00:00Il faut dire que ce matin, on préfère un peu l'Italie à l'Espagne.
00:03Forcément, après la défaite de notre équipe de France en demi-finale de la Coupe du Monde de football,
00:08on en parle avec quelqu'un qui connaît très bien les deux pays.
00:10Une légende des Bleus, s'il vous plaît, est avec nous ce matin en plateau.
00:13Luis Fernandez, bonjour.
00:14Bonjour à tous.
00:15Consultant télé, ancien entraîneur et surtout ancien joueur,
00:18vous, à la demi-finale de la Coupe du Monde, vous connaissez.
00:20Vous en avez joué une, c'était en 1986.
00:22Déjà, vous avez pu dormir ou pas ? Un peu ?
00:24Très mal.
00:25Très mal ?
00:26Oui.
00:26On ne comprend pas ce qui s'est passé hier avec cette équipe de France.
00:29On était très confiants avant ce match parce qu'on a quand même une équipe de France
00:34qui, bon, même si elle démarre un peu difficilement face au Sénégal,
00:38mais ensuite elle a enchaîné.
00:39Ensuite, on a vu des individualités qui ont commencé à se mettre en place.
00:43On a vu des garçons qui étaient capables, on va dire, avec une qualité.
00:47On était, avant ce match face à l'Espagne, on était confiants.
00:51Mais là, après le match, on peut aussi féliciter quand même l'Espagne.
00:55Il ne faut pas non plus toujours penser qu'on était,
00:56mais il y a un adversaire et si on n'a pas été bon, si on n'a pas très
00:59bien joué,
01:00il faut le dire, c'est l'Espagne qui nous en a empêchés.
01:02L'Espagne a été trop forte pour l'équipe de France, vous diriez ça ?
01:05On a vu que c'est une équipe d'Espagne avec un collectif,
01:08avec une possession, avec une qualité technique, une intelligence sur le jeu,
01:12en sachant même, je les ai vus, que même en menant au score 1-0,
01:17ils n'ont pas reculé, ils ne sont pas mis en bloc bas, comme on dit.
01:20Tiens, ils vont défendre.
01:20Non, on n'est pas là pour défendre, on est là pour montrer qu'on est capable aussi
01:25de rivaliser avec vous en jouant avec un football attractif,
01:28un football de passe, de déplacement.
01:31Et voilà, cette équipe espagnole, moi j'ai dit, c'est vrai qu'en la voyant en commencer,
01:36c'était difficile pour eux.
01:37Mais petit à petit, ils ont commencé à retrouver des garçons qui n'étaient pas au top,
01:41parce qu'ils ont eu, pour la plupart d'entre eux, des blessures assez importantes,
01:45des garçons comme Rodri, qui était un poumon, qui était un ballon d'or aussi.
01:49Et c'est pour ça que quand je vois cette équipe espagnole évoluer,
01:52je dis, voilà, cette équipe espagnole est en train de retrouver son niveau
01:55il y a deux ans, quand ils nous ont battus dans cette finale du championnat d'Europe.
01:58Est-ce qu'il y a une part de vous quand même qui est un peu contente ?
02:01C'est-à-dire qu'on rappelle, je le disais, vous connaissez bien les deux pays,
02:03vous êtes né en Espagne, vous avez la double nationalité française et espagnole.
02:06Est-ce que quand même, il y a une petite partie qui dit, youpi ?
02:08Non, je suis français avant tout, c'est la France qui m'a permis de devenir
02:11ce que je suis devenu, à moi, mes frères et mes sœurs.
02:13Et j'avais perdu mon papa, j'avais 5 ans, et quand on est venu en France,
02:15et quand on a été élu, et assez souvent, notre maman nous faisait un rappel,
02:19un rappel que c'est un pays qui nous a accueilli, son hospitalité qu'on a accueilli
02:23pour venir et qu'on s'est installé.
02:24Et on n'oublie pas, je suis français, je suis français de cœur.
02:27Et même si je suis né en Espagne, j'ai l'occasion d'y retourner tous les ans.
02:31Mais d'abord, c'est la France, c'est la France qui est mon pays.
02:33Je suis déçu parce que j'ai porté ce maillot pendant 60 fois,
02:37avec un entraîneur qui est aujourd'hui à la tête,
02:38c'est à la tête de cette équipe de France avec laquelle j'ai joué aussi en équipe de France.
02:42J'ai connu la génération de Michel Platini,
02:45avec laquelle j'ai passé des moments merveilleux en étant champion d'Europe.
02:49Pour moi, mon maillot, c'est l'équipe de France, mon pays, c'est la France.
02:52Même si l'Espagne a mérité amplement hier sa victoire.
02:55Je crois qu'on a une question du grand spécialiste de football, Frédéric Nyon.
02:58Je ne vais pas dire que c'est de la faute de l'arbitre, évidemment,
03:00mais j'ai l'impression que dans cette Coupe du Monde,
03:02il y a quand même des trucs assez bizarres.
03:03C'est-à-dire qu'il y a des coups qui sont sifflés
03:05alors qu'ils n'avaient franchement pas passé grand-chose.
03:07Et à l'inverse, on se prend des coups de coude des Paraguayens
03:10qui ne sont pas sifflés.
03:11Est-ce qu'il y a plus de ces bizarreries dans cette Coupe du Monde
03:14ou c'est toujours comme ça ?
03:15Et Didier Deschamps a dit hier en conférence de presse,
03:17est-ce que l'arbitre avait vraiment le niveau
03:18pour arbitrer une demi-finale aux Coupes du Monde ?
03:19Je ne veux pas rentrer sur ce terrain-là.
03:22Est-ce qu'il y a plus de polémiques que les autres années ?
03:24Il y en a, parce que vous savez qu'on est passé de 32 à 48 pays.
03:29On est passé, au lieu que ce soit qu'un seul pays
03:32qui nous a organisé cette compétition,
03:36autant de déplacements,
03:37puis voilà tous ces arbitres qui viennent.
03:39Il y a même un arbitre qui a été interdit
03:40de rentrer sur le territoire américain.
03:42On n'a pas bien compris.
03:44Et c'est pour cela qu'après un match,
03:46on a toujours des commentaires à faire en regardant.
03:49Mais moi hier, ce n'est pas sur l'arbitrage.
03:52Moi c'est sur la façon d'être sur le terrain,
03:55d'avoir peut-être été dominé et malmené
03:57par cette équipe espagnole.
03:58Vous parliez du collectif espagnol.
03:59Est-ce que finalement l'équipe de France,
04:01elle n'a pas manqué d'un collectif aussi ?
04:03Elle a manqué peut-être,
04:04parce qu'on n'avait que des yeux sur Rivet,
04:06sur deux, trois, quatre éléments,
04:08parce que depuis le début, en les regardant,
04:10en les voyant, on dit
04:10voilà, ils sont capables de nous régaler,
04:12ils sont capables de réussir.
04:13On avait les yeux sur Michael Olysee,
04:14sur Kylian Mbappé,
04:15sur Dembélé,
04:16sur Bradley Barcola.
04:17On attendait les quatre fantastiques.
04:19Et même voir Douai aussi.
04:21On avait tellement un effectif.
04:23On se dit, tiens, il y a des titulaires,
04:25et puis même on peut faire entrer onze
04:27qui sont sur le banc,
04:27qui seront aussi bons que ceux qui sont sur le terrain.
04:30Mais bon, il y a trois, quatre éléments.
04:32Évidemment, on se disait qu'avec ces éléments-là,
04:34ces joueurs-là,
04:34on allait faire la différence,
04:35on allait peut-être gagner cette Coupe du Monde.
04:37On va tenter, Louis Hernandez,
04:38quand même, de se redonner un peu le moral ce matin.
04:40On n'oublie pas qu'on parle là,
04:42d'une demi-finale de Coupe du Monde.
04:44C'est quoi le bilan qu'on fait après cette compétition ?
04:46On peut être satisfait quand même du bilan.
04:48Non, mais c'est vrai qu'en démarrant, en commençant,
04:51moi, quand je regarde la première mi-temps
04:52contre le Sénégal, je commence à trembler.
04:54Je dis, on peut se faire éliminer,
04:55on peut se faire sortir.
04:56Mais finalement, après,
04:57ils ont commencé à trouver leur marque,
04:58ils ont commencé à être bons,
04:59ils ont commencé à enchaîner.
05:00Mais bon, c'est l'équipe de France,
05:01bon, on va dire qu'on est en demi-finale,
05:04on va essayer de finir troisième,
05:05on va essayer de gagner cette troisième place.
05:08Parce qu'il y a un match,
05:08il y a une petite finale,
05:09un match pour la troisième place
05:10qui va se jouer soit à l'Angleterre,
05:11soit à l'Argentine.
05:12Ça va dépendre du match de ce soir.
05:13C'est bien qu'on ait Mbappé contre Messi.
05:15Je suis d'accord.
05:15Mbappé-Messi, ce serait une belle revanche.
05:17Comme ça, ce serait la revanche
05:19de la finale de la Coupe du Monde.
05:21Vous qui connaissez le football,
05:22justement, de l'intérieur,
05:23nous, on est extérieur,
05:24mais comment est-ce que vous expliquez
05:25quand même toutes ces approximations
05:26qu'il y a eu sur le terrain ?
05:27Parce que nous, on avait l'impression,
05:29personnellement,
05:29quand on a regardé le match,
05:30on ne reconnaissait pas du tout
05:32cette équipe de France.
05:33Les derniers matchs,
05:34on a vu une équipe
05:35qui était fabuleuse, vraiment.
05:36Et là, c'était des passes
05:38un peu approximatives,
05:40des contrôles ratés.
05:41Comment est-ce que c'est possible
05:42à ce niveau-là ?
05:42Quand vous démarrez un match
05:44et quand on n'a pas
05:45la qualité technique
05:47ou la qualité de pressing,
05:50de récupération,
05:51on commence à rentrer dans le doute.
05:53On commence à douter.
05:53On commence à s'énerver.
05:55On commence à être
05:56un peu plus fragile.
05:57C'est ce qu'a réussi l'Espagne,
05:57à nous faire douter.
05:58Oui, mais ils nous ont fait douter
05:59parce qu'eux,
06:00dans ce registre-là,
06:02ils ont été parfaits.
06:02C'est-à-dire qu'ils ont dégagé
06:03une maîtrise,
06:04une sérénité, un calme.
06:06Et puis, quand je vois ce...
06:07On dit que l'Espagne,
06:09elle a toujours eu
06:10un football de possession,
06:11un football technique.
06:12La qualité première de l'Espagne,
06:13c'était la technique.
06:14La technique de passe,
06:15la technique de jeu.
06:16On l'a vu hier.
06:16Voilà.
06:17Ils l'ont retrouvé contre nous.
06:20On l'a vu hier.
06:21Merci beaucoup,
06:21Luis Fernandez,
06:22d'avoir été avec nous,
06:24de vous être levé sitôt
06:25pour débriefer,
06:26pour décrypter
06:27cette défaite
06:27de l'équipe de France
06:28hier en demi-finale
06:29de la Coupe du Monde.
06:30Merci d'avoir été avec nous.
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