00:00On a beau s'y attendre, on a beau l'avoir déjà vu et écouté sur scène, ça surprend toujours
00:05l'entrée de l'idole.
00:07La voix enrouée, le geste un rien plus économe, redingote style joueur de poker du 19ème, guitare mitrailleuse, puis en
00:14ageville patiné Saint-Trope, voici la bête du rock français.
00:18Français, blues, yeah, United Colors of Johnny Holiday.
00:39Alors Johnny, une question que tout le monde se pose, c'est pourquoi vous avez enregistré un album en anglais
00:43?
00:44Pour plusieurs raisons, d'abord j'avais savé très longtemps que j'avais envie de chanter en anglais.
00:49Et puis comme cet album-ci, il y a un petit plein retour un peu au blues, je crois que
00:54c'était important de le faire en anglais, d'abord par rapport à la langue.
00:57Je pense pas que le blues soit une... le français soit une langue très adaptée pour le blues, disons, peut
01:03-être plus pour le rock que pour le blues, bizarrement.
01:06Mais il y a certaines chansons qu'on peut pas chanter en... on peut pas chanter en français, quoi.
01:11Et puis aussi parce que j'avais aussi envie d'aller travailler un petit peu hors des territoires francophones.
01:20Toute la musique qu'il aime pour un album, Ralph Towne, qui ne devait pas sortir chez nous et qui,
01:25number one, en cinq jours, a convaincu ses partenaires du bien fondé d'un Johnny Bigode in American.
01:44Alors, au départ, j'ai voulu vraiment travailler avec un coach pour perdre complètement mon accent français.
01:51Et les Américains ont dit non, non, il faut garder un tout petit peu, quand même, parce que c'est
01:55ce qui sort un petit peu de l'ordinaire.
01:57Autrement, ça fait comme tout le monde, quoi.
02:13L'homme qui est capable de tenir Bercy pendant des semaines vient chanter dans des petites salles, maintenant. Pourquoi ?
02:19Parce qu'au départ, on devait faire, pendant l'appel, pour ouvrir l'album, on devait faire des... comment on
02:26appelle ? des showcases.
02:28Et bon, en cours de rose, je me suis dit quand même chanter dans des showcases uniquement pour les médias,
02:34je préfère quand même qu'il y ait un peu de public.
02:38Donc, on a opté pour faire des petites salles, mais c'était un peu volontaire. D'abord, c'était pour
02:43recréer un peu une emmerge de blues.
02:45Et puis, parce que ça fait longtemps que j'avais pas chanter des petites salles, et de temps en temps,
02:48c'est bien de... back to the woods.
02:51Vous voulez vous faire un peu plaisir ? Hier, par exemple, vous avez dit au public, pour une fois, je
02:53vous vois.
02:54C'est vrai ? Vous savez qu'à force de faire des endroits comme, je dirais même pas Bercy, mais
02:59même, disons, même par le déprince,
03:00où il y a 61 personnes, on voit une espèce de marée humaine, de gens, on voit plein de têtes,
03:07mais on voit pas vraiment les gens.
03:10C'est trop grand, quoi. Et là, pour une fois, les gens devant, je dis, ouais, je sais avec qui
03:17je parle, je sais...
03:18Et pour une fois, j'arrive à vous voir.
03:26Mais alors, pas mal du tout.
03:31On avait convenu d'un truc avant l'interview.
03:34On ne parle pas d'Adeline ou de la vie privée.
03:37Le temps d'une confidence, un projet de film avec Maurice Piala, d'une question, que vais-je acheter pour
03:42l'anniversaire de Laura ?
03:43Avec beaucoup de pudeur, l'homme s'est enfin révélé à nous.
03:46Johnny est un homme rare, un ado de 50 ans, une leçon pour les vieux complets.
03:53Les femmes qui vont rêver aujourd'hui sont les top modèles.
03:56Parce que les top modèles, on les voit toujours bien préparés, bien arrangés, sexy, bien maquillés.
04:02Et je trouve que les comédiennes, elles ont tendance à mal s'habiller, à ne pas faire attention.
04:10Et finalement, bon, les gens sont des fois déçus parce qu'ils voient une comédienne dans la rue.
04:14Ils disent, tiens, elle est moins bien, parce que ça s'avère un petit peu de la faute des comédiennes.
04:19Quel top modèles Johnny aimerait bien plaire ?
04:21Non, non, mais enfin, en général, je n'aime pas de nom.
04:24À tout.
04:26Moi, j'aime bien que le décifère, mais je ne sais pas.
04:29Oui, moi aussi.
04:30Ben voilà, je vous l'ai fait avouer quand même.
04:33Je ne suis pas magicien.
04:36Oui, les mots ont fait l'amour avec des harlés.
04:39On a évoqué Ramatuel, les virères Saint-Trope, les bateaux, la mer, David, et puis toujours Laura.
04:46Il me vient une question.
04:48Est-ce que l'Amérique comprendra ?
05:02J'aimerais bien de temps en temps pour avoir vu ma fille, un artiste qui soit chanteur, comédien ou n
05:08'importe quoi, enfin bon.
05:11Quand il fait son métier, il fait son métier, je comprends, enfin ça.
05:15Quand il sort pour aller au cinéma ou dans un restaurant pour lui foutre la pêche, c'est un homme
05:18à un autre.
05:19C'est un petit peu la rançon de la gloire, ça non ?
05:21Je sais, c'est ce qu'on me dit souvent, ça m'énerve.
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