- il y a 12 heures
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce vendredi, il revient sur l'émotion avec l'hommage aux pompiers décédés dans l'exercice de leurs fonctions suite aux incendies qui ravagent la Gironde.
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00:00L'heure, l'heure des pros.
00:01Eliott Deval.
00:04Vous découvrez ces images en direct pour CNews et je vais les commenter pour les auditeurs d'Europe 1.
00:09Il est 9h31 et les pompiers qui sont présents en Gironde se rassemblent actuellement pour rendre hommage aux sapeurs-pompiers
00:18décédés depuis le début de cette saison des feux de forêt.
00:23Quatre sapeurs-pompiers sont morts en activité pour lutter contre les flammes, pour sauver des vies.
00:30Baptiste Gerfaux-Valentin, Wilfried Schmitter, Anthony Berthom et le caporal Laurent Manson.
00:36On voit cette image notamment depuis la commune du Porges, commune qui a été meurtrie gravement par ces incendies.
00:44C'est celle qui a subi le plus de dégâts, notamment dans les dizaines et dizaines de maisons qui ont
00:51été ravagées par les flammes.
00:52Et puis ces pompiers à lèche-cap-ferret qui respectent une minute de silence également.
01:01Donc c'est l'union sacrée ce soir, ce matin pardonnez-moi, dans toutes les casernes de la Gironde.
01:09Mais c'est un hommage qui est un hommage aussi j'imagine dans toutes les casernes de France.
01:13On est toujours avec Alexandre Devicure, Rachel Cannes, Christian Pinaudot, consultant en politique forestière,
01:18Jean-Michel Piedalu, pompier retraité, conseiller technique des syndicats SNS, PP.
01:24Quand vous voyez ces images, Jean-Michel Piedalu,
01:28qu'est-ce que ça entraîne dans le cœur du sapeur-pompier que vous êtes
01:32et dans les cœurs de tous les sapeurs-pompiers qui sont sur le terrain ?
01:36Qu'est-ce que ça entraîne ? Ça entraîne de l'amertume.
01:38Je vous l'ai dit, c'est un constat d'échec.
01:39Ce n'est pas normal de voir encore aujourd'hui des pompiers qui décèdent
01:43avec tous les moyens de prévention qu'on met en œuvre,
01:46avec tout ce qui a été fait dans les camions pour l'autoprotection,
01:51notamment qui n'existait pas il y a 30 ans.
01:53L'autoprotection, c'est finalement l'eau qui arrive dans les cabines
01:58pour préserver effectivement les êtres humains.
02:01Il n'en demeure pas moins qu'on a toujours, toujours des morts.
02:04Alors c'est toujours un mort de trop.
02:06Maintenant, on sait très bien quand on attaque un feu,
02:08ce n'est pas sans risque.
02:11Donc malheureusement, c'est comme ça.
02:13On en est tous là.
02:14C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure,
02:15on n'est pas des héros, on fait notre métier,
02:17on a envie de le faire, on a envie de secourir les gens,
02:19on a envie de secourir les biens aussi.
02:22Parce qu'il y a les gens, mais il y a les biens aussi.
02:25Et forcément que ce n'est pas sans risque.
02:27Donc on l'assume, si vous voulez.
02:30Mais ce qu'on n'assume pas, c'est tout ce qu'il y a derrière, finalement.
02:32C'est tout ce que je vous ai dit depuis tout à l'heure.
02:33On est en direct avec Claude.
02:35Claude est un bénévole.
02:37Bénévole parce que vous avez dit, ce qui est inédit,
02:40ce n'est pas forcément que les agriculteurs nous soutiennent.
02:42Et restons sur les images, s'il vous plaît, en direct.
02:45Ce n'est pas seulement les agriculteurs qui depuis des années
02:50viennent en aide, mais c'est ces riverains, ces chefs d'entreprise,
02:55ces bénévoles qui viennent, cette population civile héroïque.
02:58Et Claude est en direct avec nous.
03:00Bonjour Claude.
03:00Merci d'être en direct sur CNews et sur Europe 1.
03:04Est-ce que vous m'entendez bien, Claude ?
03:06Oui, je vous entends très bien.
03:07Si je vous ai demandé à ce que vous soyez avec nous, cher Claude,
03:11c'est que votre témoignage hier nous a bouleversés.
03:14Vous étiez sur le terrain, vous avez répondu aux questions
03:16de nos reporters de CNews, et puis vous vous êtes effondrés.
03:21Et puis il y avait quelque chose de profondément émouvant
03:25et en même temps inspirant, c'est que par pudeur,
03:28vous avez remis vos lunettes au moment où, effectivement,
03:30vous craquez quand vous racontez cet élan de solidarité.
03:33Comment allez-vous, cher Claude ?
03:36Écoutez, ça va.
03:37C'est très compliqué, c'est très dur, c'est affreux.
03:42La seule chose réconfortante, c'est de voir tous ces jeunes
03:44qui ont 20 ans, 18 ans autour de nous et qui nous aident.
03:48Et ça, je me dis, voilà, on dit toujours,
03:51oui, c'est une génération perdue, c'est une génération téléphone.
03:54Eh bien non, pas du tout.
03:55Du matin au soir, ils se battent, et même plus tard que nous,
03:58même parce que moi, j'ai 60 ans, je commence quand même un peu à vieillir.
04:01Et eux, ils se battent jusqu'au bout, jusqu'au bout des ongles,
04:03sans rien dire, à 20 ans, 18 ans.
04:07Pour moi, c'est le seul réconfort que je peux avoir.
04:10Je me dis, au moins, ça, c'est déjà du bonheur.
04:12Rien que ça.
04:13Et après, je parle de tous les autres.
04:15Bien sûr.
04:16Et c'est ce qui, là aussi, est bouleversant.
04:19Claude, vous êtes chef d'entreprise.
04:22C'était la première fois que vous vous mobilisiez comme ça
04:24pour lutter contre les flammes, apporter une aide aux pompiers.
04:28Racontez-nous la semaine que vous venez de vivre.
04:33On va dire que les premiers jours, c'était un petit peu pas très bien organisé.
04:37On va dire, c'est vrai que les gens allaient un petit peu n'importe où,
04:39et même certains jeunes prenaient certainement des risques.
04:42Mais il n'y avait aucune organisation.
04:44On était dans l'affolement.
04:45Et depuis deux ou trois jours, on est plus dans l'organisation.
04:49Et là, c'est vrai que c'est beaucoup plus efficace.
04:51Alors, c'est vrai qu'au-delà de fait d'arroser le bord des routes,
04:56depuis hier, on rentre plus dans la forêt
05:00avec nos 4-4 qui sont plus performants, on va dire, que ceux des pompiers.
05:04Puisque hier, moi, j'ai passé l'après-midi avec un pompier dans mon 4-4 gradé.
05:10Ou à la fin, on n'avait même plus d'eau parce que j'ai un 4-4, un défendeur.
05:15Mais même si mon défendeur a 15 ans, il est entretenu, il est nickel et il passe partout.
05:19Donc, le problème des pompiers, c'est qu'ils ne peuvent même pas le faire
05:23parce que les seuls 4-4 qu'ils ont, entre guillemets, conduits 4-4,
05:26c'est des Dacia Duster.
05:28Je n'ai rien contre ces véhicules.
05:29Mais forcément, ces véhicules ne vont pas monter une dune.
05:32C'est évident.
05:33Ils ont une garde au sol trop basse, ils ne passent pas.
05:36Donc, il y a un après-midi, des pompiers sont montés dans nos 4-4,
05:40de la Haute-Vienne, et on est partis éteindre un peu plus loin dans la forêt.
05:43Et moi, je faisais la liaison entre eux et leur chef, moi et eux, leur responsable.
05:49Et ça s'est très bien passé.
05:51À la fin, j'ai toujours de l'eau dans le 4-4, on n'en avait plus.
05:53Et le responsable des pompiers, on s'est arrêté.
05:55Un embougier prenait feu et on a éteint un coup de pelle.
05:58Donc, c'est là où on voit que les moyens, ils ne sont pas.
06:01C'est évident.
06:02Ça ressort tout le temps.
06:04Même eux, ils disent, bon, ils ne peuvent pas en parler.
06:06Parce que c'est des pompiers, ils sont payés par l'État.
06:08Ils ne vont pas dire...
06:09Ils le savent, puisque les CRS leur ont tapé sur la gueule il y a 6 mois
06:13parce qu'ils se plaignaient, parce qu'ils n'avaient pas de moyens.
06:15Donc, forcément qu'ils le savent, qu'ils n'ont pas de moyens.
06:17L'État le sait.
06:19Mais non, ils n'ont pas les moyens de leur donner les moyens.
06:21J'en sais rien.
06:22Mais c'est tellement improvable.
06:24C'est tellement improvable.
06:27Claude, qu'est-ce que vous allez faire les prochaines heures ?
06:30Et ce sera ma dernière question.
06:31Je vous sais presser.
06:32C'est pour ça que je ne veux pas rester trop longtemps avec vous.
06:34Parce que j'imagine que vous retournez au front, là.
06:37Oui, on continue.
06:38Parce que hier, par exemple, hier après-midi,
06:40personnellement, avec un de mes gars,
06:42on a peut-être arrêté, je ne sais pas, une cinquantaine de reprises.
06:47Et des flammes.
06:48Et des flammes.
06:49Ce n'est pas de la fumée, là.
06:50C'est des flammes.
06:51Ça repart.
06:52Et c'est entre la D106 et le ferré, quand même.
06:54Donc, c'est important.
06:55Alors, il faut continuer.
06:58Il faut le faire.
06:59Ça sera encore pendant des jours.
07:00On le sait.
07:01C'est un grain de sable.
07:02Mais il faut savoir une chose.
07:03C'est que quand le feu est parti à Somos,
07:06si l'agriculteur en question s'était retourné à temps,
07:08avec son pied ou une bouteille d'eau,
07:10il n'y aurait pas eu tout ça.
07:12Donc, c'est juste une petite flamme qu'il faut arrêter.
07:15Mais cette petite flamme, elle grossit,
07:17elle devient géante.
07:17Et après, c'est une catastrophe.
07:19Ce qui est un peu gênant dans tout ça,
07:20c'est qu'on se sent...
07:23Alors, les pompiers nous disent...
07:24Moi, hier après-midi, j'étais avec des pompiers.
07:26Je leur dis merci.
07:27Merci, merci d'avoir sauvé des vies,
07:30d'avoir sauvé nos forêts,
07:31même si tout est brûlé, tout est cramé.
07:33J'ai dit merci.
07:34Et eux, ils se disent, mais non, non, non, non.
07:35C'est à vous qu'il faut dire merci.
07:37Et ça, ça m'a touché.
07:38Ils me disent, mais on ne peut pas imaginer
07:40ce que vous faites.
07:41C'est juste incroyable.
07:42Et ça, c'est du bonheur.
07:45Rien que d'entendre ça, ça réconforte.
07:47C'est parce que...
07:49Excusez-moi, mais moi, depuis cinq jours
07:50que je suis là, ou quatre jours,
07:52du matin au soir,
07:53je n'ai pas encore vu un élu
07:55venir me dire bonjour.
07:56Même pas.
07:58Je vais même aller plus loin.
08:00Je ne vais pas dire certaines choses,
08:01mais on n'est pas la bienvenue
08:04à la salle des fêtes
08:04parce qu'on est des rebelles.
08:06On est une centaine,
08:07on est 120 à peu près
08:08avec nos 4K personnels.
08:10On crève nos pneus,
08:12on bousille nos pompes,
08:14on bousille nos remorques,
08:16on bousille nos 4K.
08:18Mais il n'y a pas un remerciement.
08:19Je n'ai vu personne encore.
08:20Je ne sais pas.
08:21Je n'ai vu personne.
08:21Même pire, on était des paréas.
08:25Mais c'est une question
08:28qu'on se pose aussi, Claude,
08:30parce qu'on n'arrive pas à comprendre.
08:31L'État est susceptible
08:32et capable de faire
08:33des recensements très performants.
08:36On est incapable aujourd'hui
08:37de savoir combien de héros
08:40ont pu participer
08:42à la lutte contre ces flammes.
08:44Je ne parle pas des pompiers.
08:46Je parle par exemple des agriculteurs,
08:48des chefs d'entreprise comme vous,
08:50des jeunes étudiants,
08:51des habitants de la région.
08:52On ne sait pas combien de personnes
08:54ont pu...
08:55Comment ?
08:56Des forestiers.
08:57Des forestiers, bien sûr, Christian.
08:59Des forestiers, personne ne...
08:59Non, mais nous, on a de tout autour de nous.
09:01De tout.
09:01J'ai des autres agriculteurs.
09:03J'ai mon personnel,
09:04puisque je les ai mis au chômage technique
09:07et chômage partiel pour certains
09:08jusqu'à la fin de septembre,
09:10parce que je sais que ça va être très compliqué
09:11pour nous dans le temps.
09:14J'ai mis tous mes camions à disposition.
09:16J'ai mis mes 4K à disposition.
09:18Mais je n'ai pas quelqu'un qui...
09:19À part les pompiers,
09:20c'est tout.
09:21C'est les gendarmes qui me disent merci.
09:24Encore, voilà.
09:26Mais il y a un ras-le-bol quand même,
09:28on l'entend,
09:28parce qu'on parle entre nous,
09:30mais il y a un ras-le-bol
09:31où on n'en peut plus.
09:32Mais je ne veux pas parler de politique.
09:37On comprend bien évidemment
09:38votre colère, Claude,
09:39et souvent on l'a souligné,
09:42Alexandre Devecchio.
09:42cet État qui invisibilise.
09:45C'est bien beau dans une conférence
09:46de dire merci aux agriculteurs,
09:48merci à ceux qui viennent en aide aux pompiers.
09:50Mais allez les voir.
09:52Mettez-les en avant,
09:53mettez-les en valeur.
09:54Décorez ces personnes.
09:55Je préfère 100 fois que ce soit Claude
09:57qui soit décoré,
09:58plutôt qu'un journaliste,
10:01un 14 juillet,
10:02pour la Légion d'honneur.
10:03C'est une nouvelle illustration
10:05de la fracture entre les élites
10:06entre guillemets et le peuple.
10:08Ça me fait penser à cette phrase
10:11malheureuse d'Emmanuel Macron,
10:12mais je pense qu'il révélait
10:13une partie de sa pensée profonde.
10:15Il y a ceux qui ont réussi
10:17et ceux qui ne sont rien.
10:19Et là, dans cette crise,
10:20on voit que ceux que l'État,
10:22l'administration considérés
10:24comme des invisibles ou des inutiles
10:25sont les gens réellement utiles.
10:27Et ça montre paradoxalement
10:29l'inutilité de certains responsables,
10:32d'une certaine administration
10:33qui avait la responsabilité
10:34de gérer cette crise.
10:36Et donc, ils sont très mal à l'aise
10:37face à ça,
10:38parce qu'ils se sentent dépossédés.
10:41On voit bien qu'ils ont été inefficaces
10:43et donc, ils voudraient
10:45invisibiliser les forces vives du pays,
10:49alors que je crois qu'au contraire,
10:50il faut les mettre en avant.
10:54Mais c'est cette France enracinée.
10:56Vous avez raison.
10:57Mais on peut même faire un pont
10:58entre ces Français-là
10:59et puis le mouvement qui a été lancé
11:01par Alexandre Jardin,
11:02le mouvement des gueux.
11:04Et puis, vous pouvez même encore
11:05aller un peu plus loin.
11:06Les Français qui étaient sur les ronds-points
11:08pendant les Gilets jaunes,
11:10c'est des Français qui,
11:11pour la plupart, travaillaient,
11:13qui n'en pouvaient plus de travailler
11:14et de ne pas gagner suffisamment,
11:17qui étaient frappés
11:20par ces taxes successives
11:22et au bout d'un moment,
11:23qui disaient ras-le-bol.
11:24Et c'était la même chose
11:25pendant le Covid.
11:26Toute initiative individuelle
11:27était mal vue de l'administration.
11:29Ceux qui faisaient leur masque eux-mêmes,
11:31les maires,
11:31je pense à David Lislard
11:33qui avait essayé
11:33de prendre des initiatives
11:34au moment de la campagne
11:35de vaccination.
11:37Donc, tout devait revenir
11:38entre les mains
11:39de l'administration.
11:40Pourquoi pas
11:40si l'administration est formidable ?
11:42Mais on voit bien
11:42que ça ne fonctionne pas.
11:44La technostructure
11:45ne va pas bien,
11:46n'est plus efficace
11:47et surtout est coupée
11:48des réalités.
11:49C'est intéressant
11:50que vous parliez
11:50de David Lislard
11:51puisqu'il sera toute la journée
11:53justement en tant que président
11:54de l'Association des maires de France
11:55sur le terrain
11:55et il va se rendre
11:57au plus près des agriculteurs,
11:58au plus près des riverains,
12:00bien sûr,
12:00des bénévoles.
12:02Mais vous avez dit
12:03quelque chose de très important,
12:04c'est l'échec,
12:05la faillite totale
12:06de la technostructure,
12:07de l'écologie de salon,
12:09de ce régalien en faillite
12:10depuis des années.
12:12Mais aujourd'hui,
12:14est-ce que par exemple,
12:15et je ne vais pas vous mettre
12:15en difficulté Maxime Leguay,
12:16mais vous êtes journaliste
12:17au service politique de CNews,
12:19est-ce qu'au plus haut sommet
12:20de l'État,
12:20à Matignon ou à l'Élysée,
12:22on planche pour recenser
12:24toutes les personnes
12:25qui ont pu participer
12:26à cette lutte contre les flammes
12:28et on envisage par exemple
12:30de les décorer ?
12:31À ce stade,
12:33pas à ma connaissance,
12:34néanmoins,
12:35Matignon et le gouvernement
12:36devra réagir
12:37parce qu'il y a une proposition
12:37qui a été formulée hier
12:39par Éric Ciotti notamment
12:40de rendre hommage
12:41aux sapeurs-pompiers
12:43dans les écoles
12:44et donc cette thématique
12:45arrivera sur la scène politique
12:47et il faudra bien
12:48que le gouvernement
12:48rende des comptes.
12:49Parce que,
12:50et c'est un classique
12:51et c'est ce que vous disiez
12:53tout à l'heure,
12:54lorsque l'État a failli
12:55de manière aussi évidente
12:56en mondo-vision
12:58devant tout le monde,
12:59qu'est-ce qu'on fait
12:59lorsqu'on a failli ?
13:00Eh bien,
13:01on utilise,
13:01et c'est ce que fait
13:02souvent Emmanuel Macron,
13:03des artifices statistiques
13:04pour dire
13:04« Attendez,
13:05regardez ce qu'on a fait
13:06depuis 10 ans,
13:07on a augmenté le budget
13:08de la sécurité civile
13:09de 450 millions
13:10à 800 millions,
13:11etc. »
13:12C'est vrai,
13:14factuellement,
13:14mais ces chiffres sont
13:15du moins des mensonges
13:16par omission
13:17parce qu'on ne prend pas
13:18en compte le fait
13:19que sur la même période,
13:20il y a eu une inflation
13:21cumulée de près de 25%,
13:22que la masse salariale
13:23des pompiers a augmenté,
13:25que le coût d'entretien
13:26des équipements
13:26est encore plus élevé
13:27et que donc,
13:28quand vous ramenez
13:28ces chiffres
13:29de l'un à l'autre,
13:30eh bien,
13:30bien souvent,
13:31c'est pour maintenir
13:31le même niveau
13:32que 10 ans auparavant
13:33ou,
13:34dans certains cas,
13:35ce n'est même pas le cas,
13:35c'est ce que vous nous disiez
13:36avec les camions-citernes
13:37puisqu'on en a perdu 1 200.
13:38Donc,
13:39le politique
13:40devra se saisir du sujet.
13:42En tout cas,
13:42il y a une pression
13:43qui est mise.
13:43Mais à l'heure
13:44où je vous parle,
13:45je n'ai pas connaissance
13:46de Matignon
13:47de vouloir recenser
13:49les héros
13:50et les équidames
13:51qui sont venus,
13:52les bénévoles
13:52qui sont participés
13:53à ces opérations.
13:54Alors,
13:54vous avez parlé justement
13:55de la proposition
13:56d'Éric Ciotti.
13:57Cette proposition,
13:57elle a été médiatisée
13:58depuis hier.
13:59Il n'y a pas une réaction
14:01du ministère
14:01de l'Éducation nationale.
14:03Alors,
14:03je ne sais pas
14:03si le ministère a piscine
14:05avec Mme Transat,
14:06mais ce serait bien
14:07potentiellement
14:08de répondre
14:09à l'appel
14:11d'Éric Ciotti,
14:12maire de Nice,
14:13qui dit quoi ?
14:14Il dit
14:14c'est un tournant
14:16pour les Français
14:18parce que
14:18c'est la nation française
14:20qui s'est réveillée
14:21pendant ces incendies.
14:23Il faut rendre hommage
14:24à nos pompiers
14:25et à toutes les personnes
14:26qui sont venues
14:28en aide aux pompiers.
14:29C'est un sujet
14:30qui,
14:31on pourrait dire
14:31anecdotique,
14:32c'est symbolique,
14:33mais c'est tellement important
14:34puisque les jeunes
14:35d'aujourd'hui
14:36seront potentiellement
14:38les pompiers
14:38de demain
14:39et vous-même,
14:40Jean-Michel Piedalu,
14:41pompier retraité,
14:42vous dites
14:42on va devoir
14:43se réarmer
14:44en termes de moyens
14:46matériels
14:47mais aussi
14:47en termes de moyens
14:48humains.
14:49Et la séquence
14:50qu'on vit aujourd'hui
14:50va de fait
14:51créer des vocations,
14:52c'est une évidence.
14:54Voyez le sujet,
14:54il est signé
14:55Valentin Rouillon.
14:58Un hommage national
15:00dans toutes les écoles
15:02pour remercier
15:03le travail
15:03des pompiers.
15:04Voilà la proposition
15:06d'Éric Ciotti
15:06faite au ministre
15:07de l'éducation nationale.
15:09Grandement mobilisés
15:10cet été,
15:11nos héros,
15:12soldats du feu,
15:13doivent être reconnus
15:15officiellement.
15:16Ces hommes et ces femmes
15:16incarnent ce que la nation
15:18compte de plus noble.
15:19Leur courage
15:19force l'admiration,
15:20leur abnégation
15:21impose le respect.
15:22Il me semble
15:23que l'école de la République
15:24ne saurait demeurer étrangère
15:25à cet héroïsme.
15:26Pour le patron
15:26de l'Union des Droites,
15:28l'objectif n'est pas seulement
15:29d'observer une minute
15:30de silence en mémoire
15:31des pompiers décédés,
15:32mais de consacrer
15:33quelques heures
15:34dans toutes les écoles.
15:36Ce moment pourrait
15:37prendre la forme
15:38d'une présentation
15:38aux élèves de photographie,
15:39de vidéos et de témoignages
15:41de sapeurs-pompiers
15:41engagés sur ces incendies,
15:43validés par vos services,
15:45suivis d'un temps d'échange
15:46avec les enfants
15:46sur le sens de cet engagement.
15:48Pour Kevin Bossuet,
15:49enseignant,
15:49cette demande est une mesure
15:51de bon sens,
15:52avec des possibilités
15:54de mise en place
15:54très rapide.
15:55Vous avez notamment
15:56au collège et au lycée
15:58ce qu'on appelle
15:59des heures
15:59d'éducation morale
16:01et civique.
16:02Dans ce cadre-là,
16:03évidemment,
16:04on peut aborder
16:05la question
16:06du rôle
16:07des sapeurs-pompiers.
16:08Éric Ciotti
16:08espère que cette initiative
16:10donnera envie
16:10aux plus jeunes
16:11de s'engager à leur tour.
16:13Contacté,
16:13le ministère
16:14de l'Éducation nationale
16:15n'a pour l'instant
16:16pas donné suite
16:17à cette demande.
16:18Ils attendent quoi
16:19au ministère
16:20de l'Éducation nationale ?
16:21Monsieur Geffrey,
16:22le ministre
16:23de l'Éducation nationale,
16:24il attend quoi ?
16:26Je vais vous dire...
16:27Déjà,
16:28est-ce que vous êtes
16:28d'accord avec la proposition
16:29d'Éric Ciotti ?
16:30Bien sûr,
16:30parce que c'est vraiment
16:32les hommes qui seront
16:32sur le terrain demain.
16:34Et moi,
16:34quand je vois tous ces jeunes
16:35qui ont 16,
16:3617,
16:3618 ans,
16:37qui s'engagent,
16:38mais qui s'engagent
16:39d'une manière
16:40non organisée,
16:41en fait.
16:42Et ça veut dire
16:43que c'est des vrais bénévoles
16:44qui peuvent devenir
16:45volontaires,
16:46voire professionnels,
16:46demain.
16:47Alors,
16:47moi,
16:48je vais vous dire,
16:48je rêve d'être
16:49conseiller du ministre
16:50et de mettre en place
16:52à partir de septembre
16:53ou octobre
16:54un nouveau service
16:55de la citoyenneté
16:56qui deviendrait
16:57des sapeurs-pompiers
16:58et au service
16:59de la population
17:00pendant un an,
17:01un an et demi.
17:01Parce que d'abord,
17:02ce serait une vraie éducation.
17:03Une vraie éducation.
17:05Et c'est le moment
17:05ou jamais
17:06d'attaquer le problème.
17:07Mais qui va faire
17:08cette proposition ?
17:09On va se heurter
17:10à des normes,
17:11on va se heurter à...
17:12Et puis,
17:13dans dix ans,
17:14on en sera toujours
17:14au même point.
17:15Mais aujourd'hui,
17:16il faut taper du point
17:16sur la table
17:17en disant stop,
17:18stop.
17:19Trop de morts,
17:20trop de difficultés,
17:21on faillit à toutes
17:22nos responsabilités
17:23parce que je suis désolé
17:24quand on voit ce qu'on voit,
17:25on faillit à nos responsabilités.
17:27Je ne veux pas noircir
17:28le tableau.
17:28Mais vous savez,
17:29quand on sait qu'au quotidien,
17:30dans les centres de secours,
17:32on est déjà
17:32en mode dégradé,
17:33ça veut dire que là
17:34où les camions partaient
17:35à quatre hier,
17:37ils partent parfois
17:37à deux aujourd'hui.
17:38Alors pas dans les villes
17:39puisque, en général,
17:40ce sont les professionnels.
17:41Donc, on arrive
17:43effectivement à étoffer.
17:44Mais en milieu rural,
17:45c'est ce qui se passe.
17:46C'est-à-dire qu'il faut envoyer
17:46trois camions
17:47pour garnir un camion
17:49avec tous les risques
17:50qui sont pris.
17:51Et ça,
17:51tout le monde le cache.
17:52Mais c'est la réalité
17:53du quotidien.
17:54Ça veut dire qu'il faut
17:55effectivement se réorganiser.
17:56On sait très bien
17:57que dans les associations,
17:58aujourd'hui,
17:58les bénévoles sont
17:59de plus en plus rares.
18:00Donc, c'est un phénomène sociétal.
18:02Mais il faut pouvoir combler
18:04et faire des propositions.
18:05Mais quand je vous dis
18:06que c'est tout un système
18:07qui est en train de vaciller
18:08Jean-Michel Piedalu,
18:10c'est le camp du bien
18:11qui dresse des procès
18:14en immoralité en permanence
18:18et qui, aujourd'hui,
18:19est incapable
18:19d'assumer ses responsabilités,
18:21c'est-à-dire d'avoir été
18:22au plus près
18:22de ceux qui nous sauvent.
18:24C'est vrai que quand vous
18:25dressez ce constat-là,
18:27si vous avez besoin
18:28d'un brevet en moralité,
18:30dans votre CV,
18:31ça fait un peu tâche.
18:32Mais pourquoi je vous dis ça ?
18:33Je vais vous donner un exemple.
18:34Là aussi,
18:34c'est symptomatique.
18:36Hier,
18:37je recevais un message,
18:39toujours attentif
18:39aux messages
18:40sur les réseaux sociaux,
18:41un message
18:41pas très agréable
18:42d'un ancien ministre.
18:44L'ancien ministre
18:44François Loncle,
18:46qui sur Twitter
18:46dit quoi ?
18:47La politisation de CNews
18:49sur les incendies
18:49consiste à mettre
18:50de l'huile sur le feu.
18:51C'est tout simplement scandaleux.
18:53Il tweet ça comme ça,
18:54d'accord ?
18:55La seule chose qu'on fait,
18:56c'est de donner la parole
18:57justement
18:58aux sapeurs-pompiers,
18:59justement
19:01aux pilotes de Canadair,
19:02à ceux qui sont sur le terrain,
19:04aux forestiers bien sûr,
19:05qui sont unanimes
19:06pour dire
19:07on a fait n'importe quoi
19:08ces dernières années,
19:09on n'a pas suffisamment investi
19:11et on a mal investi.
19:13Et on est plombé
19:14par cet état obèse
19:16qui enchaîne les normes.
19:17C'est vos témoignages.
19:18Attendez,
19:18je termine juste ça.
19:19Je réponds
19:20à ce ministre,
19:21M. François Loncle,
19:23donc je l'interpelle
19:23une nouvelle fois
19:24en direct.
19:25Je lui dis,
19:25je ne sais pas
19:26si c'est un faux compte.
19:27Si tel n'était pas le cas,
19:28venez donc débattre
19:29sur notre plateau,
19:30M. le ministre.
19:31Pas une réponse.
19:33Ah non.
19:34Donc on reste
19:34sur le terrain de morale.
19:36Évidemment,
19:36les plus hauts responsables
19:38aujourd'hui
19:38préfèrent aller sur des chaînes
19:39où on va leur poser
19:40des questions très simples.
19:41Mais alors,
19:41quel est le bilan
19:42et qu'est-ce que vous avez fait ?
19:43Donc là,
19:44ils vont pouvoir dérouler,
19:45mais ils ne seront jamais
19:46face à vous,
19:47M. Piedalu,
19:48ou ils ne seront jamais
19:49face à Christian Pinodot.
19:50Ils ne risquent pas
19:50de mettre de l'huile sur le feu
19:52puisqu'on ne l'a jamais
19:52entendu sur le sujet.
19:54M. l'oncle ?
19:56Oui.
19:56Pourtant,
19:57il a été ministre,
19:59par exemple,
19:59sous François Mitterrand.
20:02Mais peut-être
20:02que c'est un faux...
20:03Je suis tellement prudent.
20:04Je préfère dire
20:05peut-être que c'est un faux compte.
20:06Mais si,
20:07hier,
20:08il est capable
20:09à 22h55
20:10de tweeter,
20:11qu'il puisse répondre
20:12à ses messages,
20:14qu'il vienne en face de vous
20:16expliquer que ce que
20:17vous venez de faire,
20:18M. Piedalu,
20:19vous, pompier retraité,
20:2036 ans en exercice,
20:22qui vous le disent
20:23les yeux dans
20:23les yeux,
20:24vous vous jetez
20:25de l'huile sur le feu.
20:27Qu'ils vous le disent
20:28les yeux dans les yeux.
20:28J'attends avec plaisir.
20:29Moi aussi,
20:30mais ça sera
20:31un échange courtois,
20:34respectueux.
20:34Mais qu'ils vous le disent
20:35en face,
20:35c'est toujours les mêmes.
20:36C'est l'écologie de salon,
20:38c'est la politique de salon
20:40face à des gens
20:41qui sont sur les terrains
20:42et qui sont en souffrance,
20:43M. Piedalu.
20:44D'accord,
20:44j'ai peut-être rien compris,
20:45on n'a pas parlé
20:45de politique ici.
20:46Mais non,
20:47évidemment.
20:48Et d'ailleurs,
20:49vous ne connaissez pas
20:49mon orientation politique.
20:50Mais je m'en fiche
20:51de votre orientation,
20:52M. Piedalu.
20:53Mais je sais.
20:56En fait,
20:56je vais vous dire,
20:57c'est désespérant.
20:58Oui.
20:59C'est pour ça
21:00qu'on a un monde pourri,
21:00d'ailleurs.
21:01Mais je me fiche
21:02de savoir
21:03pour qui vous votez,
21:04pour quelles sont
21:05vos orientations politiques.
21:07Sauver notre terre,
21:09c'est transpartisan.
21:10Absolument.
21:11Mais là aussi,
21:12c'est très intéressant.
21:13Parce que sur les questions
21:16régaliennes,
21:17tous les sondages
21:17qu'on a pu proposer
21:18sur les questions
21:19de sécurité,
21:19sur les questions
21:20de frontières,
21:21sur les questions migratoires,
21:22les questions régaliennes,
21:23c'est une question
21:24de sécurité intérieure
21:25et extérieure.
21:25Vous avez un consensus
21:27dans la population
21:29transpartisane,
21:30à gauche comme à droite,
21:32on veut plus de sécurité,
21:34plus de justice,
21:35plus de sécurité
21:36intérieure et extérieure.
21:36C'est transpartisan.
21:38Et ça hurle
21:39sur les plateaux télé
21:40et ça hurle
21:41à l'Assemblée nationale.
21:42Les personnes
21:44qui sont élues
21:45ne respectent même pas
21:46les volontés
21:47des personnes
21:47qui les ont fait élire.
21:49mais comment voulez-vous
21:50que les Français
21:51aient encore confiance
21:52en nos politiques ?
21:53Mais le problème,
21:54il faut vous le dire
21:55Jean-Michel Piedalu,
21:56le problème,
21:56c'est CNews,
21:57c'est Europe 1,
21:58c'est les réseaux sociaux.
22:00Et d'ailleurs,
22:00il va falloir mieux
22:01contrôler tout ça.
22:03Excusez-moi,
22:03M. Pinodo.
22:05Peut-être que j'ai mis
22:05de l'huile sur le feu, là.
22:08En tous les cas,
22:09on est confronté,
22:10je botte en touche,
22:12la confrontation aujourd'hui,
22:14c'est le résultat
22:16de 40 ans à peu près,
22:18puisque avec Jean-Michel,
22:19on a à peu près
22:21la même durée
22:22d'expérience professionnelle,
22:2540 ans
22:25d'opposition à un mur.
22:30Et souvent, d'ailleurs,
22:31les ministres
22:31ne s'en manent pas contre,
22:33puisque c'est l'administration centrale
22:35qui empêche
22:37toute décision, finalement.
22:40Et le dernier exemple
22:41que j'ai,
22:42il est très récent,
22:43c'est un arrêté interministériel
22:45sur les obligations légales
22:46de débroussaillement.
22:47Il est interministériel,
22:49donc vous avez une version
22:50du ministre de l'Agriculture,
22:51et puis après,
22:53vous avez la version
22:54du ministère
22:55de la Transition écologique.
22:57Ces deux versions,
22:58pour ceux qui savent lire,
22:59sont totalement contradictoires.
23:01Mais tout le monde s'en fout,
23:02parce que chacun fait son boulot,
23:05et puis il n'est plus responsable
23:07de rien maintenant.
23:08Donc le papier part comme ça,
23:10et puis qu'il soit appliqué
23:11ou pas appliqué,
23:12ce n'est pas le sujet.
23:14Eux, ils ont fait leur boulot.
23:15Le terrain.
23:16Et ça, c'est...
23:17Mais c'est l'irresponsabilité.
23:19On le subit depuis des décennies.
23:20Pourquoi il y a cette irresponsabilité ?
23:22C'est important de le dire.
23:23Là, on traite le régalien.
23:24C'est la responsabilité première
23:26de l'État.
23:26Ça peut avoir des conséquences.
23:28L'État a déjà été condamné,
23:29par exemple,
23:30pour une action climatique.
23:31L'État a été condamné
23:32dans le drame de l'ERECA,
23:34par exemple.
23:34Donc, vous pouvez avoir
23:36des responsabilités ensuite.
23:38Quand vous n'avez pas,
23:40par négligence,
23:41par erreur ou par faute,
23:42vous pouvez avoir
23:43des responsabilités.
23:44C'est pour ça que,
23:45dans ces drames-là,
23:46vous avez tout de suite
23:47le discours officiel
23:48qui s'impose,
23:49en disant,
23:49mais on a fait ça,
23:50on a fait ça,
23:51on a fait ça.
23:51Et puis,
23:52il y a une campagne présidentielle
23:53dans un an.
23:54Il ne faut surtout pas montrer
23:55qu'il y a eu des failles
23:57sur ces questions
23:58de lutte contre les feux de forêt,
24:00puisque comme il y a des failles
24:01au niveau de la santé,
24:02comme il y a des failles
24:02au niveau de la justice,
24:03comme il y a des failles
24:04au niveau de la sécurité,
24:05comme il y a des failles
24:05au niveau de l'éducation nationale,
24:07comme il y a des failles,
24:07maintenant,
24:08lorsqu'on vient en aide
24:10à notre protection civile,
24:11notre sécurité civile,
24:13ça commence à faire
24:13un peu beaucoup.
24:15Le tableau,
24:15il n'est pas forcément positif.
24:17Marie-Victoire,
24:17de l'année,
24:18est en direct avec nous.
24:19Cher Marie-Victoire,
24:20on va tout de suite
24:21vous retrouver,
24:22parce que vous êtes
24:23avec le maire
24:23de la commune du Port.
24:25Je disais que c'est cette commune,
24:26ce village,
24:26qui a été meurtri
24:28par ces incendies,
24:29le plus durement
24:30dans cet épisode d'incendie.
24:32Cher Marie-Victoire.
24:36Oui, exactement, Elliot.
24:39Et ici,
24:40au PC, justement,
24:41du Port,
24:41une minute de silence
24:43avait lieu, évidemment,
24:45à 9h30
24:45pour les deux pompiers blessés.
24:47Vous vous en doutez,
24:48cette minute de silence,
24:49particulièrement au Port,
24:50elle a une résonance
24:51toute particulière.
24:52et je me tourne vers vous,
24:54monsieur le maire.
24:55Est-ce que vous pourriez nous dire
24:56comment est-ce que vous avez vécu
24:57cette minute de silence ?
24:58Pourquoi est-ce que c'était
24:59important, nécessaire,
25:00j'imagine,
25:00pour vous d'être là ce matin ?
25:02Elle était réellement importante
25:04puisque deux jeunes pompiers
25:06sont décédés la semaine dernière
25:08et le feu a démarré
25:10à côté de notre commune
25:11et les forces de pompiers
25:14ont exercé depuis...
25:15On est aujourd'hui au 10e jour.
25:16Ça fait 10 jours
25:17qu'ils sont sur le terrain.
25:18Ça fait 10 jours
25:18qu'ils sont sur le front
25:19et qu'ils se battent
25:20dans la forêt
25:20face à un incendie
25:23qui est gigantesque
25:24et catastrophique.
25:25Et justement,
25:26sur cette situation,
25:27est-ce que vous pourriez nous dire
25:28deux mots ?
25:29On parle d'un certain optimisme
25:31ce matin,
25:31compte tenu des conditions
25:32météorologiques.
25:33Sur le Porges
25:34et sur son secteur,
25:35quels sont les retours
25:35que vous avez des équipes
25:36avec lesquelles vous êtes en contact ?
25:38Là, on a fait un point
25:39ce matin
25:39sur l'évolution
25:42de l'incendie cette nuit.
25:43Il est contenu
25:44sur la partie ouest.
25:45Il continue toujours
25:46d'avancer
25:46sur certains secteurs.
25:47Là, on a une cellule
25:49de crise dans 2-3 minutes
25:50où on va refaire un point
25:52un petit peu sur tout.
25:53Les pare-feux sont en place.
25:54On continue à les mettre
25:55en place avec l'armée
25:56et un certain nombre
25:57d'entreprises privées
25:58et des partenaires.
25:59Pour l'instant,
26:01on est sur une situation
26:03qui est beaucoup plus calme.
26:06Et au bout de 10 jours,
26:06on commence à légèrement souffler.
26:08Je vais vous laisser
26:10rejoindre cette cellule
26:11de crise.
26:12Merci d'avoir patienté
26:13pour nous.
26:14Et en effet,
26:15ici,
26:15les 3 500 habitants
26:17du Porsche
26:18sont devenus
26:18vraiment le visage
26:19de cette désolation,
26:21le visage
26:21de ce sinistre.
26:23Ce qui est certain,
26:24c'est que la réintégration,
26:26le retour des habitants
26:27n'est absolument pas
26:27à l'ordre du jour
26:28aujourd'hui.
26:29Merci beaucoup,
26:30Marie-Victoire,
26:30Dieu donné.
26:31Si vous pouvez d'ailleurs
26:32tendre le micro
26:33au maire du Porsche
26:34parce qu'il y a aussi
26:34ce sentiment d'abandon
26:37dans cette commune,
26:38qu'on ait un peu plus
26:39de précisions là-dessus,
26:40n'hésitez pas
26:41à le faire après,
26:43chère Marie-Victoire.
26:43Et remercie
26:44Axelle Rebeau
26:45qui est avec vous.
26:46Vous faites déjà
26:46un travail absolument admirable.
26:48Ne vous inquiétez pas
26:49sur le terrain.
26:50Et vraiment,
26:51je veux saluer
26:51le travail
26:52de toutes les équipes
26:53de CNews
26:53sur le terrain
26:54depuis plus d'une semaine.
26:56Claude,
26:56je vous présente
26:57mes excuses,
26:58Claude,
26:58parce que je vous ai fait
26:59attendre,
26:59mais je voulais vraiment
27:00vous remercier
27:01pour votre témoignage
27:02et surtout
27:04pour ce que vous faites
27:05parce que vous êtes
27:06un chef d'entreprise.
27:07Vous avez peut-être
27:07autre chose en tête
27:09ces derniers jours
27:10plutôt que de mettre
27:11votre activité à l'arrêt
27:13pour venir sauver
27:15cette terre.
27:16Et vraiment,
27:17ce travail-là,
27:18il est héroïque.
27:19J'espère,
27:19mais vraiment du fond du cœur,
27:21j'espère du fond du cœur
27:22que vous serez reconnu,
27:23reconnu par l'État,
27:25reconnu par les autorités,
27:27que vous serez décoré.
27:28Mais peut-être que c'est
27:29un vœu pieux.
27:30Non, mais ce n'est pas grave.
27:32Je veux juste
27:32un petit mot à dire
27:33quand je vois,
27:34parce que je suis chasseur
27:35aussi,
27:35et quand je vois
27:36certaines pétitions
27:37qui tournent
27:38sur vos chaînes concurrentes,
27:40d'ailleurs,
27:40je tiens à préciser
27:41que si j'avais été interviewé
27:42par une chaîne,
27:44je ne l'aurais pas fait.
27:45C'est complet.
27:46Claude,
27:47vous venez nous voir
27:48quand vous voulez
27:48et dans les difficultés
27:50qu'il y a
27:50pour les prochaines semaines
27:51sur vos entreprises,
27:52si c'est compliqué
27:53d'avoir une aide,
27:54que sais-je,
27:55que vous demandiez quelque chose
27:56et que vous souhaitez
27:57prendre la parole.
27:58Claude,
27:58vous nous appelez
27:59quand vous voulez.
28:00D'accord ?
28:01Je vous remercie
28:02et bon courage
28:02et saluez tous les jeunes
28:04qui se mobilisent
28:05notamment avec vous
28:06depuis plus d'une semaine.
28:08Je vous embrasse fort.
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