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  • il y a 5 minutes
Alors que la famille de Philippine attend toujours des réponses, Maître Viriginie Le Roy, déplore : «C'est une chaîne de dysfonctionnements».

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Transcription
00:00Oui, je le pense profondément et je le démontre, surtout.
00:03C'est ça qui est important.
00:05La chaîne, à partir du moment où le mis en examen actuel,
00:10c'est-à-dire le violeur, le meurtrier de Philippines, est libéré.
00:15Cette libération, elle n'arrive pas comme un cheveu sur la soupe.
00:18On peut anticiper les libérations.
00:20Il n'y a absolument eu rien d'anticipé.
00:23Et à partir du moment où il lui est notifié une expulsion,
00:29une ordonnance, une obligation de quitter le territoire français,
00:34c'est dysfonctionnement sur dysfonctionnement.
00:36Une chaîne de dysfonctionnement.
00:38Alors, on va y revenir sur ces dysfonctionnements.
00:41Vous dénoncez la gestion de la mise en œuvre de l'OQTF.
00:45Vous dites que ça a été fait de manière amateur, c'est-à-dire ?
00:48C'est-à-dire, comme je le disais là, la libération d'un détenu,
00:53on doit l'anticiper.
00:54Elle est connue, la date est très prévisible.
00:57On a les mécanismes de réduction de peine.
00:59On sait à peu près quand un individu...
01:00S'il avait déjà été condamné pour viole.
01:02Exactement, va être libéré.
01:04Une obligation de quitter le territoire, on sait,
01:07ça ne se passe pas en 48 heures.
01:09Il faut des documents consulaires, il faut des laissés-passer
01:11et il faut au préalable une reconnaissance de nationalité
01:15du pays d'accueil, du pays vers lequel cet individu va être renvoyé.
01:18Ça s'anticipe.
01:20Le Maroc en l'occurrence.
01:22En l'occurrence, ça n'a absolument pas été anticipé.
01:24C'est-à-dire qu'on fait, on démarre ces démarches avec retard,
01:28déjà avec retard, à tel point qu'en réalité,
01:31c'est quelques jours au concomitamment à la libération de cet individu
01:35qu'on se met en branle pour obtenir la reconnaissance de nationalité
01:40et le laissé-passer consulaire.
01:41Mais en plus, c'est une autorité incompétente qui fait la demande
01:45et on met un mois, un mois, c'est long un mois, à s'en rendre compte.
01:49Donc perte d'un mois ?
01:50Perte d'un mois sèche.
01:52Il est libéré le 18 juin, ce n'est que le 18 juillet 2024
01:56qu'on se rend compte qu'en réalité, c'est la préfecture qui a sollicité ces documents
01:59alors que ça doit être la Direction Générale des Français à l'étranger.
02:03Donc en réalité, la demande de documents consulaires,
02:07elle n'est effective que le 18 juillet.
02:09C'est un mois de perte.
02:11Et ça ne s'arrête pas là, puisque derrière, on va enchaîner encore de multiples dissensionnements.
02:15Il y a la décision du juge des libertés de la détention
02:17qui a libéré Taha Walidat, le meurtrier présumé,
02:22qui était pourtant retenu en crâne et qui aurait pu y rester encore quelques jours.
02:26Il décide de le libérer alors qu'il n'y avait aucune décision.
02:29Il aurait pu le laisser encore en centre de raison.
02:31Oui, il restait 15 jours.
02:33Il a été retenu administrativement 75 jours.
02:36Il restait 15 jours de prolongation possible.
02:42On a l'ensemble des décisions du juge des libertés de la détention
02:45puisque cette rétention a été renouvelée
02:47qui se fonde sur la menace à l'ordre public représentée par l'individu.
02:51Cette menace, elle est connue.
02:52L'individu, il est connu.
02:53Lors de son parcours pénal, il fait l'objet d'analyses psychiatriques.
02:57Il y a cette condamnation pour viol alors qu'il est mineur.
02:59Condamnation lourde.
03:00Il est condamné à 7 ans.
03:02On sait que les peines, c'est divisé par 2 pour les mineurs.
03:04Il en couvrait 15 ans.
03:05Donc, on lui donne déjà le maximum.
03:07La cour d'assises des mineurs lui donne le maximum.
03:09C'est vous dire quand même qu'on appréhende la dangerosité de l'individu.
03:14De manière inexpliquée, de manière, je vais le dire, irresponsable,
03:19cette quatrième prolongation n'est pas acceptée.
03:22Le juge, dans sa motivation, indique qu'en effet,
03:25il y a une menace à l'ordre public,
03:27qu'il y a un risque de récidive.
03:29Mais préjuge de la suite en disant,
03:31mais de toute façon, il reste 15 jours.
03:32C'est impossible d'avoir les documents consulaires dans 15 jours.
03:34Or, les documents arrivent 48 heures après.
03:36Alors, c'est la reconnaissance de nationalité qui arrive 48 heures après.
03:40Donc, on ne peut pas préjuger.
03:41Et bien plus, j'ai envie de vous dire,
03:43à partir du moment où on a la possibilité juridiquement de juguler cette menace,
03:50de la contraindre encore un peu, on le fait.
03:53Et alors, cerise sur le gâteau,
03:55ni le préfet, dont je rappelle qu'il a commis la première erreur,
03:59qui a entraîné un mois de retard,
04:01ni le préfet, ni le parquet n'interjettent appel de cette décision.
04:05Pour moi, ça, c'est vraiment un pied de nez aux victimes,
04:08c'est un pied de nez à l'ordre public,
04:09c'est un pied de nez à tout en réalité.
04:10Et puis, le juge des libertés qui décide d'une assignation à résidence
04:15dans un hôtel près d'Auxerre.
04:17Mais personne ne s'inquiète de savoir s'il s'est rendu ou pas.
04:19Il s'est évidemment pas rendu.
04:22Donc, il y a tous ces dysfonctionnements.
04:24Personne ne s'en inquiète, personne ne contrôle.
04:27Le code d'entrée et séjour des étrangers prévoit quand même
04:29qu'en cas d'individu dangereux, de menace,
04:32on doit accompagner l'individu à son autre résidence qui n'est pas fait.
04:35On le lâche littéralement dans la nature.
04:37Et on ne se rend compte que 15 jours plus tard
04:39qu'en réalité, il ne pointe pas alors qu'il devait pointer quotidiennement.
04:42Donc, si vous voulez, c'est au-delà de l'amateurisme.
04:45Un individu qu'on cède en jeu.
04:45C'est une responsabilité totale, bien entendu.
04:47Est-ce que vous allez attaquer l'État ?
04:49C'est en discussion avec la famille de Philippines.
04:53Moi, j'ai été saisie en décembre 2024
04:55et c'est une préoccupation qu'ils ont eue dès le lendemain
04:57du décès de Philippines parce que c'est une incompréhension terrible.
05:01Il y a eu des promesses de fait.
05:02En octobre 2024, c'est-à-dire quelques jours après le meurtre de Philippines,
05:07il y a des promesses de faire la lumière.
05:09On parle de dysfonctionnement.
05:12Le ministre de l'Intérieur de l'époque dit qu'il y a des dysfonctionnements.
05:15Moi, je n'ai trouvé nulle part trace du rapport qui était promis
05:18et je n'ai surtout pas eu d'explication.
05:20Je pense que ces explications, mais pas n'importe lesquelles,
05:24des explications honnêtes, des explications sincères,
05:26des explications documentées, elles sont dues à la famille.
05:28Et c'est ça qu'ils veulent.
05:31Dans quel état est-elle, la famille ?
05:34C'est une famille endeuillée, c'est un deuil impossible.
05:36Est-ce que vous vous rendez compte de la violence de ce deuil ?
05:38Impossible.
05:40Mais c'est une famille déterminée.
05:42Aujourd'hui, je ne suis pas là par hasard,
05:44je viens porter leur parole et leur parole,
05:46elle est légitime et elle est très déterminée.
05:49On ne lâchera pas cette demande d'explication.
05:52On veut ces explications.
05:54Merci beaucoup, maître.
05:55Merci à vous.
05:55Merci, maître Virginie Leroy, avocate de la famille de Filles.
06:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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