- il y a 10 heures
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00L'actualité à présent en Ukraine, c'est l'une des images du jour.
00:04Un civil visé par un drone russe, ça s'est passé dans la ville de Kherson.
00:10Il s'agit d'un vendeur de légumes qui a été, vous allez le voir,
00:14pourchassé pendant de longues minutes par un drone télécommandé par un soldat russe.
00:23L'homme, par chance, n'a pas été tué, mais il a été grièvement blessé.
00:30Une image évidemment qui choque, notamment en Ukraine.
00:34Il y a une part psychologique, une guerre psychologique qui se poursuit après 4 ans et demi de conflits.
00:41On va prendre tout de suite la direction de Kiev.
00:44On retrouve notre correspondant sur place, Cyril Amoursky.
00:48Oui, bonsoir Cyril, avec les toutes dernières informations que vous nous apportez ce soir
00:53avec une offensive ukrainienne qui est actuellement en cours.
00:58Oui, tout à fait.
00:59On vient d'apprendre grâce aux moniteurs, toutes les chaînes télégrammes et les médias
01:03qui regardent justement tout ce qui se passe au niveau des attaques aériennes,
01:06que l'Ukraine vient d'envoyer à peu près, au moins en tout cas, 400 drones ukrainiens en direction de
01:12la Russie.
01:12Donc on verra ce qui va se passer au cours de cette nuit.
01:14Et tout simplement, cette campagne, enfin pardon, cet acte s'inscrit dans la campagne vraiment d'attaques
01:20très importantes, très intenses et de plus en plus régulières du côté ukrainien vis-à-vis de la Russie.
01:25Si auparavant on était habitué à des attaques, surtout qui viennent du côté de la Russie pour bombarder l'Ukraine,
01:31eh bien désormais l'Ukraine, depuis plusieurs mois, est elle aussi en capacité d'attaquer le territoire russe
01:36et donc avec des quantités assez importantes.
01:38Je vous donne le chiffre de 400 uniquement ce soir.
01:41Il y a deux jours, les autorités russes disaient que plus de 600 drones ont été lancés sur le territoire
01:46russe.
01:47À titre de comparaison, lorsque la Russie avait bombardé l'Ukraine en 2024,
01:50sur toute l'année 2024, elle avait lancé 1300 drones.
01:54Donc ça vous donne une idée de l'échelle et de la quantité de drones qui est de plus en
01:58plus importante.
01:59Et surtout, on voit que l'Ukraine aujourd'hui est elle aussi en capacité de répondre aux attaques russes,
02:03ce qui n'était pas encore en tout cas le cas d'une telle façon et en termes de quantité
02:08aussi importante,
02:08il y a encore un an, deux ans.
02:10– Merci Cyril Amoursky pour ces dernières précisions.
02:13Vous restez avec nous, on reviendra vers vous évidemment à Kiev tout au long de ce débat.
02:17Tous nos invités nous ont rejoints sur ce plateau.
02:19Merci à tous d'être là.
02:21On est aussi en ligne avec le général Philippe Sidot,
02:23son ancien attaché militaire en Russie et en Asie centrale.
02:26Je commence avec vous, général.
02:28On le voit avec les dernières informations données notamment par notre correspondant à Kiev,
02:34une guerre des drones qui s'intensifie clairement avec le sentiment au fond qu'on est face à une guerre
02:41de nouvelle génération,
02:42une guerre aérienne et presque aérospatiale.
02:45– Oui, effectivement, il y a toutes les gammes de drones,
02:49les drones purement tactiques qui sont employés directement dans les opérations,
02:54qui remplacent un peu l'artillerie d'ailleurs.
02:56Et l'Institut pour l'étude de la guerre vient justement dans un compte-rendu fait hier.
03:01Vous savez, cette zone du Donetsk, du côté de Kramatorsk,
03:05où les Russes grignotent le terrain et ça a été annoncé,
03:08la ville a été annoncée capturée par Poutine il y a quelques semaines.
03:11Et en fait, non, les combats continuent.
03:12Mais ce qui a été annoncé, c'est qu'il y a 1000 munitions,
03:15alors ça ressemble à des drones, des Molnijas,
03:17mais ce sont vraiment des munitions de saturation de zone,
03:20de destruction de zone pour des opérations tactiques.
03:22Donc il y en a 1000 qui ont été livrées aux forces russes.
03:25Donc vous voyez, là, on est dans une offensive tactique
03:27de complément de prise de la ville.
03:31Effectivement, ça, c'est tactique.
03:32Et puis là, ce qu'il vient d'annoncer,
03:33ce sont toutes ces frappes dans la profondeur
03:35que s'échangent les Russes et les Ukrainiens d'ailleurs,
03:37parce que les Russes frappent également en profondeur
03:41tout ce qui est infrastructure navale.
03:43En fait, c'est vraiment une réponse pour...
03:45C'est qui va asphyxier le premier,
03:48tout le système économique, industriel,
03:50qui est-ce qui va être capable justement de neutraliser
03:52les usines de fabrication de drones ?
03:55Je crois que c'est du côté de Belgorod.
03:57Les Ukrainiens ont frappé justement une usine
03:59de fabrication de drones russe,
04:01en dehors de toutes ces frappes,
04:03depuis plusieurs semaines,
04:04sur toute l'industrie énergétique russe.
04:07Donc effectivement, c'est vraiment dans toute la gamme.
04:09Le drone, le missile balistique ou pas,
04:13le missile de croisière,
04:15effectivement, toute cette gamme-là,
04:16la guerre se déroule vraiment à ce niveau-là.
04:18Alors après, on parle des pertes sur le terrain.
04:23Elles sont très difficiles à vérifier,
04:25très difficiles à savoir exactement.
04:27Mais j'ai quand même l'impression que les deux camps
04:29cherchent à économiser leur potentiel humain
04:32et remplacent ça pour obtenir la décision,
04:35justement par toute cette offensive de drones,
04:36dans toutes les gammes,
04:38dans toutes les couches, finalement, d'altitude,
04:40où ces armes-là peuvent être employées.
04:43Effectivement, ça remplace les avions,
04:45les hélicoptères, l'artillerie, dans l'immédiat, c'est ça.
04:48Alors, jusqu'où ça va aller ?
04:49C'est la véritable question.
04:51Parce que, est-ce que ça crée une décision ?
04:53Est-ce que ça crée une bascule ?
04:54Pour l'instant, ce n'est pas vraiment le cas.
04:58Les frappes contre toute l'industrie énergétique russe
05:00ont fait beaucoup de mal.
05:01Mais dans l'immédiat, ça n'a pas bloqué
05:04le grignotage russe sur la ligne de front.
05:08Merci, Général.
05:08Vous restez avec nous,
05:09Lieutenant-Colonel Vincent Arbois-Rottier.
05:11Bonjour.
05:11Est-ce que vous considérez qu'il y a une bascule en cours,
05:14qu'on change, le conflit est en train de changer de nature ?
05:17Quel regard vous portez sur ce qui se passe
05:19et l'utilisation, la course technologique concernant les drones ?
05:23Oui, alors vous avez,
05:25comme a très bien expliqué le Général Sidous,
05:29une accentuation des combats dans la profondeur,
05:34des deux côtés.
05:35Maintenant, la guerre, c'est un duel de volonté.
05:38Ce n'est pas le nombre de morts
05:39qui va déterminer le vainqueur et le vaincu.
05:42C'est celui qui lâchera le premier.
05:46Donc il y a plein de paramètres.
05:48Il y a la volonté des Ukrainiens et des Russes
05:51de s'engager pour continuer à faire la guerre.
05:53Il y a le soutien de la population derrière le président Zelensky
05:56ou la manière dont Poutine arrive encore à verrouiller son opinion publique.
06:01Donc c'est un duel de volonté, la guerre.
06:03Donc ça peut durer encore un an, deux ans, trois ans.
06:06C'est un peu comme au Moyen-Orient d'ailleurs, mais dans une autre forme.
06:09Et comme au Moyen-Orient, les drones ont apporté aux belligérants
06:12une manière, je dirais, confortable de faire la guerre à distance.
06:19C'est un peu comme j'expliquais cet après-midi.
06:22C'est un peu comme l'arquebus face au chevalier Bayard
06:24qui mourait sur le pont de Garigliano
06:27parce que, si vous voulez, le chevalier voulait se combattre
06:31en homme d'honneur avec son épée.
06:34Et puis il a trouvé un arquebusier qui le tue.
06:36Et il trouvait que c'était déloyal.
06:37Le drone, en fait, permet aux belligérants de tuer,
06:41comme ce pauvre homme qu'on a vu également cet après-midi sur une vidéo.
06:44Ça peut être très cruel.
06:46Ça peut être un crime de guerre.
06:47On peut utiliser les drones pour faire des crimes de guerre.
06:48Et puis aussi, comme l'a très bien souligné Gérald Sidos,
06:51pour compléter les effets de l'artillerie et de l'arme aérienne
06:55qu'on ne voit pratiquement pas d'un côté ni de l'autre.
06:57Michael Benhamou, est-ce que dans cette guerre des drones,
07:00au fond, qui a l'avantage ?
07:01Est-ce que c'est la Russie ou c'est l'Ukraine,
07:04on va dire, en termes d'innovation et de compétences technologiques ?
07:08Les Ukrainiens ont toujours le devant,
07:11même si les Russes ont quand même rattrapé une partie de leur retard.
07:14Les Ukrainiens sont aussi devant sur le contre-drone,
07:17c'est-à-dire la capacité à contrer les drones.
07:19Ça, c'est quand même assez notable.
07:20Il faut aussi noter que des entreprises européennes,
07:22maintenant, ont rejoint des entreprises ukrainiennes
07:25pour améliorer ces systèmes.
07:26Et ça, c'est quand même quelque chose de très positif en ce moment.
07:30Mais j'aimerais aussi quand même rappeler
07:31que cette guerre fait énormément de morts sur le terrain.
07:34Au mois de juillet, on parle côté russe quand même
07:37de 40 000 morts et blessés sur le terrain.
07:40Donc, moi, je ne trouve pas que ce soit une guerre
07:42particulièrement confortable, très honnêtement,
07:44à titre personnel, depuis cette année, depuis 2026,
07:48il y a eu en moyenne, côté russe,
07:49400 à 500 morts par jour et blessés.
07:52Et côté ukrainien, ça doit être 100, 200 à peu près.
07:54Donc, c'est une guerre qui fait énormément de morts
07:57et de blessés tous les jours,
08:00même si on ne les voit pas nécessairement.
08:01Et même si ces chiffres-là sont assez approximatifs,
08:04je le reconnais.
08:04Mais non, non, c'est un conflit qui est un conflit dur,
08:08sanglant, vraiment sanglant.
08:10Et qui, effectivement, c'est vrai, a un aspect psychologique au final,
08:15parce qu'une des populations peut craquer en premier
08:17et on ne sait pas qui va craquer en premier.
08:19Je rappelle aussi que nous, Européens,
08:20nous avons aussi un rôle là-dedans.
08:22Peut-être que nous aussi, nous pourrions craquer en premier.
08:25Il y a des élections dans les années à venir
08:27et ces élections vont être très importantes aussi
08:30pour la suite de ce conflit.
08:31– Robin Gastaldi, concernant les drones,
08:34l'intensification, la massification de leur utilisation,
08:38ça change la nature du conflit,
08:39notamment dans les cibles qui sont visées
08:41et ça permet à l'Ukraine d'aller plus en profondeur
08:44sur le territoire russe.
08:46C'est ça la nouveauté, on va dire,
08:47de ces dernières semaines, de cet été ?
08:49– Je pense que ce que vous décrivez,
08:51c'est un phénomène qui a commencé au début du conflit.
08:54C'est-à-dire que les Ukrainiens ont voulu d'abord
08:56taper relativement près.
08:57Ils ont voulu lâcher des grenades sur des blindés en 2022.
08:59En 2023, ils ont commencé à essayer de taper des usines russes.
09:03En 2024-2025, ils ont commencé à taper des raffineries
09:05et aujourd'hui, ils vont jusqu'à plusieurs milliers
09:07de kilomètres dans la profondeur.
09:09Donc, vous avez raison, ce qui est en train de se passer,
09:11c'est une massification.
09:13Mais quand on parle de drones,
09:14alors déjà sur les drones qui veulent,
09:16on a plusieurs milliers de drones
09:18qui sont utilisés par chaque camp, chaque jour.
09:20L'Ukraine va utiliser entre 5 et 6 000 drones
09:22lorsque les conditions météo le permettent.
09:24La France, juste à titre de comparaison,
09:26commande ce volume de drones pour un an.
09:29Donc, que ce soit les Ukrainiens ou les Russes,
09:31il y a une dronification totale de la guerre.
09:33Et juste un point rapide,
09:34c'est que les drones, ce n'est pas seulement des drones aériens.
09:36C'est-à-dire qu'on pense à des drones suicides.
09:38Par exemple, ceux qui ont visé un civil à Herson,
09:40on pense à des drones plus lourds
09:41qui vont taper des raffineries.
09:42Mais de plus en plus, il y a d'autres types de drones.
09:44Il y a des drones navals.
09:45Par exemple, moi, j'ai visité une usine de drones navals
09:47qui va couler les navires russes.
09:48Et enfin, il y a des drones terrestres
09:49qui jouent un rôle de plus en plus important.
09:51Et juste aujourd'hui, pour la première fois dans l'histoire,
09:53vous avez un drone aérien ukrainien
09:55qui va déposer un drone terrestre ukrainien
09:58derrière la ligne russe.
09:59Donc, on a des drones qui transportent des drones
10:01pour attaquer des positions ennemies.
10:02C'est ça, la transformation de la guerre.
10:04On est juste au commencement.
10:05Michel Dersansky, est-ce que vous avez le sentiment
10:08qu'on assiste à un nouveau type de guerre ?
10:10C'est la guerre du XXIe siècle, la guerre 2.0
10:13avec cette utilisation des drones et une course technologique,
10:17on le disait, qui est en cours,
10:19avec une adaptation en permanence, en temps réel,
10:21à la fois côté russe et ukrainien,
10:23qui y tentent de se répondre.
10:25Je crois que cette invasion de l'Ukraine par la Russie,
10:28le 22 février 2022, a complètement transformé
10:33et elle est multifactorielle, elle a tout transformé.
10:36Les relations internationales sont transformées.
10:39Le fait de ne plus déclarer la guerre est transformé.
10:42Le fait de ne pas respecter les droits humains
10:46est peut-être nouveau depuis 1945 quand même.
10:51On avait mis en place un certain nombre de garde-fous.
10:54On parle de crimes contre l'humanité,
10:57de crimes de guerre, etc.
10:58C'est né de l'après-seconde guerre mondiale.
11:01On a aujourd'hui une mixité sur le terrain
11:04entre une guerre d'attrition sur le sol
11:07et une guerre très moderne, très contemporaine,
11:09avec une industrialisation, une maximalisation
11:12de la recherche et développement dans ce type d'attrition.
11:16Donc on a la rencontre des deux,
11:19la conjonction des deux.
11:20Vous voyez que tout ça, ça transforme les choses.
11:23Et on a aussi quelque chose qui est très particulier.
11:25C'est que si avant, on pouvait lire les guerres en silo,
11:29il pouvait y avoir une guerre au Moyen-Orient,
11:31une guerre en Orient, elles étaient séparées.
11:34Aujourd'hui, on voit bien qu'on ne peut plus lire
11:36ces guerres en silo.
11:37La totalité des acteurs internationaux sont impliqués
11:40dans ces guerres, directement ou indirectement.
11:42Et qu'est-ce qu'on voit en termes d'aboutissement aujourd'hui ?
11:45C'est qu'il y a quand même quelque chose qui apparaît.
11:47C'est que tant du côté de la Russie,
11:50que de la Chine, que des États-Unis,
11:52pour des raisons différentes,
11:53ces grandes puissances aujourd'hui
11:55deviennent des grandes puissances impêchées.
11:57Et ce sont de plus en plus des puissances moyennes.
11:59On le voit avec l'Iran, on peut le voir avec Israël,
12:02on peut le voir avec l'Ukraine,
12:03qui aujourd'hui sont en train d'émerger
12:04par rapport à ces grandes puissances.
12:05Et je pense qu'il va y avoir une transformation
12:09géostratégique à ce niveau-là.
12:10Même si les États-Unis restent bien sûr
12:11la première puissance économique,
12:13la première puissance militaire en tant que telle.
12:15Mais on voit bien que le politique,
12:17aujourd'hui, n'est pas en capacité
12:19de faire une transformation
12:21de ces atouts géostratégiques,
12:23techniques et économiques.
12:25Mariana Pérez-Beneziouk,
12:27est-ce que l'Ukraine tient,
12:28après 4 ans et demi de conflits,
12:30le moral, militairement, technologiquement ?
12:33Où en est-on ?
12:35Alors, premièrement, l'Ukraine tient
12:36à ce qu'on voit même
12:39les pauvres civils de Kherson,
12:41parce qu'il faut se dire que
12:42ça a fait quelques jours
12:44que l'abominable vidéo circule,
12:48donc ça fait deux jours.
12:50Mais ces attaques datent, en fait,
12:53ils ont commencé quasiment
12:54juste après la libération
12:56de la ville de Kherson
12:57et les habitants de la ville de Kherson
12:59continuent à y vivre
13:00dans ces conditions-là,
13:01alors que tous les jours,
13:02ils savent pertinemment
13:03qu'ils peuvent être pris pour cibles.
13:07Il y a une raison très simple à cela,
13:09c'est qu'il ne faut jamais oublier,
13:12pour l'Ukraine,
13:12c'est une guerre pour son existence.
13:15Donc, il n'y a pas d'autre solution
13:17que de tenir, ça c'est la première chose.
13:19Et la deuxième chose,
13:20pour ce qui est l'innovation,
13:22pour ce qui est la production,
13:23ce qui force maintenant,
13:25aujourd'hui, une forme d'admiration
13:27à l'international,
13:28il faut quand même se le rappeler,
13:30que c'était uniquement
13:32parce qu'il fallait survivre
13:34et parce qu'il n'y avait pas
13:35d'aide nécessaire adaptée
13:40quand il le fallait.
13:41Donc, en fait,
13:42c'est juste une forme d'adaptation
13:47dans des conditions
13:48où il faut survivre,
13:50où il faut continuer à vivre.
13:52Maintenant,
13:54ce qui est important quand même,
13:59c'est que,
14:01c'est vrai que cette guerre,
14:03elle change profondément
14:05la société ukrainienne,
14:06mais elle change le monde
14:07et elle change tout.
14:08Il y a tellement d'aspects historiques
14:10qu'on peut faire le tour
14:12de cette table trois fois
14:13et on trouvera autre chose.
14:15Par exemple,
14:16ces frappes en profondeur en Russie,
14:18c'est la première fois
14:21depuis la constitution de l'État russe,
14:24depuis la constitution du Tsara,
14:26de Moscou,
14:27qu'il y a un acteur capable
14:30de pénétrer autant en profondeur
14:34de cet État pour le perturber.
14:36Or, cet État a toujours trouvé
14:41de l'assurance pour les actions
14:45offensives,
14:46précisément parce qu'il était
14:48toujours confiant dans ses arrières.
14:50Donc là, c'est historique.
14:51Ce qui est historique aussi,
14:52on parle des drones aériens,
14:54il y a aussi des drones marins,
14:55c'est la première fois dans l'histoire
14:57où un pays sans flotte
14:59et carrément sans aviation,
15:02même aujourd'hui,
15:05se permet d'interdire,
15:08voire de quasiment détruire
15:10une flotte étrangère
15:11et de pénétrer
15:12et de se sentir comme à la maison
15:14dans les cieux d'un autre pays.
15:16Alors, on va revoir
15:18une des images du jour
15:19qui a beaucoup choqué.
15:20On en parle à l'instant,
15:21cette image à Kersen.
15:22Et je voulais avoir votre regard,
15:24Ulrich Bounat,
15:25sur cette image d'un drone.
15:27C'est un type de drone
15:28très particulier,
15:29en l'occurrence,
15:30qui est utilisé,
15:32qui a été utilisé à Kersen.
15:33Effectivement, c'est un drone
15:34qu'on dit FPV,
15:35c'est-à-dire qu'il y a un pilote.
15:36En fait, ce qu'il faut imaginer,
15:37c'est qu'il y a un pilote
15:38qui voit ce qu'il est en train
15:39de faire en temps réel,
15:40c'est-à-dire tourner autour
15:41d'un camion pour poursuivre
15:42un civil qui cherche péniblement
15:44à essayer de se cacher,
15:45sachant qu'il n'y a quasiment
15:46aucune échappatoire.
15:48On voit aussi que c'est un drone
15:50avec fibre optique.
15:50On voit qu'il y a
15:51la grosse bobine en bas.
15:52C'est un drone qui est quasiment
15:54imperturbable en termes
15:55de lutte électromagnétique.
15:58Mais ce qu'il faut
15:59effectivement comprendre,
16:00c'est qu'en termes de volumétrie,
16:02les chiffres à peu près
16:03sur l'oblase de Kersen,
16:04c'est environ 45 000 drones russes
16:07qui sont envoyés chaque semaine
16:09avec un objectif très clair
16:10qui est d'empêcher,
16:11en quelque sorte,
16:12toute vie possible
16:13dans la ville de Kersen
16:14et plus largement
16:15dans toute l'oblase de Kersen.
16:16Donc, il y a une volonté
16:18délibérée de la Russie
16:19qui n'arrive pas à contrôler
16:20cet espace qui se trouve
16:21au-delà du Dnipro
16:22de rendre la vie impossible là-bas.
16:25Il y a des quartiers
16:26qui sont désormais
16:26les plus proches du fleuve
16:28qui sont désormais inhabitables
16:29et le reste de la ville
16:31vit enterrée.
16:31Il y a désormais des écoles,
16:33il y a désormais des hôpitaux
16:34à Kersen
16:35et dans la région de Kersen
16:37qui sont enterrés
16:38pour éviter justement
16:39d'être la cible des frappes.
16:40Et donc, effectivement,
16:41ce que cela illustre,
16:43c'est ce que les Ukrainiens
16:44appellent désormais
16:45un safari humain.
16:45On voit d'autres images
16:46mais qui sont tournées
16:47au même endroit.
16:48C'est-à-dire que systématiquement,
16:50dès que quelque chose bouge
16:51dans la ville de Kersen,
16:52il est visé
16:53par ou une frappe d'artillerie
16:54ou une frappe de drone.
16:55Là, c'est encore
16:56un autre type de drone
16:56que l'on voit.
16:57Mais donc, effectivement,
16:58il y a une volonté.
17:00Ce sont des crimes de guerre
17:01de masse,
17:01il faut appeler les choses
17:02par leur nom,
17:02et une volonté très claire
17:04de la part des Russes
17:04de détruire une ville
17:06qu'ils ne peuvent plus occuper.
17:08Général Sidos,
17:09vous êtes toujours avec nous.
17:11Est-ce que dans ces images
17:12qu'on voit
17:12sur ce qui s'est passé
17:13à Kersen,
17:14est-ce que vous y voyez
17:15au fond un événement
17:17terrible,
17:18mais on va dire
17:18isolé, entre guillemets,
17:19ou au contraire,
17:21comme l'a déclaré aujourd'hui
17:23Volodymyr Zelensky,
17:24qui lui parle
17:25d'une stratégie
17:26à la fois délibérée
17:29et systémique ?
17:32En tout cas,
17:33c'est de mémoire,
17:34je n'ai peut-être pas
17:35beaucoup vu ça,
17:36mais de viser un civil
17:37de cette façon,
17:39c'est la première fois.
17:40On a vu dans le passé
17:41pas mal de soldats
17:42sur le terrain
17:43être poursuivis
17:43par des drones.
17:44Là, on est dans
17:45une forme de combat
17:46très classique,
17:47avec une arme différente
17:48par rapport
17:49au conflit précédent.
17:51Mais là,
17:51on a vraiment
17:52quelque chose
17:53d'absolument épouvantable,
17:55vraiment la chasse
17:55à un pauvre homme,
17:57un civil,
17:58qui est vraiment poursuivi
17:59avec un drone
17:59qui joue avec,
18:00ou alors qu'il cherche
18:01le meilleur angle d'attaque.
18:02C'est filmé surtout,
18:03c'est ça qui est
18:03absolument incroyable,
18:05c'est que c'est filmé,
18:06on voit le drone
18:07qui le poursuit.
18:08Donc, c'est très bizarre.
18:10C'est un effet
18:10psychologique dramatique,
18:12effectivement,
18:13de voir que n'importe qui
18:14peut être visé
18:15de cette façon,
18:16que n'importe quel civil
18:17peut être pris
18:18pour objectif.
18:21C'est une création
18:24d'un martyr également
18:24quand même,
18:25parce qu'on a déjà
18:26tué un civil,
18:27c'est totalement interdit.
18:28Toutes les conventions
18:29qu'on a pu signer,
18:30depuis un siècle,
18:31et même avant,
18:32bien avant,
18:32c'est quand même
18:33des choses qui ne se font pas.
18:34Donc là,
18:35c'est délibéré,
18:36effectivement,
18:37ça terrorise,
18:38bien évidemment.
18:39L'image entretenue
18:41qui est bien développée,
18:43qui va être diffusée
18:44sur tous les réseaux,
18:45ça durcit les positions,
18:46moralement,
18:47parce que c'est bien évident,
18:48ce n'est pas ça
18:49qui va faire craquer
18:49moralement les Ukrainiens.
18:51Ça va radicaliser
18:52les positions,
18:53forcément,
18:54des Ukrainiens
18:54vis-à-vis
18:55vis-à-vis
18:56d'une chasse à l'homme
18:59aussi sordide
18:59que ce que l'on voit.
19:02Donc,
19:02effectivement,
19:03oui,
19:03est-ce que ça va être
19:04systématisé,
19:05est-ce que ça va y avoir
19:05d'autres images ?
19:07Ça,
19:07c'est à suivre,
19:08c'est à suivre.
19:09Mais enfin,
19:10bon,
19:10les gens...
19:10Alors,
19:11le problème,
19:12c'est que l'armée russe
19:13a quand même recruté...
19:14On en a parlé
19:15il y a quelques semaines
19:16avec les mauvais comportements
19:17dans l'armée russe.
19:18L'armée russe a quand même
19:19recruté pas mal
19:20dans les années passées
19:21de repris de justice.
19:23Alors,
19:23forcément,
19:25ça a complètement modifié
19:26ce qu'il pouvait y avoir
19:27d'éthique
19:27dans l'armée russe,
19:28dans le comportement correct
19:30d'une armée au combat.
19:31Forcément,
19:32ça a criminalisé
19:33les comportements,
19:34ça a totalement accentué,
19:35forcément,
19:37le non-respect
19:37de la vie humaine,
19:38le mépris de la vie humaine,
19:40quelle qu'elle soit.
19:41Alors,
19:41entre les exécutions
19:42de prisonniers,
19:43les tortures,
19:44et puis ça,
19:44surtout,
19:45cette image-là,
19:46c'est sans doute...
19:46Pour moi,
19:47c'est la première fois
19:47que je vois ça,
19:48un pauvre homme
19:49qui est poursuivi
19:50par un engin
19:51totalement artificiel
19:52avec un salopard
19:54qui le cible,
19:55qui fait durer le plaisir,
19:56qui voit,
19:57qui observe.
19:58Alors,
19:58là,
19:58ce qui est surprenant,
19:59c'est que le drone
20:00est filmé également.
20:02Donc,
20:02tout ça,
20:03il y a une mise en scène
20:04d'une situation,
20:05bien sûr,
20:06largement diffusée
20:07pour terroriser
20:08les individus.
20:09Mais de toute façon,
20:10ces affaires-là
20:10ne vont pas fonctionner.
20:11Ça va radicaliser
20:12les positions
20:13et comme le disait
20:15précédemment,
20:15c'est un affrontement
20:16de volonté
20:16et le problème
20:18des uns et des autres,
20:19c'est que la volonté
20:20d'une population,
20:20elle ne se neutralise pas
20:22comme ça.
20:22Au contraire,
20:23elle se radicalise,
20:24elle se durcit.
20:25Alors,
20:25vous restez avec nous
20:26avant de redonner
20:27la parole en plateau.
20:28On va faire un détour
20:29du côté de Kiev.
20:29On est en direct
20:30avec Cyril Amourski.
20:32Les images,
20:32évidemment,
20:33ont choqué,
20:33Cyril,
20:34en Ukraine
20:35avec une crainte
20:35clairement de la population
20:36de ce type
20:38de situation
20:39et de chasse à l'homme.
20:42Elles ont choqué,
20:43mais d'un autre côté,
20:44malheureusement,
20:45c'est vraiment très triste
20:45à dire,
20:46mais elles ne sont
20:46absolument pas nouvelles.
20:47Le terme de safari humain
20:48qui a été employé
20:49déjà aujourd'hui
20:49à plusieurs reprises,
20:51en réalité,
20:51c'est un terme
20:52qui a été créé
20:52en 2024.
20:53Pourquoi ?
20:53Parce que l'armée russe
20:54a commencé à déployer
20:55cette tactique
20:56où vraiment,
20:57elle a commencé
20:57à cibler en particulier
20:58les civils,
20:59notamment dans la région
21:00de Kersen,
21:01à partir de 2024.
21:02Les chiffres de l'ONU
21:03sont très clairs
21:04et on a des chiffres
21:05uniquement pour la période
21:062024 jusqu'à octobre 2025,
21:08donc désormais,
21:09ils sont encore bien plus élevés.
21:10On parlait de 200 morts
21:11et de 2000 blessés.
21:12Et aujourd'hui,
21:13cette stratégie,
21:14elle s'est élargie également
21:15à d'autres zones
21:15puisque ce qu'on appelle
21:17la kill zone,
21:17c'est-à-dire ce rayon d'action
21:19de drones s'est élargi.
21:21Auparavant,
21:21on parlait de 5,
21:2210, peut-être 12 kilomètres.
21:24Désormais,
21:24c'est passé à 20 kilomètres,
21:25ce qui signifie
21:26que des grandes villes également,
21:27que ce soit dans le Donbass,
21:28que ce soit au nord du pays,
21:30notamment dans la ville de Soumy,
21:31et bien maintenant,
21:32elles sont également confrontées
21:33à ce genre de situation.
21:34Dans la ville de Soumy,
21:35par exemple,
21:35il y a une dizaine de jours,
21:36il y a un énorme entrepôt
21:37qui a été détruit
21:38avec un seul petit drone.
21:40Et aujourd'hui,
21:41la façon la plus simple
21:42dans un certain sens
21:43pour les civils
21:44de pouvoir se protéger,
21:45notamment les journalistes
21:46aussi et les humanitaires,
21:47c'est d'utiliser
21:47ce type d'outils.
21:49C'est une sorte de pistolet
21:51qui tire défilé
21:53pour notamment
21:54intercepter les drones.
21:55Les civils, évidemment,
21:56ne peuvent pas porter d'armes.
21:57Moi, en tant que journaliste,
21:58je ne peux pas porter d'armes non plus.
22:00Donc c'est pour ça
22:00qu'on porte ce genre d'outils
22:02si on a la possibilité
22:03et si on en possède un
22:04pour avoir une chance
22:05de pouvoir s'en sortir.
22:06Parce que malheureusement,
22:07ce type d'attaque
22:08a commencé en 2024
22:10et ça ne s'arrête pas.
22:12On en a de plus en plus.
22:13Et je donnais ce chiffre
22:14encore il y a peu de temps.
22:16J'ai regardé un chat
22:17sur Telegram
22:18sur lequel je consultais
22:19régulièrement
22:20lorsqu'il y avait
22:21par exemple
22:22la crainte
22:22qu'un drone survole
22:23telle ou telle zone
22:24ou telle ou telle rue.
22:25La dernière fois que j'y étais,
22:27c'était à la fin du mois de mai.
22:28Nous sommes désormais
22:29au mois d'août.
22:30Entre-temps,
22:30il y a eu 27 000 messages
22:32pour alerter la population
22:33comme quoi il y a un drone
22:34dans telle ou telle rue.
22:35Ça vous montre
22:35l'ampleur de cela.
22:36Et une dernière chose,
22:38c'est quelque chose
22:38de vraiment systémique
22:40puisque l'armée russe
22:41le revendique elle-même.
22:43Quand on parle de cette attaque
22:44dont on a parlé
22:44à plusieurs reprises déjà aujourd'hui,
22:46notamment voici
22:47avec ce vendeur de légumes,
22:49les Russes ont revendiqué
22:50cette attaque
22:50et ils ont même qualifié
22:51cet homme de porc,
22:52de cochon
22:53qui aurait dû mourir.
22:54Donc ça vous montre
22:54que c'est quelque chose
22:55qui n'est absolument pas sanctionné,
22:56bien au contraire
22:57encouragé par l'armée russe.
22:59Merci Cyril,
23:00en direct de Kiev.
23:01Robin Gassalli voulait réagir.
23:03Je voulais juste vous parler
23:03du monsieur qu'on voit
23:04dans la vidéo
23:05parce qu'il a donné
23:05une interview cet après-midi.
23:06Ce monsieur,
23:07il s'appelle Yuri.
23:08Il a 52 ans.
23:09Et s'il ne court pas,
23:11c'est qu'il ne peut pas courir.
23:12En fait,
23:12il est réformé militaire
23:13et il a un problème de cœur
23:15ce qui fait
23:15qu'il ne pouvait pas courir.
23:16Donc ce que vous voyez
23:17dans la vidéo,
23:17c'est qu'en fait,
23:18quand il voit venir le drone,
23:19il explique qu'il prend ses fruits,
23:21il prend ses bagues de fruits
23:22et il regarde l'opérateur de drone
23:23et il dit
23:24vous voyez,
23:24ce n'est pas des armes,
23:25ce n'est pas économique,
23:25c'est juste des fruits et des légumes.
23:27Et il se fait taper quand même.
23:28Alors la bonne nouvelle,
23:29c'est qu'il a survécu.
23:30Il a été blessé
23:30mais il a pu être sauvé.
23:32Mais ce qui est dramatique
23:33dans tout ça,
23:33c'est que
23:34ce n'est même pas
23:35de la barbarie
23:36parce que ce n'est pas
23:36des assassinats au hasard.
23:38La Russie,
23:39elle tue pour dépeupler.
23:41Elle tue pour que les Ukrainiens
23:43fuient personne.
23:44Elle tue pour faire peur.
23:46Et aujourd'hui,
23:47il faut être très clair,
23:47ce qui arrive en Ukraine,
23:49ça peut nous arriver aussi.
23:50On a un soldat français
23:51qui a été tué en Irak
23:52par un drone très similaire
23:53face à l'Iran.
23:55Aujourd'hui,
23:55on a fait beaucoup
23:56pour aider les puissances du Golfe.
23:57Alors ce n'est pas tout à fait
23:58les mêmes drones,
23:58ce n'est pas tout à fait
23:59les mêmes menaces.
24:00Mais aujourd'hui,
24:01quand nous,
24:01aujourd'hui en plateau,
24:02quand nos gouvernements
24:03parlent de soutenir l'Ukraine,
24:04il faut quand même avoir en tête
24:05qu'on a tous les jours
24:07des gens qui meurent.
24:07Il y a des centaines de personnes
24:08qui sont mortes comme ça
24:09rien qu'à Harrison.
24:10Et l'aide française et européenne
24:12reste vraiment très faible.
24:13Et aujourd'hui,
24:14on ne fait pas suffisamment.
24:16Mariana Pérez-Beneziouk.
24:17Alors,
24:18oui,
24:18en effet,
24:19je voudrais réagir
24:20à ce qu'a dit
24:22Général Sidos.
24:23Je souscris complètement
24:25à la qualification
24:26de ces actes
24:27qui sont d'une barbarie
24:30de sadisme pur
24:31et constituent
24:32de crimes de guerre.
24:35Seulement,
24:36malheureusement,
24:37malheureusement,
24:37c'est la première fois
24:38probablement qu'on voit ça
24:39à la télé française,
24:40mais c'est quelque chose
24:41qui arrive
24:42et qu'on voit
24:43dans la ville de Kherson,
24:45mais aussi dans la région
24:45de Zaporizhia,
24:46tous les jours à Ukraine,
24:48tous les jours
24:48dans les actualités,
24:50dans les titres,
24:50on a des morts,
24:52des civils,
24:54morts en scie.
24:55Et je voudrais également
24:57rétablir quand même
24:58l'effet,
24:59la chronologie,
25:01ces genres d'attaques,
25:02premièrement,
25:05arrivent pratiquement
25:06partout où il y a
25:07la ligne de front,
25:08donc la région
25:09de Kharkiv,
25:10la région des Soumis,
25:11la région de Donetsk,
25:12la région des Zaporizhia
25:13et la région de Kherson.
25:16Ça a commencé, moi,
25:18en 2022-2023.
25:21J'étais responsable
25:22de l'Ukraine
25:23à Reporters sans frontières
25:24où j'étais amenée
25:25à documenter
25:26les crimes des guerres.
25:27La première fois,
25:28je m'en souviens,
25:29c'était début 2023
25:31où les journalistes
25:32ukrainiens
25:33ont été attaqués,
25:34les journalistes ukrainiens
25:36ainsi que les civils
25:37d'un village
25:37de la région des Kharkiv
25:38à 40 km
25:40de la frontière
25:42ont été attaqués
25:43alors que nos confrères
25:44étaient en train
25:46de prendre l'interview
25:48à un couple des habitants.
25:49Donc, c'est-à-dire,
25:50ils étaient très clairement
25:51identifiés,
25:52non seulement à travers
25:53l'inscription presse,
25:55mais on voyait,
25:56le drone voyait
25:57exactement ce qu'il faisait
25:58et les drones
25:59ont commencé
25:59à les attaquer
26:01alors même
26:02qu'ils interviewaient.
26:03Par la suite,
26:04ces gens d'attaque
26:04sur les journalistes
26:06se sont poursuivis
26:07et continuent
26:08jusqu'à un jour.
26:09Donc, ça,
26:09c'est la première chose.
26:10Seulement la différence
26:11avec la région des Soumis,
26:13la région des Kharkiv,
26:14c'est qu'il s'agit
26:16des villages
26:17où les gens
26:18carrément
26:18évitent de sortir
26:19ou alors
26:20ils quittent ces villages.
26:22Alors que la ville
26:23de Kherson,
26:24c'est quand même
26:25une ville.
26:25C'est quand même
26:26une grande ville
26:27et tout le monde
26:27ne peut pas partir,
26:29tout le monde
26:29ne souhaite pas partir.
26:30Ce n'est pas possible.
26:32Et malheureusement,
26:33ça arrive tous les jours.
26:34C'est pour ça
26:35que la moitié
26:35de la ville de Kherson
26:36est aujourd'hui
26:37couverte
26:39de filets
26:41pour que les gens
26:41puissent...
26:42Il y a carrément
26:43des couloirs
26:44avec des filets
26:44pour se protéger
26:45de ces drones.
26:46Et là,
26:47c'est horrible,
26:48mais il y a des cas
26:48encore plus atroces.
26:50Il y a des cas
26:50où les drones
26:52rentrent par les fenêtres
26:54dans des maisons
26:54d'habitation.
26:56C'est pour ça
26:57que même en été,
26:58les habitants
26:58évitent d'ouvrir
26:59les fenêtres.
27:00Et le cas
27:01vraiment le plus atroce
27:02que les Ukrainiens
27:03ont connu
27:03à Kherson,
27:05c'était l'été dernier,
27:06il me semble,
27:08où un enfant
27:09de deux ans
27:11faisait une sieste
27:12dans une maison
27:13de ville
27:13au véranda.
27:14Donc,
27:14en fait,
27:15c'était assez couvert.
27:16Et en plus,
27:16les parents
27:17avaient couvert
27:18de là où ils pouvaient
27:19pour protéger
27:20des drones,
27:20précisément.
27:21Et en fait,
27:22le droniste,
27:24le criminel de guerre
27:25a trouvé une entrée.
27:27Il a tué l'enfant
27:28de deux ans
27:28qui faisait une sieste dehors.
27:30C'est ça,
27:31ce que les Ukrainiens
27:32connaissent.
27:33Ça arrive tous les jours
27:33et c'est même ça
27:34la raison
27:35pourquoi
27:35il y a ces attaques
27:36incessantes
27:37sur les zones
27:38occupées du Sud
27:39et sur la Crimée.
27:40Parce que
27:41il est impératif
27:42d'élibérer
27:43le sud de l'Ukraine
27:43pour que ça cesse.
27:45Général Sidos,
27:46crime de guerre,
27:47c'est le mot.
27:48En l'occurrence,
27:49on le disait à l'instant,
27:50le civil n'a pas été tué,
27:52mais il a été
27:52grièvement blessé.
27:53On évoque évidemment
27:54des faits similaires
27:56sur tout le long
27:57de la ligne de front.
27:58En même temps,
27:59pour être extrêmement cynique,
28:01on est dans un conflit.
28:02et est-ce que ce n'est pas
28:03le cas dans tous les conflits ?
28:05Quel regard vous portez
28:06sur ces images
28:08et plus globalement
28:09sur le fait
28:10que des civils
28:11sont les victimes
28:12au fond de toutes les guerres
28:13depuis sans doute
28:14la nuit des temps ?
28:18Que les civils soient visés,
28:21malheureusement,
28:22ça date un peu
28:23de la nuit des temps.
28:25Entre la guerre de 30 ans,
28:29Louis XIV dans le Palatina,
28:31la Deuxième Guerre mondiale,
28:33malheureusement,
28:34caractéristique à cet effet-là,
28:36les civils étaient largement
28:37pris pour cible.
28:38Entre les bombardements américains
28:40sur les bombardements de terreur
28:42anglo-américains
28:42sur l'Allemagne,
28:44ce n'était pas que des sites industriels.
28:45Les pertes subies
28:47par l'Union soviétique
28:48pendant la Deuxième Guerre mondiale,
28:49il y a quand même
28:50quasiment deux tiers de civils.
28:53Ensuite, nous,
28:54on a connu l'affaire d'Oradour,
28:56les otages.
28:58Donc voilà,
28:59malheureusement,
29:00ce n'est pas totalement nouveau.
29:02Là, ce qui est nouveau,
29:03c'est quand même
29:04la médiatisation de cette scène.
29:06Effectivement,
29:07si malheureusement,
29:08ça s'est produit depuis des années,
29:10la médiatisation,
29:12le fait que ce drone-là
29:13soit filmé par un autre drone
29:15et que ces images
29:17soient largement diffusées,
29:19ça, me semble-t-il,
29:20c'est une nouveauté.
29:21Une nouveauté dans le sadisme,
29:22une nouveauté dans la cruauté
29:25la plus ignoble qui soit.
29:28Crime de guerre,
29:29oui, déjà,
29:29quand on tue un civil,
29:30c'est un crime de guerre.
29:31Il n'y a même pas à discuter,
29:32c'est clair,
29:32on était précis.
29:33Mais là,
29:33ça va au-delà,
29:35vous voyez,
29:35ça va dans le sadisme
29:36de la torture morale,
29:39physique.
29:40C'est quelque chose
29:43qui dépasse l'entendement
29:44dans l'absence totale
29:47de respect de la vie humaine.
29:48Et le problème,
29:49c'est qu'effectivement,
29:51et malheureusement,
29:51dans ce conflit,
29:52on l'observe
29:53et on en parle depuis longtemps,
29:55il y a une désinhibition totale
29:58du respect de la vie humaine.
30:00Alors,
30:00dans le passé,
30:02alors la Croix-Rouge
30:03existe un peu sur le terrain,
30:05me semble-t-il,
30:06participe à un certain nombre
30:07d'activités,
30:08mais elle n'est peut-être
30:08pas ultra présente.
30:11En Yougoslavie,
30:12dès le début du conflit,
30:13dans cette guerre civile,
30:14l'Union européenne
30:15avait mis en place
30:17des équipes
30:17d'observateurs,
30:19négociateurs
30:19qui tentaient
30:20de réduire
30:21un peu les dégâts collatéraux
30:23de ces choses épouvantables.
30:25C'est la mission
30:25à laquelle j'ai participé
30:26en 1993.
30:27Et finalement,
30:28les deux belligérants
30:28acceptaient
30:29notre intervention
30:31pour limiter un peu
30:32ces horreurs,
30:33ces horreurs de la guerre.
30:34Donc voilà.
30:35Et là,
30:36il n'y a strictement rien.
30:38C'est totalement débridé.
30:41C'est visualisé,
30:42c'est diffusé.
30:43Bon, à mon avis,
30:45cette image-là,
30:45on la voit pendant
30:46une journée ou deux,
30:47mais ça va être interdit
30:48parce que c'est quelque chose
30:49d'absolument ignoble,
30:50la poursuite
30:50de ce pauvre homme
30:52filmé par un autre drone.
30:54Vous voyez,
30:54c'est quelque chose
30:54qui...
30:55On a franchi une étape
30:57dans la visualisation.
31:00Merci Philippe Sidos
31:01d'avoir été avec nous
31:03ce soir.
31:03Lieutenant-colonel,
31:04on parle de la guerre
31:05des drones
31:05et on voit image à l'appui,
31:07image en l'occurrence terrible.
31:08Est-ce que ça veut dire
31:09que sur le front,
31:10au sol,
31:11c'est plus là
31:11que ça se joue
31:13aujourd'hui,
31:14que la ligne de front
31:15est plus ou moins figée ?
31:17Est-ce que le conflit
31:20se joue dans les airs
31:21et plus du tout au sol ?
31:22Non, il y joue partout.
31:24On en parle beaucoup moins,
31:25notamment en France.
31:26Il suffit d'en regarder.
31:27Mais non,
31:28il y a toujours des tentatives
31:29d'infiltration russe.
31:31Certaines sont repoussées.
31:32D'autres arrivent
31:33à leur fin.
31:37La différence,
31:38c'est que la guerre
31:41a évolué depuis 2022.
31:43En 2022,
31:44les Russes,
31:45on s'en souvient,
31:46lançaient des grandes colonnes
31:47blindées
31:47qui ont été arrêtées
31:49par des drones.
31:50Là,
31:50les Russes,
31:51depuis un certain temps,
31:52déjà depuis un ou deux ans,
31:54utilisent des fantassins
31:55sur moto
31:59qui se dispersent
32:01parce que les drones,
32:03si vous voulez,
32:04ils peuvent tuer.
32:06Ils observent.
32:07Mais à la fin,
32:08il faut qu'il soit un soldat
32:09qui planque le drapeau du pays
32:11sur un immeuble
32:12pour dire,
32:12voilà,
32:13j'ai pris telle ville.
32:14Et ce soldat,
32:14souvent,
32:15il est filmé.
32:16Ensuite,
32:16les experts regardent
32:17s'il a bien pris
32:19le bon immeuble
32:20au bon endroit
32:20ou si,
32:21au contraire,
32:22ils racontent des histoires.
32:24Donc,
32:25en fait,
32:25il y a quand même l'homme,
32:26toujours,
32:27l'homme ou la femme,
32:27d'ailleurs,
32:27l'être humain.
32:28Alors,
32:28si vous voulez,
32:29c'est pour ça qu'en fait,
32:30on pense à une guerre robotisée.
32:32C'est vrai,
32:33ça augmente.
32:34Et d'ailleurs,
32:34ça avait été,
32:35en France,
32:37interdit.
32:39Madame Parly,
32:40M. Le Drian,
32:41il y a quelques années,
32:42avaient dit,
32:43non,
32:43jamais la France n'achètera
32:44de drones tueurs.
32:45Les drones,
32:46ce sera,
32:46c'est uniquement pour observer.
32:48Et puis,
32:48petit à petit,
32:49au Mali,
32:50les Américains
32:51nous ont prêté
32:52des Reapers
32:53parce qu'ils ont été
32:54obligés d'utiliser.
32:55Et puis maintenant,
32:56la France,
32:57et puis occidentaux,
32:58les Européens
32:59ont accepté
33:01eux-mêmes
33:01d'utiliser
33:02des drones tueurs,
33:03si vous voulez,
33:03pour ne pas être
33:06surclassés
33:06par les Russes,
33:07par exemple,
33:08ou par les Chinois,
33:09qui,
33:09eux,
33:10encore,
33:11on l'a vu au défilé
33:12du mois de septembre dernier,
33:13ont augmenté
33:14leur capacité en drones
33:16terrestres,
33:17navales.
33:17Ils en ont même vendu
33:18à l'Iran
33:19et à l'Iran.
33:21Cyril Amourski,
33:22on vous retrouve
33:22en direct de Kiev.
33:23Est-ce que vous avez
33:24plus d'informations
33:24sur cette offensive
33:27ukrainienne
33:27qui est en cours
33:28ce soir ?
33:30Pas plus d'informations.
33:31Tout ce qu'on sait,
33:32c'est qu'effectivement,
33:33l'armée ukrainienne
33:33a envoyé à peu près
33:34400 drones,
33:35selon les observateurs
33:36différents,
33:36en direction de la Russie.
33:38Et c'est quelque chose
33:38que l'on voit,
33:39en fait,
33:39de façon assez continue
33:41depuis des semaines,
33:42depuis même des mois.
33:43L'Ukraine,
33:44au cours des derniers mois,
33:44a même pu lancer
33:45à certaines reprises
33:46beaucoup plus de drones
33:47en direction de la Russie
33:49que la Russie
33:49n'en a envoyé
33:50sur l'Ukraine.
33:51Pourquoi ?
33:51Parce que la Russie
33:52utilise aujourd'hui
33:53beaucoup plus
33:53de missiles balistiques
33:54pour bombarder l'Ukraine,
33:56moins de drones,
33:57finalement,
33:57que ce n'était le cas
33:58il y a un an,
33:59deux ans,
33:59trois ans,
34:00parce qu'elle a décidé
34:01de concentrer
34:01sa production de drones,
34:02notamment sur des drones
34:03qui tapent soit
34:04des zones directement
34:05sur le front,
34:06donc pour attaquer
34:07les militaires,
34:08soit pour attaquer
34:09les villes qui sont
34:09les plus proches du front.
34:10Donc on pense notamment
34:11à Kramatorsk,
34:12Sloviansk dans le Donbass
34:13et à d'autres villes
34:14comme par exemple
34:15le Kersen.
34:16Donc ce qu'on voit,
34:17c'est qu'aujourd'hui,
34:18l'Ukraine a vraiment réussi
34:19à mener des frappes
34:20très importantes
34:21sur le sol russe,
34:22ce qui auparavant
34:23n'était absolument pas le cas.
34:24Il y avait des attaques
34:25de temps à autre
34:25qui étaient assez périodiques.
34:26Maintenant,
34:27c'est vraiment quotidien,
34:28donc on ne sait pas
34:29ce qui va se passer
34:30au cours de cette attaque,
34:31mais il est fort probable
34:31qu'à nouveau,
34:32comme c'est le cas
34:33au cours de tous
34:33les derniers jours
34:34de ces deux dernières semaines,
34:35qu'un entrepôt,
34:36qu'un centre logistique,
34:37qu'une raffinerie,
34:39qu'un port
34:40ou qu'un aérodrome
34:41sera touché.
34:42Et on voit que l'Ukraine
34:43notamment a décidé
34:44au cours des deux semaines et demie,
34:46des dernières deux semaines et demie,
34:47d'attaquer en particulier
34:49Walberys,
34:49en quelque sorte,
34:50c'est le Tému russe
34:53ou on peut dire
34:55l'Amazon russe,
34:56qui est extrêmement important
34:57déjà en termes de ressources
34:58pour le budget
34:59de l'État russe.
35:01En plus de cela,
35:02l'élite du Kremlin
35:03est connectée
35:04à cette entreprise,
35:05et enfin,
35:06il y a quand même
35:06un aspect pratique
35:07et militaire.
35:08Sur Walberys,
35:09il y a de très nombreux militaires
35:11qui achètent des équipements
35:11qui leur manquent sur le terrain.
35:13Donc c'est ça la campagne
35:14qu'on voit aujourd'hui
35:14sur le terrain
35:15et elle va se poursuivre.
35:16Merci Cyril
35:17pour ces précisions.
35:18On accueille Maëva Lamy
35:19sur ce plateau.
35:21On le disait,
35:22Maëva,
35:22les drones
35:23qui ont un rôle
35:24désormais central.
35:25Au départ,
35:26c'était une force
35:27des armes d'appui
35:28et là, clairement,
35:29c'est l'arme ultime.
35:31Oui, Jérémy,
35:31on va regarder quelques chiffres.
35:33Il faut comprendre
35:33qu'en 2022,
35:35compter quelques centaines
35:36de drones de longue portée
35:37qui étaient utilisés
35:38tous les mois.
35:39Aujourd'hui,
35:39on parle vraiment
35:40de plusieurs milliers
35:41voire de dizaines
35:42de milliers de drones
35:43qui sont lancés
35:44par les deux camps
35:45et notamment,
35:46effectivement,
35:46côté ukrainien.
35:47Le pays qui avait
35:48peut-être moins
35:49de ressources humaines
35:50dans cette guerre
35:51a compris qu'il fallait
35:52notamment miser
35:53sur les drones.
35:54Il compte aujourd'hui
35:55près de 800 producteurs
35:57et affirme pouvoir
35:58produire jusqu'à
35:597 millions d'unités
36:01par an.
36:02Un autre chiffre
36:02selon plusieurs responsables
36:04militaires ukrainiens
36:05les drones
36:05seraient responsables
36:07de 60 à 80%
36:09des pertes
36:09infligées
36:10aux forces russes
36:11sur le front.
36:12Alors,
36:12pourquoi ce recours
36:13massif à cette arme ?
36:15Eh bien,
36:15parce que c'est une arme
36:16qui est peu coûteuse,
36:17quelques centaines,
36:18quelques milliers
36:19d'euros selon
36:19les prototypes,
36:21qui est aussi facile
36:22à produire
36:23et puis surtout
36:23qui sont capables
36:24de frapper
36:25à plusieurs centaines
36:27voire plusieurs milliers
36:28de kilomètres
36:29de la ligne de front.
36:29Et une des conséquences,
36:30Maëva,
36:31c'est que les cibles
36:32changent de nature.
36:33Tout à fait.
36:34L'Ukraine a intensifié
36:35ses frappes
36:35de longue portée
36:37au cœur
36:37du territoire russe
36:39à plusieurs centaines
36:40de kilomètres
36:41de la ligne de front
36:42et a donc diversifié
36:43ses cibles.
36:45Les raffineries
36:45et les dépôts
36:46de carburant
36:47sont de plus en plus
36:48ciblés,
36:48créant des perturbations
36:50de l'approvisionnement
36:51sur le territoire russe,
36:52mais aussi donc
36:52les entrepôts commerciaux,
36:54les plateformes logistiques,
36:55par exemple,
36:55on vient d'en parler,
36:56ceux du géant
36:57de l'e-commerce Whiteberries
36:58qui est un peu comme
36:59l'Amazon russe.
37:00L'objectif,
37:01il est clair,
37:02c'est de fragiliser
37:03l'économie russe,
37:04de perturber
37:04les chaînes logistiques
37:06et en fait
37:06de faire entrer
37:07la guerre
37:08dans le quotidien
37:09des habitants des Russes,
37:10loin donc
37:11de la ligne de front,
37:12Jérémy.
37:12Merci Maëva
37:13pour ces précisions.
37:16Michael Benhamou,
37:17au fond,
37:18l'utilisation des drones,
37:20est-ce que ça avait été
37:20anticipé par la Russie
37:22ou au fond,
37:24il y a le sentiment
37:25peut-être qu'en 2022,
37:26lorsque les chars russes
37:27sont entrés
37:28sur les territoires
37:29de l'Est de l'Ukraine,
37:30ça se passerait au sol
37:32et qu'au fond,
37:32le conflit a changé
37:34et continue de changer
37:35de nature en permanence ?
37:36Oui,
37:37ça n'a pas été anticipé
37:38à ce point,
37:38ça c'est sûr
37:39et on est dans un moment
37:40qui aujourd'hui
37:40est un moment ukrainien,
37:42je pense que c'est très clair
37:43et je pense que ça va le rester
37:44encore pendant trois ou quatre mois
37:45mais attention...
37:46Un moment ukrainien,
37:47ça veut dire que c'est le moment
37:48où l'Ukraine a l'avantage ?
37:49Ils ont un avantage
37:50mais deux choses à dire,
37:52les Russes sont encore là
37:53de deux façons.
37:54La première,
37:55c'est qu'ils avancent
37:56en ce moment
37:56dans le Donbass quand même
37:57et c'est la première fois
37:58qu'ils les avancent
37:59depuis des mois.
38:00Ils ont pris 150 km²,
38:02ils se sont emparés
38:03quasiment de Konstantinivka,
38:05ils approchent de Pokrovsk,
38:07je ne sais pas
38:07si vous pouvez en parler,
38:08je pense que vous pouvez
38:09en parler mieux que moi.
38:10Ils sont maintenant
38:11je crois à 5-6 km de Pokrovsk,
38:14donc c'est quand même
38:15une avancée significative
38:17sur le terrain
38:18qu'il faut suivre
38:19et deuxièmement,
38:21l'hiver sera rude
38:22pour l'Ukraine
38:23parce qu'en fait,
38:23pour l'instant,
38:24nous n'avons pas,
38:25les Ukrainiens n'ont pas
38:25de parade contre
38:26les missiles balistiques russes.
38:28On sait que les Américains
38:29maintenant n'ont plus,
38:29à cause de la guerre en Iran,
38:31ils n'ont quasiment plus
38:32de missiles PAC-3
38:34pour les patriotes
38:35et donc en fait,
38:36ils ne peuvent plus livrer
38:38de missiles anti-balistiques
38:39aux Ukrainiens
38:40cet hiver.
38:41Nous, Européens,
38:42nous n'avons pas
38:42des stocks
38:44véritablement suffisants
38:45et les Ukrainiens
38:47n'ont pas encore
38:47leur propre système.
38:49Ils l'auront,
38:49a priori,
38:50de ce qu'on comprend
38:50grâce à l'entreprise
38:51Firepoint,
38:52en 2028.
38:54Et donc là,
38:54il y a ce qu'on appelle
38:55un gap,
38:55c'est-à-dire,
38:55il y a un vide
38:57qui malheureusement
38:58devrait être comblé
38:58par les Russes
38:59cet hiver
39:00et donc nous,
39:00Européens,
39:00en ce moment,
39:01on met beaucoup d'argent
39:03dans la réparation
39:04de centrales électriques
39:05même s'il n'y aura
39:07a priori pas assez
39:08d'argent
39:09et pas assez
39:10d'ingénieurs
39:10sur le terrain
39:11pour pouvoir réparer
39:12les dégâts
39:13qui vont être faits
39:14par les Russes
39:14pour que les Ukrainiens
39:16meurent de froid
39:16cet hiver.
39:17Michel Dersansky,
39:18est-ce que vous partagez
39:19cette analyse ?
39:20Un moment ukrainien ?
39:22Je ne sais pas
39:23si c'est un moment ukrainien.
39:24Je pense qu'aujourd'hui,
39:26pour les Ukrainiens,
39:27c'est une façon...
39:30Ils avaient deux façons
39:31de faire,
39:31en fin de compte,
39:32avec cette opération
39:33de quatre semaines
39:34et d'envoyer les drones.
39:35La première,
39:36c'était d'espérer
39:37ramener Vladimir Poutine
39:39à une table
39:40pour au moins
39:41mettre en place
39:42un accord,
39:43une forme de cessez-le-feu
39:45en montrant
39:46aux présidents américains
39:47qu'ils étaient
39:48de nouveau là,
39:50qu'ils étaient présents
39:50et qu'ils étaient
39:51en capacité
39:51de passer à l'offensive.
39:53Visiblement,
39:53ça n'a pas eu d'impact
39:54et ça n'a pas d'impact.
39:55La deuxième,
39:56c'est d'espérer
39:57de pouvoir jouer
39:58sur la société russe.
39:59Il faut comprendre
40:00quand même
40:00que la société russe,
40:01d'une part,
40:02elle est plurielle.
40:03D'autre part,
40:03oui,
40:04aujourd'hui,
40:04la société russe
40:06perçoit,
40:07voit ses destructions,
40:09voit ses drones,
40:09etc.
40:10Pour autant,
40:12est-ce que ça va modifier
40:13la relation
40:14entre la population russe
40:15et le gouvernement russe ?
40:17Je ne suis pas certain
40:19que ça a une influence
40:20là-dessus.
40:21Et enfin,
40:22pour revenir
40:22à ce qui était
40:24décrypté précédemment,
40:25il faut quand même
40:25se rendre compte
40:26d'une chose,
40:27c'est que lorsque
40:27Vladimir Poutine lance
40:29cette opération,
40:30il dit bien
40:30que sa volonté,
40:31c'est d'annihiler
40:32l'Ukraine.
40:33Quand on voit
40:34ce qui se passe
40:34avec ces drones,
40:35au-delà des atrocités
40:37qu'on peut catégorier
40:38de crimes de guerre,
40:38etc.,
40:39en réalité,
40:40c'est du nettoyage
40:40ethnique qu'il fait.
40:42Parce qu'entre les enfants
40:43qui ont été déportés
40:44en Russie
40:44et le fait de faire en sorte
40:46que sur ces zones occupées,
40:47il n'y ait plus du tout
40:48de civils,
40:48de civils ukrainiens,
40:50ça veut dire que demain,
40:51il y aura un remplacement
40:51de population.
40:52Ça veut dire que
40:54d'un fait accompli,
40:55il va acquérir
40:56ces territoires.
40:57Et que là,
40:57on va arriver bientôt
40:59à une chose,
41:00c'est qu'on risque
41:00d'arriver
41:01à ce qui s'est passé
41:02entre la Corée du Sud
41:03et la Corée du Nord.
41:04C'est-à-dire qu'on aura
41:04une guerre d'attrition
41:05avec un territoire
41:07qui va être
41:09complètement collapsé.
41:10Je vous interromps
41:11parce que notre correspondant
41:12à Kiev
41:12nous appelle
41:13avec des sirènes
41:14qui retentissent ce soir
41:15dans la capitale ukrainienne,
41:17Cyril.
41:18Oui, tout à fait.
41:19On vient d'avoir
41:20une alerte aérienne
41:21et on sait
41:21qu'il y a trois missiles
41:22balistiques
41:23qui volent en ce moment
41:24même vers Kiev.
41:25Quelques secondes
41:26avant que je vous parle
41:27à l'instant,
41:27j'ai vu deux explosions
41:29dans le ciel
41:30donc je pense
41:31que ça va retentir
41:32d'ici quelques secondes
41:32et donc ça vous rappelle
41:33une fois de plus
41:34que même si l'Ukraine
41:36continue à attaquer
41:37au cours de ces dernières semaines
41:38très régulièrement
41:39la Russie,
41:39on a parlé,
41:40là on vient d'entendre
41:41une première explosion,
41:42quand on parle
41:43de ces 400 drones
41:43qui volent en direction
41:44de la Russie,
41:45la Russie,
41:45elle,
41:46elle continue aussi
41:47ses opérations
41:48en Ukraine,
41:49c'est le cas depuis 2022,
41:50ça s'est intensifié
41:51au cours de ces dernières semaines.
41:53Si auparavant
41:53il y avait des frappes
41:55tous les mois,
41:56une deuxième explosion,
41:56quand auparavant
41:57il y avait des frappes
41:58disons assez importantes
42:00avec quelques dizaines
42:01de missiles
42:01une fois tous les mois
42:02sur tout le territoire ukrainien,
42:04désormais tous les 2-3 jours
42:06des dizaines de missiles
42:07s'abattent sur une ville
42:07en particulier,
42:08il y a 2-3 jours
42:09c'était la ville de Kiev,
42:10plus de 40 missiles
42:11ont été lancés,
42:12seulement un missile balistique
42:13a été intercepté
42:14et ce soir
42:15on ne sait pas
42:15combien de missiles
42:16vont être lancés
42:17mais en tout cas
42:18l'attaque vient d'être lancée,
42:19il y a déjà eu
42:20trois explosions
42:20que je viens d'entendre.
42:21Merci Cyril
42:22pour ces précisions,
42:23on reviendra évidemment
42:24vers vous
42:25dans quelques minutes
42:26Ulrich Bounin
42:27a voulu y réagir.
42:28Oui, peut-être juste une chose
42:29déjà,
42:29ce qu'est en train de vivre
42:30Cyril Amourski
42:31c'est quelque chose
42:32que vivent les civils
42:33quasiment tous les jours
42:34même,
42:35sauf exception,
42:36mais il y a des alertes
42:37toutes les nuits
42:38à peu près,
42:38voilà,
42:38aux alentours de minuit,
42:391h du matin,
42:41donc 1h de plus
42:41côté ukrainien
42:42entre 1h et 2h du matin
42:43c'est en général
42:44le début des alertes aériennes,
42:45donc c'est hyper usant
42:47pour la société civile,
42:48c'est 4 ans d'alerte aérienne,
42:48c'est 4 ans de non-sommeil
42:51pour la plupart des Ukrainiens,
42:52donc il faut toujours
42:53avoir ça en tête,
42:55autre point en fait
42:56le calcul
42:57dont on parlait tout à l'heure
42:58sur l'hiver ukrainien
42:59qui va être extrêmement compliqué,
43:00ce calcul Vladimir Poutine
43:01il l'a dans le viseur
43:02sans faire de mauvais jeu de mots,
43:03il a cette perte,
43:04et c'est pour ça
43:05que ça ne le fait pas flancher
43:06actuellement
43:06ses frappes sur Walburys,
43:08ses frappes sur les raffineries,
43:09c'est parce qu'il reste persuadé
43:10que d'ici l'hiver
43:11grosso modo
43:11il est capable
43:12de tenir économiquement
43:13et qu'il arrivera
43:14en quelque sorte
43:15à écraser l'Ukraine
43:17et à écraser
43:18le système énergétique ukrainien
43:20pendant l'hiver
43:21qui ne dit pas d'électricité,
43:22ne dit pas de chauffage,
43:23ne dit pas d'eau chaude,
43:24dit un pays
43:25qui s'effondre économiquement,
43:26pas d'industrie de défense
43:27aussi pour partie,
43:29donc effectivement
43:29il compte sur ça
43:30Vladimir Poutine
43:30et la seule chose,
43:32le seul angle
43:33sur lequel
43:34il n'a pas la prise
43:35à mon sens
43:35c'est l'aide occidentale
43:37et notamment européenne
43:37donc effectivement
43:38il sera fondamental
43:40que l'Union Européenne
43:40reste unie
43:41derrière l'Ukraine
43:42pendant l'hiver
43:42parce que l'hiver
43:43sera extrêmement compliqué.
43:44Romain Gasseldi.
43:45Je suis complètement d'accord
43:46avec ce qu'a dit Ulrich.
43:47D'abord amitié à Cyril
43:48et j'espère qu'il est en sécurité
43:49là où il est
43:49parce que c'est quand même
43:50très courageux
43:51de faire ce qu'il fait
43:51et j'espère qu'il va bien.
43:53Sur l'impact des frappes
43:54je pense qu'il y a trois choses.
43:55La première c'est
43:56la pénurie d'essence
43:57actuellement en Russie
43:58c'est-à-dire que ces frappes
43:59elles ont un impact
43:59sur la Russie
44:00elles ont un impact
44:01sur la société
44:01elles ont eu un impact
44:02sur la machine de guerre russe.
44:04Donc ces frappes
44:04longue portée
44:05à coup de drones et de missiles
44:06elles sont en train
44:07d'abîmer le potentiel militaire
44:09de la Russie.
44:10La deuxième chose
44:11c'est qu'on parle
44:11de l'hiver ukrainien
44:12mais pour la première fois
44:12on va aussi parler
44:13de l'hiver russe.
44:15Les ukrainiens sont en train
44:16d'avoir les capacités
44:17de faire à la Russie
44:17ce que la Russie leur fait.
44:19Et ça, ça va changer
44:20beaucoup de choses.
44:21Il y a un troisième point
44:22et après je vous laisse parole
44:23c'est l'éparpillement
44:24des défenses aériennes.
44:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui
44:26la Russie
44:26elle doit défendre
44:27les raffineries
44:28elle doit défendre
44:28les entrepôts logistiques.
44:29Demain elle devra
44:30défendre les usines militaires
44:31et les sites énergétiques.
44:33Toutes ces défenses aériennes
44:34qui sont en train
44:34d'éparpiller à travers
44:35son immense territoire
44:36elles ne sont plus sur le front.
44:37Ça c'est aussi un avantage.
44:38Aujourd'hui on n'en parle pas
44:39mais toutes ces défenses aériennes
44:40que les Russes doivent
44:41retirer du front
44:42ça peut avoir un impact demain
44:43si l'Ukraine décide de frapper.
44:46Je suis d'accord avec Robin
44:48vous avez remarqué
44:48que parmi les frappes ukrainiennes
44:50il y a sur les raffineries
44:51il y a sur les entrepôts
44:54les entreprises pétrolières
44:57mais il n'y a pas des frappes
44:59sur les centrales électriques.
45:03Mais l'Ukraine est capable
45:04de le faire bien entendu
45:05ainsi que sur les centrales
45:07de chauffage.
45:08Il faut se dire
45:08qu'en Russie comme en Ukraine
45:10le chauffage est le plus souvent
45:12collectif
45:13donc il suffit de frapper
45:15une centrale de chauffage
45:17collectif pour que la moitié
45:18de la ville n'ait plus de chauffage.
45:20C'est pour ça que les frappes russes
45:22font des dégâts aussi importants
45:25en Ukraine.
45:25Sauf que ce qui a changé
45:27ce qui a changé
45:29cette année
45:30par rapport à l'année précédente
45:32c'est que maintenant
45:34l'Ukraine aussi
45:35peut frapper les centrales
45:37et les centrales d'échauffage.
45:38A mon sens
45:39c'est quand même
45:40un argument
45:41un argument de
45:46réciprocité
45:46pour que
45:48la Russie
45:49évite de faire cela
45:51sinon il y aura une réponse
45:52et je vous rappelle quand même
45:54que Kiev
45:54c'est à 800 km
45:56au sud de Moscou
45:57donc il y a
45:58les verts ukrainiens
45:59mais il y a aussi
46:00les verts russes
46:01qui est autrement
46:02plus froid
46:04et là je pense
46:05que les vidéos
46:06seront
46:07d'un niveau
46:08encore plus élevé
46:09que
46:11concernant
46:11les
46:12wildberries.
46:13C'est même pour ça
46:13qu'à mon sens
46:14que les Ukrainiens le font
46:15c'est aussi une démonstration
46:16de ce qu'ils peuvent faire.
46:18Il ne faut pas croire
46:19à mon sens
46:20que les cibles
46:22qu'on frappe
46:23actuellement
46:23sont les cibles prioritaires.
46:25Ça sert aussi
46:26de démonstration.
46:28Éric Bounin
46:29on évoquait
46:29les drones
46:30et aussi
46:30des drones
46:31anti-drones
46:32avec une
46:34nouveauté
46:34entre guillemets
46:35le drone
46:36bullet
46:37expliquez-nous.
46:38Effectivement
46:38c'est un nouveau drone
46:39qui est sorti
46:40par une entreprise
46:41ukrainienne
46:42avec l'aide
46:43d'ailleurs
46:43d'une entreprise française
46:44je vais y venir
46:44mais effectivement
46:45ce qu'il faut bien comprendre
46:46c'est que depuis
46:47désormais plus de 3 ans
46:48les russes envoient
46:50des vagues
46:50de centaines de drones
46:52Shahed 136
46:53donc iraniens modifiés
46:54qui s'appellent
46:55Guéran 2
46:55côté russe
46:56et effectivement
46:57c'était très coûteux
46:59pour les Ukrainiens
47:00de devoir les intercepter
47:01avec des missiles
47:01anti-aériens
47:03ça coûte
47:03un drone Guéran 2
47:05c'est 40 à 50 000 dollars
47:06un missile
47:07c'est plusieurs millions
47:08donc les Ukrainiens
47:09en ont pas beaucoup
47:10et ça coûtait extrêmement cher
47:11donc ils ont dû trouver
47:12un système relativement simple
47:14et peu coûteux
47:15pour essayer d'intercepter
47:16justement
47:16ces fameux drones
47:17Shahed
47:17donc ils ont développé
47:18des drones anti-drones
47:19des drones
47:20ce qu'on appelle aussi
47:20des drones intercepteurs
47:21et pour le coup
47:22là on a un très bon exemple
47:23d'un drone extrêmement récent
47:25et l'innovation
47:27par rapport à des drones
47:28plus anciens
47:29qui peuvent avoir un an
47:30ou etc
47:30c'est que
47:31ce qu'il faut bien comprendre
47:32c'est que
47:33quasiment derrière chaque drone
47:34il y a toujours un opérateur
47:35notamment pour ce drone intercepteur
47:36il y a quelqu'un qui
47:37en gros pilote le drone
47:38en phase terminale
47:39pour essayer d'accrocher
47:41en quelque sorte
47:41le drone Shahed
47:43qu'il vise
47:44là finalement
47:45avec une entreprise française
47:46qui s'appelle Alta RS
47:47il y a une intégration
47:48d'un logiciel
47:49dans ce drone
47:50qui permet
47:50d'identifier
47:51où se trouve le drone
47:52dans son espace
47:53et ensuite de faire
47:54ce qu'on appelle
47:54le ciblage terminal
47:55c'est à dire
47:56d'identifier
47:56où se trouve
47:57en quelque sorte
47:57le drone Shahed
47:58pour aller le détruire
47:59directement
47:59ce qui présente
48:00un taux d'interception
48:02plus important
48:02ça c'est quelque chose
48:03de pas mal
48:03et surtout
48:04ça peut aussi libérer
48:05potentiellement
48:06du potentiel militaire
48:07parce qu'encore une fois
48:09derrière beaucoup de drones
48:10il y a toujours
48:10au moins un ou deux soldats
48:12parce qu'il faut un gars
48:13pour le lancer
48:13il faut un gars
48:14pour le piloter
48:14etc.
48:15donc il faut un navigateur
48:17donc en fait
48:17encore une fois
48:18cette phase d'automatisation
48:20parce que ça illustre
48:21cette phase de dronisation
48:23d'automatisation
48:24c'est une espèce
48:25de lutte perpétuelle
48:26du glaive et du bouclier
48:28où les Russes
48:28vont trouver une parade
48:29en sortant des drones
48:30qui vont plus vite
48:31qui volent plus haut
48:32plus vite que ces drones
48:33d'intercepteurs là
48:34mais on est toujours
48:35dans l'innovation permanente
48:36et c'est ça sans doute
48:37l'une des grandes forces
48:38de l'Ukraine
48:39on parlait tout à l'heure
48:40de ces 800 entreprises
48:41c'est qu'il y a toujours
48:42en quelque sorte
48:42une entreprise
48:43qui va sortir une idée
48:44qu'on va pouvoir aller tester
48:45immédiatement sur le terrain
48:46et l'adapter
48:47et l'adopter
48:49pardon
48:49dès que ça fonctionne
48:51Un tout dernier mot
48:51Juste un tout dernier mot
48:53pour aller dans le sens
48:54de ce que vient de dire Ulrich
48:56il y a un très grand enjeu
48:58actuellement
48:58en Russie
48:59et en Ukraine
49:00rien n'est encore
49:01concrétisé
49:02mais il y a des pas
49:03vers la défense aérienne
49:05privée
49:06parce qu'on se rend compte
49:07que
49:07que ça soit en Russie
49:08ou que ça soit en Ukraine
49:11l'armée
49:12ne peut pas protéger
49:13l'ensemble du ciel
49:14des drones
49:14il y a des pas
49:16concrets
49:17y compris juridiques
49:18pris en Ukraine
49:19et en Russie
49:20ce printemps
49:21pour développer
49:23la défense aérienne
49:24privée
49:24pour protéger
49:26les entreprises privées
49:27les usines
49:28les entrepôts
49:29pour l'instant
49:30à ce que nous voyons
49:31ça ne marche pas
49:33mais
49:33c'est quelque chose
49:34là où il y a
49:35beaucoup de ressources
49:36et beaucoup d'intentions
49:38sont mises
49:39de côté
49:40à mon sens
49:41il y a aussi
49:42aura l'avantage
49:43celui qui pourra
49:44concrétiser ça
49:45au mieux
49:46merci
49:46merci pour ces précisions
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