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[#Reportage] Lampadaires vandalisés : jusqu'à quand les contribuables paieront-ils l'incivisme de quelques automobilistes ?

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Transcription
00:00Chaque lampadaire détruit sur la voie publique coûte près de 1,5 million de francs CFA à remplacer.
00:06Un montant qui, multiplié par les nombreux accidents de la circulation et les actes d'incivisme enregistrés chaque année,
00:13représente une ponction considérable sur les finances publiques.
00:16Alors que le Conseil national de l'eau et de l'électricité gère un parc de plus de 30 000
00:20lampadaires,
00:21son directeur général, Claes Conca, les Cogos, appelle les conducteurs responsables à assumer leurs actes.
00:27Un rappel qui soulève une question plus large, jusqu'à quand l'État continuera-t-il de réparer les dégâts
00:33causés par l'irresponsabilité de certains usagers ?
00:36L'information révélée par direct-info-gabon.com a le mérite de mettre des chiffres sur une réalité souvent banalisée.
00:42Selon le média, le remplacement d'un seul équipement coûte environ 1,5 million de francs CFA, voire davantage selon
00:49les installations.
00:50A première vue, il ne s'agit que d'un simple lampadaire renversé après un accident de circulation.
00:55Mais à l'échelle d'un réseau national de plus de 30 000 points lumineux, ces destructions répétées représentent des
01:01dizaines,
01:02voire des centaines de millions de francs CFA, susceptibles d'être engloutis chaque année dans des réparations évitables.
01:09Au-delà de la facture, ces dégradations affectent directement la qualité du service public.
01:14Chaque camp des labres hors service plonge un tronçon de route dans l'obscurité, augmente les risques d'accidents et
01:20favorise parfois l'insécurité.
01:22Autrement dit, derrière un équipement détruit, ce sont des milliers d'usagers qui voient leurs conditions de circulation se dégrader.
01:29En principe, la procédure est claire.
01:31Après un accident ayant entraîné la destruction d'un équipement public,
01:34les forces de l'ordre dressent un constat et l'assurance du conducteur responsable prend en charge les frais de
01:40réparation.
01:41Dans la réalité, le scénario est souvent tout autre.
01:43Comme le rapport direct-info-gabon.com, de nombreux automobilistes prennent la fuite ou circulent sans assurance,
01:49rendant toute indemnisation impossible.
01:52Le résultat est sans appel, la facture est supportée par l'État, donc, par l'ensemble des contribuables.
01:58Ce constat révèle une forme d'injustice collective.
02:01Les comportements irresponsables de quelques individus finissent par être financés par l'ensemble de la population.
02:07Les ressources publiques qui auraient pu être consacrées à l'extension de l'éclairage urbain,
02:11à l'entretien des réseaux électriques ou à d'autres investissements prioritaires,
02:15servent finalement à réparer des dégâts qui auraient dû être assumés par leurs auteurs.
02:19Face à cette situation, le directeur général du Conseil national de l'eau et de l'électricité,
02:25Claes Koukal-Lekogo, invite les conducteurs impliqués à faire preuve de civisme
02:29en se déclarant spontanément après un accident.
02:32L'établissement privilégie d'ailleurs les règlements à l'amiable afin de limiter les coûts
02:36et d'éviter des procédures longues et complexes.
02:39Cette démarche mérite d'être saluée, mais elle pose une question de fond.
02:43L'appel à la responsabilité individuelle suffit-il encore face à des comportements manifestement récurrents ?
02:49Lorsqu'un conducteur quitte les lieux d'un accident ou circule sans assurance,
02:52il ne commet pas seulement une infraction routière,
02:55il transfère délibérément sur la collectivité le coût de ses propres actes.
03:00Dans un contexte où les finances publiques sont soumises à de fortes contraintes budgétaires,
03:03chaque front consacré au remplacement d'un lampadaire détruit est un front qui ne finance ni une école,
03:09ni un centre de santé, ni une nouvelle infrastructure.
03:12L'incivisme routier cesse alors d'être un simple fait divers pour devenir un véritable enjeu de gouvernance publique.
03:18Cette situation appelle sans doute des mesures plus dissuasives.
03:21Au-delà de la sensibilisation, le renforcement des contrôles d'assurance,
03:24l'exploitation systématique des dispositifs de vidéosurveillance,
03:28lorsque ceux-ci existent, ainsi que des mécanismes efficaces de recouvrement des coûts
03:32pourraient contribuer à réduire ce phénomène.
03:34Le patrimoine public n'est pas un bien sans propriétaire, il appartient à la nation.
03:39Chaque lampadaire détruit représente un investissement financé par les contribuables,
03:43destinés à améliorer leur sécurité et leur qualité de vie.
03:47A défaut d'une responsabilisation effective des auteurs de ces dégradations,
03:51le risque est de voir perdurer un système où les citoyens respectent les règles,
03:55continuent de payer pour les fautes d'une minorité.
03:58Une situation difficilement soutenable dans un pays qui mobilise d'importants moyens
04:02pour moderniser ses infrastructures et renforcer la qualité de ses services publics.
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