00:00Bon, Guillaume Lagann, cette première question, est-ce qu'on pourrait véritablement faire confiance au Molaï iranien,
00:06puisqu'il y a eu un accord aujourd'hui, un cessez-le-feu, après des frappes iraniennes, la guerre est
00:11de retour ?
00:13Écoutez, factuellement, oui, la guerre est de retour. Est-ce que ça veut dire que c'est la fin de
00:17toute négociation avec le pouvoir iranien ?
00:19Je dirais que l'avenir le dira. Dans le discours américain, il y a une ambiguïté.
00:22M. Trump nous dit que le cessez-le-feu ne tient pas.
00:25Et c'est clair qu'aujourd'hui, d'un côté comme de l'autre, il y a eu à nouveau
00:29l'usage de la violence.
00:30Mais ça ne veut pas dire pour autant que toute discussion est éteinte.
00:34On est encore dans les 60 jours, vous savez, qui sont ceux fixés pour arriver à un accord définitif, c
00:39'est-à-dire jusqu'à la mi-août.
00:41Et je dirais que dans la région, ce n'est pas complètement inhabituel qu'on ait cette juxtaposition de violence
00:48et de négociation, de violence et de négociation.
00:51On a, nous, occidentaux, peut-être l'habitude de situations très claires, alors qu'au Moyen-Orient, à plusieurs reprises,
00:57on a vu, par exemple, je me rappelle, la Turquie et la Russie,
01:00pouvaient, à quelques jours d'intervalle, se bombarder et puis ensuite entamer des discussions.
01:04Donc on est peut-être avec les Iraniens. On doit sans doute être avec les Iraniens dans cette situation.
01:08Il y a le détroit d'Ormouz. Est-ce que c'est, elle est là, l'impasse stratégique pour Donald
01:12Trump aujourd'hui ?
01:13Alors, il est vrai que la guerre, elle a commencé sur le sujet du nucléaire iranien, qui reste d'ailleurs
01:18aujourd'hui entier.
01:19Vous avez tous les problèmes d'ingérence de l'Iran dans les pays de la région.
01:24Vous avez la prolifération balistique, les missiles que les Iraniens sont capables d'envoyer sur Israël,
01:29mais même parfois sur le territoire européen.
01:31Chypre a été touchée il y a quelques semaines.
01:35Mais aujourd'hui, c'est vrai que c'est les Trois d'Ormouz qui focalisent l'attention,
01:38parce qu'il y a une ambiguïté dans l'accord qui a été conclu entre Iraniens et Américains.
01:43Les Iraniens considèrent que ça leur donne le droit d'exercer un droit de péage sur ce détroit,
01:48alors que pour les Américains, on doit revenir à ce qu'est le droit international,
01:52c'est-à-dire la liberté de navigation.
01:54Est-ce que pour autant, ce sujet va devenir central ?
01:58Je pense que les Iraniens, quand même, jouent un peu avec le feu,
02:01parce que ce détroit, ils l'ont fermé, mais les Américains l'ont fermé ensuite contre eux.
02:06Il y a eu le blocus du blocus.
02:08Et ce qui, on pourrait le dire un peu vulgairement, ce qui pend au nez de l'Iran,
02:11c'est quand même les difficultés à exporter de nouveau leur pétrole.
02:14On sait qu'aujourd'hui, c'est quand même le nerf de la guerre en Iran.
02:16Est-ce qu'aujourd'hui, on peut encore discuter avec le régime iranien,
02:21puisqu'on a vu ces images au moment des funérailles de Ramenei, ces images impressionnantes ?
02:26On a l'impression de voir, certes, peut-être un régime iranien fragilisé,
02:31mais un régime iranien particulièrement radicalisé aussi.
02:35Oui, c'est clair que les images qu'on a vues sont impressionnantes.
02:39Alors, les observateurs vous disent, attention, quand on regarde dans le détail,
02:43il y avait peut-être moins de personnes que, par exemple, pour les funérailles de M. Romény,
02:47il y a maintenant une trentaine d'années de cela.
02:50Il y avait aussi, évidemment, c'est un régime très autoritaire,
02:53donc il y avait beaucoup de gens qui étaient là sur commande,
02:54qui étaient des personnes, des fonctionnaires, des personnes qui étaient liées au régime.
02:58Donc ça, c'est clair.
03:00Maintenant, les slogans ont été très radicaux.
03:02Et vous avez d'ailleurs mentionné le fait qu'ils ont appelé à l'assassinat du président Trump.
03:07Ce n'est pas évident que ce soit une posture de négociation très facile.
03:12Maintenant, moi, j'ai deux hypothèses là-dessus.
03:13La première, c'est qu'on a probablement assisté à une forme de radicalisation du régime.
03:18C'est sûr qu'en Iran, vous avez certains dirigeants qui considèrent qu'ils sont sortis,
03:24sinon renforcés, en tout cas vivants, de la confrontation avec les États-Unis
03:28et qu'il faut poursuivre sur la voie de la radicalité pour obtenir davantage,
03:32et en particulier de l'argent, vous savez, ces fameux fonds gelés qui sont au Qatar aujourd'hui
03:36et dont l'Iran a désespérement besoin.
03:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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