon
09:15qui est affectée.
09:16Le monde nous regarde,
09:19nos partenaires
09:19nous regardent,
09:20la diaspora nous regarde,
09:22les investisseurs
09:23nous regardent
09:24et surtout
09:25notre jeunesse
09:26nous regarde.
09:29Quelle République
09:30voulons-nous
09:31lui transmettre ?
09:32Une République
09:33où le débat
09:35avec des arguments
09:36ou une République
09:37où l'on s'insulte
09:39faute d'arguments ?
09:42Une République
09:43où l'opposition
09:45contribue
09:46à améliorer
09:47l'action publique
09:48ou une République
09:49où l'adversaire politique
09:50devient
09:51un ennemi
09:52à abattre ?
09:53Reconnaître
09:54les mots
09:55pour trouver
09:56les remèdes.
09:57Il ne faudrait
09:58toutefois
09:59pas tomber
09:59dans l'excès
10:01inverse.
10:02Dénoncer
10:03les injures
10:04ne doit pas
10:05nous conduire
10:05à nier
10:06les frustrations,
10:08les incompréhensions
10:09ou les difficultés
10:10qui peuvent nourrir
10:11une partie
10:11de la colère
10:12exprimée
10:13dans notre société.
10:14Une République
10:15responsable
10:17doit savoir
10:17écouter ses citoyens.
10:20Elle doit
10:20savoir entendre
10:21les critiques.
10:22Elle doit savoir
10:23identifier ses insuffisances
10:25et y apporter
10:26des réponses.
10:28Une sagesse
10:29attribuée
10:30à Tacite,
10:31penseur romain
10:32du 1er siècle
10:33après Jésus-Christ,
10:35nous rappelle
10:36à cet égard
10:37une leçon
10:38politique
10:39essentielle.
10:40Quand un pays
10:41ne sait plus
10:42reconnaître
10:43ni ses mots
10:44ni ses remèdes,
10:46il n'a
10:47le choix
10:48qu'entre
10:48la décadence
10:49et la révolution.
10:52Le remède
10:53à la colère
10:53citoyenne
10:54ne peut donc
10:55pas être
10:55l'insulte.
10:56Le respect
10:57des institutions
10:58est l'affaire
10:59de tous.
11:00Le président
11:01de la République
11:02passera,
11:03les gouvernements
11:04passeront,
11:05les majorités
11:06politiques
11:07passeront,
11:08les oppositions
11:09passeront,
11:10mais la République
11:11démarrera.
11:12En ce mois d'août,
11:14mois de la nation,
11:16faisons donc
11:16de cette période
11:18un véritable
11:19moment
11:20d'inventaire
11:21et de rencontre
11:22citoyenne.
11:24interrogeons-nous
11:24sur nos droits,
11:26mais aussi
11:27sur nos devoirs.
11:29Réapproprions-nous
11:30nos symboles,
11:31nos institutions
11:32et notre histoire.
11:35Réapprenons
11:36à débattre
11:37sans nous détruire.
11:40Réapprenons
11:40à nous opposer
11:41sans nous haïr.
11:44Réapprenons
11:44surtout que,
11:46quelles que soient
11:46nos appartenances
11:47politiques,
11:48nous sommes
11:48d'abord
11:49et avant tout
11:50des Gabonaises
11:52et des Gabonais
11:53unis par une
11:55même communauté
11:56de destin.
11:57La République
11:58est notre bien commun.
12:00Elle appartient
12:01à ceux qui gouvernent,
12:02mais également
12:03à ceux qui contestent.
12:05Elle appartient
12:06à la majorité
12:07comme à l'opposition.
12:08Elle appartient
12:09surtout au peuple
12:09gabonais.
12:11préservons-la,
12:13respectons-la,
12:14faisons-la vivre.
12:17A toutes
12:18les citoyennes
12:19et à tous
12:20les citoyens
12:20gabonais
12:20de l'intérieur
12:21comme de la diaspora,
12:22nous vous souhaitons
12:24une excellente
12:25fête de l'indépendance.
12:27Que ce moment
12:28de mémoire,
12:30de fierté nationale
12:31et de rassemblement
12:32soit l'occasion
12:34pour chacune
12:35et chacun
12:35de réaffirmer
12:37son attachement
12:38au Gabon,
12:38à la République,
12:40à la paix
12:41et à la cohésion nationale.
12:43C'est pourquoi
12:45nous vous invitons
12:47tous à apprécier
12:49l'appel
12:50à la sagesse
12:50du penseur chinois
12:52Lao Tse
12:53qui,
12:54il y a 3000 ans,
12:57postulait,
12:58je cite,
12:59le voyage
12:59est aussi important
13:01que la destination.
13:03Alors,
13:04employons-nous
13:05à réaliser
13:06ce voyage
13:07ensemble
13:09au même rythme,
13:11au bon rythme.
13:13Vive la République,
13:14vive le Gabon.
13:15au revoir.
13:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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