00:01Europe 1, 11h-13h, Eliott de Valais-Vous.
00:07Midi 4 sur Europe 1, on poursuit Eliott de Valais-Vous en direct, bien sûr.
00:12Jusqu'à 13h, vous pouvez réagir au 01, 80, 20, 39, 21.
00:17On poursuit nos échanges autour de ces 4 jours d'émeutes en marge de la mobilisation lycéenne.
00:25On a parlé du coût de ces émeutes dans la première partie de l'émission.
00:29On va parler aussi de la manière dont l'exécutif gère cette crise.
00:34Que vont faire les forces de l'ordre les prochains jours ?
00:37Eux qui sont attaqués un peu partout sur le territoire.
00:41Le bilan est extrêmement lourd.
00:43Il fait état de plus de 300 policiers et gendarmes blessés.
00:48Je vous apporterai les toutes dernières informations.
00:50Je rappelle que plus de 5000 personnes ont été interpellées,
00:55que 85% des interpellés sont mineurs.
01:00La facture sera astronomique.
01:02Elle se compte pour l'instant en plusieurs dizaines de millions d'euros.
01:07Mais on pourrait dépasser la centaine de millions d'euros dans les prochains jours.
01:12On parle de tout cela avec Estelle Laffont,
01:14avec qui vous pouvez échanger sur WhatsApp.
01:17Et ensuite, on réagira aux questions que vous posez à Estelle Laffont.
01:21Vous avez des réactions sur WhatsApp, Estelle ?
01:23On a beaucoup de réactions,
01:24beaucoup de gens qui sont d'accord avec les postulats
01:26qui ont été émis en début d'émission
01:27sur le fait de faire payer les parents des casseurs.
01:29Il y en a aussi qui nous suggèrent peut-être d'envoyer la facture
01:32à certains responsables de LFI
01:34qui incitent à mettre forcément du vent sur les braises.
01:36Et on a aussi quelqu'un qui nous a proposé peut-être une sanction
01:39pour tous ceux qui participent aux dégradations
01:41de peut-être dans leur futur ne pas pouvoir accéder
01:43à des postes de la fonction publique.
01:46Intéressant comme sanction.
01:47Quand vous avez des hommes politiques qui peuvent être condamnés
01:50à des peines d'inéligibilité,
01:52est-ce qu'un casseur devrait être condamné ?
01:55S'il a eu une condamnation,
01:57il ne peut pas aller sur un poste de la fonction publique
02:00puisqu'il y a une enquête de moralité
02:01sur certains postes qui est mis en place.
02:03C'est déjà en place.
02:05Il faut avoir un casier vierge par exemple pour être professeur.
02:08Dans la police, bien évidemment.
02:09Et dans le professeur,
02:11c'est beaucoup plus large,
02:12mais effectivement, ça peut être un frein
02:17à l'embauche de la fonction publique.
02:20Mais effectivement, à un moment donné,
02:22il faut que...
02:23Vous savez, déjà les amendes forfaitaires délectuelles
02:25ne sont quasiment pas payées.
02:27Là, qu'est-ce qui va se passer ?
02:28C'est que les régions vont déposer des plaintes
02:32contre les familles.
02:33Il va peut-être y avoir des condamnations pour réparer,
02:36mais la plupart vont être insolvables
02:38et ça va être le fonds de garantie,
02:39finalement, des victimes qui vont payer l'État.
02:42Donc, en fait, c'est l'histoire sans fin.
02:45À part si...
02:45On change la loi.
02:46Vous lissez, effectivement, vous changez la loi.
02:49Et vous lissez, c'est une sorte de...
02:51Bien sûr, une dette.
02:52Vous avez les prêts étudiants,
02:53vous allez avoir le prêt à la casse.
02:56C'est une très bonne idée.
02:56Voilà, vous avez donc 20 000 euros de condamnation
02:59et on va le lisser, mon cher casseur.
03:01Bien sûr.
03:01On va le lisser peut-être pendant 20 ou 30 ans.
03:04Et tous les mois,
03:05lorsque vous allez recevoir votre pécule,
03:07vous allez en perdre un peu.
03:09Et tous les mois, vous vous direz,
03:10mince, si seulement je n'avais pas participé
03:13aux émeutes de 2026,
03:15si seulement...
03:15Tu l'avais réfléchi ?
03:16Si j'avais réfléchi un seul instant
03:19avant de balancer un pavé
03:20ou de brûler le lycée Nelson Mandela,
03:23par exemple, à Nantes,
03:25alors que les rénovations ont coûté
03:2870 millions d'euros en 2014
03:30pour ce lycée Flambeau-Neuve.
03:32Thomas Bonnet !
03:33Vous leur prêtez beaucoup de pensées
03:35à ces casseurs.
03:36Moi, dans ce que j'entends des discours
03:37depuis le début de cette mobilisation,
03:40de ces émeutes,
03:41on est face à des personnes
03:42qui n'ont aucune pensée.
03:43C'est-à-dire, pardon pour l'expression,
03:44ils sont décérébrés la plupart.
03:46Donc en fait,
03:46ils se condamnent eux-mêmes déjà
03:48à un avenir, à mon avis,
03:49qui sera très problématique.
03:50Parce que comment imaginer demain
03:52ces personnes-là
03:53dans le monde du travail,
03:55même vous parlez de la fonction publique,
03:56mais même dans le monde du travail,
03:57même dans les fonctions
03:58les plus élémentaires.
03:59Donc moi, j'ai beaucoup d'inquiétudes
04:01même sur l'avenir
04:02de ces jeunes,
04:03de cette génération.
04:04Je ne suis même pas sûr
04:04qu'il y ait une lucidité possible
04:06de leur part.
04:07Alexandre Devecchio
04:07est toujours avec nous.
04:08Non, je suis entièrement d'accord
04:09avec ça.
04:10Effectivement, vous avez employé
04:12le bon mot,
04:12des cérébrés désintégrés.
04:15Il y a une forme
04:16de violence nihiliste,
04:17mais je crois qu'on ne peut pas
04:19résumer toute la jeunesse
04:20à cela.
04:20Et c'est là où il ne faut pas se tromper.
04:22Vous êtes inquiet pour eux,
04:23mais moi, je suis triste
04:25et aussi inquiet
04:26pour ceux dont ils pourrissent la vie.
04:27Parce que les premières victimes,
04:29finalement,
04:29sont les bons élèves
04:31de ces quartiers
04:31qui sont déjà difficiles,
04:32qui n'ont que l'école,
04:34justement,
04:34pour s'émanciper
04:36et qui vont, finalement,
04:37payer l'addition
04:38parce qu'à la fin,
04:39ils seront encore plus stigmatisés,
04:42ils auront moins de professeurs
04:44qui ne voudront plus venir
04:45dans ces collèges,
04:46ces lycées-là
04:47parce qu'ils auront peur
04:49de subir
04:50des agressions.
04:51Donc, c'est ça qu'il faut dire.
04:53Et il faut dire aussi,
04:53parce qu'on est beaucoup
04:54dans un discours victimaire.
04:56Alors, je veux bien
04:56qu'il y ait certaines
04:58revendications
04:58qui soient justifiées.
05:00Mais si on prend
05:01la situation
05:01des élèves de banlieue
05:02et celle de la France
05:04rurale,
05:04un élève de banlieue,
05:06de cité,
05:06a trois fois plus de chances
05:07d'être aidé.
05:09Il bénéficie
05:09de dispositifs
05:10d'éducation prioritaire
05:11alors que les élèves
05:12de la France rurale
05:14et périphérique
05:14n'ont parfois pas
05:15de lycée
05:16à côté de chez eux.
05:17ils doivent se lever
05:17très tôt,
05:18prendre un quart
05:19pour avoir accès
05:21à l'éducation.
05:23Donc, vous avez raison,
05:24mais ne pas confondre
05:25cette jeunesse
05:25décérébrée
05:26avec toutes les autres
05:27jeunesses.
05:27On n'a pas parlé
05:28de la génération Léon,
05:29mais il y a aussi
05:30toute une jeunesse
05:31silencieuse
05:31qui ne demande
05:32qu'à travailler.
05:33Cette jeunesse silencieuse,
05:35elle ne l'est pas
05:36tout le temps
05:37et c'est pour ça
05:37que Rubens Strachan
05:39est avec nous,
05:39délégué national uni.
05:42Vous vous mobilisez
05:43pour faire des contre-manifestations.
05:45Vous essayez de déloger
05:46les bloqueurs.
05:48Alors, effectivement,
05:49on a mené
05:49certaines actions
05:50de déblocage
05:51depuis plusieurs jours
05:52dans différentes villes
05:53de France.
05:54On en a fait un
05:55à Limoges,
05:56donc au niveau
05:57de l'université
05:57de la fac de lettres.
05:58On en a fait un
05:59au niveau du lycée Racine,
06:02donc hier.
06:04La difficulté
06:05que l'on rencontre,
06:05c'est qu'effectivement,
06:07les forces de l'ordre
06:08ont comme consigne
06:09d'éviter
06:12les moindres tensions,
06:13les moindres heures,
06:14ce qui fait
06:14qu'ils ne vont pas débloquer.
06:16Donc, lorsqu'on essaie
06:17d'aller débloquer,
06:19eh bien, en fait,
06:20ils nous empêchent
06:20de le faire.
06:22Donc, ils reçoivent
06:22des consignes
06:23qui vont en ce sens.
06:25Le gouvernement,
06:26on pense à l'uni
06:27qu'il a une immense part
06:28de responsabilité
06:29dans cette situation
06:31pour plusieurs raisons.
06:32D'abord,
06:32parce qu'il y a
06:34une naïveté,
06:35il y a une inaction
06:35du gouvernement
06:36depuis des années
06:39sur, notamment,
06:40l'extrême-gauche
06:40au sein des universités
06:42et des lycées.
06:43Il n'y a pas de sanctions,
06:44c'est un vrai problème.
06:46Donc, pour vous faire
06:48un point,
06:48l'Uni,
06:49c'est un mouvement
06:50qui a presque 60 ans.
06:51Il y a des générations
06:51de militants,
06:52de responsables,
06:53de délégués nationaux
06:53qui ont fait alerte
06:55sur le danger
06:56de l'extrême-gauche
06:57au sein de l'enseignement.
06:58Sur leur méthode,
07:00on a rencontré
07:00des ministres,
07:02des élus,
07:02on leur a expliqué
07:03la situation
07:03et à chaque fois,
07:04pendant des années,
07:05on nous a dit
07:05« Vous exagérez,
07:09c'est une situation
07:09dramatique
07:10que vous me décrivez,
07:11mais voilà,
07:13c'est exagéré,
07:14vous avez un des biais. »
07:16Et aujourd'hui,
07:16en fait,
07:16on se rend compte
07:17qu'on a entièrement raison,
07:19enfin,
07:19nous,
07:19on le savait déjà,
07:20puisqu'on est directement
07:21dans l'enseignement supérieur
07:23et on se retrouve
07:24dans une situation
07:24où le gouvernement
07:25est complètement dépassé
07:26par un monstre
07:27dont il est en partie responsable.
07:29Comment mettre fin
07:30à la flambée
07:31de la violence ?
07:32Le gouvernement
07:32est sous pression
07:33face au blocus des lycées,
07:361747 individus
07:37interpellés hier,
07:38au total,
07:39plus de 5000
07:40depuis lundi.
07:40Comment l'exécutif
07:42répond à cette crise ?
07:43Explication signée,
07:45Jacques Serret.
07:46Eh bien,
07:46le gouvernement
07:46veut se montrer
07:47pleinement mobilisé.
07:49Laurent Nunes,
07:49le ministre de l'Intérieur,
07:51assure que tout est fait
07:52pour stopper ces violences.
07:54On peut entendre,
07:55ici ou là,
07:55qu'on incite parfois
07:56à la retenue.
07:57Non.
07:57Quand il y a des débordements,
07:58des dégradations,
07:59des violences,
08:00il y a des interventions
08:00des forces de l'ordre
08:01et aucune consigne
08:02de ne pas utiliser
08:03tout l'armement intermédiaire
08:05à disposition
08:05des forces de sécurité intérieure.
08:06On bascule dans de l'émeute
08:07et de la violence urbaine,
08:08on utilise toutes les armes
08:10intermédiaires
08:11pour y mettre un terme.
08:12Dans le même temps,
08:12le ministre de l'Éducation nationale
08:14est lui aussi sur le pont.
08:16Après avoir rencontré
08:17les représentants des lycéens,
08:19des professeurs
08:20et des parents d'élèves,
08:21Édouard Geffray
08:22promet de répondre
08:23à certaines revendications.
08:25Dès le début de la semaine prochaine,
08:26on va lancer un plan d'action
08:27avec l'ensemble des recteurs
08:28de manière à ce que
08:29les remplacements
08:30puissent être sensiblement accélérés
08:32et qu'ils soient évidemment
08:34priorisés sur les classes à examen.
08:35pallier les absences de professeurs
08:38en priorité dans les classes
08:39de première et de terminale.
08:41Voilà une première réponse,
08:43pas suffisante toutefois
08:45pour les organisations lycéennes
08:47et étudiantes
08:47qui appellent à poursuivre
08:49la mobilisation.
08:50Et nous sommes avec Pierre-Jean
08:52qui nous appelle de Bretagne.
08:53Bonjour Pierre-Jean.
08:55Oui, bonjour.
08:57Bonjour l'équipe.
08:58Merci cher Pierre-Jean
08:59de nous appeler.
09:00Merci à vous.
09:01On parle de cette exécutive
09:04du gouvernement
09:05qui tente tant bien que mal
09:06de juguler cette crise,
09:10d'essayer de circonscrire
09:11cet incendie,
09:13mais on voit un gouvernement
09:14bien impuissant.
09:15Il faudrait faire quoi selon vous ?
09:19Je pense qu'on manque de fermeté
09:20largement depuis le début.
09:22C'est le début à tout ça.
09:23C'est une catastrophe.
09:25Je suis ancien militaire,
09:26j'étais aussi expatrié,
09:27je lui parlais de trucs à l'étranger.
09:29Il n'y a que la fermeté
09:31qui marche pour ça.
09:32Autrement,
09:34on n'arrivera rien,
09:35c'est ouvert à tout,
09:36on est en roue libre.
09:37Alors la fermeté,
09:38on va continuer d'en parler
09:40dans quelques instants
09:40avec vous
09:42et on parlera aussi
09:43de ceux qui soufflent
09:44sur les braises,
09:44peut-être responsables politiques
09:46qui n'ont de responsable
09:47que le nom.
09:48Midi 13 sur Europe 1,
09:49on revient dans un instant.
09:50Pierre-Jean, à tout de suite.
09:51Et si comme Pierre-Jean
09:51vous souhaitez réagir
09:52en direct à l'émission,
09:53vous savez que c'est possible
09:54jusqu'à 13h,
09:55que ce soit par téléphone
09:56ou sur WhatsApp
09:5601-80-20-39-21
09:59et l'autre de Valais-vous,
09:59ça continue jusqu'à 13h.
10:00A tout de suite.