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  • il y a 15 minutes
Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard ont été réveillés dans la nuit de samedi à dimanche pour subir des contrôles antidopage inopinés, des interventions nocturnes peu fréquentes mais parfaitement autorisées par les règlements.
Gérard Dine, hématologue retraité et spécialiste anti-dopage, est l'invité de RTL Soir.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Soir
00:02L'invité d'RTL Soir est donc le professeur Gérard Dine. Bonsoir.
00:08Bonsoir.
00:09Ancien médecin biologique spécialisé en hématologie.
00:12Vous avez notamment longtemps collaboré auprès des instances anti-dopage.
00:16On vous remercie d'être avec nous pour nous éclairer sur, on va dire, ces nouveaux soupçons qui planent sur
00:21le Tour de France
00:22à l'occasion des contrôles réalisés dans la nuit de samedi à dimanche sur les deux premiers du Tour, Pogacar
00:27et Vingegaard.
00:28Vingegaard, qui lui a abandonné quelques heures après ce contrôle dans une chute.
00:33Contrôle qui, on le précise, et on le sait maintenant, a été autorisé par un magistrat.
00:39Quelle signification vous donnez à ces contrôles nocturnes et ciblés sur les deux premiers ?
00:44Donc c'est un contrôle supplémentaire par rapport au contrôle habituel de lutte contre le dopage.
00:51En fait, l'idée, c'est de pouvoir mettre en évidence ce qu'on appelle des micro-doses d'EPO,
00:57ou d'érythropoïétine, de façon à pouvoir obtenir éventuellement, si utilisation,
01:05des tests positifs indiquant l'utilisation de ce type de produit dopant.
01:10Ça veut dire qu'en utilisant des micro-doses d'EPO,
01:15lors des contrôles qui sont effectués plus tard,
01:19on n'en a pas la trace, c'est ça ?
01:21Et c'est pour ça qu'on fait des contrôles nocturnes ?
01:23Alors, ce n'est pas forcément le contrôle nocturne en lui-même qui peut poser problème ou peut poser solution.
01:31C'est simplement que l'utilisation de micro-doses entraîne l'apparition du produit recherché
01:40de manière beaucoup plus complexe vis-à-vis des tests utilisés.
01:44À partir du moment où il y a donc une suspicion, entre guillemets, forte,
01:49puisque c'est dans ces conditions-là seulement que les prélèvements pourront être réalisés de nuit,
01:55on peut donc faire ces contrôles, parce qu'effectivement, pendant la nuit,
02:00cela signifie que si les micro-doses sont utilisées, elles ont été utilisées avant,
02:04et comme ces micro-doses vont avoir une présence beaucoup moins importante que des doses normales,
02:13c'est au moment où les gens ne sont pas en activité,
02:17par rapport à la nécessité de maintenir un niveau de globule rouge élevé,
02:21qu'on va peut-être espérer avoir un résultat positif.
02:25Vous l'avez dit, pour qu'un juge du parquet de Paris autorise ses contrôles en pleine nuit,
02:30il faut qu'il y ait, c'est les termes employés, c'est très précis, des soupçons graves et concordants.
02:37Est-ce que ça veut dire, d'après vous, qu'il a d'autres éléments autres que le classement général
02:43?
02:45Alors là, ça dépasse un peu mes compétences, mais je peux vous expliquer le pourquoi.
02:49C'est-à-dire que normalement, au plan international, on ne peut pas faire de contrôle
02:53entre 2h et 5h30 ou 6h du matin, pour laisser les gens dormir, bien entendu,
03:00les athlètes dormir pendant les nuits.
03:02Mais il existe des situations particulières, notamment régies par l'AFLD,
03:10qui, lorsqu'il y a de fortes suspicions, entre guillemets, on tombe dans le juridique,
03:15on pourrait passer outre cette réglementation internationale
03:20et faire les contrôles à ce moment-là, en particulier sur le territoire français,
03:24puisqu'on est vraiment en France et c'est pour ça que c'est faisable,
03:29au-delà de l'interdiction de faire des prélèvements entre 2h et 6h du matin, globalement.
03:35Est-ce qu'on a une idée de la date à laquelle on aura les résultats de ces analyses ?
03:40Je n'en sais rien du tout. C'est très clair que là, on est dans une procédure
03:45qui est véritablement très particulière, puisqu'il faut l'intervention d'un magistrat.
03:50C'est un contrôle qui est réalisé dans le cadre de la gouvernance française
03:56sur le territoire français.
03:58C'est pour mettre en évidence éventuellement de l'EPO.
04:01Les tests sont quand même assez complexes.
04:05Ça ne se fait pas en quelques minutes, mais ça se fait en quelques jours.
04:09Donc il faut imaginer avoir les réponses d'ici quelques jours.
04:13Il est bien évident qu'en fonction des résultats,
04:17il y aura d'autres déclarations qui sont à attendre,
04:21d'un côté comme de l'autre,
04:23puisque en termes de négativité ou de positivité,
04:29les positions des différents intervenants seront effectivement différentes.
04:35On a connu, on s'en souvient, les années de l'EPO,
04:37dont vous êtes spécialiste, je vous rappelle, Gérardine,
04:41à la fin des années 90.
04:43Ça veut dire qu'on pensait qu'on en était sortis.
04:46Et en fait, ce que vous nous expliquez ce soir,
04:49c'est qu'on n'en est pas totalement sortis,
04:51mais qu'aujourd'hui, ce sont des micro-doses
04:54qui sont, ou qui pourraient, on va rester dans le conditionnel,
04:57être utilisées par certains coureurs ?
05:01Alors, sans vraiment détailler ce dossier complexe,
05:04il faut savoir que lorsque l'EPO arrive,
05:06à partir de 1990, pour les patients,
05:10et qu'elle commence à être utilisée dans l'ensemble des sports
05:12qui ont besoin de globules rouges pour la performance,
05:17c'est-à-dire transporter l'oxygène pour la performance,
05:19il faut savoir qu'on a connu trois générations différentes d'EPO,
05:25ce qui signifie que les tests utilisés en 2000
05:28sont complètement différents aujourd'hui en 2026
05:33et n'ont plus rien à voir les uns avec les autres.
05:37Ça pose effectivement des problèmes techniques importants,
05:40et pour faire face à ce défi,
05:44les utilisateurs d'EPO ont imaginé que l'EPO,
05:49au lieu d'augmenter les globules rouges de manière significative,
05:53les micro-doses permettent de maintenir un niveau stable de globules rouges,
06:00parce qu'entre-temps, on a appris du point de vue de la physiologie du sport,
06:04de la médecine du sport,
06:05qu'un exercice intense aérobie de trois semaines, par exemple,
06:10a un impact négatif sur la production des globules rouges,
06:14c'est-à-dire qu'on part à un niveau X de globules rouges,
06:18et à la fin du tour, par exemple, trois semaines après,
06:20on va se retrouver à un niveau Y de globules rouges abaissées.
06:24Et donc, l'enjeu avec ces micro-doses,
06:27ce n'est pas d'augmenter, c'est de maintenir un niveau A.
06:30C'est de stabiliser le niveau de globules rouges sur l'ensemble de la course.
06:33Un dernier mot sur Pogacar.
06:36Qu'est-ce qui intrigue son hyper-domination
06:40ou la puissance qu'il développe, que certains disent, surhumaine ?
06:47Pogacar est manifestement un athlète,
06:49comme son concurrent danois,
06:52qui a été contrôlé en même temps.
06:53Ce sont des gens qui sont hors normes par rapport aux nécessités dites aérobie,
06:59c'est-à-dire des efforts intenses qui vont durer un certain temps.
07:03Il est évident que si malencontreusement,
07:06ces performances sont améliorées par l'utilisation de l'EPO,
07:11automatiquement, ce seraient des performances qui relèveraient du dopage.
07:14Ça, c'est quand même très ennuyeux, effectivement.
07:16Merci beaucoup d'être intervenu ce soir sur RTL
07:19et de nous avoir éclairé professeur Gérald Dindjrapel,
07:22un spécialiste de l'EPO notamment,
07:24ancien médecin biologiste spécialisé en hématologie.
07:27Vous avez longtemps collaboré avec les instances antidopage.
07:30J'en marque une courte pause dans un instant.
07:32Cyril Lignac, pourquoi il ne court plus après les étoiles ?
07:35Ensuite, un retour en arrière de 48 ans.
07:38RTL face au désastre de la Mococadis.
07:40Et puis, on terminera avec David Bowie, débutant absolu.
07:44A tout de suite.
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