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  • il y a 2 mois
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Oui, c'est vrai qu'on accorde une large page à ces incendies, donc en Gironde.
00:06Samedi soir, les autorités locales ont décidé de nouvelles évacuations dans les communes près de Bordeaux,
00:11alors que l'incendie n'est toujours pas fixé.
00:14Emmanuel Macron qui doit se rendre sur place à 17h, environ 220 000 personnes ont dû quitter leur domicile
00:21ou leur lieu de vacances, on parle de plus de 44 000 hectares réduits en cendres.
00:27Alors imaginez, c'est près de 4 fois la superficie de Paris.
00:3388 pompiers blessés, ça c'est important de le recenser, en plus des deux pompiers qui sont morts la semaine
00:41dernière
00:41du côté de la Gironde, et vous avez à juste titre rappelé également ce soldat du feu décédé en Savoie.
00:47Cher Éric Brocardi, porte-parole des sapeurs-pompiers de France, 240 maisons détruites.
00:53Vous êtes nombreux à souhaiter réagir en direct.
00:57Éric était en direct avec nous, bonjour Éric.
01:01Oui, bonjour.
01:02Vous m'entendez cher Éric ?
01:04Oui, oui, je vous entends très très bien.
01:05Alors vous nous appelez de Bayonne, c'est ça que je ne comprends pas.
01:08Que se passe-t-il cher Éric, puisque l'incendie ne frappe pas votre région ?
01:13Non, non, loin de là.
01:14D'abord, je voulais avoir surtout une pensée pour tous les gens évacués,
01:17et pour malheureusement les pompiers qui ont perdu la vie au feu.
01:21Ça, c'est d'abord la priorité des priorités.
01:23Non, j'appelais juste pour vous dire que nous, on est, c'est vrai, je suis à Bayonne,
01:25aux Pays-Basques, on est à 200 kilomètres de Bordeaux,
01:28et on a la jonction de deux autoroutes, la 63 qui fait, on va dire, qui arrive de l'Espagne.
01:33Donc imaginez déjà le bordel innommable.
01:36Et la 64 qui descend de Toulouse, et les deux autoroutes arrivent chez nous.
01:40Et en fait, ils ont dévié les gens qui arrivent de Toulouse, envoyés vers l'Espagne,
01:44pour les faire re-rentrer, je suppose, pour les faire passer ensuite, par l'A65.
01:50Alors là, c'est, je dirais, sans être un police, c'est un bordel, ça, on n'en a jamais
01:55vu ça.
01:56Je pense que d'avions, ça doit être impressionnant à voir, je pense.
01:59Et je ne comprends pas qu'on n'ait pas pu faire sortir peut-être les gens qui allaient sur
02:02Bordeaux, certes.
02:03Il faut couper, bien sûr.
02:04De ce côté-là, je ne le conteste pas.
02:06Mais on peut sortir avant, on peut sortir à Castet, on peut sortir vers, il me semble, Belen-Bellier,
02:11pour ensuite attraper, comme je dirais, la vieille route de Bordeaux.
02:15Là, voilà.
02:15Donc voilà, c'était juste.
02:16Je vous dis, c'est anecdotique, ce que je vous dis.
02:18Oui, je vous avoue que les galères sur les transports et sur la route du côté de Bayonne,
02:24Eric, même vous, naturellement, vous vous êtes dit,
02:27j'ai peut-être envie de pousser un coup de gueule, mais face à la situation,
02:30je crois que le plus important, c'est peut-être de rendre hommage à nos pompiers.
02:35Eric, peut-être que vous avez une question, en revanche.
02:37Ce n'est pas un coup de gueule.
02:38Non, non, non, ne le prenez pas pour vous.
02:40Surtout pas.
02:41C'est un coup de gueule.
02:42Ce n'est pas un coup de gueule, mais franchement, la circulation, c'est vraiment une galère.
02:46Est-ce qu'en revanche, Eric, vous avez une question à poser ?
02:48Non, c'est impressionnant, c'est le côté impressionnant.
02:50Ah, pardonnez-moi, je n'avais pas compris comme ça.
02:52Non, non, non, c'est le côté qu'on s'entende vraiment bien, s'il vous plaît, Elliot.
02:56C'est que non, non, on a deux autoroutes, c'est le côté...
03:00Ah, pardon, cher Eric, je n'avais pas compris, je pensais que...
03:05En revanche, est-ce que vous avez une question à poser à Eric Brocardi,
03:09porte-parole de la Fédération Nationale des Sapeurs-Pompiers, qui est avec nous ?
03:12Eric, qui pourrait poser une question à Eric,
03:14surtout que le Eric Brocardi, qui est dans le studio,
03:17va nous quitter dans quelques instants.
03:20Peut-être que vous, qui avez regardé à la télévision,
03:23vous suivez, par exemple, même si vous êtes de Bayonne,
03:27régulièrement, les chaînes d'information,
03:29les toutes dernières informations concernant cet incendie en Gironde ?
03:32Oui, je suis sans arrêt, radio, télé, sans arrêt.
03:35C'est catastrophique, et je disais à votre collaboratrice tout à l'heure au téléphone,
03:38nous, la chance qu'on a, au Pays Basque, il a plu,
03:40par endroits à beaucoup, on a pris jusqu'à 35 millimètres,
03:42donc pour nous, ça a sauvé, entre guillemets, nos cultures,
03:45mais ça, c'est de la littérature, c'est anecdotique.
03:49Et voilà, je voudrais d'abord saluer les pompiers.
03:51Mon père était pompier, donc vous prenez bien que ce métier,
03:56je le respecte plus que tout au monde,
03:57et en plus, moi, je voudrais faire juste une remarque,
04:00ce sont des gens extraordinaires,
04:02et malheureusement, dans quelques semaines,
04:04ils prendront des machines à laver sur la tête et des boules de pétanque,
04:06voilà, c'est juste ça ce que je voulais dire.
04:10C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte
04:12qu'on a une élite de soldats du feu et les meilleurs du monde,
04:16et puis, juste une anecdote, et je pense que le colonel ne me dira pas le contraire,
04:21les pompiers, moi, je sais, ils aiment le feu, voilà,
04:24ils aiment ça, ils veulent y aller, et j'ai confiance en eux,
04:28et ils donnent, ils donnent le terrible,
04:29et je suis sûr d'une chose,
04:33même carbonisés, cuits de fatigue, ils n'abandonneront pas.
04:36Voilà, ça, c'est sûr.
04:38Éric Bocardi.
04:39Ouais, on n'aime pas le feu, on aime combattre,
04:41on aime surtout sauver les populations, les protéger,
04:44oui, c'est dans les tripes, et merci Éric encore pour ce témoignage,
04:47parce que vous, étant, visiblement, vous avez de l'ADN pompier dans vos veines,
04:50et ça s'entend.
04:52Le sujet, c'est aussi de continuer à faire pour commencer à engager,
04:56secourir, sauver et protéger les populations.
04:59Il faut continuer à les encourager, sortir du positif en permanence,
05:03montrer que toutes les actions qu'ils mènent, ce ne sont pas des actions vaines,
05:06non, au contraire, on est, vous savez, un peu dans le stoïcisme,
05:08c'est-à-dire qu'on continue à agir avec courage, détermination et volonté,
05:13même si on sait pertinemment que le sujet de la force naturelle est beaucoup plus puissant que nous,
05:18mais pour autant, nous sommes là, et il y a un moment donné.
05:21De toute façon, on va le péter en deux, ce feu.
05:23Donc forcément, le sujet derrière, ça va être juste d'attendre la bonne fenêtre de tir,
05:28et on le fracassera à ce moment-là.
05:29Je suis désolé de parler comme ça, mais quand on a la rage au ventre,
05:33et qu'on a la rage au cœur,
05:34c'est ce qu'ils font en tirant leur tuyau,
05:36c'est ce qu'ils font en ouvrant le robinet de leur lance,
05:39c'est de le taper.
05:40Et à partir de là, de l'éteindre et de le tuer.
05:42Donc c'est un peu violent comme mot,
05:44mais ça exprime pleinement ce qu'ils ont comme ressenti au fur et à l'île d'attaque.
05:49Je vais vous dire une chose, je préfère 100 fois,
05:51mais après c'est très personnel, Eric,
05:52je préfère 100 fois votre discours,
05:54qui est un discours qui parle à tout le monde,
05:56qui est un discours de sincérité,
05:57qui est un discours vrai,
05:59plutôt que celui des technocrates
06:04qui vont nous expliquer depuis Paris
06:06comment vous êtes en train de gérer cette situation,
06:10alors que vous avez les mains sur le terrain,
06:13sur nos terres,
06:14et que vous les défendez,
06:15et on va le fracasser ce feu.
06:17Moi je trouve que la formule elle est belle.
06:18Maintenant c'est tout ce qu'on vous souhaite,
06:20et surtout espérons que ce feu soit fixé
06:24le plus rapidement possible.
06:26Vous pensez que ça peut prendre sang toujours avec beaucoup de prudence,
06:29parce qu'on a bien compris que tout pouvait changer d'une journée à l'autre ?
06:34Tout peut changer d'une journée à l'autre,
06:36par contre je dis toujours,
06:38ce qui nous fait vivre encore,
06:40c'est juste l'espoir et l'espérance.
06:42Et le sujet c'est ce combat-là,
06:45qui nous fait tenir vers cette voie
06:48de tordre le cou à ce feu.
06:51Ça peut prendre des semaines par exemple ?
06:53Souvenez-vous l'Andiras,
06:54avant de déclarer un feu éteint,
06:55ça a pris des mois.
06:57Donc on va se retrouver dans ce genre de considération.
06:59Il faut bien comprendre une chose,
07:00c'est que ce que vous vous imaginez
07:02dans le collectif,
07:03et dans le mindset collectif,
07:04de dire c'est un feu éteint,
07:06pour nous c'est un niveau
07:08qui garantit qu'il n'y ait pas de reprise.
07:10Mais sur les 40 000 hectares,
07:13ça va être le travail de fourmé après pour vérifier.
07:16Donc c'est pas parce qu'il n'y a plus de fumée,
07:18ou qu'il n'y a plus de flammes,
07:19que le feu est éteint.
07:20Nous c'est un statut particulier,
07:21ça il faut le comprendre.
07:23Parce que vous,
07:24vous pensez avoir éteint votre barbecue,
07:26et puis finalement vous allez lui tourner le dos,
07:27et puis d'un seul coup il va reprendre,
07:28parce qu'il y aura une braise du Mistral
07:30qui aura repris sur zone,
07:32et là vous n'allez pas comprendre ce qui se passe.
07:34Donc c'est pour ça qu'on rappelle des gestes de prévention,
07:37c'est pour ça qu'on rappelle qu'aujourd'hui
07:38le feu doit être interdit dans les zones sauvages,
07:40et pas de gestes de négligence.
07:42Et aujourd'hui c'est un sujet,
07:44on va dire, propre aux sapeurs-pompiers,
07:46de déclarer le feu,
07:47dans quel état il doit être,
07:48en fonction des avancées de notre chantier,
07:50de notre stratégie.
07:52Éric Brocardi,
07:53porte-parole des sapeurs de la Fédération nationale
07:56des sapeurs-pompiers,
07:57était avec nous,
07:58un grand merci d'être venu nous voir.
08:00Merci à tous.
08:01Éric disait lieutenant,
08:02mais vous êtes lieutenant colonel,
08:04si je ne dis pas de bêtises.
08:05Oui, c'est pas grave.
08:06Lieutenant colonel,
08:07Éric Brocardi était avec nous.
08:08Comme je dis toujours,
08:09mes parents ont mis neuf pas pour trouver un prénom,
08:11je m'appelle quand même Éric,
08:12mais c'est vrai que...
08:14Et vous arrivez à trouver le sourire,
08:16et vous avez cet humour.
08:18Mais c'est pour ça que les auditeurs d'Europe,
08:20les téléspectateurs de CNews,
08:21sont très touchés à chaque fois que vous venez nous voir,
08:24parce qu'il y a ce discours de sincérité,
08:26et puis cette proximité avec les gens.
08:28C'est pour ça qu'il y a ce discours.

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