00:00Près de cinq mois après la décision de la Haute Autorité de la Communication annoncée le 17 février 2026
00:06de suspendre l'accès aux réseaux sociaux, l'incompréhension ne cesse de grandir.
00:11A l'époque, cette mesure dite « exceptionnelle » avait été présentée comme une réponse à un contexte préoccupant en
00:17matière de diffusion de contenu préjudiciable.
00:20Depuis, le paysage juridique a pourtant profondément évolué.
00:23L'ordonnance numéro 0011-PR-2026 du 26 février 2026 portant réglementation de l'usage des réseaux sociaux en République
00:32gabonaise
00:32ainsi que l'ordonnance numéro 0013-PR-2026 modifiant certaines dispositions de la loi portant réorganisation de la Haute Autorité
00:41de la Communication
00:42ont été régulièrement ratifiées par les deux chambres du Parlement.
00:45En principe, ces textes offrent désormais un cadre légal permettant d'encadrer les usages numériques et concilier ordre public et
00:53liberté fondamentale.
00:55Pourtant, la suspension demeure sans calendrier de levée ni explication.
01:00Les conséquences de cette situation deviennent chaque jour plus lourdes puisque certaines entreprises de créateurs de contenu,
01:07de commerçants, de médias et de travailleurs indépendants voient leur activité pénalisée.
01:12Les administrations elles-mêmes subissent les effets d'une communication numérique affaiblie.
01:17En parallèle, le recours massif au VPN expose aux particuliers entreprises et institutions publiques
01:23à des risques accrus en matière de cybersécurité, créant une vulnérabilité paradoxale
01:28alors même que la protection de l'espace numérique était l'objectif affiché des autorités.
01:33Plusieurs évolutions observées depuis février plaident pourtant en faveur d'un retour à la normale.
01:38Les plateformes numériques ont engagé une coopération avec les autorités gabonaises.
01:43Le gouvernement a ainsi indiqué que plus de 23 500 contenus jugés problématiques avaient été retirés par TikTok,
01:50preuve que les mécanismes de modération peuvent fonctionner.
01:54Dès lors, qu'est-ce qui justifie encore le maintien d'une mesure aussi restrictive ?
01:58Qui détient désormais la compétence de rétablir les réseaux sociaux, la HAC ou le gouvernement ?
02:03Cette prolongation traduit-elle une simple prudence de l'État ou révèle-t-elle une orientation plus durable de la
02:09politique numérique ?
02:11Ces interrogations demeurent sans réponse.
02:13Aujourd'hui, avec le maintien des restrictions, c'est désormais la question des libertés publiques qui est posée.
02:19Le droit d'accéder à l'information, de communiquer, d'entreprendre et de participer aux débats publics
02:25constitue un principe essentiel de l'État de droit.
02:27Le maintien d'une restriction générale, malgré l'existence d'un cadre juridique rénové
02:32et d'une coopération renforcée avec les plateformes, s'apparente de plus en plus à une punition collective
02:38dont les populations et les acteurs économiques supportent seuls le coup.
02:42La question d'un éventuel dédommagement des structures ayant subi des pertes mérite également d'être posée.
02:48À défaut d'explications claires et d'un calendrier précis,
02:52cette situation alimente des inquiétudes sur l'évolution des indicateurs démocratiques du Gabon
02:57alors que la transition avait suscité l'espoir d'un renforcement des libertés fondamentales et de l'État de droit.
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