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  • il y a 20 minutes
Jean-François Copé, maire "Les Républicains" de Meaux, était l'invité d'Apolline de Malherbe dans le Face-à-Face, sur BFMTV et RMC.

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Transcription
00:00Vous êtes bien sur RMC, BFM TV, il est 8h29. Bonjour Jean-François Copé.
00:04Bonjour.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes maire de mots, vous êtes ancien ministre,
00:08vous êtes l'auteur de ce livre sur les populismes.
00:11Quand les populismes trahissent le peuple, c'est aux éditions Plon.
00:14On va revenir sur votre diagnostic politique, mais d'abord ce qu'il se passe à droite.
00:19Qui sera le candidat de la droite ? La droite va-t-elle encore éclater ?
00:23Est-ce qu'il est complexé, Edouard Philippe ?
00:27Je ne crois pas.
00:28Non, parce que vous n'arrêtez pas de dire, je m'assure qu'il est une droite décomplexée.
00:33Est-ce que ça voudrait dire qu'aujourd'hui vous le trouvez un peu complexé,
00:36un peu peut-être gêné par certaines positions ?
00:38Ça veut surtout dire que le discours qu'il va prononcer dimanche,
00:42je pense qu'on va être nombreux à l'écouter très attentivement,
00:45parce que ça va être un moment clé.
00:47Ça fait plusieurs mois qu'Edouard Philippe jalonne un certain nombre d'idées
00:52que je crois essentielles autour du rétablissement de l'ordre dans ce pays,
00:55l'ordre dans les comptes, et l'ancien ministre du budget ne peut pas vous dire à quel point il
00:59attend ça.
01:01Et puis deuxièmement, l'ordre dans la rue, l'ordre aux frontières, l'ordre à l'école.
01:05Donc ça, c'est le premier élément.
01:06Et puis deuxièmement, il faut incarner le progrès, parce que la droite, elle n'est pas réac.
01:09La droite, elle est attentive au progrès économique,
01:11parce qu'il faut des entreprises qui soient fortes.
01:14Progrès social, parce qu'on a un modèle social qu'on doit sauver, donc réformer.
01:19Progrès environnemental, parce que ça suffit de laisser les gauchistes dire n'importe quoi
01:23pour préserver l'environnement, alors qu'il y a de temps à faire.
01:26Et puis aussi scientifique, on n'est pas des anti-vax.
01:28Voilà, c'est ces sujets-là sur lesquels on doit avancer.
01:31Il y a ce que la droite doit être, il y a ce que la droite ne doit pas être.
01:33Mais si je vous pose la question, c'est parce que j'ai toujours du mal à comprendre
01:36ce qu'il y a derrière cette expression de droite décomplexée.
01:39Ce qui voudrait dire qu'il y aurait une droite complexée, une droite décomplexée.
01:42C'est quoi une droite complexée, c'est quoi une droite décomplexée ?
01:45Il se trouve que j'ai défendu ce concept, parce qu'il y a pas mal d'années maintenant,
01:50parce que j'en avais marre qu'on s'excuse toute la journée d'être de droite.
01:53Voilà, vous savez, en France, dans beaucoup de milieux, quand on est de droite,
01:57les gars vous regardent en disant « mais qu'est-ce qu'il a eu ? Il a eu un
01:59problème dans son enfance,
02:00c'est tellement plus moderne d'être de gauche ».
02:01C'est pas cool d'être de droite ?
02:03J'ai assumé de dire qu'en réalité la droite décomplexée, c'est une droite qui est hermétique,
02:09totalement étanche par rapport au RN, l'extrême droite,
02:12qui combat l'extrême gauche de la même manière parce que LFI égale RN,
02:16ce sont des populistes, comme je l'ai expliqué dans mon livre.
02:18Et ensuite, on dit ce qu'on a à dire. Je suis maire de mots.
02:21Depuis des années, je défends l'idée qu'on doit rétablir la sécurité,
02:25qu'il faut arrêter de mollir, avec des caméras, avec des policiers municipaux armés,
02:30mais qu'il faut aussi avoir une approche qui soit décomplexée
02:33avec l'ensemble de nos concitoyens, qu'on soit par exemple très ferme
02:37sur les questions de laïcité, mais qu'on arrête de stigmatiser les gens
02:41au regard de leurs convictions, de leurs religions.
02:44Bref, une droite décomplexée sur des sujets où on est caricaturé.
02:48Ça peut être cool d'être de droite ?
02:50Le débat, il n'est pas entre cool et pas cool.
02:52Non, parce que vous avez l'air de dire qu'il faut à un moment oser dire
02:54être de droite, c'est...
02:56Oui, parce qu'en vrai, beaucoup de gens à droite ont calé
03:00quand ils étaient au pouvoir.
03:02Et c'est ça que nous avons payé.
03:04C'est-à-dire que, c'est ce que d'ailleurs j'explique dans mon livre,
03:06en parlant des sept péchés capitaux.
03:08Les petites compromissions, les reculades, les demi-mesures.
03:11On veut réformer les retraites, puis on n'y va pas.
03:14Sur la sécurité, on ne fait que la moitié du chemin.
03:16Sur l'immigration, au lieu d'assumer une politique d'immigration choisie,
03:19on s'excuse tous les quatre matins.
03:21C'est ça qu'il faut changer.
03:22Mais dans le même temps, on le fait de manière moderne.
03:24Donc le débat, il n'est pas entre cool et pas cool.
03:27Le débat, il est est-ce qu'on est capable, à droite,
03:30de faire ce que les Français attendent pour montrer que la démocratie,
03:33que dans l'État de droit et dans la démocratie, on peut être efficace.
03:36Et vous espérez donc qu'Édouard Philippe fera ses preuves sur ce point-là, dimanche ?
03:41Mais ça veut dire qu'à vos yeux, il doit encore faire ses preuves ?
03:44Mais c'est vrai, il doit encore faire ses preuves.
03:45C'est son premier meeting.
03:47C'est un discours majeur.
03:48Il y a une histoire de meeting, mais il y a aussi son programme.
03:50Il y a de nombreuses interviews qu'il a pu accorder.
03:53Il y a quand même déjà beaucoup de choses.
03:54Bien sûr, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure.
03:55Simplement, mon point, c'est que c'est un discours.
03:57Moi, je crois beaucoup au retour de la politique par des professionnels.
04:02Parce que c'est un métier.
04:03Ce que Jacques Chirac m'a appris et nous a appris,
04:05il faut avoir été, pour être prêt, pour les Français,
04:09maire, député, ministre, élu, battu.
04:13Et un jour, les Français y considèrent ou non que vous êtes prêt.
04:15Bon, il a fait ce parcours, Édouard Philippe.
04:17Et ça fait une vraie différence avec ce que nous vivons depuis des années avec le macronisme.
04:21Pour vous, le macronisme, hors sol,
04:23n'ayant pas affronté avant l'élection présidentielle d'élection locale ?
04:27C'est quoi ?
04:27Quand on interdit aux maires d'être députés,
04:30ça veut dire qu'à l'Assemblée nationale,
04:31vous avez des types qui sont très respectables, mais totalement pêchés.
04:34Interdire aux maires d'être députés,
04:35ce n'est pas Macron qui l'a élu, enfin qui l'a décidé.
04:37Il a décidé, mais je ne suis pas à dire le contre, c'était Hollande.
04:39Vous n'allez pas me penser que j'ai soutenu Hollande.
04:41Mais il me semble que la droite ne s'y était pas totalement opposée.
04:43Totalement.
04:44Alors je peux vous dire qu'on était tous fous de colère,
04:47d'imaginer qu'on puisse interdire à des Français
04:49qui tous les jours sont aux prises avec la réalité
04:51de venir voter, débattre de la loi et représenter la France profonde.
04:55Ça doit faire partie des points, il faut supprimer ce non-cumul des mandats.
04:59Il faut revenir à, on peut être député-maire.
05:01Mais en privé, tout le monde le dit.
05:03Tout le monde dit que c'est une erreur.
05:04C'est juste, je le confirme.
05:06Ça et le quinquennat d'ailleurs.
05:07Les deux en général...
05:08Le quinquennat c'est plus compliqué, c'est une réforme constitutionnelle.
05:10Mais en tout cas, de permettre aux maires d'être députés,
05:13ça veut dire quoi demain ?
05:14Ça veut dire qu'enfin, des gens qui font, comme c'est mon cas,
05:17toutes les semaines, des permanences,
05:19qui voient les gens, qui prennent des décisions,
05:21qui sont face à des problèmes incroyables tous les jours
05:24en matière de sécurité, en matière de prévention d'inondations,
05:27de phénomènes sanitaires, etc.
05:29vont pouvoir à l'Assemblée, veiller, ou au Sénat,
05:31à ce que la loi soit conforme...
05:34Mais Bruno Retailleau, c'est aussi un élu local ?
05:36Oui, bien sûr.
05:38Donc cette qualité-là, il l'a ?
05:39Mais je n'ai pas dit qu'il ne l'avait pas.
05:40Non, parce qu'on se sent quand même, globalement,
05:42vous n'avez pas encore totalement rallié Edouard Philippe,
05:44mais on sent qu'en tout cas, vous n'êtes pas
05:47dans un chemin de ralliement ou de soutien à Bruno Retailleau,
05:52il faut être honnête.
05:52Soyons là-dessus très très précis.
05:54Point numéro un, la France va jouer son destin en 2027.
05:59Est-ce qu'elle va tomber, comme malheureusement d'autres pays,
06:03sous les griffes des partis extrémistes, populistes,
06:06qui racontent n'importe quoi,
06:08et qui bénéficient aujourd'hui d'un succès populaire considérable
06:11dans de nombreux pays,
06:13dans lesquels on fait le procès de l'inefficacité de la démocratie ?
06:16Ce qui est fou, mais c'est la vérité.
06:18Bon, donc, est-ce qu'on est capable de proposer une alternative
06:21à ce danger absolu de voir l'ERN ou l'FI en finale,
06:25qui rendrait le pays dans un état de tension extrême,
06:29parce que toutes les propositions qu'ils font,
06:31les uns comme les autres, que ce soit Mélenchon ou Le Pen,
06:33sont totalement dingues et irresponsables.
06:35Si c'est le cas, vous votez blanc, si vous vous retrouvez qu'un deuxième tour...
06:38Vous savez quoi ? Je vous promets qu'on se retrouvera ce jour-là,
06:39mais je vais tout faire pour éviter ça.
06:41Ce qui est sûr, c'est qu'en tout cas, vous faites partie de ceux qui disent
06:43qu'il y a un signe égal entre les deux.
06:44Mais il y a un signe égal entre les deux,
06:46et ne pas dire cela est irresponsable.
06:49Bon, premier point.
06:50Deuxième point, il faut qu'il n'y ait qu'un seul candidat à droite.
06:52Je pense que la France, aujourd'hui, attend une politique de droite.
06:55Ça n'a pas toujours été le cas.
06:56Je pense qu'en 81, les gens voulaient de la gauche.
06:58Très bien.
06:58Aujourd'hui, ils veulent le rétablissement de l'ordre,
07:00et de l'ordre et du progrès.
07:02Bon, donc, il faut un seul candidat de droite.
07:05Nous en avions 10 ou 15, je ne sais plus, il y a 6 mois.
07:08On a un peu progressé, on n'en a plus que 3.
07:10Bon, grosso modo, je vais un peu vite.
07:13Retailleau, Édouard Philippe, Attal.
07:15Bon, à partir de là...
07:17Je pourrais vous rajouter, David Lissnard, le président de l'association de maires.
07:19Non, non, non, justement.
07:20Pourquoi je dis 3 ?
07:21Oui, non, mais attendez, pourquoi je dis 3 ?
07:23Parce qu'il faut arrêter de raconter n'importe quoi.
07:25Pour être candidat à la présidence de la République,
07:26il faut avoir un parti, des militants et des moyens financiers.
07:31Sinon, on fait semblant.
07:32Donc, David Lissnard, il fait de la figuration, quoi.
07:34Non, mais je ne sais pas, ni lui, ni...
07:36Excusez-moi, mais on commence maintenant à rentrer dans le dur.
07:37Donc, on retient.
07:39Retailleau, Attal, Édouard Philippe.
07:40Donc, je pense que maintenant, les choses doivent être clarifiées par rapport à cela.
07:43Nous avons 3 candidats.
07:44Ils n'ont pas voulu les uns et les autres de primaire.
07:46Moi, j'étais pour, mais ils n'ont pas voulu.
07:47Bon, donc, ça veut dire que ça va se départager comment ?
07:50Ben, probablement par des sondages qui, je pense, vers octobre-novembre,
07:54vont permettre de voir qui fait la différence en espérant qu'il y en ait un des trois qui fasse
07:59la différence
07:59et surtout que les deux autres veuillent bien entendre que l'intérêt supérieur du pays
08:04et qu'ils viennent se retrouver pour éviter l'arrivée de l'extrême droite ou de l'extrême gauche.
08:08Parce que Jean-François Copé, quand on écoute Laurent Wauquiez,
08:10qui donc, ces derniers jours, a dit son soutien à Édouard Philippe,
08:15en tout cas, il dit par son histoire, par les responsabilités qui ont été les siennes,
08:17« Je crois qu'Édouard Philippe peut incarner l'ordre et le sérieux permettant de redresser la France. »
08:23Lui qui, il y a encore quelques mois, disait « Tout sauf Édouard Philippe ».
08:26Bon, il dit surtout, « Le risque est le suivant.
08:30Si tout le monde maintient sa candidature, notre seule contribution aura été d'éliminer un candidat de droite
08:34et permis la qualification de Jean-Luc Mélenchon au second tour. »
08:37Il demande donc à Bruno Retailleau de se retirer.
08:41Alors, moi, mon point, c'est qu'il faut qu'il y en ait un et pas trois.
08:45Bon, ça veut dire que, je ne suis pas le seul à le dire,
08:48effectivement, il y a Laurent Wauquiez, mais enfin, Valérie Pécresse, Gérard Larcher, Michel Barnier,
08:52enfin, je ne les fais pas tous.
08:53On est tous à dire, mais attention...
08:55Mais on décide quand ?
08:56C'est-à-dire que si on décide aujourd'hui, en effet, c'est plutôt Édouard Philippe le...
08:59Écoutez, aujourd'hui, il y a un moment où chacun veut montrer qu'il est le meilleur.
09:03Ok, super.
09:04Moi, je dis juste qu'il faut qu'à l'automne, dans une zone qui serait, je ne sais pas,
09:09moi, novembre, voilà, il me semble, novembre-décembre maximum,
09:12en tout cas, on ne fait pas partir les Français aux fêtes de Noël
09:15sans qu'ils sachent qui va être le candidat de la droite.
09:17Et sur quels critères ? Est-ce que c'est juste les sondages ?
09:19Écoutez, on n'a pas le choix, ils n'ont pas voulu faire de primaire.
09:21Donc, à partir de là, il n'y a pas 36 solutions.
09:23Si les différents sondages d'opinion montrent qu'il y a une dynamique
09:28qui se crée autour de l'un des trois, ce que j'espère,
09:30parce que s'ils sont à touche-touche les trois, alors là, on peut fermer la maison.
09:34Mais s'il y a cette dynamique qui se crée,
09:36j'espère que les deux autres entendront ce message de responsabilité.
09:40Mais à ce stade, Jean-François Copé, vous-même,
09:43vous ne choisirez que celui qui sera le mieux à même,
09:47le plus haut dans les sondages,
09:49ou est-ce que vous choisirez sur d'autres critères, vous ?
09:51Écoutez, ce sera les deux.
09:52C'est évident que moi, je ne vais pas soutenir quelqu'un,
09:57si c'est le cas, qui se montrerait, comment dire,
10:01trop bienveillant à l'égard du Rassemblement national.
10:04Voilà.
10:04Parce que, moi, je suis de l'école chiracienne,
10:06je sais trop les dangers absolus de l'extrémisme,
10:11parce qu'en réalité, c'est le double langage permanent.
10:14Regardez le...
10:14Ça, c'est l'alerte que vous lancez à Bruno Retailleau.
10:16Enfin, à un moment, il faut décrypter, il faut le dire.
10:18C'est à Bruno Retailleau que vous vous adressez là, ce matin.
10:20Vous ne vous souvenez peut-être pas,
10:21parce que vous vous interrogez beaucoup de monde,
10:23mais c'est sur votre plateau, qu'il y a quelques mois,
10:25j'ai évoqué l'idée qu'il y avait un risque de schisme
10:29au sein de ma famille politique,
10:31entre ceux qui font preuve d'une bienveillance,
10:34ou en tout cas de comportement ambigu,
10:38et ceux qui sont extrêmement fermes par rapport au Rassemblement national.
10:41Moi, je mets un signe égal entre le Rassemblement national
10:44et LFI.
10:45C'est un point de divergence que j'ai avec Bruno Retailleau
10:47et probablement avec un certain nombre d'autres militants et sympathisants,
10:51mais de la même manière que je n'ai pas accepté
10:54que François-Xavier Bellamy vote une motion de censure
10:57présentée par Jordan Bardella au Parlement européen
10:59contre la commission présidée par Van der Leyen.
11:02Dieu sait si j'ai des divergences avec...
11:05Mais on ne vote pas avec le RN.
11:06Mais on ne vote pas une proposition du RN.
11:09Enfin, écoutez, ou alors, je ne sais pas où on habite.
11:12Il y a trop de divergences entre nous.
11:14Regardez, à chaque fois que le RN fait une proposition,
11:16combien on est dans la démagogie.
11:18Même sur la canicule, ils sont allés,
11:20alors qu'ils ont craché sur le changement climatique depuis des années,
11:24les gars, la semaine dernière, sans rire,
11:26vous disent, on vous propose un plan de 200 milliards
11:28pour financer les climatiseurs.
11:29C'est devenu...
11:30Je ne sais plus, ils ont coupé en 10 la somme.
11:32En 24 heures, on est passé à 40 milliards.
11:35Et alors, quand même, il y a quelques journalistes
11:36qui ont fait leur travail et qui ont dit,
11:37mais vous pouvez nous expliquer comment vous faites ?
11:38Et là, on nous a dit, ils nous ont dit,
11:40on va le financer par un prêt auprès de la Banque Centrale Européenne.
11:44D'ailleurs, un, d'habitude, ils détestent tout ce qui est européen.
11:47Maintenant, ils les trouvent formidables.
11:48Mais surtout, la Banque Centrale Européenne ne fait pas de prêts.
11:50Donc, c'est là où je dis, il y a un petit problème.
11:51Donc, en fait, c'est n'importe quoi.
11:52C'est n'importe quoi.
11:53Alors, je prends cet exemple.
11:54Malheureusement, c'est souvent vrai.
11:56Et d'ailleurs, ceux qui votent et reinent, les études le montrent.
11:58C'est des gens qui en ont marre.
11:59Donc, à nous, d'aller leur dire, mais attendez, c'est nos enfants.
12:03Et donc, arrêtez de penser que la réforme, c'est sinistre.
12:06La réforme, ce n'est pas sinistre.
12:07Ce n'est pas du sang de la sueur et des larmes, comme je l'entends dire.
12:10C'était Churchill qui a dit ça en 40,
12:12au moment où c'était la déportation, la guerre et la mort.
12:14Là, il s'agit de savoir si on reporte un peu
12:16la construction du rond-point près de chez nous
12:18ou si on dérembourse de l'IPRAN.
12:20Ce n'est quand même pas les mêmes enjeux.
12:21En gros, c'est ça la question.
12:22C'est effectivement la question de notre modèle social,
12:24la question de nos investissements.
12:26Jean-François Copé, vous disiez, moi, je mets un signe égal
12:29entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
12:32entre le RN et LFI.
12:33David Lissnard, qui était mon invité à ce même micro il y a deux jours,
12:36disait, face à Jean-Luc Mélenchon, je voterai pour n'importe qui.
12:39Tout sauf Jean-Luc Mélenchon.
12:40Tout ça, c'est bien gentil.
12:41Mais ça, c'est des débats de lendemain de premier tour.
12:44L'étape aujourd'hui, elle n'est pas d'induire en tête.
12:47Mais vous accepterez de choisir au lendemain d'une deuxième tour ?
12:49On en reparlera.
12:50Moi, je n'en suis pas là.
12:51Aujourd'hui, tout mon combat, c'est d'empêcher ça.
12:53Vous voyez ?
12:53Parce que je rappelle un petit détail.
12:55Oui, mais pardon.
12:55Non, non, je rappelle.
12:56Ça, j'ai toujours du mal avec ça.
12:57Je comprends très bien qu'il y a des étapes et c'est très important.
12:59Mais au fond, vous êtes déjà en train de dire
13:02que certes, il y a un signe égal entre les deux,
13:03mais qu'à partir du moment où les deux seraient en finale
13:07pour l'élection présidentielle, quand même, vous choisirez.
13:09Je ne sais pas vous le dire aujourd'hui.
13:11Je ne sais pas vous le dire aujourd'hui.
13:12Mon combat, il est d'empêcher ça.
13:14Mon sujet numéro un, c'est de dire LFI égale RN.
13:17D'ailleurs, ils se sont comme par hasard retrouvés les deux
13:20pour voter ensemble 40 milliards de hausses d'impôts.
13:23Les mêmes amendements, ils les votaient ensemble,
13:25l'extrême gauche et l'extrême droite, à l'automne dernier au budget.
13:27Et on n'a pas encore tout vu.
13:29J'attends avec très grande inquiétude le budget à l'automne.
13:33Dans un moment où la France est dans une situation financière catastrophique,
13:36les marchés sont extrêmement fébriles,
13:38parce qu'ils se disent que ce pays est bloqué
13:40à cause de cette folle dissolution de Macron
13:42qui a conduit, comme un certain nombre d'entre nous l'avions prédit,
13:45à cette situation dramatique de blocage institutionnel pendant trois ans.
13:49Qu'est-ce qu'on fait ?
13:50Alors que le monde entier est en pleine ébullition.
13:52Quel modèle économique ?
13:52Vous avez peut-être lu ce matin, Gabriel Attal,
13:55dans les colonnes du Parisien,
13:56dit objectif 0% de déficit en 2037, je crois.
14:02Vous y croyez à ça ?
14:03Vous voyez qu'il y a une vraie convergence, en fait,
14:06entre ce que dit Gabriel Attal, Bruno Retailleau et Édouard Philippe.
14:10C'est donc bien, quelque part, qu'on devrait être capable de recréer
14:13ce qu'on appelait autrefois l'UMP.
14:13C'est un candidat de droite ?
14:15Gabriel Attal, c'est un candidat de droite, à vos yeux.
14:17Là, il est passé à droite.
14:18Il n'était pas à droite toute sa vie.
14:19Vous avez l'air de vous en désoler.
14:20Vous me disiez à l'instant que c'était cool d'être de droite.
14:22Non, pourquoi être désolé ?
14:23Au contraire.
14:23Non.
14:25Il faut qu'il assume, en fait.
14:27Peut-être que c'est ça que vous allez me demander.
14:28Honnêtement, chaque jour qu'il passe, il m'a l'air d'être de plus en plus à droite.
14:31Mais surtout, ce que je vois, c'est les conditions de reconstitution
14:35d'un grand parti de droite et du centre,
14:37qui doit aussi préparer les législatives dans la foulée pour des candidats uniques.
14:41Parce que sinon, on n'aura pas la majorité absolue.
14:43Et si on n'a pas la majorité absolue, l'enfer continue.
14:46Jean-François Copé, vous disiez à l'instant,
14:49la tentation du RN, notamment, pour un certain nombre d'électeurs,
14:53c'est parce qu'ils en ont marre, les deux.
14:55Est-ce que vous avez vu que, sur le volet de la justice,
14:58il y a ce vide juridique, on découvre,
15:00et c'est encore plus vertigineux après les drames que la France vient de traverser,
15:04que Liana, que Louis, qu'il y a des mineurs criminels
15:09qui vont se retrouver libérés parce qu'on n'a pas modifié à temps
15:15les textes législatifs, ceux qui sont en prison pour crime de manière préventive
15:21entre 16 ans et 18 ans, qui se retrouvent libérés,
15:24avec des inquiétudes que ça suscite.
15:25La famille d'Elias, qui ne dort plus depuis trois jours,
15:28avec l'inquiétude que les assassins de leur fils ne puissent être libérés,
15:33avec même des erreurs juridiques.
15:35On l'a su ce matin, et c'est une information BFM TV,
15:38un mineur, enfin un majeur justement, un homme de 20 ans,
15:41qui était accusé de tentative de meurtre sur deux victimes,
15:43et également accusé par son co-détenu de sévice en prison,
15:47a été libéré par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Rouen,
15:53alors qu'il y a un risque de récidive chez cet homme-là.
15:56Est-ce que, comment vous réagissez à ça, Serge ?
15:58Je ne sais même plus quoi dire quand on découvre l'ampleur des erreurs,
16:02des incohérences.
16:03Alors, d'abord, je suis, vous l'avez rappelé, maire de mots,
16:06je suis par ailleurs avocat, et je ne connais pas le dossier,
16:09on ne le connaît pas autrement.
16:10Je ne vous demande pas sur ce dossier-là,
16:12c'est que je demande sur le vide juridique.
16:13Non, non, mais sur ce dossier, j'arrive.
16:14Sur ce dossier, d'abord, il faut bien vérifier,
16:15parce que votre chroniqueuse, qui a expliqué tout ça,
16:19a dit que ça pouvait peut-être être une erreur d'appréciation du juge,
16:23au regard du fait que peut-être qu'en fait,
16:25il était majeur et pas miné en mon décès.
16:27Exactement, mais suscité par ce vide juridique qui a créé une certaine inquiétude.
16:30Dans ce cas, il n'y a pas de vide juridique.
16:32Donc, ça peut être une erreur humaine, elle doit être corrigée.
16:35Deuxièmement, ce vide juridique, par ailleurs, doit être corrigé d'urgence.
16:39Enfin, troisième point, parce que je vais jusqu'au bout de la logique.
16:41Pardon, ils avaient un an pour changer la loi.
16:43Ils avaient un an, ça fait un an.
16:47Ça fait un an qu'ils pouvaient changer la loi,
16:50et on se réveille le jour J.
16:51On est tous d'accord.
16:52Et ça, il ne faut pas s'étonner que cela conduise,
16:55effectivement, la population à être exaspérée.
16:58Et en même temps, je lui demande d'être aussi exigeante vis-à-vis du RN
17:02que vis-à-vis des partis de gouvernement et de LFI.
17:05Parce que quand c'est le RN et LFI, ils disent n'importe quoi,
17:07c'est pas grave, c'est Le Pen, c'est Mélenchon, ils exagèrent.
17:10Nous, on fait une erreur, on n'en prend pas la figure.
17:12Donc, moi, j'invite quand même à ce que tout le monde soit sur le même plan,
17:15y compris quand c'est les journalistes qui les interrogent.
17:18Deuxième remarque.
17:18Troisième remarque, après vous avoir dit tout ça,
17:20c'est qu'effectivement, il y a une erreur, elle doit être corrigée d'urgence.
17:22Je ne veux pas qu'on jette l'opprobre sur l'institution judiciaire.
17:26Je peux témoigner en tant que maire de mots.
17:28Mais moi non plus, je ne veux pas qu'on jette l'opprobre.
17:29Non, je ne vous ai pas dit que vous l'aviez dit.
17:31Le problème, c'est quand même l'effet.
17:32C'est cette inquiétude que ça suscite.
17:35Écoutez, ça doit être corrigé de toute urgence
17:38et la justice a les moyens de le faire.
17:40On peut faire appel d'une décision, y compris le parquet,
17:42tout ça peut être regardé et corrigé très vite.
17:44Première remarque.
17:45Deuxième remarque, le vide juridique doit être comblé par la loi d'urgence.
17:48Enfin, troisième point, attention à ne pas mettre, jeter l'opprobre,
17:53je le répète, sur une institution judiciaire
17:55qui par ailleurs, dans de nombreux sujets dont personne ne parle,
17:58fait un travail remarquable.
18:00Je peux témoigner en tant que maire de mots
18:01de ce que fait dans le ressort judiciaire des personnels,
18:05qu'ils soient magistrats du siège, du parquet.
18:08Un travail incroyable pour essayer de contribuer à la mission,
18:12de rendre la justice dans ce pays.
18:13Et croyez-moi, vu les moyens qu'ils ont, on est loin du compte.
18:16Car la réalité, c'est qu'il y a un, je suis désolé de le dire,
18:19il y a un manque de moyens chroniques,
18:20on a deux fois moins de magistrats que dans la moyenne européenne.
18:23Il y a des problèmes de modernisation du fonctionnement
18:25qui, malheureusement, expliquent beaucoup de choses.
18:27Ensuite, vous avez l'erreur humaine,
18:28cette erreur doit être corrigée,
18:30et le cas échéant, sanctionnée.
18:32Mais c'est autre chose.
18:34Merci beaucoup Jean-Pierre.
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