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00:12Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau numéro du Cétude Culture
00:15et tout de suite le sommaire de ce mercredi 6 décembre.
00:18Il était l'idole des jeunes, Johnny Hallyday, la star du rock français,
00:21nous a quittés ce mercredi 6 décembre.
00:24Nous reviendrons sur l'héritage qu'il laisse dans les Yvelines,
00:26son concert à Elancourt en 1990, mais aussi les vocations qu'il a suscité.
00:32J'écris ces mots sans y croire et pourtant c'est bien cela, mon homme n'est plus.
00:36C'est par ces mots que Laetitia Hallyday a annoncé le décès de la légende du rock français.
00:41Johnny Hallyday, ce sont près de 60 ans de carrière, 50 albums studios,
00:46110 millions de disques et 9 stades de France, une carrière sans précédent en France.
00:51Le rocker a une relation particulière avec les Yvelines.
00:54Dans les années 60, il vit deux ans à Montfort-la-Maurie,
00:58une commune qu'il a connue grâce à Charles Aznavour.
01:01A l'image, vous voyez un tweet de Johnny Hallyday publié en 2015 sur le réseau social.
01:06Et en plateau avec nous, Bernard Delattre.
01:08Bonsoir.
01:09Vous êtes un ancien journaliste des nouvelles de Versailles, mais aussi un fan de Johnny.
01:13Alors vous allez nous raconter vos souvenirs de rocker,
01:16mais avant, nous avons tendu le micro au Saint-Quantinois.
01:19Quelle image je vais garder de Johnny ?
01:21Je pense qu'il a marqué la chanson française.
01:25Un bon chanteur qui nous a accompagnés pratiquement à une autre âge tout le long de notre vie.
01:32On l'a découvert, on était tout jeunes, tout à tôt.
01:34Une très très bonne image de lui.
01:36Et on se rappellera de tous ses titres de chansons,
01:39tels que l'oral, pénitencier, noir c'est noir.
01:43C'est un grand homme qui s'en va.
01:46C'est quelqu'un quand même d'exceptionnel.
01:48Je crois que tout le monde regrettera ce personnage qui était hors norme.
01:54Ça va faire 3-4 générations qui vont être atteintes, c'est plutôt rare.
01:58J'ai 51 ans, il a baigné mon enfant.
02:00Je n'ai aucun disque de lui chez moi, mais malgré tout je connais moult de ses chansons.
02:05Ça a bercé notre jeunesse.
02:07C'est le premier slow que j'ai fait avec mon mari, c'est sur Johnny Hallyday.
02:10Malheureusement, notre génération garde une image de lui un peu dans l'agonie,
02:15à toujours faire des fake news sur est-ce qu'il meurt, est-ce qu'il ne meurt pas.
02:18C'est un phénomène, c'est un peu comme Michael Jackson,
02:22on a l'impression que c'est des stars qui sont limite immortels, donc c'est un peu triste.
02:27Je l'ai connu depuis tout petit.
02:29En gros, il fait partie de l'histoire.
02:32Au même titre que Jean Dormaisson, c'est un des grands qui vient de nous quitter.
02:36Et vous, Bernard Delattre, quelle image vous allez garder de Johnny Hallyday,
02:40C'est tout à fait ça. Il a accompagné nos vies, il nous a aidé à vivre.
02:44Moi, j'étais ado, j'avais 16 ans, 68.
02:48Et à 14 ans, on était au lycée, on a entendu le rock'n'roll.
02:52Tout de suite, avec les potes, on s'est dit c'est ça, c'est la musique qui nous accroche.
02:55Après, on a compris pourquoi, quand on sait d'où ça vient, le blues, toute l'histoire qu'il y
02:59a derrière,
03:00c'est des racines très profondes.
03:02Et cette montée du rock'n'roll, c'est un peu sociologique, ça s'explique aussi.
03:06Nos parents, nos grands-parents ont connu les tranchées de 14-18.
03:09Nos parents, les privations de la guerre de 39-45.
03:13C'est une génération qui travaillait beaucoup.
03:15Moi, mon père n'a pratiquement jamais pris de vacances.
03:17C'était travail, travail, ma mère, pareil, 8 enfants.
03:21Et nous, on ne parlait pas à table, il fallait bosser, bosser.
03:24Et cette musique arrive, tout de suite, on a accroché.
03:27En plus, il y avait l'exotisme un peu américain, ça nous a fait rêver.
03:32Et Johnny, pour nous, c'était un peu le grand frère.
03:35C'était notre grand frère, il avait 7-8 ans de plus que nous.
03:38C'était comme un grand frère, le grand frère que je n'ai pas eu, tout ça.
03:42Et avec les potes, on écoutait ça, on retrouvait Johnny dans les balles.
03:47J'étais en province, en Saône-et-Loire, à côté de Guégnon.
03:50Tous les balles, on jouait du Johnny.
03:52Les boums, les surprises parties, c'était Johnny aussi, le rock'n'roll.
03:57Et comment ça se fait que presque 60 ans de carrière plus tard,
04:01on parle toujours de Johnny ?
04:02Parce que vous disiez que c'était l'époque ?
04:04Oui, mais il a toujours su s'adapter.
04:07Il a travaillé toujours avec les nouveaux auteurs,
04:11par un berger, Goldman, tout ça.
04:13Il a su s'adapter, il a été hippie à une époque, tout ça.
04:17Mais ce qu'il caractérise, c'est sa voix.
04:19Il a une voix unique au monde.
04:21Même les Américains n'ont pas d'équivalent,
04:24à part peut-être Bruce Springsteen, tout ça.
04:25On l'appelle l'Elvis Presley français ?
04:27C'est ça, oui.
04:28Une voix, puis un style.
04:29Le style rock'n'roll est toute une légende.
04:32Orphelin, tout ça.
04:34Une histoire un peu fantastique, une sorte de conte de fées.
04:37Moi, je suis encore plus attaché,
04:38parce que j'ai l'origine belge aussi.
04:39Mon grand-père était belge.
04:41En 14, il s'était réfugié en France
04:43pour s'engager dans l'armée française.
04:45Donc il y a ce côté un peu belge aussi
04:47qui me plaît beaucoup chez Johnny.
04:48Et ce style de vie, la générosité, le partage.
04:52Quand on allait à ce spectacle,
04:54on en a plein les murettes.
04:56Des shows a pu savoir qu'en faire.
04:58Et on va en parler, il y en a un qui a eu lieu pas très loin d'ici.
05:01Alors, depuis l'annonce de son décès,
05:02les hommages affleurent, notamment du monde de la culture.
05:05Alors, au Marcy, le comédien Néa Trappes
05:07dit sa chance d'avoir connu un homme inoubliable.
05:10Jean Dujardin, qui a grandi et a donné son premier spectacle à plaisir,
05:13voit dans sa rencontre avec Johnny Hallyday un honneur et un plaisir.
05:17Guillaume Canet, plaisir roi d'origine, lui aussi,
05:19salue la gentillesse, la bienveillance, la curiosité
05:22ou encore l'envie du rocker.
05:24Alors, vous-même qui êtes un fan de Johnny Hallyday,
05:27vous avez pu le voir à une dizaine de reprises en concert,
05:29dont l'un d'entre eux a eu lieu le 20 octobre 1990
05:33au Palais des Sports d'Élancourt, plus exactement.
05:35Vous y étiez vous-même, parmi les 2000 fans.
05:37Tout à fait.
05:38On était au premier rang avec Harvey Martin,
05:40qui était un confrère des Nouvelles de Versailles,
05:42qui est malheureusement disparu.
05:44Alors, c'est toute une histoire,
05:45parce qu'il faut savoir que le premier impresario de Johnny,
05:49Georges Leroux, a été maire d'Élancourt de 71 à 77,
05:52donc avant Alain Danet et tout ça.
05:55Moi, je suis arrivé à l'Élancourt en 77.
05:57Et donc, en 90, M. Leroux n'était plus maire.
06:01Il tenait un café à Élancourt.
06:04Et donc, nous sommes allés le voir avec Harvey Martin
06:06pour lui demander, on voudrait avoir un entretien avec Johnny,
06:09ce qui est très difficile à avoir.
06:11Alors, vous l'avez eu ou pas, cet entretien avec Johnny ?
06:14On a failli l'avoir.
06:15Et donc, il nous a expliqué plein de choses sur Johnny,
06:18qu'il avait fait ses débuts.
06:20Et Leroux était aussi le manager des Poppies, d'Antoine, tout ça.
06:24Il nous a expliqué plein de choses.
06:26Que Johnny était un garçon un peu timide,
06:28même un peu pudique, très pudique, tout ça.
06:33Et pas du tout bagarreur, contrairement à son image.
06:36Dont il a beaucoup souffert.
06:37C'est d'ailleurs pour ça qu'il s'est réfugié à Montfort-Lamory.
06:39Mais ce concert, 2000 fans à Élancourt,
06:42comment c'était ?
06:43Ça devait être extraordinaire.
06:44C'était un peu bête.
06:46Johnny qui est habitué au Grand Palais des Sports,
06:4720, 30 000 personnes, 50 000 personnes.
06:49Élancourt.
06:50Et ils ont bloqué à 2000 places pour des raisons de sécurité déjà.
06:53Pour des raisons de sécurité.
06:53Parce qu'on aurait pu mettre 3000 personnes.
06:55Mais la sécurité déjà, il y avait déjà quelques problèmes.
06:58Donc, on n'avait dit pas plus de 2000 personnes.
07:01Et donc, Georges Leroux nous avait donné des contacts,
07:04mais qui n'étaient plus valables.
07:05On nous avait dit, venez dans l'après-midi,
07:07Johnny fera les essais-voix.
07:09Puis en fait, ce n'était pas lui, il a une double revoix.
07:11Enfin, ensuite, on nous a dit...
07:12Comme c'est de l'histoire.
07:13Oui, on nous a dit, après le concert, vous le verrez peut-être.
07:16Enfin, ce qu'on a obtenu, on a obtenu deux places privilégiées.
07:18On était dans les barrières, quoi.
07:19On était à deux mètres.
07:20J'ai pu faire des photos vraiment à deux mètres.
07:22Donc, une que vous nous avez fournie, qui est à l'antenne.
07:25Et justement, vous avez beaucoup parlé d'Élancourt,
07:27puisque la Commune a aussi réagi en la personne de son maire
07:29et président de Saint-Quentin-en-Yville, Jean-Michel Fourgousse,
07:32qui rend hommage au rockeur.
07:34Il y a aussi Aurore Berger, la députée de la 10e circonscription,
07:37qui compare l'émotion de cette disparition à celle du décès de Victor Hugo en 1885.
07:42L'ancien député des Yvelines, Benoît Hamon,
07:45qui estime que c'est comme si Paris perdait sa tour Eiffel.
07:48Pour Bertrand Houillon, c'est aussi les toutes premières cassettes audio.
07:51Alors, je vous propose, Bernard Delatte, qu'on parte à Voisin-le-Bretonneux,
07:55puisqu'en 2005, en août, Johnny Hallyday faisait escale.
07:59Un reportage de Wilfried Richie et Patrick-Jacques-de-Dixmude.
08:11Ce salarié ne travaillait pas encore dans l'établissement,
08:14mais il fredonne pourtant ses chansons.
08:16En août 2005, Johnny Hallyday tournait quelques scènes du film Jean-Philippe,
08:20ici, dans ce pub à Voisin-le-Bretonneux et aux alentours.
08:23Le chanteur, alors acteur, donnait la réplique à Fabrice Luquin.
08:47Lors de ce tournage, le fils du gérant, qui, depuis, a repris l'affaire familiale, était présent.
08:52On a pu l'apercevoir, Johnny, parce que c'est vrai qu'il était très entouré.
08:54Personne ne pouvait l'approcher.
08:57Et étant donné qu'il a tourné sur le film à l'extérieur,
09:00à un moment donné, la petite anecdote, c'est qu'il a voulu aller aux toilettes.
09:02Et le seul endroit pour aller aux toilettes, c'était de passer par le restaurant.
09:06Donc nous, on a pu rentrer dans le restaurant et puis on a pu voir Johnny l'approcher
09:10et du coup, prendre une petite photo.
09:14Donc c'est le seul moment où on a vraiment pu l'approcher de près.
09:16La photo de famille figure en bonne place dans l'établissement,
09:19pour le plaisir des clients, toujours amateurs d'anecdotes.
09:22L'Ukini était ici, au bar.
09:25Donc il rentre dans le bar et pour le tournage du film, il boit un verre de whisky.
09:31Il faut savoir que la bouteille de whisky était pleine au début du tournage.
09:34Ils l'ont fait la scène 3-4 fois, donc la bouteille, il l'a réellement vue.
09:37Jean-Philippe, imaginez la détresse d'un fan de Johnny perdu dans un monde parallèle
09:42où son idole n'existait plus.
09:43Un monde devenu aujourd'hui malheureusement bien réel.
09:47En grand fan de rock, vous publiez Bernard Delattre en 2011,
09:50un recueil de nouvelles folk et rock des années 60 et 70.
09:54Donc Bob, Tina, Mick, Johnny, Hugues et nous.
09:57Johnny, bien sûr, il figure et vous y parlez d'un concert donné à Montréal en août 75.
10:02Tout à fait.
10:03À l'époque, je travaillais à Montréal.
10:04J'étais dans une crêperie bretonne.
10:06Barman, j'étais étudiant.
10:07J'avais travaillé tout l'été.
10:08Et il y a un concert de Johnny en plein air, franco-fête.
10:12On y va, bien sûr, avec tous les copains, les copines.
10:15Et là, c'était dingue.
10:16Il y avait, je ne sais pas, 30, 40, 50 000 personnes en plein air.
10:19Et il y avait non seulement Johnny, mais Sylvie Vartan.
10:21Ils étaient encore ensemble en 75.
10:24Et ils étaient magnifiques tous les deux, resplendissants.
10:27Là, on était fiers d'être français, parce que c'était du super chaud, tout ça.
10:31Et à la fin, Johnny, à l'époque, il restait encore.
10:35Alors, il y avait une file d'attente dingue pour aller demander des autographes.
10:38Puis il y a plein de gens qui disaient, ouais, Johnny, tu te rappelles, on était à l'école ensemble.
10:42J'ai fait une maquette de disques, tu peux écouter.
10:45Puis des autres qui, ouais, Johnny, on est cousins.
10:47Tu peux me prêter de l'argent pour une boutique.
10:50C'était que ça, quoi.
10:51Alors, on a compris qu'à un moment, il en a eu marre, quoi.
10:54Tout le monde lui demandait des choses et tout.
10:56Johnny, c'est du chaud, c'est une personne, une gueule, comme certains le disent.
10:59C'est aussi des chansons qui ont marqué.
11:01Patrick-Jacques de Dixmude, attendez un micro, écoutez.
11:04On va essayer.
11:06Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime.
11:14Que je t'aime, que je t'aime.
11:18Retiens la nuit pour nous deux jusqu'à...
11:23Après, j'ai oublié les paroles.
11:25Oh Marie, si tu savais tout le mal que l'on me fait.
11:30Voilà.
11:31Oh Marie, si tu savais...
11:35Voilà, non, mais c'était celle-là, en fait.
11:37Parce que du coup, elle s'appelle Marie.
11:39Une disparition qui, bien sûr, met le public français en émoin.
11:43Alors Liliane Jacob habite à Voisin-le-Bretonneux.
11:45Elle ne fera pas le déplacement à Marne-la-Coquette, le lieu de résidence du rockeur.
11:49Mais l'émotion est bien là qu'Amy Lambert l'a rencontrée.
12:03Comme beaucoup aujourd'hui, Liliane a perdu son idole.
12:06Ses souvenirs, c'est justement ce qui lui restera de celui qui l'a accompagné depuis ses 13 ans.
12:12J'avais une amie qui avait deux ans de plus que moi, donc c'était la grande, moi la petite.
12:16Puis un jour, elle me dit, il y a Johnny Hallyday qui sort un disque.
12:19Et nous voilà partis acheter ce fameux disque qui est sorti en mars 1960.
12:24J'ai pratiquement tous ces disques, toujours, tous les albums.
12:27Mais en fin de compte, on a de la peine, on a de la peine.
12:29Et puis alors, quand tu écoutes les témoignages de tout le monde, t'es obligé d'avoir une grande peine.
12:35Il fait partie de ma vie depuis l'âge que j'ai 13 ans et j'en ai 70.
12:40Une vie rythmée par les sorties d'albums et les concerts.
12:43Fan dévoué, Liliane a suivi son Johnny partout, même à l'autre bout de l'Atlantique.
12:47Une date inéluable, celle de Las Vegas en 1995.
12:54Une merveilleuse Las Vegas.
12:56Mes parents m'ont offert ça pour mes 50 ans, mais c'était un vrai bonheur.
12:59Le départ à l'aéroport, des petits Johnny partout, dans l'avion, dans l'avion, tout ce qu'on a
13:04eu.
13:04Mais je pourrais repartir mille fois à Las Vegas, je n'aurais jamais un voyage comme ça.
13:08Et on est des fans, c'était formidable.
13:10Pour se rappeler ses bons moments, des objets à l'effigie de son icône, des dédicaces et des photos pour
13:16l'entourer.
13:17Dernières acquisitions en date de son club, les calendriers 2018.
13:29Une collection qui continuera de s'agrandir malgré la perte et la tristesse, ne restera que l'essentiel.
13:45Une émotion palpable.
13:47Merci Bernard Delattre d'être venu témoigner en ce plateau.
13:50Alors nous terminons cette page consacrée à Johnny Hallyday avec un medley concocté par nos monteurs Souvenir, Souvenir.
13:58Souvenir, Souvenir, des départs dans le matin.
14:03Noir c'est noir, il n'y a plus d'espoir.
14:09Tout en est dit ce que j'aime, elle vient de plus.
14:17Je t'aime, elle t'aime, que je t'aime.
14:22Elle l'a fait de moi, un fou, un fou d'amour.
14:30On m'a trop donné, bien avant l'envie, j'ai oublié des rêves et des mercies.
14:36Allumer le feu, allumer le feu, et faire danser, où il est diable et il est dieu.
14:50Cette statue de culture est maintenant terminée.
14:53Je vous remercie de nous avoir suivis.
14:54Le magazine est à revoir sur notre site internet ou sur notre application à mercredi prochain.
14:59à t'envergour.
15:13Sous-titrage Société Radio-Canada
15:15– Sous-titrage FR 2021