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  • il y a 5 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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Transcription
00:00Europe 1, Eliott Deval et vous.
00:03Vous êtes en direct sur Europe 1 pour Eliott Deval et vous.
00:06On est ensemble jusqu'à 18h.
00:09En direct, bien évidemment, pour revenir vous apporter les toutes dernières informations
00:14concernant la condamnation de Marine Le Pen en appel.
00:19Cette condamnation, je la rappelle, 3 ans d'emprisonnement, dont 2 assortis du sursis.
00:26La partie ferme de la peine sera aménagée sous le régime de la détention à domicile
00:32sous surveillance électronique, comprenez le fameux bracelet électronique.
00:36100 000 euros d'amende, 45 mois de privation de droit d'éligibilité, la fameuse inéligibilité.
00:42Alors je résume, en première instance, d'ailleurs c'était compliqué pour nous,
00:45vous n'étiez pas facile à dire, inéligibilité.
00:47En permanence, on parlait de l'inéligibilité avec exécution provisoire.
00:50Alors, ça, ça a été balayé, et maintenant, le cœur du sujet, c'est le bracelet électronique.
00:57C'est le juge d'application des peines, Maître Garbarini.
01:00Oui, je pense en effet que, en revenant sur ce qu'a dit chacun des commentateurs ici présents,
01:10c'est que la patate chaude, si je peux me permettre,
01:13elle a été transmise au juge d'application des peines.
01:15Parce que le juge d'application des peines...
01:16Et ils sont combien ? Il est tout seul à décider ?
01:18Il est tout seul, oui.
01:19Donc maintenant, c'est une personne qui détermine l'avenir politique de Marine Le Pen.
01:23Alors, cette personne-là, vous vous doutez bien de la responsabilité.
01:26Qui l'a choisie ?
01:28Il doit y avoir une grille de permanence.
01:30Ah, c'est en fonction...
01:31Il y a une grille de permanence.
01:33Parce qu'ils sont plusieurs juges d'application des peines,
01:34donc la semaine X, ça doit être tel magistrat qui doit la prendre.
01:41Là, on lance la pièce.
01:42Mais l'autre point, vous avez bien compris, c'est quoi ?
01:45C'est que, donc, le juge d'application des peines, il a 4 mois pour se réunir.
01:49S'il attend 4 mois, sachant qu'il peut le faire dans 5 mois ou dans 6 mois,
01:52puisque, comme je l'ai dit, il n'y a pas de sanction s'il ne respecte pas le délai.
01:57Bon, on va dire, eh bien, il fait tout pour que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter.
02:02– Ne soit pas candidat.
02:02– S'il le fait dans le délai d'un mois, parce qu'il peut le faire dans le délai
02:04d'un mois,
02:05c'est très rapide, il se fait communiquer le dossier,
02:08le dossier, c'est assez simple, elle est primaire,
02:12la condamnation, elle est assez, on va dire, également simple.
02:16Donc, madame, elle a un domicile, donc tout ça va être très très facile.
02:20– Ce fameux bracelet, les conditions d'aménagement,
02:24elles peuvent être terminées dès le premier rendez-vous.
02:26– C'est-à-dire, essayons d'être très concrets pour les auditeurs d'Europe 1.
02:31Marine Le Pen a ce premier rendez-vous avec le juge d'application des peines,
02:35disons que ça se passe dans les prochaines semaines,
02:37elle dit au juge, à partir du mois de septembre,
02:40je lance ma campagne présidentielle.
02:42Est-ce que le juge peut aménager cette…
02:44– Oui, également, absolument.
02:46– Ok, il peut dire, vous avez le droit de vous déplacer sur le sol français
02:49pour les campagnes présidentielles.
02:52– Pour être très concret, le juge d'application des peines,
02:56il va lui donner rendez-vous, admettons, le 15 juillet.
02:59Ok ? 15 juillet, bonjour, donc demain ou après-demain,
03:0517 juillet, vous allez avoir des techniciens
03:08qui vont venir chez vous à votre domicile,
03:09ils vont vous mettre une boîte, d'accord,
03:12qui est reliée comme un téléphone, voilà,
03:14qui va être reliée à votre domicile,
03:16on va vous mettre un bracelet, vous le voulez à la cheville ou au poignet,
03:20pardonnez-moi d'être si concret, mais c'est exactement ça.
03:23– C'est très important, c'est pour ça que vous êtes rapide.
03:25– Oui, au poignet ou encore une fois à la cheville, très bien.
03:30Alors l'aménagement, madame, elle peut très bien dire,
03:33écoutez, vous avez le droit de vous déplacer dans la journée,
03:36à partir de 8h du matin jusqu'à 19h30 ou 20h,
03:40ou alors si vous préférez…
03:41– Dans un périmètre restreint ?
03:44– Où elle veut ?
03:45– Ok, sur le territoire national.
03:46– Sur le territoire national, en revanche,
03:49à 21h, je veux, je souhaite que vous soyez à la maison.
03:54– Mais monsieur le juge d'application des peines
03:55peut également, sauf frère de ma part,
03:58autoriser un voyage en Nouvelle-Calédonie
04:02ou ailleurs, pour un grand métier.
04:03– Oui, sur demande des confrères.
04:05– Si on vous entend et que tout peut être dealé,
04:10elle y va ce soir.
04:11– Dans ces cas-là, elle y va ce soir.
04:12– Et le juge d'application des peines sera le directeur de campagne.
04:15– Ah oui, c'est vrai, c'est incroyable.
04:17– C'est incroyable, c'est une situation qui est…
04:20– Ma position, c'est de vous livrer,
04:22en tout cas moi, ce que je ferais en tant qu'avocat.
04:25– Il peut y avoir déjà des coups de téléphone en ce moment,
04:27entre l'avocat de Marine Le Pen et le juge d'application des peines ?
04:29– Non, là c'est trop tôt.
04:30– J'ai une question pour Magar Barini.
04:31– Il faut attendre les…
04:32– Sabrina Benjiber.
04:33– Parce que moi, je suis comme une auditrice,
04:35je ne m'y connais pas du tout dans la technicité de ce droit.
04:37Donc le juge d'application des peines,
04:38c'est lui qui fixe les contingences du périmètre
04:41de l'organisation de la vie politique de Marine Le Pen.
04:43Et est-ce qu'il y a des critères,
04:45lorsqu'il s'agit d'une personnalité politique,
04:47et de surcroît, lorsqu'elle est en campagne politique,
04:49où elle est évidemment amenée à se déplacer énormément,
04:53sujette aux aléas de…
04:54– J'imagine que ça n'est jamais arrivé dans l'histoire de la cinquième année.
04:59– Est-ce qu'il y a un cahier d'échange, par exemple, des juges d'application des peines ?
05:00– Ça fait partie…
05:02– Sur les critères d'organisation ?
05:03– Si vous voulez, c'est le rôle de l'avocat avec le juge,
05:06c'est l'échange.
05:08Donc vous présentez votre dossier.
05:09Là, en revanche, la seule urgence qu'ont les confrères,
05:13c'est de préparer le dossier.
05:15– Alors, dites-moi si je me trompe,
05:18Maître Pascal-Pierre Garbarini,
05:20si je résume grossièrement,
05:22peut-être que je serais harcomisé pour avoir dit ça,
05:25l'avenir politique de Marine Le Pen était dans les mains de trois juges,
05:29il est désormais dans les mains d'un juge.
05:31C'est ça ?
05:32– Oui, absolument.
05:33– Oui, Gautier, faites la grimace.
05:36– Je vais faire la grimace parce que je pense qu'elle prendra sa décision avant,
05:41puisque Maître a dit que c'était trop tôt pour qu'il y ait des contacts
05:45entre l'avocat de Marine Le Pen et le juge d'application des peines.
05:48Elle prendra sa décision avant ce soir,
05:50parce que moi, je pense qu'elle annoncera au 20h,
05:52et donc sans avoir consulté au préalable le juge d'application des peines,
05:55en se disant que c'est possible,
05:56que ce bracelet électronique, il y aura forcément une réduction,
05:59il y aura forcément des aménagements d'horaire,
06:02et donc que le juge d'application des peines ne décidera pas du sort de Marine Le Pen,
06:05mais que c'est elle-même qui va décider de son sort.
06:08Soit elle tient à sa règle qu'elle a elle-même fixée,
06:11c'est-à-dire qu'elle n'y va pas,
06:12soit elle change d'avis, puisque c'est le combat de sa vie,
06:17elle porte le nom Le Pen depuis sa naissance,
06:19elle est dans le combat politique depuis sa naissance,
06:21elle a survécu à un attentat,
06:22elle a porté ce nom dans la cour d'école,
06:23et ça ne devait pas être facile tous les jours,
06:25elle a viré son propre père,
06:26elle a normalisé son parti,
06:28elle a fait plus que doubler le nombre de députés par deux fois,
06:31avant la dissolution et après la dissolution,
06:33et que c'est le combat de sa vie,
06:36et que ce n'est pas un bracelet électronique qui va arrêter Marine Le Pen.
06:38Sauf qu'elle a dit le contraire il y a dix jours,
06:40donc Gauthier Lebrez.
06:41Maître, un dernier mot avec vous.
06:43Sachant que de toute façon, il ne se passera rien
06:47avant que le délai de pourvoi en cassation soit expiré.
06:51Donc c'est dix jours,
06:52à partir de demain,
06:54donc c'est jusqu'au 17 juillet.
06:56Il ne peut rien se passer,
06:58puisque là, on attend s'il y a pourvoi ou non.
07:00Mais ce que si les avocats disent,
07:01on ne va pas se pourvoir en cassation,
07:03on attend dix jours.
07:04On est obligé d'attendre dix jours.
07:05Wight & 6 jusqu'au 17 juillet.
07:0816h26, on n'a pas eu le temps de prendre le pouls des auditeurs.
07:10Rapidement, on va voir Francis, un ancien.
07:12Bonjour Francis.
07:14Bonjour Eliott, bonjour à tous.
07:16Alors Francis, on manque de temps avant une courte pause,
07:19mais comment vous décodez cette décision de justice ?
07:22Et surtout, selon vous, est-ce que Marine Le Pen doit se présenter ?
07:25Alors, d'abord, je précise d'où je parle.
07:28Je n'appartiens à aucun parti politique,
07:30ni à aucun syndicat.
07:31J'essaye d'avoir des analyses,
07:33avec le recul nécessaire,
07:34pour pouvoir juger des choses.
07:36Et vous avez une parole libre.
07:39Et on va voir.
07:41Vous n'avez pas besoin de voir, Francis.
07:44C'est sûr et certain.
07:44Vous avez une parole totalement libre.
07:46Allez-y.
07:46Alors, on y va.
07:47Alors, si je comprends bien,
07:49depuis le début de cette émission,
07:50vous vous posez la question de savoir
07:52si une délinquante multirécidiviste
07:55va se présenter à l'élection présidentielle.
07:58Alors, on connaissait déjà
07:59le délinquant multirécidiviste
08:01avec ses bracelets électroniques,
08:03mais après l'élection présidentielle,
08:05maintenant, on a la délinquante multirécidiviste
08:08avant l'élection présidentielle.
08:10Je ne sais pas si vous voyez
08:11l'état de décrépitude de notre pays.
08:13Je ne sais pas si vous voyez
08:13le niveau de réflexion des uns et des autres.
08:15Mais je trouve ça proprement hallucinant.
08:18Eh bien, écoutez, en tous les cas, je constate,
08:20mais vous avez expliqué
08:23que vous n'étiez attaché
08:26à aucun parti politique
08:27ni aucun syndicat,
08:29que vous employez au mot près
08:32les mêmes éléments de langage
08:33que le patron du PS, Boris Vallaud,
08:36qui expliquait qu'une délinquante
08:40était donc potentiellement candidate
08:43à l'élection présidentielle.
08:44Il est 16h27,
08:45mais c'est très intéressant, Francis,
08:47parce que peut-être que ce discours-là
08:48est partagé par une partie
08:50de la population en France
08:52et se dit, mais comment une femme
08:53qui a été condamnée en première instance
08:55puis en appel,
08:56dans ces conditions de détournement
08:59de fonds publics,
08:59c'est ça la condamnation,
09:01comment peut-elle se présenter ?
09:02C'est la question qu'on se pose aujourd'hui.
09:04Et je le disais, Francis,
09:05la parole est libre sur Europe 1.
09:07Il est 16h28,
09:09on revient dans quelques instants
09:10après la pub.
09:10Maître Garbarani,
09:11un grand merci.
09:12Je vous en prie,
09:13merci beaucoup.
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