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  • il y a 9 heures
Eliot Deval revient, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Vous voulez réagir ? Appelez le 01.80.20.39.21 (numéro non surtaxé) ou rendez-vous sur les réseaux sociaux d’Europe 1 pour livrer votre opinion et débattre sur grandes thématiques développées dans l'émission du jour.

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00:01Europe 1
00:0311h30, 13h, Charles Huillier et vous
00:05Et on pense très fort à vous si vous habitez l'Aude, les Pyrénées-Orientales, les Bouches-du-Rhône
00:11et tout le sud de la France également parce que l'été s'annonce extrêmement compliqué d'un point de
00:17vue feu de forêt.
00:19Nous avons entendu Christophe, il y a quelques minutes, Christophe qui nous appelait du canet en roussillon tout près de
00:25Perpignan.
00:26Il nous décrivait justement un camping évacué et des touristes nord-européens complètement désarçonnés
00:34parce qu'évidemment pas habitués à ce qu'il se passe donc en ce moment en France.
00:40Allez et puis l'actualité c'est évidemment le football.
00:43Le football on l'évoquera en fin d'émission parce que Jacques Vendroux viendra nous rejoindre pour évoquer France-Paraguay
00:50demain soir.
00:52Demain soir 23h, huitième de finale de Coupe du Monde.
00:55Et puis nous Géraldine, pas Émilie Géraldine, nous sommes en compagnie de nos chroniqueurs.
01:01Georges Fenech et William Thé.
01:03Et puis de Reda Bellage aussi.
01:04Oui notre invité.
01:05Notre invité Reda Bellage parce que bonjour Reda Bellage, je suis ravi de vous accueillir ce midi sur Europe 1.
01:11L'équipe de France jouera demain soir donc face au Paraguay jusqu'ici.
01:15Il faut reconnaître que tout se déroule bien sur le plan de la sécurité.
01:19La menace a été contenue, pas ou peu des meutes urbaines.
01:23Rappelons quand même qu'à Calais, après le match de la Norvège,
01:27quelques affrontements ont eu lieu en marge de cette rencontre avec les forces de l'ordre.
01:32Ce n'est pas anodin mais cela n'a rien à voir bien sûr avec ce qu'on a connu
01:36en marge du match du PSG
01:38lors de la finale de la Ligue des Champions.
01:41Alors Reda Bellage, vous êtes porte-parole du syndicat Unité Police Île-de-France.
01:46Tout va dépendre des résultats de la France évidemment mais est-ce que vous avez des craintes
01:51pour les prochaines échéances parce que des matchs à haut risque pourraient avoir lieu ?
01:56Oui, on a des craintes et on s'y prépare.
01:58Comme vous l'avez dit juste avant, on l'avait alerté l'année dernière avant la demi-finale de la
02:03Ligue des Champions
02:04et avant la finale, il s'est passé ce que j'avais dit sur le plateau d'Europe 1,
02:09c'est-à-dire qu'on a eu des violences urbaines sur la demi et puis sur la finale, c
02:13'était une catastrophe.
02:14Même chose cette année, on a multiplié presque par deux les effectifs,
02:20on avait 8000 policiers juste sur Paris et sa banlieue.
02:23230 blessés quand même, cette fois-ci lors de la finale de la Ligue des Champions, 780 interpellations.
02:29Je rappelle qu'au lendemain de la finale, nos autorités ont dit qu'ils avaient maîtrisé et contrôlé la situation.
02:36Selon vous ?
02:37Selon moi, non pas du tout, puisque à partir du moment où vous avez 233 fonctionnaires de police et gendarmes
02:43blessés,
02:44vous n'avez pas maîtrisé la situation.
02:47Alors après, ça dépend si la vie ou l'intégrité d'un policier a de l'importance ou pas.
02:55Moi, je suis rentré au syndicat, unité, pour protéger ceux qui nous protègent.
03:00Donc aujourd'hui, je ne peux pas vous dire que je suis content de ce qui s'est passé.
03:04Il faut savoir qu'on manquait d'eau, qu'on manquait de nourriture, notamment le dimanche,
03:08et qu'on était en zone de guerre.
03:10Pour certains, ce n'était pas le chaos, ce n'était pas la guerre.
03:12On était en zone de guerre.
03:14Pour moi, on était en zone de guerre.
03:15Et même en zone de guerre, quand il y a une guerre à l'étranger,
03:18on a des rations de survie pour les militaires.
03:21Je pense que le minimum, ce serait d'avoir la même chose pour les policiers,
03:24ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
03:27On a utilisé des collègues de commissariat qui, à mon sens, ne sont pas entraînés pour évoluer.
03:36C'est-à-dire des administratifs, c'est ça ?
03:38Non, des collègues de police secours, mais qui sont issus de la banlieue.
03:41En fait, la doctrine des violences urbaines, elle est différente du maintien de l'ordre.
03:45Le maintien de l'ordre, vous agissez que sur commandement.
03:47Le violences urbaines, vous agissez quasiment en initiative, un peu sur commandement,
03:51mais en flagrant délit.
03:52Mais en tout cas, la première chose qu'on vous dit dans cette doctrine,
03:56c'est que vous devez connecter le secteur sur lequel vous évoluez.
04:00Vous prenez un gars comme moi, qui a fait 25 ans de Val-de-Marne,
04:03vous me mettez dans Paris, je ne connais pas les rues de Paris.
04:06Je ne sais pas où les gars peuvent les quartiers chauds, les quartiers...
04:08Ce qui est très inquiétant aussi, Reda Bellage,
04:10c'est que cette semaine, vos confrères ont manifesté pour réclamer davantage de moyens.
04:15Vous y étiez effectivement, Reda Bellage.
04:18Aujourd'hui, ceux à qui vous faites face lors de ces émeutes, eux, ne manquent pas de moyens.
04:23Ils ont des mortiers d'artifice, ils ont des armes parfois plus perfectionnées que celles des forces de l'ordre.
04:30Et c'est là où il y a un problème.
04:33C'est parce qu'aujourd'hui, votre matériel, bon, les voitures éventuellement, mais ce n'est pas le plus important,
04:39quoique, mais il y a aussi peut-être, bon, les moyens dont vous disposez,
04:43aujourd'hui, ne sont plus adaptés à la faune, pardon pour le terme, qu'il y a face à vous.
04:48Alors, je ne vais pas me permettre, je ne vais pas vous contredire,
04:51mais on a le matériel de défense.
04:55Le problème, c'est qu'on ne nous laisse pas l'utiliser.
04:58C'est-à-dire que, moi, j'ai des effectifs, par exemple des motards,
05:01à qui on a interdit d'avoir les gilets tactiques.
05:04Pourquoi ça ?
05:05Je ne sais pas.
05:06Un gilet tactique, c'est quoi ?
05:07Un gilet tactique, c'est un gilet que vous mettez sur vous,
05:10vous avez le gilet pare-balles discret qui est dessus,
05:13et dessus, ça vous permet d'avoir les grenades.
05:15Ça évite aux collègues motards, par exemple, de descendre de sa moto pour prendre sa grenade.
05:19Pourquoi on vous empêche d'avoir ça ?
05:20Je ne sais pas, moi, vous savez...
05:24Un jour, un directeur m'a dit,
05:26qui a eu, pour le coup, le droit à 1 350 euros de plus sur sa fiche de paye,
05:30m'a expliqué que les syndicats n'avaient pas à intervenir dans l'opérationnel.
05:33Et moi, je lui ai répondu, vous avez raison, monsieur le directeur.
05:37Vous oubliez juste une précision, c'est que mon travail,
05:39c'est de faire tout pour que les collègues travaillent dans les bonnes conditions de travail.
05:43Donc, si au niveau opérationnel, je me retrouve avec 233 blessés,
05:48excusez-moi, oui, j'ai le droit d'intervenir.
05:51Donc, en fait, on a eu un problème aussi au niveau des grenades, par exemple.
05:55C'est-à-dire que les collègues n'avaient pas le droit de prendre, par exemple, 4 grenades.
05:59On les rationnait à une grenade par collègue.
06:01Donc, du coup, en fait, vous retrouvez, et là, je vous rejoins,
06:04face à des individus qui tirent au mortier.
06:09Il faut savoir que le tir de mortier, c'est 290 km heure.
06:12Vous imaginez quand ça impacte et ça pète, c'est vraiment impressionnant.
06:16Et on a eu 3 blessés très graves, notamment au Trocadéro.
06:20Et face à eux, nous, on fait quoi ?
06:22On a une matraque télescopique de défense, c'est-à-dire qu'on arrête les coups,
06:24comme dans les dessins animés.
06:25On ne peut rien faire, en fait.
06:27Donc, je pense que l'administration, voire même l'État, voire même la préfecture de police,
06:32a peur, en fait.
06:33A peur des dommages collatéraux qu'elle ne veut pas assumer.
06:38C'est-à-dire qu'eux, ils ont le droit d'être ultra-violents avec les policiers,
06:41mais les policiers n'ont pas le droit d'utiliser une violence légitime.
06:43Parce que, Georges Fenech, justement, je vous donne la parole.
06:46Dans l'armement, vous n'avez plus, je crois, les grenades de désencerclement.
06:50Je crois que ça s'est terminé, malheureusement.
06:52On a changé le nom.
06:53Oui.
06:53Voilà, on ne fait que changer le nom.
06:55Vous savez, moi, quand je suis rentré dans la police, on m'a dit,
06:57le moniteur m'avait dit à l'époque, pour la petite anecdote,
07:00ben là, je lui mets un coup de poing, s'il essaie de mettre un coup de couteau.
07:02Non, non, non, tu ne mets pas un coup de poing, tu mets un acte émis.
07:05Oui.
07:05Non, mais, hé, au niveau, vous êtes un procédurier.
07:07Vous savez que sans être trop technique, messieurs,
07:10sans être trop technique, pardonnez-moi, Reda Bellage,
07:12et en plus, il y a une crainte, une crainte de la part de vos confrères,
07:17parce que s'il y a, je ne sais quelle bavure, j'ose le mot,
07:21après, on en a pour peut-être un mois d'émeute, plusieurs semaines en tout cas,
07:25les militants associatifs qui vont vous en mettre plein la figure,
07:29il y aura aussi des militants politiques,
07:32vous savez, suivez mon regard de qui je parle,
07:35et c'est vrai qu'il y a aussi, malheureusement,
07:38je le dis avec beaucoup de pudeur depuis l'affaire Naël,
07:40il y a une peur quant à l'intervention chez vos confrères, Reda Bellage.
07:45Voilà, on a créé une jurisprudence de la peur,
07:48de la crainte d'une policier.
07:49Une jurisprudence de la peur.
07:50Voilà, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, un policier,
07:52il va peut-être moins bien faire son travail.
07:55Pourquoi ? Parce qu'il va avoir peur d'aller en prison.
07:57Et je pense que l'administration n'a pas peur que le policier aille en prison,
08:01puisque jusqu'au plus haut sommet de l'État,
08:03on avait condamné Florian, quand vous parlez de la fère Naël,
08:05Florian, c'est le collègue qui a choisi de faire usage de son arme,
08:08il a été condamné dans les 24 heures.
08:11Et le président de la République avait dit inexcusable et inexplicable.
08:15Donc il n'a pas respecté la présomption d'innocence,
08:20alors qu'il représente l'État, le collègue.
08:22France-Maroc, peut-être,
08:23alors ça dépendra des résultats sportifs de la France,
08:26demain soir face au Paraguay et du Maroc face au Canada.
08:31Mais France-Maroc, dans six jours peut-être,
08:34est un match à risque.
08:35Et on en parle dans un instant avec vous, Reda Bellage.
08:37On se quitte quelques secondes et on vous retrouve tout de suite.
08:4011h30, 13h, vous écoutez Charles Huillier et vous.
08:4301-90-20-39-21.
08:45N'hésitez pas à réagir au Standard Europe 1.
08:47Le numéro est non sur Taxé.
08:49A tout de suite sur Europe 1.
08:50– Sous-titrage Société Radio-Canada –
08:53– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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