Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:06Excellences, Excellences, Monsieur le Président, en exercice de la conférence des chefs d'État et de gouvernement de la communauté
00:15économique des États de l'Afrique de l'Ouest.
00:20Excellences, Mesdames et Messieurs les chefs d'État et de gouvernement,
00:26Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO,
00:33Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants des institutions de l'Union africaine et des Nations unies,
00:44Distingués invités en vos rangs, grades et qualités,
00:50C'est avec un profond sentiment de responsabilité, mais aussi de fraternité que je prends la parole devant cette Auguste
01:02Assemblée,
01:03dans la continuité des propos que j'ai eu l'honneur de vous adresser lors de nos différentes rencontres.
01:13C'est ce que j'annonçais alors comme une conviction.
01:21Je le réformule aujourd'hui comme un appel, celui du réalisme au service du bien-être de nos peuples.
01:31L'intégration africaine est la seule voie pour le développement et pour éviter les guerres entre nous.
01:41Cette phrase inoubliable des présidents Gowu et Yassime Yadema illustre l'esprit de traité qui a donné naissance à notre
01:56communauté.
01:57Lorsque le 28 mai 1975, les 15 pères fondateurs de la CDAO se réunissaient au Nigeria, l'objectif pour eux
02:10était clair, très clair et simple, économique et commercial.
02:19Face aux grands ensembles qui dominaient le monde, il s'agissait de créer un grand marché commun ouest-africain pour
02:28le développement et la paix.
02:31Parce qu'il y avait conscience que là où il y a le développement économique, il y a la paix.
02:40Et que ce n'est qu'ensemble que nous pouvons être forts et respecteurs pour faire face aux grands dangers
02:50mondiaux.
02:51Ce n'est qu'ini que nous pouvons peser.
02:55Notre survie et notre prospérité dépendent donc d'abord de notre capacité à rester ensemble, unis.
03:04La division n'arrange que celui qui divise.
03:07Pas de place donc pour la division.
03:13Excellence, les sanctions ne sont pas la solution.
03:18Notre sous-région a trop souvent choisi la sanction comme premier réflexe, quand elle devait être le dernier recours.
03:29Or, sans hypocrisie, l'expérience nous enseigne, avec confiance et sans exception,
03:38que la sanction n'est pas le pouvoir caractéristique.
03:47Elle frappe d'abord et surtout les enfants dans les salles de classe,
03:53les femmes dans les marchés,
03:55les hommes dans les champs et les ateliers.
03:59Elle prive les hôpitaux de médicaments de première nécessité.
04:04Elle vide les marchés des darrêts indispensables.
04:07Elle suscite et alimente le trafic en tout genre.
04:12Elle pénalise simplement les filles et fils de la terre de nos ancêtres.
04:20Une communauté qui, pour corriger un État appauvrit un peuple,
04:26c'est loin de l'esprit même qui a présidé à sa création.
04:31Nos traditions africaines n'intègrent pas le principe de l'exclusion de l'enfant.
04:38Encore moins l'idée d'affamer et de le combattre.
04:44La vision des pères fondateurs de notre communauté n'était ni punitive ni répressive.
04:52Elle était avec une carité que l'histoire n'a jamais démentie.
04:58Celle d'un espace de prospérité partagée.
05:03Où la libre circulation des biens, des personnes et des idées
05:08devait rapprocher nos peuples plutôt que les isoler.
05:13C'est pourquoi, je le dis avec le respect dû à cette assemblée,
05:21mais aussi avec la fermeté qui commande ma responsabilité des chefs d'État,
05:27récentrons-nous sur l'essentiel.
05:30Faisons de l'économie, de l'investissement productif et du bien-être de nos populations
05:36le cœur battant de notre action commune.
05:41Une communauté forte n'est pas celle qui sait le mieux sanctionner les membres,
05:47c'est celle qui sait le mieux les faire prospérer ensemble.
05:51Excellences, nous devons adapter nos institutions à la réalité de notre époque.
06:00On ne soigne pas le paludisme et le cancer avec le même remède.
06:07Chaque mal appelle à son traitement.
06:10Chaque situation appelle à sa réponse.
06:17Il en va de même pour nos nations.
06:20Chaque nation, chaque peuple porte une histoire des équilibres et des urgences qui lui sont propres.
06:29Voir appliquer les réalités différentes, une seule et même ordonnance, aussi bien intentionnée soit-elle,
06:39ce n'est pas de la rigueur pour moi.
06:43C'est une méconnaissance sur la nature même de nos sociétés.
06:47Nos textes fondateurs ont plus d'un demi-siècle.
06:52Le monde qu'ils décrivaient n'est plus tout à fait celui que nous vivons.
06:58Je le dis avec la conviction d'un homme d'État soucié de la pérennité de la CDAO.
07:07Réformer nos institutions n'est pas affaiblir, c'est les inscrire dans la durée.
07:15Réformer nos institutions, c'est les adapter à nos valeurs.
07:21À nos réalités, à nos coutumes, à nos traditions séculaires.
07:28Réformer nos institutions, c'est prendre en compte nos réalités, nos spécificités.
07:35Si nous avons respecté la règle de l'intensibilité des frontières héritées des accidents de l'histoire,
07:44nous ne devons peut-être pas oublier qu'elles n'effacent pas la réalité des abrigations.
07:50Les liens qui initent toujours et à jamais, le peuple, les frontières artificielles héritées de la colonisation,
07:58les ont certes séparés.
08:00Mais nous ne pouvons prendre la responsabilité de les diviser davantage et, plus grave, de les opposer.
08:10D'affamer les mêmes familles qui se trouvent de part et d'autre des frontières à s'affronter.
08:19Ça serait, contraire à l'idée même, qui a amené les pères fondateurs à créer cette communauté.
08:25Il nous faut des mécanismes qui distinguent la fermeté des principes de la rigidité des méthodes,
08:33qui reconnaissent la légitimité de chaque nation, déterminée jusqu'au dernier souffle,
08:40s'il le faut, à assurer le bien-être et la dignité de son peuple.
08:46C'est ça la boussole.
08:49C'est pourquoi, avec tout le respect que je dois à chacune et à chacun d'entre vous,
08:56je vous exhorte, Excellence, à un retour résolu aux fondamentaux,
09:01le développement pérenne et l'économie.
09:06Nos peuples n'attendent pas de nous que les communiqués.
09:11Ils attendent de l'eau, des routes, des usines, de l'énergie, des marchés ouverts, des emplois pour leur jeunesse.
09:21C'est à cette exigeante et à cette exigeante seule que l'histoire jugera notre génération de dirigeants.
09:29Je vous invite également, avec la même sincérité, à engager la réfondation de notre modèle de gouvernance
09:37vers davantage de participation.
09:40Une gouvernance qui associe nos peuples, notre jeunesse, nos opérateurs économiques
09:46et notre société civile à la définition même de notre destin commun.
09:52Une communauté ne se décrète pas depuis la seule capitale.
10:00Elle se construit avec ceux qui la vivent chaque jour.
10:06Une communauté se construit avec tous les enfants sans exclusives,
10:13sans stigmatisation, sans injurction ni influence extérieure et sans exclusives.
10:21Le 28 mai 1975 à Lagos, il y a été 15 pères fondateurs à créer notre communauté
10:33qui, depuis plus d'un demi-siècle, nous réunit.
10:3715 pères fondateurs parmi lesquels 10 militaires et 5 civils.
10:43Donc, l'écrasante majorité des fondateurs étaient issus de l'armée.
10:50Leur attachement à la paix et à l'unité n'a jamais été démenti.
10:56Les militaires sont une partie de nous.
11:01Ils ont consenti le sacrifice de leur vie pour préserver notre paix commune.
11:07Leur uniforme ne serait donc constitué leur exclusion de la vie et de la gestion de notre communauté.
11:17Ils ne sont ni plus ni moins que les enfants du peuple.
11:22Et notre Afrique, dans cette conception, ne constitue pas une exception.
11:28Excellence, la Guinée, fidèle à son histoire et à sa vocation panafricaine,
11:37se tient prêt à œuvrer aux côtés de chacun de ses pairs
11:43à la construction de cette communauté de prospérité partagée
11:47que nos dévinciers ont rêvé pour nous.
11:51Ce n'est pas en nous divisant par la sanction que nous honorerons leur mémoire.
11:58C'est en bâtissant ensemble par le travail, la solidarité et la justice,
12:02l'Afrique de l'Ouest porte souveraine et prospère
12:06laquelle nos peuples ont droit.
12:09Avons-nous d'ailleurs vraiment le pouvoir de les diviser ?
12:14Je ne pense pas.
12:17Eux qui, au fil des siècles, malgré les frontières artificielles,
12:22sont restés uniques à travers leurs échanges, leurs rites,
12:26leurs mouvements et leurs commerces.
12:28Je vous remercie de votre bienveillante attention.
12:33Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Recommandations