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  • il y a 10 minutes
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Transcription
00:00Claude est en direct avec nous. Cher Claude, bonjour.
00:03Bonjour.
00:04Quel bonheur de pouvoir échanger avec les agriculteurs.
00:07Bonjour Claude, vous venez de la Vienne, mais vous êtes en ce moment en Gironde ?
00:11Non, je suis toujours en Vienne.
00:14Et vous avez des copains et des collègues agriculteurs qui sont actuellement en Gironde ?
00:20En fait, ce sont des entreprises agricoles souvent qui ont été appelées,
00:28qui sont partis pour aider les pompiers en Gironde,
00:33parce qu'ils ont des gros moyens au niveau des citernes et autres,
00:37et puis ils ont mis à disposition ces matériels-là.
00:40Donc c'est une très très bonne chose.
00:43J'imagine que vous êtes fier, mais pas forcément étonné,
00:46de ces centaines d'agriculteurs qui sont en train d'épauler les pompiers.
00:53Ça dit quoi de notre agriculture aujourd'hui ?
00:57Oui, on est fiers.
00:59Après, moi j'entends dire, oui, c'est des héros, mais non, on n'est pas des héros.
01:03Les agriculteurs qui sont partis là-bas, ils sont partis faire ce qui est logique.
01:08Ils sont partis aider des gens qui sont débordés par l'intensité de l'incendie,
01:13et puis qui sont partis pour éviter que la forêt brûle.
01:19Et aujourd'hui, ce qui est là aussi impressionnant, pour ne pas dire saisissant, bouleversant,
01:26c'est que cette année, elle a été dure pour vous.
01:28Elle a été terrible.
01:29Quand je dis pour vous, c'est le monde agricole.
01:31On vous a marché dessus avec le Mercosur, avec ses taxes, avec cette incompréhension,
01:35ces manifestations.
01:37Vous avez voulu grimper en direction de la capitale.
01:40Parfois, les manifestations étaient mouvementées, c'est-à-dire qu'il y a eu une répression
01:46assez musclée des autorités.
01:50Mais en plein mois de juillet, alors qu'évidemment, il y a un danger direct,
01:56vous avez ces pompiers qui représentent un facteur X pour les pompiers.
02:01Il faut expliquer aux auditeurs ce qui se passe.
02:03C'est-à-dire que normalement, le camion citerne des pompiers, lorsqu'il n'a plus d'eau,
02:09il doit retourner vers un point d'eau, c'est 15-20 minutes parfois de perdu.
02:15Et bien là, c'est les camions citerne des agriculteurs qui ont parfois beaucoup plus
02:21d'eau à disposition, qui se mettent quasiment au pied des pompiers,
02:27qui peuvent directement se recharger.
02:29Et donc, ça va beaucoup plus vite et on est beaucoup plus fort face à l'incendie.
02:34Exactement, oui, on est beaucoup plus fort, c'est beaucoup plus rapide.
02:36Et les pompiers eux-mêmes l'ont reconnu, que c'était un gain de temps essentiel pour eux
02:41dans le combat du feu.
02:42Après, moi, j'aimerais revenir sur les facteurs de risque quand même
02:46de ces incendies qui se développent.
02:50Moi, je vais vous raconter ce qui se passe un peu dans notre département
02:53et puis dans les départements limitrophes.
02:56Moi, je suis céréalier.
02:57On a été restreint pendant les moissons, il y a à peu près trois semaines,
03:03lors du deuxième épisode de Forte Chaleur.
03:05On a été empêché de travailler l'après-midi, ce qui était tout à fait logique
03:10parce que les fortes chaleurs étaient vraiment trop importantes.
03:13Et par nous-mêmes, on n'aurait pas forcément moissonné ces jours-là.
03:16On travaillait de nuit pour éviter les risques d'incendie.
03:21Et puis, il y a une quinzaine de jours, nos services départementaux
03:26ont entamé la période de fauche des accotements routiers du réseau départemental.
03:33Donc, comment dire, en bas de combat, on ne comprenait pas.
03:36Il faisait 35 degrés.
03:38On voyait les machines qui broyaient sur un mètre, deux mètres de large
03:44à côté des routes.
03:45Et puis, à côté de ça, nous, bien sûr, on se dit,
03:48non, il ne faut pas qu'on aille travailler dans les champs, on va mettre le feu.
03:51Mais voilà, ces services-là, eux, avaient l'autorisation pour pouvoir travailler
03:57avec un risque d'incendie vraiment très important.
04:00Et ça, en fait, ça vient un peu sur le fait que,
04:06comme on l'entend souvent dans vos émissions,
04:08on marche un peu sur la tête,
04:10c'est que ces travaux de broyage, avant, étaient faits au mois de mai,
04:14début juin, quand la végétation était encore verte.
04:17Quand la végétation empêchait la visibilité sur les carrefours,
04:22parce que c'est à cette période-là qu'elle empêche vraiment la visibilité sur les carrefours.
04:26Et depuis quelques années,
04:28il nous est interdit d'effectuer des travaux de broyage du mois de mars
04:32jusqu'au mois d'août.
04:34Alors, il y a des dérogations pour tout ce qui est département.
04:36À cause de quoi ?
04:37Quelle est la mesure ?
04:38C'est une mesure préfectorale ?
04:40C'est une mesure ?
04:41C'est une mesure nationale, peut-être même européenne,
04:44qui nous empêche,
04:46et qui a une certaine justification dans certains lieux de broyage, c'est sûr.
04:51En fait, c'est une protection de la biodiversité.
04:53La biodiversité pour la protection des haies,
04:57et puis de la nidification des oiseaux.
05:00Voilà, ça c'est une très bonne chose, on est d'accord.
05:02Nous, les agriculteurs, il n'y a pas de souci,
05:03les oiseaux nous aident, nous, dans nos cultures.
05:05Par contre, la biodiversité au niveau d'une bande
05:08qui va faire 1,50 m ou 2 m sur le bord d'un réseau routier,
05:12est-ce qu'elle est justifiée ?
05:14Je ne pense pas.
05:15Je ne pense pas.
05:16Je pense que derrière ça...
05:18Mais c'est tout le discours de Bruno Laffont,
05:20qui est le maire de Biganos,
05:22qui est également le président de la DFCI,
05:26c'est la défense contre les incendies en forêt,
05:31qui a interpellé avant-hier Emmanuel Macron
05:34en disant qu'il faut arrêter de parler.
05:36Il faut arrêter de parler parce que nous,
05:38on sait ce qui se passe dans nos terres,
05:41sur nos terres,
05:42et on reçoit des injonctions contradictoires
05:45par des personnes qui n'ont jamais mis un pied
05:48dans nos forêts ou dans nos champs.
05:50C'est-à-dire que c'est la technocratie parisienne,
05:55les hautes administrations,
05:57les hauts fonctionnaires
05:58qui vont vous apprendre la vie, Claude.
06:00Vous qui êtes agriculteur depuis combien de temps ?
06:03Ça fait bientôt 30 ans.
06:04Oui, mais ce n'est pas suffisant.
06:06Un garçon qui sort de l'ENA
06:10et qui connaît sur le bout de ses doigts
06:13tous les amendements,
06:15les alinéas du traité européen
06:17et de la convention européenne
06:19qui a été pensé par la Commission
06:21et en même temps qui a été validé
06:22par toutes les ONG,
06:24tout en disant qu'il fallait respecter
06:26trois directives
06:28et cinq arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme.
06:31Il sait un peu mieux que vous.
06:32Vous voyez ce que je veux dire, Claude ?
06:34Exactement.
06:35Je savais que rien qu'en disant ça,
06:37j'avais un peu le ventre qui se tordait.
06:40Je me disais, oula !
06:40C'est quand même difficile de garder son calme
06:43quand on doit avoir quelqu'un qui vous explique
06:44ce que vous devez faire
06:45alors que votre terre, vous la connaissez depuis 30 ans.
06:48Franchement, le monde agricole est rendu au bout.
06:52On est complètement au bout de ce système-là.
06:55Il y a d'énormes difficultés
06:57au niveau des phénomènes climatiques qui s'accentuent.
07:02Et nous, on est en première ligne.
07:03Tous les ans, il y a des phénomènes climatiques
07:05qui ont des incidences énormes sur nos exploitations.
07:08Derrière ça, on a des charges qui ont explosé.
07:11Mais ça, après, toutes les industries y sont confrontées.
07:14si les phénomènes climatiques nous permettaient de produire
07:19comme avant, on va dire.
07:20Mais depuis deux ou trois ans, ce n'est plus le cas.
07:23On arriverait encore à s'en sortir.
07:25Mais là, on a la tête sous l'eau depuis trois ans.
07:27Je comprends.
07:28Et toutes ces décisions-là,
07:29qui sont à contresens du monde agricole
07:32et du bon sens,
07:36ne font que c'est la goutte qui fait déborder le vache.
07:40Eh bien, écoutez, merci, cher Claude,
07:42de nous avoir appelés depuis la Vienne.

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