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[#Legrandreportage] À la découverte de l’axe Mbigou–Malinga


De Mbigou à Malinga, Le Grand Reportage part à la rencontre des Gabonaises et Gabonais qui vivent le long de cet axe. Réalités du quotidien, difficultés, espoirs et témoignages : une immersion au cœur de la Boumi-Louetsi et de la Louétsi-Bibaka.




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00:01Nous sommes à Mbigu, chef-lieu du département de la Boumi-loueti, au sud du Gabon, dans la province de
00:07Langounier.
00:07Nous allons parcourir les localités qui séparent la ville de Mbigu de Malinga, dans le département de la Loueti-Bibaka.
00:16Rencontrer ces Gabonaises et Gabonais, rentrer dans leur quotidien, connaître leur réalité et les partager avec vous.
00:25Suivez-moi.
00:44Première étape de notre parcours, Kambamongo, à 12 kilomètres de Mbigu.
00:48Dans ce village, la chasse et l'agriculture occupent une place essentielle dans le quotidien des habitants.
00:54À notre arrivée, un bâtiment retient notre attention, le dispensaire.
01:00Autrefois opérationnel, il semble ne plus avoir accueilli de patients depuis plusieurs années.
01:05Une situation qui pose directement la question de l'accès aux soins de proximité pour les populations de ce village.
01:35A Kambamongo, le témoignage de 7 habitants confirme notre constat.
01:40Le dispensaire est à l'arrêt depuis plusieurs années, obligeant les villageois à parcourir plusieurs kilomètres pour se faire soigner.
01:47Nous reprenons la route vers Dienga, le village voisin.
01:51Ici, c'est l'école qui disparaît sous de hautes herbes.
01:54À quelques mètres, la maison de fonction du directeur, elle aussi envahie par la végétation, témoigne de l'absence d
02:00'activité pédagogique depuis longtemps.
02:02La fermeture de cette école a bouleversé le quotidien des familles et contraint les enfants à poursuivre leur scolarité loin
02:10du village.
02:11Le chef de regroupement de Dienga nous explique les conséquences.
02:15Bon, c'était d'abord provoqué par les enseignants, je peux te le dire.
02:21Donc, on a envoyé les enfants à les enseignants.
02:24Quand l'enseignant part, pour aller, soit toucher son argent, il part un mois, deux mois.
02:30Quand il vient, il y a deux semaines à l'école.
02:33C'est comme ça que les parents des élèves ont pu...
02:36Vous préférez les envoyer ailleurs ?
02:38Donc, en fait, les enseignants ont participé à ce qu'il y a eu, il y a eu l'exode
02:43des élèves.
02:45Et le dispensaire ?
02:47Oh, le dispensaire, ça là, c'est plus de dix ans déjà.
02:52C'est après que l'infinie a puissé la réclate.
02:56Donc, on ne peut pas qu'en Bambamongo ?
02:58Oui.
02:59Quand la réclate, c'est fini, plus personne ne vient.
03:01C'est fini, plus personne.
03:02A beau envoyer, à beau réclamer, tout ça.
03:05Et ça, ça participe au dépeuplement du village.
03:09C'est ça.
03:10Puisqu'on ne peut plus se soigner, on ne peut plus scolariser les enseignants.
03:12C'est ça.
03:13Mais comment vous faites pour les enfants ?
03:15Les enfants qui sont ici, ils sont scolarisés où ?
03:17Amdigo ?
03:18C'est ça Amdigo.
03:19Parce que là-bas, il y a des parents.
03:22Les parents, ils sont obligés d'aller rester, Amdigo, pour l'entendre, jusqu'à la saison.
03:27Oui, jusqu'à la saison sèche.
03:29C'est ça, c'est ça.
03:30C'est ça.
03:31C'est ça, c'est ça, c'est ça.
03:33C'est ça, c'est ça.
03:34Au mai passé, j'avais laissé le président de l'Assemblée et voir le directeur des écoles
03:44pour les enfants qui sont ici, qui sont ambigus.
03:47Oui, pour aménager peut-être le système d'intermédiaire.
03:50Mais quand j'ai parlé à tout ce monde-là, ils n'ont rien fait.
03:54C'est resté comme ça.
03:55Nous quittons Dienga, profondément touchés par ce que nous venons de voir.
03:59Ici, l'école ne fonctionne plus.
04:02À Kambamungo, c'est le dispensaire qui est à l'arrêt.
04:05Deux villages voisins, deux services essentiels devenus silencieux,
04:09avec des conséquences directes sur la santé, l'éducation et l'organisation des familles.
04:15Derrière ces bâtiments abandonnés, ce sont surtout des populations qui attendent encore des repenses.
04:20À 26 kilomètres de Mbigu, nous marquons un arrêt au village Bola Pesa.
04:25C'est ici que Fred, un jeune diplômé revenu s'installer dans son village après ses études supérieures,
04:32a choisi de construire son avenir.
04:34À ses côtés, nous cherchons à comprendre ce qu'il a poussé à revenir vivre ici,
04:40mais aussi les difficultés, les attentes et les espoirs qui accompagnent ce choix.
04:45Il n'y a pas de... Non, il n'y a pas...
04:47L'autre qui était là, il est maintenant en retraite.
04:49Donc à chaque fois que quelqu'un parle en retraite, parce que depuis Kambabongo, c'est ce qu'on nous
04:52dit,
04:52à Dienga aussi, là qu'ils partent en retraite, personne.
04:55Personne, non, il n'y a pas de renouveau affirmé.
04:58Mais le ministère de la Santé ne vient pas ici ?
04:59Il n'y a pas.
05:00La direction provinciale ?
05:02Il y a un homme abandonné.
05:04Je crois qu'il y avait...
05:08Il y avait une équipe qui était passée là,
05:10mais ils étaient venus là, c'était dans le cadre de la réhabilitation des travaux.
05:17Ça, c'était pour...
05:21Affecter un personnel ?
05:23Oui, c'était pour les mutations des infirmiers au commun.
05:27On n'était pas édufiés là-dessus.
05:30D'accord.
05:31On n'était pas édufiés là-dessus.
05:34Donc, on reçoit à chaque fois des équipes qui viennent pour la réhabilitation des bâtiments,
05:40des bâtiments publics, donc l'établissement et le dispensaire.
05:44C'est le coup.
05:46Oui.
05:47OK.
05:47Mais comment vous vous informez ?
05:48Vous vivez au Gabon, mais comment vous vous informez ?
05:51Mais écoutez...
05:51C'est ce qui se passe dans votre pays.
05:54Écoutez...
05:56Il n'y a pas d'infos.
05:58Vous savez qu'ici, c'est une campagne qui n'est pas électrifiée.
06:02Il y a des campagnes au Gabon, les campagnes ne sont pas encore électrifiées.
06:06Alors, il n'y a pas d'antennes.
06:09Il n'y a pas d'antennes.
06:11Comment peut-on se porter dans une campagne...
06:13Mais avant, il y avait Radio Gabon.
06:14Il n'y a pas d'antennes.
06:16Il y avait Radio Gabon avant.
06:18Comment ?
06:18Radio Gabon.
06:19Radio Gabon ?
06:20Oui.
06:21Mais on ne capte pas.
06:22Il faut des antennes.
06:23Mais avant, ça passait, non ?
06:25Non, on a du mal à capter.
06:27On a du mal à capter.
06:28Donc...
06:29Le 30 août 2023, vous étiez ici ?
06:31Oui, on était ici.
06:32Comment vous avez appris le coup d'État ?
06:33C'est RFI.
06:34RFI, par quelques radios.
06:36Il y a des hommes au village qui ont quelques radios.
06:41Via RFI, on a écouté l'information de 30 août.
06:47Donc, c'est un média français qui a informé les Gabonais
06:50sur un événement aussi important.
06:52On ne peut rien puisque c'est la fréquence qu'on capte ici.
06:56Radio Gabon, zéro.
06:57Non, on ne capte pas Radio Gabon.
06:58Il n'y a pas d'antennes.
06:59C'est ça le problème.
07:00C'est le problème d'antennes.
07:01Il n'y a pas d'électricité.
07:03Il faut électrifier les campagnes.
07:05Puisque la ville, les villes qui sont maintenant villes aujourd'hui,
07:12n'étaient pas villes aussi d'abord, au départ.
07:14Au départ, c'était des broussailles, des marécages.
07:20Alors, c'est un milieu anthropique.
07:23C'est l'accès humaine qui a fait en sorte que l'on puisse voir des bâtiments.
07:29C'est comme dans les villages, au Gabon, en Afrique, au Gabon en particulier.
07:35Il suffit seulement de construire aussi pour qu'un village puisse devenir une ville.
07:40Est-ce que vous vous sentez considéré par les autorités?
07:42Puisqu'il n'y a pas de télé, il n'y a pas de radio.
07:44Oui, on se sent considéré par les autorités.
07:48Le simple fait que l'on n'ait pas de radio, de télévision.
07:57Donc, les moyens de communication ici ne veulent pas dire que les autorités ne nous considèrent pas.
08:02D'accord.
08:03Et un message pour la première autorité du pays?
08:06La première autorité du pays?
08:08Un message?
08:09Un message pour le président de la République.
08:14Oui.
08:14En d'autres termes?
08:15Oui.
08:16Oh.
08:18Mais il a commencé à faire de bonnes choses.
08:21Donc, les Gabonais veulent seulement qu'ils puissent continuer.
08:25Et la confiance des Gabonais est toujours là.
08:28Au lendemain, de nouvelles échéances électorales, les Gabonais vont renouveler cette confiance.
08:37C'est-à-dire qu'ils vont voter à nouveau pour qu'ils puissent pérenniser les actions qu'il a
08:44commencé à faire.
08:45Puisque le premier mandat, avec le premier mandat, je ne pense pas qu'ils puissent régler tous les problèmes du
08:52Gabon.
08:54Certainement, il faut un deuxième mandat.
08:55Certainement, il faut un deuxième mandat.
08:58Mais on ne peut pas, là, n'allons pas aussi dire qu'ils ne vont rien faire pendant le premier
09:04mandat.
09:04Non.
09:05C'est le message que j'envoie au président de la République, moi en tant que citoyen gabonais.
09:10Et un mot pour la route Libamba-Mbigo-Malinga-Malinga-Molo.
09:14Oui, ça a commencé.
09:17On a lancé les travaux.
09:19Vous êtes impatient, vous êtes en attente.
09:21Oui, oui, oui, oui.
09:23Oui.
09:24On veut que ce projet soit effectif.
09:29Puisque la route, c'est un outil pluridimensionnel.
09:37La route a plusieurs dimensions.
09:39Il a une dimension touristique.
09:41Il a une dimension du développement.
09:48Il a une dimension économique.
09:51Oui.
09:52Donc, en matière touristique, je crois que la route fait partie.
09:56Ça fait partie des outils clés de l'activité touristique.
10:03Même l'agriculture, même l'activité agricole.
10:05Comment le matériel, comment le matériel, par exemple, les femmes qui plantent, qui font leur manioc.
10:14Comment peut-on acheminer le manioc de Malinga pour Libreville ?
10:17On sache très bien que l'état de la route, on sache très bien que la route est dans un
10:26état piteux.
10:27Dans un état piteux.
10:29Dans un état scabreux.
10:31Est-ce que vous comprenez, monsieur ?
10:32Oui, oui, on comprends.
10:33Nous quittons Fred et Boulapessa avec l'image d'un village qui tient encore debout malgré les difficultés.
10:39Ce qui nous frappe, c'est le contraste entre dureté du quotidien et la confiance qu'il continue d'accorder
10:46aux autorités malgré la faiblesse des services publics.
10:49Fred affirme se sentir considéré et garde l'espoir que les projets annoncés, notamment la route, les Bambambigu, Bigu-Malinga,
11:00Malinga-Molo, finiront par transformer son village.
11:04Dans ses propos se mêlent résilience et forte attente envers l'état.
11:09A la sortie de Boulapessa, nous approchons la frontière entre les deux départements, de la Boumi-Louetie et de la
11:16Louetie-Dibaka.
11:17Mais sur le terrain, les frontières administratives se heurtent à l'attachement des populations à leurs terres.
11:24Nous nous arrêtons à l'Ellende.
11:25Bien que situés géographiquement dans la Louetie-Dibaka, ce village reste administrativement rattaché à la Boumi-Louetie.
11:33Pour comprendre l'origine de cette situation et ses conséquences sur la vie du village, nous allons à la rencontre
11:40de son chef.
11:41Je suis en train de nous aider.
12:11Il a expliqué que son village est une enclave dans le département de la Louetie-Dibaka.
12:20Et ici, c'est un village du département de la Boumi-Louetie, en pleine Louetie-Dibaka.
12:27Et juste après, on a le village de Lévina.
12:30Ici, ils votent le député du premier siège du département de la Boumi-Louetie.
12:35Ici, ils élisent, ils dépendent du conseil départemental de la Boumi-Louetie.
12:41Alors que le village est traversé, est entre deux villages qui, eux, plutôt relèvent de Malinga, donc de la Louetie
12:49-Dibaka.
12:50Voilà, c'est une anomalie géographique.
12:53Donc ici, on est dans une enclave.
12:55Nous entrons désormais pleinement dans le département de la Louetie-Dibaka.
12:59À Lévinda, le relief change.
13:01Situé à 700 mètres d'altitude, le village bénéficie d'un climat plus doux que celui des plaines environnantes.
13:09C'est ici que nous rencontrons Blaise Mandou, chef de canton.
13:15Avec lui, nous évoquons les réalités quotidiennes des villages placés sous son autorité.
13:20La législative, par rapport au préfet, quand ils sont en mission, vous allez remarquer que lui, il va détacher son
13:30drapeau dans un village, quelque part, qui est d'Embigu.
13:33Et arrivé encore ici, il est obligé de l'attacher.
13:38C'est un peu ça, la situation.
13:40Et celui d'Embigu aussi fait la même chose.
13:41Donc quand il arrive là-bas ?
13:42Quand il arrive ici, là, il est obligé d'attacher d'abord.
13:46Il traverse le département ?
13:48Il traverse ce village-là, il a le drapeau attaché.
13:52Arrivé encore dans l'autre village, Andamba là-bas, qui est le village de son département, il est obligé encore
13:59d'attacher le drapeau.
14:01Donc c'est quand même une spécificité de la zone, est-ce que c'est partout pareil ?
14:05Oh, c'est pas partout, c'est ce qu'on a remarqué ici.
14:08Entre Mibu et Malinga.
14:10Sur tout cet axe-là, c'est cet axe-là qui est un peu jumelé.
14:14Les villages, on retrouve chez l'autre, dans l'autre village aussi, on retrouve encore.
14:18C'est un peu ça la situation.
14:19Est-ce que vous avez des problèmes par rapport à cette façon de faire qui est quand même originale et
14:26inédite ?
14:27Oui, bon, le problème maintenant, c'est le problème, on a proposé que ces villages-là nous reviennent dans le
14:34département de la Lutipaka.
14:35Les populations ne sont pas d'accord ?
14:38Par exemple, ceux qui ont déjà leur forêt ou autre, tout un tas de trucs, ils ont du mal à
14:46s'en détacher.
14:47Et puis, tout à l'heure, ils nous ont dit qu'ils se sentaient plus de Mbigu que de Malinga.
14:51Quand bien même, ils se retrouvent géographiquement dans une zone qui est le département Lagouni, l'Alueti plutôt Bibaka.
15:00C'est un peu ça la situation.
15:02Parce que là, vous voyez que ici, on est à 35 kilomètres de Mbigu et de ce côté, Malinga, ça
15:08fait 112 kilomètres.
15:10Donc, on se sent plus proche de Mbigu.
15:16Puis, toutes les activités, on se rabat toujours vers Mbigu.
15:19Vers Mbigu plutôt que vers...
15:20Oui, plutôt que vers Malinga.
15:21D'accord, mais sinon, la télé, la radio, il y en a ici ?
15:25Pas de radio, pas de télé, pas d'électricité.
15:29Pas de pompe.
15:31Et comment vous faites pour, déjà, être informé quand il y a une mesure qui est prise à Libreville ?
15:36Comment vous savez ? Comment on vous informe ?
15:38On se rabat au sommet d'une montagne, là, quelque part, il y a un réseau qui est là.
15:42Donc, ça fait 2 kilomètres de marche.
15:44En 2026 ?
15:45Hein ?
15:45En 2026 ?
15:46Oui.
15:47Donc, on ne peut communiquer qu'à 2 kilomètres dans une forêt.
15:51Il y a un endroit bien dégagé, là.
15:54Mais comment il a été découvert, cet endroit ?
15:56Bon, c'est parce que les gens pratiquaient là-bas.
15:58Puisqu'ils font des plantations, là-bas.
16:01Et ils ont capté le réseau et ils ont fait passer l'information.
16:03Ils ont fait passer l'information.
16:06Comment vous vivez cette situation ?
16:07Ce n'est pas une bonne situation parce que la fois dernière, une dame s'est fracturée sur la traversée
16:13d'un pont.
16:14C'était difficile d'informer l'ambulance de Bigou.
16:19C'était difficile d'informer l'ambulance de Bigou.
16:22Il faut aller fabriquer une petite colle pour transporter cette dame-là comme elle était grosse.
16:28Elle venait débuter, elle voulait communiquer avec ses enfants.
16:32Mais comme elle ne tournait pas bien la route, elle a glissé sur un pont.
16:38Et il y a eu une fracture.
16:41Et là aussi, nous enregistrions beaucoup de décès parce qu'on n'a pas la circulation.
16:46Problème de route.
16:48Cette année-là, nous avons réussi au moins trois décès où un malade n'arrive pas à atteindre...
16:54Indicou Centro, hospitalier départemental.
16:57On n'envoie pas de centre, de plus proche.
17:01Pour faire des vrais soins, il faut se retrouver à Bongo, à Libama.
17:05Mais il n'y a pas un système de transport public aussi ?
17:07Il n'y a pas un système de transport public.
17:09Est-ce que vous vous sentez délaissé par l'État central ?
17:13Oui, avant.
17:14Même pour le moment, avec la nouvelle politique que le président a dit, nous espérons, nous espérons.
17:22Parce qu'ils sont en train de voir quelques améliorations.
17:24D'accord.
17:25Ok.
17:26Merci.
17:42En quittant les Vinda, nous découvrons un autre visage de ce territoire, celui de l'Angonier.
17:47Donc, toujours sur notre chemin, sur la route de Malinga, nous sommes tombés sur ce pont qui traverse la rivière
17:58Gounier.
17:58Comme vous pouvez le constater, qui ne ressemble ici qu'à un ruisseau.
18:05Donc, c'est la preuve que la rivière, oui, commence petit ici, et qui est à Mouila, le gros monstre
18:13que nous connaissons tous et qui est à l'origine des inondations.
18:18Il n'est qu'un ruisseau, ici, non loin du village Maposo, dans le département de la lune, le Tibibaka.
18:26Voilà, regarde.
18:28On peut même la traverser à pied.
18:29Difficile d'imaginer qu'un cours d'eau, encore aussi modeste ici, deviendra cette rivière majestueuse que l'on retrouve
18:38plus loin à Mouila, puis à Fougamou.
18:41Comme quoi, les grandes choses naissent parfois dans la discrétion et la modestie, avant de révéler, au fil de leur
18:48parcours, toute leur puissance et la fierté d'une province.
18:55Nous poursuivons notre route vers Malinga.
19:00Après une longue montée, nous arrivons sur un plateau où est logé Maposo.
19:09Ici, nous avons pris le temps de discuter avec quelques notables.
19:14Les états, ils sont non bananés.
19:16Depuis longtemps, s'il n'y a pas de col, s'il n'y a pas de dysbazar, même la
19:24chèvre, il te tape aujourd'hui, tu es mort.
19:28La route n'est pas bien.
19:30Il ne se passe rien.
19:32Pourquoi l'état est inoublié ?
19:35Les hommes, ils sont là.
19:38Est-ce qu'il y a la télé ?
19:40Il n'y a pas de la télévision.
19:45Tout, rien.
19:46Pas de radio ?
19:47Il n'y a pas de radio.
19:49Donc, c'est chez les autres.
19:50Quand il se passe quelque chose à Libreville, vous faites comment pour être au courant ?
19:55Mais rien.
19:56Le réseau est au moins de partir loin de Chimambonga.
20:03Pour rappeler, vous faites comment ?
20:04Vous dites ça, combien de kilomètres d'ici ?
20:11Entre 5 et 7 kilomètres d'ici quand même.
20:14Pour capter le réseau.
20:17Rien.
20:19Pourquoi l'état est inoublié ?
20:21Aujourd'hui, il n'y a plus d'école.
20:22Mais pourquoi il n'y a plus d'école ?
20:24Est-ce qu'il y avait des élèves ?
20:25Et puis, les maîtres ne sont pas venus ?
20:27Ou bien, il y avait les maîtres et il n'y avait pas d'enfants ?
20:29Les enfants, pour vivre la qualité qui fonctionne, comme ça, les enfants, ils viennent.
20:36Mais s'il n'y a pas les maîtres.
20:38Ils vont ailleurs.
20:39Ils vont ailleurs.
20:41Les autres, Mbongamama, les autres, Mbonga, les autres, Mbigo.
20:48Sans leurs parents ?
20:49Oui, oui.
20:50Donc, très tôt, ils sont délaissés.
20:52Ils sont livrés à eux-mêmes pour apprendre.
20:57Mais qu'est-ce qu'il vous faut, là, dans, je veux dire, immédiatement ?
21:02Le renouvelleur des villages.
21:06C'est que l'on veut, le renouvelleur du village, on le mette, les lignes, comme ça, on peut avoir...
21:18Les panneaux solaires.
21:19Les panneaux solaires, voilà.
21:20Comme ça, on peut avoir la télé.
21:21La dernière fois qu'il y a eu la télé, c'est quand ?
21:24C'est-à-dire, la dernière fois que vous avez capté Gabon Télévision, ou bien c'est à l'époque
21:29de la RTG ?
21:31Non, ça ne le fait pas longtemps, puisque j'avais la télévision par la maison, là, le groupe marchait.
21:37Mais maintenant, ça ne marche pas, le groupe ne passe plus.
21:40Mais est-ce que le signal passe de la télé ?
21:42Oui, le signal passe.
21:43On arrive à capter la télé ici ?
21:44Oui, oui.
21:45La télé gabonaise ou Canal Plus ?
21:48Canal Plus.
21:49Non, il n'y a pas la télé gabonaise.
21:56Quelque chose à dire ?
21:57Ce que je veux dire, c'est qu'on essaie de faire le constat du manque triable des services de
22:07base, des services publics de base, école, électricité, dispensaires, et même le droit à l'information, qui est bavoué, puisque
22:17la télévision et la radio ne sont pas accessibles.
22:20Mais RFI, quand même, vous arrivez à capter.
22:23Oui.
22:24Voilà.
22:25Donc, une fois de plus, c'est grâce à la France qu'on est un peu informé, mais sur l
22:30'actualité française, pas sur l'actualité gabonaise.
22:32Non.
22:33Voilà.
22:33Et comment vous avez appris le coup d'État ici ?
22:35Le coup de libération, du chantou, vous avez appris ça comment ?
22:39Les parents libéraient, c'est au petit, ça, ça, pas ta téléphone.
22:42Après combien de jours ?
22:44Mais après, même par une semaine.
22:46Après, si tu ne te réplaces pas, ce sont ceux qui sont à Mambonga qui viennent nous dire ça ici.
22:50Ah, qu'il y a eu aussi, il vient de perdre son enfant.
22:54C'est ceux qui sont à Mambonga, ou bien, ils viennent nous dire maintenant, parce que c'est ceux qui
22:59sont là où il y a eu.
23:02C'est difficile.
23:03C'est très difficile.
23:05L'histoire de Baposo mérite qu'on s'y arrête.
23:09Autrefois, ce regroupement de sept villages était un important espace de vie communautaire.
23:14Son école accueillait les enfants des localités environnantes et servait même de centre d'examen.
23:20Baposo constituait également un lieu d'échange et de commerce vers lequel convergeaient les populations des villages voisins.
23:29Aujourd'hui, le contraste est saisissant.
23:31Le silence s'est installé dans le village.
23:34Le réseau téléphonique est presque inexistant.
23:37L'école est fermée.
23:39Les soins sont limités.
23:41Et les plantations sont régulièrement détruites par les éléphants.
23:45Pour se nourrir ou se soigner, certains habitants dépendent désormais de l'aide envoyée par leurs enfants installés à Libreville.
23:53Une dépendance qui raconte le lent recul d'un village autrefois prospère.
23:59Nous quittons Baposo avec le sentiment d'avoir traversé un village qui lutte pour ne pas disparaître.
24:06Derrière les bâtiments fermés et les chemins devenus silencieux subsistent pourtant une mémoire forte.
24:14Celle d'un village qui fut autrefois un lieu bouillonnant de vie.
24:19Plus loin à l'Épépé, une autre réalité nous attend.
24:23Notre périple dans les départements de la Boumier-Louétie et de la Louétie-Ibaka nous a conduits à l'Épépé
24:30où nous allons rencontrer Guamateka Julien, qui va nous raconter son histoire.
24:39C'est un compatriote aveugle, mais qui malgré cet handicap, vaque normalement ses occupations, s'occupe de sa famille.
24:47Un bel exemple de résilience.
24:48Nous allons lui tendre le micro et il va nous raconter son histoire.
24:58J'ai nourri ma famille seule.
25:03Malgré le fait que vous soyez handicapé, donc aveugle, vous parvenez quand même à faire des chants, des pièges
25:11et à nourrir vos cinq enfants ?
25:14Six.
25:15Six enfants, voilà.
25:17Ok.
25:18Quand je me lève le matin, même tout de suite, là à peine, je revenais du bois pour le chauffage,
25:23pour mon hangar avec mon petit-fils.
25:27Je suis allé couper le bois, j'ai amené ça tout de suite, là à peine, je ne me suis
25:33pas encore même changé.
25:34Voilà la preuve que je suis là.
25:36Je revenais de la brousse.
25:39Vous le faites sans aide ? Est-ce que vous avez des repères ? Comment vous faites ?
25:43Je me promène toujours avec mon enfant.
25:46Quand l'enfant n'est pas là, je prends le bâton, je me débrouille avec le bâton.
25:52Je cherchais le bois et allais faire le piège avec le bâton.
25:59J'ai appris même.
26:01Je suis allé à l'école de l'éonga, je fais le CP1, CP2, CE1, CE2, c'est là où
26:07je me suis arrêté.
26:09La maladie, là, ça s'aggrave.
26:12Une cataracte, bien vous appelez ça.
26:15Après, je me suis manqué de moyens.
26:18J'avais le moyen, peut-être, on devrait me soulager.
26:22Mais est-ce que depuis que vous êtes dans cette situation, vous avez déjà une fois eu de l'aide
26:28de...
26:29D'appart des autorités ?
26:31Les autorités, non.
26:34D'appart des particuliers ?
26:36Non.
26:36Sur les particuliers, les parents.
26:39Il y a les parents qui me donnent 10 000 à passant, 30 000 à passant, 5 000.
26:45C'est l'année dernière que je me suis rendu à Mouïla.
26:49J'ai fait le dossier aux affaires sociales.
26:53Et ça aboutit ?
26:55Oui.
26:56Le dossier aboutit ?
26:56Oui.
26:59Aujourd'hui, quel est le message que vous voulez lancer et à qui vous voulez le lancer ?
27:03Je vais lancer le message à M. le Président de la République
27:10que vous, vraiment, ne soyez pas comme les autres, M. le Président.
27:15Tenez-vous compte des gens handicapés, les personnes handicapées, les veuves, les orphelins.
27:22Venez nous en aide, M. le Président.
27:26Voilà mon message.
27:29Malinga, vous aime.
27:31Et depuis que j'ai commencé même à voter, vraiment.
27:35Si je vous montre les cartes électeurs, là, vous allez crier.
27:40Tout un lot.
27:41Je n'ai aucun bénéfice de l'État.
27:45Nous quittons les Pépés et avec lui, Julien, qui nous a montré que la résilience s'est
27:52continué à avancer lorsque tout semble vous inviter à renoncer.
27:57Un peu plus loin, à une trentaine de kilomètres de Malinga, nous rencontrons un groupe de cultivateurs.
28:03Malgré la destruction répétée de leurs champs par les éléphants, ces hommes et ces femmes refusent d'abandonner la terre.
28:10Accompagnés de leurs enfants, ils replantent, recommencent et tentent de préserver ce qui constitue leur principale source de subsistance.
28:19Ici, cultiver n'est plus seulement un métier.
28:22C'est devenu un acte de courage et de résistance.
28:25Au cours de notre périple, nous avons trouvé des populations en bordure de route,
28:33en train de mettre des piquets autour de leurs champs, preuve qu'ils sont touchés de plein pied par le
28:43conflit en faune.
28:44Donc, pour protéger leur culture, ils vont mettre une barrière qui sera électrifiée par un organisme.
28:51Monsieur, il s'agit de quel organisme ?
28:53Présentez-vous d'abord et ensuite essayez de nous expliquer ce que vous faites.
28:58Je m'appelle Tondam Mabinda Terence.
29:01Nous sommes là en train de couper les piquets pour faire un peu la barrière électrique,
29:08pour éviter que les éléphants viennent de dévaster la forêt, la plantation.
29:13Les plantations, c'est ça pourquoi nous sommes là en train de couper les piquets.
29:18Une fois que les piquets seront plantés, qui viendra électrifier la barrière ?
29:24Ce sont les agents que l'État a envoyés pour venir recenser dans tout le département de la Déti-Bibaka.
29:33Qui est touché de plein pied par des éléphants.
29:38Vous avez bien eu un champ qui a été dévasté par l'État ?
29:40Oui, même tout à l'heure, si on peut repartir, lâcher le chef des regroupements là,
29:45derrière la maison là, même quelques kilomètres là, même pas 500.
29:49Derrière la maison, c'est les mains.
29:51Vous allez voir, avant hier qu'ils ont mangé ça.
29:53Ils ont même coupé, ils ont coupé même la barrière qu'on fait même là,
30:01la barrière électrique là, ils ont même coupé ça.
30:10Après plus de 100 kilomètres de route, nous arrivons à Malinga,
30:14chef lieu du département de la Déti-Bibaka
30:16et dernière grande commune avant la frontière avec le Congo, Brazaville.
30:21Dans les rues, la présence visible d'une communauté congolaise
30:25rappelle la proximité et les échanges constants entre les deux pays.
30:29La mairie, la nouvelle perception, la tribune, la place des fêtes
30:33et la brigade de gendarmerie figurent parmi les principaux bâtiments de la ville.
30:38Mais derrière cette présence administrative, l'activité économique reste limitée.
30:42Pour s'approvisionner, commercer et accéder à certains services,
30:46Malinga demeure largement tournée vers Mbigu, les Bambas et les localités du Congo voisin.
30:54Nous sommes ici au centre-ville de Malinga,
30:57après un périple long de 106 kilomètres,
31:01au cours duquel nous avons pu constater
31:04qu'il y a un manque criard en infrastructures de base,
31:11écoles pour la plupart abandonnées,
31:13par le fait d'une non-affectation des enseignants,
31:18des dispensaires à l'abandon,
31:20par le fait du départ à la retraite des infirmiers qui exerçaient
31:26et au final la route qui est en train de trouver une solution
31:31puisque la société BOMAF est déjà au niveau de Mbigu avec une base vie
31:37et est en train de relier la ville de Les Bambas à celle de Mbigu.
31:42Les travaux viendront donc jusqu'ici à Malinga
31:46et de Malinga jusqu'à la frontière à Molo,
31:51en réplique du Congo-Brazzaville.
31:56Au terme de l'observation qu'on a pu faire,
32:00si on peut énoncer un avis,
32:02ce serait peut-être la mise en place d'une médecine itinérante
32:04pour pallier à l'absence d'infirmiers
32:08dans la plupart des dispensaires que nous avons pu constater.
32:13Au moins, un médecin pourrait, avec une ambulance,
32:17sillonner ces localités-là
32:19et apporter les premiers soins nécessaires à sauver des vies.
32:24Parce qu'on a pu constater que dans un village comme Les Vindas,
32:28une dame qui avait été victime d'un accident
32:33n'avait pas pu être transportée sur un bigou
32:37pour pouvoir être prise en charge de manière immédiate.
32:40Donc cette médecine itinérante-là
32:41pourrait permettre de résoudre ce type d'incident
32:47qui pourrait survenir
32:49plutôt que de mettre un infirmier
32:52et qu'il manquerait de tout le plateau technique nécessaire
32:54pour pouvoir apporter les soins utiles aux populations.
33:02Nous clôturons notre format ici à Malinga,
33:06chef-lieu du département de la Loétie, Bibaka.
33:09Restez sur GMT.
33:11Nous allons faire l'effort tout au long de ces vacances
33:15de vous offrir ce type de format
33:17pour vous mettre au plus près de nos réalités.
33:22à l'intérieur du pays
33:24parce que le Gabon, ce n'est pas que Libreville.
33:26Merci.
33:28Merci.
33:28Merci.
33:28Sous-titrage Société Radio-Canada
33:31Merci.
33:33Sous-titrage Société Radio-Canada
33:35Sous-titrage Société Radio-Canada
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