00:00À compter de la fin du mois de juillet 2026, les agents publics bénéficiant d'un véhicule de fonction ou
00:05de commandement ne devraient plus percevoir l'indemnité mensuelle de transport.
00:10Présentée comme une mesure de rationalisation des dépenses publiques, cette décision met surtout fin à une anomalie ancienne.
00:17L'octroi simultané d'un véhicule payé est entretenu par l'État et d'une indemnité destinée précisément à compenser
00:23les frais de déplacement.
00:24Une réforme nécessaire, mais qui devrait ouvrir la voie à un audit des sommes indûment versées, à une remise à
00:30plat de l'ensemble des avantages accordés aux hauts responsables publics.
00:34La suppression de ce cumul avait été annoncée le 15 juin 2026 par le président de la République, Brice Clotaire
00:41-Olé Guinguema, devant le Parlement réuni en congrès.
00:44Elle repose sur une logique simple, un agent dont les déplacements professionnels sont déjà assurés par un véhicule administratif ne
00:51peut, dans le même temps, percevoir une indemnité censée couvrir ses mêmes dépenses.
00:56Dans son édition du vendredi 10 juillet 2026, l'Union rappelle que l'article 9 du décret numéro 00208, bar
01:04PR, bar MBCP du 28 octobre 2013, interdit expressément, se cumule.
01:10Selon cette disposition, le bénéfice d'un véhicule de commandement ou de fonction proprement dit ne peut être cumulé avec
01:15l'allocation d'un élément de rémunération,
01:17ayant vocation à compenser le transport de l'agent public.
01:21La règle existait donc, elle n'était simplement pas appliquée avec la rigueur attendue.
01:26Pendant plusieurs années, les agents publics ont pu disposer d'un véhicule financé par le contribuable, bénéficier de son entretien,
01:32de son assurance et parfois de son carburant,
01:36tout en percevant une indemnité de transport sur leur rémunération.
01:40La question ne consiste plus seulement à savoir comment mettre fin à cette pratique,
01:43elle est aussi de comprendre comment elle a pu perdurer malgré la cartée des textes.
01:48Quels services validaient les paiements ?
01:49Pourquoi les fichiers du patrimoine de l'État et ceux de la solde n'étaient-ils pas régulièrement croisés ?
01:54Combien d'agents ont bénéficié de ce double avantage ?
01:57Et pour quel montant global ?
01:58La Direction générale du patrimoine de l'État prévoit désormais un recensement des véhicules
02:02et un croisement des données détenues par la solde, les transports terrestres, les ministères, les institutions et la présidence de
02:09la République.
02:10Cette opération ne devrait pas seulement servir à interrompre les paiements futurs,
02:13elle doit permettre d'établir l'ampleur des irrégularités passées.
02:17Lorsque des sommes publiques ont été versées en méconnaissance de la réglementation,
02:21la question de leur récupération doit être posée.
02:23Sous réserve des règles de prescription, de la bonne foi des bénéficiaires et des procédures applicables,
02:28l'administration devrait examiner les conditions d'un éventuel remboursement des indus.
02:32Il serait difficilement compréhensible que l'État se contente d'interrompre un avantage irrégulier
02:37sans chercher à connaître son coût cumulé pour les finances publiques.
02:40La rigueur ne peut être uniquement prospective, elle implique également d'identifier les responsabilités
02:45et, lorsque le droit le permet, de récupérer les sommes injustement supportées par le contribuable.
02:50Cette démarche ne constituerait pas une persécution des fonctionnaires,
02:54elle relèverait d'un principe élémentaire de gestion.
02:56Aucun citoyen ne doit conserver durablement un avantage public auquel il n'avait pas droit.
03:01Le fonctionnaire est au service de l'État, ce statut ne doit pas le transformer en citoyen privilégié,
03:07pouvant cumuler les facilités financées par la collectivité,
03:10pendant qu'une partie de la population ne bénéficie d'aucune protection comparable.
03:14Dans un pays confronté au chômage, aux difficultés d'accès aux soins,
03:17à la pénurie de logements, aux coupures d'eau et d'électricité,
03:20et à la précarité de nombreux ménages,
03:22les finances publiques ne peuvent continuer à entretenir des privilèges injustifiables.
03:27L'État ne peut demander des sacrifices aux populations,
03:30augmenter certaines contributions ou rechercher de nouvelles recettes,
03:33tout en conservant dans sa propre administration des doublons manifestent.
03:37La cohérence dans la gouvernance commence par l'exemplarité
03:39de ceux qui administrent les ressources de la nation.
03:42La réflexion doit également être élargie à l'utilisation des véhicules administratifs.
03:47Trop souvent, ces derniers sont considérés comme des biens personnels
03:49attachés à une fonction.
03:52Déplacement privé, week-end, course familiale, circulation nocturne,
03:55sans mission identifiable ou stationnement permanent au domicile du bénéficiaire.
03:59Ces pratiques ont un coût.
04:00Chaque trajet privé entraîne une consommation de carburant,
04:03une usure des pneumatiques, des frais d'entretien
04:05et des réparations supportées par l'État.
04:07Elles accélèrent également la vétusté du parc automobile
04:10et obligent l'administration à renouveler prématurément
04:13des véhicules acquis sur fonds publics.
04:15Cette confusion entre outils de travail et avantages personnels
04:18alourdit silencieusement le train de vie de l'État.
04:21Elle doit être combattue par des carnets de bord obligatoires,
04:24la géolocalisation des véhicules,
04:25le stationnement dans les administrations après le service
04:28et la justification de toute sortie effectuée,
04:30en dehors des horaires habituels.
04:32Le Gabon fait face à d'importantes tensions de trésorerie
04:35et à un niveau d'endettement qui impose davantage de discipline.
04:38Dans ces conditions, aucune économie ne doit être considérée comme secondaire.
04:42Réduire le train de vie de l'État ne consiste pas uniquement
04:45à diminuer les budgets des institutions les plus visibles.
04:47Cela suppose de traquer les dépenses injustifiées,
04:50les avantages cumulés, les véhicules utilisés à titre personnel
04:53et toutes les habitudes administratives qui coûtent à la collectivité
04:57sans améliorer le service public.
04:58La suppression de l'indemnité de transport constitue donc
05:01une mesure de bon sens, mais elle ne sera crédible
05:04que si elle s'accompagne d'un audit complet
05:07de mécanismes de contrôle durable et, le cas échéant,
05:10du recouvrement des sommes indûment perçues.
05:12L'État ne peut plus faire preuve de largesse
05:14avec l'argent qu'il ne possède pas.
05:16Les ressources publiques doivent servir l'ensemble des Gabonais
05:18et non entretenir les privilèges d'une minorité.
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