- il y a 1 jour
Consacré par la guerre en Ukraine, le Caesar est devenu la star de l’artillerie française. Pourtant à ses débuts, peu de monde croyait à cette solution d’un canon monté sur un camion. Son concepteur a dû ruser pour le faire exister. On vous raconte cette success story en vidéo.
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NewsTranscription
00:00Si je vous demande quelle est l'arme française la plus connue, vous me direz sûrement
00:03Bah le rafale
00:04Le rafale ?
00:05Le rafale ?
00:05En vrai j'aurais dit la même chose
00:07Et pourtant il y a un pays qui est tombé amoureux d'une autre arme française, l'Ukraine
00:11Je t'aime
00:13Je t'aime
00:14Oui je t'aime
00:16Je veux et je viens
00:21Voilà ça, c'était une déclaration d'amour de l'Ukraine au canon César
00:24L'Ukraine est en guerre depuis plus de 4 ans
00:26Et depuis l'invasion russe, cette arme française est devenue une star
00:30Elle s'est vendue à des centaines d'exemplaires et j'ai rencontré son inventeur
00:33Personne ne demandait un nouveau canon et surtout pas la France qui avait ce qu'elle voulait
00:37Et pourtant aujourd'hui
00:38Je pense que même les américains reconnaissent que le meilleur canon du monde aujourd'hui c'est sans doute celui
00:44du César
00:44Et derrière il y a tout un business qui s'est enclenché
00:46C'est un petit peu comme la cafetière Nespresso
00:48On vend la cafetière mais après il y a toutes les munitions
00:51Et si je vous dis que le César a contribué à sauver l'industrie de l'armement terrestre français
00:55J'exagère à peine
00:56Je m'appelle Fleur Bourron, je suis journaliste aux Echos
00:58Et bienvenue dans cette nouvelle saga
01:02Pour comprendre l'histoire du canon César, il faut remonter au début des années 90
01:06C'est la fin de la guerre froide
01:07La confrontation entre l'Est et l'Ouest se termine
01:10Et les pays se désarment
01:11Et forcément l'industrie de l'armement galère un peu
01:13En France, le fleuron Giat Industrie
01:15Qui regroupe les arsenaux d'Etat
01:17Perd des millions de francs chaque année
01:18Et c'est dans ce contexte pas incroyable
01:20Qu'un jeune ingénieur au profil assez particulier débarque
01:23Je suis arrivé chez Giat Industrie, jeune ingénieur d'armement
01:26Mais avec une formation, je venais de passer deux ans aux Etats-Unis
01:30A suivre un billet à Wharton
01:32Philippe Gérard, sorti de Polytechnique, est embauché au Giat en 1988
01:36Il devient directeur de la ligne des produits d'artillerie
01:39Et surtout, il apporte avec lui son expérience américaine
01:41C'était quand même très formaté business et marketing d'une certaine façon
01:46Ce qui n'était pas le cas de la plupart des gens qui travaillaient chez Giat Industrie
01:49Donc j'ai eu une approche dès le début qui était vraiment ligne de produits
01:54Rentabilité, business, etc
01:56Sa principale préoccupation, c'est comment vendre plus d'armes
01:58A une époque où tout le monde veut en acheter moins
02:00Il a donc une idée, assez simple sur le papier
02:03Développer un nouveau canon avec peu de moyens
02:05Et quand je vous dis que le contexte n'est vraiment pas terrible
02:07Personne ne demandait un nouveau canon
02:09Et surtout pas la France qui avait ce qu'elle voulait
02:12Bon, vu comme ça, ça a l'air complètement suicidaire
02:14Sauf que Philippe Gérard a repéré un détail important
02:17Il y avait un nouveau standard d'artillerie
02:18Qui venait d'être décidé au niveau de l'OTAN
02:20Avec les canons dits de 52 calibres
02:23Il y avait une portée de, en gros, 40 km au lieu de 30
02:27Il m'apparaissait que très vite, c'était ces canons qui tiendraient le haut du pavé
02:31Et qu'il fallait absolument que j'ai une solution de ce type-là
02:34Plus concrètement, pour ceux qui n'ont jamais fait la guerre
02:36On passe d'un canon de 6 mètres, capable de tirer à 30 km
02:39A un canon de 8 mètres, qui peut lui atteindre 40 km
02:42Et à ce moment-là, l'armée française n'a pas de canon de 8 mètres
02:45L'artillerie dispose de deux types de canons de 6 mètres, ou 39 calibres, qui ressemblent à ça
02:49Un canon blindé, automatisé, et qui a largement fait ses preuves au combat
02:53Mais dont la production s'arrête progressivement
02:55Un canon tracté derrière un camion pour des longues distances
02:58Et plus léger et facile à déployer sur le terrain
03:00C'est en regardant ce deuxième système que Philippe a une idée
03:02J'ai un souvenir assez exact du jour où j'ai eu cette idée-là
03:08J'ai eu des indiscrétions sur le prix du camion
03:11Et je me suis rendu compte qu'il coûtait à peu près la même chose
03:13Que la fonction de mobilité du TRF1
03:16En gros, ce canon, le TRF1
03:18Est tracté par un camion pour des longues distances
03:20Mais il a aussi un système de déplacement autonome
03:22Pour faire quelques mètres sur le champ de bataille
03:24Et ce système-là coûte aussi cher que le camion
03:26Et là, peut-être qu'après avoir eu cette explication
03:28Vous vous dites la même chose que Philippe
03:30Pour économiser, pourquoi est-ce qu'on ne fixerait pas directement le canon sur le camion ?
03:34Des canons sur des camions, il y en avait eu dès la gare de 14
03:37Mais jamais sur de la retirée lourde
03:39Pour des raisons assez évidentes
03:41Qui étaient qu'il n'était pas facile de trouver des camions
03:44Qui soient capables de supporter cette charge, ces efforts
03:48Parce qu'un canon, c'est extrêmement lourd
03:50Et surtout quand ça tire, ça a un mouvement de recul très puissant
03:53Et ce choc, le camion, il n'aime pas trop
03:55On a fait quelques calculs
03:57Au début, mon équipe m'a dit
04:00Ben non, c'est pas possible
04:01Bon, vous vous en doutez
04:02C'est justement parce qu'on lui a dit que c'était impossible
04:04Que Philippe s'est accroché à son idée
04:06Et pour convaincre sa direction, il tente un coup de poker
04:09En fait, j'ai camouflé
04:10Le produit que je leur ai présenté
04:12C'est un produit avec le canon de 39 calibres
04:14C'est-à-dire que c'était juste celui du tracté
04:16Qu'on mettait sur un camion
04:17A l'air de dire, vous voyez, de toute façon
04:18Il y a assez peu d'inconnus
04:21Ça ne coûte pas très cher
04:22Il n'y a pas de raison de s'en priver
04:23Et ils ont acheté le concept
04:25Mais en réalité, ça coûtait tellement peu cher
04:28Que j'ai réussi à camoufler dans le coût global
04:33Le redéveloppement complet du système de recul
04:36Qui lui était totalement déséquilibré
04:38Et ne pouvait pas fonctionner en 52 calibres
04:40Et c'est comme ça qu'un canon de 8 mètres de long
04:42Et 155 mm de diamètre
04:44Capable de tirer 6 obus par minute
04:46S'est retrouvé sur le châssis d'une Mercedes
04:48Bon, plutôt ce genre de Mercedes-là
04:51Enfin, quand je dis c'est comme ça
04:52J'exagère
04:53En réalité, la conception et la mise au point du César
04:56Ont duré quasiment 10 ans
04:57Après Philippe Girard
04:58Un certain Pierre-André Moreau a pris le relais
05:00Et il a quand même fallu refaire le système de recul de l'arme
05:02Créer une nouvelle culasse
05:04Et garder le tout suffisamment léger
05:06Pour pouvoir le transporter en entier
05:08Avec son équipage
05:09Dans un avion C-130
05:10Philippe baptise son canon César
05:12Avec l'orthographe anglo-saxonne
05:14Pour le vendre plus facilement à l'étranger
05:15Évidemment, c'est une référence à l'empereur romain
05:17Mais pour les français fans d'acronyme
05:19Ça veut aussi dire
05:20Camion équipé d'un système d'artillerie
05:22Fallait la trouver
05:23Un prototype est exposé en 1994 à Eurosatory
05:26C'est le plus grand salon mondial de l'armement
05:28Et comme souvent dans l'innovation
05:29Même si on a un super objet qui marche
05:31Rien n'est gagné tant qu'on l'a pas vendu
05:33L'armée française avait déjà tout ce qu'il lui fallait
05:35Déjà, c'est pas un concept dont ils avaient émis l'idée
05:39C'était pas quelque chose qui aurait pu les intéresser
05:41Parce qu'il y a un petit peu le côté
05:43Not invented here
05:44Il y a la DGA et les militaires
05:46Puis surtout, ils n'en avaient pas besoin
05:47Donc même s'ils avaient émis un intérêt
05:50Ils auraient dit, on verra pour la génération d'après
05:52On aurait fait des études qui auraient duré 15 ans
05:54Et c'était exactement ce que je ne voulais pas
05:57A cause de ça, une question revient souvent
05:59Parmi les potentiels acheteurs étrangers
06:00Si ce camion est aussi bien que vous le dites
06:02Pourquoi est-ce que l'armée française n'en veut pas ?
06:04C'est toujours une question à laquelle il est difficile de répondre
06:07Et c'était quand même un petit handicap
06:09En 2000, tout change
06:10Le ministre de l'armée de l'époque, Alain Richard
06:13Finit par prendre la décision d'en commander 5
06:15Pour 19,31 millions d'euros
06:18Soit 3,86 millions d'euros l'unité
06:20L'essai est concluant
06:21Et ce système est officiellement adopté en 2004
06:23La France en commande alors 72 de plus
06:26Mais si le César finit par s'imposer
06:28Ce n'est pas seulement parce qu'il coûte moins cher
06:29À l'achat et à l'entretien
06:31C'est surtout parce qu'il va prouver son efficacité sur le terrain
06:33Et une guerre en particulier
06:34Va lui permettre de faire ses preuves
06:38A partir des années 2000
06:39Le succès du César monte d'un cran
06:41On est passé à ce moment-là
06:43De la guerre froide
06:44A la guerre de contre-insurrection
06:50Qui ont été menées en Irak, en Afghanistan
06:52Et un petit peu partout
06:53Nous la menons en Syrie, en Irak
06:55Avec nos armées
06:56En intensifiant les frappes contre Daesh
06:59Didier a un peu le même travail que Philippe Girard il y a 30 ans
07:02Il est responsable des produits d'artillerie chez KNDS
07:05L'entreprise qui commercialise aujourd'hui le César
07:07KNDS c'est l'héritier du Giat
07:09Didier ne veut pas communiquer son nom de famille
07:11Pour pas donner trop d'infos à ses concurrents
07:13Par contre moi je reviendrai un peu plus tard sur KNDS
07:15Ce que Didier nous explique
07:16C'est que dans ces nouvelles guerres
07:18Les vieux systèmes d'artillerie français étaient un problème
07:20Et donc les pièces qui étaient lourdes sur chenilles
07:23Avec des tourelles et des systèmes qui faisaient 40, 50 ou 60 tonnes
07:27Étaient difficilement projetables en Irak ou en Afghanistan
07:29Et le César est arrivé à ce moment là
07:31Pour donner un ordre d'idée
07:33Un César c'est 18, 20 tonnes à peu près
07:35Ça permettait de l'aérotransporter sur les théâtres d'opération
07:38Chose qui était extrêmement difficile à faire pour toutes les autres pièces d'artillerie
07:41Le César et son équipage de 5 personnes
07:43Peuvent eux embarquer ensemble dans un seul avion C-130
07:46Là où il en faut plusieurs pour le canon tracté et son camion
07:49Ou passer par bateau pour le très lourd blinde échenier
07:52Au-delà de sa légèreté
07:53Le César est très précis
07:55Ça lui permet de mieux atteindre ses cibles
07:56Mais pas uniquement
07:57C'est important parce qu'un coût complet d'artillerie
08:00Ça pèse à peu près 60 kg
08:02Donc 60 kg
08:03Vu le multiplier par des consommations qui parfois sont énormes
08:0610 à 20 000 obus par mois en Ukraine
08:10Vous imaginez le poids logistique
08:12Donc si vous avez un canon qui est plus précis
08:14Ça réduit considérablement le nombre d'obus
08:16Que vous avez à transporter sur la ligne de front
08:19En Ukraine, il y a aussi une règle de guerre très importante
08:21Celle du shoot and scoot
08:23C'est-à-dire tirer et fuir
08:24Et pour ça, le César fait complètement l'affaire
08:26Dès que vous commencez à tirer
08:27Les radars ennemis détectent vos tirs
08:30À partir du moment où vous tirez
08:33Dans la minute ou les deux minutes qui suivent
08:35Vous pouvez vous reprendre une salle d'artillerie
08:37Et il y a un dernier atout
08:38Ils consomment très peu
08:40Enfin très peu, c'est relatif
08:42Mais par rapport à un blindé
08:43Ou même un matériel beaucoup plus lourd
08:45Et qui dit consommer très peu
08:46Dit que sur les ravitaillements
08:48Et bien ils passent beaucoup moins de temps en ravitaillement
08:50Or le ravitaillement
08:51Surtout à cette période où il y a des drones d'attaque partout
08:55Et bien c'est un point de vulnérabilité énorme
08:59Selon KNDS, toutes ces raisons expliquent que le César
09:02Encaisse peu de pertes sur le front
09:03L'Ukraine n'aurait perdu que 15% de ses Césars
09:06C'est beaucoup moins que d'autres blindes et cheniers
09:08Tiens revenons deux secondes sur les drones
09:09Est-ce que le César sert encore à quelque chose face à eux ?
09:12Un drone qui va à 40 ou 50 kilomètres
09:14C'est-à-dire la portée du César
09:16Ce n'est pas des drones à 500 euros ou à 5000 euros
09:19C'est des drones qui coûtent à peu près 30 à 40 000 dollars
09:22Aujourd'hui, c'est les Russes et les Ukrainiens qui nous le disent
09:25Un drone sur cinq seulement atteint sa cible
09:27Donc vous en avez quatre qui sont détruits
09:29Ou qui sont perdus en vol
09:31Ou qui sont brouillés
09:32Ou qui ratent leur cible
09:34C'est-à-dire que le rapport économique
09:36Fait qu'à partir de 30-40 kilomètres
09:39L'obus est compétitif par rapport au drone
09:42Depuis 2022, après l'invasion de l'Ukraine par la Russie
09:46La France a fait donc d'au moins 30 canons César à l'Ukraine
09:48Et ils ont tellement plu aux Ukrainiens
09:50Qu'ils ont fait ce clip dont je vous parlais
10:05Aujourd'hui, il y a 120 canons César qui sont déployés en Ukraine
10:08La France a l'aile refait son stock
10:10Elle devrait en posséder 109 d'ici 2030
10:12C'est vraiment devenu un des piliers de l'artillerie française
10:14Maintenant, il faut que je vous parle de l'entreprise
10:17Qui est derrière ces 120 canons ?
10:20KNDS est une boîte franco-allemande
10:22Et si vous voulez connaître toute son histoire
10:23Je vous recommande la super vidéo de ma collègue Eva
10:25Et moi, je vais me focaliser sur la partie César
10:27Déjà, il a sauvé l'entreprise originelle
10:29Giat Industries, renommée Nexter en 2006
10:32Et KNDS France en 2024
10:34Car la production du canon avait permis de maintenir
10:37L'activité de l'industrie d'armement terrestre
10:38Au début des années 2000
10:39Aujourd'hui, à l'export, le César est le best-seller de KNDS
10:43Et les munitions qui vont avec
10:44Avant la guerre en Ukraine, KNDS produisait seulement
10:462 canons César par mois
10:48Alors forcément, il a fallu changer d'échelle
10:50Aujourd'hui, la cadence de production, c'est 10 par mois
10:53Avec un objectif d'atteindre 12 par mois
10:56Si la demande le justifie
10:58Ce qui est un saut énorme par rapport aux 2 par mois
11:01Qu'on produisait auparavant
11:02Avec des contraintes techniques très fortes
11:04Parce que fabriquer un César, ça prend du temps
11:06Pour faire un canon de César, grosso modo, il faut à peu près 2 ans
11:09C'est un petit peu comme le bon vin
11:10On reçoit une barre de métal
11:12On lui fait des trous
11:13On fait des rayures
11:16On laisse reposer pour que le métal prenne bien de sa forme
11:19Puis on le retravaille, etc.
11:20Il est en partie fabriqué à Bourges et assemblé à Rouen
11:23Et 90% de ses composants sont français
11:26Aujourd'hui, il coûterait à l'achat environ 5 millions d'euros
11:29Son prix et son succès ont aussi convaincu d'autres pays de s'équiper
11:32L'Indonésie par exemple, mais aussi la République Tchèque
11:35Le Maroc, la Croatie, la Slovénie, la Lituanie ou encore l'Estonie
11:39Ils ont même créé un club César pour partager leur retour d'expérience
11:42Et pour KNDS, le César représente un marché particulièrement intéressant
11:46Car vendre un canon, c'est aussi vendre ce qui va avec
11:49C'est un petit peu comme la cafetière Nespresso
11:51On vend la cafetière, mais après il y a toutes les munitions
11:53Le carnet de commande continue donc de se remplir
11:55KNDS a aussi signé un partenariat avec l'entreprise Leonardo DRS
12:00Pour fournir une solution d'artillerie automotrice basée sur le système César
12:03On vient de signer récemment un accord lors de Rossatori avec la Mélésie
12:07Qui est devenu le 15ème acheteur du César
12:10César qui était vendu à peu près à 800 exemplaires
12:13Aujourd'hui on est à peu près à 400 qui ont été livrés
12:16Tout ça en fait le système d'artillerie européen le plus vendu au monde
12:20Et tout matériel confondu, le carnet de commande d'armes de KNDS
12:23Atteint 33 milliards d'euros en 2025
12:25Alors oui, le César il a des concurrents
12:27Les Ukrainiens ont développé leur propre César, le Bodana
12:30Les Israéliens ont aussi le leur, l'Atmos
12:32Mais il n'y a pas vraiment de quoi mettre en danger KNDS
12:34Dont les bénéfices ne font que gonfler
12:36Comme toutes les entreprises de l'armement en ce moment
12:38KNDS est dans une conjoncture ultra favorable
12:41Pour soutenir cette croissance
12:42Il prévoit de s'introduire en bourse en 2026
12:45Merci beaucoup d'avoir regardé cette saga
12:46Elle est aussi disponible sur Spotify et sur Apple Podcast
12:49Si vous connaissez d'autres histoires militaires intéressantes
12:51Dites-le nous en commentaire
12:52Abonnez-vous, c'est très important pour notre travail
12:54Et à bientôt
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