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  • il y a 2 mois
Laurent Peyrondet, maire de Lacanau (Gironde) sur l'incendie qui touche son département : «Il faudra que l'on fasse notre auto-critique, chacun à son niveau».

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Transcription
00:00On a besoin de s'améliorer, mais on n'a pas su tirer les conséquences du feu de 2022.
00:06Et je pense qu'aujourd'hui, chacun à son niveau, il faudra faire son autocritique.
00:10Le modèle, on le connaît, on est en train de le changer avec des travaux d'urgence
00:13que nous, nous avons entamés dès le premier jour parce que nous étions préparés au scénario du pire.
00:18Donc, on était prêts avec toutes nos équipes.
00:21Maintenant, il va falloir prendre des décisions.
00:23Donc, les décisions, elles ne peuvent pas se prendre uniquement au-delà du périphérique
00:27avec des lois qui, aujourd'hui, nous pénalisent dans le cadre du développement.
00:30Elles doivent se prendre au niveau local.
00:32On doit préparer, bien sûr, pour le parlementaire, ce travail.
00:34Mais si on n'est pas autour de la table et qu'on n'entend pas les syndiculteurs,
00:37qui, eux aussi, vont avoir une remise en question à faire,
00:40et on le voit à travers les travaux que l'on fait aujourd'hui,
00:43parce qu'il n'y a plus besoin d'autorisation,
00:44on est là avec des choses qui sont validées par l'État dans l'urgence.
00:48On ne doit plus en travailler dans l'urgence, on doit être dans le travail de préparation.
00:52On aura sûrement des surfaces à réduire pour mieux organiser ces pare-feux
00:56que l'on a tantôt, ce qui devrait être élargi,
00:58parce que la nature des feux a changé.
01:00Mais il faudra que l'État laisse 10 locaux.
01:03On s'aperçoit que les 10 entre départements ne travaillent pas de la même façon.
01:06Ce n'est pas les mêmes métiers d'intervenir.
01:08Donc, tout ça, ce n'est pas une critique aujourd'hui.
01:10C'est le fait que 2022, on n'a pas tiré les conséquences du feu.
01:152026, il va falloir qu'on le fasse,
01:17parce que nous, élus locaux, on prendra les devants.
01:19Mais il ne faut pas qu'on le fasse chacun dans notre commune.
01:21C'est des projets de territoire.
01:22Le massif des Landes de Gascogne, ce n'est pas l'échelle de la Canon qui compte.
01:25C'est l'échelle des Landes, de la Gironde et de l'Otégaronne.
01:28Donc, si on ne travaille pas tous de la même façon
01:30qu'on n'est pas capable aujourd'hui d'organiser des services de secours
01:32qui prennent en compte que nous, localement,
01:34on peut leur amener une force incroyable.
01:36Aujourd'hui, la logistique, c'est nous.
01:38L'intendance, c'est nous.
01:39On nourrit les pompiers, on les fait dormir,
01:42on s'occupe d'eux, on a des masseurs, on a des kinés,
01:44on a des psychologues.
01:44Mais c'est la ville qui le fait.
01:46On a organisé les tours de pompage,
01:48on a mis en place des choses incroyables.
01:50Aucun pompier sur la commune n'a manqué d'eau.
01:52Bon, ça, c'est une commune où moi, je suis plutôt staffé.
01:54On me dit que je suis un bon chef d'orchestre,
01:56mais j'ai plutôt de très bons musiciens.
01:58Chacun est à sa place et chacun fait son boulot.
02:00Mais ce n'est pas un problème canonné.
02:02Il faut le traiter à une autre échelle.
02:03On pourra peut-être servir d'exemple et monter ce que l'on a fait.
02:06On travaille avec des drones pour aller plus vite
02:07sur les reprises de feu ou les flamèches.
02:10Donc, toutes ces choses-là, ça peut servir d'expérience.
02:12Ce que l'on ne veut pas, c'est une loi qui nous tombe du ciel
02:14et qui nous empêche de faire quelques constructions
02:17sur des projets de développement.
02:19Parce qu'on n'est pas assez...
02:20Voilà, on sait faire.
02:21On l'a fait aujourd'hui parce qu'on a construit des choses incroyables
02:23en 24 heures après le départ du feu
02:25sur des grands pare-feux qui ont protégé la commune
02:27pour ne pas qu'elle brûle.
02:29Maintenant, il faut vraiment qu'on passe à l'étape supérieure
02:32et qu'une fois que...
02:33Moi, j'en ai parlé avec le président.
02:35Qu'est-ce que vous lui avez dit, Laurent Perron,
02:36très rapidement, parce que j'ai beaucoup d'équipes sur le terrain.
02:39Qu'est-ce que vous avez dit ?
02:39Est-ce que c'est le son du secret
02:40ou est-ce que vous pouvez nous dire sur ces news
02:42ou est-ce que vous lui avez dit très clairement ?
02:43Oui, il y a des choses qui restent entre nous
02:45parce que je ne vais pas les communiquer
02:46et c'est normal parce que je le respecte.
02:48C'est une République.
02:50Mais je pense que...
02:51Et c'est le constat que l'on fait en France.
02:53Cette crise du feu, elle est révélatrice
02:55de ce que l'on peut vivre, nous, au quotidien,
02:58dans nos communes et en particulier sur les territoires.
03:01Et c'est ce qui, lui, je pense,
03:02il a vécu aussi pendant 10 ans à son poste de président
03:05parce qu'on a une administration
03:07qui est plutôt dans le blocage et dans l'empêchement.
03:09Et même lui n'a pas pu s'en sortir.
03:11Et on le voit, nous, aussi, derrière.
03:13Donc, c'est des choses qu'il faut que l'on assouplisse,
03:15qu'on simplifie les règles,
03:16qu'on aille plus vite, qu'on soit plus réactif.
03:18Aujourd'hui, il y a des entreprises qui partent s'installer ailleurs
03:20parce qu'on les installe en six mois au Portugal,
03:22en Espagne ou au Maroc et qu'on les accompagne.
03:25Nous, il faut huit ans pour sortir un projet.
03:27Il a raison de dire que c'est un pays fantastique.
03:29Mais le problème, c'est qu'on a produit des lois.
03:31Je citerai le Code de l'environnement.
03:32On a épaissi le catalogue par six.
03:34On est passé de 1 000 articles à 6 000 articles,
03:36de 100 000 mots à 1 million de 100 000 mots.
03:38Et je m'aperçois qu'aujourd'hui, on a en plus des doctrines et des interprétations,
03:42mais on a des services finalement déconcentrés
03:44qui, parce qu'ils ont été infiltrés par quelques ayatollahs de l'environnement,
03:49nous empêchent de faire à chaque fois qu'on a envie de faire quelque chose.
03:51Si on veut gagner à la cause de l'environnement nos habitants,
03:55il faut vraiment absolument qu'ils aient un toit sur la tête et un travail.
03:58Et à ce moment-là, on pourra les accompagner.
04:00Nous, on a fait des choses incroyables.
04:01Vous voyez, on a remis 4 000 hectares en nous.
04:03On a fait des marées.
04:04On a rétabli un équilibre entre la forêt et la biodiversité.
04:07On a construit des puits de carbone.
04:09C'est jamais mis à votre crédit.
04:10Vous avez besoin de construire une gendarmerie ou une zone d'activité.
04:13On vous en empêche.
04:14Ça, le président, il comprend.
04:16Il le sait.
04:16Et il a les mêmes problèmes avec son administration.
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