- il y a 2 jours
Le 6 décembre 2017, Les Grandes Gueules sur Numéro 23 consacrent une émission spéciale à Johnny Hallyday après l'annonce de son décès. Dans cette première partie, les chroniqueurs reviennent sur l'immense carrière du rockeur, son influence sur la musique française et l'émotion suscitée par sa disparition, à travers des échanges, des archives et des témoignages.
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MusiqueTranscription
00:01Générique
00:51que vous l'aimiez ou pas, qu'on appréciait ou pas, comme disait l'autre, on avait tous quelque chose
00:58de Johnny.
00:58Bonjour à toutes et tous et aujourd'hui les Grandes Gueules, c'est une émission spéciale pour parler de l
01:03'idole, parler de l'icône, parler d'un rocker, parler d'un homme qui a traversé les époques
01:09et que les français finalement ont toujours connu. Bonjour Olivier Truchot, c'est Johnny Hallyday.
01:13Bonjour à tous, les Grandes Gueules rend hommage à une belle gueule, Johnny Hallyday a une magnifique voix et on
01:20a tous en nous quelque chose de Johnny Hallyday.
01:22Donc on attend vos témoignages bien sûr au 3216, faites-nous partager vos souvenirs de Johnny Hallyday, un concert, une
01:30chanson, un moment de votre vie
01:32parce que Johnny Hallyday a accompagné notre vie pendant tant d'années.
01:34Oui, Johnny on va en parler, on va le raconter bien sûr avec vous.
01:38On a demandé au GG de venir et pas uniquement aujourd'hui à Jacques Maillot, Caroline Pilas, trésor habitant d
01:44'être là.
01:44Bonjour Monsieur Dame, parce qu'on va tous parler bien sûr de Johnny, mais David Dickens sera là parce que
01:49David a fait la fête avec Johnny
01:52lors des 10 ans de mariage de Johnny et de Laetitia. Pascal Péry, Etienne Liebig seront de la partie aussi.
01:59On aura bien sûr des personnalités qui témoigneront avec nous au téléphone dans les GG durant ces 3 heures.
02:05Johnny Hallyday est mort donc chez lui à Marne-la-Coquette à l'âge de 74 ans.
02:09C'est par un communiqué envoyé à l'AFP à 2h34 du matin que son épouse Laetitia a annoncé le
02:16décès de son mari,
02:17de celui qui se nommait Jean-Philippe Smet dans le civil.
02:20Johnny Hallyday est parti, a écrit Laetitia, j'ai écrit ces mots sans y croire et pourtant c'est bien
02:25cela.
02:26Mon homme n'est plus, il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie
02:30avec courage et dignité.
02:32Johnny Hallyday est mort et il y a déjà beaucoup d'émotions autour de cette tablée des grandes gueules.
02:37J'entends Zora qui est en pleurs à mes côtés.
02:40Qu'est-ce qui t'arrive ? Pourquoi c'est si particulier pour toi de parler de Johnny, de raconter
02:47Johnny, Zora ?
02:48C'est une enfance, c'est un moment de ma vie assez fort, puissant, joyeux.
02:56Je suis issue d'une grande famille où j'avais un frère qui était complètement fan.
03:01Et ils nous rassemblaient, nous, mes frères, mes petits frères et moi.
03:06Et on passait du temps à chanter Johnny tous les jours et mon père qui était ce vieil Algérien analfabète
03:12qui riait derrière la porte.
03:14Et Johnny pour moi c'est ce que j'écrivais.
03:19J'ai perdu papa, il me restait maman.
03:21J'ai perdu maman, il me restait Johnny.
03:24Et maintenant Johnny c'est un peu une page de mon enfance.
03:27C'est un patrimoine qui est rentré dans ma vie, qui est rentré dans notre vie.
03:31C'était improbable parce qu'on était loin de cette culture occidentale qu'on a privoisée.
03:37Et c'était des moments joyeux, des moments festifs, des moments de fraternité entre nous.
03:43Johnny c'est la France qui vous a accueillie.
03:44Oui voilà, pour moi c'est un symbole de cette communion avec un pays.
03:50Ça a été le premier pan de la culture que j'ai embrassé.
03:54C'était toute une époque avec Salut les copains, la radio, ma sœur qui mettait ça à fond en faisant
03:58le ménage.
04:00Pour moi c'est une enfance joyeuse, heureuse, c'est ma France.
04:03Et je suis profondément touchée parce que j'ai l'impression qu'on a perdu ça et que ça n
04:11'existe plus.
04:11Et qu'il n'y a rien aujourd'hui qui peut nous faire aimer et nous rassembler à ce point.
04:18Et voilà, je me marre encore de ce grand frère qui imitait, qui nous tendait le micro et on répétait
04:25derrière lui toutes les chansons.
04:27Tout le monde chantait Johnny.
04:28Voilà.
04:29Justement, parmi les télés chansons de Johnny, il y a bien sûr celle-là, c'est la tienne et celle
04:34beaucoup de français d'ailleurs.
04:49Johnny figure nationale, Johnny incarnation de certaines histoires de France d'époque, soit années 60, années 70.
04:57On parle de Johnny, on va écouter Johnny.
05:00Petite prod sur Johnny s'il vous plaît.
05:02La vie a fait que j'adorerais ce métier.
05:07Et puis voilà, j'ai voulu continuer à faire ce métier parce que c'est un métier formidable.
05:11Vous savez, c'est un métier formidable de pouvoir rendre des gens heureux.
05:15Et donner un petit peu de rêve aux gens, c'est ce que moi je trouve assez fabuleux.
05:21Ce n'est plus un secret, tout le monde sait que j'ai un cancer.
05:24Mais donc j'essaye, je me soigne, je lutte, je me bats et j'espère bien m'en sortir.
05:30Souvenir, souvenir, souvenir, de nos jours de l'été.
05:35Lorsque nous partions cueillis, mille fleurs, mille baisers.
05:41Noir, c'est noir.
05:44Il n'y a plus d'espoir.
05:48Oui, qui s'est gris.
05:51Et c'est fini.
05:55Ils ont des chènes sans part le jour.
05:58C'était ma peine forçable de l'amour.
06:01Et bonne chance.
06:02C'est le pire.
06:06Je n'étais qu'un fou, et pas l'amour.
06:15Elle a fait de moi un fou, un fou d'amour.
06:21On m'a trop donné, bien avant l'envie.
06:26J'ai oublié les rêves et les merci.
06:28Toutes ces choses qui avaient un prix.
06:31Qui font l'envie, qui fait le désir.
06:34Et le plaisir aussi.
06:37Johnny Hallyday voulait qu'on vous le résume en quelques chiffres.
06:40Outre ses 50, 50 carrières, 110 millions de disques vendus,
06:443 240 concerts, un millier de chansons interprétées.
06:48Et on reparlera du reste.
06:49Neuf stades de France, 30 millions de spectateurs au total.
06:54Caroline et Jacques.
06:55Jacques, quand on te parle de Johnny, il a traversé les époques.
06:58Oui, pour moi, il est lu sur les tronnes glorieuses, Johnny.
07:02Je dirais que les principaux, ceux qui ont fait les tronnes glorieuses,
07:05sont en train de disparaître progressivement.
07:08C'est vraiment, ça illustre bien, je dirais les tronnes glorieuses.
07:10Après, on est passé dans les tronnes piteuses.
07:12Et je pense maintenant qu'avec Macron, on rentre dans les tronnes prometteuses.
07:15Et c'est vrai que tu as raison, Johnny.
07:17C'est la génération yéyée, c'est la génération d'après-guerre du baby-boom,
07:21de cette jeunesse des années 60.
07:22C'est une génération insouciante et légère.
07:24C'est ça aussi qu'on perd.
07:25Au-delà du mythe, de la légende, qu'on apprécie ou pas.
07:28Moi, je vais vous dire, je n'étais pas fan particulièrement de Johnny.
07:31Ce que beaucoup ressentent pour lui aujourd'hui,
07:33je l'ai ressenti pour Michael Jackson à l'époque.
07:36Mais je reconnais l'artiste exceptionnel que c'était.
07:39Quelle voix puissante, quel performeur scénique.
07:42Enfin, je veux dire, il a traversé les époques,
07:45il est intergénérationnel.
07:46On a tous des chansons de lui en tête, quoi qu'il en soit.
07:50C'était le Elvis Presley à la française.
07:53Et il est connu internationalement, il faut quand même le rappeler,
07:56parce que beaucoup d'artistes internationaux,
07:59comme entre autres Léni Kravitz,
08:00lui ont rendu hommage aujourd'hui.
08:03Mais Johnny, pour revenir sur cette période
08:06qu'il a traversée, effectivement, les Trente Glorieuses,
08:08même s'il a été au-delà, puisque...
08:09Oui, il est au-delà, mais enfin, ce que je veux dire,
08:10c'est que, je dirais, ceux qui ont fait les Trente Glorieuses
08:13sont en train progressivement un petit peu de disparaître.
08:14C'est une génération qui s'en va.
08:15C'est une génération qui s'en va.
08:17Il y a une véritable mutation qui est en train de se faire.
08:20Et pour revenir à l'émotion de Zorabitant,
08:22parce que c'est ça, quand même, qui est le plus marquant avec Johnny,
08:25c'est le fait qu'il a accompagné la vie des gens,
08:29plusieurs générations, et des gens de toute classe sociale,
08:31j'ai envie de dire.
08:32Et c'est vraiment le chanteur populaire.
08:34Il n'y en a pas beaucoup comme ça.
08:35Voilà, mais c'est ça qui est extraordinaire.
08:36C'est qu'en fait, il traverse toutes les cultures,
08:39toutes les histoires, et toutes les origines.
08:42Johnny, on se l'est approprié comme un patrimoine à nous aussi.
08:46Et c'était assez compliqué de s'approprier un patrimoine
08:49qui était a priori pas à notre portée.
08:51Et celui-là, il était très simple.
08:53Et c'est assez exceptionnel, ça.
08:55Et en même temps, Johnny, c'est la possibilité de faire la fête
08:59entre nous, avec quelque chose qui nous rassemble.
09:02Lui, ses chansons, je veux dire, la qualité de ses chansons,
09:06certaines tristes, d'autres joyeuses.
09:09Et à chacune de ses chansons, pardon,
09:13moi j'ai un petit bout d'histoire.
09:15J'ai un petit bout d'histoire.
09:16Le micro, c'était n'importe quoi.
09:18Mais nous, on était des gosses et on était derrière.
09:21Et franchement, pour moi, c'est des moments inoubliables.
09:24Qui l'a vu sur scène ? Tu l'as vu sur scène, Zohra ?
09:26Une fois, une fois.
09:27Mais voilà, c'était à Paris, il y a à peu près 30 ans.
09:31J'étais jeune.
09:32Et dans quelle salle ?
09:33Je ne me souviens plus trop, mais c'était il y a 30 ans, une fois.
09:36Et à l'époque, c'était rempli comme d'habitude.
09:41On est serré, on est au fond, on n'a que le son.
09:44Mais rien que d'y être, rien que d'être à son concert,
09:46c'était quelque chose d'extraordinaire.
09:49Je l'ai vu, je suis allé au Palais des Sports avec ma femme.
09:51Il a beaucoup fait le Palais des Sports.
09:53Oui, j'étais vraiment impressionné.
09:54Dans les années 70 ?
09:55Oui, dans les années 70.
09:56Puis j'étais vraiment très bien placé, etc.
09:58Ah non, je regarde.
09:59Une bête de scène.
10:00Une bête de scène.
10:02Moi, j'ai vu une retransmission.
10:04Il y allait à fond.
10:06Il n'y ménageait pas, c'est fort.
10:08Et en live.
10:09Et c'était un des seuls artistes à vendre les billets la veille,
10:12à faire le plein des Stades de France.
10:15Enfin, je veux dire, c'est quelque chose d'exceptionnel.
10:16En France, on a qui ?
10:17On a Johnny Hallyday, évidemment, en tête de liste.
10:19Qui peut remplir le Stade de France.
10:20Et on a Mylène Farmer, qui sont les deux grands performeurs.
10:22Je veux dire, le reste, au niveau de ces carrières-là,
10:25ça n'existera plus jamais.
10:25Toi, tu l'as vu où, Caroline ?
10:26Moi, je ne l'ai jamais vu en live.
10:28Alors, étant passionnée de musique, j'aurais aimé,
10:30même si, à la base, ce n'était pas mon artiste favori.
10:32Mais je l'ai vu en retransmission, je me souviens,
10:34il y a 15 ans, quand on habitait à Montpellier,
10:36et j'étais scotché.
10:38C'est-à-dire que le bonhomme est donné,
10:40il était en sueur.
10:41Enfin, je veux dire, on en avait pour ça en argent.
10:43La voix, quelle puissance !
10:45Elle a passé le temps, cette voix.
10:46Sur scène, ce qui est intéressant,
10:47c'est qu'au Palais des Espoirs, il faisait des cascades,
10:49il est arrivé en moto, il est arrivé en hélicoptère.
10:51En hélicoptère aussi, je crois.
10:52Oui, c'est ça.
10:53À chaque fois, c'était assez spectaculaire.
10:54Un décorum à l'américaine.
10:55On attendait de voir ce que Johnny avait prévu, en fait.
10:58Il s'adaptait aux époques, en plus, si tu veux.
11:00Il savait sentir l'air du temps.
11:02Parfois, ça frôlait un peu le ridicule,
11:04parce que lui-même reconnaissait que...
11:05Au niveau des styles, je veux dire.
11:06Au niveau des styles, parfois, c'était aller un peu loin,
11:09mais il savait attraper les mots.
11:12Mais musicalement, il s'est toujours renouvelé.
11:13C'est comme ça qu'il a réussi à tenir.
11:15C'est ça, il est transformé.
11:16Il est revenu à la sauce Johnny.
11:17Mais c'est marrant, parce que c'est une époque aussi où,
11:20par exemple, ma génération, quand on est fan comme ça,
11:22comme on appuie l'été,
11:23parfois, on peut être considéré comme ringard.
11:26On peut parfois être moqué.
11:29Mais quand on aime Johnny, on n'est pas moqué, quoi.
11:32C'est-à-dire que, moi, je me suis levée ce matin,
11:35j'ai su ça.
11:36Évidemment, j'ai fondu en larmes tout de suite.
11:38Mais avec mon mari, on a tout de suite senti
11:40qu'il y avait quelque chose de notre vie
11:42qui venait de se fermer.
11:44Et c'est extraordinaire.
11:45Zora, tu vois, sur le regard un peu moqueur,
11:47je pense qu'il y a eu, à un moment donné,
11:48un regard moqueur sur Johnny.
11:49On s'est un peu moqué de lui,
11:50parce qu'il changeait de style,
11:52parce qu'il était la caricature des guignols.
11:54C'est un personnage, quand même, il faut le reconnaître.
11:55Les guignols de l'info l'ont pas mal moqué.
11:58Et puis là, maintenant, je trouve que ça avait changé
11:59ces dernières années, où tout le monde reconnaissait
12:00que, même si on n'est pas dingue de ses chansons,
12:03c'est quand même un peu le taulier,
12:04c'est un peu le patron de la chanson française.
12:05Nous sommes avec Anne-Laure.
12:06Bonjour, Anne-Laure.
12:08Oui, bonjour.
12:09Bienvenue, parce que tout au long de ces 3 heures de GG,
12:11c'est la France.
12:12C'est vous qui allez raconter votre Johnny, Anne-Laure.
12:14Quel souvenir vous gardez ?
12:15Vous êtes du côté de la Bretagne, du Finistère, Anne-Laure.
12:19C'est ça.
12:20Moi, quel souvenir que j'ai, c'est que j'ai 32 ans
12:23et je suis née pendant Johnny, quoi.
12:27J'ai grandi avec Johnny.
12:31J'ai perdu une maison que, le jour de l'entraiment,
12:35ma tante avait mis Marie de Johnny.
12:37Ça a été...
12:38Vous avez l'air très émue.
12:40Oui, parce que, bah...
12:4260 ans.
12:42Même ma mère a 70 ans.
12:45On vient de fêter, en mois de septembre,
12:48c'est 70 ans.
12:49Et alors, je ne sais plus si c'était pour ses 50
12:51ou ses 60 ans.
12:53Il y avait ça, un anniversaire surprise.
12:55Et moi, j'aime bien chanter.
12:56J'aime bien tout ça.
12:57Et il y avait une chanson qui me touchait plus particulièrement.
13:01C'était 100%.
13:02Oui.
13:03J'avais fait avec...
13:04J'ai perdu avec Delvide.
13:06Et c'est exactement...
13:09J'avais avec ma mère.
13:11Et ma mère est toujours vivante, hein.
13:12Oui.
13:13Je le ressentis.
13:14Et voilà.
13:15Pour moi, Johnny, je ne le connaissais pas personnellement.
13:19Mais bon, j'ai une sœur, j'ai un ex-beau-père
13:21qui est fan d'eux.
13:23Et pour moi, c'est quelqu'un de ma famille.
13:25En fait, ce que vous racontez, ça ressemble beaucoup à ce que nous disait Zora.
13:29C'est-à-dire que Johnny, c'est un peu le lien familial.
13:31C'est le moment où tout le monde chantait du Johnny.
13:34Ça vous a accompagné toute votre vie.
13:37Moi, ça m'a accompagnée.
13:40Même là, chez moi, c'est vrai que je l'écoute.
13:42Je me suis réveillée cette nuit à deux heures, n'étant pas bien du tout, du tout.
13:50Au moment où on annonçait sa mort, quasiment, oui.
13:53Voilà, ouais, ouais.
13:54Et en fait, je prends mon portable et je vois Johnny Hallyday est décédé suite à son concert.
13:59Je dis, ouais, non, c'est des conneries, machin.
14:01Parce qu'on sort Facebook, il y a tellement de conneries, machin et tout.
14:04Du coup, je dis, non, c'est pas possible.
14:07Et je me lève, j'avais deux, trois démarches à faire ce matin.
14:10Je me lève, je mets, blève.
14:12Je dis, je regarde.
14:13Je dis, là, au moins, ça ne va pas raconter des conneries.
14:16Et quand j'ai vu ça, je me suis effondrée en larmes.
14:18Parce que c'est un grand nom de la chanson.
14:21C'est une grande personne.
14:22C'est une personne avec un cœur immense.
14:26Et même si je ne le connaissais pas, à travers ses chansons, on le connaissait.
14:31Et en fait, à travers ses chansons, il parlait un peu de nous.
14:34Ou de vous, en fait.
14:35Et cette chanson, notamment, avec son fils.
14:37Il parlait de lui.
14:38Il parlait de lui, bien sûr.
14:39Et moi, j'ai eu des...
14:42Par avec ma famille, c'est très conflictuel.
14:44Et c'est vrai que des fois, je me réfugie dans ses chansons.
14:48Pour retrouver, on va dire, l'amour que j'ai pas forcément avec mes frères et ça.
14:52Et que je retrouve avec lui, ne serait-ce par ses chansons.
14:56Merci, merci Anne-Laure, d'avoir partagé ce moment d'émotion.
15:00Et qu'on ressent tous, c'est vrai, depuis ce matin.
15:02Et l'annonce de la mort de Johnny.
15:04Merci, Anne-Laure, d'avoir été avec nous.
15:06Venez raconter votre Johnny, comme Zora, comme Anne-Laure, Jacques et Caroline.
15:12C'est vrai qu'on a traversé les époques.
15:14On a traversé des bons, des mauvais moments avec Johnny Hallyday.
15:20Il nous a accompagnés.
15:22Et je le disais, qu'on soit fan ou pas fan.
15:24Tous, à un moment, fredonnés du Johnny, étaient avec Johnny à travers les époques de la vie.
15:30Émission spéciale en direct sur RMC numéro 23.
15:33Les GG et Johnny Hallyday.
16:01Sous-titrage Société Radio-Canada
16:16Sous-titrage Société Radio-Canada
17:04Sous-titrage Société Radio-Canada
17:04pour nous, ajoutent David et Laura.
17:07Laura et David, ainsi que ce court texte est signé avec des réactions partout.
17:13Et la première, c'est celle d'Emmanuel Macron, qui a été appelée par Laetitia Hallyday.
17:20À 2h du matin.
17:21À 2h du matin.
17:22Il ne dormait pas.
17:22On a un président qui ne dort pas beaucoup.
17:24Emmanuel Macron a donc réagi très vite et envoyé ce communiqué.
17:27On a tous en nous quelque chose de Johnny Hallyday, le public de fans et de fidèles,
17:31qu'il s'était acquis, est en larmes.
17:33Nous n'oublierons ni son nom, ni sa gueule, ni sa voix.
17:36Le voici au panthéon de la chanson, où il rejoint les légendes du rock et du blues qu'il est
17:39mettant.
17:40Éric Lebouris est avec nous, biographe, auteur de Johnny, l'incroyable histoire, aux éditions Prisma.
17:45Merci d'être avec nous, Éric Lebouris.
17:46La France est vraiment orpheline de Johnny, Éric ?
17:49Oui, l'émotion est immense.
17:51C'est à la hauteur de la légende, si je puis dire.
17:54Évidemment, on savait que Johnny était malade.
17:56On pressentait que l'issue, que ça allait être compliqué.
18:00Mais c'est un vrai choc, parce que Johnny faisait partie tout simplement de l'album de famille des Français.
18:06C'était une bande-son, mais aussi un album de famille.
18:07Donc Johnny qui part, c'est un petit bout de chacun d'entre nous qui s'en va.
18:11Les baby-boomers, les gens qui l'ont connu lorsqu'il est devenu le héros de cette jeunesse des années
18:1760.
18:17Mais également tous ses spectateurs, tout son public qui s'est petit à petit agrégé autour de sa musique.
18:25Ces dernières années, Johnny a sorti de très bons albums.
18:29On peut vraiment dire aujourd'hui qu'il a réussi sa sortie.
18:31Après parfois quelques années un peu compliquées artistiquement parlant, il a vraiment réussi sa sortie.
18:36Déjà, on n'aura pas vu la déchéance non plus de l'homme.
18:38On n'aura pas eu de clichés ni d'images de sa maladie, de son corps usé, fatigué.
18:44Même si, comme vous le disiez, on le savait.
18:45Donc c'était aussi important de préserver cette image ?
18:48Vous avez tout à fait raison d'insister sur cet aspect-là des choses.
18:50Évidemment, pour lui, il y avait une forme de respect des fans.
18:54Toute sa vie a été un combat, un combat pour durer, un combat pour continuer à avoir du succès.
18:59Et il fallait réussir sa sortie.
19:01Bien sûr que pour lui, c'était une obsession.
19:02Il a chanté jusqu'au bout, un dernier concert début juillet.
19:05Où là, quand même, on l'a vu fatigué parce qu'il chantait une bonne partie du concert des vieilles
19:09canailles assis.
19:11Mais il tenait à être là.
19:13La voix était encore présente.
19:14Et le regard.
19:15C'était assez émouvant d'ailleurs parce que les gens savaient qu'il venait l'applaudir, qu'il était malade.
19:18Il en avait parlé, qu'il avait un cancer.
19:20Mais il a tenu à chanter quasiment jusqu'au bout.
19:22Effectivement, la voix était là.
19:23Le regard aussi.
19:24Il continuait à porter beau.
19:26C'était un moment extrêmement émouvant.
19:28On parlait du président de la République, Emmanuel Macron.
19:30Il faut savoir que le lendemain de la diffusion sur TF1 du concert des vieilles canailles,
19:34donc pas le soir de la diffusion du concert sur TF1,
19:36mais le lendemain, il était là avec sa femme en train d'applaudir Johnny Hallyday.
19:40Je l'ai vu mettre ses poignets comme ça au son de Gabriel.
19:45C'était un vrai fan de Johnny.
19:47Ce qu'on retiendra de Johnny, bien sûr, ce sont les tubes.
19:50On a tous un tube en tête ce matin.
19:53Mais c'est la performance scénique, la bête de scène.
19:57On va revoir des images de concerts.
19:59En plus, comme il a 50 ans de concerts, donc il y en a beaucoup,
20:03des choses spectaculaires.
20:04Il a été le premier français au Stade de France.
20:06Il arrivait en hélicoptère.
20:09Il imaginait toujours des choses dingues.
20:11La démesure, souvent des concerts qui coûtaient une fortune.
20:13Il avait d'ailleurs du mal à couvrir les frais.
20:16Mais c'est important pour lui d'offrir le show le plus dingue à son public.
20:20Bien sûr, c'est comme ça qui est très clairement une des clés de sa longévité et de son succès.
20:25À chaque fois, il a su proposer à son public quelque chose de nouveau, de différent.
20:29C'était une obsession.
20:31Quand il était enfant, il avait déjeuné sa tante qui l'élevait.
20:34Elle l'avait emmené voir Maurice Chevalier.
20:37Et Maurice Chevalier lui avait dit, tiens, petit, le seul conseil que j'ai à te donner,
20:40c'est de soigner tes entrées et tes sorties.
20:44Voilà, donc ses entrées, il les a soignées.
20:46On l'a vu tout au long de ses années.
20:48Et sa sortie, on peut dire qu'il avait réussi.
20:49C'était pendant ses 50 ans le Parc des Princes.
20:52Ah oui, je me souviens de cette image.
20:53Ça fait peur.
20:54Il est là, il le fait pour son anniversaire.
20:56On avait toujours un peu peur parce qu'on se dit, il prend des risques.
20:58Il fait des choses qui sont limites.
21:00Il peut lui arriver quelque chose.
21:01Johnny, c'était un homme de fer.
21:04On a vu un nombre incroyable de concerts, de dates de concerts.
21:08Je crois que ça a épaté d'ailleurs les anglo-saxons, les Stones.
21:11Quand on leur parlait de Johnny Hallyday,
21:12ils étaient quand même assez stupéfaits par les performances physiques de Johnny.
21:18Le nombre de concerts qu'il pouvait donner.
21:18On les a comptés.
21:203 240 concerts, il a donné.
21:223 240 concerts.
21:24Il a brûlé sa vie.
21:25Il a couru après le succès.
21:27Pendant de nombreuses années, contractuellement,
21:29il était tenu de sortir deux albums par an.
21:33Ce qui explique aujourd'hui le nombre incroyable de chansons.
21:36Et puis, effectivement, il passait la moitié de son année sur scène.
21:39Avant de donner la parole à Mathieu, dans un instant de Seine-et-Marne,
21:43qui va nous parler lui aussi de Johnny,
21:46c'est quand même un bonhomme qui ne s'est jamais ménagé.
21:48On ne peut pas ignorer les excès non plus de Johnny.
21:52Un sacré épicurien.
21:53C'était au-delà d'épicuriens quand il était plus bourri.
21:56Il avait aussi des démons.
21:57Il en avait d'ailleurs parlé.
21:59L'alcool, la drogue.
22:01Il en a largement abusé.
22:03Deux réflexions à ce sujet.
22:04Et d'une part, premièrement, il considérait que ça faisait partie
22:07de son « standing » de rocker.
22:10Oui, c'est le drogue et rocker noir.
22:13Ses héros, c'était James Dean, Marlon Brando.
22:16C'est cette imagerie-là qui le fascinait.
22:20Donc, il considérait que ça faisait partie un petit peu de l'image aussi
22:22qu'il pouvait donner.
22:23Les bégards, les bagnoles, les soirées, la nuit.
22:27Voilà, ça, c'est une première chose.
22:28Et puis, l'autre chose, effectivement, c'est un homme qui, parfois,
22:33a pu se laisser aller, a été retrouvé par ses démons.
22:37Il avait une personnalité, il pouvait avoir une personnalité assez sombre.
22:40On le disait, taraudé par un mal-être existentiel assez profond.
22:44Et parfois, il a essayé de le contourner en se perdant dans certains...
22:49Il y a eu cette interview qu'elle avait donnée dans Le Monde.
22:52Et c'est Daniel Rondeau, son ami, qui avait recueilli les propos.
22:55Je crois que c'était en 98, si mes souvenirs sont bons.
22:57Et c'est une interview qui avait marqué parce que, pour la première fois,
23:01Johnny parlait justement de la drogue, de ses addictions, l'alcool, la drogue,
23:05de son côté sombre, lié à son enfance.
23:08On connaît par cœur son histoire de son père qui l'a abandonné.
23:11Il était élevé par d'autres gens.
23:15Oui, une histoire très lourde.
23:16Une histoire très, très lourde.
23:17Ce qui fait aussi que les gens étaient attachés à lui
23:19parce qu'ils pouvaient se reconnaître aussi dans son histoire.
23:22Et en génie, l'homme de scène et de génie et de storytelling,
23:25j'allais dire qu'il était, a aussi compris ça.
23:27Il a aussi très vite compris que le public aimait le regarder,
23:32aimait voir en lui une sorte de héros tragique.
23:34Mais ce qu'il a...
23:36Zora.
23:36Au-delà de son histoire et de côté sombre,
23:40qu'on peut tout savoir à des degrés différents,
23:43il a apporté beaucoup de bonheur aux Français.
23:45Et ça, c'est ce qui reste.
23:47Le bonheur, la joie de vivre, des moments joyeux.
23:51Et on a envie de retenir ça parce que la culture,
23:54parce que c'est un patrimoine culturel, il fait partie de ça,
23:58c'est assez compliqué de rassembler autant de gens
24:02qui vous apportent à chacun un même bonheur et une joie de vivre.
24:06Et il a apporté ça.
24:08Et je pense que s'il y a vraiment quelque chose à retenir
24:10de ce personnage exceptionnel, c'est ça.
24:13C'est le bonheur qu'il a fait rentrer dans votre vie.
24:16On a du bonheur avec ses enfants.
24:19Mais quand c'est dans la société et quand on est autant rassemblés,
24:23c'est assez exceptionnel.
24:24Puisqu'on parlait des époques de Johnny,
24:26on va vous demander quelles sont vos chansons.
24:28On a entendu tout à l'heure la tienne, Zora.
24:29Mais juste ce matin, quand on parlait,
24:31il y avait une chanson qui m'était restée en tête.
24:33C'était 73, j'avais 10 ans.
24:35C'est Philippe Labreau qui l'avait écrite.
24:36C'était « Jésus-Christ est un hippie ».
24:38Petit extrait.
24:39« Jésus, Jésus-Christ, Jésus-Christ est un hippie. »
24:51« Boncho, Mexicain sur le dos. »
24:56L'orchestration, elle est géniale.
24:57C'est vraiment l'époque.
25:06C'est une chanson qui a été censurée à la radio quand elle est sortie.
25:10Mais ça choquait.
25:11Le 45 tours, on le voyait justement barbu,
25:14on le voyait avec le bandeau.
25:15Et ça a failli avoir, si je me souviens,
25:17enfin j'ai relu,
25:18mais on a eu un incident avec le Vatican.
25:21L'église était en pétard,
25:23c'est le cas de le dire d'ailleurs,
25:24avec cette chanson, Éric.
25:25Oui, c'est vrai.
25:26Il y avait déjà eu un précédent avec Serge Gainsbourg
25:29et la chanson qu'il a chantée avec Jim Birkin.
25:31Mais effectivement, il y a eu cette chanson-là
25:33qui était très provoque.
25:34Et d'ailleurs, c'est vrai qu'avec le recul,
25:36on est un petit peu surpris de voir Johnny
25:37comme ça dans ce contexte hippie, psychédélique.
25:40D'ailleurs, je ne suis pas sûr que ce soit vraiment
25:42le meilleur souvenir de sa carrière.
25:44Quand il en parle, il n'a pas tellement aimé
25:46cette époque-là,
25:48comme il n'a pas non plus aimé chanter des chansons de twist
25:51au début des années 60.
25:53Mais en tout cas, il l'a fait.
25:54C'est très symptomatique de cette façon de composer avec les époques.
25:58Non, mais ce que Jacques disait, c'était les 30 glorieuses.
26:00Mais enfin, les années 70-70, c'était une époque
26:01où il y avait la censure aussi, Jacques.
26:03C'était difficile de l'ouvrir quand même.
26:05D'ailleurs, il n'a pas compris grand-chose en 1968, Johnny.
26:10Il n'a pas été très présent.
26:11Ah non, il était plutôt du côté de Saint-Tropez à l'époque.
26:13Absolument.
26:14Il était gaulliste.
26:15Il a toujours expliqué.
26:17Il a arrêté de voter à la mort du général de Gaulle.
26:19Même s'il a pu soutenir des candidats,
26:21notamment Jacques Chirac,
26:22il n'a jamais pu voter.
26:23Et Giscard aussi.
26:24Si, il a voté au moment de Maastricht,
26:25il a voté pour Maastricht.
26:26C'est la dernière fois.
26:27Nous sommes avec Hugo Fray.
26:28Bonjour Hugues.
26:29Merci d'être avec nous, Hugo Fray.
26:31Bonjour.
26:32La disparition de Johnny,
26:34on disait que c'est vraiment une page d'histoire
26:36qui se tourne ces années 60.
26:38C'était un compagnon de route pour vous, Johnny Hugues ?
26:41Exactement.
26:41Vous avez trouvé le mot exact.
26:43Je l'ai dit tout à l'heure,
26:44je l'ai employé.
26:45Compagnon de route.
26:46Parce qu'avec une différence énorme.
26:49D'abord, on a 10 ans de différence.
26:51J'étais plus vieux que lui.
26:52La deuxième chose,
26:53pas du tout les mêmes origines sociales.
26:57Et moi, j'avais surtout pas du tout envie
27:00de devenir chanteur de musicaux et auteurs.
27:04ou compositeurs.
27:05Alors que lui, c'était son idée
27:07depuis qu'il était enfant.
27:09Mais on s'est rencontrés quand même.
27:11On s'est rencontrés quand même.
27:12Très jeune, je l'ai vu au Vieux Colombier
27:15à Jean-Lépin.
27:18Il devait avoir 18 ans ou 19 ans.
27:20Et au cours de la répétition,
27:22il devait chanter le soir.
27:23Au cours de la répétition,
27:24il a cassé une corde de guitare.
27:26Et moi, je me suis précipité dans ma chambre.
27:28Il n'avait pas de corde, évidemment.
27:29J'ai été en chercher une.
27:31Je lui ai donné.
27:31Et à partir de là,
27:32je ne connaissais pas avant,
27:34à partir de là,
27:35un lien a été établi
27:36qui ne s'est jamais brisé.
27:38Bien que nos carrières se divergent,
27:42chacun, lui,
27:43était dans le rockabilly,
27:45le hillier.
27:46Moi, j'étais dans le...
27:48Dans le folk.
27:49Le folk.
27:51Et puis, un jour,
27:53il m'a fait téléphoner par Carlos
27:55pour me demander
27:56de faire l'adaptation
27:57de House of Rising Sun.
27:59J'étais en tournée.
28:02J'étais avec les bugies
28:04qui faisaient de chansons.
28:05Et là,
28:06j'ai décidé de faire la chanson,
28:08de la traduire.
28:10Et c'est une chanson
28:11qui a changé complètement sa carrière
28:12puisque du chanteur de rock,
28:15de rockabilly qu'il était,
28:18et de twist,
28:18comme vous disiez,
28:19il est devenu chanteur de rock.
28:20Oui, ça s'est appelé
28:21les portes du pénitencier.
28:22Mais Hugues,
28:23ce qui frappe dans la carrière
28:25de Johnny,
28:26c'est la longévité,
28:27c'est la capacité
28:28qu'a eue Johnny
28:29de chaque fois
28:30se relancer,
28:30de se renouveler
28:31pour pas qu'on l'oublie,
28:33en fait.
28:34Avec notamment,
28:34il a eu 800 auteurs.
28:36C'est-à-dire qu'il a fait appel
28:37un jour à Hugo Frey,
28:38un autre à Michel Berger,
28:39à Goldman.
28:40Il a su à chaque fois
28:41trouver les bons auteurs,
28:43les bons thèmes,
28:44les bonnes chansons
28:44pour pouvoir continuer sa carrière.
28:47Oui, je dirais que Johnny
28:48avait l'intelligence
28:50de son métier.
28:51Il était à 300%
28:53ce qu'il avait.
28:54Il voulait être star,
28:56il est devenu star.
28:57On peut être artiste,
28:58auteur, compositeur,
28:59être bon artiste.
29:00Il y a des tas de gens
29:01qui ont beaucoup de talent
29:02en France.
29:03Mais star,
29:04c'est pas n'importe qui.
29:05C'est un choix
29:07qu'il avait décidé
29:08quand il était enfant.
29:10Et ça,
29:10il avait l'intelligence de ça.
29:11donc il savait
29:12qu'il fallait se renouveler
29:13en renouvelant
29:14un petit peu
29:15l'entourage.
29:17Et c'est vrai
29:17que c'est une grande réussite.
29:20Une carrière glorieuse,
29:22absolument parfaite.
29:22Hugues,
29:23hormis les portes
29:24du pénitencier,
29:25si vous devez garder
29:26une chanson de Johnny,
29:27je sais que c'est difficile,
29:28mais laquelle ?
29:30Pour moi,
29:31sans hésiter,
29:32c'est une chanson
29:32qui chante avec moi
29:33dans un duo.
29:35Comme vous savez
29:36que moi,
29:37j'ai pas d'ego personnel,
29:39mais j'adore
29:40le talent des autres,
29:41je lui avais demandé
29:43de venir me rejoindre
29:45pour un hommage
29:45à Dylan.
29:46Et je lui ai fait chanter
29:48la chanson
29:48que j'ai adaptée
29:50et traduite en français
29:51de Forever Young,
29:53Jeune pour toujours.
29:55Et donc,
29:55la chanson que je retiendrai,
29:57je chante ça avec lui.
29:58Et comme je le disais
29:59tout à l'heure,
29:59les gens sont tristes aujourd'hui,
30:01ils ont raison,
30:01c'est très triste
30:02ce qui se passe,
30:03mais le mais,
30:04c'est qu'il chante
30:06dans cette chanson,
30:07il dit
30:07Jeune pour toujours,
30:08Jeune à jamais.
30:10Et pour moi,
30:12Johnny restera
30:13Jeune à jamais.
30:14Merci Hugo Fré
30:15d'avoir été
30:15quelques instants avec nous
30:17dans un instant.
30:17Mathieu,
30:18il est de Seine-et-Marne,
30:19il va laisser un grand vide
30:20et puis lui aussi,
30:21c'est une histoire familiale.
30:22Johnny,
30:22il nous racontera ça.
30:23Venez raconter votre Johnny
30:25en direct
30:25avec les Grandes Gueules
30:27jusqu'à 13h.
30:28Hommage émission spéciale,
30:29bien sûr.
30:41Sous-titrage Société Radio-Canada
31:02Johnny Hallyday est décédé,
31:04et Johnny Hallyday,
31:05la France pleure l'idole,
31:07et c'est vrai,
31:07on le constate
31:08à travers vos témoignages,
31:09à travers l'émotion aussi
31:11de Zorabitant
31:12qui nous a dit
31:12ce qu'elle ressentait.
31:13Et qui est toujours en larmes,
31:14dès qu'on met le Johnny
31:15de Bispo.
31:17Allumer le feu,
31:18c'est une de tes chansons
31:19de Johnny Caroline ?
31:20C'est une de mes chansons favorites
31:21parce qu'elle est très rythmée,
31:22écrite par Zazie,
31:23j'aime beaucoup Diego aussi,
31:24Je te promets,
31:25l'envie.
31:26Zazie au Bispo,
31:27Allumer le feu,
31:28Allumer le feu,
31:28c'était devenu l'hymne
31:29de ses concerts,
31:30ça représente bien Johnny,
31:31Allumer le feu ?
31:31Oui, ça représente
31:32le Johnny chanteur des stades
31:34qui est capable
31:34d'enflammer les stades,
31:36les plus grands stades de France.
31:37Parce qu'il y a des chansons
31:38quand même de Johnny,
31:39il n'y a que lui
31:40qui pouvait les chanter,
31:40que je t'aime,
31:41qui pourrait paraître
31:42un peu ridicule,
31:43chanter par Johnny,
31:44c'est dingue,
31:45chanter par d'autres...
31:45Johnny, c'est un interprète
31:47incroyable.
31:48D'ailleurs, je pense
31:49qu'il ne sera pas si facile
31:51que ça de passer
31:52après Johnny
31:52en termes d'interprétation
31:53parce que c'est évidemment
31:54la plus grande force
31:55de Johnny Hades,
31:56c'est qu'il voulait
31:57être comédien,
31:58il a été comédien sur scène
31:59et au micro
32:00en chantant des chansons.
32:02Il a su trouver
32:03les bons auteurs
32:06Mathieu est avec nous.
32:07Bonjour Mathieu.
32:08Bonjour à tous.
32:09Quel âge avez-vous Mathieu ?
32:1131 ans.
32:1231 ans.
32:13Et Johnny,
32:14ça vous parle ?
32:15Ça vous fait quelque chose
32:16sa disparition ?
32:17J'ai encore du mal
32:19à y croire.
32:20Comme beaucoup de gens
32:21pensaient,
32:22on pensait immortel.
32:23Moi, j'ai toujours été
32:24bercé par du Johnny.
32:25Donc, ouais,
32:26ça s'est vraiment bizarre.
32:27Mais comment ça,
32:28bercé par Johnny, Mathieu ?
32:30Dites-moi, pourquoi ?
32:31Depuis, mon père
32:32n'écoute quasiment
32:34que du Johnny,
32:35donc j'ai été bercé
32:36quand on partait en vacances
32:38de la région parisienne
32:40pour aller en vacances
32:41dans le sud de la France,
32:42c'était du Johnny
32:43et toute la route
32:44à l'aller-retour.
32:46Qu'est-ce que vous aimiez
32:47chez Johnny ?
32:48C'était tout.
32:50La bête de scène,
32:52la voix,
32:53l'interprète.
32:55C'était un tout.
32:57Donc, en fait,
32:57il était chez vous
32:58tout le temps.
32:59En fait,
33:00c'est ça qui est fabuleux.
33:02C'est qu'en fait,
33:03c'est assez rare
33:04de faire entrer
33:05un artiste
33:07comme ça
33:07dans sa vie
33:08et qu'il devienne
33:09un intime
33:10par des moments
33:11incroyables.
33:12Mais c'est parce que
33:13cet artiste
33:14nous a porté
33:15ce bonheur
33:16par ses chansons
33:17et qu'on les partageait.
33:18On les partageait
33:19avec ce jeune homme,
33:21avec ses parents,
33:21il a l'âge de mes fils,
33:23mais nous,
33:23avec notre grand frère.
33:24Et ce qui est extraordinaire,
33:26c'est qu'il y a quelqu'un
33:27qui vient de m'envoyer
33:28un message en me disant
33:29mon père était analphabète
33:31et comme vous,
33:32comme votre père,
33:32immigré algérien,
33:33et il n'avait qu'un artiste,
33:35c'était Johnny.
33:36C'est quand même,
33:37c'est exceptionnel, quoi.
33:39Et ça,
33:40on ne peut pas l'expliquer.
33:41C'est comme ça.
33:42Merci Mathieu.
33:43Une chanson de Johnny
33:44pour vous, Mathieu,
33:45tiens,
33:45que vous avez fredonné.
33:47J'en ai deux,
33:48Tennessee
33:48et la guitare,
33:49c'est mal.
33:49On a tous
33:51quelque chose
33:52en nous de Tennessee.
33:55C'est une volonté
33:57de l'angénie.
33:57Il lui a sauvé sa carrière.
33:59Il lui a sauvé sa carrière.
34:00Il lui a relancé sa carrière
34:01dans les années 80.
34:02Oui, tout à fait.
34:03C'était un album
34:05très, très important.
34:06Un album très important
34:07dans la discographie
34:08de Johnny.
34:08Il avait un petit peu
34:09de mal
34:10à trouver
34:10un nouveau souffle
34:12et il a travaillé
34:14avec Michel Berger
34:15qui a saisi
34:16sa personnalité.
34:17C'était Michel Berger
34:18une personnalité
34:18totalement inverse
34:19de celle de Johnny Hallyday.
34:21Il y a eu
34:22un formidable travail
34:22en équipe
34:23et ça a couché
34:25de cet album.
34:26Les auteurs
34:27se mettaient vraiment
34:27dans la peau de Johnny
34:28parce que cette chanson
34:29est très Johnny Hallyday.
34:30Elle est écrite
34:30par Michel Berger
34:31mais on a l'impression
34:32que c'est Johnny Hallyday
34:33qui l'a faite.
34:34Oui,
34:35Michel Berger
34:36c'était une éponge
34:36et Johnny Hallyday
34:37aussi c'était une éponge.
34:39Lui-même
34:40avait une propre perception
34:41de son personnage
34:42et sa grande intelligence
34:43comme on l'a dit.
34:45Donc évidemment
34:46Johnny plus Michel Berger
34:47ça débouchait
34:48sur du travail
34:51On entend l'émotion
34:52de Mathieu
34:5331 ans
34:53on a entendu
34:54Anne-Laure tout à l'heure
34:55je vous lis
34:56quelques réactions
34:56qui sont arrivées
34:57sur amc.fr
34:58Conrad
34:58qui me dit
34:59cette nuit
35:00des larmes sont tombées
35:01sur la France
35:01une légende vivante
35:02s'est éteinte
35:03Jojo
35:03parce qu'il y a le côté aussi
35:04le pote
35:05on disait Jojo
35:07Johnny
35:07c'était le grand frère
35:08ou le pote
35:09j'ai 60 ans
35:10mes parents me disaient
35:11que je dansais à 4 ans
35:12sur souvenir souvenir
35:14et Conrad me dit
35:15tant de choses
35:16aujourd'hui
35:16reviennent en tête
35:17Ah oui
35:18c'est incontournable
35:20Johnny Hallyday
35:21c'était un chanteur
35:22mais c'est aussi
35:22une figure historique
35:24parce que
35:25il ne faut pas oublier
35:26non mais
35:27qui a compté
35:28dans la sociologie
35:28de l'époque
35:28dans les années 60
35:29la société
35:30était quand même
35:30assez corsetée
35:32et ça a été
35:32le héros
35:33d'une jeunesse
35:34Le concert de la nation
35:35il faut quand même
35:36s'en souvenir
35:3763
35:38c'était pour le premier anniversaire
35:39de l'émission de radio
35:40Salut les copains
35:41donc il y avait
35:42un concert gratuit
35:42par la nation
35:43avec Johnny
35:44ça s'est mal terminé
35:46et à ce moment là
35:47il y a eu des débats
35:47derrière il y a eu des débats
35:49de sociologues
35:49de politiques
35:50sur ce concert
35:51c'était un petit peu
35:51le Joe Star de l'époque
35:52toute proportion gardée
35:55Johnny
35:55non mais sérieusement
35:56on ne se rend pas compte
35:58mais ça marquait une époque
35:59c'est une génération
36:00c'était des jeunes
36:01qui avaient envie
36:01un peu de liberté
36:03et de dire
36:03merde à leurs parents
36:04il faut bien se rendre compte
36:05qu'à l'époque
36:06c'était pas que je n'ai pas connue
36:08mais dont j'ai vu
36:09certaines archives
36:09les chanteurs
36:10ne se roulaient pas sur scène
36:11les chanteurs
36:12portaient plutôt le costume
36:13est arrivé
36:14Johnny Hallyday
36:14et sa guitare
36:16et effectivement
36:16ça a tout changé
36:17et la jeunesse
36:19s'est mise à pousser
36:19très fort
36:20aussi bien dans l'industrie
36:21du disque
36:22de la radio
36:23il s'est passé quand même
36:24énormément de choses
36:25à cette époque là
36:26et Johnny
36:27ça a été quand même
36:28l'icône
36:29il faut se rappeler
36:32pour recadrer
36:33deux trois petites choses
36:34c'est que Johnny
36:35quand il commence à chanter
36:36il n'y a même pas encore
36:37les Beatles
36:38en Angleterre
36:39c'est vraiment dans la foulée
36:40du rock'n'roll
36:41Elvis
36:41c'est ça
36:43et de Dick O'Kran
36:45et de Jean Vincent
36:47et ils ont envie
36:48de se trémousser
36:48cette jeunesse
36:49elle a envie
36:49de s'éclater
36:50et d'avoir un peu
36:51les cheveux longs
36:52et de rigoler
36:54c'est la chance
36:55historique de Johnny Hallyday
36:56c'est d'être tombé
36:56à ce moment là
36:57alors que le rock'n'roll
36:58commençait à pousser
36:59premier concert parisien
37:00je regardais la date
37:0120 septembre 1960
37:03donc effectivement
37:04les Beatles n'arrivent que
37:05deux ans plus tard
37:06début à la Lambra
37:07et il fait pendant
37:08trois semaines
37:08la première partie
37:09de Raymond Devos
37:11et à l'époque
37:12Devos croit en Johnny
37:13alors que les critiques
37:14sont très mauvaises
37:15sur Johnny
37:15pourquoi il gesticule
37:16comme ça sur scène
37:17ah oui alors
37:17Devos croit en Johnny
37:18mais s'il y en a un
37:19qui ne croit pas en Johnny
37:20c'est Henri Salvador
37:20parce que justement
37:21lors de ce fameux concert
37:22il se lève
37:23et en gros il dit
37:24mais sortez-moi
37:25ce guignol
37:26il ne supporte pas
37:27ce jeune chanteur
37:28qui se roule par terre
37:31il y a l'impression
37:32il en parle comme
37:32d'une bête de cirque
37:34avec sa guitare
37:35très critiqué
37:35c'était le phénomène
37:37idole
37:37idole des jeunes
37:38parce que c'est ça
37:39c'est les premières
37:40idoles des jeunes
37:41avant on écoutait
37:42finalement les idoles
37:43des parents
37:44enfin les chanteurs
37:44des parents
37:45et il y avait
37:46des sociologues
37:47qui disaient
37:47oh là là
37:47cette jeunesse
37:48est en train de mal tourner
37:49si elle prend pour idole
37:51des Johnny Hallyday
37:52il a fait une chanson
37:53d'ailleurs
37:53qu'on n'entend pas beaucoup
37:54c'était
37:55on me recherche
37:55en Bourgogne
37:56on me recherche
37:56en Vendée
37:58on voyait tout de suite
37:59que c'était
37:59le chanteur rebelle
38:01qui représentait
38:02une jeunesse
38:04avec envie justement
38:05de libérer ses chaînes
38:06d'une génération
38:07qui était leur parent
38:08et qui était dans
38:09un autre monde
38:10et c'était pris
38:10assez sérieusement
38:11par les autorités
38:12aussi
38:12parce que en province
38:13sur les premiers concerts
38:15il y avait les préfets
38:16ils interdisaient
38:17les concerts
38:17de Johnny Hallyday
38:18les blousons noirs
38:19il faisait peur
38:20il y avait tout un fantage
38:21autour des blousons noirs
38:22il y avait des guerres
38:23de bandes en plus
38:26j'étais un rebelle
38:27je me rappelle
38:28c'est toi qui étais
38:29un délinquant
38:30c'était un rebelle
38:30plutôt oui
38:31j'ai plutôt été
38:32un contestataire
38:33absolument
38:33ce qui est amusant
38:34c'est de voir
38:35comment en moins de 10 ans
38:36Johnny Hallyday
38:37donc blousons noirs
38:38qui contestait
38:39l'ordre établi
38:40finalement est devenue
38:40une figure
38:41de la société installée
38:43en 1966
38:44quand le chanteur Antoine
38:46a un diplômé
38:47de l'enseignement supérieur
38:48avec ses cheveux longs
38:49et sans look
38:50assez improbable pour l'époque
38:51sort une chanson
38:52sort les élucubrations
38:54d'Antoine
38:54il se moque de Johnny
38:55il dit Johnny en cage
38:56à Medrano
38:57Johnny en cage
38:58à Medrano
38:58alors évidemment
38:59Johnny
39:00après il a dit
39:01qu'il en rigolait
39:01mais sur le coup
39:02il est absolument furieux
39:03Medrano c'est un cirque
39:04il faut rappeler
39:05oui c'est un cirque
39:06et donc là
39:07évidemment
39:07Antoine s'en prend
39:09à Johnny Hallyday
39:10qui est le représentant
39:11de la jeunesse
39:13installée
39:13enfin de la société installée
39:15alors que disons plus tôt
39:15c'était le blouson noir
39:16il avait changé de statut
39:18il avait changé de statut
39:19et Johnny lui a répondu
39:20par une chanson
39:21alors Johnny
39:21qui effectivement
39:22Antoine
39:23il avait vu juste
39:24Johnny était assez mal en point
39:25à l'époque
39:25il sortait du service militaire
39:27il avait très clairement
39:28conscience
39:28que la génération
39:31yéyé
39:31le côté un peu
39:32avec ce que ça comportait
39:33un petit peu si rupeux
39:34c'était fini
39:35qu'il fallait proposer
39:35autre chose
39:36à son public
39:37il constatait aussi
39:38que dans ses propres concerts
39:39les salles étaient moins remplies
39:40donc c'était un petit peu
39:41c'était l'époque
39:42de noir c'est noir
39:42et puis là dessus
39:43il y a Antoine
39:44qui se fout de lui
39:45devant la France entière
39:46donc non
39:46il prend ça très sérieusement
39:47il a relancé une fois de plus
39:48sa carrière à ce moment-là
39:49alors il va chercher l'auteur
39:51Gilles Thibault en l'occurrence
39:52et il lui dit
39:53il faut qu'on réplique
39:54donc quelques mois
39:55quelques mois plus tard
39:56il va sortir
39:57chevelons
39:58idée courte
39:59un single
40:00qui va faire mouche
40:01et qui va aussi bien se vendre
40:03que les éducubrations
40:04d'Antoine
40:04et qui va considérablement
40:06relancer
40:07la carrière de Johnny
40:08bien joué
40:08on va parler de Johnny
40:10à un autre artiste
40:11qui était avec nous
40:11Gilbert Montagnier
40:12bonjour Gilbert
40:14bonjour tout le monde
40:14bonjour
40:15très ému Gilbert
40:17par la disparition
40:18de Johnny
40:19ben oui
40:21moi je viens de l'apprendre
40:22il y a une heure et demie
40:22à peu près
40:23je terminais
40:24ma dernière
40:25hier soir
40:25au fil bergère
40:26et je n'ai pas allumé
40:27ni la télé
40:28ni la radio
40:28on est rentré très tard
40:29bon et puis
40:30et puis je ne comprenais pas
40:31pourquoi les téléphones
40:32n'arrêtaient pas de sonner
40:33et puis
40:34et puis je viens de l'apprendre
40:36ça bien sûr
40:37qu'on s'y attendait
40:38bien sûr que
40:39pour moi
40:41c'est
40:42c'est tout un pan
40:43de
40:46de ma
40:47de ma
40:47de ma
40:48culture musicale
40:49française
40:49parce que Johnny
40:51quand j'avais 9 ans
40:52je l'ai découvert
40:53et
40:54j'ai complètement
40:56flashé
40:56sur
40:57sur ses
40:58premiers disques
40:59et je m'identifiais
41:00enfin je m'imaginais
41:01en studio
41:02être un jour avec lui
41:03imaginez à 9-10 ans
41:04moi j'ai l'imagination
41:06et je m'imaginais
41:08en studio
41:09avec lui
41:09et
41:10en 72
41:11après
41:13enfin tout le début
41:14de ma carrière
41:14il a participé
41:16avec moi
41:17dans un
41:18il a bien
41:20accepté
41:20de venir
41:21faire un rôle
41:23dans un téléfilm
41:25qui m'était consacré
41:26enfin une fiction
41:27qui s'appelait
41:27Pour une pomme
41:28et où il me disait
41:29dans cette fiction
41:30écoute
41:30Gilbert
41:31on est toujours seul
41:32dans ce métier
41:33tu sais
41:34voilà
41:35il faut bien
41:36il faut bien savoir
41:36que tu es toujours seul
41:37mais imaginez
41:38pour moi
41:39d'où je venais
41:40mon temps
41:41à l'école
41:41chez les non-voyants
41:43à 12 ans
41:44les portes du pénitencier
41:45c'était le
41:46le cadeau de Noël
41:46le plus
41:48le plus
41:50demandé
41:51demandé
41:52et
41:53et
41:53c'était extraordinaire
41:55pour moi
41:55de
41:56de pouvoir lui dire
41:57tout ça
41:57de pouvoir lui dire
41:58merci
41:58de pouvoir
42:01d'avoir eu la chance
42:02d'être à ses côtés
42:03en 2019
42:04quand il m'a
42:05proposé
42:05de venir
42:05avec lui
42:06au pavillon
42:06de Paris
42:07pour jouer
42:07le clavier
42:08et il m'a
42:10tellement fait
42:10un bon accueil
42:11il m'a tellement
42:12tellement témoigné
42:13de gentillesse
42:15et de tendresse
42:16je veux dire
42:17j'étais pas
42:18moi j'étais dans sa loge
42:19pendant tous ses concerts
42:20j'étais tout le temps
42:21avec lui
42:22à ce moment là
42:23et il m'a très bien traité
42:25et je n'oublierai
42:26jamais ça
42:27et j'ai toujours dit
42:28depuis le début
42:29c'est pas aujourd'hui
42:30je vais dire ça
42:31depuis le début
42:31j'ai toujours dit
42:32que c'est le meilleur
42:33interprète
42:34qu'on ait eu en France
42:35il faut bien que tout le monde
42:35sache et comprenne ça
42:37parce que Johnny
42:38c'était un vrai
42:39oui c'était pas un auteur
42:40il faut le rappeler
42:41ce n'était pas un auteur
42:42c'était un interprète
42:43c'était une voix
42:44Gilbert
42:44quelle chanson vous gardez
42:45de Johnny
42:47celle que vous fredonneriez
42:48quand on aura raccroché
42:49vous avez fredonné ce matin
42:51Gilbert
42:51ah fredonner
42:53j'ai pas trop la tête à ça
42:54mais par contre
42:54je joue des fois
42:56des chansons de Johnny
42:58derrière l'amour
43:00un très beau texte
43:03que je t'aime
43:06je chante pas mal
43:07de trucs de Johnny
43:08à la maison
43:09ou des fois sur scène
43:10mais Johnny
43:12je partage
43:13je partage la tristesse
43:15et l'émotion
43:15de tout le monde
43:16je veux rendre hommage
43:17ici à Laetitia
43:19je veux
43:20que tout le monde
43:21comprenne que Laetitia
43:22elle lui a apporté
43:22énormément à Johnny
43:24et vous savez quoi
43:25c'est que
43:27quand on a la chance
43:28de rencontrer
43:29une femme
43:31qui vous
43:31qui vous élève
43:33et qui vous soulève
43:35et qui vous donne
43:36la force
43:37et
43:39j'ai aussi
43:40cette chance
43:40là
43:40je suis désolé
43:42de traquer comme ça
43:43c'est pas bien
43:43mais je peux pas faire autrement
43:45personne vous en voudra
43:46de ressortir
43:47beaucoup d'émotions
43:48en parlant de Johnny
43:48merci Gilbert Montagné
43:50merci d'avoir pris
43:51quelques instants
43:52avec nous
43:52Eric
43:53un mot
43:54parce que Johnny
43:55il a été brocardé
43:57critiqué
43:58mais il y a
43:59une chose
44:00qui est toujours
44:00revenue de ses qualités
44:01c'est la générosité
44:03de Johnny Hallyday
44:04qui n'a pas hésité
44:05d'ailleurs à claquer
44:06beaucoup d'argent
44:07pour tous ses amis
44:07il y avait toujours
44:08la porte ouverte
44:09chez Johnny
44:09très clairement
44:10oui c'était quelqu'un
44:11de très généreux
44:12certains en ont
44:13d'ailleurs pas mal profité
44:15c'était un des traits
44:16de sa personnalité
44:17les gens qui le croisaient
44:19pour la première fois
44:19mais même des anonymes
44:20pas des gens du métier
44:21étaient toujours
44:21également surpris
44:23par sa simplicité
44:24et sa timidité
44:25même parfois
44:27ça ça ressort
44:27effectivement
44:28c'est ça aussi
44:28qui l'a rendu sympathique
44:29c'est ça aussi
44:30qui l'a rendu sympathique
44:31le succès
44:31il avait une certaine
44:33timidité
44:33sincérité
44:34il avait l'air assez simple
44:35en fait
44:35c'est un
44:35voilà il était très
44:36il y avait beaucoup de choses
44:37en même temps
44:37et aussi il y a un train de vie
44:39qui parfois a pu agacer
44:41à certaines époques
44:42qui a fasciné
44:43une certaine génération
44:44qui a aimé voir
44:46finalement cet enfant
44:47de la France
44:49réussir
44:51qui est vrai
44:52pas complètement vrai
44:53non plus
44:53mais en tout cas
44:53c'est comme ça
44:54qu'il s'est un peu
44:54mis en scène
44:55effectivement
44:55donc il y a une époque
44:56on a aimé le voir
44:57enfin en tout cas
44:58ses fans aimaient le voir
44:58s'exhiber au volant
44:59de belles voitures
45:00après il y a eu
45:01d'autres époques
45:02où il avait
45:04formidablement agacé
45:05aussi en parlant des impôts
45:06on va continuer
45:07de parler de Johnny
45:08de notre Johnny
45:09Johnny National
45:113216RMC.fr
45:11pour témoigner
45:12avec les grandes gars
45:13dans un instant
45:13avec David Dickens
45:14avec Pascal Péry
45:16merci Eric Leboris
45:17auteur de Johnny
45:17l'incroyable histoire
45:18aux éditions Prisma
45:19restez avec les Gigi
45:20en direct sur RMC
45:22et numéro 23
45:22pour parler de Johnny
45:23Fais-le-moi
45:25un fou
45:27un fou d'amour
45:29et numéro 23
45:30pour parler de Johnny