- il y a 23 heures
Le 13 décembre 2017, Les Grandes Gueules sur Numéro 23 revient sur la diffusion de photos prises lors de la cérémonie funéraire de Johnny Hallyday à Saint-Barthélemy. Les chroniqueurs débattent du caractère choquant de ces images et s’interrogent sur les limites à respecter entre information, curiosité du public et vie privée de la famille et des proches dans un moment de deuil.
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00:00Il était heureux quand il venait ici, il était tranquille.
00:04C'est symbolique, il est là, juste derrière il y a café Jojo.
00:09Donc je pense que tout ça, ça joue dans sa décision, dans son choix de rester ici.
00:15Voilà, c'était un mec, donc j'ai voulu vraiment lui rendre hommage.
00:19C'est quelque chose de très important aussi pour nous, ça nous montre sa reconnaissance,
00:24aussi bien lui comme pour Laetitia et ses enfants, qu'on y est bien quand même à Saint-Barthélemy.
00:30Ce sont des habitants de Saint-Barthélemy qui sont venus se recueillir,
00:33des fans aussi de Johnny Hidé sur la tombe de Johnny,
00:35parce que c'est l'objet, cette tombe maintenant au petit cimetière de Lorient, à Saint-Barth,
00:40c'est l'objet de toutes les attentions.
00:42Et beaucoup de photos ont été prises de l'enterrement de Johnny au cimetière marin de Lorient,
00:47des photos que vous allez découvrir cette semaine dans vos magazines People ou non People,
00:51je parle de Match, de Closer ou encore de Voici.
00:55Et notamment une photo qui va sans doute faire polémique,
00:58celle sur laquelle apparaît Laetitia Hallyday avec ses deux filles, Jade et Joy, 13 et 9 ans,
01:06qui n'ont pas assisté à l'enterrement de leur père,
01:11mais qui le lendemain ont été se recueillir sur la tombe de Johnny Hallyday.
01:16Et donc cette photo est notamment diffusée par le magazine Closer,
01:20on y voit Laetitia Hallyday, Jade et Joy.
01:23Alors certains diront que la strite intimité voulue par la famille n'a pas été respectée,
01:27que cette photo est indécente.
01:29La question est en tout cas posée et on vous la pose ce matin, mes chères grandes gueules.
01:32Laurence Piau, bonjour.
01:33Bonjour.
01:34Photo volée ?
01:36Photo non autorisée, voilà.
01:39Photo prise, enfin les photos auxquelles vous faites allusion,
01:42ce sont des photos qui, si vous regardez les plans larges,
01:45Laetitia va effectivement le lendemain avec Jade et Joy sur la tombe de Johnny.
01:52Il y a beaucoup de gens autour d'elle, c'est-à-dire qu'il y a des fans,
01:58il y a des anonymes, il y a des amis à elle.
02:02C'est un moment qu'elle partage avec toutes les personnes qui sont autour,
02:09comme Johnny l'a toujours partagé avec ses fans et comme elle-même a toujours partagé
02:14son intimité, sa vie avec les fans.
02:16Mais Laurence, que répondez-vous à ceux qui disent que l'intimité avait été réclamée
02:21par la famille et qu'elle n'est pas respectée ?
02:23Alors si vous faites allusion aux photos qui effectivement sont dans tous les magazines
02:27people aujourd'hui et pas seulement mon clover, cette animation elle a eu lieu,
02:33il y avait 80 personnes autour et la famille a été, le moment a été intime.
02:41Effectivement, le moment a été photographié par des photographes qui étaient loin
02:46et qui n'ont pas gêné le déroulement de la cérémonie.
02:50Pour moi, sur ces images-là, on est dans la continuité de ce qu'on a vu à la Madeleine,
02:55dans la continuité de cette immense émotion qui a été celle de la Madeleine
03:00et ce chagrin qui a été affiché par la famille, partagé par des millions de femmes.
03:04Et on va à Saint-Barthes parce que, voilà, on montre ces images
03:11parce que les femmes ne vont pas à Saint-Barthes, c'est trop loin, c'est trop cher
03:15et qu'on est toujours dans cette logique de partage.
03:18Et est-ce que vous craignez le procès ?
03:20Pardon ?
03:21Vous craignez le procès, vous avez mis de l'argent de côté ?
03:24Le procès peut survenir, comme le procès peut être fait aux chaînes d'info
03:29quand on fait des lives sur le départ de l'avion de l'aéroport,
03:34sur les images du cercueil qui rentrent dans l'avion, qui sortent de l'avion,
03:38qui sont aussi des images extrêmement dures.
03:40Là aussi, on est dans l'intimité.
03:42Donc ce procès, il peut aussi être fait aux chaînes d'info et à tout le monde,
03:45mais pas qu'à la principale.
03:46Ça veut dire que là, vous allez guetter tous les jours
03:49ce qui se passe autour de la tombe de Johnny, Laurence Piau ?
03:53Non, on n'est pas à guetter tous les jours ce qui se passe autour de la tombe de Johnny
03:57Hallyday.
03:58Et puis, encore une fois, cette question, posez-la aux chaînes d'info,
04:01parce que les lives des chaînes d'info sont des...
04:02Oui, tous les médias sont sur place.
04:04Il y en a beaucoup.
04:05Donc je pense qu'il y a une émotion, tous les médias sont sur place.
04:09Et là, il y a une émotion in situ devant la tombe de Johnny Hallyday.
04:14Enfin, il y en a quand même beaucoup ces jours derniers.
04:16Donc on va...
04:17Non, on ne va pas guetter ce qui se passe sur la tombe de Johnny Hallyday.
04:20On va partager, on va continuer à partager cette émotion populaire
04:25en suivant un peu ce que...
04:26C'est de l'information du public.
04:27Vous tenez à informer le public.
04:29Les larmes, c'est une information du public.
04:31L'affliction est une information pour le public.
04:34La façon dont Laetitia...
04:36Comment la filmait samedi à Madden ?
04:38Oui, comment la filmait samedi à Madden.
04:40Et puis la façon dont Laetitia va gérer ça.
04:43Encore une fois, quand elle va sur la tombe de Johnny,
04:45il y a énormément de monde autour d'elle.
04:47Et elle le sait.
04:47Et elle est dans ce partage qui est celui de Johnny.
04:50Elle est dans ce que Johnny a fait tout le long de temps.
04:51C'est ce lien particulier qu'il a avec le public.
04:54Merci Laurence Piau, directrice de la rédaction de Closer.
04:56Merci d'avoir été avec nous.
04:57Est-ce que ça vous choque ces photos ou pas ?
05:00Gilles-William-Golnadel.
05:01Non, je ne veux pas entamer le registre de l'indignation.
05:05Tu peux si tu trouves ça déplacé.
05:08Non, je ne suis pas dans l'indignation,
05:09mais je ne partage pas la vie qui vient d'être exposée.
05:12Ni sur un plan juridique, ni même sur un plan moral.
05:16Ce qui n'est pas incompatible.
05:17Il y a d'une part le moment public.
05:19Si j'ai bien compris, il y avait un moment public
05:22et la famille était tout à fait d'accord.
05:24C'est ce qui s'est passé à Paris.
05:25Et ensuite, ils ont mis des milliers de kilomètres
05:29entre Paris et Saint-Barthes
05:31pour l'enterrer dans l'intimité.
05:33Donc, dans ce cadre-là,
05:36j'avoue que je ne comprends pas bien
05:38le raisonnement qui vient d'être tenu.
05:40Du droit à l'information ?
05:41Mais on s'en fout du droit à l'information.
05:44Pas ceux qui vont acheter ces magazines.
05:47C'est le droit de la famille à l'intimité
05:52au moment où elle met en...
05:54Pas de Johnny, hein.
05:55Mais Johnny, il appartient à sa famille.
05:59Il est...
06:00Au moment où on le met en terre,
06:04à ce moment-là,
06:05on a quand même...
06:05La famille est quand même dans son droit,
06:08dans tous les sens du terme,
06:10de vouloir une intimité totale.
06:13totale.
06:14Je dis bien, totale.
06:15Ça s'appelle un cimetière aussi.
06:16Bon, donc, dès l'instant...
06:18Alors, maintenant, Mme Piau,
06:19je la comprends.
06:21Elle fait son service après-vente.
06:22Elle fait son rapport...
06:23Donc, elle explique le mieux qu'elle peut
06:26que finalement, bon, ouais, d'accord,
06:29c'est une photo qui n'est pas autorisée,
06:30mais c'est Johnny, c'est l'émotion,
06:33il appartient à tous.
06:34L'histoire de la presse,
06:35c'est l'histoire de photos non autorisées aussi.
06:36Si jamais...
06:37Pas uniquement pour le people.
06:38Non, mais Johnny, c'est toujours...
06:40Non, mais il y a tout à l'heure.
06:40Elle est pas autorisée et interdit.
06:42Et ça fait partie aussi de son...
06:44À mon avis, le mythe Johnny,
06:45c'est construit avec ses photos aussi.
06:47Est-ce qu'on peut quand même espérer,
06:50même dans notre monde médiatique,
06:52que quand même, au dernier moment
06:55où on le met en terre,
06:56ça, ça ne se partage pas.
06:58Pardon, mais alors,
07:00si la famille de Johnny Hallyday
07:04fait un procès pour violation de la vie privée,
07:07elle gagnera son procès, Mme Piau,
07:09et elle va expliquer ce qu'elle voudra expliquer.
07:11Vraiment, je suis assez partagé,
07:16qui me mettra un peu en désaccord
07:17avec Gilles William et Marianne,
07:19qui est au chez de la tête à ce qu'il disait,
07:21donc est plutôt d'accord avec lui, je pense.
07:25Johnny et intimité, pour moi,
07:27c'est un oxymore.
07:29Excusez-moi, mais je ne sais pas
07:31comment on peut imaginer de l'intimité
07:34quelques jours après,
07:35quelques jours après,
07:36une cérémonie qui a réuni
07:38un million de personnes.
07:39Et 15 millions dans la télé.
07:40Et 15 millions dans la télé,
07:41comme on peut imaginer une semaine après,
07:43qu'il y ait une intimité,
07:46au moment de son enterrement à Saint-Barthes.
07:49Et quand on dit,
07:51on a mis de la distance à Saint-Barthes,
07:52non, ce n'est pas la famille
07:53qui a décidé de mettre de la distance à Saint-Barthes.
07:55Ils ont répondu au souhait de Johnny
07:57d'être enterré là-bas.
07:58Donc, s'il avait dit
08:00je suis enterré à Kemper,
08:02il aurait enterré à Kemper.
08:03Donc, il a décidé que c'était Saint-Barthes.
08:05Bon, en plus,
08:06ce cimetière est ouvert.
08:08Vous avez vu comment il est,
08:09la configuration.
08:09Il y a au bord de la route.
08:10Je veux dire, n'importe quel passant
08:11pouvait même avec un selfie,
08:12enfin, avec un selfie.
08:13Oui, parce que là,
08:14ils ne sont pas dans le cimetière.
08:14Avec un iPhone.
08:15Les photos sont faites de loin.
08:16Les téléphones.
08:17Donc, c'est quand même
08:18l'intimité dans un cimetière ouvert
08:21qui donne sur la rue,
08:22sur la mer.
08:24Je veux dire, c'est...
08:24La plus grande star française.
08:26Là, c'est à des fins de publication
08:28et commerciales.
08:29C'est tout.
08:29Et quand J. William
08:31émet deux arguments
08:32à la fois juridiques
08:33et l'argument moral
08:35qui sont tout à fait contraires
08:37là aussi
08:37à l'essence même de Closer
08:39ou de la presse People,
08:40je veux dire,
08:41ils se sont toujours assis
08:42sur le juridique
08:43et ils ont assumé de payer.
08:46Et la question morale,
08:48ce n'est quand même pas
08:48la question prioritaire pour eux.
08:50Sinon, je pense qu'ils n'existeraient pas.
08:52Du coup, j'ai envie de dire,
08:53ils sont dans leur fond de commerce.
08:55Donc, ils sont là
08:56où ils doivent être.
08:57Je veux dire,
08:57moi, je n'ai aucune surprise là-dessus.
08:59Après, est-ce que c'est ultra choquant
09:01quelques jours après ?
09:02Non.
09:03Je pense vraiment
09:03que ceux qui sont des intimes
09:05qui veulent faire...
09:06Tu dis choquant
09:07parce que c'est un moment d'intimité.
09:08Oui, mais l'intimité,
09:09un moment de chagrin aussi.
09:10Tu sais,
09:10de recueillement de la famille.
09:12Je sais, je sais.
09:12Je sais, dresse le scénario.
09:14C'est vrai.
09:15Oui, mais est-ce que c'est possible
09:16d'imaginer encore une fois
09:18quand tu t'appelles Johnny Hallyday
09:19et que tu as autant de ferveur autour de toi
09:22quelques jours après
09:24d'avoir de l'intimité.
09:25L'intimité, reviens dans six mois.
09:28Reviens dans six mois.
09:29Si tu es un proche ou la famille,
09:30tu vas sur sa tombe,
09:32tu auras de l'intimité, je pense.
09:33Mais il faut laisser passer un peu de temps
09:35pour retrouver de l'intimité
09:36dans ces conditions.
09:37C'est très difficile
09:38de demander l'intimité
09:39quelques jours après.
09:39Maître Soubré.
09:40Moi, je crois qu'il y a eu deux moments.
09:41Il y a un moment
09:42parce que c'était Johnny,
09:44parce que c'était
09:45une idole nationale, etc.
09:47où la famille a donné
09:50tout ça au public
09:51à un million de personnes,
09:53à 15 millions de personnes
09:53à la télé.
09:54Où, de toute façon,
09:55c'était évident
09:56que ça ne pouvait pas
09:57se passer autrement.
09:58Mais ils l'ont fait.
09:59Ils l'ont fait
10:00et derrière,
10:00ils ont demandé.
10:01Ils ont demandé l'intimité
10:03pour...
10:04Et on le dit toujours d'ailleurs.
10:05Tu le vois souvent
10:06sur l'FR-PAR,
10:07il sera inhumé
10:08dans la plus stricte intimité.
10:10Pourquoi est-ce que Johnny Hallyday
10:11n'y aurait pas droit ?
10:12Quand tu me dis
10:13qu'il y a du monde
10:13dans un cimetière,
10:14oui, mais ce sont des gens
10:15qui viennent dans un cimetière,
10:17ils ne sont pas censés
10:17être là non plus
10:18pour briser une intimité.
10:20Même les femmes
10:20prennent des photos.
10:21On les voit à chaque fois
10:22sur les images.
10:23Le problème,
10:23c'est la commercialisation
10:28de ces photos
10:28de cet instant.
10:29Et puis,
10:30on a l'air d'oublier quand même
10:31que sur la photo principale,
10:33on a deux mineurs,
10:34on a deux gamines
10:35qui n'ont rien demandé à personne.
10:37Elles ont 13 ans et 9 ans.
10:38Elles n'ont même pas été là.
10:40C'est abominable.
10:42C'est-à-dire que ces gamines-là,
10:44elles ont été...
10:44Ah, qui étaient à la télé.
10:45Elles étaient à la télé
10:46devant 15 millions de personnes.
10:47Et puis, surtout,
10:48c'est Véthice Alidaire
10:49qui a publié
10:50les photos de ses filles.
10:52Non, non, attends.
10:52Ça veut dire quoi ?
10:53Ça veut dire...
10:54Il faut raconter l'histoire
10:55jusqu'au bout.
10:55Parce que là,
10:56elles ne sont pas autorisées.
10:57Ça veut dire que deux enfants
10:59que tout le monde a vus
11:01effectivement à la Madeleine, etc.
11:02Et quand c'est Véthice Alidaire
11:03qui publiait les photos
11:03de ses enfants,
11:04ce n'était pas choquant.
11:05Ça veut dire que...
11:05Non, mais excuse-moi.
11:07C'est incroyable.
11:08Là, on parle de mineurs.
11:09On parle de mineurs
11:10qui, plus que d'autres,
11:11ont droit à leur intimité.
11:12C'est deux enfants
11:13qu'on a beaucoup vus
11:14effectivement
11:15parce que toute la famille
11:16était réunie à la Madeleine.
11:17C'est deux enfants...
11:18Écoute-moi,
11:19laisse-moi terminer.
11:20C'est deux enfants
11:20qui n'ont pas assisté
11:22à l'inhumation de leur père,
11:23qui viennent le lendemain
11:24exprès pour se recueillir.
11:25Tu te rends compte
11:26de la dégueulasserie
11:28de montrer ce moment-là
11:29pour ces deux enfants-là ?
11:30les photos de ces deux enfants,
11:31ça ne te choquait pas ?
11:32Elle le voulait.
11:32Mais elle le voulait.
11:34Là, on parle d'un moment
11:35tragique dans la vie
11:36de deux gamines
11:37dont le père est mort.
11:37Mais quand tu joues
11:38avec la press people,
11:39à un moment donné,
11:39c'est pas je veux, je veux pas.
11:40On le sait.
11:41C'est compliqué.
11:41Mais il y a le droit.
11:42Ils seront condamnés
11:43et tant mieux.
11:44Et moi, je suis ravie
11:45parce que Closer
11:45va être condamné
11:46pour ces photos-là.
11:47C'est une évidence.
11:48Dans un instant,
11:48Ludovic d'Holonne-sur-Mer
11:50en Vendée.
11:51Scandaleux, dit-il.
11:53Photoshock de Closer
11:56au lendemain de l'enterrement.
11:57Laetitia et ses deux filles,
11:58est-ce que vous êtes choqués ?
11:59Vous êtes très, très partagés.
12:01Oui, mais à 52%
12:02sur rmc.fr.
12:04Oui, 58% sur Twitter.
12:07On continue d'en discuter
12:08avec vous sur RMC,
12:09numéro 23 dans les GG.
12:19Ludovic, bonjour.
12:21Bonjour.
12:21Bonjour, Ludovic.
12:23En pleine forme,
12:24on parle des photos
12:25de Laetitia Alidé
12:27avec ses filles,
12:28photos volées.
12:29Qu'est-ce que vous en dites ?
12:30Vous êtes choqués ou pas
12:31par la publication
12:32de ces photos, Ludovic ?
12:34C'est un scandale.
12:36Simplement, un scandale.
12:39On n'a pas à faire ça.
12:41C'est une violation
12:42de l'intimité ?
12:42Mais bien sûr.
12:43On a eu droit
12:44à l'enterrement public
12:46que tout le monde
12:46a pu voir ce qu'on voulait voir.
12:48On a tous regardé
12:49ce qu'on voulait regarder.
12:50On nous demande juste
12:52de respecter ça.
12:53Il s'en va à Saint-Barthes
12:54pour être tranquille.
12:55Et non, on a encore des photos.
12:57Est-ce que Laetitia a pleuré ?
12:58Est-ce que si,
12:59on s'en fout.
13:00Laissez-les tranquilles.
13:01On s'en fout, vous,
13:02mais je peux vous faire à Paris.
13:04Et si je le perds,
13:06je vous envoie
13:06une bouteille de champagne.
13:08Les journaux
13:08Closer Voici Paris Match
13:10vont vendre
13:11des dizaines de milliers,
13:12voire des centaines de milliers
13:13de ces exemplaires.
13:14C'est évident.
13:14Ils ont fait le calcul
13:15que ça allait leur coûter
13:16moins de joli.
13:17Les gens ne s'en foutent pas.
13:18Enfin, une partie des fans.
13:19Et je pense qu'il y a des fans
13:20qui seront contents
13:22via ces photos
13:23de participer
13:24à l'enterrement
13:26de Deux Jeunis.
13:27Un fan n'est pas content
13:29de participer à ça.
13:31Tu ne peux pas voir
13:32ses enfants malheureux
13:33ou sa femme
13:34qui est en train de pleurer.
13:35Tu n'es pas fan.
13:36C'est bien ce qu'on a vu samedi.
13:39Oui, mais c'était un hommage
13:40pour lui rendre un hommage.
13:42Ben oui.
13:43C'est différent.
13:43Les gens, ils y sont allés
13:45pour lui rendre un hommage.
13:46Là, c'est juste être voyeur.
13:48Voir, ah, est-ce que sa femme,
13:49elle pleure ?
13:50Oui, elle pleure.
13:50Mais voilà, on s'en fout, ça.
13:53Disons qu'il y a
13:53le voyeurisme autorisé
13:55par la famille
13:56qui place elle-même
13:57les caméras.
13:57Exactement.
13:58On voit où on place les caméras
14:00parce que c'est eux
14:01qui décident
14:01et puis après,
14:02non, ces larmes-là,
14:04vous les prenez
14:04mais les autres,
14:05vous n'y avez pas droit.
14:06Je ne vois pas pourquoi
14:08tu incrimines la famille.
14:09Parce que la famille,
14:10c'est elle qui décide
14:11du placement des caméras
14:12aussi pendant la cérémonie
14:14religieuse à la Madaine.
14:15Ce n'est pas la famille
14:16qui a fait des pieds et des mains
14:21pour qu'on rende à Johnny
14:24un hommage national.
14:26C'est une coproduction.
14:28Si Laetitia Lidé avait dit
14:29qu'on ne veut pas la Madeleine,
14:31on ne veut pas les champs,
14:32il n'y aura pas eu les champs
14:32et il n'y aura pas la Madeleine.
14:34Mais ce n'est pas ce que je suis
14:35en train de vous dire.
14:36Ce n'est pas une...
14:38Que la famille ait été d'accord
14:40et qu'elle m'a été...
14:41C'est pas qu'elle était d'accord,
14:42c'est elle qui a organisé.
14:43Elle n'était pas en demande.
14:45Mais je suis désolé,
14:46c'est les services de la République,
14:48la présidence de la République
14:49qui ont pris contact avec la famille
14:50pour voir comment organiser
14:52une coproduction.
14:54C'est Laetitia Lidé
14:56qui a été avec Brigitte Macron
14:59toutes les deux
15:00qui ont coproduit
15:01ce qu'on a vu samedi
15:02qui était d'ailleurs très réussie.
15:03Ce n'est pas Laetitia Lidé
15:05qui a appelé M. ou Mme Macron
15:07pour me dire
15:07s'il vous plaît,
15:09je vous supplie,
15:09organisons-y.
15:10Ça n'est pas vrai.
15:12Il y a eu un consensus.
15:13Il est totalement normal.
15:15Il y a des mauvais soins
15:16comme un avocat.
15:17Mais vous ne pouvez pas comprendre...
15:18Il n'est jamais de Moselle.
15:20Vous ne pouvez pas comprendre
15:23qu'il n'y a aucune contradiction
15:26entre, d'une part,
15:27être satisfait
15:28que son homme,
15:29pour reprendre son expression,
15:32est un hommage national
15:34et qu'ensuite,
15:35se réserver cette part d'intimité
15:37à des milliers de kilomètres de Paris.
15:39Ça vous échappe, ça ?
15:40Oui, non.
15:40J. William,
15:41c'est très bien
15:41et ce n'est pas seulement
15:42le problème de Johnny.
15:43Quand une personnalité
15:46décide,
15:46à un moment donné,
15:47d'appeler les photographes...
15:49Eh bien, ça s'arrête
15:49au seuil de la tombe.
15:50Je peux terminer ?
15:51Ça s'arrête là.
15:52Je peux terminer ?
15:53Sinon, il y a toi qui parle.
15:54Quand les photographes
15:55sont appelés officiellement
15:56pour partager un moment d'intimité,
15:58Johnny, il a été pris
15:59sur toutes les coutures
16:00avec sa femme,
16:00ses enfants,
16:01chez lui, etc.
16:02Eh bien, à un moment donné,
16:03tu ouvres...
16:03C'est la boîte à Pandore,
16:04tu ouvres quelque chose
16:05qui ne se referme pas.
16:06Ça s'arrête là.
16:07Quand je disais tout à l'heure...
16:08Merci Ludovic,
16:09je vous envoie un petit chat.
16:09Merci Ludovic.
16:10Quand je disais tout à l'heure
16:11que j'étais partagé,
16:12quand je disais tout à l'heure
16:13que j'étais partagé,
16:14c'est qu'à la fois,
16:15je pouvais comprendre,
16:17je dirais,
16:17qu'il y a une émotion
16:18sur le fait
16:19qu'une intimité
16:20n'ait pas été totalement respectée,
16:22mais j'ai envie aussi
16:23de comprendre
16:24qu'à un moment donné,
16:25quand tu t'es donné
16:28qu'à un moment donné
16:30à la liesse populaire,
16:32aux people,
16:34que tu t'es mis en scène aussi,
16:36qu'il y a une forme de mise en scène,
16:38à un moment donné,
16:39les choses te dépassent.
16:41Quand je dis
16:42que tu ne t'appartiens plus
16:43et qu'effectivement,
16:45il y a du mal à appartenir
16:46et qu'il va falloir
16:47un certain temps
16:49pour qu'une accalmie
16:50et une intimité...
16:52Mais pourquoi...
16:53C'est tout, c'est tout.
16:58Mais vous auriez dû aller
16:59le filmer à l'hôpital
17:00pendant que vous y êtes ?
17:00Non.
17:01Il n'y a aucune...
17:01Justement, là,
17:02ça a été le respect.
17:03Mais il y a eu le respect
17:05et bien il y a le respect
17:06de la maladie
17:07et bien il y a le respect
17:08de la mort.
17:09Mais les photos,
17:09elles ne sont pas choquantes.
17:10Ça en paraît évident.
17:11Elles ne sont pas choquantes,
17:12les photos.
17:12Cyril, bonjour.
17:13Ce n'est pas la tombe
17:14qui est prise en France.
17:14Oui, bonjour à tous.
17:16Qu'est-ce que vous en dites, Cyril ?
17:17Moi, j'en dis qu'au bout d'un moment,
17:19il faut arrêter
17:19une certaine hypocrisie, en fait.
17:22Hypocrisie dans le sens
17:22où, après les attentats
17:24contre Charlie Hebdo,
17:25on a hurlé
17:26à la liberté de la presse.
17:27Ce qui est tout à fait normal.
17:30Closer et la presse
17:31à scandale,
17:32je ne supporte pas
17:33ce genre de publication.
17:34Je trouve que c'est
17:35une manipulation des masses,
17:36que les gens sont...
17:39Oui, manipulés dans le sens
17:40où on appuie sur leur naïveté
17:42pour faire avaler
17:43certaines choses.
17:44Et en même temps,
17:45pour moi, il faut un boulot
17:46qui est, excusez-moi
17:46l'expression, gerbant,
17:48aller violer l'intimité
17:50systématiquement des gens
17:50plus ou moins
17:51avec leur accord.
17:52Donc, il y a une chose
17:53qui est très claire.
17:54C'est pas un viol.
17:55Si il y a un accord,
17:56c'est pas un viol.
17:57Si il y a un consentement,
17:58c'est plus un viol.
17:59Il y a une sorte de contradiction.
18:01L'hypocrisie, pour moi,
18:02elle est là.
18:03Soit on dit
18:03qu'il y a la liberté de la presse
18:05et on la met pour tout le monde
18:06et dans tous les cas.
18:07Pas un problème de liberté.
18:08Ou alors,
18:09à ce moment-là,
18:10on s'en suera un minimum
18:11de la presse.
18:11Et pour l'histoire de Johnny,
18:13moi, d'un moment,
18:13je commence,
18:14à titre personnel,
18:15à en avoir marre.
18:17On a eu les éditions spéciales.
18:19Eh bien, raison de plus !
18:20Non, mais non.
18:21Mais au bout d'un moment,
18:21il faut arrêter
18:22et qu'on arrête cette connerie.
18:23Qu'on arrête de médiatiser tout ça.
18:26Closer fait un boulot gerbant,
18:28certes,
18:28mais ils font leur boulot.
18:30Non, mais il y a...
18:31Pardon, excuse-moi deux secondes.
18:32Il y a quand même...
18:33Il y a quelque chose
18:33qui ne doit pas vous échapper.
18:35C'est le droit.
18:36C'est-à-dire que la liberté de la presse,
18:38elle existe,
18:39mais elle a quand même des limites.
18:41Les caricatures...
18:41Oui, le droit à l'image.
18:42Les caricatures...
18:43Les caricatures de Mahomet,
18:45elle n'avait rien d'illicite.
18:47D'accord ?
18:48C'est ça.
18:49La liberté d'expression.
18:50Quand on dit
18:50ce que la violation de la vie privée,
18:52ça n'est pas licite.
18:53Je suis désolé de vous le dire.
18:55C'est pas la même chose.
18:56Merci Cyril.
18:56Un petit chat.
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