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  • il y a 2 heures
Retrouvez notre soirée spéciale "Reprises de feu, une lutte de longue haleine", présentée par Marie Chantrait sur BFMTV ce jeudi 30 juillet 2026.

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00:00Si vous nous rejoignez, 18h01 sur BFM TV, suite évidemment de notre édition spéciale consacrée à ces incendies inédits,
00:08des heures cruciales pour les pompiers, avec une météo néanmoins plus favorable,
00:13des températures qui ont baissé, des vents moins importants, mais prudence toujours pour autant,
00:19les pompiers qui ne baissent pas leur vigilance avec de vastes opérations de noyage pour humidifier les sols.
00:25Regardez, toutes les équipes de BFM TV sont mobilisées sur le terrain.
00:29Des moyens colossaux encore, toujours déployés pour lutter contre les flammes, des pompiers encore aidés de volontaires,
00:36car le ministre de l'Intérieur l'a rappelé, le risque reste extrêmement important.
00:41Laurent Nunez, qui sera notre invité à 19h ce soir.
00:45La prudence donc, malgré une amélioration de la météo, je vous le disais, parce que les températures ont baissé et
00:53les vents sont moins importants.
00:54C'est une réalité météorologique, méprudence néanmoins, et de vastes opérations de noyage ont eu lieu toute une partie de
01:02la journée.
01:03Théo Bacillana, on vous retrouve dans les environs de Blagon, je crois,
01:07où en effet, les pompiers et des deux volontaires, eh bien, aident à humidifier ces sols pour éviter à tout
01:14prix ces reprises de feu temps redouté.
01:19Exactement, il y a eu une vraie coopération et collaboration entre les sapeurs-pompiers et les agriculteurs.
01:25On se trouve exactement là où ils sont intervenus il y a quelques minutes,
01:31puisque c'est ici qu'ils ont justement fait des opérations de noyage sur ces images que vous voyez de
01:37William Gay.
01:38On le voit que cette opération est primordiale, puisqu'il y a encore une multitude de fumeroles.
01:44Parce qu'il faut comprendre ici, c'est qu'on est sur de la tourbe, c'est un sol qui
01:48a plusieurs dizaines de centimètres de profondeur.
01:51Il peut y avoir un feu qui continue de brûler en profondeur, on ne le voit pas,
01:56qui peut continuer de se propager en sous-sol et ressortir quelques dizaines de mètres plus loin.
02:03On a passé plusieurs heures, pour tout vous expliquer tout à l'heure, avec des agriculteurs qui sont venus de
02:08Charente.
02:09Ils ont fait quatre heures de route à bord de leur tracteur.
02:12Ils sont venus ici, ils se sont chargés à un kilomètre.
02:15Ils ont fait au moins des dizaines d'allers-retours pour humidifier ces lisières, humidifier ces points chauds.
02:22Parce qu'une fois les sapeurs-pompiers, les sapeurs-pompiers leur ont dit
02:25« Eh bien écoutez, les agriculteurs, vous pouvez venir ici, vous pouvez intervenir pour nous aider. »
02:30Pendant que nous, on se dirige vers d'autres points chauds plus urgents.
02:34Et c'est exactement ce qui s'est passé.
02:36Une coopération entre les sapeurs-pompiers et les agriculteurs.
02:39Les agriculteurs qui sont donc venus ici, humidifier largement toute cette lisière.
02:45Et c'était un travail qui est extrêmement minutieux et qui est surtout extrêmement important.
02:49Puisqu'on a vu tout à l'heure, à l'endroit où nous trouvons, des reprises de feu avec des
02:53flammes.
02:54Et donc, grâce à leur intervention ici, c'est beaucoup plus calme.
02:57Malgré le paysage qui reste noirci par les flammes.
03:01Effectivement, ces images font aussi mal au cœur, Théo Bacillana, William Gay.
03:06Parce que, effectivement, quand vous aimez la nature et que vous voyez ces paysages lunaires,
03:10on se dit dans combien de temps la nature reprendra ses droits.
03:14Regardez ces images aussi, près de Blagon, toujours en Gironde, de ces pompiers.
03:20qui s'activent, Christian Pinaudot, à s'assurer que, je crois, sous la souche des arbres,
03:26le feu ne couvre plus et que ces reprises n'aient pas lieu.
03:31C'est un travail extrêmement minutieux dans les prochaines heures.
03:34Minutieux et surtout très long.
03:36Parce que, vu la surface du feu, c'est un travail qui va demander...
03:44J'ai six mois qui va durer jusqu'au mois de septembre.
03:46Oui. On parle parfois de feux zombies, c'est-à-dire des feux qui vont durer des semaines,
03:52voire des mois entiers, c'est ce que vous nous dites.
03:54Mais on voit à quel point les sols sont brûlants et que ces fumées sont toujours très actives.
04:00Oui, oui. On est dans une situation podologique dans les Landes de Gascogne assez particulière.
04:09Parce que c'est soit du sable, c'est tendance marécageuse dans certaines zones et des zones, des mines de
04:20tourbes assez considérables.
04:22La zone de l'Andiras, par exemple, pratiquement sur toute la longueur de l'incendie, c'était des zones de
04:28tourbes.
04:28On va retrouver justement nos envoyés spéciales qui nous fournissent ces images.
04:32Valentine, Ribes, Capucine, Diès.
04:34Expliquez-nous un peu ce que font actuellement les pompiers qui sont à vos côtés.
04:39Décrivez-nous aussi l'atmosphère.
04:40On imagine des sols brûlants.
04:46Oui, exactement. Les sols sont brûlants.
04:48C'est d'ailleurs la première chose que nous ont dit les pompiers.
04:51Attention à ces sols très chauds.
04:54Et vous le voyez, ces pompiers qui sont en train d'éteindre les dernières fumeroles.
04:58Il y a également quelques flammes de part et d'autre.
05:00Ils sont équipés d'eau.
05:02Vous le voyez, c'est ce que ce pompier porte en jaune sur son dos.
05:06Et avec des petites lances, ils vont éteindre ces toutes petites fumeroles, ces toutes petites reprises de feu.
05:11C'est essentiel parce que, vous le disiez Marie en plateau, sous terre, le feu continue de se déplacer.
05:18C'est vrai que là, à première vue, on voit cette végétation brûler, mais on ne voit pas de flammes
05:22importantes.
05:23Et sous la terre, la situation est tout autre.
05:26On sait qu'il y a encore du combustible, que ce soit des feuilles, des pommes de pin, des épines
05:30de pin.
05:31Et ça, ça continue de brûler pendant plusieurs semaines, pendant plusieurs mois.
05:35C'est pour ça que le travail des pompiers est essentiel.
05:38À titre de comparaison, par exemple, lors de l'incendie dans les Landes en 2022,
05:44il a fallu près de deux ans aux pompiers pour maîtriser ces flammes sous terre.
05:49Nous sommes, je le rappelle, ici au niveau de la route de Blagon.
05:52C'est là où nous nous trouvions.
05:54Hier, déjà, avec Valentine Rimm, il y avait des flammes très importantes de plusieurs mètres de hauteur.
06:00Ça a été un travail très compliqué, de longue haleine pour les pompiers.
06:04L'objectif, c'était de protéger un chenil qui se situe à quelques mètres de nous.
06:09C'est une mission réussie, si je puis dire, pour les pompiers.
06:12Mais vous le voyez, par contre, la végétation, elle, a énormément souffert.
06:16Énormément souffert.
06:17Travail très municieux des pompiers.
06:18Capucine, peut-être rapidement, il y a seulement quelques minutes,
06:21vous avez aussi été témoin d'une chute impressionnante d'arbres.
06:25Parce qu'en effet, on est en présence de troncs très, très peu solides
06:31qui ont, avec l'effet de la chaleur et des flammes, de fait, subi de graves bouffées de souffles
06:40qui sont potentiellement en train de tomber dans les prochaines minutes.
06:44Les racines sont très endommagées.
06:45En fait, c'est le feu qui descend.
06:52Alors, je crois que...
06:53Non, oui, Valentine Ribes vous montre les images en direct.
06:56C'est effectivement cet arbre-là qui est tombé au sol.
07:00On a pu l'apercevoir au loin.
07:02Alors, rien d'anormal pour les pompiers, évidemment.
07:05Marie, vous l'avez dit, les racines ont brûlé, le tronc a brûlé.
07:09Donc, forcément, c'est tout à fait normal que les arbres tombent.
07:12Un pompier nous a d'ailleurs confié que la plupart des arbres
07:16qui se trouvent autour de nous vont tomber dans les prochaines heures,
07:20dans les prochains jours.
07:21Rien d'anormal, donc.
07:23Mais on reste extrêmement vigilants avec ces fumeroles
07:26et avec, évidemment, ces chutes d'arbres.
07:28Capus Indies, Valentine Ribes, merci infiniment pour ces images.
07:32Travail très minutieux, donc, des soldats du feu, là, dans les prochaines heures.
07:36Et je le disais, une météo un peu plus favorable,
07:38des reprises de feu plus sporadiques que ces derniers jours.
07:42Michael Biberon, vous êtes en ligne avec nous.
07:44Secrétaire général adjoint et porte-parole de l'UNSA, sapeur-pompier.
07:48Je ne sais pas si vous voyez comme nous, en direct, ces images.
07:51Mais on parle de minutie.
07:53C'est le cas de le dire, là.
07:55C'est s'attacher à chaque tronc d'arbre
07:57pour, eh bien, s'attacher au fait qu'aucune reprise de flammes
08:01n'ait lieu dans ces forêts de Gironde.
08:05Tout à fait.
08:05Comme on peut voir sur les images, c'est un travail de fourmi
08:08où on gratte, où on arrose, où on met éventuellement un petit peu de produit
08:14avec un additif qui permet, justement, d'atténuer et de couper
08:19comme un film qui va couper l'oxygène
08:21pour pouvoir, justement, éviter ce genre de reprise de feu
08:24qui pourrait avoir des conséquences qu'on connaît déjà.
08:27Puisque sur la commune de Lenton, nous avons déjà deux reprises de feu
08:31qui sont en cours de traitement.
08:33Donc, il est pour nous important de pouvoir atténuer tout de suite
08:37et tant que notre météo est favorable,
08:39notamment par rapport au vent qui a bien diminué et les températures.
08:44On en discutait en plateau, Michael Biberon,
08:46de ces feux qui, possiblement, vont couver
08:50pendant des semaines, voire des mois, voire des années.
08:53C'est aussi ça, la réalité, aussi, dans le temps long.
08:57Quand on se projette d'une forêt qui a particulièrement souffert
09:00et il va falloir mettre beaucoup de temps pour arriver à bout de ces flammes.
09:05Oui, pourquoi ? Parce que ça a chauffé par endroit 1 000, 1 200 degrés.
09:10Aujourd'hui, on peut estimer qu'en dessous de la tourbe,
09:14on peut estimer qu'il y a encore des zones chaudes à 400 degrés.
09:17D'ailleurs, on voit quelques flammes qui reprennent spontanément
09:21dès l'instant où elles retrouvent un petit peu de lumière,
09:23un petit peu d'oxygène.
09:24et donc, ça risque d'être un travail de long...
09:27Enfin, ce n'est même pas ça risque, ça va être un travail de longue haleine
09:29pour la simple et bonne raison qu'on a une très grande surface
09:33qui a chauffé énormément et on a encore plein de points chauds,
09:36comme des milliers de brasiers, comme des barbecues par milliers
09:40qui continuent à se consumer avec, forcément, cette tourbe qui la recouvre.
09:44Là, c'est le travail des hommes, le travail des sapeurs-pompiers,
09:48leur savoir-faire, leur connaissance du terrain,
09:50qui est, finalement, j'ai envie de dire, au-delà d'être la plus utile,
09:54la plus opérationnelle et la seule qui vaille,
09:56il faut que ces hommes aillent au contact, là, pour opérer ce travail.
09:59Il ne peut pas se faire autrement ?
10:02Alors non, il ne peut pas se faire autrement,
10:03mais on a aussi des aides, notamment avec les drones,
10:06qui sont équipés de caméras thermiques,
10:08qui permettent d'identifier certaines zones plus chaudes que d'autres
10:11et ça permet d'affiner, justement, les équipes au sol
10:15pour qu'ils puissent se déplacer aux bons endroits.
10:17Effectivement, Jean Serrat, ces drones, l'appui aérien de ces drones
10:20permet, notamment avec ces caméras thermiques,
10:23d'identifier des endroits où le sol est encore trop chaud
10:26et où il faut intervenir pour éviter ces retours de sable.
10:29Exactement. Et en plus, on a reçu l'aide d'un drone rappeur MQ-9,
10:35qui est un drone gigantesque.
10:37Il fait 20 mètres d'envergure, 11 mètres de long.
10:42Il est équipé avec des caméras qui permettent, justement,
10:45vraiment de cibler degré par degré,
10:49de faire une cartographie degré par degré de la zone survolée
10:53et donc de repérer les endroits où il y a, en dessous du sol,
10:59des zones qui sont extrêmement chaudes
11:01et qui sont donc susceptibles de créer à nouveau un départ d'incendie.
11:06Donc ça, c'est une notion extrêmement importante pour les sapeurs-pompiers
11:11parce qu'en ayant l'endroit exact où ils se trouvent,
11:14ils peuvent intervenir et gratter et aller vraiment éteindre en profondeur ce feu latent.
11:22Les mots de la préfète de Gironde, Sophie Brocas,
11:26une première journée optimiste.
11:28Voilà ce qu'elle dit, mais elle précise quand même néanmoins
11:31que nous ne sommes pas au bout, avec à noter deux points encore actifs
11:36et qui inquiètent forcément les sapeurs-pompiers.
11:39On est au sud de la canot vers le Porges et la presqu'île du Cap-Ferré.
11:44Un point chaud à Claoué au tout début de la presqu'île,
11:47ce qui explique le fait que les autorités n'autorisent pas les habitants et les touristes
11:52à réinvestir les lieux parce qu'on le rappelle,
11:55il y a un seul et même accès, Mika Bluret-Bujon,
11:58effectivement une seule route.
12:00Et quand l'État, avec ce point actif, le Claoué,
12:03on verra une carte un peu plus tard,
12:05eh bien il est impensable pour les autorités
12:07d'autoriser les gens à regagner la presqu'île du Cap-Ferré.
12:11Oui, on en a parlé, c'est la départementale 106,
12:14donc cette route qui effectivement longe le bassin d'Arcachon,
12:17mais donc par le nord, depuis le Cap-Ferré
12:19et tous les villages, tous les hameaux qui descendent jusqu'à la pointe du Cap
12:22vers l'Ège-Cap-Ferré, donc le Lège-Bourg,
12:25et puis ensuite Arès et les autres villes qu'on va retrouver vers l'Est.
12:29Donc cette route-là, comme c'est la seule qui permet effectivement
12:32de rentrer ou de sortir du Cap-Ferré jusqu'à sa pointe,
12:36eh bien effectivement, s'il y a un feu actif
12:38et que vous ne le sécurisez pas
12:39ou qu'il y a un risque de reprise, même localisé,
12:43eh bien de fait, c'est un risque que vous faites courir à tout le monde.
12:45Donc on ne peut pas imaginer par exemple réouvrir la route,
12:48tout comme on ne peut pas non plus forcément imaginer,
12:50revenir par l'avoie navigable et laisser ensuite les gens là.
12:53Anthony Ferry, on a parlé des conditions météo plutôt favorables
12:58qui ont permis justement cet optimisme des autorités, des pompiers.
13:02On l'a entendu de la préfète.
13:03Qu'en est-il des heures et des jours à venir ?
13:05Est-ce que ça va être du côté justement des pompiers ?
13:08Oui, ça va être du côté effectivement,
13:10ça va être du côté des pompiers,
13:12au moins jusqu'à dimanche.
13:15Car vous l'avez entendu, effectivement,
13:17M. Vermelaine l'a dit,
13:18on voit des températures assez hautes revenir.
13:22Eh bien ce sera en fait pour dimanche
13:23où on attend selon les modèles 36-37 degrés sur secteur.
13:28Mais il l'a aussi dit,
13:29c'est encore un petit peu loin pour être totalement sûr
13:32et totalement fiable sur ce point des températures.
13:34Mais d'ici là, vraiment,
13:36on sera sur des températures bien plus respirables,
13:39bien en deçà des 33-35 même degrés que l'on a connus.
13:43Et du côté, eh bien des vents,
13:45là aussi ce sera plus calme.
13:46Certes, il sera un petit peu tournant,
13:47mais il sera vraiment bien plus faible,
13:49bien loin des 30 km par heure.
13:51Et vous le voyez toujours ces images en direct
13:53de Blagon dans la forêt
13:54où les pompiers continuent d'opérer.
13:57Un travail de fourmi où arbre par arbre,
14:00ils s'attellent à éteindre les fumerons
14:03avec des flammes invisibles,
14:05mais un sol brûlant.
14:07Et le travail est là pour éviter,
14:10évidemment, ces reprises de feu.
14:12La préfète de Gironde qui le dit,
14:14il y a encore deux points actifs,
14:17mais la bonne nouvelle de la journée,
14:18c'est que des milliers de personnes évacuées
14:20il y a une semaine maintenant
14:22ont été autorisées à rentrer chez elles.
14:24Lola Baye, on vous retrouve près d'un camping
14:27vers la dune du Pilar
14:29où là, ce sont des évacués
14:31qui ont trouvé un paysage d'exception,
14:33sans doute pour faire passer
14:35ces moments d'inquiétude,
14:37mais qui ont retrouvé refuge
14:38dans ce camping près de la dune du Pilar.
14:44Exactement, Marie.
14:45On est exactement au camping des Flots Bleus,
14:47l'emblématique camping de la saga cinématographique.
14:50Comme vous l'avez dit,
14:51on est au pied de la dune du Pilar.
14:52On est avec Sacha.
14:53Sacha, vous habitez en Dernos
14:55et vous avez été évacuée depuis dimanche.
14:58Vous êtes dans quel état d'esprit ?
14:59On imagine que c'est compliqué.
15:02Ouais, on a eu un peu peur au début
15:05et on est un peu tracassé de ce qui se passe.
15:10Mais on essaie quand même de profiter des vacances.
15:12On est bien ici depuis...
15:13On est arrivé dimanche.
15:15On profite quand même.
15:17Est-ce que du coup, le fait d'être ici,
15:18ça vient un petit peu offrir un peu de répit ?
15:21Ouais, franchement, depuis qu'on est arrivé,
15:24on se baigne, on monte la dune.
15:27On est encore fermé à la fréquentation.
15:29Donc, vous avez la dune pour vous tous.
15:31Ouais, c'est vrai que quand on monte, il n'y a personne.
15:32Du coup, ça, c'est bien.
15:33On est tranquille.
15:34On passe des bonnes vacances.
15:36Ça vous inquiète encore ?
15:37Là, la préfète de Gironde, à l'instant,
15:40vient de dire que le chemin restait plus positif,
15:43même s'il y a encore quelques points chauds.
15:46Est-ce que ça vous tracasse ?
15:47Est-ce que vous avez hâte, j'imagine, de regagner chez vous ?
15:49Parce qu'on est toujours mieux chez soi.
15:51Ouais, j'ai hâte des rentrées.
15:52Ça ne me tracasse pas trop.
15:52Je pense que d'ici dimanche ou lundi,
15:56on pourra rentrer.
15:57Je pense que ça va s'arranger.
15:59Merci beaucoup, Sacha, d'avoir été avec nous.
16:01Et Marie, on voulait clôturer cette séquence
16:04par cette image très forte que Laura Champion va vous montrer.
16:07Cette image de la dune du Pila, emblématique,
16:09et qui est totalement déserte, vide, fermée à la fréquentation.
16:14Effectivement, là-bas, Laura Champion,
16:16ces images saisissantes.
16:17Encore une fois, on le rappelle,
16:18on est en plein cœur de la saison estivale,
16:21un 30 juillet, des lieux habituellement noirs de monde.
16:24Mais en effet, pour le moment, impossible d'accès.
16:28Il y a eu ce point aussi sur le tourisme en Gironde,
16:30on y reviendra aussi.
16:32Et regardez, toujours ces images en direct,
16:35ces pompiers qui s'activent encore et encore
16:38dans cette forêt de Gironde.
16:40Capucine Dièse, on vous retrouve avec Valentine Ribes.
16:44Racontez-nous ce qui est en train de se passer sous vos yeux.
16:47Travail de fourmi des soldats du feu cet après-midi.
16:53Oui, exactement, Marie.
16:55C'est tout à fait ça, un travail de fourmi très minutieux.
16:59Il s'agit d'éteindre les dernières fumeroles,
17:02les dernières petites flammes qu'il reste.
17:04Là, en l'occurrence, il y a quelques minutes,
17:06vous avez aperçu les pompiers avec des fourches,
17:10avec des toutes petites lances à eau.
17:12Mais là, ils viennent de sortir la grosse artillerie,
17:17si je puis me permettre, les lances à eau.
17:20Et ils sont en train d'humidifier le sol,
17:23puisque c'est là que tout se joue.
17:25Sous terre, c'est vrai qu'à première vue,
17:28on ne voit aucune flamme importante dans la végétation.
17:32Mais sous terre, il y a un autre combat qui se joue.
17:35On sait qu'il y a évidemment du combustible sous ce sable.
17:38Il y a des épines, des feuilles, des pommes de pin.
17:41Et ça, ça continue de brûler.
17:44Et ça peut brûler pendant des semaines, des mois, voire des années.
17:47Donc l'idée, c'est ce qu'on appelle les opérations de noyage.
17:50L'idée, c'est donc de noyer tout simplement le sol.
17:53À titre de comparaison, en 2022, lors de l'incendie dans les Landes,
17:58il a fallu près de deux ans aux pompiers
18:01pour éteindre ces flammes souterraines, si je puis dire.
18:04Donc ça va être un travail de très longue haleine pour les pompiers.
18:07Aujourd'hui et dans les prochains jours.
18:09Effectivement.
18:09Images impressionnantes, Christian Pinaudot.
18:12Quand on sait à quel point vous êtes un spécialiste des forêts,
18:17ancien silviculteur, expert en politique forestière.
18:20Là aussi, aux téléspectateurs qui nous regardent,
18:23des flammes ne sont pas visibles là ce soir.
18:25Mais le sol est brûlant.
18:28Et c'est ce qui fait craindre aussi ces retours et ces reprises de feu
18:31dans les prochaines heures.
18:32D'où ce travail particulièrement minutieux des pompiers
18:36pour créer notamment ces lisières et humidifier à tout prix les sols.
18:40C'est un travail qui va durer probablement jusqu'en septembre.
18:44Parce que comme on est dans une zone manifestement tourbeuse,
18:50voilà, c'est un sol qui...
18:52Le feu couvre dedans pendant des semaines, des mois.
18:57Et comme l'a dit l'un de vos reporters,
19:00en 2022, le feu de l'Andiras a été officiellement éteint
19:08au sens officiel du terme qu'en 2025.
19:13Oui, presque quasiment trois ans plus tard.
19:16Deux ans et demi plus tard.
19:16Deux ans et demi plus tard.
19:18Parce qu'en effet, le feu couvait à certains endroits.
19:22Là-bas, c'est une zone, c'est une mine de tourbes.
19:26C'est une vraie tourbière qui fait entre l'Andiras et Ostens.
19:30Il n'y a que ça pratiquement.
19:33Donc effectivement, c'est une zone à risque permanent.
19:36Capus Indies nous le disait aussi, j'en serra,
19:38de l'importance de l'action humaine des opérations terrestres.
19:42Mais quand même de l'importance aussi des moyens aériens engagés.
19:46Et donc ces appareils finalement
19:50qui permettent de détecter les points les plus chauds
19:52pour indiquer aux pompiers où il faut intervenir au sol.
19:55Exactement. Il y a deux volets différents.
19:59Il y a la partie, par exemple, drone.
20:01Et pas que drone.
20:03Il y a des hélicoptères également qui sont équipés avec cela
20:05pour aller faire de la cartographie.
20:08Bien repérer les zones qui sont critiques
20:11sur lesquelles il faut intervenir.
20:13De manière à ce que les effectifs au sol
20:15aient vraiment une carte très détaillée,
20:18très précise des zones où il faut intervenir.
20:22Et ensuite, il y a la deuxième partie de l'aérien
20:24qui est de, bien sûr, envoyer ces fameux produits,
20:28que ce soit des retardants,
20:30que ce soit des tonnes d'eau,
20:32pour refroidir, humidifier tout ce terrain,
20:37vraiment amener tout ce qui est nécessaire pour,
20:40entre guillemets, calmer les températures,
20:42calmer les remontées de températures.
20:44Et puis ensuite, il y a le travail de fond, lui.
20:48C'est le travail des sapeurs-pompiers qui sont au sol,
20:51qui, eux, vont aller travailler pratiquement,
20:53comme on l'a vu tout à l'heure,
20:55tronc par tronc, arbre par arbre,
20:58mètre carré par mètre carré,
21:00pour essayer de contrôler tout cela.
21:02Et la préfète, Sophie Brocas, l'a rappelé encore une fois.
21:05Ces sapeurs-pompiers vont encore travailler toute la nuit.
21:08Pour sécuriser, elle le disait et préciser,
21:10la lisière de feu,
21:11pour poursuivre aussi cette vague de réouverture
21:15et permettre aux gens de rentrer chez eux.
21:17Parce que, Marguerite Dumont, bonsoir,
21:18vous nous avez rejoint.
21:19La bonne nouvelle de cette journée,
21:21c'est que 144 000 personnes au total,
21:25évacuées en Gironde,
21:26vont pouvoir regagner leur domicile.
21:28Certaines d'entre elles,
21:28et on l'a vu tout au long de la journée sur BFM,
21:30l'ont déjà fait.
21:31Sauf, et il faut le rappeler,
21:33ce n'est pas sans risque,
21:34l'ARS, l'agence régionale de santé,
21:36dresse une liste de mise en garde à bien appliquer.
21:39En effet, il y a pas mal de travail qui les attend.
21:42Gros travail de nettoyage.
21:43Les autorités mettent en garde
21:44contre les dépôts de cendres,
21:46de suie et de poussière
21:47qui peuvent être très irritants.
21:49Et il y a des conseils très concrets
21:51pour nettoyer son logement.
21:53Il faut privilégier un nettoyage humide.
21:55Ça veut dire qu'on oublie l'aspirateur,
21:57les souffleurs,
21:58les nettoyeurs à haute pression.
21:59Ça évite de remettre les particules en suspension.
22:03Évidemment, le port du masque FFP2,
22:06le port de gants sont hautement recommandés.
22:09Il est impératif également de se laver les mains,
22:12même lorsqu'on porte des gants.
22:13Après nettoyage, vous vous lamez les mains.
22:15Pareil si vous avez des activités en extérieur.
22:18Une attention particulière
22:19est recommandée aux bouches de ventilation
22:22pour remplacer, par exemple,
22:24les filtres encrassés si nécessaire.
22:27Il faut aussi nettoyer les jeux d'enfants.
22:29On n'y pense pas forcément avant leur utilisation.
22:32Vérifiez aussi la qualité de l'eau de votre piscine
22:34si vous en avez une et le bon fonctionnement des équipements.
22:38Et puis pour les animaux,
22:38nettoyer les gamelles
22:39et nettoyer leurs pattes après une sortie.
22:42C'est important.
22:43Concernant votre alimentation,
22:45là aussi, il y a des recommandations.
22:47L'eau du robinet, c'est extrêmement important.
22:49Il faut purger l'eau des canalisations intérieures
22:52en la laissant couler deux minutes.
22:54C'est le geste à faire.
22:55Et se rapprocher de votre distributeur
22:57si vous constatez une odeur ou une couleur bizarre.
23:00Si vous avez des fruits et légumes dans votre jardin,
23:02on les lave avant de les consommer.
23:04On épluche aussi, par exemple,
23:06les légumes à racines et tubercules.
23:08Vous jetez tous les aliments non emballés
23:11s'ils ont été exposés directement aux cendres.
23:14Et s'ils sont emballés, on nettoie l'emballage.
23:17Voilà, c'est pas mal de petits gestes à faire,
23:18mais c'est important pour votre santé.
23:20Et un dernier conseil des autorités sanitaires,
23:22ça concerne les oeufs.
23:23Donc là, c'est si vous avez des poules et des poulaillers.
23:25Si elles ont été exposées, pareil, aux cendres, aux suies,
23:28vous jetez tout simplement les oeufs.
23:30Ils ne sont pas consommables.
23:32Merci infiniment, Marguerite,
23:33pour tous ces rappels précieux à la population aussi.
23:36Dans quelques instants,
23:37on sera avec le président de la Chambre de commerce et d'industrie
23:39parce que les évacués, en tout cas,
23:42une partie d'entre eux peuvent retourner chez eux.
23:45Certaines entreprises aussi,
23:46qui ont dû fermer à être évacuées,
23:48vont pouvoir vous ouvrir.
23:49Juste un mot avec vous, Eric Daniel Lacombe.
23:51Vous êtes architecte spécialiste des risques naturels.
23:54Un tel épisode, je reprends les mots du chef de l'État,
23:56Emmanuel Macron, le plus dur incendie
23:59jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.
24:02C'est aussi une manière, sans doute,
24:04de faire revoir à tous nos logiciels.
24:06Peut-être repartir et repenser
24:08ce que vont être nos habitats,
24:10ce que vont être nos entreprises.
24:12C'est ça aussi les leçons à tirer.
24:14On parle de rétex retour sur expérience.
24:17Il va falloir tirer des leçons de cet épisode.
24:19C'est pour ça que, puisqu'on sait que le changement climatique
24:23se jouera avec le changement culturel,
24:25que je ne me précipiterai pas au nettoyage des lieux.
24:28Je pense que là, le retour des habitants sur place
24:31est une occasion quasiment scientifique absolument indispensable.
24:37C'est l'occasion, comme quand une rivière renverse une ville,
24:40de mesurer les choses, de savoir par où c'est rentré,
24:43par où c'est sorti.
24:44Évidemment, il y aura des pleurs pour ceux qui auront tout perdu,
24:46des soulagements pour ceux qui auront évité le passage du feu.
24:50Mais je pense que c'est un moment où on sait maintenant,
24:54contrairement à ce que dit parfois le président de la République,
24:56que la ville ne se reconstruira pas sur la ville
24:59et que la forêt ne se reconstruira pas sur la forêt.
25:02Je pense que tout ce qui est brûlé
25:03pourrait être le début d'une invention de pare-feu.
25:06Et je pense que cette observation,
25:08c'est pour ça que ceux qui peuvent ne pas se précipiter à rentrer,
25:11nettoyer leurs frigidaires, les canalisations avec les enfants,
25:14mais au contraire de passer un temps
25:17infini à en faire un enseignement,
25:19serait le bienvenu.
25:21Les zones de catastrophes comme ça,
25:24une fois qu'elles sont nettoyées,
25:26elles ont disparu.
25:27Et à ce moment-là, évidemment,
25:29cette envie de retour à la normale...
25:30Vous dites finalement qu'il faut apprendre
25:31de ce qu'il s'est passé et en tirer des leçons.
25:34Pardon de le dire comme ça pour ceux,
25:36un, les pompiers qui ont perdu la vie
25:37et ceux qui ont passé comme ça depuis dix jours
25:40à sauver la vie.
25:41Mais la question de la vie se jouera par l'observation
25:44dont la façon dont ces aléas pénètrent nos habitats.
25:48C'est peut-être ce chemin-là qui nous permettra
25:50de les redessiner ou redessiner aussi
25:52la façon dont le feu s'est propagé.
25:55Et on évoquera ensemble aussi
25:56ce qui s'est passé précisément au Porges,
25:59près de 200 maisons détruites
26:01et qui pose aussi des questions
26:02sur le débroussaillage,
26:04les indications des autorités
26:06autour de ces habitations
26:07qui expliquent aussi peut-être,
26:09on était avec le maire hier,
26:11qui expliquent aussi peut-être le fait
26:12que beaucoup, beaucoup plus qu'ailleurs
26:14des maisons ont brûlé.
26:15Ce n'est sans doute pas la seule cause.
26:16Mais j'aimerais qu'on se dirige
26:18vers Patrick Seguin.
26:19Bonsoir, monsieur le président
26:21de la Chambre de Commerce et d'Industrie
26:22de Bordeaux-Gironde.
26:24Des centaines de milliers d'habitants
26:26obligés d'évacuer,
26:27tout comme des entreprises.
26:29La préfète, on l'entendait sur BFM TV
26:31il y a quelques instants,
26:32parlait de première journée optimiste.
26:35Est-ce que c'est aussi votre sentiment ?
26:38Oui, il faut bien un petit peu d'optimisme
26:40par rapport à ce qu'on vient de vivre.
26:42Et puis deux bonnes nouvelles aujourd'hui,
26:43la réintégration possible sur neuf communes
26:46et la réouverture de l'autoroute A63.
26:49Ce sont des bonnes nouvelles
26:51pour que l'activité sociale et économique
26:55puissent repartir.
26:56mais ce n'est qu'une partie
26:57des personnes qui ont été évacuées.
27:00Oui, on parle de catastrophes écologiques,
27:03on parle aussi de catastrophes économiques.
27:05Est-ce que de votre point de vue,
27:07il est sans doute un peu trop tôt
27:08après ces journées,
27:10dix jours quasiment de fermeture,
27:13cela pourra repartir ?
27:14Vous pensez que des entreprises
27:16ne se remettront pas de cette période ?
27:19Ça sera très difficile.
27:20On estime à 39 000 entreprises
27:24impactées directement ou indirectement.
27:26Je rappelle que notre département,
27:28qui est le plus grand département de France,
27:29a à peu près 115 000 entreprises
27:31sur son territoire,
27:32qui sont à 85 % des TPE et des PME,
27:35des entreprises donc par essence fragiles,
27:38et qui, vous le savez comme moi,
27:41si on est à la fin du mois de juillet,
27:42il faut faire les payes,
27:43au moment où certaines entreprises
27:46ont tout perdu,
27:47ou au moment où leurs clients principaux
27:50leur ont dit,
27:51rentrez chez vous parce que nous,
27:52on ne peut pas vous prendre
27:53parce qu'on est coincés.
27:55Donc, ça va être très compliqué.
27:58Il va falloir accompagner,
27:59accompagner, accompagner
28:00tous les chefs d'entreprise,
28:02un par un.
28:03Et c'est ce que l'on fait
28:04sur la plateforme du numéro vert 30 06,
28:08sur lequel on a à peu près
28:10150 à 200 appels par jour.
28:12– Ah oui, vous réceptionnez en effet
28:14l'inquiétude sans doute forcément
28:15de ces chefs d'entreprise.
28:16Un point et une question plus précises
28:18sur la presqu'île du Cap Verret.
28:20Difficile d'avoir des perspectives
28:21parce que notamment un point actif
28:23l'est toujours au niveau du clouet
28:25et au vu de la topographie des lieux
28:27de cette seule route départementale.
28:29Pour le moment,
28:30les autorités n'autorisent pas
28:31les habitants à revenir.
28:33Est-ce qu'il y a une inquiétude
28:34toute particulière,
28:35notamment en cette période estivale
28:37où les touristes sont censés
28:38être extrêmement nombreux,
28:40sur tous ces commerçants,
28:41chefs d'entreprise,
28:42précisément sur la presqu'île
28:44du Cap Verret ?
28:44– Oui, bien sûr,
28:47sur la presqu'île du Cap Verret
28:48comme à Lacanau,
28:50des lieux qui ont été très impactés
28:51comme au Porges.
28:53On est obligé de penser
28:55que la saison touristique est fichue
28:59parce qu'on a des responsables,
29:03des gérants de camping
29:04qui nous appellent
29:05et qui ont 100% d'annulation.
29:07100% d'annulation.
29:08Et donc, le mois d'août
29:10démarre demain.
29:11Le grand rush de vacances,
29:14c'est demain.
29:14Et évidemment,
29:15les gens partiront ailleurs.
29:17Il va falloir réagir très vite
29:19partout où la préfecture
29:21nous autorisera
29:22à réouvrir en toute sécurité
29:23pour qu'on puisse communiquer
29:25en disant que la Gironde,
29:29c'est un grand département,
29:30encore une fois,
29:31le plus grand département de France
29:32et qu'il y a des très beaux lieux
29:33sur lesquels il faut surtout venir.
29:35Il va falloir être très optimiste.
29:39Merci beaucoup, Patrick Séguin,
29:41d'avoir été avec nous
29:42en direct ce soir sur BFM.
29:44Mika Blujon-Mérede,
29:45en effet,
29:46c'est la ligne de crête.
29:48Le ministre de l'Intérieur
29:49sera avec moi
29:51dans quelques instants.
29:52Ne pas aller en Gironde,
29:54ne pas aller dans les points
29:55où en effet le feu couvre
29:57et encore menaçant,
29:58mais la Gironde est grande.
29:59Et c'est vrai que depuis plusieurs jours,
30:01beaucoup de commerçants le disent.
30:04vous pouvez quand même
30:05vous rendre dans notre département
30:06et en cascade,
30:08on le voit,
30:08ces commerçants
30:09qui sont dans la difficulté
30:11dans une saison
30:12où ils attendaient énormément de monde.
30:14Les agents économiques,
30:15c'est-à-dire que vous et moi,
30:17les ménages,
30:17sont des agents,
30:18là pour le coup,
30:19assez rationnels.
30:20Et effectivement,
30:20s'il y a de la peur
30:21par rapport à ce qu'il s'est passé
30:23ou tout simplement
30:24que quelque chose,
30:25un doute,
30:26se reproduise à nouveau,
30:28de toute manière,
30:28vous aurez ces effets
30:29d'annulation, etc.
30:31Et là, ici,
30:31ce qu'on traduit,
30:32c'est la manière
30:33dont c'est traduit
30:33dans la littérature,
30:34c'est, on appelle ça
30:35une trappe de vulnérabilité.
30:38Parce que cette trappe
30:39de vulnérabilité,
30:40qu'est-ce qu'elle dit ?
30:40C'est, vous avez
30:41une catastrophe naturelle,
30:43bon, vous avez
30:43toute une résilience territoriale
30:45qui se met en place, etc.
30:46Mais quand vous avez
30:47une série,
30:48plusieurs années de suite
30:51ou sur plusieurs années,
30:52sur une dizaine d'années,
30:54où vous allez retrouver
30:54les mêmes événements
30:56climatiques
30:57ou catastrophes
30:58qui vont se produire,
30:59séisme, inondation,
31:00feu de forêt,
31:00ici, il n'y a pas
31:01de grande différence.
31:02Eh bien, vous allez retrouver
31:03cette trappe à vulnérabilité
31:05qui, petit à petit,
31:06va se mettre en place
31:07et va faire un double effet
31:08qui se coule,
31:09pardonnez-moi pour la trivialité
31:10ici, sur ce territoire,
31:11c'est-à-dire,
31:12va venir prendre en état
31:13le territoire
31:13avec une destruction de capital,
31:15une destruction de patrimoine,
31:17une tension budgétaire,
31:18notamment pour les collectivités
31:19territoriales,
31:19qui vont avoir moins
31:20de retours, évidemment,
31:22fiscaux,
31:22parce que les entreprises
31:23auront été en difficulté
31:25en termes d'activité,
31:26une valorisation immobilière
31:27qui va baisser, etc.
31:28Je ne vais pas vous faire
31:29toute la liste,
31:29mais vous voyez ici
31:30le schéma qui est en train
31:31de se mettre en place
31:32ou qui peut se mettre en place.
31:33Avec, juste,
31:34je me permets quand même,
31:35expérience personnelle
31:36des gens qui ont très envie
31:38quand même
31:38de pouvoir retourner
31:40en Gironde
31:41dans ces zones
31:43touchées et impactées
31:44et qui ne rêvent
31:44que de pouvoir profiter
31:46de leur location
31:47au Cap-Ferré.
31:48Profiter de leur location
31:48ou, au contraire,
31:50qu'ils n'avaient pas prévu
31:50du tout d'aller en Gironde
31:51et qui, par effet de solidarité,
31:53vont venir.
31:54Maintenant, ça,
31:55c'est une marginalité,
31:56malheureusement,
31:56des consommateurs.
31:58Il faut bien en avoir conscience.
31:59Donc là,
31:59l'enjeu qu'il y a,
32:00c'est bien comprendre
32:01que cette trappe à vulnérabilité,
32:03ce n'est pas une fatalité non plus.
32:04C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui
32:06dans la littérature,
32:07des recherches, etc.,
32:08tout un pan de la recherche
32:10socio-économique
32:11qui démontre
32:12comment on peut sortir
32:13d'une trappe à vulnérabilité,
32:14même dans une région
32:15qui est de plus en plus
32:16en proie à des événements
32:18climatiques extrêmes.
32:19Et de fait,
32:20là, ce que ça demande,
32:21c'est un effort territorial,
32:22c'est une gouvernance territoriale.
32:23Ça peut paraître technocratique
32:24dans ma bouche
32:25de dire ça comme ça,
32:26mais ce que ça veut dire,
32:27c'est un débat démocratique
32:28à très court terme
32:29et surtout à moyen et long terme
32:31sur comment faire
32:32pour transformer ce territoire
32:34qui restera impacté
32:35par ce genre d'événements
32:35en un territoire pionnier
32:37sur les dynamiques de résilience
32:39et en faisant de la résilience
32:40une vraie valeur économique
32:41pour sortir de cette trappe.
32:43Éric Daniel Lacombe,
32:44je vous donne la parole
32:44dans quelques instants.
32:45Vous, l'expert en risque naturel,
32:47comment se remettre aussi
32:48malgré la résilience
32:50de nos territoires,
32:51mais quand on voit
32:52certains paysages lunaires,
32:54on va retrouver tout de suite
32:55Nicolas Dumas.
32:57Vous êtes dans le territoire
32:59de Somos,
33:01particulièrement souffert
33:03paysage lunaire.
33:03Quand on voit vos images,
33:05Nicolas, avec Sébastien Savoie,
33:07on ne peut que constater
33:08les dégâts
33:09et ce paysage de désolation
33:10autour de vous.
33:13Oui, effectivement.
33:14Et on va se déplacer
33:14juste de quelques mètres
33:17pour vous montrer
33:18l'origine de l'incendie.
33:22Il était par là-bas
33:23sur cette route
33:24qui mène au Porges.
33:25Il s'est déclaré
33:26mercredi de la semaine dernière.
33:28Et mercredi de la semaine dernière,
33:29j'étais la première équipe
33:31avec Valentine Ribes
33:33à venir ici
33:34sur cet incendie.
33:35Et tout autour,
33:36là où on se situe,
33:37il n'y avait pas du tout
33:38encore l'incendie
33:39qui était arrivé ici.
33:41La végétation était
33:42encore verte,
33:43si on peut dire,
33:44parce qu'il y avait quand même
33:44de la sécheresse présente ici.
33:46Et tout autour,
33:47maintenant,
33:48il y a effectivement
33:49ce paysage carbonisé
33:51par les flammes
33:53qui étaient présentes.
33:54Et pour tout vous dire,
33:56en fait,
33:56les secours
33:57mercredi de la semaine dernière,
33:58ils s'étaient organisés
33:59à cet endroit
34:00avec notamment
34:01la protection civile
34:03qui était en train
34:04de recharger
34:05les camions
34:06des pompiers
34:07en retardant
34:08pour aller combattre
34:09le feu
34:09un petit peu plus loin
34:10sur cette route
34:11en direction
34:11du Porges.
34:13Et dernier petit mot,
34:15en fait,
34:15là,
34:16tout ça s'est brûlé
34:17également
34:18jusqu'à l'ouverture
34:20de la ville
34:20de Somos
34:21qui se situe
34:22à environ 500 mètres
34:23d'ici.
34:24Nicolas Dumas
34:25avec Sébastien Savoie.
34:27En effet,
34:28images impressionnantes
34:29encore une fois.
34:30Éric Daniel Lacombe,
34:31je parlais de résilience,
34:33mais ce qui est une certitude
34:34aussi quand on voit
34:35ces paysages,
34:36c'est que ça mettra
34:36des années,
34:38des années
34:38à retrouver
34:40une apparence d'avant.
34:41Oui,
34:42mais je préférerais dire
34:43que je pense que l'enjeu,
34:45y compris pour ceux
34:45qui ont envie
34:46comme vous,
34:47de retourner vite
34:47en Gironde,
34:48c'est un nouveau rapport
34:49à la nature.
34:50Je pense que,
34:52regardez le plaisir
34:53même que votre journaliste
34:54a à nous montrer
34:55ces nouveaux paysages
34:56calcinés,
34:57comme les plaisirs
34:58que certains ont
34:59à nous montrer
34:59des glaciers
35:00qui s'écroulent.
35:01Je ne suis pas sûre
35:02qu'il ait vraiment
35:03du plaisir,
35:03mais en tout cas,
35:04c'est vrai que
35:04c'est un paysage lunaire
35:06qui marque les esprits.
35:08J'insiste ce qui veut dire
35:08que puisque cette nature
35:10dont vous parlez
35:11contenait la vie,
35:12et de celle-ci
35:13on a peu parlé,
35:14je ne suis pas un expert
35:15en biologie,
35:15mais je pense que
35:16les chaînes d'animaux,
35:19insectes,
35:19oiseaux,
35:20qui ont eu du mal
35:21à remonter aussi vite
35:22que le climat remonte,
35:24ont disparu.
35:25Si jamais,
35:26y compris dans les campings
35:27qu'on vient de voir,
35:27ça devenait un vrai sujet
35:29de satisfaction,
35:30d'intérêt.
35:31Vous voyez,
35:31tout à l'heure,
35:32je disais que c'était
35:32un sujet pour comprendre
35:34comment sa maison
35:34avait brûlé ou pas,
35:36et si demain,
35:37ça devenait un sujet
35:38pour nous tous,
35:39parce qu'on le sait bien,
35:40que notre santé à nous
35:41passera par la santé du vivant.
35:43Encore une fois,
35:44Eric Daniel Lacombe,
35:45et on donnera tout à l'heure
35:46la parole sans doute
35:47à Nicolas Dumas,
35:49je ne pense pas
35:49qu'il ait une forme
35:50quelconque de plaisir
35:51à commenter ces paysages.
35:53Je ne lui faisais pas
35:53un procès.
35:54Marie Chantret,
35:55vous savez très bien
35:56qu'il y a des gens
35:57qui viendront voir,
35:58je l'ai vécu tellement de fois
36:00sur les lieux
36:01qui ont été transformés,
36:02des gens viennent voir
36:03la transformation.
36:05La transformation a fait
36:06perdre du vivant,
36:07le vivant est peut-être
36:08pour nous une étape
36:10à maintenir
36:11une nouvelle transformation.
36:12C'est ce qu'on appelle
36:13le tourisme de la catastrophe,
36:15et effectivement,
36:15on le retrouve en Arctique,
36:17on le retrouve en Antarctique,
36:18on le retrouve dans
36:18les régions calcinées,
36:19là où il y a des glaciers
36:20qui fondent.
36:21Donc ce tourisme de la catastrophe,
36:22c'est de moins en moins marginal
36:23au fur et à mesure
36:24que le changement climatique
36:25augmente.
36:25On est en ligne
36:26avec Christophe Chantepi.
36:28Bonsoir, monsieur,
36:29membre de l'Office
36:29National des Forêts,
36:31expert national en défense
36:32des forêts
36:33contre les incendies.
36:34Encore une fois,
36:35image de désolation
36:36qui défile ce soir encore
36:38sur BFM TV,
36:40avec sans doute des feux
36:41qui pourraient durer,
36:43là encore,
36:43vous allez peut-être
36:44me contredire,
36:46mais pourraient durer,
36:47selon certains spécialistes,
36:48des mois,
36:49voire des années.
36:50Et c'est ce qu'essayent
36:51de contrecarrer
36:53les pompiers en ce moment
36:54avec un travail de fourmis,
36:55arbre par arbre,
36:56parce que même si les flabbes
36:57ne sont pas visibles,
36:59eh bien le feu
36:59est sous le sol.
37:03Bonjour.
37:03Donc oui,
37:05ce type de feu
37:06sur ce type de sol,
37:08finalement,
37:08ce sol sableux
37:09avec de la tourbe
37:10à l'intérieur,
37:11c'est des feux
37:13qui durent énormément
37:14dans le temps,
37:14parce que le feu,
37:15il a une tendance
37:16à s'enterrer,
37:17à venir brûler le sol,
37:18avec entre autres
37:19des dégâts supplémentaires
37:21sur les sols forestiers
37:23qui auront plus de mal
37:24après à se reconstituer
37:25pour pouvoir permettre
37:26la reconstitution forestière
37:27de demain.
37:27mais en plus,
37:29ça veut dire
37:29que ces feux-là,
37:30ils restent effectivement
37:31ancrés dans le sol
37:32à plusieurs dizaines
37:33de centimètres
37:34de profondeur,
37:35des fois même encore plus,
37:36et donc forcément,
37:37c'est un travail
37:38de longue haleine
37:38que de se retrouver
37:39à aller noyer
37:41tous ces espaces-là.
37:42Quand on a un feu
37:43qui fait quelques dizaines
37:44d'hectares
37:45et qu'on se retrouve
37:45à devoir noyer
37:46les lisières
37:47ou l'intérieur
37:47pour que ça ne reprenne pas,
37:49c'est quelque chose
37:49qui est faisable.
37:50Quand on a plus
37:51de 40 000 hectares,
37:52effectivement,
37:53on peut penser quand même
37:54que la vraie extinction totale
37:56en profondeur
37:57risque d'arriver
37:58avec des pluies
37:59très conséquentes.
38:01Jusque-là,
38:01ça risque effectivement
38:02d'être un travail
38:03de très longue haleine
38:03pour les pompiers.
38:04Oui,
38:04avec aussi cette alerte
38:06à ceux qui nous regardent,
38:08considérer que les flammes
38:09éteintes,
38:10ça ne veut pas dire
38:11que la forêt
38:12et ces territoires
38:13sont sans risque.
38:14On l'a encore vu
38:15en direct sur BFMTV,
38:17des arbres attaqués
38:18dans leur tronc
38:19qui continuent
38:21de brûler de l'intérieur
38:22et qui tombent.
38:23Donc encore une fois,
38:23attention et si vous êtes
38:25interdit d'accès,
38:26c'est pour des bonnes raisons.
38:29Absolument.
38:30Donc ce n'est pas pour rien
38:31qu'il y ait des interdictions
38:32d'accès sur les forêts.
38:35Il faut se préparer.
38:36Ça va durer.
38:36Ça va durer
38:37parce qu'une forêt incendiée
38:39est une forêt dangereuse.
38:41C'est vraiment l'urgence
38:43qu'on a sur le post-incendie.
38:45Dans le post-incendie,
38:46on a souvent cette tendance
38:46à penser tout de suite
38:47à la replantation ou autre,
38:49alors que la forêt,
38:50c'est le temps long.
38:51Déjà, la replantation,
38:52on va souvent attendre
38:53d'avoir plutôt
38:53un côté régénération naturelle
38:55dans le bon nombre
38:56de cas de figure.
38:57Mais surtout,
38:58ce qui est très important,
38:59c'est que dès lors
39:00qu'on a un incendie
39:01qui va être fixé,
39:03maîtrisé,
39:04même à partir
39:04de ce moment-là,
39:06retourner dans les forêts,
39:07pour chacun,
39:08ça sera sûrement interdit.
39:10Les propriétaires,
39:11ils auront leur accès
39:12à leur forêt.
39:13Par contre,
39:13ces forêts risquent
39:14que d'être interdits
39:15d'accès au public
39:16parce que des bois calcinés,
39:19souvent en plus,
39:20dans ces types de sols-là,
39:21en profondeur,
39:23sont allés déstabiliser
39:24les racines
39:25et au-delà
39:26d'une branche brûlée
39:27qui risque de tomber,
39:28c'est un arbre entier
39:29qui risque de tomber.
39:30Ces endroits sont des endroits
39:31qui ne sont donc pas sécures
39:32tant qu'il n'y a pas eu
39:32d'exploitation
39:33des bois brûlés
39:34dits de ce nom.
39:35Donc, grande prudence.
39:37Une toute dernière question.
39:38Rapidement,
39:39Christophe Chantopi,
39:40vous n'êtes pas
39:41à la première couverture
39:42d'incendies spectaculaires.
39:43On pense aussi
39:44à celui de Landiras
39:45il y a maintenant 4 ans.
39:47Votre sentiment
39:48quand vous voyez
39:49quand même ces images ?
39:52C'est un sentiment
39:53d'isolation,
39:54notamment à l'ONF,
39:56mais tout forestier
39:57n'est pas forestier
39:58pour voir les incendies
39:59et voir ces espaces calcinés.
40:02Dans le précédent intervenant,
40:05on parlait également
40:05de la faune.
40:06Toute cette faune détruite,
40:07elle n'a pas mérité
40:09de passer sous les flammes.
40:10Après, par contre,
40:11on est dans un cas de figure
40:14en France aujourd'hui
40:15avec un changement climatique
40:16très fort
40:17qui fait que derrière,
40:19ces cas de figure-là
40:20qui étaient plutôt exceptionnels
40:21risquent de devenir
40:23beaucoup plus réguliers.
40:24On a vécu
40:25et on vit actuellement
40:26en France en 2026
40:28des épisodes
40:29effectivement
40:29sur lesquels
40:30il va falloir être chacun
40:31très vigilant
40:31pour que ça se reproduise
40:33le moins possible.
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