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Suella Braverman a suggéré que les anciennes colonies devraient rembourser le Royaume-Uni pour les infrastructures héritées de l’Empire. Mia Mottley, Première ministre de la Barbade, lui a répondu fermement : les Caraïbes ne demandent pas la charité, elles demandent la justice. Derrière les routes, les ports et les écoles coloniales, il faut poser une vraie question historique : ces infrastructures servaient-elles d’abord les peuples colonisés ou l’exploitation impériale ?


#Colonisation #Reparations #Esclavage #EmpireBritannique #Caraibes

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Personnes
Transcription
00:00On nous ressort souvent la même phrase, en tout cas moi je l'entends très souvent.
00:03Sans la colonisation européenne, il n'y aurait pas eu de route, il n'y aurait pas eu d'école,
00:07il n'y aurait pas eu non plus d'hôpitaux.
00:08Mais là, Suella Braverman, donc l'ancienne ministre britannique, est allée encore plus loin.
00:14Elle a suggéré que les anciennes colonies devraient carrément, je le dis, rembourser le Royaume-Uni pour ce que l
00:20'Empire aurait construit chez elle.
00:22Et la première ministre, elle de la Barbade, donc qui s'appelle Mia Mottelet, lui a répondu avec une force
00:28incroyable.
00:28Parce que la vraie question, c'est très simple en réalité, ces infrastructures coloniales, comme je le dis très souvent,
00:34elles ont été construites pour qui ?
00:36Pour libérer les peuples colonisés ou pour mieux administrer, contrôler, taxer, exploiter et exporter leurs richesses ?
00:44Quand un empire construit un port dans une colonie, ce n'est pas d'abord par amour des populations locales,
00:50il faut en être conscient.
00:51C'est pour faire sortir le sucre, le caoutchouc, le tabac, le coton, le cacao, les minerais ainsi que les
00:57marchandises.
00:57Quand il construit des routes, ce n'est pas seulement pour aider les habitants à circuler, non, c'est aussi
01:03pour déplacer les troupes, relier les zones de production, contrôler le territoire.
01:08Quand ensuite il construit des écoles, ce n'est pas toujours pour émanciper, non, loin de là.
01:14C'est souvent pour former des relais, une petite élite capable de faire fonctionner l'administration coloniale pour elle.
01:21Donc, présenter tout ça comme un cadeau généreux, c'est une énorme inversion de l'histoire.
01:26Parce que ces infrastructures-là ont souvent été financées par les colonies eux-mêmes, par les impôts locaux, par le
01:33travail forcé, par l'exploitation des ressources,
01:36par les profits produits sur place et parfois même par les corps même décolonisés.
01:42C'est pour ça que la réponse de Mia Mottelet, donc de la Barbade, est très importante.
01:47Elle rappelle que les Caraïbes ne demandent pas la charité, elles ne demandent pas non plus une faveur, elles parlent
01:52de justice.
01:53Parce qu'il y a une vraie différence énorme entre investir dans une population pour les lever et investir dans
02:00un territoire que l'on s'accapare pour mieux l'exploiter.
02:03C'est là que le débat sur les réparations devient central.
02:06Les réparations, ce n'est pas payer pour le passé, non, il faut voir cela beaucoup plus loin.
02:11Ce n'est pas comme si l'histoire était morte, c'est reconnaître que l'esclavage, que la colonisation dans
02:16les grandes lignes et l'extraction ont fabriqué des richesses d'un côté et des dépendances de l'autre.
02:21Donc non, les anciennes colonies, qu'elles soient au Caraïbes ou en Afrique ou en Asie ou même dans les
02:26autres Amériques, n'ont pas à remercier les empires pour les chaînes, pour les ports, pour les routes, pour les
02:32lois qui les ont dominées.
02:34Donc la question n'est pas comme en intro, combien les colonies doivent-elles à l'Empire ? Non, c
02:38'est plutôt combien l'Empire doit-il à ceux qui les exploiter ?
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