Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 1 heure

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Regardez, on peut discuter autant qu'on veut de cette lutte pour le leadership mondial.
00:05Les Etats-Unis reviennent sans cesse dans la conversation.
00:08Aux Etats-Unis, les prĂ©sidents changent, mais la politique reste la mĂȘme.
00:12Les Etats-Unis doivent absolument ĂȘtre le leader et l'hĂ©gĂ©mon dans le monde entier.
00:17Des journalistes américains et l'historien Christopher Hillali s'opposent depuis de nombreuses années à la politique de Washington envers
00:23des pays comme la Russie, l'Iran et bien d'autres.
00:25Sa position indépendante et sa volonté de présenter les événements en dehors des schémas occidentaux habituels, qu'il brise littéralement,
00:32ont attiré l'attention des services spéciaux.
00:34Il a tout simplement été contraint de quitter l'Amérique.
00:37Et dans le studio de l'émission Samoyevrenia, Christopher Ferela l'a expliqué à Ekaterina Strigénova pourquoi il est aujourd
00:43'hui particuliÚrement important de lutter pour les esprits de la jeune génération.
00:47Regardez cela.
00:51Peut-on arrĂȘter cette tentative de réécriture de l'histoire ?
00:56Ou bien ce processus est-il irréversible ?
00:58Je voudrais vous donner un exemple.
01:01Voici mes élÚves, mes étudiants.
01:03Quand je leur demande combien de personnes sont mortes pendant la Grande Guerre Patriotique,
01:08ils rĂ©pondent, eh bien, peut-ĂȘtre un ou deux millions d'AmĂ©ricains, un ou deux millions de Français, de Britanniques.
01:14Et les citoyens soviĂ©tiques demandent, eh bien, peut-ĂȘtre quelques centaines de milliers, peut-ĂȘtre un million de soviĂ©tiques.
01:20Et quand je leur dis chiffres, 27 millions de citoyens de l'URSS, ils sont sous le choc, ils n
01:25'arrivent pas Ă  y croire.
01:27Et mes professeurs disent, ce sont des chiffres exagérés, c'est l'Union soviétique qui l'a dit et puis
01:31c'est tout.
01:36AprÚs la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les relations entre les pays occidentaux et l'Union soviétique sont rapidement
01:41passées de l'alliance à la confrontation.
01:43Les différences idéologiques ont entraßné une montée de la méfiance, donnant le coup d'envoi à la guerre frade.
01:48Au cours des décennies suivantes, les relations sont restées tendues,
01:50marquées par une course aux armements, des crises militaires et une lutte d'influence à l'échelle mondiale.
01:55Et la principale tùche de l'Occident est alors devenue de créer et d'entretenir auprÚs de l'URSS l
02:00'image d'un pays communiste sombre, caché derriÚre le rideau de fer.
02:03Au milieu des années 90, la Nouvelle-Russie a opéré un virage vers l'Occident,
02:08affichant clairement sa volonté de coopérer et développer des relations avec les pays capitalistes.
02:12Mais l'Occident n'Ă©tait pas prĂȘt Ă  dialoguer d'Ă©gal Ă  Ă©gal,
02:14laissant assez vite entendre que l'affrontement lui importait plus que l'amitié.
02:17Les Etats-Unis estiment qu'ils ont une providence divine
02:21et le droit de transformer le monde Ă  leur image et Ă  leur ressemblance.
02:25Nous devons ĂȘtre prudents avec ces rĂ©cits.
02:27Nous sommes constamment exposés à une propagande
02:30qui affirme que les pays hostiles sont des forces du mal.
02:34Le journaliste et historien américain, ainsi que secrétaire international du Parti communiste des Etats-Unis,
02:39Christopher Hillali, s'est toujours opposé à la politique de supériorité idéologique des Etats-Unis sur les autres pays.
02:44D'origine iranienne, il connaßt de premiÚre main les ambitions et les méthodes de Washington pour imposer son ordre partout.
02:50Depuis plusieurs années, Hillali parcourt en tant que journaliste indépendant
02:53toutes les zones de conflit déclenchées par les Américains,
02:56estimant que sa mission est de transmettre une autre vérité au public occidental,
03:00ce qui, bien entendu, ne plaßt pas aux autorités américaines.
03:03AprÚs que le FBI a pertesitionné chez le journaliste
03:05et l'a inscrit sur la liste des personnes interdites de vol à l'intérieur du pays,
03:09Hillali a été contraint de quitter l'Amérique, de s'installer en Russie
03:12et mĂȘme de demander la citoyennetĂ© russe au prĂ©sident Vladimir Poutine.
03:17Christopher, pourquoi l'Occident collectif tient-il tant à présenter la Russie comme un ennemi ?
03:23La Russie est un pays unique, car elle est à la fois européenne et asiatique.
03:28Le territoire de la Russie est immense.
03:30C'est précisément pour cela que l'identité des Russes en Russie est une mosaïque.
03:34Et c'est justement cette mosaïque qui dérange l'Occident,
03:37car l'Occident ne comprend pas oĂč placer la Russie.
03:40Est-ce une histoire asiatique, une histoire européenne ?
03:43Ou bien la Russie a-t-elle sa propre histoire ?
03:45Et c'est pourquoi, chaque fois que la Russie tend la main Ă  l'Occident,
03:49l'Occident crée un récit selon lequel la Russie n'est pas une partie de l'Occident.
03:54Peut-ĂȘtre qu'Ă  l'Ă©poque de l'Empire russe, c'Ă©tait une caricature.
03:57Alors, la Russie, héritiÚre de Byzance, en dehors de l'Europe catholique et protestante,
04:03voilĂ  ce qu'est la Russie.
04:04Et puis, aprÚs la Révolution, la Russie est bien sûr devenue un pays communiste,
04:08et en aucun cas une partie de la famille européenne.
04:11AprÚs cela, la Russie est devenue une sorte d'hybride dans la conscience des Européens.
04:16Elle n'a tout de mĂȘme pas Ă©tĂ© acceptĂ©e.
04:18Et mĂȘme aprĂšs la disparition de l'Union soviĂ©tique,
04:21il y a eu de grands efforts de la part de la Russie,
04:23qui voulaient vraiment faire partie de la communauté européenne.
04:26elle demandait Ă  rejoindre l'Europe.
04:28Mais malgré tout, on a essayé de mettre la Russie,
04:31entre guillemets, de la mettre à l'écart,
04:32parce qu'on la considérait comme une ennemie.
04:34Y a-t-il une diffĂ©rence entre l'attitude des États-Unis envers la Russie et celle de l'Europe
04:40?
04:40L'attitude de l'Europe est bien plus ancienne,
04:43car bien sĂ»r, ils partagent le mĂȘme continent avec la Russie.
04:46Ils sont voisins depuis longtemps.
04:48Vous savez, on peut dire que cela fait déjà des millénaires
04:51que les Européens connaissent les Russes et que les Russes connaissent les Européens.
04:53Mais les États-Unis d'AmĂ©rique sont nĂ©s grĂące Ă  l'Empire russe,
04:58au fait que Catherine Lagrande n'a pas soutenu l'intervention britannique.
05:02Mais au début du XXe siÚcle,
05:03l'Amérique a commencé à adopter de plus en plus la russophobie.
05:06De qui ?
05:07Des Britanniques, des Français, des Allemands.
05:09Et malheureusement, cela fait désormais partie du récit
05:12de l'ensemble des textes sur la Russie aujourd'hui.
05:14L'un des instruments favoris de l'Occident est le mensonge historique et géographique.
05:21Au cours des 100 derniÚres années, la Russie a attaqué au moins 19 pays.
05:26L'économie russe, en termes de taille, ne dépasse pas celle de la Belgique et des Pays-Bas réunis.
05:33Vous savez, ce qui est surprenant ?
05:34Ce qui surprend, c'est que ce mensonge flagrant fonctionne.
05:37Bien sûr.
05:38Oui, ce mensonge fonctionne.
05:40Dans mon universitĂ© aussi, et aux États-Unis,
05:43les Russian Studies, les études russes,
05:45ont été remplacées par les études slaves.
05:47Le département d'études russe,
05:49le département d'études d'Europe de l'Est,
05:50s'appelle désormais ainsi.
05:52Ils ne veulent mĂȘme plus utiliser ce mot.
05:54Russe, Russian, c'est quelque chose qui...
05:57Vous savez comment disent les Allemands ?
05:58The button. Interdit. C'est interdit.
06:00C'est comme ça qu'ils disent.
06:01Le russe est interdit.
06:02Et si tu dois jouer quelque chose de TchaĂŻkovski,
06:05de Shostakovich, Lirpushkin, Dostoyevski,
06:08il faut mettre un avertissement en bague,
06:10genre, oui, désolé, ceci vient de Russie.
06:13Rien de tout cela n'est nécessaire en Occident.
06:15Il ne doit y avoir qu'un seul point de vue.
06:17La Russie, c'est synonyme de barbare.
06:19Les Russes, c'est mal.
06:21Mais en fait, ils se mettent eux-mĂȘmes dans la position de barbare.
06:25C'est la triste vérité.
06:27L'Occident s'est fait le reflet miroir de sa propre idéologie.
06:30Aujourd'hui, l'argument principal de l'Occident
06:34pour justifier la militarisation effrénée,
06:36c'est que la Russie chercherait Ă  attaquer l'Europe.
06:40Mais n'est-ce pas nous qui avons libéré cette Europe à une époque ?
06:45Pourquoi le vieux continent a-t-il adopté ce récit avec autant de facilité ?
06:50Ce récit a été créé.
06:52Et il a été créé justement pour ne surtout pas reconnaßtre
06:55le rÎle majeur de la Russie et de l'Union soviétique.
06:58Eh bien, évidemment, parce que si tu reconnais ce rÎle,
07:02tu admets que la Russie, l'URSS, font partie du processus historique,
07:07qu'il faut s'asseoir Ă  la mĂȘme table,
07:09comme l'Empire russe l'a fait Ă  Vienne
07:11lors des négociations aprÚs les guerres napoléoniennes.
07:13« La Russie a été la force principale
07:17qui a permis à l'Europe de retrouver un équilibre
07:19aprÚs la défaite de Napoléon. »
07:21Mais aujourd'hui, les Européens n'en rÚlent pas.
07:23Ils veulent exclure la Russie.
07:25Et pas sur le nom ça ?
07:26Je peux vous le dire en tant que historien.
07:27Aujourd'hui, les manuels scolaires mettent Hitler et Staline sur le mĂȘme plan.
07:31De plus, dans de nombreuses universités,
07:33les manuels affirment que c'est Staline qui a déclenché la Seconde Guerre mondiale.
07:37Ce n'est pas la guerre de Hitler, mais celle de Staline.
07:39Mais comment peut-on dire une chose pareille ?
07:41C'est incroyable.
07:42Et pourtant, c'est ce qu'on écrit.
07:44Mais l'Union soviétique a vaincu les nazis.
07:47La machine de guerre nazie.
07:49Et en réalité, Zhukov avait raison de dire que nous les avons libérés du nazisme
07:54et qu'ils ne l'oublieront jamais.
07:55Mais dans un sens négatif, ils ne nous le pardonneront pas.
07:58Et nous voyons aujourd'hui une vague de ce refuit de parbon.
08:02Peut-on arrĂȘter cette tentative de réécriture de l'histoire ?
08:05Ou bien ce processus est-il irréversible ?
08:08Je pense que nous devons parler avec les jeunes.
08:11LĂ  oĂč se trouvent les jeunes,
08:13moi-mĂȘme je suis enseignant, je suis professeur,
08:15je discute toujours avec mes étudiants en classe.
08:17Ils ne connaissaient pas l'histoire, ils ne comprenaient pas l'histoire,
08:20mais ils étaient sous le choc.
08:21Et d'autres enseignants me disaient
08:23« Tu es un propagandiste russe, c'est de la propagande du Kremlin, etc. »
08:26Je répondais « C'est de l'histoire. »
08:29Mais aujourd'hui, on oublie cela.
08:30Aujourd'hui, nous avons une mission.
08:32Nous devons parler avec les jeunes, dans les médias, partout, sur les réseaux sociaux.
08:37Nous devons transmettre la vérité.
08:39Et peu importe ce que nous faisons.
08:41Nous organisons certains événements, nous écrivons un poste, par exemple,
08:44ou nous donnons une conférence devant des gens.
08:46Nous sommes obligés de parler avec la jeunesse,
08:49parce qu'aujourd'hui, il y a une guerre pour leurs esprits.
08:51Et en plus, il faut rencontrer ces jeunes un peu plus tĂŽt,
08:54avant qu'ils ne soient empoisonnés.
08:57Je voudrais vous donner un exemple.
08:59Voilà, ce sont mes élÚves, mes étudiants.
09:01Quand je leur demande
09:02« Combien de personnes sont mortes pendant la Grande Guerre Patriotique ? »
09:06Ah bien, ils disent peut-ĂȘtre
09:08« Un ou deux millions d'Américains,
09:10un ou deux millions de Français,
09:11de Britanniques. »
09:12Et pour les citoyens soviétiques,
09:14ils rĂ©pondent « Peut-ĂȘtre quelques centaines de milliers,
09:16peut-ĂȘtre un million de soviĂ©tiques. »
09:19Mais quand je donne ce chiffre,
09:2027 millions de citoyens de l'URSS,
09:22ils sont sous le choc,
09:24ils n'arrivent pas à y croire, à croire à ça.
09:26Et mes professeurs disent
09:27« Ce sont des chiffres exagérés,
09:29c'est l'Union soviétique qui l'a dit,
09:30c'est tout, ces chiffres ne sont pas réels. »
09:33Imaginez-vous ça.
09:34Bien sĂ»r, aux États-Unis,
09:35on parle de l'Holocauste,
09:36on parle de ces 6 millions.
09:37Mais quand je parle des 27 millions de citoyens de l'URSS,
09:40ils n'arrivent pas Ă  y croire.
09:43Ce chiffre ne rentre pas dans leur esprit.
09:45Et nulle part,
09:46on ne voit ces victimes du cÎté de l'URSS.
09:48Et trĂšs lentement,
09:50cette grande contribution de l'URSS
09:51devient de moins en moins importante.
09:53Dans les manuels d'histoire,
09:54on l'efface.
09:55Peut-ĂȘtre qu'ils Ă©criront un paragraphe,
09:57peut-ĂȘtre deux,
09:58peut-ĂȘtre quelques pages.
09:59C'est tout.
10:00Puis cela s'efface,
10:01puis la mémoire s'efface.
10:03Et la chose la plus importante,
10:05c'est que les faits les plus fondamentaux
10:06sont inconnus.
10:07Pourquoi ?
10:08Eh bien,
10:08parce qu'aussitĂŽt que tu reconnais
10:10qu'il y a 27 millions de morts,
10:12tu affirmes que la fédération de Russie,
10:14j'insiste,
10:14que c'était un génocide du peuple soviétique.
10:17Et c'est ce que c'était.
10:19Et ensuite,
10:19il faut se demander
10:20pourquoi,
10:21pourquoi les Américains et les Britanniques
10:22ont-ils mis si longtemps
10:23Ă  ouvrir le second front ?
10:25Parce qu'en fait,
10:26Staline,
10:27Joseph Staline,
10:27a longtemps demandé cela.
10:29Rejoignez-nous.
10:30Et voilĂ ,
10:31en 1944,
10:32ils ouvrent le second,
10:34le second front.
10:35Mais mes étudiants pensent
10:36que Normandie,
10:37ni mĂȘme,
10:37c'est cette opération-là.
10:38Ils ne savent rien,
10:39ni sur Stalingrad,
10:40ni sur le siĂšge,
10:41ni sur Moscou,
10:42ni sur Stalingrad.
10:43Ils ne savent rien du tout.
10:44Et au fil de mes années de pratique,
10:46j'ai eu une excellente occasion
10:48de simplement comprendre
10:49comment pensent mes étudiants.
10:51Leur esprit était vide
10:52lorsqu'ils étaient confrontés
10:53Ă  quelque chose
10:54que l'URSS avait fait dans l'histoire,
10:56surtout en ce qui concerne
10:57la Seconde Guerre mondiale.
10:58De plus,
10:59le fait encore plus inquiétant,
11:01c'est que dans les universités
11:03de rang supérieur aux Etats-Unis,
11:05tout le monde dit
11:06que c'est une sorte de culte,
11:07une religion qui a été gonflée
11:09en URSS,
11:10et puis c'est tout.
11:10Le culte de la victoire.
11:12Nous voyons comment
11:13les politiciens occidentaux
11:15crient sur toutes les tribunes
11:16que la Russie est isolée.
11:18Ils imposent des sanctions
11:20contre notre pays.
11:21Mais la Russie continue de vivre,
11:23de coopérer avec d'autres pays,
11:25de maintenir son économie à flot.
11:27Lorsque vous étiez
11:28au Forum économique
11:29de Saint-Pétersbourg en juin,
11:31vous avez pu vous-mĂȘme
11:32constater combien de contrats
11:34y ont été signés,
11:35quelles rencontres ont lieu.
11:36Pourquoi l'Occident
11:38n'a-t-il finalement
11:39pas réussi
11:39Ă  annuler
11:40complĂštement la Russie ?
11:43Parce que c'est impossible.
11:44Il est impossible
11:45de réduire la Russie
11:47à néant.
11:47Il y a 192 pays,
11:49voire plus,
11:50dans le monde.
11:51L'Amérique n'est pas
11:52la majorité.
11:53Le Nord n'est pas
11:54la majorité
11:55et l'Occident en tant que tel
11:56n'est pas la majorité mondiale.
11:59J'ai vu les pays
12:00de la majorité mondiale
12:01au Forum international
12:02de Saint-Pétersbourg
12:03et j'ai tout de suite compris
12:05à Saint-Pétersbourg
12:06que le monde
12:06est bien plus vaste
12:07que l'Europe.
12:08Le monde est bien plus vaste
12:09que les Etats-Unis
12:10et quand tu regardes
12:11le monde entier,
12:13qui a apporté
12:14ces percées technologiques ?
12:16Ce sont des voitures,
12:17des trains,
12:18ce sont différentes réalisations
12:20de la Russie
12:20que nous voyons aujourd'hui
12:22en Russie.
12:22Tout ce qui a été
12:23accompli aujourd'hui,
12:24le travail économique
12:25dans l'Arctique,
12:26dans la logistique,
12:27dans l'extraction
12:27des ressources naturelles,
12:28dans la technologie
12:29et je ne parle pas seulement
12:30de l'informatique.
12:31La biomédecine par exemple
12:32est excellente en Russie.
12:34Il est impossible
12:35de vaincre ou d'arrĂȘter ce pays.
12:36Ce pays a été le premier
12:37Ă  ouvrir l'espace au monde.
12:39On ne peut pas arrĂȘter la Russie
12:41et dans ce contexte,
12:42si tu n'arrives pas
12:43Ă  comprendre cela,
12:44comme les Européens
12:45et les Américains
12:45qui n'y parviennent pas,
12:46tu te heurtes Ă  une erreur.
12:48En ce moment,
12:49ce sont les Européens
12:50et les Américains
12:51qui commencent Ă  repousser la Russie
12:52et la Russie répond
12:53trĂšs bien,
12:54alors nous trouverons
12:54d'autres amis.
12:55Pourquoi pas ?
12:56Et le forum de Saint-Pétersbourg
12:57a montré que la Russie
12:58est ouverte au monde
12:59et que le monde
13:00est ouvert Ă  la Russie.
13:01Si tu respectes la Russie,
13:02les portes sont ouvertes.
13:03Si tu ne respectes pas,
13:04désolé à s'enfermer.
13:05Vous savez,
13:06en préparant notre interview,
13:08j'ai bien sûr étudié
13:09votre biographie
13:10et j'ai été surprise
13:11d'apprendre
13:12que vous ĂȘtes communiste,
13:13secrétaire
13:14du Parti communiste
13:15international d'Amérique.
13:16Mais en Occident,
13:17on faisait peur aux enfants
13:19avec le communisme.
13:20Pourquoi l'avez-vous rejoint
13:21et pas seulement rejoint,
13:23mais pratiquement pris la tĂȘte
13:25pour ainsi dire,
13:26du Parti communiste
13:28en particulier ?
13:29Qu'est-ce qui vous a attiré ?
13:31Je crois en l'égalité.
13:33Je crois aux investissements
13:34dans la société
13:35qui portent leurs fruits,
13:37qui se régénÚrent.
13:38Je crois Ă  l'investissement,
13:40aux investissements
13:41dans l'éducation,
13:42dans la santé.
13:44Je crois au soutien des gens,
13:45des simples ouvriers
13:46qui n'ont peut-ĂȘtre pas
13:47un niveau d'éducation
13:48aussi élevé
13:48et ainsi de suite.
13:50Mais quand je regarde
13:51un simple ouvrier,
13:52il a autant de dignité
13:54que n'importe quel président,
13:55qu'un roi.
13:56Parce que c'est un ĂȘtre humain
13:57comme les autres.
13:58En fait, vous savez,
13:59comme on dit dans l'Église orthodoxe,
14:00Ă  l'image et Ă  la ressemblance
14:01de l'homme.
14:02À l'image et à la ressemblance
14:03de Dieu.
14:04VoilĂ  ces gens-lĂ .
14:05Bien sûr, cela signifie
14:07que nous sommes tous dotés
14:08de cette qualité.
14:09Et je pense que la philosophie
14:11du communisme,
14:12l'idéologie communiste,
14:14on a essayé de l'intégrer
14:15dans la réalité politique.
14:18Oui, ça n'a pas marché
14:19au début,
14:19mais je crois quand mĂȘme
14:21qu'il y a quelque chose
14:22dans l'idée socialiste.
14:23Il y a une part de vérité
14:24dans l'idée communiste
14:25qu'on peut prendre
14:26et utiliser
14:27si l'on a un systĂšme hybride.
14:29Ça me convient,
14:31mais je pense qu'on doit
14:32se concentrer sur la majorité,
14:34sur la plupart des gens
14:35qui n'ont ni millions
14:36ni milliards,
14:38sur les gens simples,
14:39qui méritent
14:40d'ĂȘtre traitĂ©s correctement,
14:41avec dignité.
14:42Et le communisme américain
14:44est-il différent d'une autre
14:46de la version classique
14:48du communisme ?
14:51Vous seriez surpris,
14:52mais par exemple,
14:53le 1er mai,
14:54on s'élÚvre
14:54la fĂȘte des travailleurs.
14:57Parce qu'il y a eu
14:58un massacre Ă  Chicago.
15:00C'est-Ă -dire que l'histoire
15:01du 1er mai,
15:01des manifestations
15:02du 1er mai, etc.,
15:03vient des Etats-Unis.
15:05Aux Etats-Unis,
15:06il y a une histoire profonde
15:07du socialisme,
15:08du communisme,
15:09de l'anarchisme,
15:10du syndicalisme,
15:11des syndicats,
15:12et ainsi de suite.
15:13Autrement dit,
15:14on voit que l'histoire
15:15contemporaine des Etats-Unis
15:16a mené le pays
15:17au modĂšle d'Etat
15:18qu'il est aujourd'hui.
15:19Et avant cela,
15:21jusqu'aux années 70,
15:2380,
15:24c'était quelque chose
15:25de fort,
15:26de trĂšs fort.
15:27Mais ensuite,
15:28le maccartisme est arrivé
15:30aprĂšs la Seconde Guerre mondiale.
15:31Et l'érosion du socialisme
15:33aux Etats-Unis
15:34s'est manifestée.
15:35Le terme maccartisme
15:37est entré dans l'histoire
15:38des Etats-Unis
15:39pour désigner la campagne
15:40de recherche d'agents communistes
15:41à la fin des années 40
15:42et au milieu des années 50
15:44du XXe siĂšcle.
15:45Il doit son nom
15:46au sénateur républicain
15:47Joseph McCarthy.
15:49Juste aprĂšs la fin
15:50de la Seconde Guerre mondiale,
15:51des craintes sont apparues
15:52aux Etats-Unis
15:52que le communisme
15:53se répande à l'intérieur du pays
15:55et entraĂźne
15:56des conséquences irréversibles.
15:57En septembre 1950,
15:59le CongrÚs américain
16:00a adopté la loi
16:00sur la sécurité intérieure
16:01qui obligeait
16:02les organisations communistes
16:03Ă  s'enregistrer
16:04auprĂšs du ministĂšre de la Justice
16:05en tant qu'agent
16:06de puissance étrangÚre.
16:07Et la loi sur le contrĂŽle communiste
16:09Humphrey Butler,
16:10adopté quatre ans plus tard,
16:12déclarait carrément
16:13le parti communiste
16:13des Etats-Unis illégal.
16:15Le privé de ses droits
16:16interdisait Ă  ses membres
16:17d'occuper des postes
16:18dans la fonction publique fédérale
16:19et que se présentait
16:20aux élections fédérales.
16:22Cependant,
16:22à la fin de l'année 1954,
16:24le président américain
16:25Dwight Eisenhower
16:26a publiquement condamné
16:27le macartisme
16:28et les persécutions
16:29contre les communistes
16:29en Amérique
16:30ont pratiquement cessé,
16:31tandis que les lois
16:32adoptées auparavant
16:32ont été abrogées.
16:37Mais le socialisme
16:39patriarcal
16:39aux Etats-Unis
16:40est bien plus ancien
16:42que le socialisme
16:43en URSS.
16:44Par exemple,
16:45il y avait des amis,
16:46des collĂšgues
16:46de Karl Marx.
16:47Karl Marx écrivait
16:48des lettres
16:49Ă  Abraham Lincoln,
16:50donc cela fait aussi
16:51partie de notre histoire,
16:52de l'histoire américaine.
16:54Oui,
16:55l'expérience soviétique
16:56était teintée
16:56de caractéristiques russes,
16:58mais en Amérique,
16:59le socialisme américain,
17:00l'expérience socialiste
17:02a également eu lieu.
17:03Elle est aussi teintée
17:04de couleur américaine
17:05et elle est profondément
17:07ancrée dans notre conception
17:08de nous-mĂȘmes.
17:08Et si l'on sait cela,
17:10ce que beaucoup de gens
17:11aujourd'hui ne comprennent pas,
17:12alors le tableau
17:13devient plus large.
17:14Pourquoi ĂȘtes-vous
17:14parti d'Amérique ?
17:17Malheureusement,
17:18à cause des répressions
17:19qui m'attendaient
17:20aux Etats-Unis
17:21et auxquelles j'ai été soumis,
17:23notamment de la part
17:24du FBI,
17:25lorsque l'on m'a accusé
17:26d'ĂȘtre un agent
17:27non enregistré
17:27de la Fédération de Russie,
17:29que je faisais
17:30de l'espionnage,
17:31du renseignement,
17:32vous appelez cela
17:33comme vous voulez,
17:34parce que j'ai été
17:35de nombreuses fois
17:36dans le Donbass,
17:37par exemple lorsque j'étais
17:38en Russie en avril dernier
17:40et que je suis revenu,
17:42mon adjoint a été condamné
17:43aux Etats-Unis,
17:45une perquisition a été menée
17:46chez mon adjoint.
17:49J'ai contacté mon avocat
17:50et l'avocat m'a dit
17:51« Non, ne reviens pas
17:53aux Etats-Unis. »
17:54Et je suis resté ici.
17:55Disons que je suis devenu
17:57en quelque sorte
17:58membre de ce groupe
17:59qu'on a tout simplement
18:00chassé de chez lui.
18:01Et j'accepte cela.
18:02parce que j'accepte ma croix.
18:05Dieu merci.
18:06Je peux ĂȘtre ici
18:06et continuer mon travail
18:07jusqu'au bout.
18:08On pourrait parler avec vous
18:09sans fin.
18:10Merci beaucoup Ă  vous.
18:11J'ai pris beaucoup de plaisir
18:12Ă  discuter avec vous
18:13et je suis sûre
18:15que ce n'est pas la derniĂšre fois
18:16que nous me rencontrons.
18:19Christopher,
18:20oĂč travaillez-vous en ce moment ?
18:21Vous vous exprimez vraiment
18:23de façon remarquable.
18:24Vous connaissez trĂšs bien
18:26l'histoire.
18:27Donc je pense que nos universités
18:29devraient tout simplement
18:30se battre pour avoir
18:31un enseignant comme vous.
18:32Parce que vous ne vous contentez
18:34pas de raconter.
18:35Vous savez transmettre
18:37votre passion
18:37et on a envie de vous suivre.
18:40Je travaille ici
18:41comme journaliste.
18:42Je suis journaliste.
18:43J'ai ma propre chaßne médiatique.
18:45Nous avons environ
18:46un demi-million d'abonnés.
18:47Je fais ce travail médiatique
18:48et en plus,
18:50je travaille aussi
18:50dans d'autres domaines.
18:52C'est un travail humanitaire.
18:53J'interagis avec des personnes
18:54dans les zones
18:55de l'opération militaire spéciale.
19:00L'interview était vraiment intéressante.
19:02Elle m'a captivé.
19:03Et concernant l'histoire,
19:04aujourd'hui,
19:04nous allons aussi présenter
19:05un autre sujet intéressant.
19:06Nous allons en parler.
19:07Konstantin Vassilievich,
19:09la perception des Russes
19:10en Occident,
19:11est-elle conditionnée
19:11par l'éducation
19:12ou par la vérité historique ?
19:14Parce qu'aujourd'hui,
19:15l'éducation et la vérité historique
19:16en Occident
19:17sont deux choses
19:17complÚtement différentes.
19:19Elle est bien sûr
19:20conditionnée à la fois
19:21par l'éducation
19:22et par le niveau
19:23d'exposition
19:24au traitement médiatique.
19:25Parce que nous comprenons bien,
19:27c'est justement de cela
19:28qu'il était question
19:29Ă  l'instant,
19:30qu'un nombre énorme,
19:32vraiment énorme
19:32d'informations
19:33s'abat sur les Européens.
19:35De mensonges.
19:36De mensonges.
19:37Et en effet,
19:38leur conscience
19:39est trÚs activement façonnée
19:40en ce qui concerne la Russie.
19:42Cela concerne aussi bien
19:43la déformation de l'histoire
19:44que la situation actuelle.
19:46C'est pourquoi,
19:47quand vous parlez
19:47du niveau d'éducation,
19:48Ruslan,
19:49je pense que vous supposez
19:51qu'une personne
19:51qui a vraiment essayé
19:53sincĂšrement
19:53de se pencher sur ces sujets,
19:55elle possĂšde en quelque sorte
19:56un vaccin
19:57contre ce type de manipulation.
19:59Mais malheureusement,
20:00la grande majorité
20:01des Européens
20:02consomment tous
20:03contenus mensongers
20:04et de façon assez active.
20:06Ce n'est pas un hasard
20:06si nous ne voyons pas
20:07de protestations actives
20:08en Europe,
20:09pas de protestations
20:10vraiment massives
20:11contre le soutien Ă  l'Ukraine.
20:12Parce que,
20:13par qu'il existe déjà
20:14une source officielle
20:15d'information,
20:15et en Occident,
20:17on fait confiance
20:17Ă  cette source officielle
20:18d'information.
20:19L'intelligence artificielle.
20:21Aujourd'hui,
20:22beaucoup de gens
20:22ont ce qui cherchent sur Google.
20:24MĂȘme le mot « googler »
20:24est déjà mal utilisé.
20:26Nous parlons de ce
20:26dont on gave les Européens.
20:28C'est ce dont on les gave.
20:29Allez, arrĂȘte !
20:30Mais comment ?
20:31Pourquoi ?
20:32On reparlera de l'IA
20:33ensemble plus tard.
20:34Parce qu'ils remplissent
20:34les données concernant
20:35les événements
20:36et parfois ils sortent
20:37des informations incroyables.
20:38Ils s'entraĂźnent
20:39sur des textes spécifiques.
20:40Donc si on propose
20:41à un Européen
20:42l'intelligence artificielle
20:43comme une sorte
20:43de réalité objective,
20:44alors qu'elle est déjà formatée ?
20:46Sur les manuels
20:47selon lesquels nous avons appris.
20:48Alors il verra
20:49exactement la mĂȘme chose
20:49dans cette intelligence artificielle.
20:51Il existe un bon moyen
20:52de contrer les manuels.
20:53Ça s'appelle la vraie vie.
20:54Toute leur vie,
20:54on a appris sur la Chine
20:55que c'était des sauvages jaunes
20:56on les traitait
20:57de façon raciste.
20:58Puis on a appris
20:58que c'était des communistes
20:59maudits
21:00avec leur Mao Zedong
21:01et maintenant
21:01on s'incline devant la Chine.
21:03Pourquoi ?
21:03Parce que la Chine a du pouvoir.
21:04L'intelligence artificielle.
21:06Parce que ?
21:07La Chine possĂšde
21:07l'intelligence artificielle.
21:09Quand on a
21:09de la puissance économique,
21:11militaire et politique,
21:12tout le monde vous respecte.
21:14Peu importe
21:14les manuels d'histoire.
21:15Mais s'accrocher éternellement
21:17aux manuels d'histoire,
21:18bon, c'est quand mĂȘme...
21:19Mais aujourd'hui,
21:20c'est quoi la puissance ?
21:21SincĂšrement,
21:22que plaisanter et rire
21:23est parfois assez justifié.
21:25Parce que ce qu'on fait
21:26et ce qu'on dit en Occident,
21:27ça ne peut que faire sourire.
21:28Mais ensuite,
21:29tout cela se traduit
21:30par des actions économiques,
21:31militaires et politiques
21:32bien réelles.
21:33Qu'est-ce que la puissance
21:34aujourd'hui ?
21:35Est-ce l'armée,
21:36l'économie
21:36ou l'intelligence artificielle ?
21:38Je le dis sans aucune ironie,
21:39car c'est vraiment
21:40un sujet totalement nouveau
21:41qui, apparemment,
21:42fait désormais partie
21:43de notre vie pour toujours
21:44et il change considérablement
21:46l'équilibre des forces.
21:47Oui.
21:47Non, l'intelligence artificielle
21:49ne peut quand mĂȘme pas
21:49remplacer l'intelligence humaine.
21:51La question est
21:51oĂč est la force, frĂšre ?
21:53Posez ici,
21:54dans notre studio,
21:55sur la Une.
21:56Exactement.
21:56Voyez-vous,
21:57malheureusement,
21:57dans le monde capitaliste moderne,
21:59la force s'exprime souvent
22:00par l'économie.
22:01On n'a pas commencé
22:02Ă  aimer la Chine
22:02parce qu'on s'est lié
22:03Ă  aimer Confucius,
22:04les préceptes de Mao Zedong
22:05ou de Deng Xiaoping,
22:06mais parce qu'elle a de l'argent.
22:07Bien sûr,
22:08parce que la Chine,
22:09grùce à son marché
22:10et Ă  son argent,
22:11a su se frayer un chemin.
22:12A-t-on commencé à l'aimer
22:13ou simplement Ă  le respecter
22:14pour faire des affaires avec lui ?
22:16Vous ĂȘtes aussi spĂ©cialiste
22:17des relations internationales.
22:18Erson n'aime jamais personne.
22:20Il n'y a plus de peuple, frĂšre.
22:21Il n'y a pas d'amitié éternelle.
22:23Il n'y a que le calcul cynique.
22:25Tout le monde respecte la Chine
22:26et se prosterne devant elle.
22:31J'utilise le mot cynique,
22:32disons plutĂŽt pragmatique.
22:33Quand on a de l'argent,
22:34on a ensuite en général
22:36la technologie aussi.
22:37Comme la Chine a racheté
22:38tous ses spécialistes occidentaux
22:40et maintenant les voitures chinoises
22:41sont meilleures
22:42que les Américaines
22:42et les Européennes.
22:43Racheter.
22:44Les AmĂ©ricains eux-mĂȘmes.
22:45On exportait lĂ -bas
22:46dans les années 60 et 70.
22:47Ils ont pu le faire.
22:48Si vous avez de l'argent,
22:49vous avez de l'influence,
22:50du pouvoir.
22:51Malheureusement,
22:52aujourd'hui,
22:52la force réside dans l'argent,
22:53pas dans les manuels d'histoire.
22:55Dans les manuels d'histoire,
22:56vous pouvez avoir
22:56mille fois raison.
22:57Mais si aujourd'hui
22:58vous ĂȘtes faible,
22:59tout le monde vous méprisera
23:00et tous les accords
23:01avec vous seront rompus.
23:02Alexei,
23:03ces manuels d'histoire,
23:04lĂ  vous venez de toucher
23:05un point trĂšs sensible chez moi.
23:06Les manuels d'histoire,
23:07c'est vraiment...
23:08Par précaution,
23:09faites attention.
23:09Il faut lire les manuels d'histoire,
23:11il faut comparer les informations.
23:13Bien sûr,
23:13on ne peut pas faire confiance
23:14Ă  un seul manuel,
23:15mais il faut apprendre l'histoire
23:17Ă  partir des manuels,
23:18des bons manuels.
23:19Alexei Sadigiewicz,
23:20on va changer de sujet maintenant.
23:22Attendez,
23:23je veux parler de la force.
23:24PrĂȘt ?
23:25Les revues historiques,
23:25qu'il faut analyser le contenu.
23:27OĂč peut-on aller
23:27sans l'histoire, franchement ?
23:29OĂč est la force, frĂšre ?
23:30OĂč est la force, frĂšre ?
23:31La force,
23:32c'est le patriotisme,
23:34l'amour de la patrie.
23:35À propos de l'histoire,
23:36voilĂ  ce que je voulais dire
23:37sur la mémoire historique.
23:39Ce qui se passe aujourd'hui
23:40en Europe et en Occident,
23:41ce n'est absolument pas
23:43une situation unique.
23:44La russophobie européenne
23:45existe depuis plusieurs siĂšcles.
23:47Si on regarde ce qu'écrivaient
23:48les voyageurs européens
23:49il y a 500 ans,
23:50je ne sais pas,
23:50par exemple la correspondance
23:51entre Ivan le Terrible
23:52et Korski,
23:53et ensuite cette correspondance
23:54était reproduite
23:55et diffusée dans les cours
23:56pour de l'argent
23:56par la noblesse polonaise.
23:57C'était donc purement commandité.
23:59On dit que
24:00toute la correspondance,
24:01disons,
24:02ne correspond pas à la réalité.
24:04Donc oĂč ?
24:04C'était du matériel de propagande.
24:06Rappelez-vous
24:07le testament de Pierre le Grand
24:08sur lequel Napoléon
24:09s'est appuyé
24:09lors de son invasion de la Russie.
24:11Il y a énormément
24:12d'exemples de ce genre.
24:13C'est-Ă -dire qu'ils ont
24:14toujours formé méthodiquement
24:15et continuent de le faire.
24:17L'image d'une Russie maléfique,
24:19de la menace russe,
24:20c'est nus,
24:20afin de pouvoir continuer
24:21Ă  exercer une pression militaire
24:23sur nous.
24:23Il suffit de se souvenir
24:24de la guerre de Crimée.
24:25C'est tout à fait ça.
24:26Et qu'est-ce qu'on écrivait
24:27sur les Allemands ?
24:28Les Allemands étaient représentés
24:29de toutes les maniĂšres possibles,
24:30comme des porcs,
24:31des idiots incultes,
24:32des militaires,
24:33des brutes complĂštement stupides.
24:35Mais l'Europe unie
24:36n'a pas attaqué les Allemands.
24:38LĂ , nous discutons
24:39d'une histoire
24:40tout à fait légitime,
24:41correcte,
24:42en tant qu'histoire.
24:43Mais discutons un peu
24:44de l'histoire
24:45telle qu'elle est enseignée,
24:46comme un instrument politique moderne.
24:48VoilĂ , c'est le cas.
24:48Oui, c'est dernier temps.
24:50C'est le dernier temps ?
24:51On n'écrit plus vraiment l'histoire.
24:53On l'a réécrit.
24:56Vase.
24:57Regardez,
24:58Harvard est une université
24:59qui est considérée,
25:00enfin, jusqu'à présent,
25:01si je comprends bien,
25:02comme l'une des plus prestigieuses
25:03oĂč l'on enseigne,
25:05enfin, c'est censĂ© ĂȘtre le cas,
25:06selon les canons
25:07de la vérité historique.
25:08On a envie d'y croire.
25:09Au moins,
25:10ils devraient connaĂźtre
25:11certains événements.
25:12VoilĂ ,
25:12nous avons enregistré
25:13quelques commentaires,
25:15une interview
25:15d'une étudiante de Harvard
25:16qui venait littéralement
25:18de sortir du campus.
25:19Et on pourrait penser
25:20qu'une étudiante
25:20en études slaves
25:21devrait bien connaĂźtre
25:22l'histoire et la culture
25:23des peuples slaves,
25:23puisque c'est précisément
25:24sa spécialité.
25:25Mais voilà ce qui s'est passé.
25:28PremiĂšre question.
25:29Quelles sont les langues slaves ?
25:31Il y en a beaucoup.
25:33Le tchĂšque,
25:33le polonais,
25:34l'ukrainien,
25:34le biélorusse,
25:37et c'est tout.
25:38Qu'est-ce que l'alphabet
25:39syrillique ?
25:41C'est un alphabet
25:42utilisé par les ukrainiens
25:43et les russes.
25:45Quelle est la signification
25:46historique de la russe de Thiev ?
25:48C'est justement
25:48ce qu'on vient d'étudier.
25:49En gros,
25:50c'est un endroit en Ukraine.
25:51Il est intéressant
25:52de noter qu'aujourd'hui,
25:53c'est surtout
25:53l'orthographe incorrecte,
25:55dit répondu.
25:56En fait,
25:56les russes et les ukrainiens
25:57écrivent ce nom différemment.
25:59Il est important pour nous
26:00d'utiliser la version ukrainienne,
26:01parce que les russes
26:02aiment dire que c'est leur pĂšre.
26:03Et enfin,
26:04une derniĂšre chose.
26:05Quelle influence
26:05l'Union soviétique
26:06a été lue sur les pays slaves ?
26:08Eh bien,
26:09il les a tous absorbés
26:10et c'était horrible.
26:13Est-ce que je peux dire
26:14juste une phrase ?
26:15On dit que le savoir,
26:16c'est le pouvoir.
26:17Michel Foucault
26:17a renversé cette formule.
26:19Le pouvoir,
26:19c'est le savoir.
26:20Celui qui détient le pouvoir
26:21écrit aussi les manuels d'histoire.
26:23C'est lui qui enseignera.
26:24Celui qui gagne dans l'histoire,
26:25gagne tout court.
26:26C'est à propos des élÚves
26:27de l'histoire.
26:27Moi, je suis né
26:28et j'ai grandi en Ukraine.
26:29Et de 1999 Ă  2010,
26:31j'ai étudié
26:32dans une école ukrainienne
26:33Ă  Kiev.
26:34Et pendant toute la période
26:35oĂč j'Ă©tais Ă©lĂšve,
26:35on a réécrit
26:36nos manuels d'histoire
26:37trois fois.
26:38Au début,
26:39nous avons eu des manuels
26:40qui avaient été rédigés
26:41sous Kuchma,
26:41puis sous Yushchenko.
26:43Ils ont été,
26:43excusez-moi l'expression,
26:44complÚtement massacrés.
26:46Ensuite,
26:46vers la fin du mandat
26:48de Yanukovitch,
26:49ils sont en quelque sorte
26:49revenus en arriĂšre.
26:51Et d'abord,
26:52rien de ce que j'ai entendu
26:52dans l'interview
26:53de cette jeune femme
26:54ne m'étonne.
26:55Et deuxiĂšmement,
26:55je pense qu'il n'est pas
26:56toujours nécessaire
26:57de lire absolument
26:58les manuels d'histoire.
26:59Pourquoi ?
27:00Parce que ce qui enseignait
27:01aujourd'hui,
27:01non seulement en Ukraine,
27:02mais aussi dans certains
27:03pays européens,
27:03c'est vraiment un gros problĂšme.
27:05Et cette question
27:06nécessite sans doute
27:07une réflexion particuliÚre,
27:08y compris de la part
27:09de notre ministĂšre
27:10des Affaires étrangÚres.
27:11Parce que tout cela
27:12nécessite vraiment
27:13une révision sérieuse
27:14et une approche politique
27:16rigoureuse
27:16quant à ce qui est écrit
27:18et à la façon
27:19dont on se fait
27:20une idée de nous.
27:20Écoutez,
27:21et quels sont les manuels
27:22dans les pays post-soviétiques ?
27:23C'est encore pire.
27:24Ceux-lĂ ,
27:25pas encore,
27:25ce sont des ennemis
27:26historiques permanents.
27:27Mais ceux qui se sont
27:28séparés de nous
27:29en 1991,
27:30eh bien,
27:31lisons un peu
27:31ce qu'on écrit
27:32dans les républiques
27:33du Caucase
27:33en Asie centrale.
27:34LĂ -bas,
27:35la Russie et les Russes
27:36sont partout reconnus
27:37et présentés
27:38comme des colonisateurs.
27:39Les manuels d'histoire
27:40servent d'outils
27:40pour former les jeunes.
27:41Et aujourd'hui,
27:42l'idéologie des pays
27:43post-soviétiques
27:44s'y oppose.
27:44La Russie,
27:45voilĂ ,
27:45par exemple.
27:46Est-ce que je peux
27:46vous demander,
27:47en tant qu'expert militaire,
27:48une question ?
27:49La réécriture
27:50des manuels d'histoire,
27:51c'est aussi,
27:51en quelque sorte,
27:52une technologie militaire
27:54de victoire de l'adversaire.
27:55Simplement,
27:56ce n'est pas une arme.
27:57Ce n'est pas avec des bombes.
27:58C'est autre chose.
27:58C'est d'ailleurs
27:59ce Ă  quoi s'emploient
28:00les ministĂšres
28:00de la Défense occidentaux,
28:01sans doute, entre autres.
28:02Et Ă  quel point
28:03cette arme est-elle dangereuse ?
28:04Et existe-t-il
28:05des moyens de défense
28:05anti-aérienne
28:06ou de guerre électronique
28:07contre ce genre de fonction ?
28:08Eh bien,
28:09tout d'abord,
28:09la sphĂšre cognitive,
28:10c'est évident,
28:11est déjà un théùtre
28:12d'opérations militaires
28:13Ă  part entiĂšre.
28:14Ce sont ces flux
28:15d'informations
28:15qui, d'ailleurs,
28:16forment aussi
28:16la base de l'intelligence artificielle.
28:25C'est un résultat final
28:25auquel on commence
28:26déjà à faire confiance.
28:28Eh bien sûr,
28:29bon sang,
28:30Internet,
28:30c'est Ă  la base
28:31une technologie militaire.
28:32Rappelons-nous
28:33la nature
28:33de l'outil de couverture
28:35par des réseaux
28:36d'informations mondiaux
28:37qui, bien entendu,
28:38sont contrÎlés
28:39et dont le contenu
28:40est enrichi précisément
28:41par l'information
28:42qui sert
28:43les intĂ©rĂȘts gĂ©opolitiques
28:44et géoéconomiques
28:45des parties prenantes
28:46de ces technologies
28:47qui sert
28:48les intĂ©rĂȘts gĂ©opolitiques
28:49et géoéconomiques
28:50des parties prenantes
28:51de ces technologies
28:52priandies.
28:53De facto,
28:54il s'agit aujourd'hui
28:54d'une confrontation
28:55technologique mondiale.
28:56D'ailleurs,
28:57nous en avons disputé
28:58ici aussi,
28:58entre autres.
28:59Et lĂ ,
28:59les Etats-Unis
29:00avec leur secteur informatique,
29:01oui,
29:01ce sont les soi-disant
29:02techno-oligarques.
29:04Rappelons-nous de CARP
29:05avec sa révolution technologique
29:07et les récits
29:08qui, de facto,
29:10expriment des revendications,
29:12oui,
29:12de domination technologique
29:14et de soumission.
29:15C'est quand vous demandiez
29:16qu'est-ce que le pouvoir
29:17aujourd'hui ?
29:18Le pouvoir,
29:19c'est la maĂźtrise
29:20des technologies
29:21et l'imposition
29:22des standards.
29:22Quand tu es intégré
29:23dans ce cercle d'influence,
29:24et que tu n'as pas
29:26d'autres options,
29:27tu utilises les technologies
29:28occidentales.
29:28Ou orientales.
29:30Ou orientales.
29:30En ce moment,
29:31oui,
29:31il y a une séparation
29:32qui s'opĂšre,
29:33donc bien sûr,
29:34on aimerait avoir les nĂŽtres.
29:35Et nous devons développer
29:36nos propres technologies
29:37de maniĂšre souveraine.
29:38C'est absolument la clé
29:40pour préserver
29:40notre indépendance
29:41Ă  l'avenir.
29:42Et les technologies
29:43liées au calcul quantique,
29:45oĂč nous menons Ă©galement
29:46certains axes,
29:47ainsi que les technologies
29:48spatiales,
29:50aussi globales
29:51que cela puisse paraĂźtre,
29:52c'est le pilier
29:53de la souveraineté future
29:54des acteurs clés,
29:55y compris notre pays.
29:57On aimerait quand mĂȘme croire
29:58que la force réside
29:59dans la vérité.
30:00Oui,
30:01la force est dans la vérité.
30:02Mais en ce qui concerne
30:04la réécriture de l'histoire,
30:06oui,
30:07quelle est leur formule déjà ?
30:08Celui qui contrÎle le passé,
30:09pense-t-il ?
30:10Oui,
30:10donc celui qui réécrit
30:12contrÎle le présent
30:13et l'avenir.
30:14What ?
30:15UBCK et on revient.
30:16Et on revient.
Commentaires

Recommandations