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  • il y a 2 jours
Lors de l'émission l’Heure des Pros 2 Eté le 16/07/2026, Jean-Pierre Colombies, ancien commandant de la police judiciaire, était invité sur le plateau. Il est revenu sur l’affaire Jubillar : «Il n’y a qu’une victime dans l’histoire, c’est Delphine Jubillar». 

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Transcription
00:00Les nouveaux éléments déterminent qu'il y a une préméditation.
00:02C'est pour ça que j'évoquais la profondeur de la tombe, entre guillemets, du trou,
00:08enfin je ne sais pas exactement comment ça se présente,
00:11parce que s'il s'avère que cet endroit a été préparé pour recevoir le corps,
00:17ça veut dire qu'il n'y a plus de meurtre spontané, on va dire, quelque part.
00:20Et là, ça casse encore ce fameux argument assez sidérant des avocats de la Défense
00:24qui parle de meurtre passionnel.
00:25Ils ont ressorti cet argument antédiluvien où on peut faire imaginer
00:31que quelque part on tue quelqu'un parce qu'il y a une forme de jalousie,
00:35d'exacerbération des sentiments.
00:38C'est assez sidérant, vous évoquiez cette prise de parole.
00:41Moi j'avais eu un sentiment de nausée, honnêtement, quand je les ai entendus,
00:44parce que c'était au-delà de tout, effectivement, avec une volonté d'inverser
00:48un peu la charge émotionnelle vers la victime.
00:51Il n'y a qu'une victime dans l'histoire, c'est Delphine Jubilard,
00:54quelles que soient les raisons pour lesquelles il l'a tué,
00:56c'est lui qui l'a fait, il l'a tué.
00:58Et n'oublions pas une chose, c'est qu'il y a un enfant qui est quasiment témoin de tout
01:01ça.
01:02Le petit de 5 ans n'était pas loin, il les a entendus se disputer.
01:05Alors bien évidemment, il n'a pas vu l'acte qui a provoqué le décès de sa maman,
01:10mais il faut imaginer ce que va peut-être développer cet enfant dans les années à venir,
01:15parce qu'il fera un rapport entre ce qu'il a entendu et la mort de sa mère.
01:18Tout ça peut évoluer effectivement, et le pari, à mon avis,
01:21ça c'est leur problème si on prend des avocats, c'est de tenter de faire l'inverse.
01:24Vous avez déjà dans votre carrière été confronté à des criminels,
01:29à des individus où vous aviez l'intime conviction qu'ils étaient coupables,
01:35mais vous regardiez droit dans les yeux et vous disiez
01:38je suis innocent, je n'ai rien fait.
01:39Là vous m'amenez sur un terrain qui est particulièrement sensible,
01:42parce que j'ai traité effectivement une affaire,
01:44qui a été traité médiatiquement d'ailleurs sur,
01:47alors je ne sais pas si on peut qualifier ça de féminicide,
01:50mais moi j'appelle ça le meurtre d'une femme,
01:53et malgré des éléments vraiment très factuels,
01:56en tout cas d'un faisceau, là encore, un faisceau d'éléments,
02:00j'avais l'intime conviction, comme on le dit fréquemment,
02:03que j'avais en face de moi, de meurtrier,
02:05et le jeu d'influence, un certain jeu d'influence,
02:09le talent de certains avocats,
02:11je dirais la qualité moindre d'autres avocats,
02:14parce que vous savez c'est une théâtralité les assises,
02:15c'est très compliqué, c'est du théâtre,
02:18j'emploie ce mot vraiment sciemment,
02:22c'est-à-dire que vous avez un objectif,
02:24c'est de convaincre les jurés,
02:25et quand vous êtes avocat de la Défense,
02:27vous devez donc les déstabiliser pour leur faire admettre
02:30que les arguments de la partie civile ne tiennent pas.
02:33L'objectif est simple, c'est faire acquitter ses clients.
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