- il y a 6 minutes
C’est un retournement de situation inespéré pour Marine Le Pen, celui de la décision de la Cour d’Appel qui lui permet d’être éligible à l’élection de 2027. La cheffe de file du RN est désormais officiellement candidate pour la 4e fois avec un espoir fou : conquérir l’Elysée, l’ambition de sa vie. « Marine Le Pen, la présidentielle à tout prix », c’est un document Ligne Rouge signé Charlotte Gillard, Fabrice Babin, Jérémy Müller et Manuella Braun.
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00:01De mémoire de vieilles pierres, voilà longtemps que le palais de justice de Paris n'avait connu une telle effervescence.
00:12Sur une centaine de mètres, une colonne de caméras et de micros.
00:17Des journalistes trépignant de connaître l'épilogue de la saga judiciaire d'une potentielle candidate à la présidentielle.
00:39Et des badauds, tout aussi impatients de savoir quel sort sera réservé à Marine Le Pen.
00:45C'est une femme qui a beaucoup combattu pour son pays, qui depuis longtemps milite, défend le peuple français.
00:52Et je considère qu'après tout, c'est aussi une chose bien de venir la soutenir à notre tour depuis
00:57qu'elle nous soutient depuis plus de 20 ans.
00:58Moi, je suis militant LFI et ce que je viens aujourd'hui, c'est pour montrer que les citoyens se
01:03préoccupent de la justice,
01:04que c'est un procès qui implique de l'argent public, l'argent du Parlement européen, donc l'argent des
01:08Français.
01:10Celle dont le destin de présidentiable sera tranché dans les prochaines minutes,
01:14fait son entrée à la cour d'appel accompagnée d'un cortège de proches.
01:18Madame Le Pen !
01:21Jean-Philippe Tanguille,
01:25Caroline Parmentier,
01:27ou Laure Lavalette,
01:29ses lieutenants les plus fidèles sont venus l'escorter dans cette épreuve.
01:33Bien sûr, s'il vous plaît, à rejoindre le bar.
01:37Marine Le Pen sort de la salle une heure plus tard,
01:41impassible et muette sous le nez des journalistes.
01:46Condamnée pour détournement de fonds publics,
01:50mais éligible.
01:53Nous notons une inflexion considérable sur les peines,
01:58notamment sur la peine d'inligibilité,
02:00qui pour nous est un point extrêmement important,
02:03d'autant qu'il a été accompagné de mentions par la présidente
02:08sur la liberté pour les électeurs d'avoir un candidat.
02:13Chaque citoyen peut se poser cette question.
02:16Est-ce qu'on peut être candidat à une présidentielle
02:18en étant condamné définitivement
02:19pour détournement de fonds publics et de fonds publics européens ?
02:24Un obstacle se dresse encore devant elle.
02:27Une peine de prison ferme d'un an,
02:29sous bracelet électronique.
02:32Est-ce que Marine Le Pen peut se passer ?
02:34Marine Le Pen a toujours dit
02:36qu'elle ne ferait pas campagne sous bracelet électronique.
02:38Marine Le Pen prendra sa décision et vous la fera connaître.
02:41Nous avons deux candidats naturels au Rassemblement National.
02:46Fera-t-elle campagne avec son bracelet électronique
02:49ou laissera-t-elle la place à son poulain, Jordan Bardella ?
02:55Après une après-midi de réflexion au siège du parti,
03:02c'est sur le plateau du 20h de TF1
03:04que Marine Le Pen vient confier sa décision.
03:08Bonsoir Marine Le Pen.
03:09Bonsoir.
03:10Avez-vous posé le pour et le contre avant de vous décider
03:12si oui ou non vous alliez être candidate à l'élection présidentielle en 2027 ?
03:16Est-ce que vous avez beaucoup réfléchi cet après-midi ?
03:17Vous avez eu toute l'après-midi pour réfléchir ?
03:19Non.
03:20Ma conviction a été très rapidement faite
03:22puisque j'avais indiqué, vous le savez,
03:24que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique.
03:29Mais comme j'ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation,
03:33ce qui n'était pas obligatoirement le cas des autres hypothèses,
03:36et que le pourvoi en cassation suspend les effets de l'arrêt,
03:40je ferai donc campagne sans bracelet électronique.
03:46Un retournement inespéré pour la candidate historique du camp national.
03:52Une peine d'inéligibilité réduite
03:54et un pourvoi en cassation,
03:56synonyme de feu vert à ses yeux,
03:58pour une quatrième course à l'Elysée.
04:00Elle est décidée à démontrer son innocence.
04:03C'est aussi un moyen pour elle de contourner cet argument
04:06qu'elle avait mis en avant,
04:08de dire qu'elle ne pouvait pas faire campagne
04:10avec un bracelet électronique.
04:14Son destin politique est menacé depuis maintenant 11 ans
04:17par une affaire hors normes,
04:20celle des assistants parlementaires du Front National.
04:25Le Rassemblement National, Marine Le Pen et les autres coprévenus
04:29sont accusés d'avoir détourné les fonds européens.
04:32C'était des fonds qui devaient servir à rémunérer
04:33leurs assistants parlementaires pour le compte du Parlement européen.
04:37Marine Le Pen se lance dans une campagne présidentielle
04:39tout juste condamnée en appel pour détournement de fonds publics.
04:44Une première dans l'histoire de la Vème République.
04:47Marine Le Pen, elle puisera dans cette décision de justice
04:50une force qui lui permettra de continuer à aller.
04:54J'en suis convaincue que ça va lui donner une dimension,
04:58en effet, invincible.
05:00C'est Marine le Phénix.
05:02Retour sur l'itinéraire politique de la fille de Jean-Marie Le Pen,
05:07parvenue en 30 ans à élever sa formation d'extrême droite
05:10en premier parti de France.
05:19Chez les Le Pen, la politique, c'est avant tout une histoire de famille.
05:24Le décor ?
05:25Le manoir de Montretout à Saint-Cloud, hérité au milieu des années 80.
05:30Il est à la fois la demeure familiale et le QG officieux du Front National.
05:36Et à partir de là, ça s'est mélangé, vous ne pouviez pas dissocier du tout
05:40la vie du quotidien avec la vie politique.
05:44Parce que d'abord c'était son bureau, puis voilà,
05:45puis tout le monde, les enfants, allait et venait au milieu des soirées politiques
05:50ou bien des bureaux politiques.
05:53Les trois filles de Jean-Marie et Pierrette Le Pen
05:56font pleinement partie du bouillonnement qui saisit Montretout à cette époque.
06:02Marine, le portrait craché de son père, occupe une place à part.
06:08Moi j'ai le sentiment qu'il l'a très tôt vue comme son héritière en politique.
06:12Très tôt.
06:13C'est une forte personnalité Marine pour ceux qui la connaissent.
06:15Déjà enfant, elle était très gaie, paraît-il très joyeuse.
06:19Je crois que sa maman l'a appelée Miss Sourire ou quelque chose comme ça.
06:21Elle était très charismatique.
06:26Marine Le Pen, c'est la chouchoute de Jean-Marie.
06:29Marie, quand elle est enfant, il lui passe tout.
06:32C'est elle qui est encore plus gâtée que ses deux sœurs aînées.
06:37Jean-Marie Le Pen a vraiment les yeux de chimène pour sa petite dernière.
06:41Il l'adore.
06:42C'était le chouchou, c'était la plus jeune.
06:44Tout à fait naturellement que c'est le bébé le plus jeune
06:48qui généralement reçoit le plus de témoignages d'affection.
06:52Marine avait un charme fou, une gaieté, ravageuse,
06:55une espèce d'amour de la vie qui était très communicatif.
06:59Donc ils étaient extrêmement proches.
07:00Il y a des ressemblances et des automatismes.
07:03Je crois qu'il y a des comportements, des attitudes, des réflexes sémantiques
07:06qui font qu'on voit bien que l'une est la fille de l'autre.
07:10À rebours de ce que l'on pourrait attendre d'une famille de la droite nationale,
07:14Marine et ses sœurs vont fréquenter l'enseignement public.
07:21Une forme d'endurcissement revendiquée par leur père.
07:25Je souhaitais qu'elles aient ce genre d'éducation
07:28parce que je voulais qu'elles soient confrontées aux problèmes de la vie
07:33dès leur enfance et leur adolescence.
07:36Et ça n'a pas toujours été facile pour elles d'être les filles Le Pen.
07:42Ce sont les avantages et les inconvénients.
07:45On ne peut pas tout avoir.
07:47Un climat hostile à l'école.
07:49Et à la maison, un couple qui se fissure.
07:53Emporté par le tourbillon de la politique.
07:55Moi je me souviens que leur chambre, leur appartement était au premier
08:00et en même temps il y avait le bureau à côté.
08:03Donc voilà, c'était sans doute, il n'y avait pas beaucoup d'intimité.
08:07Sans doute, sans doute.
08:08Pierrette raconte très souvent en fait ce qu'elle ne supportait plus
08:11c'était que parfois il pouvait lui arriver de se lever le matin
08:12et d'être encore en chemise de nuit et de croiser un cadre du front
08:16qu'elle croise dans le couloir et qu'elle même allait dans la salle de bain
08:18pour se laver les mains et qu'elle se dit non non mais te dérange pas.
08:20Et donc ça elle va vraiment très très mal le vivre.
08:24Un matin d'octobre 1984, Pierrette Le Pen boucle ses valises
08:29et part avec un homme que Jean-Marie Le Pen a hébergé à Montretout,
08:32l'écrivain Jean Marsilly.
08:36C'était un monsieur qui écrivait un livre sur moi
08:39qui s'appelait Le Pen sans bandeau.
08:44Et vous savez en général les gens partent avec des gens qu'ils connaissent,
08:49qu'ils fréquentent.
08:50et c'était celui-là qui était là à ce moment-là.
08:55Mais ça devait correspondre sans doute à un désir d'évasion.
08:59Et Marine apprend cette nouvelle-là en fin de journée quand Yann, sa soeur, vient la chercher à la sortie
09:06de l'école
09:07et elle lui dit tout simplement maman est partie.
09:0916 ans, oui, ça s'est fait dans des conditions assez brutales, c'est vrai, donc ça marque et puis
09:14surtout c'était public.
09:15Voilà, c'était public, la déesse au sang-bouche s'est saisie de cela
09:21et c'est ça qui démultiplie en quelque sorte la souffrance que l'on peut ressentir.
09:27En effet, les mois et même les années qui suivent vont être rythmés par la haine et la violence du
09:32couple qui se déchirent.
09:34Entre papiers glacés et confidences filmées, Jean-Marie et Pierrette Le Pen prennent les Français à témoin.
09:42Elle part quasiment sans rien.
09:45Elle va réclamer à Jean-Marie Le Pen les moyens de sa subsistance, qu'il participe à son train de
09:50vie.
09:50Le Pen refuse, ne lui verse rien, etc.
09:52Et Le Pen un jour explique dans la presse que si Pierrette, après tout, elle veut gagner sa vie, elle
09:57n'a qu'à faire des ménages.
09:59Pierrette Le Pen va prendre au mot celui qui, quelques mois plus tôt, a été élu député à l'Assemblée
10:05nationale.
10:06Pierrette va avoir une proposition du mensuel Playboy
10:10qui va lui proposer de poser à moitié dénudé en tenue de soubrette.
10:15Et voilà, on est en 1987 et Pierrette Le Pen fait la une.
10:20Quatre jours après l'apparition dans les kiosques, le numéro est épuisé.
10:24Et pour faire face à la demande, Playboy réimprime 200 000 exemplaires.
10:28La France entière, en fait, découvre Madame Le Pen en train de faire le ménage à Languie.
10:36Il y a des centaines qui circulent partout.
10:38À l'Assemblée nationale, le kiosque est dévalisé.
10:40C'est un truc qui est extrêmement violent.
10:41Et nous, on n'a eu que quelques heures pour se préparer.
10:43Parce qu'il y avait une rumeur, bon, donnant l'impression qu'il allait se passer quelque chose dans la
10:47presse,
10:47avec une vague idée du sujet, enfin, une grande différence avec le fait de détenir le magazine,
10:53de l'avoir entre les mains, de lui montrer.
10:55Évidemment, Le Pen vit très mal ses scènes, il s'énerve, il insulte la terre entière,
11:00dont des élus, des journalistes, etc.
11:02Et d'abord, Pierrette Le Pen qui est coupable, en fait, d'une espèce de crime de lèse-majesté,
11:07c'est une humiliation publique qui est terrible pour Jean-Marie Le Pen et dont il ne sait jamais,
11:11et qu'il n'a jamais digéré.
11:12Mais le règlement de compte ne se limite pas à des photos de charme.
11:16Dans une longue interview au magazine Rolling Stone,
11:19elle raconte l'homme politique en privé, son idéologie à la maison.
11:24J'ai toujours vécu dans l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen.
11:28Mes filles ont été élevées dans l'antisémitisme primaire.
11:34Derrière leur père, les filles font bloc,
11:37meurtries et trahies par le départ de Pierrette Le Pen.
11:43Elles écrivent au juge qui instruit le divorce
11:46pour demander que leur père obtienne la garde exclusive.
11:49Et dans le magazine Paris Match, elles enfoncent le clou.
11:54Une mère, ça fait partie d'un jardin secret, pas d'une décharge publique.
11:59La période est une épreuve.
12:01La politique a détruit leur famille.
12:03Pourtant, les trois filles Le Pen ne s'en éloignent jamais beaucoup.
12:08Nous sommes en 1985, à l'enregistrement de l'émission L'heure de vérité.
12:13Monsieur Le Pen, depuis plusieurs mois, vous essayez de ressembler à un homme politique,
12:20sérieux, responsable, normal, raciste.
12:28Elles sont bien en évidence au premier rang du public.
12:33La même année, lors de l'habituel hommage à Jeanne d'Arc,
12:36Yann, Marie-Caroline, Jean-Marie et Marine,
12:40quatre Le Pen mènent le cortège vers la statue de la pucelle.
12:45Un clan que le patriarche est fier de présenter lorsqu'il reçoit les journalistes à Montretout.
12:52J'ai des responsabilités si lourdes que je n'ai que très peu de temps à distraire de la politique.
12:59Mes filles me le reprochent quelquefois, même si elles ont les mêmes convictions que moi.
13:05Parmi elles, se tient assurément sa relève.
13:08Sur le tabouret, c'est Marine, qui a 17 ans, qui est étudiante en terminale.
13:14Le bac est dans quelques jours, quelques semaines.
13:16Dans un mois.
13:17Dans un mois.
13:18À côté de vous, en vert, c'est Yann, qui est la fille du milieu, la fille cadette,
13:25et qui vient de fonder son affaire d'hôtesse d'accueil.
13:30Oui, qui porte le nom de commando chic.
13:32Voilà.
13:34Musclé.
13:36Musclé et de charme.
13:37Et Marie-Caroline, que l'on connaît peut-être plus parce qu'elle est active en politique à vos côtés,
13:44puisqu'elle était candidate du Front National aux dernières élections.
13:48Voilà.
13:48Et qu'elle est conseillère régionale.
13:49Et qu'elle est conseillère régionale.
13:51Dans un premier temps, c'est à l'aîné, Marie-Caroline, qu'il revient de marcher dans ses pas.
13:56Marie-Caroline Le Pen, c'était une vraie militante dans l'âme,
13:59qui s'est présentée à de multiples élections, qui a collé des affiches,
14:02qui a milité avec les militants de base du Front National très tôt.
14:05Et c'est celle sur laquelle Jean-Marie Le Pen misait à l'origine pour assurer l'héritage politique.
14:12En 1997, lors d'une législative partielle à Mante-la-Jolie,
14:16elle arrive en tête au premier tour, très bien placée pour l'emporter.
14:20Mais la visite de soutien que vient lui consacrer son père ne va pas avoir l'effet escompté.
14:26Ça va très très mal se passer.
14:28Jean-Marie Le Pen va arriver tel un matamor dans ce marché.
14:31Et très vite, en fait, ils vont rencontrer les équipes d'Agnès Poulvast, la concurrente.
14:36On le voit ici au ralenti, hors de lui.
14:38Jean-Marie Le Pen plaque contre le mur la candidate socialiste Annette Poulvast-Berjane.
14:42Le Pen ! On en a marre de vous ! On en a marre !
14:46J'ai compris, on en a marre !
14:49Le seul président !
14:51Et il va y avoir quasiment des échanges de coups, en fait, entre les deux.
14:55Les images sont très très frappantes, puisque à cette époque, c'est suivi par les caméras de télévision et tout
14:59ça.
15:00J'essaie à courir, moi ! Tu vas voir le rouquin là-bas !
15:04Hein ? Pédé !
15:07Ça va, Caro ?
15:07Ça va, c'est un bras genie !
15:09Marie-Caroline, elle va juste halluciner.
15:11Elle comprend en tout cas qu'elle a perdu, en fait.
15:14Et elle a perdu à cause de son père.
15:17La rancœur est telle que l'année suivante,
15:20Marie-Caroline décide de suivre Bruno Maigret.
15:22Après, elle claque la porte de Montretout, avec bagage, mari et enfant.
15:28Après Pierrette, une deuxième Le Pen choisit l'exil.
15:34Reste Yann, la fille cadette, mais elle fuit la lumière et refuse de s'engager en politique.
15:41Quant à Marine, la petite dernière, elle n'a pas très envie de plonger dans le grand bain.
15:47Elle le confie pendant la campagne présidentielle de 2017.
15:51Vous avez hésité, hein, quand même ?
15:53Non, je n'ai pas hésité, je ne voulais absolument pas.
15:55Vous vouliez faire ?
15:55Ah, vous vouliez, justement, oui.
15:57C'est-à-dire que j'en connaissais, il faut bien le dire, tous les aspects les plus arides.
16:00Voilà, les plus rudes.
16:01Vous voyez, donc, je n'avais pas d'attirance.
16:06Même sans vouloir faire de la politique,
16:08Marine Le Pen emprunte beaucoup à l'itinéraire paternel.
16:11Le bac en poche, elle s'inscrit en fac de droit à Assas,
16:15comme un certain Jean-Marie, 40 ans plus tôt.
16:21C'est un lieutenant du Front National, Jean-Claude Martinez,
16:25qui veille sur la jeune étudiante.
16:27Elle a eu son bac, et donc un matin, voilà, Jean-Marie Belle, tu l'as fait inscrire,
16:33elle est venue me récupérer à mon hôtel, au boulevard Saint-Michel,
16:36et je l'ai amenée à Assas physiquement, s'inscrire,
16:40je l'ai amenée dans les bureaux pour la protéger,
16:42je l'ai prise dans mes travaux dirigés,
16:45elle a été hyper protégée, voilà.
16:46C'est la fille du chef, donc voilà, elle était...
16:48Même à Assas, quoi, voilà, elle était une petite vedette, quoi.
16:53Diplômée de droit, Marine Le Pen entre à l'école du Barreau
16:57pour devenir avocate,
17:00sans pour autant tourner le dos à l'entreprise familiale.
17:05En 1993, entre deux procès,
17:09Maître Le Pen est candidate aux législatives.
17:12Objectivement, 24 ans, c'est une vie assez courte,
17:15mais subjectivement, nous avons été confrontés,
17:18en qualité de fille de Jean-Marie Le Pen,
17:19à un grand nombre d'obstacles dans notre vie,
17:22et peut-être cela nous a forgé un caractère plus combatif,
17:27et nous a donné une expérience certaine
17:29du sens des choses et de la valeur des choses.
17:34Sur son tract, la jeune avocate de 24 ans
17:37reprend les propositions du parti.
17:41Français d'abord,
17:42ou rétablissement de la peine de mort.
17:46Ce n'est qu'en 1998 qu'elle saute le pas,
17:50en se faisant embaucher par son père.
17:53Un traitement qui fait des envieux
17:54dans le parti à la flamme.
17:56Bon, il lui donne les affaires juridiques,
17:58bon, c'est très bien,
17:59mais il lui octroie un salaire de 30 000 francs,
18:03un truc comme ça, quoi.
18:04Bon, les gens disent que c'est un abus de pouvoir,
18:06et les autres ne sont pas traités de cette manière-là,
18:08et qu'a-t-elle fait ?
18:10Pourquoi elle mérite un tel salaire ?
18:13Enfin, etc.
18:14C'est pas très bien accueilli.
18:17Il y a une part évidente de népotisme, évidemment.
18:20Ça n'enlève pas les qualités
18:21que peut avoir Marine Le Pen en tant que juriste.
18:24Mais évidemment,
18:24elle a l'avantage d'être la fille de...
18:26Elle passe ainsi plusieurs années
18:29à observer de l'intérieur
18:30le fonctionnement du parti,
18:33avant de se révéler
18:34un soir de 2002.
18:40Au second tour de l'élection présidentielle,
18:43Jean-Marie Le Pen est balayée par Jacques Chirac.
18:45Et puisque les cadres du RN
18:47ne se bousculent pas sur les plateaux télé,
18:50la fille du chef est envoyée au front.
18:54Les téléspectateurs assistent ce soir-là
18:56à la naissance d'un animal politique.
18:59On leur a fait peur.
19:00On leur a dit que si Jean-Marie Le Pen était élu,
19:03les rivières s'arrêteraient de couler,
19:04le soleil ne se lèverait plus,
19:05ce serait le début de l'air glaciaire.
19:07Donc voilà,
19:08il y a probablement un certain nombre de gens
19:10qui y ont cru,
19:11mais moi je tiens à le dire ce soir.
19:12Ainsi débute son irrésistible ascension
19:14au Front National.
19:15Poussée par un père,
19:17ravie qu'une Le Pen puisse un jour succéder à Le Pen.
19:20À partir de 2003,
19:21elle a été nommée vice-présidente du Front National.
19:24Jean-Marie Le Pen fait tout
19:26pour assurer la promotion politique
19:29de Marine Le Pen au sein du Front National.
19:32Il avait une formule célèbre
19:33que tout le monde connaît.
19:34Je préfère mes filles que mes cousines,
19:36mes cousines que mes voisines.
19:37Eh bien, cette formule-là,
19:38il l'a appliquée à l'intérieur du Front National.
19:41Quand en 2010,
19:42il décide de lâcher les rênes du parti,
19:45Marine grille la politesse à Bruno Gollnisch,
19:47qui patientait depuis plus de 10 ans.
19:50C'est une affaire familiale,
19:51il faut vraiment avoir ça à l'esprit.
19:52Et je n'ai pas imaginé, moi,
19:54et puis je ne suis pas la seule à ne pas l'avoir imaginé,
19:56une seconde que Le Pen allait adouber Gollnisch.
20:00C'était évident qu'il allait soutenir Marine Le Pen.
20:03Marine Le Pen est élue président du Front National.
20:11À la tribune,
20:13elle dit vouloir tout assumer
20:15de l'héritage paternel.
20:17Nous avons tous une dette à son égard.
20:19La mienne est double.
20:21Puisque président est père,
20:23il a largement contribué à faire de moi
20:25non seulement la militante,
20:26mais aussi la femme que je suis.
20:29Aujourd'hui, je voudrais simplement lui dire merci.
20:32Il lui offre le parti
20:33sans la lâcher d'une semelle.
20:36En témoigne cette scène,
20:38quelques mois plus tard,
20:39une caméra capte les mots sévères
20:42du père à sa fille
20:43qui vient tout juste de descendre de la tribu.
20:45Tiens, Jean-Loup, c'est sur la tribune.
20:48Tu sais à qui ?
20:49Tu sais à qui tu le dois.
20:52Où l'as-tu, président ?
20:53Oui.
20:56Ça fait mal voir que je regarde,
20:57que je vérifie.
21:01On perd des kilos.
21:02C'est ça qui t'as dit.
21:04Attends, je vais te le dire.
21:06T'as beau fait, tu le tuiles, ça.
21:25La seule chose qu'il lui dit,
21:27c'est ça.
21:28C'est à l'image de leur rapport à un moment.
21:31À la fois, je te donne le parti,
21:32et en même temps,
21:34je suis toujours là.
21:35Je fais de la politique depuis tellement d'années
21:37que je suis capable de te dire
21:38va voir l'orthophoniste.
21:40C'est pas humilié,
21:41c'est souviens-toi d'où tu viens.
21:44Comme pour mieux échapper
21:45à la tutelle paternelle,
21:47Marine Le Pen va placer ses pions
21:49au sein du parti.
21:50Elle le dit très clairement.
21:52Elle dit aux gens qui sont là
21:53que sa formulation,
21:54c'est les historiques,
21:55j'en ai rien à foutre.
21:56Parmi les petits nouveaux,
21:58un homme fait son apparition
22:00à l'ombre de Marine Le Pen.
22:02Un énarque,
22:03fonctionnaire au ministère de l'Intérieur,
22:06séduit par le Front National Ripolliné
22:08que promet la nouvelle patronne.
22:11En 2009,
22:12les premières visites
22:13de Florian Philippot à Montretout
22:15se font d'abord
22:16dans la quasi-clandestinité.
22:19Marine Le Pen a voulu
22:20d'abord que son clan,
22:23sa famille proche
22:23ne soient pas trop au courant
22:25parce que j'aurais été peut-être
22:27mal accueilli
22:28ou perçu comme un intrus.
22:30Donc je pense que par prudence,
22:31elle s'est protégée
22:32en me cachant,
22:33entre guillemets.
22:34Aidé de son fidèle Philippot,
22:37Marine Le Pen va s'atteler
22:38à dédiaboliser le parti,
22:40le rendre représentable,
22:42gommer son image extrémiste.
22:44Sacrilège pour le patriarche,
22:46il lui mène une guerre sans merci,
22:49d'abord larvée,
22:50puis publique.
22:52Il voit que Marine Le Pen
22:53prend une autre direction,
22:54qu'elle élargit,
22:55qu'elle construit,
22:56qu'elle rend ce parti
22:59sérieux, travailleur.
23:00Il a du mal à le supporter,
23:02qu'elle rompt avec un certain nombre
23:04de propos de son père.
23:05Eh bien là,
23:06elle est en opposition
23:07à Jean-Marie Le Pen.
23:08Cette opposition,
23:08évidemment,
23:09elle amène la rupture
23:11avec Le Pen.
23:11Il y a un moment
23:12où il pète un câble.
23:13Je ne sais pas ce qui se passe,
23:14mais toutes les semaines,
23:15il fait un dérapage.
23:16C'est de la provocation pure.
23:18Face aux polémiques répétées
23:19du fondateur...
23:20Et M. Bruel aussi ?
23:22Ah oui ?
23:22Ah oui, ça ne m'étonne pas.
23:23Oui ?
23:24On fera une fournée
23:26la prochaine fois.
23:27Les équipes de Marine Le Pen
23:28colmatent comme elles le peuvent.
23:30Un jour,
23:31il y avait une vidéo terrible
23:32où il avait disserté
23:34sur la devise de Vichy.
23:35J'avais prévenu Marine Le Pen
23:36et personne n'osait aller le voir
23:38pour lui dire
23:39qu'on est obligé
23:39de couper ça.
23:41D'abord politiquement
23:42parce que c'est insupportable
23:43et même pour vous,
23:43pour vous éviter des procès.
23:46Et personne n'osait aller le voir
23:47parce que ça aurait été
23:48l'engueulade.
23:49Non, on ne me censure pas,
23:50on ne me coupe pas,
23:51j'assume, etc.
23:52Ça, c'est Jean-Marie Le Pen.
23:53Et donc,
23:54j'ai eu cette idée
23:57de dire,
23:59écoute,
23:59en fait,
24:00cette vidéo ne sera jamais
24:00mise en ligne
24:01parce que le site
24:01va planter.
24:02Et donc,
24:04du vendredi
24:04au dimanche soir,
24:05vous aviez un message d'erreur
24:06sur le site du Front National
24:07et en fait,
24:08c'était nous-mêmes
24:08qui l'avions planté.
24:10On n'était que deux
24:10à le savoir,
24:11Marine Le Pen et moi.
24:13Lui,
24:13il y a à moitié cru,
24:15il a essayé de faire son enquête
24:16mais on lui a dit
24:17non, non,
24:17on a perdu la vidéo,
24:18désolé.
24:19Et comme il n'a pas eu le courage
24:20de la retourner,
24:21on était sauvés
24:21pour une semaine.
24:22Mais plus rien n'arrête
24:23le président d'honneur
24:24du Front National
24:25dans sa spirale provocatrice.
24:28Elle était à bout
24:29et elle nous dit
24:31aidez-moi
24:32parce que je ne sais plus
24:32quoi faire.
24:33Je vais peut-être arrêter.
24:35Et je dis ce mot
24:37est-ce que tu es capable
24:38d'aller jusqu'à
24:40l'éviction
24:40de Jean-Marie Le Pen
24:41du parti ?
24:44Et là,
24:44à ce moment-là,
24:45donc déjà,
24:45les autres me regardent
24:46avec des yeux effrayés
24:48et elle me répond
24:49du tac au tac
24:50jamais.
24:51Je ne ferai jamais
24:52de politique
24:52contre mon père.
24:53Tu m'entends ?
24:54Jamais.
24:54Jusqu'à un dernier dérapage
24:56qui va changer la donne.
24:58Ce que j'ai dit
24:58correspondait à ma pensée
25:00que les chambres à donne
25:01c'est toujours votre pensée.
25:02de l'histoire de la guerre
25:03à moins d'admettre
25:04que ce soit la guerre
25:05qui soit un détail
25:06de...
25:07Vous maintenez ces propos ?
25:08Oui, absolument.
25:09Je les maintiens
25:10parce que je crois
25:11que c'est la vérité.
25:12Florian Philippot
25:13avec son frère Damien,
25:15conseiller officieux
25:16de Marine Le Pen,
25:17en profite
25:18pour la mettre
25:18au pied du mur.
25:19Il y a eu une réunion
25:20à Bruxelles
25:21et à ce moment-là,
25:23les frères Philippot
25:24vont mettre en balance
25:26le fait que
25:27c'est le père
25:28ou c'est eux.
25:34Elle décide
25:35de lancer
25:35une procédure
25:36d'exclusion
25:36contre son père.
25:42Sachant le sort
25:43qui lui est promis,
25:45Jean-Marie Le Pen
25:45se lance
25:46dans un baroud d'honneur.
25:481er mai 2015,
25:50Jeanne,
25:51au secours !
25:54Devant des dizaines
25:55de caméras,
25:57il s'incruste
25:58à l'hommage
25:58à Jeanne d'Arc
25:59alors que Marine Le Pen
26:00ne l'avait pas invité.
26:02Puis il monte
26:03sur l'estrade
26:03au moment même
26:04où sa fille
26:05allait commencer
26:06son discours.
26:08Je n'y avais
26:08aucune volonté
26:10de provocation
26:11de ma part
26:11et si j'avais
26:13un imperméable rouge,
26:15c'était un petit peu
26:16mode,
26:16si vous voulez.
26:18Ah non,
26:19mais c'était
26:19le 1er mai
26:21horribilis.
26:22C'était catastrophique
26:23de A à Z.
26:24Vous aviez eu
26:25les Femen
26:25sur le balcon.
26:33Vous aviez
26:33Jean-Marie Le Pen
26:34qui avait sa parca rouge
26:35sur la scène.
26:37Alors on s'y attendait.
26:38Moi je suis désolé,
26:39je n'ai pas été surpris.
26:40On en parlait avant,
26:41on disait
26:41il va nous faire
26:41un coup comme ça.
26:42Sauf que personne
26:42ne voulait y croire
26:43et qu'on ne l'avait pas
26:43bien préparé.
26:44Comme personne ne voulait y croire,
26:45on n'avait pas mis
26:45le dispositif nécessaire
26:46pour que ça n'arrive pas.
26:47Ce 1er mai
26:49n'est qu'un avant-goût
26:50du parricide politique
26:52à venir.
26:52C'est l'incroyable dynamique
26:54qui porte notre mouvement.
26:56Trois jours plus tard,
26:58réunion extraordinaire
26:59au Carré,
27:00le siège du parti
27:01pour trancher
27:02sur le sort
27:03de Jean-Marie Le Pen.
27:05Reculez,
27:05reculez.
27:06Je suis un militant discipliné
27:08et pour l'instant,
27:09je ne suis pas encore
27:12sanctionné
27:12si je dois l'être.
27:13Vas-y, avance un peu.
27:14Attention, vos pieds.
27:15Merci.
27:19Effervescence
27:20et sourire
27:20devant les grilles,
27:22mais à huis clos,
27:24le ton est glacial.
27:27On a l'impression
27:27qu'on est dans un cimetière.
27:31Il y a une ambiance
27:31très pesante,
27:32très lourde.
27:33On entend les feuilles voler.
27:35Personne ne parle.
27:36Tout le monde,
27:37la plupart des gens,
27:38de ce bureau politique,
27:40avaient adhéré
27:40sous Jean-Marie Le Pen.
27:42Donc,
27:42ils étaient tous
27:43quand même terrorisés
27:44parce qu'ils l'ont vécu
27:45pendant 40 ans
27:46ou 20 ans
27:46ou 10 ans
27:47pour les plus récents
27:48d'entre eux
27:48comme le grand chef,
27:51incontestable et incontesté.
27:52Donc,
27:53il n'était pas question
27:53de l'ouvrir
27:54contre Jean-Marie Le Pen.
27:56Jean-Marie Le Pen
27:57se lance alors
27:58dans une lourde charge
27:59contre sa fille
28:00et Florian Philippot.
28:02Il y a tous les griefs
28:03qui lui permettent
28:05d'accuser sa fille
28:06de trahir.
28:07En gros,
28:07je vais aller à tout ça
28:07pour ça.
28:08Je t'ai tout donné,
28:09je t'ai comblé,
28:11tu ne serais rien
28:11sans moi,
28:12lui explique-t-il.
28:13Il lui dit
28:13qu'elle n'a pas de niveau,
28:14qu'elle est incapable
28:16de diriger le mouvement,
28:17qu'elle n'y arrivera jamais.
28:18T'es conseillé par,
28:20t'es gouroutisé
28:20par un autre incapable.
28:24Enfin,
28:24moi,
28:24je ne m'attendais pas
28:25à son âge
28:26à ce qu'il puisse
28:26encore sortir
28:27des choses pareilles.
28:29Moi,
28:29parfois,
28:29j'avais le sentiment
28:29qu'on était
28:30dans une cour de récréation.
28:31A l'issue de la réunion,
28:33le bureau politique
28:34condamne à la quasi-unanimité
28:36les dérapages
28:36de Jean-Marie Le Pen
28:37et le soir même,
28:39il est suspendu
28:40de sa qualité
28:41de président d'honneur.
28:43Je constate
28:44que Marine Le Pen
28:46fait aujourd'hui
28:47l'union nationale.
28:49Malheureusement,
28:49c'est contre son père.
28:50La direction politique
28:52du Front National
28:52a pris une décision.
28:54Jean-Marie Le Pen,
28:54encore une fois,
28:55était manifestement
28:56dans la provocation
28:58systématique
29:00et probablement
29:01à mon égard.
29:02Je pense qu'il y a
29:04beaucoup de raisons
29:05affectives derrière cela,
29:06mais il n'en demeure pas moins
29:08qu'il tenait des propos
29:10qui n'étaient plus admissibles
29:12qui nuisaient
29:13à notre mouvement,
29:15aux idées que nous défendons.
29:18Elle a pris la décision
29:19d'une rupture radicale
29:21avec son père
29:22parce qu'elle n'avait pas
29:23d'autre solution.
29:24Et ça,
29:25elle le dit très bien,
29:25elle l'explique très bien.
29:27Je ne pouvais pas faire autrement.
29:28Ça a été douloureux
29:29dans le secret de son cœur.
29:31Ça a été infiniment douloureux.
29:32Mais si elle voulait sauver
29:34le Rassemblement National,
29:35si elle voulait sauver le parti
29:36et finalement les Français
29:38à l'issue de ça,
29:39eh bien c'est pour eux
29:39qu'elle l'a fait.
29:42Difficile pour Marine Le Pen
29:43de couper avec l'héritage
29:45du Ménhir
29:45sans décevoir son propre père
29:48qui s'en répand sur les plateaux.
29:50L'homme de cœur
29:51peut avoir des tristesses,
29:52mais l'homme politique
29:53n'a que des espérances.
29:57Elle a dit
29:57« Je regrette dans mon cœur
29:59et de façon,
30:00dans mon cœur de fille,
30:01d'avoir dû avoir
30:04à rompre avec mon père. »
30:07J'ajoute qu'il s'était
30:08totalement réconcilié
30:10et qu'à la fin de sa vie,
30:13Jean-Marie Le Pen
30:13n'en voulait plus du tout
30:14à Marine.
30:16Cette succession chaotique
30:17entre père et fille
30:18a-t-elle servi de leçon
30:20à Marine Le Pen
30:20pour préparer sa propre relève ?
30:30Aux obsèques de Jean-Marie Le Pen
30:32en janvier 2025,
30:34une image symbolique
30:36semble répondre à cette question.
30:44Alors que seuls les plus proches
30:46du patriarche
30:47ont été conviés
30:47dans l'église de la Trinité-sur-Mer,
30:49le fief familial,
30:51Jordan Bardella
30:52se tient au premier rang
30:54face au portrait du défunt.
30:59À ces obsèques
31:00à la Trinité-sur-Mer,
31:01je vous confirme
31:02qu'il n'y avait
31:03que des amis proches.
31:04Jordan Bardella y était.
31:06Ça a paru normal à Marine.
31:07Et lui, surtout, Jordan,
31:09a tenu également
31:10à être aux côtés de Marine.
31:13Au premier rang,
31:14parce qu'à la fois
31:16en double qualité,
31:17à la fois en tant que président,
31:19donc Rennes,
31:20il a été en quelque sorte
31:21le successeur indirect
31:23de Jean-Marie Le Pen
31:24puisqu'il a succédé
31:26à Marine Le Pen
31:27et aussi en raison
31:28de sa proximité
31:29avec Marine Le Pen.
31:33En huit ans à peine,
31:35Jordan Bardella
31:36est passé de simple militant
31:37du Front National
31:38posant aux côtés
31:39du fondateur
31:40à héritier choisi
31:42de Marine Le Pen.
31:462018,
31:47au congrès du FN à Lille.
31:50Alors que plusieurs ténors
31:51du parti,
31:52dont Florian Philippot,
31:53viennent de claquer la porte,
31:55Marine Le Pen souhaite
31:56entamer une nouvelle mue.
31:57Je souhaitais parallèlement
31:59et je le revendique
32:00que des visages nouveaux
32:02puissent émerger.
32:04Parmi ces nouveaux visages
32:06émerge celui
32:07de Jordan Bardella
32:08sur scène,
32:10juste derrière elle.
32:11Il fait alors
32:12son entrée
32:13dans le bureau exécutif
32:14à seulement 22 ans.
32:15Allons,
32:16enfants de la partie,
32:20le jour de quoi
32:21on est arrivé.
32:26Et à la surprise générale,
32:28Marine Le Pen décide
32:29de miser sur lui
32:30plus qu'un autre.
32:32En septembre 2018,
32:34Marine Le Pen nous convoque
32:35à son domicile,
32:37ce qui n'était pas habituel.
32:40On a une petite dizaine
32:41de dirigeants
32:42et elle nous dit
32:44voilà,
32:44je voudrais vous parler
32:45des élections européennes
32:46et de la tête de liste
32:48aux élections européennes.
32:50Et au bout
32:50de quelques secondes,
32:52elle nous livre
32:53sa pensée.
32:55Elle nous dit
32:56voilà,
32:56je pense
32:56à Jordan Bardella.
33:00Je peux vous dire
33:01qu'on a été très peu
33:02à acquiescer
33:03et très peu à sourire
33:04mais le reste
33:05des dirigeants
33:06n'étaient pas enthousiasmés.
33:08Le mot est faible
33:09par cette candidature-là
33:10disant que
33:12il est trop jeune,
33:13il n'est pas connu,
33:14on n'a pas de recul
33:16sur lui, etc.
33:17Et il y a eu
33:18un grand blanc
33:19à la suite
33:19de la proposition
33:20de Marine Le Pen.
33:21Je me souviens
33:22d'un dirigeant
33:23du RN
33:24qui regardait
33:25ses chaussures
33:26et qui ne disait
33:27plus rien
33:29pensant
33:29que c'était
33:30une folie.
33:33Et puis,
33:34ils l'ont avoué
33:34après.
33:35Ils m'ont dit
33:35qu'ils avaient pensé
33:37que j'étais devenue folle.
33:39Non mais c'est vrai
33:39que c'était effectivement
33:41une grande prise de risque.
33:43Après,
33:44ça aurait pu mal se passer
33:45par ailleurs.
33:47Mais c'est le principe
33:49de la prise de risque.
33:51Vous avez un instinct,
33:53vous considérez
33:53que c'est la bonne personne
33:56qui va apporter
33:57aussi une vision
33:58un peu différente
33:59de celle qui est portée
34:00précisément
34:00par ceux
34:01qui sont aguerris.
34:03Et puis,
34:04vous croisez les doigts
34:04pour que les choses
34:05se déroulent
34:06comme vous l'espérez.
34:09Marine Le Pen
34:10demande alors
34:10à Breno Bild
34:11d'annoncer la nouvelle
34:12à Jordan Bardella.
34:13Elle voulait être sûre
34:14avant de son opinion
34:16à trotter.
34:18Et elle me demande
34:19de le voir
34:21et de grosso modo
34:22de prendre la température
34:24en quelque sorte.
34:27Je me souviens,
34:28le lendemain,
34:29on était Jordan et moi
34:30dans notre bureau
34:30et il me dit
34:32Bruno Bild
34:33veut me voir.
34:34Il m'a invité à déjeuner
34:35et il me dit
34:35est-ce que tu sais ?
34:36Non, je ne sais pas,
34:38tu verras bien.
34:41Et quand il est revenu,
34:43il n'avait pas eu l'air
34:43très surpris.
34:44Il n'était pas assommé
34:46par la nouvelle.
34:49Quand Marine Le Pen,
34:50elle le nomme,
34:51c'est vraiment son idée.
34:52C'est un pari
34:53pour Marine Le Pen.
34:54Et la suite,
34:54on la connaît.
34:55Il va être nommé
34:56désigné président
34:57par intérim du parti.
34:59Donc c'est un pari
34:59pour Marine Le Pen
35:01qui réussit
35:01alors qu'au départ,
35:04personne ne croyait
35:05vraiment en son idée.
35:073, 2, 1 !
35:10C'est le Rassemblement
35:11national de Jordan Bardella
35:13qui, selon les estimations
35:14d'Ella pour BFMTV,
35:15est en tête
35:16avec 24,20%.
35:18De son succès
35:19aux Européennes de 2019
35:21jusqu'à la conquête
35:22de la présidence
35:23du Rassemblement national,
35:25l'ascension fulgurante
35:26de Jordan Bardella
35:27donne raison
35:28à Marine Le Pen.
35:29Marine a un grand sens
35:31politique.
35:32Gouverner,
35:32c'est prévoir.
35:33Elle a anticipé
35:35sa suite,
35:36ce que ne font
35:37jamais les hommes politiques.
35:39Elle a décidé,
35:40et elle a décidé très tôt,
35:42que Jordan
35:42serait son successeur.
35:44Elle a souffert
35:45d'avoir son père
35:48avec elle en permanence
35:49qui finalement quand même
35:50lui mettait
35:50beaucoup de bâtons
35:51dans les roues,
35:51qui discutait parfois
35:52ses décisions,
35:53qui parfois allait
35:53les contrer dans les médias.
35:55Ayant vécu ça,
35:56je peux vous dire
35:56qu'elle ne fera
35:57absolument pas la même chose.
36:01Préparer sa suite,
36:02d'autant qu'une enquête judiciaire
36:04commence à peser
36:05sur l'avenir politique
36:06de Marine Le Pen.
36:07Une affaire de détournement
36:09de fonds publics
36:10au Parlement européen.
36:13C'était des fonds
36:13qui devaient servir
36:14à rémunérer
36:15leurs assistants parlementaires
36:16pour le compte
36:17du Parlement européen,
36:18sauf que ces assistants parlementaires,
36:20en tout cas aux yeux
36:20de l'accusation,
36:21ils n'ont pas travaillé
36:22pour le Parlement européen
36:23mais pour le compte
36:23du parti en France.
36:24C'est un montant
36:25qui est extrêmement important.
36:26Sur une période longue,
36:28on parle de trois législatures,
36:29de onze années,
36:30avec de multiples députés,
36:32de multiples assistants.
36:33Donc on voit bien
36:34que du côté
36:35du Rassemblement national,
36:36et c'est ce que pense
36:37l'accusation,
36:37le système,
36:38il a été industrialisé.
36:42Lorsque s'ouvre le procès
36:44au palais de justice
36:45de Paris
36:45en septembre 2024,
36:48Marine Le Pen
36:48est loin d'imaginer
36:49être un jour empêchée
36:50de se présenter
36:51à l'élection suprême.
36:53J'imagine que vous êtes
36:53beaucoup préparée ?
36:54Je n'ai pas besoin
36:55de préparer,
36:55il suffit de dire la vérité.
36:57L'ex-avocate est déterminée
36:59à démontrer son innocence.
37:01Marine Le Pen,
37:01elle arrive au tribunal,
37:03elle est très préparée,
37:04elle a cet épais dossier
37:05avec plein de post-it
37:06qui va l'accompagner
37:07tous les jours.
37:08Et pendant ce procès,
37:09elle ne peut pas s'empêcher
37:10elle-même de plaider.
37:11Elle, l'ancienne avocate,
37:12on la voit faire des va-et-vient
37:13dans la salle d'audience,
37:14elle va montrer parfois
37:15des pièces du dossier
37:17à son avocat
37:18qui après va interpeller
37:20la présidente.
37:20Elle est très active.
37:21Pour autant,
37:23malgré cette préparation,
37:24c'est un procès
37:25qui ne se passe pas bien
37:26pour le Rassemblement national.
37:31La présidente de l'audience,
37:33Bénédicte de Pertuis,
37:34est très incisive,
37:35très offensive
37:36et assez rapidement,
37:37dès le deuxième
37:38ou le troisième jour,
37:39elle va parler d'un système.
37:40Et ça, ça va rendre
37:41Marine Le Pen
37:41complètement dingue.
37:44Si bien que
37:45Marine Le Pen,
37:46elle va commencer
37:47à commenter ce procès
37:49très rapidement
37:49dans les allées du tribunal,
37:51devant les caméras
37:52et à remettre en question
37:53la partialité même
37:55de la présidente du tribunal.
37:58Devant les caméras,
38:00Marine Le Pen
38:00s'en prend au magistrat.
38:01Ce procès
38:02finit par être
38:03un procès à la politique.
38:05Il y avait une volonté
38:06de colorer politiquement
38:07le procès.
38:08Et donc Marine Le Pen,
38:09elle l'avait entendu aussi,
38:10ça.
38:10Les propos de la procureure
38:11quand même à l'époque,
38:12moi j'étais dans la salle
38:13lorsque elle avait prononcé,
38:14était quand même
38:16extrêmement teinté
38:17politiquement.
38:25Marine Le Pen,
38:25ce jour-là,
38:26elle arrive finalement
38:26comme tous les autres jours.
38:28C'est-à-dire qu'on a vu
38:29des responsables politiques
38:30arriver au tribunal
38:31tenter d'esquiver les caméras,
38:32de passer par une porte dérobée.
38:34Ce n'est pas du tout
38:34l'attitude de Marine Le Pen.
38:35Elle, elle prend la grande porte,
38:37elle passe devant les caméras.
38:38Alors elle ne fait pas
38:38de commentaire,
38:39mais en tout cas,
38:40elle montre
38:41ce visage combatif.
38:43Sauf qu'ensuite,
38:43on a le délibéré
38:44qui commence à être annoncé
38:45et puis on voit
38:46qu'elle se crispe
38:47de plus en plus,
38:48notamment au moment
38:48où Bénédicte de Pertuis
38:49va commencer à aborder
38:50la question de l'inéligibilité
38:52et surtout de l'exécution provisoire.
38:54À ce moment-là,
38:55en fait, Marine Le Pen,
38:55elle comprend
38:56qu'elle va être interdite
38:58d'être candidate
38:59à la présidentielle
39:00et elle va être abasourdie.
39:02Et on l'entend sur son banc,
39:04pas prononcé,
39:05mais presque soufflé,
39:07incroyable,
39:08incroyable comme ça,
39:09comme si elle n'avait jamais
39:10imaginé cette hypothèse.
39:13Elle va regarder
39:14son avocat,
39:16elle va lui faire un signe
39:16comme quoi elle va partir,
39:18elle va prendre son sac,
39:19elle va se lever,
39:19elle va être suivie
39:20par Catherine Griset.
39:21Ils vont sortir
39:23sans un mot à la presse,
39:24même j'ai envie de dire
39:25sans un regard
39:26aux caméras,
39:27direction le siège du parti
39:28pour une réunion de crise
39:29parce que pour le RN,
39:31ce jour-là,
39:32c'est une déflagration.
39:36Jordan Bardella,
39:36qui est en route
39:37pour le Parlement européen,
39:38fait demi-tour
39:39pour rejoindre Marine Le Pen
39:40au siège du parti.
39:41Il y a des cadres du parti
39:42qui vont arriver
39:42toute l'après-midi.
39:43Et là,
39:44les téléphones
39:45vont sonner dans le vide.
39:46Je peux vous le dire
39:47parce que pour pouvoir rappeler
39:47tous les cadres du parti
39:48qui étaient dans ce siège,
39:49personne ne répond.
39:50J'ai un très proche
39:51de Marine Le Pen
39:51qui me répond
39:52je ne peux pas décrocher,
39:53je suis en larmes
39:54depuis deux heures.
39:58L'événement est l'occasion
39:59pour Marine Le Pen
40:00de tester la loyauté
40:02de son poulain.
40:03Devant la presse,
40:04le tandem
40:05fait front commun.
40:06Je ne vais pas
40:07empiéter sur votre intervention,
40:09Marine,
40:09mais vous avez l'habitude
40:10de dire que le combat judiciaire
40:11il fait partie
40:12du combat politique.
40:14Et là, honnêtement,
40:15c'est un peu gros
40:16parce que je pense
40:16qu'il y a beaucoup de Français
40:17qui ont le sentiment
40:18que tout sera fait
40:21pour nous empêcher
40:21d'arriver au pouvoir.
40:25Moi, je leur réponds
40:26que rien ne nous empêchera
40:28de nous battre
40:29pour que nous arrivions
40:30au pouvoir.
40:30Nous allons user
40:32de tous les moyens
40:33qui sont à notre disposition
40:36pour permettre aux Français
40:38de choisir
40:41leurs futurs dirigeants
40:43et nous allons gagner.
40:47Ce sont des mots
40:47extrêmement durs,
40:48notamment prononcés
40:49par Jordan Berdella,
40:50comme si, finalement,
40:51il n'avait agi
40:52que par intérêt politique.
40:53C'est-à-dire qu'on va balayer
40:54d'un verre de main
40:55tous les débats
40:56qui ont eu lieu
40:56au sein de ce tribunal,
40:57toute l'accusation,
40:58les éléments de preuve
40:59qui ont été apportés
40:59et on va s'en prendre
41:00bien en tête au juge.
41:04Certains voient pourtant
41:05en cette condamnation
41:06de Marine Le Pen
41:07une aubaine
41:08pour Jordan Berdella.
41:09Ça a fait le travail,
41:11il n'y a pas besoin
41:11de le faire
41:12et il peut même
41:14la plaindre.
41:16Donc c'est formidable
41:17pour lui.
41:17Il peut même la plaindre
41:18et dénoncer l'injustice,
41:20lancer des pétitions,
41:21tout ça.
41:22Donc, pour lui,
41:23c'est vraiment
41:24un cadeau divin.
41:26Vous vous préparez
41:26en attendant,
41:27au cas où ?
41:27Je ne rentrerai pas
41:28dans ce débat.
41:29Je sais que vous allez
41:29m'attendre au tournant
41:30pendant un certain nombre
41:31de jours,
41:31mais je ne rentrerai pas
41:32dans ce débat.
41:32En coulisse pourtant,
41:34Jordan Berdella
41:35ne se prépare plus seulement
41:36à devenir un potentiel
41:38premier ministre
41:39pour Marine Le Pen.
41:40Il devient le plan B
41:42pour la présidentielle 2027.
41:45Ces derniers mois,
41:47il caracole même en tête
41:48dans plusieurs sondages
41:49devant Marine Le Pen.
41:52Je me souviens qu'avant
41:53la campagne présidentielle
41:54de 2022,
41:54vous disiez
41:55si quelqu'un est mieux passé
41:56que moi en 2022,
41:57je lui cède la place.
41:58Là, vous ne cédez pas la place
41:59sauf contrainte et forcée.
42:01Mais parce que c'est un choix
42:02qui est commun.
42:04Si vous voulez,
42:05nous avons fait,
42:05Jordan et moi,
42:06un choix commun.
42:07Nous considérons
42:07que la meilleure configuration,
42:10c'est que je sois élue
42:12présidente de la République
42:13et qu'il soit
42:14mon premier ministre.
42:15Il ne s'agit pas pour lui
42:16d'être rien.
42:19Tout en réaffirmant
42:21sa place de leader,
42:22Marine Le Pen
42:23prépare son procès en appel.
42:27Quand on arrive
42:28au procès en appel,
42:29on voit un changement,
42:31on pourrait dire,
42:32de deux ordres.
42:33Le premier,
42:34c'est sur la forme.
42:35En première instance,
42:36Marine Le Pen,
42:36elle arrivait tous les jours
42:37au tribunal
42:38et elle répondait bien souvent
42:39aux caméras.
42:41Elle parlait,
42:42elle expliquait
42:42ce qu'elle pensait
42:43de l'audience du jour,
42:43elle faisait des interviews.
42:46Nous, en procès en appel,
42:47plus du tout.
42:49On sent un changement
42:50de ton de votre part
42:50vis-à-vis de...
42:53Force est de constater
42:54qu'il y a eu
42:54un changement de stratégie
42:55entre la première instance
42:56et le procès en appel
42:57parce que Marine Le Pen,
42:58elle est beaucoup plus discrète.
43:00Elle fait profil de bas
43:01lors de son interrogatoire.
43:03Elle n'a que quelques feuilles
43:04à noter devant elle.
43:05Elle répond à toutes les questions
43:06mais elle s'efforce
43:07de ne pas plaider
43:08pour ne pas se tirer
43:10de balle dans le pied.
43:11Sur le fond,
43:13il y a la reconnaissance
43:14qu'il y a pu avoir
43:15certaines négligences.
43:18Un mea culpa partiel
43:19sur le fond
43:20et un changement
43:21de posture sur la forme.
43:23La stratégie semble
43:24avoir été payante
43:25en appel
43:25mais quand sera-t-il
43:27de la décision
43:28de la Cour de cassation
43:29à venir ?
43:30Elle va tout de même
43:31tenter le tout pour le tout,
43:33se pourvoir en cassation
43:35une dernière fois.
43:36Le risque,
43:36il est énorme pour elle
43:37selon certains juristes
43:38parce que la Cour de cassation
43:40peut revenir
43:41à la première condamnation,
43:43celle de la première instance,
43:45celle qui l'a contrainte
43:47à se retrouver
43:48dans cette situation
43:48très précaire,
43:50l'impossibilité
43:51de se projeter
43:51vers la présidentielle
43:52de 2027.
43:53Sans attendre,
43:55Marine Le Pen
43:55se rendra dans la Sarthe
43:56pour lancer sa campagne
43:58dès demain.
43:59Et elle croit en sa chance.
44:01Et moi aussi,
44:01je crois fermement
44:03en sa chance.
44:03J'en suis convaincue
44:04que ça va lui donner
44:06une dimension,
44:08en effet,
44:08invincible.
44:09et même aux yeux
44:10des Français,
44:11si vous voulez.
44:12Elle aura triomphé
44:14de cette épreuve.
44:16Elle renaît de ses cendres,
44:16une fois de plus.
44:17C'est Marine Le Phénix.
44:22Son ambition présidentielle
44:24demeure suspendue
44:25à une nouvelle décision
44:26de justice,
44:28celle de la Cour de cassation
44:30qui devrait se prononcer
44:32en janvier prochain.
44:32Sous-titrage Société Radio-Canada
44:35Sous-titrage Société Radio-Canada
44:36Sous-titrage Société Radio-Canada
44:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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