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  • il y a 12 heures
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, le combat des pompiers contre les reprises de feu alors que les feux du Var et de Gironde sont toujours stables.

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Transcription
00:00L'incendie qui touche le Var bien sûr à la une ce matin, qui a très peu évolué heureusement hier
00:04en fin de journée.
00:05Toutes les mesures d'évacuation préventive ou de confinement ont été levées en raison de l'évolution favorable du feu.
00:11Mais la bataille est encore loin d'être gagnée, nous a rappelé le préfet du Var, Simon Barbre.
00:15La journée hier a été marquée par deux principales reprises de feu.
00:19La surface parcourue par les flammes s'établissait à 1850 hectares, qui a peu progressé, c'était 1800 la veille.
00:26À ce stade, tout de même, 70 maisons ont été touchées par le feu, 41 entièrement détruites selon le bilan
00:32des autorités.
00:32Sarah Fenzari, il y a Carcez sur place avec les équipes CNews.
00:37Bonjour Sarah, en direct du poste de commandement de Carcez précisément.
00:41La bataille se poursuit donc contre les incendies, on l'a bien compris, qui ne sont toujours pas fixées.
00:45Mais les nouvelles, on va dire, sont plutôt encourageantes ce matin.
00:54Bonjour Julien, bonjour à tous.
00:55Oui, des nouvelles positives et cela se ressent immédiatement ici au poste de commandement.
01:02Les bonnes nouvelles et le travail accompli cette nuit provoque à nouveau le calme ici à Carcez.
01:09Le stress qui était palpable ces derniers jours redescend peu à peu.
01:13Autour de nous, des visages des sapeurs-pompiers sont plus détendus.
01:17On aperçoit même quelques sourires, signe que la nuit, je vous le disais, a permis de franchir une étape importante
01:23dans la lutte contre cet incendie.
01:25Des bonnes nouvelles qui se sont d'ailleurs enchaînées, vous l'avez dit.
01:29Les évacuations préventives ont été levées hier soir à Carence et les habitants peuvent désormais retrouver leur domicile.
01:38Le confinement du cœur du village a lui aussi été levé.
01:41Côté circulation, la RD45 entre Montfort-sur-Argence et Corince, ainsi que la RD562 entre Montfort-sur-Argence et le
01:48Val sont de nouveau ouvertes.
01:51Mais malgré cette accalmie, la prudence reste le maître mot.
01:55Toute la nuit, les pompiers ont poursuivi le traitement des points chauds et la surveillance des lisières.
02:00Un travail sans relâche puisque des vents qui restent changeants, il y a des vents qui restent changeants.
02:06Une reprise de feu est toujours possible.
02:08Alors oui, ce matin, il y a un vrai sentiment de soulagement ici au PC de sécurité.
02:13Les nouvelles sont favorables, mais personne ne crie victoire.
02:17Les secours restent pleinement mobilisés jusqu'à ce que tout risque soit définitivement écarté.
02:22D'autant plus qu'on attend justement la levée du vent dans la journée avec des rafales à 50 km
02:28à l'heure.
02:29Des conditions météorologiques donc moins favorables, ce qui va forcément impacter le travail au sol et dans les airs des
02:35sapeurs-pompiers, Julien.
02:36Un calme particulièrement précaire, on l'a compris.
02:38Merci beaucoup Sarah Fenzari dans le Var avec Antoine Durand et merci aux équipes CNews déployées sur le terrain.
02:43Karine Durand, notre spécialiste météo, avant de faire un tour de table, de se tourner vers nos spécialistes à vos
02:48côtés également.
02:50On l'a compris, évidemment, bien sûr que ces feux dépendent quasi intégralement des conditions météo, du vent.
02:55Qu'est-ce qui nous attend dans les zones les plus compliquées ces derniers jours, ces prochaines 24 heures ?
03:00Bien, ce qui va être compliqué à gérer, ce sont les orages.
03:03Aujourd'hui, j'en ai très orageux sur la moitié sud.
03:05Alors regardez déjà la carte de Météo France, de Météo des Ferrets, pour voir les zones qui sont placées en
03:10alerte.
03:11Aujourd'hui, il y a 20 départements placés en risque élevé.
03:14Niveau orange donc, alors évidemment des départements du sud-est, l'Hérault, le Var, etc.
03:18Mais également des départements du nord, dont l'Île-de-France, dont la Meurthe-et-Moselle, par exemple,
03:24qui sont également placés en risque élevé d'incendie, en raison d'une végétation très sèche et de conditions caniculaires
03:30quasiment généralisées.
03:31Aujourd'hui, un pic de chaleur.
03:32Alors, en ce qui concerne les feux principaux sous surveillance actuellement,
03:36déjà du côté de la Gironde et du côté de l'eau, c'est à peu près la même situation
03:41pour Carcassonne également.
03:42On a des orages qui vont éclater au cours de l'après-midi et de la soirée, possiblement violents.
03:47Donc, un vent qui se situera entre 25-30 km à l'heure.
03:50Mais si les orages passent à côté, d'un seul coup, le vent va monter jusqu'à 80, peut-être
03:54100 km à l'heure.
03:56Et ça, c'est très compliqué à gérer pour les pompiers.
03:58Alors, on espère beaucoup d'eau sous ces orages.
04:00C'est une possibilité d'avoir de fortes précipitations.
04:03Mais il y a également la possibilité d'avoir de la foudre et peut-être de nouveaux départs de feu
04:07dans un contexte très sec.
04:08Donc, les orages, c'est vraiment qui tout double.
04:10Ça peut améliorer, mais ça peut aggraver aussi.
04:12Donc, ça, c'est pour la Gironde ou encore pour l'eau du côté de Carcassonne.
04:15Et puis, pour le Var, c'est compliqué également.
04:17Car là, c'est une zone qui est placée en vigilance orange pour la canicule aujourd'hui.
04:2234 degrés prévus du côté de Corinse et Pontevesse.
04:24Un vent de sud-est chaud et sec qui s'ouvre quand même à 50 km à l'heure.
04:28Ça ne va pas du tout aider les pompiers.
04:30En plus, pour le Var, l'alerte canicule va résister toute la semaine.
04:33Et en plus, à partir de mercredi et jeudi et vendredi, le Mistral et la Tramontane vont revenir en force.
04:38Et ça, ça va être un facteur vraiment aggravant.
04:40Il y a énormément d'incertitudes. On comprend notamment en termes de vent qui peut changer, Jean-Baptiste Kahn, sur
04:47les incendies.
04:48Les pompiers qui poursuivent le travail aujourd'hui, on l'a compris.
04:51Ces vents très variants, imprévisibles, c'est un petit peu le facteur X de ces incendies.
04:57Complètement. Complètement. Le vent, il faut savoir qu'il est piloté par deux choses en général.
05:01C'est effectivement le vent. C'est-à-dire que le vent pilote le feu.
05:05Dans sa direction principale, il va déterminer une trajectoire.
05:08Et après, ça va être le combustible qu'il va avoir à grignoter sur son passage.
05:11Et c'est souvent l'après-midi que les choses empirent parce que c'est à ce moment-là que
05:14les vents tourbillonnent, changent et se prennent en vigueur, j'ai envie de dire.
05:19Alors, ça dépend des régions. Moi, je parlerais plutôt de la région que je connais qui est le sud-ouest.
05:23Mais ce qui est sûr, c'est que tous les facteurs s'aggravent effectivement en fin de journée, en général,
05:27puisqu'on n'a plus l'humidité qui est présente dans l'air et les essences ont pu être dégagées.
05:31Donc oui, effectivement, d'un point de vue météo, ça peut être plus compliqué s'il vent tourne.
05:36J'ai cette impression depuis 10-15 jours, que ce soit pour les incendies du sud-ouest, pour cet incendie
05:41qui n'est pas encore maîtrisé dans le Var,
05:44chaque journée qui démarre, on a l'impression que les pompiers, les volontaires, les bénévoles sur le terrain,
05:48c'est un petit peu, on repart de zéro chaque jour, en se demandant quel feu va prendre, quel feu
05:53va se déclarer,
05:54quel vent va faire que l'incendie se dirige dans telle ou telle direction.
05:58On fait un reset tous les matins, en fait, sur le travail qui est à accomplir sur les 24 heures
06:03qui viennent.
06:04Il y a un gros travail d'anticipation qui est mené.
06:06Tout de même.
06:06En fin de journée, on essaie quand même de voir ce qui a fonctionné, ce qui n'a pas fonctionné
06:09en termes de tactique.
06:11Ce qui fait notre force, c'est qu'on a une capacité de redéploiement qui peut être assez dynamique,
06:15et on sait s'adapter en fonction de ces petits aléas qu'on arrive quand même à deviner,
06:19parce que, mine de rien, les facteurs ne sont pas non plus, il n'y en a pas 14.
06:22Donc, nous, ce qui compte, c'est surtout de limiter les interfaces entre les habitations et les forêts
06:28et de s'assurer que sur ces points-là, on a des pompiers qui sont en capacité de soit préparer
06:34l'incendie,
06:34donc d'arroser en amont, soit de déposer des barrières de retardant à l'aide des moyens aériens, par exemple.
06:40Dimitri Carbonel, qui est avec nous également, je rappelle que vous êtes expert en adaptation aux changements climatiques.
06:45On se dit, et je pense aux prévisions que vient de donner Karine Durand, notamment sur les orages,
06:50que c'est un peu un qui-tout-double, on jette la pièce, j'ai bien compris, Karine,
06:53soit l'orage tape au bon endroit, et en effet, vous avez des précipitations qui viennent aider le travail des
06:59pompiers,
06:59soit vous passez à côté parce que ce sont les vents qui, finalement, engrangent le feu, et éventuelle foudre également.
07:06Il y a cette idée, en fait, quand on voit le manque de moyens des pompiers,
07:10les difficultés que nous avons à circonscrire ces feux,
07:14d'ailleurs aucun n'est circonscrit, ce sont des feux qui sont fixés mais qui peuvent repartir à tout moment,
07:18on se dit, en fait, il n'y a rien à faire, il n'y a qu'à compter sur
07:21mère nature, j'ai envie de dire,
07:23et faire ce qu'on peut là où on peut, mais la vérité, c'est que si vous n'avez
07:28pas l'orage qui va bien
07:29ou la précipitation qui va bien dans tel ou tel secteur,
07:32vous êtes parti jusqu'au 30 septembre, et juste à constater, à essayer d'éviter le pire.
07:36Alors, je vais me permettre, mais en fait, ce n'est pas la bonne réaction.
07:39D'accord.
07:39Je m'explique pourquoi, parce qu'en fait, il y a beaucoup de choses sur lesquelles on peut agir.
07:43En fait, il y a des éléments sur lesquels ils sont incontrôlables, le vent, par exemple,
07:47et des choses qui sont contrôlables.
07:48Contrôlable, c'est déjà la prévention.
07:50On le voit d'ailleurs à l'Aige-Cap-Ferré, ce qu'ils font, c'est qu'ils commencent à
07:53mettre des pare-feux
07:53à certains différents endroits, ça c'est la première des choses, c'est le nombre de secours.
07:57C'est bien de commencer, c'est bien de commencer un jour,
07:59parce que ce n'est pas comme si on avait connu, je ne veux pas commencer à polémiquer dès le
08:03matin,
08:03mais ce n'est pas comme s'il n'y avait pas eu 2022,
08:06ce n'est pas comme si on n'était pas au courant du réchauffement climatique,
08:08de l'assèchement des sols.
08:09Voilà, je veux bien qu'on commence aujourd'hui.
08:12Non, mais ce que je veux dire par là, c'est que quand on est effectivement au cœur de l
08:16'urgence,
08:17il y a, on l'a dit, il y a un certain nombre de choses qui sont faites en termes
08:19de secours,
08:20ou même des drones, par exemple, qui vont cartographier quelles sont les zones de chaleur.
08:24Mais en revanche, attendre que ce soit la mer nature, non, on a le contrôle sur beaucoup de choses.
08:28Je vais reprendre un exemple tout bête.
08:31C'était en 1755, le 1er novembre, il y a eu le tremblement de terre.
08:35Eh bien, là, on s'est dit, le tremblement de terre, on ne peut rien faire.
08:38En fait, c'est Rousseau qui disait, on a mis des immeubles de 4 à 5 étages
08:43qui ont fait qu'il y a eu beaucoup plus de morts.
08:44En fait, ce qui se passe, c'est que soit on est dans des conditions qui sont favorables
08:47pour que l'incendie s'étende, on a des conditions favorables pour qu'il y ait des maisons qui brûlent
08:52ou potentiellement des personnes qui décèdent, ce qui est le pire.
08:56Parce qu'il y a eu très peu le cas hormis les pompiers.
08:59Soit, effectivement, on met en place des choses pour éviter que ça arrive.
09:02Donc, effectivement, sur le moment même, il y a des choses qui sont incontrôlables.
09:05En réalité, il y a plein de choses qu'on peut faire pour éviter ça.
09:08D'ailleurs, vous faites penser sur l'anticipation.
09:09En termes de détection des feux, est-ce qu'on peut mieux faire ?
09:14Est-ce qu'il y a des progrès à envisager pour aller plus vite sur la détection des feux ?
09:18Oui, alors il y a à la fois, encore une fois, il y a une partie anticipation en disant
09:22qu'il y a des zones à risque et potentiellement, on pourrait tout à fait imaginer, avant, peut-être,
09:26je ne sais pas, en jouant, dire, écoutez, là, on va avoir une grosse zone de risque.
09:31On sait que, généralement, il y a beaucoup de feux, y compris potentiellement humaines,
09:34qui peuvent arriver là.
09:35Et donc, on met en place un dispositif de prévention.
09:3790% d'origine humaine, rappelons-le.
09:39Et deux tiers, d'ailleurs, l'interface entre la forêt et une habitation.
09:42Donc, il y a pas mal de choses qui peuvent être faites là.
09:44Donc, ça, c'est la première des choses.
09:45Au niveau satellitaire, on peut aussi réaliser un certain nombre,
09:49notamment en utilisant l'IA pour détecter très rapidement les feux
09:53avec des points chauds ou des fumées, idem pour des drones.
09:57Ça a été fait, là, ces dernières semaines ?
09:59Ah oui, oui.
09:59Ce sont des processus qui ont été engagés, ces détections par l'IA ?
10:04Parce que je me dis, pourquoi on en est là aussi ?
10:05Est-ce qu'on peut se poser cette question aujourd'hui ?
10:07Pourquoi on en est là ?
10:08Pourquoi est-ce que le Sud-Ouest a été ravagé ?
10:10Pourquoi le Var est en train d'être ravagé ?
10:11Si toutes ces techniques d'anticipation sont...
10:15Juste un point.
10:16C'est que, vous l'avez bien dit, il y a le réchauffement climatique.
10:19Ce qui fait que les conditions qu'on avait auparavant
10:21ne sont plus les mêmes aujourd'hui.
10:23Donc, c'est comme si, par exemple, parfois je dis,
10:25c'est comme si vous avez un champ de mines
10:27et qu'on envoie des étincelles.
10:29Auparavant, il y a assez peu de mines.
10:30Maintenant, il y en a de plus en plus.
10:31Évidemment, c'est beaucoup plus compliqué de pouvoir faire face,
10:34effectivement, quand vous avez face à vous un champ de mines
10:36que quand même que vous avez que quelques mines,
10:37vous risquez plus d'avoir des feux explosifs, d'une certaine manière.
10:40Monsieur Kahn, Jean-Baptiste Kahn.
10:41Alors, nous, la chance qu'on a, par exemple, dans le département des Landes,
10:44qui abrite quand même une grande partie de son territoire
10:46qui est couvert par de la végétation,
10:48c'est qu'on a un maillage territorial par des tours de guet
10:52qui ont été remplacés par un œil numérique.
10:54Donc, on a pas loin de 50 tours de guet qui couvrent tout le massif
10:58qui nous permettent d'avoir une détection des points chauds.
11:00Maintenant, une fois qu'on les a détectés, encore faut-il s'y rendre
11:03et être en capacité de lever les doutes
11:05et de s'assurer que ce ne soit pas des faux positifs.
11:07Et surtout que...
11:08Ça existe, ça. Des faux positifs.
11:09Bien sûr, en fait...
11:10C'est le Covid, quoi.
11:12Non, non, non.
11:12C'est faux positif.
11:13La notion de faux positif, elle veut juste dire
11:15que la machine est en capacité de détecter
11:16ce qui s'apparente à un départ de feu.
11:18D'accord.
11:18Encore faut-il s'assurer que ce ne soit pas une erreur.
11:20Typiquement, un point isolé dans le ciel,
11:21c'est un avion ou un oiseau.
11:23Un point isolé...
11:24Enfin, un point dans le ciel relié à la terre,
11:25ça peut être soit une poussière qui s'élève,
11:27soit effectivement une fumée.
11:28Et ça, aujourd'hui, les machines ne savent pas forcément le faire.
11:30On va retourner dans le sud-ouest, je le disais,
11:31dans quelques instants,
11:32parce que les communes de Porges,
11:34qui a été ravagée,
11:35et de Lèche-Cap-Ferret,
11:36vont retrouver leurs habitants à la mi-journée
11:38et dans la soirée pour Lèche-Cap-Ferret.
11:40Je voudrais qu'on reste un instant dans le Var,
11:42à Montfort, sur Argences,
11:43où la commune était de nouveau accessible hier.
11:45Mais le combat aurait pu très, très mal finir
11:47si les bénévoles,
11:48et on va en parler de ces bénévoles
11:49qui ont tant fait ces dernières semaines,
11:51les agriculteurs également,
11:52n'avaient pas pu sauver le débarras d'un antiquaire
11:55dans lequel se trouvaient de nombreux objets
11:57inflammables et explosifs.
11:58Regardez ce sujet de Sarah Fenzari
11:59avec Antoine Durand et Corentin Alonso.
12:03Vendredi soir,
12:04alors que Montfort sur Argences
12:06est encerclé par les flammes,
12:07les fumées rendent la visibilité nulle
12:10au-delà de 3 mètres.
12:11Un débarras d'un antiquaire est menacé par le feu.
12:14Des objets pourraient s'enflammer,
12:16voire exploser à l'intérieur.
12:19Deux habitants prennent tous les risques
12:20pour protéger le lieu.
12:22C'est pas exactement tout ce qu'il y avait,
12:23mais il y avait énormément de combustible.
12:25Parce que ça a été un combat.
12:27On balançait de l'eau au de l'eau.
12:29Ça a été un combat sans arrêt.
12:32Et en fait, maintenant qu'on sait
12:34ce qu'il y avait à l'intérieur,
12:36on sait très bien que l'action
12:37qu'on a faite a été asservie.
12:39Mais on a simplement réagi
12:40en tant qu'humain.
12:43Si le travail des pompiers
12:44et des bénévoles
12:45a permis de sauvegarder
12:46les vies humaines,
12:48Sébastien, entrepreneur,
12:49a lui perdu tout son matériel
12:51dans l'incendie.
12:51Donc tout ce qui était tronçonneuse,
12:53débroussailleuse,
12:55tondeuse.
12:56Et la partie basse,
12:57pour le deuxième métier
12:58que j'effectue en événementiel,
13:00donc sono,
13:01donc tout ce qui est enceinte,
13:02table de mixage,
13:03console de mixage,
13:04platine,
13:05vinyle,
13:05voilà.
13:06Autour du village,
13:0890% de la forêt
13:09est partie en fumée.
13:13La vérité,
13:14c'est que Jean-Baptiste Kahn,
13:15c'est qu'on n'en serait pas là aujourd'hui
13:17s'il n'y avait pas...
13:18Bien sûr qu'il faut saluer
13:19les pompiers que vous représentez,
13:20les soldats du feu
13:22dont vous êtes l'ambassadeur
13:23ici aujourd'hui,
13:23mais les bénévoles,
13:25les agriculteurs,
13:26est-ce que sans eux,
13:27on en serait là aujourd'hui ?
13:28Ah non, complètement.
13:29Moi, j'ai vu des choses
13:30extraordinaires se mettre en place,
13:31une coopération
13:32d'une efficacité inouïe.
13:34On a tous été très surpris,
13:35mais vraiment très surpris,
13:37de cette capacité
13:38à s'auto-organiser
13:39dans des conditions
13:40qui étaient extrêmement dégradées,
13:41avec un impact émotionnel
13:42pour certains
13:43qui étaient eux-mêmes contributeurs
13:45directement impactés
13:45et directement touchés.
13:47Ça fait partie justement
13:48des choses sur lesquelles
13:49j'aimerais bien
13:49qu'on mette la focale,
13:50à savoir qu'aujourd'hui,
13:52il y a des coopérations
13:53qui existent,
13:53et pour autant,
13:54on a toute une bureaucratie
13:55et une organisation
13:56qui nous contraint énormément
13:58dans notre capacité d'action,
13:59c'est-à-dire cette capacité
14:00à fédérer les moyens,
14:01cette capacité à les engager
14:02simplement et rapidement.
14:04C'est-à-dire que j'arrive
14:05sur un point chaud
14:06où les pompiers
14:07sont en train de travailler,
14:08j'ai envie d'apporter mon aide.
14:09Ce qu'on va me répondre,
14:10ce n'est pas, tenez,
14:12prenez cette lance-incendie,
14:13je ne sais pas,
14:14c'est prenez une pelle,
14:15essayez de...
14:15Non, on va dire,
14:16remplissez-moi le formulaire
14:18A408 pour pouvoir ensuite
14:19aller dans le bureau F35
14:20pour ensuite parler
14:21à l'assistante de direction de...
14:23Évidemment que je caricature,
14:24mais c'est un peu ça.
14:25C'est même pire que ça, en fait.
14:26Ah, c'est pire que ça.
14:27Bon, ben, je n'ai pas caricaturé.
14:30Autant, effectivement,
14:30il y a des enjeux de sécurité
14:31qui sont inconcevables
14:33de brader ou de minimiser,
14:35mais typiquement,
14:36là, en deux jours,
14:38les chicanos ont réussi
14:39à mettre en place
14:40une application.
14:40Les chicanos ?
14:41Les chicanos,
14:42c'est un groupe
14:42qui se fait appeler comme ça
14:44du côté de Lacanau.
14:46Donc, c'est des jeunes gens
14:47qui habitent la région,
14:49des gens, des artisans,
14:50des silviculteurs,
14:51enfin, bref,
14:52toute la population
14:53qui a réussi à se fédérer
14:54autour de ça.
14:55Il y a deux développeurs.
14:56En deux jours,
14:57ils ont développé une application
14:58qui est,
15:01sans euphémisme,
15:0214 fois plus efficace
15:03que les applications étatiques
15:04qu'on utilise
15:05pour la détection des feux de forêt.
15:07Incroyable.
15:07Et ils l'ont fait
15:08avec des moyens
15:08qui ne sont pas ceux de l'État
15:10et ils l'ont fait
15:10avec des contraintes
15:11qui ne sont pas celles de l'État.
15:13Donc, je pense qu'on a
15:14beaucoup à apprendre
15:14et que quand on veut,
15:15on peut,
15:16mais que quand on peut,
15:17on veut aussi.
15:18Et il y a cette fameuse phrase
15:19qui dit qu'effectivement,
15:21notre maison brûle
15:22et on regarde ailleurs.
15:23Moi, je pense que c'est
15:24exactement l'inverse
15:25qui est en train de se passer.
15:26Vraiment,
15:26je me permets
15:27de contredire Chirac,
15:29à savoir que la maison brûle
15:30et on la regarde brûler
15:32au lieu de regarder ailleurs,
15:33c'est-à-dire au lieu de regarder
15:33ce qu'on pourrait faire,
15:34au lieu de regarder
15:35ce qu'on aurait pu faire,
15:36au lieu de regarder
15:37tout ce qui se passe ailleurs,
15:38en fait.
15:39Tout ce qui se passe ailleurs.
15:40Et je parle de ailleurs
15:42dans l'espace-temps,
15:42c'est-à-dire que...
15:43On est spectateur.
15:44Exactement.
15:45Et c'est pour ça
15:45que j'aimerais vraiment
15:46qu'on arrive à sortir
15:47de cette charge émotionnelle
15:48qui est immense.
15:49On a quand même perdu
15:50quatre sauveteurs.
15:51Il y a des vies
15:52qui sont ravagées,
15:52qui sont détruites
15:53et qui vont mettre
15:54un paquet de temps
15:54à se reconstruire.
15:56Pour autant,
15:56on continue à jouer
15:57la carte de l'émotion
15:58et se dire
15:58« Ah là là,
15:59il a fait chaud.
16:00Ah là là,
16:00c'est un maxi-feu.
16:02Espérons qu'il pleuve
16:02très prochainement
16:03parce qu'effectivement,
16:04face à ça,
16:04on est tenu
16:05à l'impossible opérationnel. »
16:05C'est la réflexion qu'on se fait.
16:06C'est naturellement
16:08la réflexion que je me suis faite
16:09tout à l'heure
16:09et je pense qu'un maximum
16:10de téléspectateurs
16:11se disent la même chose.
16:12On en est rendu
16:13à attendre la pluie
16:14pour que quelque chose...
16:15Ce n'est pas très intéressant
16:16que nous dit Jean-Baptiste Kahn
16:17et cette réaction citoyenne.
16:19C'est vrai que c'est
16:20une leçon importante
16:21que nous avons
16:23de ces épisodes
16:25absolument tragiques.
16:26C'est effectivement
16:27l'investissement spontané
16:31des agriculteurs,
16:32des citoyens, etc.
16:34Mais ce bon sens...
16:35Ça s'est fait,
16:36je dirais,
16:37un peu même contre
16:39quelquefois
16:40la volonté des autorités.
16:41On se souvient
16:41des propos maladroits,
16:43il faut bien le dire,
16:44de la préfète de la Gironde
16:45qui a dit aux agriculteurs
16:46surtout ne prenez pas
16:47d'initiative personnelle.
16:48Elle s'en est excusée
16:49d'ailleurs après.
16:50Mais ce dont vous parlez,
16:51ces applications
16:52qui viennent d'initiatives privées,
16:54on pourrait peut-être espérer
16:56que l'État précisément
16:58et les départements
16:59et les préfectures
17:02organisent une manière
17:03de coordonner
17:04toutes ces actions,
17:06celle des pompiers,
17:06celle de l'État,
17:07celle des forces de l'ordre
17:08et aussi celle
17:09des agriculteurs
17:10qui ont des moyens,
17:11qui connaissent le terrain,
17:12qui peuvent arriver
17:13en force,
17:14des simples citoyens,
17:15des élus.
17:16On pourrait imaginer
17:17sous forme de rétexte
17:18qu'on tire les conséquences
17:19de cette volonté
17:21de chacun
17:21de participer
17:22et on comprend,
17:23on défend son territoire
17:25à l'incendie
17:26et à la lutte contre l'incendie
17:27et donc on pourrait imaginer
17:28une coordination.
17:29Mais je veux dire,
17:30cette réticence,
17:30vous savez comment je l'interprète,
17:31cette réticence
17:32des autorités
17:33à accepter de bon cœur
17:35le bon sens citoyen
17:36finalement,
17:37d'une certaine manière
17:38ça les met face
17:39à leur médiocrité.
17:40Et cette histoire
17:40d'application,
17:41je trouve,
17:42elle est très intéressante
17:43parce qu'en deux jours,
17:43vous avez des développeurs
17:44qui sont capables
17:45de produire quelque chose
17:46qui a dix fois plus de résultats
17:47que toutes les applications
17:48d'État
17:49qui passent par
17:49je ne sais quel
17:51circuit bureaucratique
17:52pendant des mois et des mois
17:52avant d'être validées.
17:53Et ça les met face
17:54à leur médiocrité,
17:55Alexandre,
17:56je ne sais pas
17:56si vous avez un commentaire
17:58à faire là-dessus.
17:58Oui, bien sûr,
17:58je crois que durant cette crise,
18:00ça rappelle un peu d'ailleurs
18:01la crise du Covid,
18:02il y avait des initiatives privées
18:04à prendre
18:05et qui ont été prises.
18:06Là, on parle
18:07de ce qui pourrait être fait
18:08avec les développeurs
18:09mais on l'a vu
18:09au moment où les agriculteurs
18:11sont venus en aide,
18:12on a eu tout de suite
18:13l'administration,
18:13les préfectures
18:14qui ont dit
18:14« Ah non, non, non,
18:15mais vous ne pouvez pas
18:16y aller comme ça,
18:17il faut vous signaler,
18:18pointer, aller remplir
18:20je ne sais quel fichier
18:21à informatique ».
18:22Donc on voit bien
18:23que l'administration
18:24voudrait tout contrôler
18:26et se sent dépossédée
18:27et à la limite,
18:28l'administration
18:29serait hyper efficace,
18:31l'État serait hyper efficace
18:33dans la gestion
18:33de ces feux.
18:34On voit bien
18:35que ce n'est pas le cas.
18:36Moi, je ne suis pas
18:36contre l'État,
18:36je suis pour un État fort
18:37et malheureusement,
18:39on a déshabillé
18:40l'État régalien
18:41pour faire de l'État social
18:42et aujourd'hui…
18:43Un État fort,
18:44c'est bien,
18:44un État borné,
18:45c'est autre chose.
18:45Voilà, non mais je suis pour
18:46un État fort,
18:47dans le sens efficace,
18:49avec suffisamment
18:49de camions de pompiers,
18:50avec suffisamment
18:51de canadaires.
18:52Bon, tout ça,
18:52on ne l'a plus
18:52parce qu'on a mis l'argent
18:54je ne sais pas où,
18:55j'ai ma petite idée,
18:56mais en tout cas,
18:57pas là où il devait aller.
18:59Donc on a un effondrement
19:00de l'État régalien
19:01et en fait,
19:02plus il s'effondre,
19:03plus il devient tatillon,
19:04plus il impose des règles.
19:06Je parlais du Covid,
19:07les gens qui faisaient
19:08eux-mêmes leurs masques,
19:09il ne fallait pas,
19:09il ne fallait pas
19:10qu'on commande les masques
19:12autrement que par
19:13les circuits autorisés.
19:15Donc plus il devient tatillon,
19:17plus il fait des interdictions,
19:19plus il l'encadre socialement.
19:22Mais en fait,
19:22c'est un signe
19:23de très grande impuissance.
19:25Concrètement,
19:26demain,
19:26je vais,
19:28en l'occurrence,
19:28vous êtes des Landes,
19:29donc on va dire,
19:29je vais sur un nouveau
19:30départ de feu à Biscarros
19:32parce que je sens
19:32que les pompiers sont
19:33dans la panade,
19:33que j'ai envie de m'investir.
19:34Je suis refoulé ?
19:36Alors,
19:36il y a des dispositifs
19:38qui sont prévus.
19:38Il y a la loi Mosque de 2004
19:40qui prévoyait
19:41ce qu'on appelle
19:41une réserve citoyenne.
19:42C'est-à-dire qu'on a bien compris
19:43pendant longtemps
19:44que la sécurité,
19:45elle commence auprès de chacun.
19:47La sécurité,
19:48c'est l'affaire de tous,
19:49mais ça commence par soi.
19:50Donc plus on aura
19:52des citoyens
19:52qui seront éduqués
19:54sur ces enjeux
19:55de sensibilité,
19:56c'est tout le volet
19:57justement de la prévention
19:57et de la prévision,
19:58plus c'est intéressant.
19:59Maintenant,
20:00encore faut-il arriver
20:00à le canaliser
20:01et à le déployer
20:02à l'instant T ?
20:02Oui,
20:03il ne faut pas être
20:05un obstacle
20:06au travail des produits.
20:07Il ne faut pas arriver
20:08peut-être baisser
20:08et dire je vais prendre
20:09une couverture.
20:10Ce n'est pas exactement
20:11ce que je voulais
20:12pointer du doigt.
20:13Ce que je voulais
20:13plus pointer du doigt,
20:14c'est plus que la France
20:16ne manque pas de compétences.
20:18On a des moyens
20:19qui sont exceptionnels
20:20comparé à d'autres pays.
20:21Il n'y a pas photo.
20:22En revanche...
20:23Sur les Canadaires,
20:23je ne suis pas sûr,
20:24mais bon.
20:24Mais quand bien même,
20:25s'arrêter à la question
20:26du moyen,
20:26c'est ne prendre
20:27qu'une partie du problème
20:28puisque vous pouvez avoir
20:2912 Canadaires de plus
20:31qui arrivent d'un coup
20:32d'un seul.
20:32Si vous ne savez pas
20:33les mobiliser rapidement
20:34et simplement,
20:35vous êtes complètement
20:36inefficace.
20:37Et aujourd'hui,
20:38effectivement,
20:38le circuit de validation
20:39et de prise de décision
20:40pour engager ce type
20:41de moyens,
20:41et je ne prends les moyens
20:42à rien,
20:42mais je ne suis pas pilote
20:43de Canadair
20:43et je leur laisserai la parole.
20:44Ils seront mieux placés
20:45que moi pour en parler.
20:46Mais ne serait-ce que
20:47les colonnes de renfort
20:48qu'ont déshabillé Paul
20:48pour habiller Jacques,
20:50il y a une notion
20:50de pacte capacitaire
20:51qui a été proposée
20:52par l'État
20:53qui visait à ce qu'on
20:54mette tous
20:54un certain nombre
20:55de matériel
20:56dans un pot commun.
20:57En réalité,
20:57à orchestrer,
21:02sous le statut
21:03de la départementalisation,
21:05c'est-à-dire que nous ne sommes
21:05pas les pompiers nationaux.
21:07Donc,
21:07on voit bien
21:08qu'il y a des déséquilibres
21:09en termes de budget.
21:11Des dotations.
21:13Les bouches de Rhône
21:13ne sont pas
21:14le département des Landes,
21:15pour juste faire
21:16un comparatif assez clair.
21:18Et fatalement,
21:19quand vous avez
21:20la possibilité
21:21de proposer des moyens
21:22que vous avez
21:23en partie financés
21:24avec l'État,
21:25vous n'avez pas forcément
21:27tout le plan de financement
21:28qui vous permet
21:28d'assurer la maintenance,
21:30d'assurer les hommes
21:30qui vont peut-être dans
21:31et ainsi de suite.
21:32Je vais donner la parole
21:33à Dimitri Carbonel
21:34dans un instant
21:34et on va poursuivre
21:34les discussions.
21:35Mais j'ai besoin
21:35qu'on avance
21:36parce qu'on va partir
21:37en Gironde dans un instant.
21:38Et je vous le dis,
21:38au Porges et au Cap Ferret,
21:41le focus sera fait
21:42cet après-midi
21:43avec le retour
21:43des derniers habitants.
21:44Je voudrais juste
21:44qu'on reste encore
21:45un instant dans le Var
21:46et que ce témoignage
21:47est poignant.
21:48Et la détresse de ce monsieur,
21:50franchement,
21:50elle fait mal au cœur.
21:51Un sinistré à Corinnes,
21:52un habitant de ce village
21:53qui a retrouvé son habitation
21:55hier totalement détruite
21:56par les flammes.
21:57Regardez son témoignage.
22:00La violence est extrême.
22:01C'est très, très, très violent.
22:04C'est ultra violent.
22:05Je ne comprends pas
22:06où sont passées les choses.
22:07Elles ont disparu.
22:08On va les tiser.
22:12Même les choses métalliques
22:13ont disparu.
22:14J'ai l'impression
22:15que tout n'a même pas fondu.
22:18Tout est parti en fumée.
22:19Vraiment, c'est vraiment ça.
22:22Il n'est plus rien.
22:23Il y a quelques parties
22:24qui n'ont pas été brûlées.
22:25Donc, du coup,
22:26je me dis que
22:27si on met un peu d'eau,
22:28enfin, en tout cas,
22:29quelques...
22:29On essaie d'éteindre
22:30ces fumeroles
22:32pour éviter que ça reparte.
22:33Il y a encore du vent.
22:35Je crois qu'hier soir,
22:36c'est reparti un petit peu
22:36dans le quartier.
22:37Donc, voilà,
22:38c'est histoire de s'assurer
22:40que ça ne reprenne pas.
22:42À un autre niveau,
22:43ce n'est pas grand-chose.
22:43On fait ça avec des bidons.
22:45Tout le monde me dit
22:46qu'il faut faire confiance
22:47à la nature.
22:53Donc, elle va reprendre,
22:54j'imagine.
22:55Il faut retourner un petit peu
22:56si tout.
22:56Il faut être patient,
22:57non, a priori.
22:58On verra.
22:59Pour l'instant,
23:00on essaie déjà
23:01d'accuser le coup,
23:04d'accepter.
23:07On imagine la détresse
23:09de ce monsieur
23:10de se retrouver
23:11du jour au lendemain
23:12face à chez soi
23:13et de voir
23:14qu'il n'y a plus rien.
23:16Alors, évidemment,
23:16il y a cette détresse,
23:17ce traumatisme psychologique,
23:19la question de la reconstruction,
23:20également.
23:21Faut-il reconstruire à l'identique ?
23:22Faut-il se prémunir
23:23pour l'avenir ?
23:24Ça aussi,
23:24ce sont des questions
23:25qui vont être importantes.
23:27Oui,
23:28que ce soit pour les personnes
23:29aussi,
23:30cette personne-là,
23:31ainsi que les personnes,
23:31on va reparler après,
23:32qui reviennent à l'avenir.
23:33C'est un deuil,
23:33c'est une petite mort
23:34pour ces gens-là.
23:35C'est une petite mort.
23:36C'est une partie de votre vie
23:37qui est partie en fumée
23:38littéralement.
23:39Et donc,
23:40lorsqu'on est face
23:41à cette situation
23:42de deuil,
23:43il y a aussi
23:43cette question de sens.
23:44Quel est le sens
23:45que moi,
23:45je vais donner à ma vie ?
23:46Alors que potentiellement,
23:47j'ai investi autant de temps,
23:49j'ai autant de souvenirs
23:50dans cette maison,
23:51comment faire ?
23:52Et comme pour tout deuil,
23:54bon, bien sûr,
23:54on parle des phases du deuil,
23:55mais je ne suis pas rentré
23:56de là-dedans,
23:56ce qui est important,
23:57c'est aussi le collectif.
23:58On va le voir à Porges
23:59ou dans d'autres villes,
24:00c'est comment,
24:01ensemble,
24:01ils parviennent à reconstruire
24:03avec aussi des personnes
24:04qui ont perdu leur maison,
24:06d'autres qui ne l'ont pas perdu,
24:07des personnes aussi
24:08qui,
24:08il va y avoir aussi
24:09sans doute des tensions
24:09en disant,
24:11le feu,
24:11il est venu à cause de toi
24:13parce que ta maison
24:14approche de la forêt,
24:16si tu avais bien débroussaillé,
24:17on n'aurait pas eu
24:18ce qu'on a eu.
24:19Et donc,
24:20comment est-ce qu'on va parvenir
24:21à transformer ça
24:22pour,
24:23en particulier,
24:23je pense à Porges,
24:26pour reconstruire le village,
24:27il y a des personnes
24:28qui vont vouloir rester,
24:28des personnes
24:29qui vont vouloir partir
24:32et je pense aussi,
24:33on parlait de rétex.
24:35Le retour sur expérience.
24:37Le rétex,
24:37le retour d'expérience
24:38doit se faire évidemment
24:39et doit être aussi
24:40de manière plus transparente
24:41et plus rapide
24:42sur le plan purement d'urgence
24:43mais doit aussi se faire
24:44sur la partie du retour
24:46qu'on est en train
24:46de vivre maintenant.
24:47Comment est-ce qu'on fait
24:47pour garder cette solidarité
24:49par la suite
24:50pour reconstruire
24:51et pour que les gens
24:51ne soient pas dégoûtés
24:52de leur propre village
24:53ou de leur propre ville ?
24:54Il y a du travail.
24:56Tout à fait.
24:57Et ça aussi,
24:59on peut mutualiser,
24:59enfin quand je dis mutualiser,
25:00on peut céder
25:01les uns les autres
25:01entre certaines villes
25:03qui ont vécu,
25:03on l'a vu effectivement
25:04en 2022,
25:06eh bien sans doute
25:06on peut aussi voir
25:07comment on peut réaliser,
25:09enfin utiliser ça
25:10pour les prochaines expériences.
25:11Mais il y a beaucoup
25:11de questions
25:12qui vont être posées.
25:13Évidemment,
25:14la question des assurances
25:16et des indemnisations
25:16qui va être prépondérante.
25:18Je crois que le président
25:19de la région Nouvelle-Aquitaine
25:20va communiquer.
25:21Il y a une réunion
25:21qui est prévue aujourd'hui,
25:22Jean-Baptiste Kahn.
25:23Justement,
25:23je voulais rebondir là-dessus,
25:24c'est qu'effectivement,
25:25malheureusement,
25:26un drame peut en cacher
25:27deux, trois, quatre autres.
25:28Bien sûr.
25:29C'est des choses
25:30qu'on voit
25:30quand on intervient
25:31pour des maisons brûlées
25:32dans le cadre
25:33d'un accident en urbain.
25:35Mais là,
25:35ça va se poser
25:35à plus grande échelle.
25:37J'espère qu'on n'ira pas
25:38sur une chasse
25:39au bouc émissaire.
25:39Mais si la question
25:41de l'heure
25:42de l'arrêté préfectoral
25:43à partir duquel
25:44le débroussaillement
25:45est autorisé ou pas
25:46fait foi,
25:47c'est qu'on n'aura
25:47toujours pas compris
25:48la problématique.
25:53Il était 13h55
25:54et pas 14h.
25:55Lui, ce qui compte,
25:56c'est les conditions
25:57qui lui ont permis
25:57d'éclos.
25:58Et en l'occurrence,
26:00selon ce qui sera acté,
26:02effectivement,
26:02on aura soit
26:02une responsabilité directe
26:03qui sera engagée,
26:04soit ce sera potentiellement
26:05considéré comme
26:06une catastrophe naturelle
26:07et ça a d'autres impacts
26:08pour les personnes
26:09qui sont déjà sinistrées
26:10aujourd'hui.
26:11Et c'est des choses
26:11qu'il ne faut pas négliger.
26:12Donc tout ça,
26:12c'est collectif.
26:13Tout ça, ça traduit
26:14le système qu'on a souhaité
26:15de mettre en place,
26:16le type de responsabilité
26:17qu'on cherche à remonter
26:18en cas d'incendie
26:20et de cet ordre-là,
26:21ça peut être très compliqué
26:22à démêler.
26:22C'est le même
26:22face à nos responsabilités
26:24également sur ce sujet-là.
26:25On marque une pause,
26:26on se retrouve très vite
26:26dans moins de trois minutes
26:27et on part pour la Gironde
26:29où Alexandra Bischoff,
26:30les équipes CNews
26:30nous attendent,
26:31les habitants de Porsche,
26:32de l'Ege-Cap-Ferret
26:34vont retrouver leurs habitations
26:36mais risquent
26:37d'avoir un sacré choc
26:38cet après-midi.
26:40A tout de suite.
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