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Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez était l'invité de BFMTV pour évoquer les incendies qui frappent la France, notamment celui en Gironde, qui a ravagé 42.000 hectares.
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00:00Bonsoir Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
00:03Merci infiniment d'avoir accepté ce soir l'invitation de BFM TV pour faire le point,
00:08le feu le plus dur depuis la Seconde Guerre mondiale.
00:12C'était les propos du chef de l'État Emmanuel Macron en déplacement sur place il y a 48 heures.
00:17Vous l'accompagnez. On a entendu il y a quelques instants la préfète de Gironde.
00:22Est-ce que quand elle parle d'une première journée optimiste en ce jeudi 30 juillet,
00:30vous dites, le pire est derrière nous ?
00:33On peut le penser. D'abord vous avez raison de rappeler que c'est un feu exceptionnel,
00:37totalement yédit, on n'avait jamais connu ça.
00:39Il y a 240 kilomètres de lisière, plus de 40 000 hectares parcourus
00:45sur les 117 000 hectares qui ont concerné le territoire national
00:48depuis le début de la saison des feux de végétation.
00:51Donc c'est un feu exceptionnel.
00:52Les phénomènes qui se sont développés à l'intérieur de ce feu aussi étaient tout à fait exceptionnels.
00:56Ces orages de feu jamais vus ?
00:57On a eu l'orage qu'on appelle l'orage de feu,
00:58le pyrocumulonimbus qui crée sa propre activité électrique,
01:06avec des capacités de projection extrêmement fortes, des grosses craintes.
01:09On l'a eu une fois, c'était totalement inédit, on n'avait jamais vu ça.
01:12Donc c'est un feu effectivement totalement inédit.
01:14Et je pense effectivement, comme ça a été dit,
01:17ce feu est actuellement stabilisé.
01:19Il n'est toujours pas fixé.
01:20Il n'est toujours pas fixé, ça veut dire qu'il pourrait progresser.
01:24On est résolument optimiste.
01:25Aujourd'hui il y a eu des conditions météo qui étaient un peu plus favorables,
01:27les températures ont un peu baissé, peut-être un peu moins de vent,
01:30un taux d'humidité qui a également augmenté.
01:32Donc les conditions étaient sans doute plus favorables.
01:34Mais on va rester évidemment extrêmement vigilants,
01:36mais on peut raisonnablement être optimistes.
01:38Surtout grâce au travail remarquable qui a été fait sous l'autorité de la préfète de zone,
01:42madame Sophie Brocas, du directeur départemental d'incendie de secours,
01:45qui ont consisté à travailler à la lisière de ces 240 kilomètres,
01:49avec des sapeurs-pompiers, des militaires aussi,
01:51que je veux remercier, madame la ministre des armées,
01:53qui a mis 1500 militaires à disposition.
01:57Bien sûr, 500 militaires sentinelles qui ont assuré des missions de sécurisation,
02:00mais aussi un millier de militaires qui, avec leurs appareils,
02:03avec leurs outils, leurs engins de génie, ont pu travailler à la lisière de ce feu,
02:09c'est-à-dire ici allumer des feux tactiques, la réaliser des coupes
02:11et surtout dégager le terrain, l'arroser pour éviter que le feu ne progresse.
02:15C'est un travail remarquable qui a été fait par les sapeurs-pompiers,
02:17les militaires, les militaires de la sécurité civile,
02:20et puis aussi des bénévoles, beaucoup d'agriculteurs que je veux aussi remercier,
02:23qui se sont engagés, des entrepreneurs et des bénévoles.
02:25Voilà, donc l'essentiel des lisières ont été traitées.
02:28Nous sommes optimistes, mais on reste très vigilants.
02:31Raisonablement optimistes au vu de la situation,
02:33parce que vous pouvez vous dire, au vu de ce que vous avez traversé aussi ces derniers jours,
02:37vous, les sapeurs-pompiers et tous les personnels mobilisés,
02:40que ça peut quand même repartir à tout moment.
02:42Mais ça, évidemment, ça pourrait repartir.
02:45Tout a été mis en oeuvre pour que ce ne soit pas le cas.
02:48Et donc, voilà, il faut rester résolument optimiste.
02:51Mais encore une fois, je veux saluer le travail de tous ces personnels qui ont été engagés.
02:543300 sapeurs-pompiers avec des renforts qui sont arrivés de toute la France.
02:581500 militaires, 1200 membres des forces de sécurité intérieure,
03:02450 membres des associations agréées de sécurité civile.
03:05Voilà, il y a un travail remarquable qui a été fait.
03:06Et même si, et ça a été dit par Madame la Préphète à juste titre,
03:10et vous venez de le dire à votre antenne,
03:11il reste encore deux points chauds qui sont préoccupants
03:14et qui font que les réintégrations,
03:16le retour des plus de 200 000 personnes qui auront été évacuées au total,
03:20ne pourra se faire que progressivement,
03:22mais avec déjà aujourd'hui, pas loin de,
03:24et la Préphète l'a dit, pas loin de,
03:25un peu plus de 140 000 personnes qui pourront réintégrer,
03:27et sans doute d'autres dès demain.
03:29J'aimerais justement qu'on parle de ces évacués.
03:31Encore une fois, opération, tout est inédit dans cet incendie de Gironde.
03:34On a près de 200 000 évacués.
03:37144 000 personnes ont pu ou sont en train de regagner leur domicile.
03:41Mais qu'en est-il ?
03:42Est-ce que vous pouvez, ce soir, aux téléspectateurs qui nous regardent,
03:45au BFM TV, qui habite peut-être aussi la presqu'île du Cap-Ferret,
03:48donner des perspectives ?
03:49Parce qu'en effet, l'un des plainchots, c'est le clouet,
03:52qui est donc à l'entrée du début de la presqu'île du Cap-Ferret.
03:56Vu la topographie, il y a une seule route qui permet l'accès au Cap-Ferret.
03:59Est-ce que vous leur dites ce soir,
04:01laissez passer 24, 48 heures,
04:03où il est impossible de donner ce type de perspectives ?
04:06Il est impossible de donner ce type de délai.
04:08D'abord, ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui le donnera.
04:10Il y a la préfète de zone,
04:12Madame Sophie Brocas,
04:13le directeur des services départementaux d'incendie et de secours,
04:17Marc Vermelaine,
04:17qui sont, et l'un et l'autre, engagés,
04:19comme tous les sapeurs-pompiers sur le front,
04:21qui donneront ces indications
04:22en fonction de l'évolution de ces points chauds.
04:24Déjà, quand même, la bonne nouvelle,
04:25il faut le rappeler,
04:26c'est que plus de 140 000 personnes
04:27vont pouvoir réintégrer leur domicile,
04:30un certain nombre d'entreprises.
04:30La vie va reprendre sur ces territoires,
04:33et sans doute d'autres demain.
04:34Mais sur ce secteur-là,
04:36ça reste effectivement compliqué.
04:38Il y a un point chaud au sud de la Cano,
04:39et puis à l'entrée de la presqu'île du Cap Ferré.
04:41Il faut faire très attention,
04:42parce qu'effectivement,
04:43vous avez raison de le souligner,
04:44cette presqu'île,
04:45ça peut vite devenir un piège,
04:47dans la mesure où il n'y a qu'une route d'accès,
04:49c'est l'océan,
04:49et voilà, c'est une presqu'île.
04:50Donc, si le feu venait à repartir
04:52à l'entrée de la presqu'île,
04:53ce serait évidemment catastrophique.
04:55Donc, voilà, pour l'instant,
04:56je n'ai pas de perspective à donner,
04:58mais j'ai toute confiance, évidemment,
05:00dans les soldats du feu
05:01pour poursuivre et à continuer
05:02à traiter ce point chaud.
05:03Sur ces évacuations préventives massives,
05:06vous les avez ordonnées
05:07en coordination avec la préfète.
05:10Si c'était à refaire,
05:11vous le referiez exactement de la même manière.
05:13Je viens à ma question.
05:15Sophie Brocas, sur les réseaux sociaux,
05:18mais pas uniquement,
05:19est la cible de violentes critiques.
05:21Quant à ces prises de décisions
05:22sur ces évacuations et ces conséquences,
05:24on va y venir aussi,
05:25mais ces conséquences économiques
05:27en pleine période estivale.
05:28Il fallait opérer ces évacuations.
05:30Vous nous dites cela ce soir.
05:31Absolument, il n'y avait pas d'autre solution.
05:33Il n'y avait pas d'autre solution.
05:34Quand on vous annonce
05:36qu'il y a un pyro cumulonimbus
05:37qui s'est formé,
05:38que le feu progresse à une vitesse
05:41quasiment sans précédent,
05:42vous êtes obligés de prendre
05:43des mesures de précaution,
05:45de sauvegarde.
05:46Notre but principal,
05:47c'est de sauver des vies humaines.
05:48C'est notre objectif principal.
05:50Évidemment que la préfète de zone
05:51a eu parfaitement raison
05:52de décider de ces évacuations.
05:53C'est donc en lien très étroit
05:55évidemment avec nous.
05:56Moi, j'assume totalement
05:57ces décisions
05:58et je la soutiens totalement.
06:00Alors effectivement,
06:00elle fait l'objet
06:01d'un certain nombre de critiques
06:01qui ne portent pas d'ailleurs
06:03uniquement là-dessus.
06:05Sur ces évacuations
06:06et sur ces propos aussi
06:07de ne pas se rendre en Gironde.
06:09Encore une fois,
06:10la Gironde est un très grand département
06:12et beaucoup de professionnels
06:13nous disent
06:13mais venez quand même
06:14dans le département,
06:15pas là où il y a le feu évidemment.
06:16Je crois que c'est quelque chose
06:17qu'on peut dire maintenant
06:18mais quand le feu
06:19prônait de l'ampleur,
06:20etc.,
06:20il valait mieux être prudent.
06:21Il ne fallait pas gêner
06:22l'activité des services de secours.
06:24On ne savait pas
06:25quelle allait être l'ampleur du feu.
06:26Je vous rappelle
06:26qu'à un moment,
06:27on s'est posé la question
06:27de savoir s'il allait atteindre
06:28ou pas Bordeaux.
06:29Donc à ce moment-là,
06:30la préfète avait parfaitement raison
06:31de passer ses messages
06:32de prévention.
06:33Ce sont des messages
06:34de précaution.
06:35Et évidemment,
06:36vous savez,
06:36Madame Sophie Broca,
06:37c'est une très grande préfète.
06:38Elle a toute la confiance
06:39de son ministre,
06:40du Premier ministre
06:40et du Président de la République.
06:42On sait qu'on peut compter sur elle,
06:43on sait qu'elle prend
06:43les bonnes décisions
06:44et c'est ce qu'elle a fait.
06:45Et l'autre critique
06:46qui lui est adressée
06:47de manière extrêmement injuste
06:48sur les réseaux sociaux,
06:49c'est cette idée
06:50selon laquelle
06:50elle aurait dissuadé
06:51des agriculteurs
06:52de prêter leur concours.
06:53Mais c'est complètement faux.
06:54Le seul message
06:55qu'elle a passé
06:55et elle a eu raison de le faire.
06:57C'était de bien rappeler,
06:58d'ailleurs c'est passé par le canal
06:59des organisations syndicales
07:00professionnelles agricoles,
07:01de la Chambre d'agriculture,
07:02c'était de rappeler
07:03qu'il fallait que tout ça
07:03se passe en coordination
07:05avec le directeur
07:06des opérations de secours.
07:07Et dans la vraie vie,
07:08c'est partout pareil.
07:09Tous les bénévoles
07:09qui viennent nous aider
07:10sont coordonnés par les professeurs.
07:10Nous ne souhaitons pas
07:11que les agriculteurs
07:12prennent des initiatives individuelles.
07:14La générosité, c'est très bien,
07:16à condition que cela soit organisé,
07:18ce qui paraît être du bon sens.
07:19Et c'est ce qui s'est passé.
07:20Il y a eu un élan de générosité
07:22pour lequel je veux encore une fois
07:22remercier les agriculteurs
07:23et d'autres professionnels.
07:24Vous vous attendez
07:25à un tel élan de solidarité
07:27quand on a vu les images
07:29que l'on a vues,
07:30c'est-à-dire
07:34arriver en Gironde,
07:35de Gironde,
07:35et pas seulement
07:37venir aider les pompiers.
07:38Est-ce que vous attendiez
07:39à un tel élan de solidarité,
07:40Laurent Nunez ?
07:42Franchement,
07:43je suis un ministre de l'Intérieur
07:44qui a aussi été un haut fonctionnaire,
07:45qui a géré de nombreuses crises.
07:47Et souvent,
07:47dans les périodes de crise,
07:49ce qui fait la force
07:49de notre pays,
07:50c'est cette capacité
07:51à ce que beaucoup de bénévoles,
07:53d'abord tous les acteurs
07:54professionnels,
07:55dont c'est le métier,
07:56les sapeurs-pompiers professionnels,
07:57les sapeurs-pompiers volontaires,
07:58les forces de sécurité intérieure,
07:59tout le monde se regroupe.
08:00Il y a un élan de solidarité énorme
08:02et il y a aussi évidemment
08:03des membres de la société civile
08:04qui participent.
08:05J'ai un peu l'expérience
08:06et l'habitude
08:06et c'est assez fréquent
08:07ces élans de générosité.
08:09Mais la force est de constater
08:10que face à un événement exceptionnel,
08:11cette mobilisation,
08:12elle est encore plus exceptionnelle
08:13et donc il faut la saluer évidemment.
08:14Il faut la saluer
08:15avec quand même
08:17son lot aussi de polémiques
08:18qui montent.
08:20Je pense aux habitants du Porges.
08:22Le Porges qui est l'une
08:23des communes les plus touchées
08:25avec plus de 250 maisons
08:27totalement détruites
08:28qui disent pour certains,
08:30et ce sont pour certains
08:31d'entre eux montés en collectif,
08:32d'avoir été sacrifiés
08:35au profit d'autres communes
08:36qui, le disent-ils encore une fois,
08:38ont plus été protégées.
08:40Qu'est-ce que répond
08:41le ministre de l'Intérieur
08:42à ce collectif ?
08:44Il répond d'abord,
08:44l'objectif premier,
08:45c'est de sauver des vies humaines.
08:46Ça, c'est l'objectif premier.
08:47Il n'y a pas eu de choix.
08:48Il n'y a pas eu de choix fait.
08:49J'entends dire qu'on aurait
08:52privilégié la presqu'île
08:53du Cap-Ferret
08:54par rapport à une commune.
08:54Il n'y a eu aucune instruction
08:56en ce sens.
08:56Aucune instruction,
08:57ni en local,
08:58ni en national,
08:58en ce sens.
08:59La priorité,
09:00c'est de sauver des vies humaines.
09:01Maintenant, ce que je dis,
09:02je l'ai dit ce matin
09:03lors du point presse
09:04que j'ai fait depuis
09:04le ministère de l'Intérieur,
09:06on fera toute la transparence.
09:08Il y aura un rétexte
09:09et on sera absolument transparents
09:11sur la façon
09:11dont les choses se sont passées.
09:12N'ayez aucun doute là-dessus.
09:14Aucun doute là-dessus.
09:15Sur ce qui a été bien
09:15et moins bien fait aussi.
09:17Mais bien sûr,
09:18parce que ce qui fait
09:18la force de notre pays
09:19et qui fait qu'on est quand même,
09:21malgré tout ce que disent
09:22les uns et les autres,
09:22les polémistes et autres,
09:24qui sont...
09:24C'est toujours facile
09:25de commenter la gestion d'une crise
09:26quand vous êtes assis
09:27dans un fauteuil,
09:28sur un plateau de télé
09:28ou très loin de l'événement.
09:30Mais quand vous êtes
09:31dans la vraie vie,
09:32c'est un peu plus compliqué.
09:33Et ce qui fait
09:34que nous sommes un grand pays
09:35de gestion de crise,
09:36c'est que nous avons
09:37une culture du rétexte
09:38qui est très développée
09:39et nous tirons toujours
09:40les conséquences
09:40des événements précédents
09:42pour nous améliorer
09:43et nous le faisons sans cesse.
09:44Et il est important
09:44de rappeler en effet
09:45qu'aucune victime civile
09:47n'est à déplorer
09:48dans cet incendie
09:49jamais vu en Gironde.
09:51Mais nous déplorons
09:52la mort de 4 sapeurs-pompiers
09:53encore une fois.
09:55Vous vous attendiez,
09:56Laurent Nunez,
09:57à une saison des incendies.
09:59On a vécu
09:59une période de canicule.
10:00On parle de la Gironde,
10:02on parle aussi du Var,
10:03on parle aussi
10:04de la Côte d'Or
10:05encore hier soir.
10:06Vous vous attendiez
10:07à de tels incendies
10:09aussi impressionnants ?
10:10Franchement, oui.
10:11On s'attendait
10:12à ça.
10:12Deux choses, deux points.
10:14Premièrement,
10:14on s'attendait
10:14à une saison compliquée.
10:15On l'a dit
10:16dès le début de la saison,
10:17je suis allé ouvrir
10:17la saison à Nîmes
10:18le 4 juin dernier,
10:20d'ailleurs où j'ai signé
10:21l'acquisition
10:22de deux canadaires d'ailleurs,
10:23donc avec la société
10:24canadienne de Haviland.
10:25Et on reviendra
10:26là-dessus d'ailleurs.
10:27Nous avions annoncé
10:28que la saison serait compliquée.
10:29Pourquoi ?
10:29Parce que nous savions
10:30que les conditions climatiques
10:31étaient compliquées
10:32avec une chesseresse importante,
10:34qu'il y avait
10:35une végétation abondante
10:37avec les pluies
10:37de la fin de l'année 2025
10:39et puis beaucoup
10:40de phénomènes venteux
10:41qui étaient annoncés.
10:42Donc on savait
10:42que la saison serait compliquée
10:43et de fait, elle l'est.
10:45On a eu beaucoup d'incendies
10:45qui ont commencé
10:46dans des régions
10:47où c'est peu habituel,
10:48l'ouest de la France,
10:48le centre Val-de-Loire.
10:50Et même l'île de France
10:52avec Fontainebleau.
10:53Oui, et Fontainebleau,
10:54bien sûr.
10:54Et deuxième point,
10:55en revanche,
10:56l'événement qui a frappé
10:58la Gironde,
10:58l'incendie qui a frappé
10:59la Gironde
10:59était totalement inédit.
11:01Totalement inédit,
11:02je veux le redire,
11:03c'est un événement
11:04d'ampleur exceptionnel
11:05qu'on n'avait jamais vu
11:06sur le territoire national.
11:07Mais oui,
11:08on s'attendait
11:08à ce que la saison des feux
11:10soit compliquée.
11:11Et cette saison,
11:11j'insiste,
11:12elle n'est pas terminée.
11:13Évidemment,
11:14on est loin de baisser la garde.
11:15On avait encore
11:16une carte de la météo des feux
11:18sur la base de laquelle
11:19nous travaillons au ministère
11:20pour répartir
11:21les différents moyens
11:22sur l'ensemble
11:22du territoire national.
11:23Les colonnes terrestres,
11:24on a 72 colonnes
11:26qui sont mobilisées actuellement.
11:27Et vous redoutez
11:28un mois d'août
11:28qui pourrait ressembler
11:29à ces dernières semaines ?
11:30La carte de la météo
11:31de la journée d'aujourd'hui,
11:33et ce sera, je crois,
11:34à peu près celle de demain,
11:35est une carte
11:36qui, si sur le sud-ouest,
11:37on peut dire
11:38qu'elle s'est améliorée,
11:39sur le pourtour méditerranéen,
11:41elle est toujours
11:41très compliquée.
11:42Elle l'est dans
11:43toute la vallée du Rhône,
11:44y compris sur certains départements
11:46du nord-est de la France,
11:47sur lesquels on va être
11:48évidemment très attentifs.
11:49Et d'ailleurs,
11:49on l'a vu hier
11:50en Côte d'Or,
11:51avec à coucher
11:51un incendie
11:52qui s'est déclaré
11:53et qui, fort heureusement,
11:54maintenant, est fixé.
11:55Et fixé,
11:55c'était la bonne nouvelle
11:56aussi de cette journée.
11:57Laurent Nunez,
11:58avant de venir
12:00aux interpellations aussi,
12:01parce que c'est un chiffre
12:03qui retient l'attention,
12:04sur 10 incendies,
12:069 sont provoqués
12:07de manière humaine,
12:08pas toujours volontairement,
12:09mais il y a eu
12:10des interpellations
12:11et j'aimerais
12:11qu'on revienne ensemble
12:12sur peut-être avancer
12:13sur les profils
12:14de ces hommes
12:15et de ces femmes arrêtées.
12:16Et puis aussi,
12:17la polémique politique,
12:18parce qu'elle n'est jamais
12:19bien loin.
12:19On vous a reproché
12:20un manque de moyens
12:21et j'aimerais
12:22qu'on réponde là-dessus.
12:23Mais on parlait
12:23de ces évacués,
12:24certains se sont retrouvés
12:26notamment vers la dune du Pila,
12:27dans un camping
12:28totalement déserté,
12:29parce que c'est une
12:30des conséquences aussi.
12:31Il n'y a plus aucun touriste.
12:32Le Labail,
12:33on vous retrouve.
12:34Quelle est l'atmosphère
12:35sur place,
12:36là où vous êtes
12:36avec les gens
12:37qui ont trouvé refuge
12:38dans ce camping ?
12:42Écoutez Marie,
12:42c'est assez désert.
12:43Il y a beaucoup
12:44d'évacués ici
12:45qui ont trouvé
12:46ce camping,
12:46le camping de fortune.
12:47On est avec Franck Houdert,
12:48vous êtes le directeur
12:49de ce camping
12:50qui est en 2022,
12:51il y a 4 ans,
12:52avait déjà été en pro aux flammes.
12:53Et je profite
12:54du fait qu'il y ait
12:54le ministre de l'Intérieur
12:56bâton,
12:56vous aviez un mot
12:57à lui faire passer.
12:58Oui, j'espère que
12:59ce coup-ci,
13:00ça va servir de leçon
13:02parce que jusqu'à aujourd'hui,
13:04on pensait que
13:05beaucoup de choses
13:06étaient faites,
13:06mais on forçait
13:07de constater que non.
13:09Puisque les mêmes conditions,
13:11il y a un camion
13:11qui brûle,
13:12qui met le feu
13:13à la forêt de Biscarros,
13:14un incident à Somos
13:16et puis ça met
13:1742 000 hectares
13:19en fumée.
13:20Donc oui,
13:21est-ce qu'aujourd'hui,
13:22ils vont prendre
13:22enfin conscience
13:23qu'il y a des choses
13:24à faire ?
13:26Qu'il faut écouter,
13:27je pense,
13:27les forestiers.
13:28Monsieur Laffont
13:29a très bien parlé
13:30et il va falloir
13:32y mettre les moyens
13:33et puis arrêter
13:35peut-être de se cacher
13:35derrière,
13:36on n'a pas d'argent
13:37ou certaines personnes
13:39ne veulent pas.
13:39Maintenant,
13:40il faut faire.
13:41Il y a des gens
13:42qui ont tout perdu.
13:44J'ai encore écouté
13:45tout à l'heure
13:46quelqu'un
13:46qui cherchait une maison
13:48pour leur rentrer
13:49parce que leurs enfants
13:51vont reprendre l'école
13:53et qu'ils sont à la rue.
13:54Donc nous,
13:54on a connu ça en 2022
13:56et je vois que mes voisins,
13:58ils connaissent la même chose.
13:59Merci beaucoup.
14:00Le message est passé.
14:01Donc vous entendez
14:01cette indignation
14:02de ce directeur de camping.
14:04Merci, Lola Baye.
14:06Laurent Nunez,
14:07encore une fois,
14:09prendre aussi de la hauteur.
14:11En 2022,
14:12la même zone était touchée,
14:13pas de manière identique.
14:15La question des moyens
14:17aussi est posée.
14:18J'aimerais qu'on y vienne.
14:19D'abord,
14:20sur les interpellations.
14:21Vous avez été
14:22aux côtés de la sécurité civile
14:23ce matin.
14:25275 interpellés,
14:26pas en Gironde,
14:27sur toute la France.
14:30Toutes ont-elles été suivies
14:32de garde à vue ou pas ?
14:33Pas toutes.
14:34Pas toutes.
14:34Il y a 275 interpellations.
14:37Vous disiez,
14:37dans 9 cas sur 10,
14:39ce sont des...
14:39Dans 9 cas sur 10,
14:42l'origine est humaine.
14:44Et dans 2 cas sur 3,
14:45ces origines humaines,
14:47c'est une intention criminelle.
14:48C'est un incendie volontaire.
14:50C'est-à-dire qu'il y a
14:50des mises à feu volontaires
14:52sur le panel des personnes
14:53qui ont été interpellées.
14:53Donc évidemment,
14:54très souvent,
14:55c'est suivi de garde à vue.
14:57Il n'y a pas toujours
14:57des poursuites.
14:58On ne peut pas toujours établir
14:59que la personne a vraiment été
15:00à l'origine de la mise à feu.
15:01Mais on a quand même,
15:02j'ai quand même
15:02vous donné un chiffre,
15:03on a 31 personnes
15:04qui sont en détention,
15:06soit qu'elles aient été condamnées
15:07pour avoir procédé
15:08à des mises à feu,
15:09soit qu'elles sont
15:09en détention provisoire
15:10dans l'attente
15:11de leur jugement.
15:12Ce qui est énorme.
15:13Et je veux saluer
15:13l'action qui est menée
15:15par les procureurs
15:15sous l'autorité
15:16du garde des Sceaux
15:17qui ont pris des mesures
15:19de poursuite extrêmement fermes
15:21dès lors que nous sommes confrontés
15:22à des cas d'incendiaires volontaires.
15:25Est-ce que vous avez
15:25des personnes qui ont été interpellées ?
15:26Mais sur un certain nombre
15:27d'incendies,
15:28on a quand même
15:29des mises à feu multiples
15:30qui nous laissent à penser
15:32quand même qu'il peut y avoir
15:33une origine criminelle
15:34dans ces mises à feu.
15:35On l'a vu à Fontainebleau,
15:36pour partie c'était le cas.
15:37On a des gros soupçons
15:38aussi sur Brignol,
15:39on verra ce que disent
15:40les investigations judiciaires.
15:41Mais voilà,
15:41je veux passer aussi
15:42un message de fermeté
15:43pour tous ces incendiaires,
15:45ces personnes qui finalement
15:46mettent à mal
15:46le dispositif de sécurité civile.
15:48Il y a les polémiques
15:49sur les moyens et autres,
15:50mais si vous avez des personnes
15:51qui mettent le feu un peu partout,
15:52ça devient évidemment
15:53beaucoup plus compliqué
15:54pour les sapeurs-pompiers
15:54et pour les préfets
15:56et pour l'ensemble
15:56des acteurs de la sécurité civile.
15:58Donc on aura,
15:58je veux passer un message
15:59d'extrême fermeté.
16:00On sera intraitables
16:01avec ceux qui procèdent
16:03à ces mises à feu
16:03et il y a énormément
16:04de policiers et gendarmes
16:05qui patrouillent
16:06aux seules fins justement
16:07de pouvoir interpeller
16:08des incendiaires.
16:09Est-ce que vous avez
16:09des profils en tête
16:11à nous exposer ce soir ?
16:12Vous avez le...
16:13Des jeunes,
16:14des moins jeunes,
16:14des mineurs aussi peut-être ?
16:15Vous avez,
16:16alors il y a un certain nombre
16:17sur les 275,
16:18on a un peu plus de 160
16:20majeurs de mémoire
16:20donc il y a un peu plus de 110,
16:22enfin un peu moins
16:23de 110 mineurs
16:24mais vous avez à peu près
16:26tous les profils.
16:27Vous avez des personnes
16:29qui sont un peu des récidivistes
16:30qu'on a déjà vues
16:31dans des mises à feu identiques.
16:33Vous avez des personnes
16:34qui le font bêtement
16:35en allumant un barbecue
16:37en pleine forêt,
16:38en jetant des mégots.
16:40Voilà,
16:40on a à peu près tout,
16:41on a de nombreux profils.
16:42Voilà,
16:43donc de nombreux profils.
16:44En tout cas,
16:44la conséquence de l'action,
16:46elle est gravissime
16:46et donc il y aura toujours
16:47une réponse extrêmement ferme.
16:48De la sévérité
16:49et donc de la prise en ferme
16:50aussi à la clé
16:51pour certains de ces interpellés.
16:53Pour un certain nombre
16:53d'entre eux,
16:53c'est déjà le cas.
16:54Il y en a d'autres
16:55qui n'ont pas encore été déférés,
16:56qui n'ont pas encore été présentés
16:57devant la justice.
16:58Laurent Nunez,
16:59on évoquait ces moyens,
17:01justement,
17:01la polémique politique aussi
17:02qui n'a pas tardé,
17:03qui a démarré bien avant
17:05d'ailleurs cet incendie
17:06en Gironde,
17:07vous opposant,
17:08je pense,
17:08au Rassemblement National
17:09ou encore la France Insoumise,
17:11qui notamment
17:12sur les moyens aériens
17:13canadaires à notre disposition
17:15sont montés au créneau.
17:17Vous avez assez vite répondu
17:18pour éteindre cette polémique.
17:21Le budget 2027,
17:22au vu de la situation
17:23de nos finances publiques,
17:24devra opérer des coupes financières.
17:26Est-ce que vous nous dites
17:27ce soir,
17:27à l'automne prochain,
17:28que le budget
17:30de la sécurité civile
17:31sera sanctuarisé ?
17:32Oui,
17:33mais il est déjà,
17:33il a augmenté.
17:35Le budget de la sécurité civile,
17:36c'est le programme 161
17:37du budget de mon ministère.
17:39Il a augmenté,
17:40on était à peu près
17:41à 450 millions en 2017,
17:43on est à 800 millions
17:44en 2026.
17:44Il a doublé en 10 ans.
17:45Et on rajoute,
17:47pas loin de,
17:48sous réserve évidemment
17:49des arbitrages,
17:49l'ultime arbitrage
17:50que va rendre le Premier ministre,
17:51mais j'en discutais encore
17:52avec lui cet après-midi,
17:53on est encore sur
17:54plus de 80 millions d'euros.
17:55On va atteindre quasiment
17:56plus de 93% en 10 ans.
17:59Donc vous dites uniquement
17:59de la mauvaise foi politique
18:00de ce qui est né
18:01des derniers débats ?
18:02D'abord,
18:03quand on entend
18:04qu'on n'a pas mis de budget
18:05sur la sécurité civile,
18:06c'est faux,
18:06il a quasiment doublé en 10 ans.
18:08Je ne parle que du budget
18:09de l'État.
18:09Vous savez que les services
18:11départementaux d'incendie de secours,
18:12ces sapeurs-pompiers
18:13qui interviennent partout,
18:14les professionnels,
18:14les volontaires,
18:15sont financés par les collectivités publiques,
18:17les départements,
18:19les communes,
18:20pour partie.
18:21Vous avez aussi une taxe
18:22qui est affectée
18:23à ce financement.
18:23Le budget des SDIS,
18:25lui, en 10 ans,
18:26il est passé d'un peu moins
18:26de 5 milliards
18:27à plus de 6 milliards d'euros.
18:29Donc il y a eu
18:29des investissements exceptionnels
18:31qui ont été faits,
18:32y compris le PAC capacitaire.
18:33À partir de 2022,
18:34sur décision du Président
18:35de la République,
18:35nous avons aidé les SDIS
18:36à acheter des moyens
18:38qui permettent justement
18:38de lutter contre les incendies,
18:40notamment des engins motorisés.
18:41Mais ce qui est revenu régulièrement ?
18:42150 millions d'euros
18:42qui ont été engagés.
18:43Du côté des SDIS,
18:44c'était 150 millions,
18:45ça fait 300 millions d'euros.
18:46Donc on a un budget qui est là.
18:47La polémique, vous savez,
18:48sur les moyens aériens,
18:49j'y reviens,
18:50parce que maintenant,
18:50elle a changé.
18:51Une fois qu'on explique,
18:52on fait de la pédagogie,
18:53on nous dit non,
18:53les moyens...
18:54Notre 12 Canadair, précisément,
18:56et 4 ou 5 appareils
18:57qui sont en maintenance
18:59durant cette période de grand feu.
19:00Tout le monde se focalise
19:01sur la flotte aérienne.
19:02Dans un premier temps,
19:02elle était insuffisante.
19:03Tout le monde ne parlait
19:03que des Canadair.
19:11Une dizaine d'hélicoptères,
19:1310 pour être précis,
19:14et qu'on loue 6 avions au tracteur.
19:15D'ailleurs, on a infecté
19:162 hélicoptères
19:17compte tenu de ce qu'on vit actuellement.
19:18Plus ce qu'ont acheté les SDIS,
19:20sur la période,
19:21on a, dans les départements,
19:2327 moyens aériens
19:25pour lutter contre les incendies.
19:26Et ce que mettent à notre disposition
19:28aussi les pays de l'Union européenne
19:29dans le cadre des mécanismes de solidarité.
19:31Et parfois, c'est nous qui contribuons.
19:32Là, nous bénéficions
19:33d'un certain nombre de renforts aériens.
19:35Et ce qui fait que, par exemple,
19:36à Bordeaux,
19:37on a au total 24 moyens aériens.
19:38Alors, la polémique s'est déplacée.
19:39Une fois qu'on explique que, finalement,
19:40vous avez peut-être un peu tort,
19:42on a quand même une flotte aérienne
19:42qui est très performante,
19:44en tout cas en nombre,
19:44très diverse en plus,
19:45qui permet à la fois
19:46de projeter de l'eau,
19:47du produit retardant.
19:48Elle s'est déplacée sur la disponibilité.
19:51Mais c'est la même dans tous les pays.
19:52Vous avez des règles
19:53qui font que les appareils,
19:55quand ils ont volé dans la journée,
19:57ils sont mis en maintenance dans la nuit.
20:00Je tiens d'ailleurs à souligner
20:01le travail remarquable
20:02qui est fait par les militaires
20:04de la sécurité civile
20:06qui sont placés sous le monde d'autorité.
20:08Pour rassurer ses rotations.
20:09Toutes les nuits.
20:10Et puis, parfois,
20:11quand l'avion ou l'hélicoptère
20:12a volé pendant une certaine durée,
20:15il y a un contrôle technique obligatoire.
20:17C'est comme d'autres types de véhicules.
20:18Mais c'est vrai dans tous les pays
20:19et c'est vrai surtout
20:20pour tous les types de flottes.
20:21La flotte de l'armée de l'air,
20:23c'est pareil.
20:24Donc maintenant,
20:25on joue sur le taux de disponibilité.
20:26On nous dit,
20:26là, aujourd'hui,
20:27vous avez cinq canadaires.
20:28C'est sûr,
20:28on récupère des documents
20:29du ministère de l'Intérieur
20:30qui sont du matin,
20:32mais dans la journée,
20:32le chiffre augmente souvent.
20:33D'autres fois,
20:34c'est 8 sur 12.
20:35Effectivement,
20:36il y a des taux d'indisponibilité
20:37qui sont liés
20:37à des opérations de maintenance
20:38qui sont réglementaires,
20:40mais surtout,
20:41qui visent à assurer
20:42la sécurité de nos pilotes.
20:43Et c'est une priorité.
20:43Et vous nous dites ce soir,
20:44Laurent Nunez,
20:45sans révéler le secret
20:46des discussions
20:47que vous pouvez avoir
20:48avec le Premier ministre,
20:49ce budget continuera d'augmenter.
20:51En tout cas,
20:51c'est ce que vous demandez
20:52dans les arbitrages
20:53qui sont rendus à l'automne.
20:54Parce que c'est un budget important
20:56pour maintenir notre flotte aérienne
20:57à bon niveau.
20:59Financer aussi les colonnes de renfort.
21:00Nous avons créé
21:01des colonnes de renfort terrestres,
21:02c'est-à-dire que quand il y a
21:03des événements de cette ampleur,
21:04vous avez des sapeurs-pompiers
21:05qui viennent de toute la France,
21:06qui sont constitués
21:07en colonnes de renfort.
21:08On en a 72 aujourd'hui
21:10sur le terrain,
21:11contre 52 au début
21:12sur l'ordre d'opération.
21:13On a trouvé les moyens
21:15de renfort terrestres
21:16extrêmement importants
21:17et c'est l'État
21:17qui les paye.
21:18Et donc, c'est au budget,
21:19c'est à mon budget,
21:20au budget dont j'ai la responsabilité
21:21comme ministre de l'Intérieur.
21:22Avec un mot aussi
21:24sur le projet de loi
21:24Sécurité civile en tant que tel.
21:27Là aussi,
21:27vous avez entendu
21:28des critiques naître
21:30de la part de certains
21:31syndicats de pompiers.
21:32Vous leur dites quoi ce soir ?
21:34Alors, il y a trois choses.
21:36Il y a eu un Beauvau
21:37de la Sécurité civile
21:38qui a été effectivement lancé
21:39par Gérald Darmanin déjà.
21:41Absolument, il y a deux ans maintenant.
21:41Bruno Ratailleau
21:42y a travaillé avec le ministre délégué
21:44auprès de lui
21:44qui était François Nuel Buffet
21:45et qui je veux rendre hommage évidemment.
21:47Et ensuite, moi je suis arrivé,
21:48j'ai trouvé ce travail.
21:49Effectivement, nous l'avons traduit
21:51de loi que le Premier ministre
21:53a évidemment accepté
21:54et il y a des réunions
21:55interministérielles
21:56qui se tiennent en ce moment
21:57pour finaliser l'écriture
21:59de ce projet de loi
22:00qui vise à réformer
22:02certains modes de fonctionnement
22:03de la sécurité civile.
22:04Savoir que nos sapeurs-pompiers
22:05consacrent sans doute
22:06beaucoup trop de temps
22:08à faire du secours d'urgence à personne
22:10qui n'est plus forcément
22:11du secours d'urgence à personne
22:12et qui relèverait peut-être
22:13d'autres acteurs.
22:14Donc il y a un certain nombre
22:15de choses à clarifier.
22:16C'est ce que nous faisons
22:16dans le projet de loi.
22:17Mais attention, il y a aussi
22:18un sujet de financement
22:19des services départementaux
22:21d'incendie de secours
22:22pour lequel nous travaillons
22:23avec les associations.
22:23Et ça, l'État sera au rendez-vous ?
22:25Il y aura un chemin
22:27pour le projet de loi de finances
22:28pour 2027
22:29sur le financement des SDIS.
22:30Le Premier ministre l'a annoncé,
22:31le Président l'a rappelé
22:32quand il s'est déplacé
22:35à Bordeaux.
22:36Donc nous avons rencontré
22:37les élus, nous l'avons rappelé.
22:38Et puis il y aura
22:39un volet réglementaire.
22:40Il y a les sapeurs-pompiers
22:41qui attendent un certain nombre
22:41de réformes, notamment
22:43sur la filière des sapeurs-pompiers,
22:44sur un certain nombre de gris.
22:46Ça, ça relève du réglementaire.
22:47Et tout ça, nous y travaillons.
22:49J'ai rencontré
22:49toutes les organisations syndicales,
22:51c'était prévu,
22:51de sapeurs-pompiers,
22:53et je leur ai rappelé.
22:54Oui, nous travaillons
22:55Beauvau de la sécurité civile.
22:56Et ce sera opéré
22:58malgré un agenda parlementaire
23:00très chargé,
23:00mais vous y engagez.
23:02Il ne vous a pas échappé,
23:03je pense que malgré
23:04la situation,
23:05malgré la majorité
23:07parfois introuvable
23:08que nous avons à l'Assemblée,
23:09que le gouvernement,
23:10le corps nu,
23:11a quand même fait passer
23:11un certain nombre
23:12de projets de loi
23:13ou soutenu
23:14des propositions de loi.
23:14Et vous appelez les partis
23:16à vous aider
23:16à faire passer ces textes ?
23:17Qui sont, je pense,
23:18à mon texte
23:18sur la sécurité riposte,
23:19au texte de Gérald Darmanin,
23:21au texte en matière
23:21de la loi d'urgence agricole.
23:23Voilà, on a réussi
23:24à faire passer
23:24un certain nombre de textes
23:25et j'ai très bon espoir
23:27pour le texte
23:27sur la sécurité civile
23:28qui, quand on voit
23:29les discussions,
23:30quand on entend
23:30les discussions
23:31dans la sphère politique
23:32du moment,
23:32c'est quand même un texte
23:33qui sera,
23:33j'en suis sûr,
23:34très consensuel.
23:35Laurent Nunes,
23:35ministre de l'Intérieur,
23:36parce que l'on arrive
23:37dans les dernières minutes
23:37de cette interview
23:38sur un tout autre sujet.
23:40Mais parce que vous n'avez
23:41pas encore publiquement réagi,
23:43la chroniqueuse pro-russe
23:45Xenia Federova
23:46s'est vue remettre hier
23:47un arrêté ministériel
23:49signé, je crois,
23:51de votre main,
23:52confirmant une information
23:53de nos confrères de Libération,
23:54une décision
23:55qu'elle va contester,
23:57un arrêté ministériel
23:58d'expulsion.
24:00Malgré des recours,
24:02cet arrêté
24:02ne serait pas suspensif
24:04et tel encore ce soir
24:06à votre connaissance,
24:07toujours sur le territoire français
24:09où elle va être expulsée
24:10dans les prochains jours
24:11ou prochaines semaines.
24:12D'abord,
24:12vous expliquez pourquoi
24:13cet arrêté a été pris.
24:14Parce que j'entends dire
24:15beaucoup de choses
24:15sur le fait que ce serait
24:16une atteinte à la liberté
24:17d'expression.
24:18Non.
24:19Madame Federova est quelqu'un
24:20qui est en situation régulière
24:22sur le territoire national.
24:23On n'est pas en train
24:24de parler des étrangers
24:24en situation irrégulière.
24:25Elle s'est d'ailleurs
24:26fait, renouvelé son titre.
24:27J'entends des comparaisons
24:28qui sont faites
24:29sur le traitement
24:30des obligations
24:30de quitter le territoire français.
24:32On n'est pas sur ce sujet-là.
24:33On est sur un sujet
24:34qui est très grave,
24:36qui est celui
24:36d'une atteinte
24:37aux intérêts fondamentaux
24:38par quelqu'un
24:39qui est de nationalité étrangère,
24:41en l'occurrence russe,
24:42et qui porte un discours
24:44qui ne fait que relayer
24:46sur le territoire national,
24:47en l'occurrence dans les médias,
24:48mais qui ne fait que relayer
24:49sur le territoire national
24:51la propagande russe,
24:52qui ne fait que relayer
24:53la propagande russe.
24:54Nous avons considéré
24:56qu'il y avait là
24:56une atteinte
24:57aux intérêts fondamentaux
24:58de la nation.
24:58Et c'est pour cela,
24:59effectivement,
24:59que le ministre de l'Intérieur
25:01a pris un arrêté ministériel
25:03d'expulsion,
25:04qui est doublé d'ailleurs
25:04d'un arrêté d'assignation
25:06à résidence,
25:07au fin,
25:07évidemment,
25:08d'expulser,
25:09de reconduire cette personne.
25:10Mais quand sera-t-elle
25:10donc expulsée
25:11à votre connaissance ?
25:13Il y a un recours
25:13qui va être engagé.
25:14Mais qui n'est pas suspensif
25:15à notre connaissance ?
25:16Oui,
25:16il n'est pas suspensif.
25:17Il faut que Mme Fedorova
25:19ait été...
25:20Elle ait invité
25:21à se présenter.
25:22Donc, elle a déjà...
25:23L'arrêté lui a été notifié
25:24par l'intermédiaire
25:25de son avocat.
25:26Et donc,
25:27elle est invitée
25:31dans le temps
25:31que nous préparons
25:32les conditions
25:33de son expulsion
25:34vers la Russie.
25:35Mais elle peut aussi
25:36quitter le territoire national
25:37de son plein gré.
25:37Il n'y a pas de difficulté.
25:38Vous avez répondu en partie
25:40aux accusations
25:41de ses employeurs,
25:41Canal Plus Lagardère,
25:42qui ont dénoncé
25:43une atteinte particulièrement grave
25:45à la liberté d'expression.
25:47Vous leur répondez
25:47donc, j'ai compris ce soir.
25:48Ce n'est pas une atteinte
25:49à la liberté d'expression.
25:49Ce n'est pas une atteinte
25:50à la liberté d'expression.
25:51Ce sont les intérêts fondamentaux
25:52de la nation
25:52qui sont mis en cause
25:53quand vous avez quelqu'un
25:54qui ne fait que relayer
25:55la propagande russe,
25:56qui est une propagande
25:56qui vise à saper
25:58le fonctionnement démocratique
26:00en France.
26:01Et donc, ça n'est pas
26:02une atteinte
26:02à la liberté d'expression.
26:03Je ne doute pas une seconde
26:04que ceux qui portent
26:06des théories comme celles
26:07que développait cette personne
26:10vont continuer
26:10à être diffusées.
26:12Vous savez,
26:12quand on entend
26:13M. Filippo,
26:14quand on entend
26:14M. Mariani,
26:15on n'est pas très loin
26:16de ce que dit Mme Fedorova.
26:17Donc, ils continueront
26:18à s'exprimer.
26:18En tout cas, pour Mme Fedorova,
26:20c'est quelqu'un
26:20qui est de nationalité étrangère,
26:21de nationalité russe.
26:23Elle relaie purement
26:24et simplement
26:24la propagande russe.
26:25Il ne vous a pas échappé
26:26d'ailleurs que dans l'arrêté
26:27que nous avons notifié,
26:28nous nous appuyons aussi
26:29sur une analyse
26:30d'autres services,
26:31d'autres partenaires européens
26:33qui ont la même analyse
26:34que nous.
26:34Et donc, cette personne
26:35représente bien une menace
26:36pour les intérêts fondamentaux
26:37de la nation française.
26:38Pas deux poids, deux mesures
26:39dont vous le dites
26:40avec d'autres cas spécifiques.
26:42Le RN dit finalement
26:43avec les OQTF,
26:44ils mettent du temps
26:45à être expulsés.
26:46Là, encore une fois,
26:48très concrètement,
26:50combien de temps
26:50a-t-elle devant elle
26:52avant de quitter
26:53le territoire français ?
26:54Il n'y a pas deux poids
26:55de mesures.
26:56Il y a le traitement
26:56des étrangers en situation
26:57irrégulière,
26:58c'est une chose.
26:58Là, on est dans un tout
27:00autre registre.
27:00Il faut vraiment
27:01que nos citoyens
27:01comprennent bien
27:02qu'on est dans un registre
27:03d'ingérence effectivement
27:04et d'atteinte
27:04aux intérêts fondamentaux
27:05de la nation.
27:06Et elle doit quitter
27:07le territoire ?
27:08Elle fait l'objet
27:08d'un arrêté ministériel
27:09d'expulsion,
27:10elle va le contester
27:11et nous aurons l'occasion
27:12de plaider
27:13au tribunal administratif
27:14évidemment.
27:15Pour l'instant,
27:15je n'ai pas connaissance
27:16de ce recours.
27:16Merci infiniment
27:17d'avoir été notre invité
27:18ce soir sur BFM TV.
27:20Merci.
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