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00:00Nous recevons à présent Sébastien Chenu avec qui nous allons pouvoir examiner les conséquences de la décision de Marine Le
00:06Pen hier qui était sur TF1.
00:09Liberté de vote pour les Français a-t-elle dit ? Écoutons Madame Le Pen.
00:13J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter et que la Cour me rende mon
00:19éligibilité.
00:20Je suis en désaccord, nous sommes d'ailleurs en désaccord avec l'application de l'article 432.15 du Code
00:30pénal au fait que l'on nous reproche.
00:32Donc je rappelle qu'il consiste pour nos assistants à avoir fait de la politique nationale plutôt que d'avoir
00:38fait de la politique européenne.
00:40Et par conséquent je vais soumettre ce sujet de droit à mon avis extrêmement sérieux à la Cour de cassation.
00:46Je considère que deux juridictions peuvent commettre une erreur et je pense que l'état de droit d'ailleurs le
00:55considère lui aussi
00:56puisqu'il permet précisément d'inscrire un pourvoi en cassation, ce que je ferai pour que la Cour de cassation
01:03tranche ce sujet de droit.
01:04Marine Lange-Pen à 9h33 sur l'antenne d'Europe 1, sur l'antenne de CNew.
01:10Je ferai campagne, a-t-elle dit hier à Gilles Boulot.
01:13À partir du moment où ma peine d'inéligibilité est purgée, alors je veux aller au bout, comme tout justiciable
01:22d'ailleurs, a le droit de le faire,
01:25au bout des voies de recours qui me sont offertes pour pouvoir défendre précisément mon innocence dans ce dossier.
01:32Ma conviction a été très rapidement faite puisque j'avais indiqué, vous le savez, que je ne ferai pas campagne
01:39sous bracelet électronique.
01:41Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation, ce qui n'était pas obligatoirement le cas
01:45des autres hypothèses,
01:47et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt, je ferai donc campagne sans bracelet électronique.
01:54Donc ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle.
01:58Et elle a évoqué évidemment le binôme qu'elle formera avec Jordan Bardella.
02:06Nous offrons aux Français un binôme.
02:08Un binôme président de la République et Premier ministre, s'ils nous font confiance.
02:13Et que ce binôme, il a une véritable solidité.
02:17Il est très fort de ses convictions, de l'habitude que nous avons de travailler ensemble depuis des années maintenant.
02:23Nous avons les solutions. Nous les exprimons d'ailleurs aux Français tout au cours de la campagne.
02:31Et je pense que ce binôme est gagnant. C'est un ticket gagnant en quelque sorte.
02:35Nous nous sommes préparés, moi, à ce rôle éminent de président de la République, dont les Français d'Étienne Laclay
02:44et Jordan au rôle non moins éminent de Premier ministre.
02:49C'est intéressant parce qu'on dit souvent qu'une élection présidentielle, c'est la rencontre d'un homme ou
02:52d'une femme avec le peuple français.
02:54Et c'est la première fois, à mon sens, qu'un candidat arrive en disant binôme.
02:59Alors Sébastien Chenu, évidemment, beaucoup de gens ont pensé hier à Jordan Bardella.
03:03Parce que même si l'entente est parfaite entre Mme Le Pen et M. Bardella, il n'empêche, c'est
03:09humain.
03:10Il y avait, j'imagine, je ne suis pas dans la tête de Jordan Bardella,
03:14mais il imaginait porter la voix du Rassemblement national, porter les couleurs du Rassemblement national jusqu'à l'élection.
03:21Vous étiez avec lui hier dans la salle. Quel comportement avait-il ?
03:26Non, Jordan Bardella n'était pas au tribunal. Je n'y étais pas non plus.
03:29Non, dans la salle après, vous étiez...
03:31D'ailleurs, on s'est vu hier soir après le 20h.
03:33Vous n'étiez pas dans la réunion dans laquelle Laure Lavalette était...
03:37Non, elle a d'abord vu ses conseils juridiques pour traiter l'ensemble de...
03:42J'allais dire, lever les hypothèques juridiques d'une candidature.
03:46Et à partir du moment où, juridiquement, elle a considéré qu'elle ne serait pas entravée,
03:50notamment par un port de bracelets avec le côté suspensif de la Cour de cassation,
03:56elle a politiquement échangé, évidemment, avec Jordan et décidé d'être candidate.
04:02Voilà, c'est une décision entre elle et elle, Marine Le Pen.
04:05Nous, on lui a manifesté notre souhait de la voir être candidate,
04:10mais à la fin, c'était évidemment une décision qu'elle ne pouvait pas...
04:12Et Jordan Bardella, quelle réaction ?
04:14Jordan Bardella, il s'est préparé à devenir Premier ministre.
04:18Vous imaginez déjà l'immensité de la tâche.
04:22Il a devant lui la nécessité de convaincre les Français et de faire gagner sa candidate,
04:27de monter un programme, de construire une majorité,
04:30et si les Français le désirent, de faire vivre ce programme et cette majorité et de l'appliquer.
04:35Donc si vous voulez, Jordan Bardella, nous l'aurions sollicité
04:39si Marine Le Pen avait été empêchée par cette rencontre.
04:42Et donc la charge, évidemment, était immense
04:45et elle demeure pour le moins très importante sur ses épaules.
04:49Mais je ne crois pas que...
04:50Vous savez, chez nous, et peut-être parce que finalement,
04:52nous n'avons jamais gagné une élection présidentielle,
04:55il y a assez peu de guerres d'égo, d'égo démesuré.
04:59On ne se répartit pas des titres et des postes,
05:01parce qu'en fait, on n'en a pas grand-chose à faire.
05:03On veut gagner.
05:04Non, pas du tout.
05:05On veut gagner, Pascal Praud.
05:07Vous comprenez bien ?
05:08On veut gagner...
05:08Vous échappez aux lois humaines.
05:10Le Rassemblement national échappe aux lois.
05:12Non, mais vous dites ça avec beaucoup de cynisme.
05:14Non, pas de cynisme, avec beaucoup d'ironie.
05:17Oui, mais je vais vous dire, je pense que parce que nous n'avons jamais été...
05:22Et probablement, peut-être que si nous étions au gouvernement,
05:25usés par des années de pouvoir, ça fonctionnerait peut-être différemment.
05:27Peut-être.
05:28Mais je pense que parce que nous nous sommes construits dans l'adversité,
05:31ce que nous voulons...
05:34Nous voulons gagner et nous voulons que nos idées arrivent au pouvoir.
05:37Et la répartition des responsabilités, je vais vous dire,
05:43il y aura du travail pour tout le monde.
05:44Il y aura de quoi faire pour tout le monde.
05:45Non, mais vous en faites un peu trop.
05:46Quelqu'un qui a été...
05:47Éric Nolot.
05:48Qui a été des mois et des mois dans le costume d'un présidentiable,
05:52qui était...
05:52D'ailleurs, qui faisait des meilleurs scores dans les sondages que Marine Le Pen.
05:56Dans sa tête, hier, il s'est passé quelque chose.
05:58Même s'il est loyal au parti, même s'il va avoir des responsabilités.
06:02Parce qu'il n'a pas envie d'y aller, hein ?
06:03Non, mais c'est la vie.
06:05On ne va pas se raconter de ça là, je vais vous dire.
06:06C'est la vie.
06:07C'est comme dans le monde du sport, je vais vous dire.
06:09Dans le monde du sport.
06:11Quand un sélectionneur en finale de Coupe du Monde
06:14met un avançante plutôt qu'un autre.
06:16L'autre avançante, si l'équipe gagne, il sera très content, celui qui est sur le banc.
06:20Bien sûr qu'il sera très content.
06:21Mais il aurait préféré que ce soit lui qui joue.
06:23C'est la vie.
06:26Ça se passe comme ça.
06:28C'est la vie, la vie humaine.
06:29Et je ne peux pas lui en vouloir, d'ailleurs.
06:31Mais en revanche, celui qui n'est pas un figurant de notre campagne présidentielle.
06:35Il est un élément majeur et moteur de la victoire.
06:38Mais en revanche, ce qui est important dans ces cas-là, c'est de juger,
06:42et les entraîneurs le font toujours,
06:44comment il juge celui qui se met sur le banc.
06:46Quelle attitude il aura.
06:47Est-ce que le groupe sera plus important que sa propre personne ?
06:52Même si, et c'est ça, s'il s'en fichait, ça serait facile.
06:55Mais comme il ne s'en fiche pas, il doit faire peut-être un effort.
06:58Et c'est ça qu'on juge aussi.
07:00C'est parce que, mais il ne faut pas, comment dire,
07:03il ne faut pas se raconter de salade.
07:05Forcément, les hommes sont les hommes.
07:07Mais en revanche, le groupe est plus important.
07:09C'est vrai aussi dans nos métiers.
07:10Mais ça a toujours été le cas dans notre pouvoir politique.
07:13Jurisprudence Didier Deschamps.
07:15Le groupe est plus important.
07:17Il préfère des soldats à des artistes, dit-il.
07:21L'important n'est pas de briller, l'important est de gagner, dit Didier Deschamps.
07:25Il a raison.
07:26Mais Didier Deschamps, il implique aussi tout le groupe.
07:28Deschamps, président.
07:29Non, mais ce qui est important, si on file votre métaphore,
07:31c'est que Didier Deschamps implique tous les autres membres de l'équipe
07:34dans l'aventure collective.
07:35Et Jordan Bardella, à mon avis, aura un rôle important,
07:37c'est-à-dire d'essayer d'élargir aussi la base, les électeurs du RN.
07:41Vous êtes plutôt content, ce matin.
07:45Voilà, vous étiez un peu...
07:47Alors, je ne sais pas, est-ce que vous attendiez à une décision ou pas ?
07:52Je crois que c'est Yoann Ozaï qui a dit lundi soir
07:54que tout l'exécutif était persuadé que la magistrature permettrait,
07:59à Marine Le Pen de se présenter.
08:02C'est ce qu'on entendait du côté de l'exécutif.
08:03Est-ce que c'était de la rumeur, du bluff, on n'en sait rien ?
08:06Il s'avère que c'est finalement ce qui s'est plutôt proche de la règle.
08:08Les juges, et la période qu'on a vécue, en tout cas c'est ce que disait
08:12notre ami Pascal Pierre Garbarini, a influencé les juges,
08:15les juges ont pris une responsabilité démocratique et ils ont eu raison.
08:19Parce que ce n'est pas à eux de décider, je pense que ça a pesé.
08:22Et ils ont écrit une voix sur blanc.
08:24Mais c'est pour ça que les juges font de la politique.
08:26Et ils ont raison en l'espèce.
08:27Ils ne sont pas imperméables aux éléments externes.
08:29Et ils ont eu raison en l'espèce, me semble-t-il.
08:31Ce qui était intéressant dans les attendus, c'était de lire
08:34que l'exécution provisoire est une atteinte au processus démocratique.
08:38C'est-à-dire qu'en fait, on rend aux Français la possibilité
08:41de choisir leur président ou présidente de la République.
08:44Et ça, je pense qu'il faut le saluer.
08:47Est-ce que vous n'avez pas l'impression que tous ces argus-ci judiciaires
08:50qu'on est en train de développer depuis quelques temps sur ce plateau
08:53ne vont pas lasser les Français et parasiter la campagne ?
08:55Parce qu'on ne va parler que de ça, on va parler du calendrier judiciaire de Marine Le Pen
08:58pendant six mois.
09:00Ça, ça va revenir dans tous les débats.
09:01On va parler de...
09:02Non, l'espace médiatique en parlera.
09:04Les Français s'en fichent.
09:05Oui, mais est-ce que ça ne va pas les parasiter la campagne ?
09:07Vous empêchez de faire campagne ?
09:09Mais Eugénie, Eugénie, ça va parasiter Saint-Germain-des-Prés.
09:14Non, mais je parle d'un bruit médiatique.
09:15Mais ça va parasiter l'émission que vous ferez
09:17qui s'appelle l'heure de vérité, où on ne parlera que de ça.
09:19Regardez, vous en parlez aussi vous aussi depuis une heure ce matin.
09:21Mais on en parle une fois.
09:23Les Français, là, c'est la différence entre ceux...
09:27Mais c'est la différence entre cette petite coterie...
09:31Parce que vous vous en parlez aussi.
09:33Mais j'en parle ce matin parce que c'est la qualité.
09:35Et vous en parlerez aussi, parce qu'il y aura un feuilleton.
09:37Mais les Français...
09:38On va voir un reportage à Hénin-Beaumont.
09:41À Hénin-Beaumont, allez à Hénin-Beaumont.
09:44Est-ce que vous pensez...
09:44Mais c'est ça, la France.
09:45Mais justement, je vous dis juste...
09:47À Hénin-Beaumont, les gens, ils veulent gagner mieux leur vie.
09:48Pascal, là, depuis ce matin, ça fait 42 minutes qu'elle a commencé l'émission.
09:51On ne parle pas du fond.
09:54On ne parle pas du fond, c'est-à-dire...
09:57Du fond, la campagne présidentielle, on parle de ce feuilleton judiciaire.
10:02Est-ce que vous n'avez pas peur que...
10:04Je ne sais pas faire campagne.
10:05Mais je vais vous dire, il y a deux choses.
10:06Nous, on va parler du fond.
10:07Nous, on va parler du fond.
10:08On a des choses à proposer aux Français.
10:10Marine Le Pen va parler de ses propositions sur le pouvoir d'achat.
10:13Elle sera ramenée sans geste de la condamnation.
10:15D'accord, mais si, il y a quelqu'un qui dit, j'ai dit, elle a raison.
10:17Mais c'est la petite coterie que je lis depuis hier soir.
10:19Vous m'amusez, les journalistes.
10:20Je peux vous dire que vous m'amusez, parce que, vraiment, vous êtes loin des préoccupations.
10:25Je n'ai pas dit que c'était ce que je pensais, j'ai dit que je posais une question.
10:28Et là où vous avez raison, c'est que France Inter fera des éditos dessus.
10:33Quotidien en parlera quotidiennement.
10:35Demandera que la Cour de cassation se...
10:36Mais là, vous êtes démagogue.
10:37Mais je ne suis pas...
10:38Non, Saint-Germain, ce n'est pas toute la France.
10:40Mais Hénin-Beaumont, ce n'est pas toute la France non plus.
10:41Il va y avoir...
10:42Il y a plus de Français d'Hénin-Beaumont que de Saint-Germain-des-Prés, si vous me permettez.
10:46Je pense que la France, elle ressemble plus à Hénin-Beaumont qu'aux fleurs.
10:49Non, mais ce n'est pas ça le débat.
10:50Et il se trouve que, dans les faits, il va y avoir de nouveaux épisodes du feuilleton.
10:54Dans les faits, avec, on en parle depuis le début de l'émission,
10:58des conséquences qui sont, pour l'instant, imprévisibles.
11:01Il n'y aura pas nécessairement des nouveaux épisodes.
11:02Ma question, c'est est-ce que ça va affaiblir Marine Le Pen d'être renvoyé sans cesse à cette
11:07double condamnation ?
11:08Vous savez, moi, je pense que si nos adversaires parlent de ça matin, midi et soir,
11:11c'est qu'ils n'ont donc rien à proposer aux Français.
11:13Et moi, je prends les Français pour des gens intelligents, responsables, qui attendent autre chose.
11:17Donc, Marine Le Pen, elle va parler du fond.
11:19Elle va faire des propositions.
11:20Et si les autres, si M. Attal, M. Philippe, de toute façon, ils n'iront pas tous,
11:23mais veulent parler uniquement des histoires de prétoires,
11:27eh bien, ils passeront à côté de leur campagne, je veux dire.
11:29Et donc, ça veut dire qu'ils n'auront rien à proposer aux Français.
11:31Et les Français vont vite s'en apercevoir.
11:34Je n'ai pas de conseil à donner à Gabriel Attal ni à Édouard Philippe.
11:38Sauf qu'Édouard Philippe, alors, c'est terrible, il reçoit des soutiens terribles.
11:40Et il a reçu Laurent Wauquiez, mais il a reçu Alain Minc.
11:44Donc, c'est perdu.
11:45Je n'en sais rien, mais comme Jacques Chirac, Alain Minc.
11:48Qu'est-ce qu'il avait dit à Jacques Chirac ?
11:50Alain Minc, je vous le laisse, je crois, il avait dit ça.
11:52Mais Laurent Wauquiez, hier, m'a dit qu'il ne soutenait plus Édouard Philippe.
11:54Je l'ai croisé à l'Assemblée nationale, je lui ai dit,
11:56ben alors, je ne comprends plus ce que fait Laurent Wauquiez.
12:00Sur notre antenne, il est revenu, il a rétropé la vie, absolument.
12:02Il a dit que c'était finalement...
12:03Édouard Philippe, je l'ai trouvé d'ailleurs très faible sur Marine Le Pen hier.
12:10Il y a même une enquête pour des tournements de fonds publics qui est ouverte contre l'Assemblée nationale.
12:14Il a fait que Gabriel Attal et Édouard Philippe fassent un 20h.
12:18Richard Millet voulait dire quelque chose et après on écoute Édouard Philippe.
12:20Ça va tomber à plage.
12:23Je voulais dire que pour paraphraser Alfonso Ali,
12:26il faudrait mettre Saint-Germain-des-Prés à Hénin-Bonmont.
12:28Oui, il faut le mettre, il a la campagne.
12:31Ce que je voulais dire, c'est que le fait qu'Édouard Philippe et Gabriel Attal fassent un 20h
12:34déjà dit beaucoup de choses, c'est-à-dire qu'ils ajustent leur agenda sur le timing de Marine Le
12:38Pen.
12:38Moi, j'ai échangé avec des proches d'Édouard Philippe ces dernières semaines.
12:41Ils avaient une peur, c'était que Marine Le Pen ressorte, grandisse de cette affaire judiciaire.
12:47Oui, enfin, il ne faut pas étagérer non plus à Edmond Dantes.
12:50Il est resté 15 ans.
12:52C'est aérophictif, Edmond Dantes.
12:53Oui, il est resté 15 ans.
12:54Il est resté 15 ans.
12:55Ah ben non, je ne crois pas.
12:59Écoutez, on peut dire que ça se passait comme ça avant,
13:02que les gens faisaient n'importe quoi.
13:04Je l'ai dit tout à l'heure, le majordome de Jean-Marie Le Pen payé par l'argent du
13:08Parlement européen,
13:09vous avez le droit de dire que c'est une erreur.
13:12Ce n'est pas aujourd'hui ce qu'on reproche à Marine Le Pen.
13:13Non, mais vous avez le droit de dire que c'est une erreur.
13:16Ce que je veux vous dire.
13:16C'est ça qu'on attend aussi de la sincérité.
13:19Quand je vous dis, Marine Le Pen est Edmond Dantes, je vous dis simplement,
13:23derrière ça, elle a été tellement enterrée.
13:25J'en ai fait des plateaux.
13:26On m'a dit, mais vous ne pensez pas qu'elle devrait passer le relais ?
13:28Vous ne pensez pas que c'est fini ?
13:29Vous ne pensez pas que son nom ?
13:31Vous ne pensez pas qu'elle n'a plus rien à proposer ?
13:33Vous ne pensez pas que les gens vont se lasser ?
13:35Vous ne pensez pas que ses militants veulent quelqu'un d'autre ?
13:37J'entendais un dingue de commentateurs sur France Télévisions
13:40qui disaient, mais les électeurs et les militants sont très déçus, etc.
13:44Non, mais...
13:45Non, mais laissez Edmond Dantes en...
13:46Edmond Dantes, il ne payait pas son majordome avec de l'argent détourné.
13:49Il était innocent.
13:50C'est une fiction.
13:51C'est plutôt Jean Valjean.
13:52C'est une fiction.
13:53Jean Valjean, c'est une fiction qui vous dit...
13:55Jean Valjean qui revient du mal avec son...
13:56Elle a un côté, effectivement, non pas indestructible,
13:59mais quand même, elle en a quand même pris
14:02et elle revient toujours, parce que pourquoi ?
14:04Elle a créé un lien aussi avec les Français, au-delà de ça.
14:06Ce que vous dites peut s'entendre.
14:08Je précise pour la jeune génération qui nous écoute,
14:10Edmond Dantes,
14:11et pas l'attaquant du Paris Saint-Germain,
14:13ou...
14:14Chacun ses références.
14:15C'est bien trop.
14:16Alexandre Dumas.
14:17Chacun ses références.
14:18Qui était dans le conte de Montécris d'eau,
14:21que je vous invite à lire pendant les vacances.
14:23Le plus grand polar de tous les temps.
14:24Parce que c'est génial, le conte de Montécris d'eau.
14:26C'est six volumes, c'est long.
14:27C'est extraordinaire.
14:28Et les adaptations ne sont que la racine carrée du livre.
14:34Tellement il y a d'épisodes, etc.
14:36C'est formidable.
14:37La plus grande série de tous les temps, voilà.
14:39Exactement.
14:40Bon, on revient à 9h47 à Édouard Philippe,
14:43que vous avez trouvé faible.
14:45Et je vous laisse vos propos,
14:48parce que je ne veux pas me fâcher avec Édouard Philippe,
14:50ni avec personne, en ce dernier jour.
14:52On ne sait jamais.
14:53On ne sait jamais, vous avez raison.
14:56En revanche, c'est intéressant aussi,
14:57parce que ça veut dire qu'Édouard Philippe,
14:59celui hier qui a aussi peut-être marqué des points,
15:01c'est Gérald Darmanin avec cette décision-là.
15:04Parce que la droite sociale qu'il incarne
15:07est sans doute une possibilité de contrer
15:10le Rassemblement national.
15:12Eh oui, c'est une droite sociale.
15:15Il peut, l'électeur...
15:16Je pense au contraire.
15:17Je pense que c'est la droite libérale
15:19qui peut se dire, Marine Le Pen étant elle-même
15:20un peu sociale, on a un créneau.
15:22En tout cas, c'est comme ça que l'LR l'analyse.
15:24Se voir un représentant des LR, il nous...
15:25Oui, alors les analyses de LR,
15:27généralement, sont à côté.
15:28C'est à vous ce que ça vaut,
15:29mais voilà comment il se place.
15:30Moi, je pense que Gérald Darmanin
15:32a une carte à jouer, précisément,
15:34depuis hier, parce qu'il peut venir prendre...
15:36Il s'occupe déjà de la justice,
15:37parce que je ne sais pas s'il a une carte à jouer
15:38pour autre chose,
15:39mais quand il touche à quelque chose,
15:40en général, ça ne se passe pas très bien.
15:41Bon, écoutons Édouard Philippe
15:44sur le pourvoir en cassation.
15:45Ça s'est dit ?
15:46Écoutez.
15:47Écoutez, les choses sont claires.
15:48Elle a été condamnée deux fois par la justice.
15:52Elle se pourvoit en cassation
15:53comme elle en a parfaitement le droit.
15:55Elle pourra être candidate.
15:57Elle sera candidate pour la quatrième fois.
15:59Et le terrain se déplace aujourd'hui
16:02du dossier judiciaire
16:05à la réalité politique,
16:07d'une participation à une campagne électorale.
16:11à laquelle, moi, j'entends défendre mes positions
16:14et lutter pied à pied
16:15contre les positions que prend Mme Le Pen.
16:17On ne choisit pas son candidat dans une démocratie.
16:19On affronte le candidat
16:20que, normalement, un parti politique vous donne.
16:22Là, en l'occurrence, c'est la justice qui a tranché.
16:23Bon, c'est comme ça.
16:25Moi, ce qui m'intéresse,
16:26c'est de dénoncer le danger
16:28que représente Mme Le Pen.
16:29Je comprends très bien la colère
16:30qui peut saisir un certain nombre de ses électeurs.
16:32Mais ce que propose Mme Le Pen,
16:34c'est un retour en arrière
16:37sur la question de la réforme des retraites
16:39avec une retraite à 60 ans.
16:40C'est l'engagement qu'elle a pris.
16:41Bon, alors, ça, c'est intéressant.
16:43Ça, c'est un point précis.
16:45Bon, est-ce que ce qu'il dit est vrai ?
16:47Est-ce que le RN propose la retraite à 60 ans ?
16:52J'ai l'impression...
16:52Enfin, bon, on t'en rend,
16:54puisqu'on répète ça depuis des années.
16:56Nous proposons un système
16:57qui fait que, lorsque vous avez commencé
16:58à travailler avant 20 ans...
17:00Souvent, vous êtes dans des métiers durs.
17:02Quand vous avez commencé à travailler avant 20 ans,
17:04vous avez fait des métiers, souvent manuels, etc.
17:05Vous pouvez, lorsque vous avez vos 40 annuités,
17:08il faut toujours mettre les deux ensemble,
17:10partir à partir de 60 ans.
17:11Et puis après, progressivement, 42 annuités,
17:13vous pouvez partir à partir de 62 ans.
17:16Est-ce qu'il faut introduire ou pas
17:17un peu de capitalisation là-dedans ?
17:19Ça peut être un débat.
17:20De toute façon, rien, jamais d'obligatoire.
17:23Donc, la règle, c'est 42 annuités.
17:25C'est-à-dire que quelqu'un qui commence à travailler...
17:27On va prendre quelqu'un qui commence à travailler
17:29et qui a fait des études.
17:31Il a 23, 24, 25 ans.
17:33Donc, il partira à 67 ans.
17:35Mais évidemment, parce que lorsqu'il rentre
17:37très tard sur le marché du travail...
17:38Alors, pourquoi M. Philippe dit cela ?
17:40Parce qu'il est un peu démago.
17:42Donc, il dit une erreur.
17:43Parce qu'il réduit notre proposition politique
17:46à quelque chose qui peut peut-être heurter certains,
17:49en disant, c'est 60 ans, il oublie les 40 annuités,
17:51il oublie que c'est pour les gens qui ont commencé...
17:52C'est 40 annuités ou 42 ?
17:5440 annuités à partir...
17:56Avant 20 ans et après 20 ans, c'est 42 annuités.
18:00C'est exactement ça.
18:01Ça, c'est la position du RN.
18:02Vous voyez, la position de M. Philippe,
18:05que je ne connais pas bien, d'ailleurs, en la matière.
18:08Je ne sais pas ce qu'il propose, mais peu importe.
18:12A caricaturer, à jouer sur les peurs des Français,
18:16en leur disant, regardez, avec vous, ça va être la ruine,
18:18avec le RN, ça va être la ruine, etc.
18:20Ces gens-là ne se rendent pas compte que c'est avec eux
18:22que c'est la ruine, que nous les avons vus à l'œuvre.
18:25Donc, moi, j'aimerais que M. Philippe prenne les choses au sérieux,
18:27parce que, en fait, c'est le fiasco avec l'air sérieux, M. Philippe.
18:29Il a l'air très sérieux, mais dès qu'il a été au pouvoir,
18:31c'était un fiasco épouvantable.
18:32M. Chenu, ne faites pas leur campagne.
18:34Ils font ce qu'ils veulent.
18:35Ils font ce qu'ils veulent.
18:36S'ils veulent...
18:37Moi, je vais vous dire,
18:38ils passent leur temps à expliquer que le RN est un danger.
18:42Je pense qu'ils se trompent de stratégie,
18:44parce que ça ne marche plus.
18:45Mais laissez-les faire.
18:47Ce n'est pas votre problème, leur campagne.
18:49Ce n'est pas de votre souci.
18:50Prenez votre campagne à vous
18:52et arrivez avec des propositions
18:53que les Français puissent convaincre.
18:55Là, par exemple, ce que vous avez dit sur le RN
18:57est très clair sur la retraite.
18:59Même si c'est clair, en tout cas,
19:01la démagogie est de votre côté,
19:02parce que pour mettre la retraite à 60 ans,
19:03même pour une partie de la population,
19:05aujourd'hui, ce n'est pas possible.
19:07En Allemagne, la retraite...
19:08L'Allemagne vient de voter une loi.
19:09Pardonnez-moi, Eugénie,
19:10c'est 42 annuités.
19:14Pardonnez-moi,
19:15mais si vous avez commencé à 17 ans ou 18 ans
19:17que vous êtes en train de bosser depuis 42 ans...
19:20Moi, ça ne me choque pas.
19:21Je trouve ça plutôt bien
19:22de ne pas faire travailler certaines personnes
19:24dans des métiers difficiles
19:25qu'on fait 40 ans.
19:27En Allemagne, ils viennent de décider
19:29de prolonger la retraite
19:30à au-delà de 67 ans.
19:32Voilà où ils en sommes.
19:34Nous sommes hyper en retard.
19:35Nous sommes hyper en retard.
19:36Vous voulez les faire bosser ?
19:37Vous voulez les faire bosser ?
19:39Vous êtes terribles avec les vieux.
19:40Vous voulez leur piquer de l'argent
19:41quand ils sont déjà en retraite ?
19:43Vous voulez les faire bosser plus ?
19:44Non, je veux sauver mon pays
19:46d'une dette catastrophique
19:47et d'un modèle social
19:48qui n'est plus tenable.
19:50Je suis désolée,
19:51pour moi,
19:51il faut que la majorité des Français
19:53en tout cas partent à la retraite
19:54à 67 ans.
19:54Ce n'est pas possible.
19:55Mais c'est ce qui se passerait, Eugénie.
19:58Est-ce qu'il y aurait une majorité
19:59des Français
19:59qui partiraient à 67 ans,
20:01dans votre modèle ?
20:01Qui partiraient à ?
20:02À 67 ans.
20:03Ça dépend s'ils ont 42 annuités ou pas.
20:05Si vous avez vos 42 annuités,
20:07vous pouvez partir à partir de 62 ans.
20:08Ce qu'il faut,
20:09c'est davantage de Français
20:09qui travaillent,
20:10c'est-à-dire plus jeunes.
20:11Et là, il y a un enjeu de société
20:13autour duquel personne ne dit rien.
20:15Moi, je pense qu'il faut faire rentrer
20:16les jeunes, les gamins,
20:17beaucoup plus tôt
20:18sur le marché du travail.
20:19Certains parlaient même
20:19de majorité professionnelle.
20:22Donc là, je pense qu'on a un enjeu.
20:23Maintenir les seniors
20:24dans le monde du travail
20:25parce que beaucoup sortent
20:26à 57, à 58 ans.
20:27Oui, mais ça, c'est les entreprises.
20:29D'accord.
20:29Mais là, il y a peut-être
20:30des politiques à mener,
20:32incitatives.
20:32Il y a quand même
20:33quelque chose à faire.
20:33Il n'y a pas jamais rien à faire.
20:35Et c'est un choix de société.
20:36C'est vrai que c'est un choix de société,
20:37cette question des retraites.
20:38Mais nous, on l'assume
20:38comme un choix de société
20:39sur lequel on peut avoir un débat.
20:41Aucun problème.
20:42Mais qu'on arrête
20:42de caricaturer les choses
20:44en disant que
20:45le Rassemblement national
20:46promet ou propose
20:47quelque chose
20:47qui n'est pas tenable,
20:48c'est un choix de société.
20:49Ça veut dire que,
20:50quand on est en politique,
20:50on choisit.
20:51C'est-à-dire qu'on fera
20:51des économies ailleurs
20:53pour financer ce choix de société
20:54et des économies ailleurs.
20:55Si j'écoute, par exemple,
20:56Marc Toiti,
20:57qui est un économiste
20:58qui n'est pas un économiste
20:58de la maison RN,
20:59il nous disait la semaine dernière
21:01qu'il y a 150 milliards d'euros
21:03par an
21:03à aller chercher
21:04dans la tuyauterie de l'État.
21:06Les agences, etc.
21:07150 milliards d'euros.
21:08Je ne sais pas si on se rend compte
21:09que même
21:10si un tiers de ces sommes
21:12revenaient dans le budget de l'État,
21:14on pourrait faire des choses
21:15extraordinaires dans notre pays.
21:16Notre pays est blindé
21:18de structures,
21:20de tuyauteries inutiles
21:21dans lesquelles on se perd
21:22et qui tuent
21:23notre capacité de croissance,
21:25à créer la croissance.
21:25Je rappelle que vous venez
21:26de l'UMP.
21:28Oui.
21:28Vous avez un parcours de l'UMP.
21:30Vous avez quitté l'UMP quand ?
21:31Ça commence à dater
21:32puisque moi,
21:32je n'étais pas aux Républicains.
21:33C'était avant,
21:34donc en 2014.
21:37Et que...
21:38Alors, je ne sais pas
21:38comment vous vous définiriez
21:40politiquement ?
21:42Souverainiste ?
21:42Moi, j'ai toujours voté
21:43contre les traités.
21:45La première fois que j'ai voté,
21:46c'était contre Maastricht.
21:47J'étais toujours très hostile à ça
21:48parce que j'avais l'impression
21:49qu'on allait effacer le pays.
21:51Et d'ailleurs, je pense que...
21:52Et sur le plan économique,
21:54vous...
21:54Je ne suis pas ultra-libéral,
21:56c'est le moins qu'on puisse dire.
21:57Je crois beaucoup
21:57en la capacité de l'État.
21:59Vous êtes un étatiste ?
22:00Je ne suis pas un étatiste
22:01ou colbertiste,
22:01oui, c'est pas mal.
22:02Je trouve qu'en tous les états,
22:03l'État a un rôle à jouer
22:05et en matière stratégique
22:06et en matière d'équilibre.
22:08Mais non,
22:08je suis pour la liberté d'entreprendre,
22:10je suis pour que les PME,
22:11les TPE,
22:11qu'on leur donne de l'oxygène,
22:12qu'on arrête de les noyer
22:14de normes,
22:15bien entendu,
22:16je suis pour la liberté.
22:17Mais je pense que l'État
22:18a un rôle dans la société.
22:19Mais tout le monde
22:20est pour moins de normes.
22:23Il y en a de plus en plus.
22:25Bon,
22:26je marque le fameux temps.
22:28OK.
22:29OK.
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